Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

Info : La très talentueuse Tonkie a repris les personnages de cette fic pour en créer une nouvelle : « un mois pour convaincre » que je vous invite tous à aller lire. Elle ne prends pas en compte la fin de cette fic, juste les persos…

o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o

Ce qui aurait pu se passer

Chapitre centre cinquante deux : Chanter

« Chanter, pour oublier ses peines,
Pour bercer un enfant, chanter...
Pour pouvoir dire "Je t'aime..."
Mais chanter tout le temps...
Pour implorer le ciel ensemble,
En une seule et même église,
Retrouver l'essentiel... et faire...
Que les silences se brisent...
En haut des barricades,
Les pieds et poings liés,
Couvrant les fusillades,
Chanter sans s'arrêter...
Et faire s'unir nos voix,
(…)
Chanter quelqu'un qui s'en va,
Pour ne pas cesser de vivre... »
Florent Pagny

Avec un soupir agacé, Dolorès Ombrage tourna la page du dossier qu'elle venait de terminer. Elle le fixa un moment d'un air mauvais avant de reprendre sa plume pour comprendre exactement ce qu'elle attendait d'elle. Jusqu'au bout Albus Dumbledore se serait amusé à lui rendre la vie impossible. Être enterré à Poudlard ! C'était bien là une idée folle ! Elle ne savait absolument pas organiser un tel évènement et pourtant il fallait que tout soit parfait ! De hauts dignitaires, des membres influents de la Communauté sorcière, le Ministre même allaient assister à la célébration et elle était tout bonnement incapable de tout prévoir. Elle ne serait jamais prête dans les temps et cela la rendait d'une humeur massacrante. Bien entendu, elle avait ordonné à Minerva McGonagall de lui venir en aide, mais cette dernière avait déclaré qu'elle avait elle-même beaucoup de choses à faire et qu'elle ne pouvait pas l'aider à faire son devoir de Directrice.

Dolorès poussa un grognement rageur et referma le dossier d'un coup sec. Elle allait être ridicule si tout ne se passait pas bien, or, s'il y avait une chose que la jeune femme ne supportait pas était bien de ne pas se montrer sous son meilleur jour. Elle allait le faire ! Elle allait réussir, il ne pouvait pas en être autrement. Malgré tout l'agacement qu'elle éprouvait pour le vieux sorcier, elle allait lui organiser un enterrement somptueux et plus personne ne pourrait plus jamais dire qu'elle n'assumait pas pleinement toutes les responsabilités qui incombaient à la Grande Inquisitrice et Directrice de Poudlard. Et une fois qu'elle aurait fait ses preuves, elle n'aurait plus aucune crainte de se voir retirer ce poste qui lui offrait tant de pouvoir et tant d'avantages. Elle n'aurait jamais cru que ce travail lui conviendrait tant, et maintenant qu'elle savait qu'elle s'y trouvait bien, elle ne laisserait jamais personne l'en déloger.

La jeune femme étira son dos, devenu douloureux à force d'être courbé sur son bureau et passa sa main pour masser doucement sa nuque endolorie. Elle se redressa sur son siège et décida qu'une tasse de thé l'aiderait sans doute à se concentrer beaucoup mieux. Elle se leva alors et se rendit vers la partie de son bureau qu'elle avait spécialement aménagé pour faire ses petites pauses. Pour se faire, elle passa devant la fenêtre et c'est alors que quelque chose attira son attention. Une silhouette massive se déplaçait près de la maison du Garde Chasse de l'école. Intriguée, la jeune femme s'approcha de la fenêtre mais la silhouette fugace avait déjà disparut. Dolorès fronça les sourcils.

Elle avait été très surprise de savoir que ce gros balourd de Hagrid avait participé à ce que les journaux appelaient maintenant la Grande Bataille. Elle pensait qu'il n'était qu'un bon à rien, tout juste capable de s'occuper de son potager, et encore… Mais Minerva McGonagall lui avait assuré qu'il avait été très gravement blessé, ce qui expliquait qu'il n'avait pas pu reprendre le travail et assurer ses cours depuis quelques jours. Dolorès sentit la colère la gagner. Il s'était bien moqué d'elle ! Il allait visiblement très bien puisqu'elle l'avait vu passer devant sa misérable maison. Il s'était fait passer pour blessé pour se reposer et prendre des vacances ! Quelle conduite odieuse ! Elle ne tolèrerait pas ce genre de comportement de la part de celui qu'elle considérait comme l'un des plus mauvais enseignants de Poudlard. Son évaluation avait été catastrophique et Dolorès se demandait vraiment où Dumbledore avait la tête quand il avait décidé de l'embaucher.

La jeune femme su alors qu'elle devait réagir. Elle ne le laisserait pas faire de la sorte. Il allait voir qui commandait dans cette école. Oubliant que beaucoup de travail l'attendait encore, la jeune femme quitta son bureau en en claquant la porte. Elle était plutôt au colère et marchait d'un bon pas quand elle réalisa alors ce qu'elle partait faire.

Rubeus Hagrid n'était peut être pas un sorcier brillant mais il n'en restait pas moins un homme imposant et elle se voyait mal s'attaquer de front à lui. Elle avait peur que sous le coup de la colère, il ait un geste malheureux. Un homme aussi massif ne pouvait être qu'une brute ! Elle ne pouvait pas y aller seule. La jeune femme ralentit alors sa cadence et se mit à réfléchir à toute vitesse. Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver la solution à son problème. Elle changea de direction et prit le couloir qui tournait vers la droite. Elle marcha quelques minutes avant d'atteindre la porte du bureau de Gilderoy Lockhart.

Dolorès s'arrêta un moment, rajusta son chemisier, replaça un peu mieux ses mèches brunes et après avoir paré son visage de son plus beau sourire, elle frappa à la porte.

- « Entrez ! » annonça la voix charmante et charmeuse du professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

Dolorès ne se fit pas prier et poussa la porte. Elle entra dans le bureau de Gilderoy de sa démarche la plus chic.

- « Miss Ombrage ! » l'accueillit le jeune homme avec un sourire éblouissant.

Il se leva et vint lui faire un baisemain.

- « Que me vaut l'honneur de votre présence dans mon bureau ? » demanda-t-il d'une voix suave qui ravit la jeune femme.

- « J'aurais un service à vous demander… » minauda-t-elle

- « Tout ce que vous voudrez, Miss ! » assura-t-il en souriant.

- « Tant mieux… Figurez vous Gilderoy que j'ai un petit problème et que vous seul êtes à même de m'aider »

- « Ce sera un honneur que de vous rendre service »

- « Parfait ! Venez avec moi dans ce cas ! » ordonna Dolorès en lui faisant signe de la suivre en dehors de la pièce.

D'un bon pas, elle l'entraîna dans les couloirs de l'école jusqu'à se retrouver dans le parc. Gilderoy la suivait mais une fois à l'extérieur il lui prit le bras et l'arrêta.

- « Si vous m'expliquiez quel est votre problème ? » demanda-t-il d'un air grave.

- « Et bien, il faut que je m'explique avec Hagrid, le Garde Chasse, il me ment et s'octroie des vacances alors qu'il y a tant de choses à faire à Poudlard ! »

- « Ha… Hagrid ? » bafouilla légèrement le jeune homme.

- « Oui, le Garde Chasse ! » répéta Dolorès. « Je ne peux pas aller le voir seule, vous comprenez, il pourrait se servir de sa force pour m'impressionner. C'est pour ça que je me suis dit, qu'avec vous à mes côtés, je ne risquais rien ! »

Elle lui lança son sourire le plus charmeur et vit sans l'ombre d'un doute le jeune homme avoir un peu de mal à déglutir. Elle lui adressa un clin d'œil et se retourna, ne voyant pas ainsi la grimace apeuré de Gilderoy à l'idée de devoir avoir à faire à un homme aussi imposant que Hagrid. La jeune femme se dirigea alors d'un pas plus serein vers la maison du Garde Chasse. Elle sentit derrière elle le jeune homme la rejoindre et l'attraper par le bras.

- « Mais enfin… Miss Ombrage ! Ne pensez vous pas qu'il est un peu… risqué… de s'opposer ainsi à cet homme ? » demanda-t-il

- « Je vous en prie Gilderoy ! Qu'ais-je à craindre avec un homme tel que vous à mes côtés ? » demanda-t-elle à son tour.

- « Oui, c'est vrai… Vous avez raison… » répondit Gilderoy, un peu gêné.

- « Dans ce cas, ne perdons pas plus de temps ! » trancha Dolorès en reprenant sa marche vers la cabane.

Elle ne se trouvait plus qu'à quelques mètres de la maison quand elle vit une ombre se mouvoir à l'intérieur. Elle sentit Gilderoy lui agripper une nouvelle fois le bras en l'entraîna vite vers la demeure et la plaqua contre le mur de la maison.

- « Vous croyez qu'il nous a vu ? » demanda le jeune homme.

Dolorès fronça les sourcils. Si elle n'avait pas su qu'il était un sorcier au courage remarquable, elle aurait pu croire que la pâleur de son visage était dû à la crainte.

- « Je ne sais pas » répondit-elle « Si nous jetions un coup d'œil à l'intérieur voir ce qu'il fait ? »

Gilderoy hocha la tête et la jeune femme se mit à sourire. Espionner son Garde Chasse lui semblait être une très bonne idée. Elle aurait ainsi des arguments de poids à exhiber devant ce tire-au-flanc lorsqu'elle le renverrait. Elle s'imaginait déjà le mettre à la porte et rien ne pouvait plus la réjouir.

Discrètement, elle se glissa contre le mur, agrippa de ses mains le rebord de la fenêtre sous laquelle elle se trouvait et, se mettant sur la pointe des pieds, parvint à se hisser un peu, juste assez pour que ses yeux atteignent la vitre. A côté d'elle, Gilderoy l'imitait. Dolorès se mit alors à scruter avec attention le pitoyable intérieur de la cabane. Elle grimaça en voyant les quelques peaux de bêtes qui pendaient du plafond par endroit. C'est alors qu'elle la vit.

Dolorès eut un sursaut de dégoût et de crainte en voyant cette femme immense passer devant la fenêtre.

- « Par Merlin ! » souffla Gilderoy à ses côtés.

Stupéfaite, Dolorès ne pensa même pas à se cacher, mais par chance, la créature n'avait pas fait attention à eux. Elle semblait très occupée par quelque chose. Elle s'affairait devant une bassine d'eau, trempant à l'intérieur une espèce de linge d'une couleur indéfinissable. Une fois qu'elle eut finit de l'essorer elle se leva et alla rejoindre un lit. Dolorès n'avait pour le moment pas remarqué qu'il y avait quelqu'un allongé sur le lit. Une masse immense, dont le visage était tuméfié et que l'immense apparition soignait avec douceur.

- « Vous ne m'aviez pas dit qu'ils seraient deux ?! » s'exclama Gilderoy près d'elle.

- « Je n'en savais rien moi-même voyons ! » répondit-elle d'une voix sévère.

- « Mais qu'est-ce qu'elle fais là ? »

- « J'aimerais bien le savoir… » murmura Dolorès en essayant de se redresser en peu plus pour mieux voir.

Visiblement, on ne lui avait pas mentit sur l'état de santé de Rubeus Hagrid. En revanche, on s'était bien gardé de lui dire qu'il vivait avec une… Dolorès avait du mal à qualifier cette personne de femme. Elle grimaça. Mais bientôt le dégoût qu'elle avait devant cette personne se transforma en satisfaction. Elle tenait enfin une excuse en or pour renvoyer le Garde Chasse. C'était une très bonne nouvelle.

- « Qui est-ce ? » demanda Gilderoy après un court instant de silence.

- « Aucune idée… » répondit la jeune femme.

C'est à cet instant que l'immense femme glissa sa main sur la joue de Hagrid et se pencha pour coller ses lèvres aux siennes.

- « AAAh ! » s'exclama-t-elle, dégoûtée.

Elle perdit son équilibre et lâcha le rebord de la fenêtre. Elle se plaqua contre le mur, une grimace sur le visage. A côté d'elle, Gilderoy lâchait prise lui aussi.

- « Je n'aurais jamais cru qu'un homme aussi laid que lui puisse trouver une femme… Enfin quand on voit qu'elle femme on se dit que… Enfin, je ne dirais rien de plus ! Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un physique aussi charmeur que le mien ! » déclara-t-il en replaçant une de ses mèches de cheveux.

Dolorès lui lança un regard entendu mais le bruit d'une porte qu'on ouvre la fit sursauter. Elle sentit Gilderoy lui prendre la main et l'entraîner un peu à l'écart derrière une immense pile de bois que le Garde Chasse gardait pour l'hivers.

- « Non Rubeus ! » gronda alors une voix féminine « Tu euh trop faibleuh pour seurtir ! Je vais leuh faireuh ! »

Dolorès tendit l'oreille pour essayer d'entendre ce que Hagrid pouvait bien lui répondre, mais seuls des grognements incompréhensibles lui parvenaient.

- « Ne discuteuh pas ! » lança-t-elle en refermant la porte.

Penchant la tête par le côté, Dolorès vit alors cette importante jeune femme passer devant le tas de bois sans détourner la tête du chemin qui s'enfonçait dans la Forêt Interdite. Elle portait dans ses bras un énorme panier remplit de victuailles.

- « Drôle d'heure pour un pic-nic… » souffla Gilderoy d'un air étonné.

- « Drôle d'endroit surtout ! » le reprit Dolorès « Il se passe quelque chose de bizarre ! »

- « Mais non ! » lança Gilderoy en se relevant « Elle aura sans doute eu envie de prendre un peu l'air ! Après tout, la journée est belle, on ne peut pas l'en blâmer ! »

- « Il faut la suivre ! » décréta Dolorès.

- « Quoi ?! » s'exclama Gilderoy d'une voix soudain aiguë qui ne lui allait pas du tout.

- « Je veux savoir ce que Hagrid et elle manigancent ! »

- « Mais, Miss Ombrage ! Elle va dans la Forêt ! Il peut y avoir toutes sortes de choses dans cette Forêt ! »

- « Je sais ! C'est très gentil de vous proposer pour m'accompagner ! Mais, j'aurais dû m'en douter ! Un aventurier tel que vous ne pouvait pas laisser une occasion en or ! Allons-y ! » lança-t-elle en le poussant devant elle.

- « Mais… Mais... »

- « Taisez vous ! Elle pourrait nous entendre et je veux savoir où elle va ! » trancha-t-elle d'un ton qui ne laissait au jeune homme aucune possibilité de rétorquer.

Du coup, le jeune homme n'ayant pas le choix, il se mit donc à suivre le sentier. Tous les deux marchèrent en silence pendant de longues minutes. Plus ils s'enfonçaient dans la Forêt, moins la lumière du soleil perçait à travers les arbres. Il faisait tellement sombre qu'ils n'eurent bientôt plus le choix et s'éclairèrent grâce à des lumos.

- « Par Merlin ! Mais où va-t-elle ?! » grogna-t-elle alors qu'ils atteignaient un endroit où le sentier disparaissait.

- « Rassurez moi, Miss Ombrage, nous n'allons tout de même pas aller plus avant dans cette Forêt ! » chuchota Gilderoy qui avait vraiment l'air mal à l'aise.

- « Bien sûr que si ! » décréta Dolorès en lui passant devant, enjambant un petit rocher pour avancer un peu plus avant.

- « Mais pourquoi ? »

- « Parce qu'elle est passé par là voyons ! » lui rétorqua la jeune femme

- « Mais … »

- « Par Merlin ! Mais on dirait que vous avez peur ! » lui lança Dolorès d'un air mauvais.

Gilderoy la regarda un moment sans rien dire avant de finalement se résigner et la suivre à travers les broussailles. Ils marchèrent pendant de longues minutes sans plus rien apercevoir à tel point qu'il fallait bien se rendre à l'évidence, ils étaient perdus. Dolorès fulminait. Comment avait-elle pu perdre la trace d'une jeune femme aussi imposante ?! Pourtant il fallait se rendre à l'évidence, cela faisait trois fois qu'ils passaient devant cet arbre tordu.

- « Nous sommes perdus ! » annonça tout haut Gilderoy, la voix tremblante.

- « Mais non ! » mentit Dolorès d'un air agacé.

- « Rendez vous à l'évidence ! Nous sommes perdus au milieu de nulle part et personne ne sait que où nous sommes ! Personne ne viendra jamais nous chercher ici ! Nous allons… »

- « Mais vous allez vous taire, oui ?! » s'exclama Dolorès d'un air furieux en se retournant vers lui. « Je ne comprends pas pourquoi vous paniquez tant ! »

- « Moins fort ! » souffla Gilderoy en regardant tout autour de lui d'un air paniqué « Qui sait ce qui peut nous entendre et nous attaquer ici ?! »

- « Rien que vous ne saurez combattre voyons ! » lui rappela la jeune femme qui semblait alors un peu mal à l'aise.

Le comportement du professeur de Défense Contre les Forces du Mal la surprenait, elle s'était attendu à le voir un peu plus sûr de lui, au vues de tous ces exploits qu'il avait accompli.

- « Bien sûr que non ! Il ne faut pas toujours se fier à ce qu'il y a dans les livres ! » s'exclama-t-il.

- « Mais enfin, ce sont le récits de vos exploits ! » s'indigna Dolorès.

- « Mais enfin Miss Ombrage ! » dit alors Lockhart « Faites preuve d'un peu de bon sens ! Mes livres ne se seraient pas aussi bien vendu si je n'avais pas fait croire que j'était l'auteur de ces aventures ! »

- « Mais… Mais… Vous êtes un imposteur ! » couina Dolorès qui sentit d'un seul coup un poids tomber dans son estomac.

Elle était perdue dans la Forêt Interdite avec un homme qui n'avait fait que mentir sur son courage exceptionnel.

- « Personne n'aurait voulu connaître l'histoire de ce sorcier arménien ! Il était laid comme un pou ! »

- « Comment avez-vous pu vous attribuez les mérites d'autres personnes de la sorte ?! » s'indigna Dolorès.

- « Ma parole mais on dirait que vous ignorez tout du marketing ! » lança Gilderoy d'un air grave.

- « Vous n'êtes qu'un parasite ! Un bon à rien ! » hurla Dolorès « Et je vous jure que lorsque nous serons sortit d'ici, ma première action sera de vous dénoncer au Ministère et vous faire perdre ce poste ! »

- « Je ne pense pas ! » lança soudain le jeune homme qui semblait avoir reprit confiance en lui « Parce que voyez-vous, il y a quelque chose que je réussit à la perfection, se sont les sortilèges d'amnésie ! »

Il tira sa baguette de sa poche et la menaça.

- « Vous n'oseriez pas ?! » s'exclama-t-elle d'une voix moins sûre qu'elle ne l'aurait souhaité.

- « Vous pensez ? » ironisa le jeune homme « Quand nous sortirons enfin d'ici, vous ne vous souviendrez de rien si ce n'est que je vous aurait sauvé la vie et vous me supplierez d'écrire un nouveau livre qui deviendra mon futur best-seller ! »

- « Vous n'êtes qu'un sal… »

Mais Dolorès n'eut pas le temps de finir sa phrase car elle fut coupé par un bruit assourdissant de sabots. Puis une flèche siffla dans l'air et vint se planter avec un bruit mat dans l'arbre le plus proche de Gilderoy. Paniqué, ce dernier lâcha sa baguette sur le sol en tremblant. Il ne fallut ensuite pas plus d'une seconde pour qu'une cinquantaine de centaures ne les encercle. Dolorès était horrifiée de voir tant d'hybrides si près d'elle.

- « Qui êtes vous ? » demanda une voix grave et rauque.

Dolorès jeta un rapide coup d'œil à Gilderoy, mais celui-ci tremblait tellement qu'il ne semblait pas en état de pouvoir répondre.

- « Je t'ais demandé qui tu étais, humaine ! » insista la voix.

Le centaure qui avait parlé fit alors quelques pas en avant et la menaça de sa flèche. Vexée de s'être fait appelé de la sorte par une créature qu'elle considérait comme répugnante, la jeune femme répondit avec fougue.

- « Je suis Dolorès Ombrage ! Je suis Directrice de Poudlard par ordre du Ministère ! »

- « Tu appartiens au Ministère de la Magie ? » demanda le centaure tandis qu'autour de lui, beaucoup de ses congénères montraient des signes d'impatience.

- « Exactement ! Alors faites attention ! Conformément à la législation toute attaque menée sur un être humain par un hybride… »

- « Ne les appelez pas comme ça ! » s'écria Gilderoy d'une toute petite voix horrifiée.

Mais Dolorès ne semblait pas l'avoir entendu, aussi, elle reprit.

- « D'ailleurs, l'article 15 B établit très clairement que : '' Toute attaque d'une créature bénéficiant d'une intelligence presque humaine, et, de ce fait, considérée comme responsable de ses actes… »

- « Mais taisez-vous, malheureuse ! » supplia une nouvelle fois Gilderoy.

- « Nous estimons que vous venez de nous insulter, l'humaine ! » lança le centaure qui semblait être le chef « Fort heureusement pour nous, notre intelligence est supérieur à la votre ! »

- « Elle ne sait pas ce qu'elle dit ! » tenta de la justifier Gilderoy « Elle est sous le choc ! »

- « Que faites vous dans notre forêt ? » demanda un autre centaure en ignorant superbement la remarque du jeune homme.

- « Votre forêt ?! » s'exclama alors Dolorès « Mais c'est un comble ! Cette forêt appartient au Ministère… »

- « Miss Ombrage, je vous en prie taisez vous ! » la supplia Gilderoy

- « Et ce n'est que par pure charité si on vous garde ici ! » continua-t-elle

- « Dolorès ! »

Mais les cris de Gilderoy eurent beaucoup moins de poids que la flèche qui frôla la joue de la jeune femme avant d'aller se ficher dans un arbre un peu plus loin.

- « Et maintenant, à qui est cette forêt, l'humaine ? » ironisa un centaure à la robe noire.

- « Répugnants hybrides ! » hurla Dolorès « Bandes d'animaux déchaînés ! »

- « Dolorès !! Je vous en conjure ! »

- « De quel droit nous insultes-tu sur notre territoire ?! » tonna méchamment un des centaures en bandant son arc dans sa direction.

- « Excusez là ! » lança Gilderoy en essayant de calmer le jeu « Ce sont ses nerfs qui lâchent ! Elle ne dira plus rien ! je vous jure qu'elle ne dira rien… »

- « Personne ne m'empêchera de dire tout haut ce que je pense ! » hurla Dolorès, excédée.

- « Oh que si ! » s'écria le jeune homme « Je ne laisserais pas vos bêtises nous faire tuer ! »

Il se pencha alors et ramassa sa baguette à la hâte. Là, il la pointa sur elle.

- « Oubliettes ! » hurla-t-il dans sa direction.

Dolorès eut peur un instant de voir le sort la toucher. Mais par chance, dans sa précipitation, Gilderoy ne s'était pas aperçut qu'il tenait sa baguette à l'envers et son sortilège le frappa de plein fouet. Sous la violence du coup, il fut projeté en arrière et tomba sur le sol. Dolorès poussa un cri de surprise et lorsqu'elle le vit se relever, elle fut étonné de voir son air hagard.

- « Que se passe-t-il ici ? Une fête ? » demanda-t-il en souriant. « Oh ! Les jolis chevaux ! »

- « Cette fois s'en est trop ! » hurla le chef des centaures « Nous ne nous laisserons pas insulter sur nos terres ! »

D'un signe de la main, il fit signe à ses pareils de s'approcher d'eux. Ils ne leur fallut que quelques minutes avant de les capturer.

- « Ôtez vos sales pattes de là ! » hurla Dolorès en se débattant violemment. « Je suis la Directrice de l'école ! Vous n'avez pas le droit ! »

Mais ses cris se perdirent dans les tréfonds de la Forêt Interdite, tandis que les centaures l'entraînaient avec eux…

o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o

- « Je peux entrer ? » demanda Remus en passant sa tête par l'embrasure de la porte de Ste Mangouste.

En face de lui, se trouvait, assise dans un lit, Debae qui le regardait en souriant.

- « Bien sûr ! Entre ! Par Merlin, ça me fait plaisir de te voir ! » s'exclama-t-elle.

Souriant, Remus entra donc dans la pièce en essayant soigneusement d'ignorer le regard peu enchanté que lui lança Zac depuis l'autre bout de la pièce. Il s'approcha du lit de son amie et se pencha pour poser un baiser sur son front.

- « Comment tu te sens ? » demanda-t-il en saluant Zac d'un signe de tête.

- « Bien ! Je suis juste encore un peu fatiguée et les médicomages ont dit que j'aurais encore mal dans le dos pendant un long moment… » répondit-elle « Et toi ? Par Merlin ! Qu'est-ce que c'est que toutes ces cicatrices sur ton visage ?! »

- « J'ai été brûlé avec de l'argent… » répondit-il en esquissant un faible sourire.

- « Par Merlin ! » s'exclama Debae en plaquant ses deux mains sur sa bouche.

Remus aperçut même Zac le fixer avec de grands yeux ronds. Tous trois étant lycanthropes, ils connaissaient parfaitement les effets de l'argent sur leur organisme. Le jeune homme sentit alors la main tiède de son amie se poser sur sa joue.

- « Qui a osé te faire subir une telle chose ? » demanda-t-elle d'une toute petite voix.

Remus soupira et se contenta d'hausser les épaules. Il n'avait absolument pas envie de discuter de tout cela. Le fait que ce soit Peter qui lui inflige cette blessure, lui restait en travers de la gorge. Bien qu'il sache depuis longtemps qu'il était un traître, il n'aurait jamais cru que celui qui avait été son ami se serve du fait qu'il était un lycanthrope pour lui nuire. Il grogna un peu et Debae, craignant sans doute de lui avoir fait mal, retira précipitamment sa main.

- « Pardon… » souffla-t-elle.

Remus fit un léger non de la tête pour lui signaler que ce n'était rien et se mit à sourire pour la rassurer.

- « Tu as vu un médicomage pour ça j'espère ? » demanda la jeune femme d'une voix sévère.

- « Bien sûr » répondit Remus « J'étais sous la surveillance de Lily et Océane, impossible d'y échapper ! L'infirmière de Poudlard s'est occupée de moi. »

- « Tant mieux ! » répondit la jeune femme tandis que le jeune homme échangeait un regard amusé avec Zac qui semblait d'une meilleure humeur à son égard. « Et elle a dit quoi ? »

- « Que je garderais ces cicatrices longtemps, peut être de nombreux mois mais qu'elles devraient finir par disparaître à condition bien sûr que mon visage n'entre plus en contact avec de l'argent »

- « C'est une bonne nouvelle non ? »

- « Si ! Je suis soulagé. Je n'ai rien de vraiment grave si on y réfléchit. Je suis déjà debout. James et Sirius ont eu moins de chance, ils vont devoir faire de la rééducation »

- « Et comment va Harry ? » demanda Debae

- « Bien, c'est un enfant solide, il est courageux. Il est définitivement guéri, maintenant, il ne lui reste plus qu'à laisser sa magie se recréer toute seule. Donc pendant un certain temps il sera un peu fatigué »

- « Je suis contente !! J'avais tellement de peine pour lui et pour James et Lily ! » murmura la jeune femme.

- « C'est bien simple, elle n'a parlé que d'eux depuis qu'elle est installé dans ce lit ! » lança Zac d'un air amusé.

- « Ce n'est pas vrai ! Je me suis aussi inquiétée de savoir comment tu allais ! » rétorqua la jeune femme.

- « C'est vrai… Mais vu que je n'ai rien de grave… » répondit Zac

- « Qu'as-tu eu ? » demanda Remus.

- « Une cheville en morceau et quelques sorts qui m'ont assommés… Ils me gardent surtout en observation »

- « C'est normal. Savez-vous quand vous sortirez ? »demanda Remus

- « Dans deux jours si tout va bien » répondit le jeune homme.

- « On a insisté pour partir le plus tôt possible » compléta Debae « Nous ne voulions pas manquer la cérémonie… Pour Dumbledore… »

Remus vit une ombre passer sur le visage de son amie et savait que lui aussi ne devait pas avoir un regard très joyeux.

- « C'était un si grand homme ! Si gentil, si généreux… » soupira-t-elle tristement.

- « Il a été si ouvert et si accueillant avec nous ! Jamais je ne pourrais oublier ça ! » ajouta Zac « Sa mort est une grande perte pour nous tous et nous avons tous envie de lui rendre hommage ! »

Remus hocha la tête en souriant doucement. Lui aussi éprouvait la plus grande reconnaissance pour Albus Dumbledore et regrettait de ne pas la lui avoir manifesté beaucoup de son présent. Il était trop tard maintenant pour le lui dire, mais il comptait bien lui rendre hommage comme il se devait en étant présent à ses funérailles et en vivant désormais en profitant de chaque instant de joie que lui apporterait la vie, comme il avait toujours voulu le lui faire comprendre.

- « J'ai vu Minerva McGonagall » annonça alors Remus « D'après les dernières volontés de Dumbledore, la maison dans laquelle il vous logeait vous revient à vous tous. Vous êtes libres d'en faire ce que vous voulez »

- « Vraiment ?! » s'exclama Debae

- « Oui, il savait que vous sauriez l'utiliser à bon escient. » ajouta Remus.

- « Je suis sûre que cette nouvelle sera bien accueillit ! » lança Zac « Beaucoup d'entre nous ne voulaient plus retourner vivre dans les bois et voulaient se rendre utile ! Ils parlaient même de monter une association pour venir en aide aux jeunes enfants mordus… »

- « Où aux personnes devenant lycanthropes plus tard… » compléta Debae « Comme ça a été mon cas… »

- « Oui c'est vrai ! » répondit Zac « Bref, ils avaient plein de projets ! »

- « Pourquoi ils ? » demanda alors Remus.

Le jeune homme vit alors son amie rougir et baisser les yeux vers son drap blanc qu'elle triturait entre ses doigts d'un air gêné.

- « Tu le lui dis, chérie ? » demanda alors Zac.

Remus se mit à sourire quand son amie releva la tête vers lui. Vu l'air heureux des deux loups-garous, il ne faisait aucun doute qu'il s'agissait d'une bonne nouvelle.

- « Zac et moi et bien… On a envie de s'éloigner un peu du groupe, de… de vivre notre vie à deux, en couple… Enfin, comme un couple normal ! On n'a plus tellement envie de vivre en groupe… »

- « Ce n'est pas très pratique pour fonder une famille ! » ajouta malicieusement Zac

- « On n'en est pas encore là pour le moment ! » lui répondit la jeune femme en lui souriant.

- « Mais vous y pensez… » murmura Remus.

- « Oui » lui avoua la jeune femme « Alors, on a décidé d'aller vivre en Ecosse. C'est là que Zac a grandi… »

- « Je trouve ça fantastique ! » assura Remus qui était sincèrement ravi pour eux.

Il avait beaucoup d'affection pour Debae et souhaitait plus que tout son bonheur. Il savait que Zac était un jeune homme remarquable et ils allaient vraiment bien ensemble. Il se réjouissait du bonheur qu'ils construiraient ensemble.

- « Vous comptez partir bientôt ? » demanda-t-il en souriant.

- « Dès que ce sera possible » répondit Zac

- « Il va falloir que je profite un maximum de votre présence tant que vous êtes encore là dans ce cas ! » répondit-il.

- « J'espère que tu viendras nous voir là bas ?! » s'exclama Debae

- « Mais bien sûr ! » assura Remus en souriant.

o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o

Il y avait beaucoup de monde qui se pressait dans les couloirs du Ministère. Depuis plus d'une semaine, s'étaient ouverts les procès des différents mangemorts. Beaucoup avaient été condamnés à des peines plus ou moins longue pour Azkaban, d'autres avaient réussit à être acquittés. La presse avait largement relayé ces procès et Lily en avait suivi les comptes rendus avec attention. Mais aujourd'hui, était spécial.

La jeune femme sentait contre son dos le torse de James qui la tenait fermement, les bras resserrés sur son ventre. Elle posa sa tête en arrière et rencontra le creux de l'épaule de son mari. Elle sentit James poser un baiser sur sa tempe, mais il était distrait. Ou plutôt, préoccupé par ce qui allait se passer. Il n'était pas le seul. Remus était appuyé sur le mur en face d'eux et fixait le sol d'un air grave tandis qu'un peu plus loin, Sirius essayait de se changer les idées en serrant Océane dans ses bras. Lily entendit James soupirer derrière elle, et elle caressa doucement les mains de son mari qui la serrait tendrement.

- « Ça va aller chéri… » murmura-t-elle. « Cette fois c'est vraiment la dernière fois qu'on entendra parler de lui… »

- « J'espère… » répondit le jeune homme d'un air triste.

Lily se dégagea doucement de son étreinte et se retourna pour lui faire face. Elle releva la tête pour pouvoir planter son regard dans le sien. James la regardait avec un air triste qui ne lui était pas familier et que la jeune femme ne supportait pas de voir. Elle aimait son regard rieur et malicieux. Elle aimait quand il avait l'air de manigancer quelque chose, elle aimait quand il la regardait comme si rien d'autre au monde ne pouvait le rendre plus heureux. La tristesse n'avait pas sa place dans ses prunelles marrons. La jeune femme glissa sa main sur la joue de son mari qui esquissa un faible sourire.

- « Je sais que c'est stupide, mais je n'arrive pas à oublier qu'il a été mon ami et… »

Il soupira et détourna le regard.

- « James » murmura Lily d'une voix douce en le forçant à la regarder « Tu n'es pas stupide, je te défends de dire ça ! Tu as du cœur et c'est pour ça que tu es triste »

- « Mais c'est incompréhensible ! Il nous a fait un mal fou, on a faillit mourir des dizaines de fois à cause de lui, il a blessé Remus, il a été horrible ! Et moi je suis là en train de me dire que c'était mon ami… »

- « Tout ça est très compliqué pour tout le monde, chéri… » souffla la jeune femme en se blottissant contre lui.

Il posa son menton sur sa tête et tous les deux attendirent en silence. Le regard de Lily croisa alors celui d'Océane. Elle se sentait aussi désemparée qu'elle, c'était évident. Lily espérait que l'attente avant le début du procès ne serait plus trop longue. La jeune femme vit alors Remus s'approcher d'eux.

- « Si on allait s'installer dans la salle ? » proposa-t-il « Vu le monde qu'il y a, on serait au moins sûr d'avoir des places »

- « Tu as raison » répondit James en prenant Lily par les épaules et en l'éloignant doucement de lui.

Il fit glisser sa main de son épaule tout le long de son bras avant de lui prendre la main. Ils furent rejoint par Océane et Sirius. Tous les cinq se rendirent alors dans la salle de procès du Ministère. Tandis qu'ils entraient dans la pièce, Lily ne pu s'empêcher de frissonner. Elle avait pourtant espéré ne jamais devoir remettre les pieds dans cette salle. Sans dire un mot, tous descendirent les escaliers de pierre qui arpentaient la salle. Ils passèrent devant une femme d'un certaine âge, toute vêtue de noire, une petite voilette lui cachant le visage. Elle serrait dans ses mains un petit mouchoir blanc, mais ses yeux étaient secs. Lily la reconnut immédiatement, bien qu'elle ne l'ai vu que très peu de fois auparavant. Il s'agissait de la mère de Peter. La jeune femme se demanda si James l'avait vu. A en juger par la manière dont son mari ignorait soigneusement de regarder dans sa direction, Lily comprit qu'il l'avait vu mais qu'il ne voulait pas lui parler. Lily quand à elle se contenta de lui adresser un petit signe de tête auquel la sorcière répondit discrètement. Arrivés à mi chemin dans l'amphithéâtre qu'était la salle de procès, ils s'engouffrèrent dans une allée pour prendre place. Peu de temps après, assise entre Remus et James, la jeune femme contemplait en contre bas le fauteuil encore vide, où quelques instants plus tard se trouverait Peter. Peu à peu, l'endroit se remplissait. De journalistes, pour la plupart, mais aussi de sorciers qui avaient subi les préjudices des agissements du mangemort.

Lily avait un peu de mal à réaliser que Peter avait pu commettre tant d'horreurs. Elle gardait de lui le souvenir du garçon timide et effacé qu'elle avait connu à Poudlard. Et tout cela était tellement étrange. Comment avaient-ils pu se tromper à ce point sur le jeune homme. Elle sentit la main de James serrer un peu plus dans la sienne. Lily tourna alors sa tête dans sa direction et aperçut qu'en contre bas, une petite porte s'était ouverte et que plusieurs juges faisaient leur entrée dans la pièce. La jeune femme sentit son cœur s'accélérer. Dans la salle, ce ne fut bientôt plus que des murmures étouffés et des chuchotements. Il sembla à Lily qu'un temps très long s'était écoulé avant l'arrivée de Peter dans la salle. Un silence pesant tomba alors dans la pièce tandis que deux aurors le faisaient s'asseoir dans le fauteuil central. Lily l'observa attentivement et le trouva changé.

Il n'avait plus son visage rond et jovial d'avant, il avait considérablement maigri et ses traits s'étaient tirés. Ses yeux donnaient l'impression de s'être enfoncés à l'intérieur de ses orbites et des cernes violettes les entouraient. Il avait les cheveux bien plus longs et certaines de ses mèches lui tombaient sur le front d'un air négligé. Mais le changement le plus visible était sans aucun doute ce bras en argent qu'il serrait fermement sur l'accoudoir de son fauteuil. Lily sentit Remus se raidir à côté de lui. Le fait de constater par lui-même que c'était bien son ancien ami qui lui avait infligé les blessures qu'il portait au visage était très dur pour lui et elle le comprenait tout à fait. Elle se tourna vers lui, mais le jeune homme fixait avec une intensité grave l'accusé qui se contentait quant à lui de regarder le sol.

Un des juges frappa violemment sur la table à l'aide d'un petit marteau en bois et réclama le silence. Il n'eut pas beaucoup à insister pour se faire obéir. Les murmures qui avaient envahi la pièce se turent presque aussitôt. Tout le monde fixa alors l'accusé qui ne semblait pas vouloir se désintéresser du sol qui se trouvait devant lui.

- « Affaire 786, Ministère de la Magie contre Pettigrow » annonça d'une voix forte un greffier qui se tenait non loin.

Le juge se leva alors et s'éclaircit la voix d'un raclement de gorge. Il étala sur la table devant lui des parchemins contenant ses notes et prit la parole d'une voix forte et claire.

- « Vous vous appelez Peter Néron Pettigrow » lança-t-il à l'encontre de Peter « Et vous n'avez pas à l'heure actuel de domicile fixe puisque jusqu'au 23 septembre dernier, vous habitiez chez le dénommé Severus Rogue qui nous a fournit une attestation à ce propos »

- « Quoi ?! » s'exclama James en se penchant vers elle « Il habitait là bas et Servillius ne nous a jamais rien dit ! »

- « On aurait pu le choper depuis bien plus longtemps ! » grogna Sirius en se penchant vers eux.

- « Pourquoi n'a-t-il rien dit ? » demanda à son tour Remus.

- « Il devait avoir sans doute des ordres de Dumbledore » murmura Lily « C'est la seule explication possible ! Severus n'aurait jamais résisté à l'envie de vous faire enragé avec ça ! »

Aucun des trois garçons ne trouvèrent de contre argument à lui avancer, ils échangèrent donc un dernier regard entre eux avant de redonner leur attention au contre bas de la pièce où Peter acquiesçait les informations qu'on venait d'énoncer.

- « Nous allons maintenant passer à l'énoncé des faits qui vous sont reprochés » continua le juge en sortant d'un étui une petite paire de lunettes qu'il chaussa avant de prendre un nouveau parchemin dont il commença la lecture d'une voix monocorde et impersonnelle.

- « Mr Pettigrow, vous êtes cité pour les chefs d'accusations suivants : appartenance à l'armée du Seigneur des Ténèbres en tant que mangemort, évasion de la prison d'Azkaban, possession d'armes à feux moldues, vous avez également participé à l'attentat du centre commercial moldu le 31 juillet 1983, ainsi qu'à divers autres attentats dont la liste sera publié publiquement à la fin de ce procès. Vous avez également participé, en tant que partisan du Seigneur des Ténèbres, à la Grande Bataille. Vous êtes bien évidemment accusés d'association de malfaiteurs, de complicité de meurtre et de non dénonciation de criminel »

Lily lâcha alors la main de James et vint la plaquer sur sa bouche. Elle avait du mal à réaliser tout ce qu'on reprochait à Peter. C'était tellement… Elle n'avait pas réalisé à quel point leur ancien ami avait été impliqué dans cette guerre. Elle soupira, et le regarda, horrifiée de le voir sous un tel jour.

- « Je tiens à préciser, Mr Pettigrow » reprit le juge « Que malgré la gravité des faits qui vous sont reprochés vous n'avez pas souhaité faire appel à un avocat. Vous avez décidé également de ne pas nier ces faits. Est-ce exact ? »

Lily vit clairement les lèvres de Peter remuer, mais elle n'entendit aucun son. Apparemment elle n'était pas la seule.

- « Parlez plus fort Mr Pettigrow ! » demanda le juge d'une voix forte en abaissant ses lunettes.

- « C'est exact » reprit alors Peter un peu plus fort.

Encore une fois, Lily fut étonné par le changement qu'elle constatait chez le jeune homme. Sa voix était devenu plus rocailleuse, plus agressive, moins agréable à entendre.

- « Très bien, dans ce cas, Mr Pettigrow, étant donné que vous ne niez aucun de ces faits, votre présence ici ne sera justifié que par la réponse que vous pourrez apporter à certaines questions que nous nous posons tous »

Peter hocha doucement la tête.

- « Qu'il soit bien clair entre nous qu'aussi capitales que puissent être les informations que vous nous apporterez, cela ne remettra pas en cause la condamnation à laquelle vous aurez droit » reprit le juge d'un air grave.

- « La remettre en cause non, mais la diminuer, oui » souffla Remus en se penchant vers James et Sirius.

- « Ne parle pas de malheur, je t'en prie ! » grogna ce dernier entre ses dents, tandis que James restait grave et silencieux.

- « Et bien nous allons donc commencer » lança le juge « Mr Pettigrow, pouvez vous me dire très exactement quand est-ce que vous êtes devenu un mangemort ? »

- « En 1980 » répondit Peter

- « Pourquoi ? »

- « Je pensais que le Seigneur des Ténèbres allait réussir ce qu'il avait entreprit et je voulais être du côté des vainqueurs » avoua Peter en fuyant le regard du juge.

A côté d'elle, Lily entendit James grogner mais ne se retourna pas vers lui, trop absorbée par le spectacle qui se jouait devant elle. Les aveux de cet homme qu'elle avait si longtemps considéré comme gentil et inoffensif. La salle fut parcourut par quelques murmures. Lily risqua un regard dans la direction de la mère de Peter. Elle tenait son mouchoir tout près de son visage, serré entre ses mains ridées. Ses yeux étaient rougis, mais secs. Elle avait l'air désespérée. Lily savait que Peter était son seul enfant et qu'elle avait été veuve très jeune. Sa vie avait été brisée par les choix de son fils, elle ne vivait que pour lui et maintenant qu'il allait passer le reste de sa vie, vraisemblablement en prison, la pauvre femme devait se sentir bien seule. Incapable de soutenir plus longtemps le spectacle de tant de tristesse, Lily se retourna vers Peter tandis que le juge reprenait le fils de ses questions.

- « Vous avez avoué avoir participé à divers attentats, Mr Pettigrow, mais je voudrais plus particulièrement m'intéresser à celui du 31 juillet 1983 ».

- « C'est lequel ? » demanda Remus.

- « Celui du centre commercial moldu » le renseigna James sans cesser de fixer le bas de la salle.

- « Tu étais en mission à cette époque là » ajouta Lily.

Remus hocha la tête et croisa ses mains devant lui.

- « Nous voudrions savoir exactement comment s'est organisé cette attentat » lança le juge en ôtant ses lunettes qu'il porta à sa bouche et se mit à les mâchonner.

- « Et bien, le Seigneur des Ténèbres trouvait que… qu'on ne parlait pas assez de lui depuis un certain temps. Il a voulut frapper fort » répondit Peter.

- « Mais pourquoi cette ville précisément ? » demanda l'un des autres juges.

- « Je ne suis pas sûr mais je pense que le choix s'est fait au hasard » répondit Peter « Je sais seulement qu'à chaque fois qu'il voulait frapper quelque part, il faisait en sorte de choisir un endroit qui n'était pas très loin des zones d'habitations sorcières. Il voulait que les nouvelles se propagent vite et bien »

- « Dans quelle mesure avez-vous participer à cet attentat ? »

- « J'étais sur les lieux de l'attentat, mais mon rôle se limitait à empêcher le plus possible les moldus de venir en aide aux autres. Nous avons tous été très surpris de voir des sorciers arriver »

- « Des aurors vous voulez dire… » demanda un des juges.

- « Non, non… Ce n'étaient que des sorciers… » assura Peter.

- « Pourtant le compte rendu qui a été fait de cette attaque ne mentionne nulle part la présence de sorciers autres que les aurors sur les lieux de l'attentat » lança le juge en attirant à lui à l'aide de sa baguette un dossier très volumineux qu'il consulta rapidement.

- « Qui s'est occupé de faire ce compte rendu à ton avis ? » demanda James.

- « Kingsley » répondit Sirius.

- « Ce qui expliquerait pourquoi votre présence n'a pas été mentionné dans le rapport » souffla Remus « Il devait faire en sorte que les actions de l'Ordre du Phoenix soient les plus discrètes possibles »

Lily hocha la tête, convaincue elle aussi que Kingsley et Fol Œil avaient sans doute dans leurs rapports omis de nombreux détails comme celui-ci. Le juge referma le dossier d'un geste sec, soulevant ainsi un nuage de poussière qui fit éternuer plusieurs personnes du premier rang.

- « Passons, tout ceci n'est en définitive pas ce qui nous intéresse » reprit-il d'un air grave. « Vous n'avez donc qu'empêcher les moldus de venir secours aux victimes, qui donc était à la tête de cette mission ? »

- « Lucius Malefoy » répondit Peter.

- « Passons maintenant aux autres missions que vous avez effectué. Vous étiez présent lors de l'attaque du Département des Mystères au Ministère »

- « Oui »

- « Pour quel motif ? » demanda le juge.

- « Nous devions récupérer quelque chose » répondit évasivement Peter.

Lily sentit alors James poser sa main sur ses deux mains jointes sur ses genoux. Reparler de la prophétie qui avait désigné Harry comme celui capable de vaincre le Seigneur des Ténèbres était toujours un peu difficile pour eux, même maintenant que tout était fini. Tout cela était trop récent encore et ils n'avaient pas le recul nécessaire pour entendre parler de tout cela sans appréhension et sans craintes. D'autant plus qu'il se profilait à l'horizon une espèce d'engouement pour leur fils. On parlait d' « Élu », de « Héro » et toute cette agitation autour de son fils inquiétait encore Lily.

- « Récupérer quoi ?! » s'impatienta le juge, tirant ainsi la jeune femme de ses pensées.

- « Une prophétie qui concernait le Seigneur des Ténèbres » répondit Peter.

Dans la salles, les exclamations surprises fusèrent et il régna durant plusieurs secondes un vacarme assourdissant. Sauf dans le rang de Lily et James, où tous savaient déjà les tenants et les aboutissants de cette histoire.

- « Et vous l'avez récupéré ? » demanda le juge après avoir ramené le silence en frappant sur la table à l'aide de son petit marteau.

- « Non, elle a été détruite à ce moment là, nous n'avons jamais su ce qu'elle disais » répondit Peter.

- « Très bien, Mr Pettigrow, avez-vous effectivement participé, comme nous l'a avoué Rabastan Lestrange, à l'attaque qui a eu lieu dans la demeure des époux Meyer ? »

Il y eut un moment de silence. Visiblement, le jeune homme ne s'était pas attendu à cette question et il paraissait gêné.

- « Mr Pettigrow, étiez vous, oui ou non chez les Meyer lors de l'attentat de leur maison ? »

Lily cessa de serrer ses mains et entrelaça ses doigts à ceux de James. Eux aussi avaient été chez les époux Meyer lors de cet attentat tragique et la jeune femme faisait encore des cauchemars de cette soirée où un enfant était mort sous ses yeux. Elle retint son souffle en attendant la réponse du jeune homme.

- « Oui » répondit-il dans un souffle.

Lily sentit son estomac se contracter dans son ventre et la main de son mari serrer la sienne avec poigne. Il était donc là, il s'était retrouvé à quelques mètres d'eux et ils ne l'avaient pas reconnu !

- « Quel a été votre rôle ? » demanda le juge.

Le jeune homme parut immédiatement très mal à l'aise et baissa les yeux vers le sol. Il semblait perdu et Lily eut un très mauvais pressentiment.

- « Votre rôle, Mr Pettigrow ! » somma le juge d'un air sévère.

- « Je, je… j'étais juste là » bafouilla-t-il d'un air très peu convainquant.

- « Vous êtes ici devant un tribunal, Mr Pettigrow ! » tonna le juge « Vous devez dire toute la vérité ! »

- « Je vous ai dit que j'étais là bas ! » lui lança Peter

- « Certes, mais qu'y avez-vous fait ? »

Peter resta silencieux, fusillant un moment le juge du regard avant de détourner les yeux. Le silence était lourd et Lily sentait son cœur battre fort dans sa poitrine tandis que James portait sa main sur son torse.

- « Mr McNair nous a tout dit Mr Pettigrow, mais je veux l'entendre de votre bouche ! » menaça le juge qui semblait vraiment très en colère.

Peter mit encore quelque seconde avant de répondre enfin du bout des lèvres.

- « J'ai tué l'enfant ».

La nouvelle fit l'effet d'une bombe à Lily qui ne pu empêcher le cri de surprise et d'horreur qui naquit dans sa gorge. Elle n'en revenait pas, avait-elle bien entendu ? Le mangemort qui avait assassiné le petit Cedric Diggory n'était autre que Peter ? Elle sentit la nausée la gagner. Elle n'était visiblement pas la seule à avoir été choquée par la nouvelle. Dans la salle, le bruit ne faisait qu'amplifier, James avait la bouche grande ouverte et les yeux exorbités.

- « Silence ou je fais évacuer la salle ! » hurla le juge pour se faire entendre, ramenant ainsi le silence dans la foule qui voulait en savoir plus. « Vous avouez donc le meurtre de Cedric Diggory ? »

- « C'était un accident ! Je ne voulais pas le tuer ! Je voulais juste être sûr qu'on ne lancerait pas de sort ! Je n'ai pas sentit le sort partir ! J'ai paniqué ! Je ne voulais pas le tuer ! »

Peter était larmoyant, mais Lily n'en pouvait plus. Il l'avait tué ! Il avait tué un enfant innocent alors qu'il ne voulait que capturer James et elle. Cedric était mort de sa main à lui ! La jeune femme sentit qu'elle perdait ses couleurs. Une bouffée de chaleur la gagna, elle sentait qu'elle allait faire un malaise. Elle ne pouvait pas rester dans cette salle ! Cette simple pensée lui était odieuse. Elle ne pouvait pas rester devant ce meurtrier d'enfant sans rien faire. Elle avait envie de crier, elle avait envie de descendre et de le gifler, elle avait envie de vomir, elle avait surtout envie de pleurer. Elle se tourna vers James qui avait l'air dévasté et n'eut pas la force de supporter son chagrin à lui en plus du sien. Elle prit alors une décision, elle ne voulait pas rester là. Pas une seconde de plus, elle n'en avait plus la force. Elle retira sa main de celle de James sans que ce dernier n'émette aucune résistance. Elle refusa de se tourner vers l'accusé et traversa l'allée sous le regard médusé de ses amis. Les larmes aux yeux, elle prit les escaliers et les monta pour quitter la salle. Elle passa devant la mère de Peter qui pleurait maintenant à grosses larmes et la jeune femme augmenta son allure. Lorsqu'elle sortit de la salle, sa vision était entièrement brouillée. Elle se tint au mur qu'elle longea sur quelques mètres avant de se laisser glisser sur le sol. Là, elle replia ses jambes contre sa poitrine et enfouit son visage contre ses genoux. Là, elle se laissa aller et pleura toutes les larmes de son corps. Elle n'arrivait pas à y croire, elle ne voulait pas y croire et pourtant. Il était vraiment un monstre !

Elle était secouée de violents sanglots. Et elle avait beau tenter de se calmer, elle avait beaucoup de mal. Elle avait l'impression que c'était tout le stress de ces derniers jours qui s'évacuait. Elle sentait qu'elle avait besoin de se laisser aller. Le visage ruisselant, elle releva doucement la tête et pris une grande inspiration. Il lui fallut de longues minutes pour se calmer. Lorsqu'elle se sentit suffisamment bien pour se lever, elle prit appui sur le mur et se redressa. Elle sécha son visage rapidement, même si des larmes coulaient encore. Elle s'approcha doucement de la porte qui donnait sur la salle de concert, elle entendit le juge poser ses questions. Elle sentit alors son ventre se tordre. Elle ne se sentait vraiment pas la force de retourner là bas. De toute façon, James y était. Lily connaissait suffisamment bien son mari pour savoir qu'il ne quitterait pas la pièce avant la fin du procès. Il répondrait à ses questions si elle lui en posait…

Lily sentit alors ses jambes vaciller. Elle décida d'aller se passer un peu d'eau sur le visage pour essayer de se remettre. Elle prit donc la direction des toilettes. Elle ne marcha pas vite, elle se sentait faible et ne voulait pas risquer de s'évanouir dans ces couloirs désormais déserts. Toutes les salles de procès devaient être plein à ras bord. Lily finit par trouver de quoi se rafraîchir. Elle but ensuite une longue gorgée d'eau et passa ses doigts dans ses cheveux pour essayer de se donner une allure un peu plus présentable. Elle se remit alors à errer dans les couloirs. Elle ne voulait pas rentrer sans James, mais ne voulait toujours pas retourner là bas. Elle soupira elle se sentait perdue. Elle marcha plusieurs minutes avant d'entendre du bruit provenir d'une pièce voisine.

Curieuse, la jeune femme s'approcha et poussa la porte. C'était une salle de procès bien plus petite et presque vide. Elle entra et c'est alors qu'elle reconnut la jeune femme qui se tenait devant un unique juge qui fixait un parchemin d'un air sévère. Instinctivement, la jeune femme se glissa sans un coin sombre très discrètement.

- « Et bien madame Malefoy, on dirait que vous avez eu beaucoup de chance semble-t-il… » marmonna la juge d'un air sévère.

Lily observa alors attentivement la jeune femme. Elle avait l'air tout aussi perdu qu'elle, les traits tirés. La fatigue la rendait beaucoup moins belle qu'elle ne l'avait été, mais elle restait tout de même digne et magnifique. Elle impressionna Lily qui se demandait bien ce qu'elle faisait là.

- « Le professeur Dumbledore avait pris soin avant de mourir d'écrire un document vous disculpant totalement dans l'histoire de l'attaque de Poudlard » continua la juge en fronçant les sourcils.

- « Vraiment ?! » s'exclama Narcissa dont le visage s'illumina tout d'un coup.

- « Oui. Il dit qu'il ne veut pas vous poursuivre et demande que vous ne soyez pas inquiété… »

- « Par Merlin ! » s'exclama la jeune femme en plaquant ses mains sur sa bouche.

- « Comme vous dites ! » marmonna la juge en signant quelque chose sur le parchemin.

- « Je vais enfin pouvoir savoir où est mon fils ?! » demanda Narcissa avec une impatience non dissimulée « Je ne l'ai pas vu depuis l'attaque ! »

Sa voix était presque suppliante et Lily ressentit de la peine pour elle. Elle savait parfaitement ce qu'on ressentait quand son enfant vous était arraché. Elle ne souhaitait cette souffrance à personne pas même à Narcissa Malefoy. Elle avait mal pour la jeune femme qui paraissait si impatiente.

- « Mieux que cela » lui répondit la juge « L'auror qui l'avait placé dans l'orphelinat l'a ramené ce matin… »

- « Il a été dans un orphelinat ! » s'exclama la jeune femme

- « Où il a été très bien traité. Il avait l'air très en forme ! »

- « Où est-il ?! » s'exclama alors Narcissa.

La juge fit alors un geste, et un jeune homme que Lily n'avait pas vu auparavant ouvrit une petite porte dérobée et un petit garçon aussi blond de sa mère qui jusqu'alors tenait la main de Kingsley entra dans la pièce. Lorsqu'il vit sa mère, il se figea un moment avant de se mettre à courir vers elle.

- « MAMAN ! » s'exclama-t-il.

En pleurs, Narcissa se pencha et pris son fils dans ses bras. Très émue, Lily sortit de la pièce, laissant à cette famille retrouvée un peu d'intimité. Elle se glissa contre le mur et ferma les yeux. Cette journée était vraiment très riche en émotion.

o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o

- « Je ne suis pas rassurée, c'est la première fois qu'on la laisse comme ça… » murmura Océane tandis qu'elle entrait dans le parc de Poudlard en compagnie de Sirius.

- « Elle ne risque plus rien et Kana et Dobby s'en occuperont très bien. Tu sais bien qu'on ne pouvait pas l'emmener ici avec nous. Elle est trop jeune pour assister à un enterrement » répondit le jeune homme qui portait Maelys dans ses bras.

- « Je sais » répondit Océane d'une toute petite voix.

Elle sentit son mari se rapprocher doucement d'elle et elle soupira. Elle avait beau savoir que maintenant, elle pouvait laisser en toute sécurité Lalyh sous la surveillance des elfes de maison, elle avait eu tellement l'habitude d'avoir peur pour elle qu'elle le redoutait un peu. Il lui faudrait sans doute un peu de temps pour se faire à cette idée. Mais pour l'heure, elle gardait le cœur serré et était ravie de ne pas pouvoir se séparer de Maelys à cause de son allaitement. Pourtant Sirius avait raison, un enterrement n'était pas une cérémonie où il était utile d'emmener sa petite fille et c'est pour cela également que Jack et Syrielle était resté chez eux. Lily et James avaient uniquement tenu à amener Harry, ce que Océane comprenait parfaitement.

Ils marchèrent tous les deux en silence jusqu'à l'entrée du château où se trouvaient déjà Remus et la famille Potter qui discutaient avec Minerva McGonagall.

- « Bonjour » lança Sirius.

- « Bonjour » lui répondirent en cœur tout le monde.

Les visages étaient graves et les airs sérieux. Au coup de son papa, Harry semblait perdu et très intimidé. Océane adressa un petit signe de la main au petit garçon qui lui offrit un sourire.

- « De quoi parliez vous ? » demanda Sirius.

- « James et Remus me faisaient un rapide compte rendu du procès d'hier » lui apprit Minerva d'un air grave « Je n'ai pas eu l'occasion d'en lire le compte rendu ce matin. Mais je me réjouis de la condamnation de Peter ».

Océane hocha doucement la tête. Elle aussi était satisfaite que Peter ait été condamné à perpétuité à Azkaban. Après tout ce qu'il avait fait, une autre sentence aurait été inacceptable. La jeune femme jeta un rapide coup d'œil à son mari qui semblait tout d'un coup fasciné par sa fille endormie dans ses bras. Océane soupira doucement. Sirius n'avait pas voulu discuter avec elle du procès de Peter, elle ne lui en voulait pas, parce qu'elle savait que cela était difficile pour lui et qu'elle était convaincue qu'il finirait bien par se confier à elle. Lorsque se serait le cas, elle serait tout à fait prête à l'écouter, mais pour l'heure, elle respectait son silence même si cela lui pesait un peu.

- « Vous avez dit que vous étiez très occupée ? » demanda alors Océane dans une tentative pour changer le sujet de la conversation.

- « Oui » répondit Minerva « Il a fallut que je m'occupe seule de l'organisation de la cérémonie de ce matin en plus du travail que demande l'école. Surtout maintenant que Miss Ombrage ne fait plus partie de l'équipe pédagogique ! »

Océane crut pendant un court instant, voir un sourire fleurir sur les lèvres de Minerva McGonagall, mais ce fut une impression tellement fugace qu'elle n'en fut pas sûre.

- « C'est vrai ? Que lui est-il arrivé ? » demanda Remus qui lui, ne faisait pas semblant d'être ravi.

- « Il se trouve que Miss Ombrage et le professeur Lockhart ont tous les deux offensés le troupeau de centaures de la Forêt Interdite. Je n'en sais pas plus, mais quand ils ont enfin daignés les jeter hors de la forêt, ni l'un ni l'autre n'ont été capable de parler. Ils ont été transférés tout de suite à Ste Mangouste »

- « Elle n'est plus Directrice alors ? » demanda James.

- « Elle n'en est plus capable… » répondit Minerva.

- « Mais alors, qui dirige Poudlard ? » demanda Lily.

- « Et bien, c'est moi pour le moment. Mais on dit dans les couloirs du Ministère que ma nomination sera rendue définitive d'ici quelques semaines »

- « Toutes mes félicitations ! » s'exclama Océane.

Minerva reçut les félicitations de toutes les personnes présentes. Tous étaient vraiment ravis que ce soit elle qui hérite du poste du professeur Dumbledore. Personne mieux qu'elle ne saurait désormais s'occuper de Poudlard. Elle resta quelques minutes encore à discuter avec eux avant de s'excuser et de les quitter. Elle avait encore beaucoup à faire et la cérémonie n'allait pas tarder à commencer. Les cinq amis se retrouvèrent donc entre eux et se regardèrent un moment sans rien dire avant que Remus ne propose de rejoindre le lieu où la cérémonie aurait lieu.

Tous acquiescèrent et c'est ainsi qu'ils prirent la direction du lac où de nombreuses chaises étaient déjà disposées en rangées, laissant juste une allée libre au bout de laquelle une table de marbre se jetait déjà. Il faisait beau et le soleil brillait doucement en cette journée d'automne. Cela aurait pu être une belle journée si elle n'avait pas été si triste. Océane fut assez surprise de voir que quelques personnes étaient déjà installées. Ce qui était le plus surprenant était la diversité des personnes de l'assemblée. Des tenues misérables côtoyait des mises élégantes. Albus Dumbledore était un homme admiré et respecté par tous et nombreux étaient ceux qui voulaient lui rendre un dernier hommage. Avant que le reste de l'assistance n'arrive, Océane se dirigea vers une rangée libre pour s'installer. Elle alla jusqu'au bout et s'installa sur la chaise. Elle tendit les bras et Sirius y déposa sa fille qui dormait toujours. Océane caressa son petit visage avec tendresse et posa un baiser sur son front. Sirius prit place près d'elle, puis James, Lily et Remus s'installèrent à leur tour.

Des personnes à la mine grave arrivaient de toutes parts. Toutes s'installaient dans le calme, saluant de temps en temps une connaissance et discutant à voix basse. Océane reconnut le Ministre et quelques uns de ses conseiller. Kingsley les salua d'un signe de la main avant de rejoindre le Commandant des aurors qui se trouvait non loin. Pendant un moment, Remus leur faussa compagnie pour aller voir Debae et Zac qui venaient d'arriver avec les autres lycanthropes rescapés de la bataille. C'est à cet instant qu'un bruit assourdissant se fit entendre depuis l'intérieur du château. Des pieds de chaises raclant sur le sol suivit par le bruit sourd des pas de élèves sur le dallage du château. Océane vit Lily se pencher pour lui parler.

- « Minerva nous a dit qu'elle avait donné son après midi aux élèves pour permettre à ceux qui le souhaitaient d'assister à la cérémonie » expliqua-t-elle.

A peine venait-elle de finir sa phrase que déjà les premiers étudiants en uniforme firent leur apparition dans le parc. Océane les regarda s'avancer quand soudain un visage attira son attention. Une petite brune aux yeux rieurs qui se mit à sourire en la voyant avant de se mettre à courir vers elle. Elle tomba en marchant sur un de ses lacets défaits et deux jeunes rouquins arrivèrent derrière elle pour la relever. Tous les trois s'approchèrent d'elle en souriant.

- « Bonjour Nymphadora, bonjour les garçons ! » les salua Océane tandis qu'ils arrivaient près d'elle. « Comment allez vous ? »

- « Bien ! » répondit Bill en souriant « Tu sais si Maman et Papa sont déjà arrivés ? »

- « Non, je ne les ai pas vu » lui répondit la jeune femme.

- « Peut être qu'on devrait aller s'asseoir au fond ! » proposa Charly en regardant tout autour de lui « Sinon, il ne restera que les places aux premiers rangs ! »

Les trois enfants se mirent à grimacer doucement. Charly allait s'éloigner quand il posa sa main sur l'épaule de Nymphadora.

- « Tu viens Tonks ? »

- « Allez-y ! Je vous rejoint ! » répondit la fillette en leur adressant un sourire.

Les deux petits Weasley ne se firent pas prier et s'éloignèrent en courant.

- « Ils t'appellent par ton nom de famille ? » s'étonna Océane en haussant un sourcil.

- « Ben… »

La petite fille avait l'air un peu gêné.

- « Vu que j'aime pas mon prénom, je me suis dit que je pourrais les laisser faire… »

- « C'est ton papa qui ne va pas être content ! » lança Sirius qui avait un peu décalé sa chaise pour mieux la voir.

- « Je sais » soupira la petite fille « Tu lui diras pas hein ? C'est Maman qui a choisit mon prénom alors je veux pas qu'il ait de la peine ! »

- « Je ne dirais rien » assura Sirius « Et j'avais bien dit à ta mère de t'appeler autrement ! »

La petite fille se mit à sourire et se pencha alors sur Maelys qui dormait toujours.

- « Elle a changé ! » s'exclama-t-elle dans un souffle.

- « C'est normal, elle avait à peine quelques jours quand tu l'as vu la dernière fois » répondit Océane en souriant.

- « Elle est toute belle ! »

- « Comme son papa ! » répondit Sirius en souriant.

- « J'aurais plus dit comme sa maman ! » lui rétorqua Nymphadora avant de lui tirer la langue.

- « Dis donc, petite insolente ! » gronda Sirius d'un air faussement sévère « Tu veux que je m'occupes de ton cas ?! »

- « Du calme chéri » murmura Océane alors que certaine personne en l'assemblée se retournait pour les regarder.

Le jeune homme redevint sérieux et Nymphadora prit un air grave.

- « Il parait qu'il était très gentil le professeur Dumbledore » murmura-t-elle alors

- « C'est un grand sorcier et quelqu'un de très bon » répondit Océane.

- « Papa m'a dit que Maman l'aimait beaucoup » ajouta la petite fille.

- « C'est vrai »

- « Elle travaillait pour lui quand elle est morte ? » demanda alors Nymphadora.

Océane sentit son mari se raidir à côté d'elle et prendre une grande inspiration.

- « Oui » répondit-il « Elle faisait partie d'un groupe qui luttait contre le Seigneur des Ténèbres parce qu'elle ne voulait pas vivre dans un monde où les sorciers de sang-purs méprisaient ceux qui étaient métissés »

- « Les sorciers comme moi ? »

- « Exactement comme toi, crapaud… » souffla le jeune homme.

- « Sirius ! » s'exclama la petite fille, indignée « M'appelles pas comme ça ici ! »

Le jeune homme se mit à rire mais le regard noire de la fillette l'incita à arrêter.

- « Pardon » souffla-t-il.

Nymphadora lui lança un dernier regard sombre avant de se tourner vers Océane.

- « Et c'est vrai qu'il est mort le Seigneur des Ténèbres ? » demanda-t-elle

- « Oui » répondit la jeune femme.

- « Et bien ça je suis contente ! » répondit Nymphadora.

- « On se réjouit tous de ça, tu sais » répondit Sirius.

- « Vous restez longtemps à Poudlard ? » demanda la petite fille.

- « Non, on ne reste que le temps de la cérémonie » répondit Océane.

La petite fille sembla déçue.

- « Mais tu rentres chez toi pour Noël, non ? Tu viendras nous voir… » lui assura la jeune femme.

- « D'accord ! » lança-t-elle.

Après avoir embrasser Sirius, Maelys puis Océane, la petite fille courut rejoindre les deux frères Weasley qui lui avaient gardé une place un peu plus loin.

- « Elle devient de plus en plus grande » soupira Sirius en la regardant prendre place entre les deux rouquins.

- « Elle a un sacré caractère ! » lui répondit Océane.

A cet instant, Remus revint s'installer près d'eux.

- « Vous avez vu Hagrid ? » demanda-t-il en souriant.

- « Non, pourquoi ? » demanda Lily.

- « On dirait qu'il a trouvé chaussure à son pied ! » annonça le jeune homme en leur désignant d'un signe de tête l'endroit dans lequel ils devaient regarder.

Océane se pencha un peu pour mieux voir et c'est alors qu'elle aperçut le demi-géant discuter avec Kingsley. Il avait les yeux rougis et de nombreuses cicatrices sur le visage, mais surtout, il tenait la main d'une immense femme dans la sienne. Elle était aussi massive que lui, brune et avait l'air radieuse malgré son air triste.

- « C'est bizarre ! » souffla Sirius.

- « Pourquoi bizarre ? » demanda Océane « Tu pensais être le seul à plaire aux femmes ! »

Le jeune homme la fixa alors d'un air surpris avant de s'approcher d'elle pour poser un baiser sur sa tempe. Océane cligna des yeux et reporta son attention sur le demi géant qui était maintenant plié en deux pour parler avec un tout petit sorcier aux cheveux en épis, vêtu d'une simple robe noire. C'était le mage qui serait responsable de la cérémonie.

Hagrid se releva alors, et après avoir poser un baiser sur la joue de la jeune femme qui lui tenait la main et s'éloigna aussi vite que lui permettait sa démarche boiteuse.

- « Ça va commencer » souffla alors Lily qui prit Harry sur ses genoux et le serra fort contre elle.

Autour d'eux, tout le monde alla s'asseoir. Océane jeta un dernier regard dans la direction de Nymphadora et constata que Molly et Arthur étaient arrivés. Le silence se fit petit à petit puis, tout le monde se tourna dans la direction où Hagrid arrivait désormais. Il tenait dans ses bras, enveloppé de velours pourpre parsemé d'étoiles d'or, le corps du professeur Dumbledore. Mais le plus surprenant était le géant au visage rocailleux qui le suivait et qui s'installa derrière le dernier rang, à même le sol, quand Hagrid le lui demanda.

- « Qui c'est ? » demanda Sirius.

Océane se contenta d'hausser les épaules, son regard ne quittait plus le demi-géant qui remontait lentement l'allée. Un chant se fit alors entendre. La jeune femme regarda dans la direction du lac et aperçut sortant à moitié de l'eau scintillante un chœur d'être de l'eau qui chantait un air triste et doux qui devait évoquer la mort et le désespoir. Océane sentit ses yeux se remplirent de larmes. Tout cela était tellement beau mais tellement triste. Hagrid arriva finalement au bout de l'allée et déposa précautionneusement le corps du professeur Dumbledore sur la table de marbre. Il s'éloigna en pleurant à chaudes larmes, tirant de sa poche un mouchoir dans lequel il se moucha bruyamment. Plusieurs personnes de l'assemblée grognèrent, mais Océane était persuadée que Dumbledore ne s'en serait pas formalisé. Le mage commença alors son discours, mais Océane ne l'écoutait pas. Elle pensait à cet homme qui avait été un des sorciers les plus brillants de sa génération. Il avait tant donné pour les autres, il s'était toujours battu pour ces convictions et même s'il n'était plus là aujourd'hui, son esprit et sa sagesse planeraient toujours sur eux et seraient toujours dans leurs cœurs.

Une fois le rituel accomplit le mage en noir recula de quelques pas et des flammes blanches éclatantes jaillirent autour du corps de Dumbledore. Elles s'élevèrent de plus en plus haut, masquant la dépouille. Une volute de fumée blanche tournoya aussi au dessus du corps. A cet instant, un phoenix arriva de sa démarche gracieuse et majestueuse et vint se poser non loin de la table de marbre, sont plumage chatoyant tranchant sur la pelouse du parc. Il se mit à chanter et Océane ne se souvenait pas d'avoir entendu un son aussi beau de toute sa vie. Il était doux et apaisant, et elle se sentit bien mieux, comme si de nouveau le courage l'avait gagné. Le feu s'éteignit d'un seul coup et à la place, une tombe de marbre fit son apparition.

A cet instant, une pluie de flèches apparut dans les airs et tomba loin de la foule, ce qui n'empêcha cependant pas certaines personnes crier. C'était l'hommage des centaures à Dumbledore. Lorsque tout fut fini, ils regagnèrent la forêt et les êtres de l'eau disparurent dans les profondeurs du lac noir. Le phœnix s'envola dans les airs et disparut à l'horizon.

Le silence retomba à nouveau sur l'assemblée et une nouvelle fois le cœur d'Océane se serra et elle se remit à pleurer avec abondance. Tout était définitivement fini…