Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

Info : Ceci est le dernier chapitre de ma fic… Viendront ensuite deux épilogues que je publierais la semaine prochaine !!

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent cinquante trois : Le bilan


« Quand je vois le chemin qu'on a parcouru jusqu'à aujourd'hui
(…)
Beaucoup de choses ont changé
Qui aurait pu s'imaginer que le temps se serait si vite écoulé,
On fait le Bilon calmement en s'remémorant chaque instant… »
Les Neg-Marrons

Sirius resta un moment à l'extérieur de la maisonnette du Quartier Général de l'Ordre du Phoenix. Les mains dans les poches, il fixait cet endroit qui avait accueillit tant de leurs réunions. Il en avait passé des soirées et des nuits ici, avec tous les autres membres à élaborer des plans, à réfléchir aux actions à mener, à essayer de comprendre comment pouvait réfléchir le Seigneur des Ténèbres. Tout cela leur avait prit tant de temps que le jeune homme avait un peu de mal à réaliser que tout cela était définitivement fini.

Bien sûr, cela n'allait pas lui manquer, mais tout de même, il avait du mal à imaginer ce que pourrait être désormais une vie calme et tranquille. La porte de la maisonnette s'ouvrit alors et le jeune homme vit Océane en sortir. Elle vint le rejoindre, elle avait l'air sérieux.

- « Ça va ? » demanda-t-elle en le fixant.

Sirius hocha la tête en souriant. Océane ne cessait de le regarder d'un air soucieux.

- « Tu es sûr ? » insista-t-elle.

- « Oui, j'étais juste en train de me dire que c'était la dernière fois qu'on viendrait ici. C'est me fait bizarre »

- « A moi aussi… »

- « On va s'ennuyer maintenant qu'on a plus de méchant à mettre hors d'état de nuire ! » plaisanta le jeune homme en souriant.

- « Je te rappelle qu'on a deux filles à élever, je pense que ça nous occupera suffisamment ! » lui rappela la jeune femme en lui adressant un clin d'œil. « Et ça va être tout aussi prenant ! »

- « Mais bien plus agréable ! » assura Sirius en retirant ses mains de ses poches.

Il glissa une de ses mains sur le bras de celle qui était sa femme et prit sa main dans la sienne.

- « On retourne à l'intérieur ? » proposa la jeune femme « Ça ne va pas tarder à commencer… »

- « D'accord » répondit Sirius en se laissant guider dans la maisonnette.

Lorsqu'il entra, il trouva Lily et James en train de discuter près de la cheminée. Lorsqu'il le vit entrer, son ami releva la tête vers lui, dit quelque chose à sa femme et se leva pour aller le rejoindre.

- « Je vais voir Lily… » souffla Océane en s'éloignant de lui.

Sirius la regarda rejoindre leur amie en souriant tandis que James s'appuyait sur le mur près de lui.

- « Nostalgique ? » ironisa le jeune homme en le fixant.

- « On peut dire ça comme ça » plaisanta Sirius.

- « Moi aussi j'ai du mal à me faire à l'idée que tout est vraiment fini ! » lança son ami « Tu te rends compte que ce matin je suis allé me promener en ville avec Harry et Syrielle ! On était tous les trois, je leur tenais la main et on s'est promené une demi heure, je leur ai payé une crêpe ! Tu réalises que je n'avais jamais fait ça avec eux ! »

- « C'est fou… »

- « Mais bon, j'ai passé tout mon temps à regarder partout pour voir si je ne voyais pas débarquer un mangemort » continua James « Je pense que ça prendra un peu de temps avant que je puisse être serein hors de la maison… »

- « Tu comptes lever le Fidélitas ? » demanda Sirius.

- « Je ne pense pas, non… » répondit James « On n'en a pas encore discuté avec Lily, mais je n'ai pas envie de lever une protection si efficace. On n'est peut être plus en guerre, mais qui sait ce qui peut encore arriver et puis… On habite pas loin d'un village moldu et je voudrais bien que mes enfants puissent jouer comme des petits sorciers normaux dans le jardin sans qu'on soit obligé de les cacher aux yeux des autres. Et toi, tu comptes le lever ? »

- « Non plus… » souffla le jeune homme « J'aime mieux savoir qui a accès à ma maison »

A cet instant la porte s'ouvrit et Remus entra en compagnie de Debae et Zac. Sirius se mit à sourire. Le jeune homme passait beaucoup de temps avec ses amis lycanthropes ces derniers temps. Il savait que Debae et Zac avaient décidés de déménager dans les prochains jours et Remus les aidait pour les derniers préparatifs. Sirius savait que le départ du couple causait un peu de tristesse à son ami. Il avait beau les avoir James et lui et savoir qu'ils seraient toujours là pour lui, ce n'était pas la même chose que ce qui le liait à Debae. Remus avait enfin trouvé quelqu'un qui vivait exactement les mêmes choses que lui, qui comprenait parfaitement ce qu'il vivait, ce qu'il ressentait. Alors que James et lui ne faisaient qu'observer ses changements, Debae et Zac les vivaient en même temps que lui et c'était une chose qui avait beaucoup manqué à Remus jusqu'alors. Les voir partir le rendrait sans doute un peu triste. Mais cela signifiait aussi que désormais, les petites promenades nocturnes mensuelles des Maraudeurs allaient reprendre. Cela faisait très longtemps que Lunard, Cornedrue et Patmol ne s'étaient pas retrouvés pour une nuit de Pleine Lune.

- « Alors ce déménagement ? » demanda James tandis que les trois loups-garous les rejoignaient.

- « Je n'aurais jamais cru que j'avais tant de choses ! » soupira Debae « Ça va nous prendre encore des jours et des jours ! »

- « Mais non » lança Remus « On se débrouille plutôt bien pour faire des cartons ! »

- « N'empêche qu'il est vrai que tu as quand même accumulé pas mal de choses inutiles ! » lança Zac.

- « Je ne jetterais pas cette lampe, chéri ! Je l'adore ! » rétorqua la jeune femme d'un air sévère.

Remus, James et Sirius se mirent à rire doucement en voyant le jeune homme lever un sourcil d'un air dégoûté.

- « Vous vous amusez bien, on dirait ! » lança Kingsley qui venait d'arriver. « Ça fait bizarre, mais je n'avais pas souvenir qu'on se soit beaucoup amusé dans cet endroit avant »

- « Il faut bien un début à tout non ? » demanda Remus d'un air amusé.

A cet instant, la porte s'ouvrit violemment, les faisant tous sursauter. Instinctivement, ils brandirent tous leurs baguettes en direction de la porte, prêts à se défendre, mais ils se retrouvèrent face à Hagrid qui les regarda d'un air surpris.

- « Quel accueil sympathique ! » commenta-t-il en se baissant pour passer la porte.

- « Désolé Hagrid ! » lança Kingsley en rangeant sa baguette « Mets ça sur le compte de l'habitude ! »

- « Y a pas de mal ! » souffla-t-il en se tournant vers l'extérieur « Tu viens Olympe ? » demanda-t-il.

A cet instant, Sirius vit entrer dans la pièce l'imposante jeune femme qu'il avait aperçut lors de l'enterrement de Dumbledore et qui semblait être la petite amie du géant. Sirius se mit à sourire. Il devait bien avouer qu'il ne s'était pas attendu à voir le Garde Chasse de Poudlard en couple, mais comme le lui avait fait remarquer Océane, les goûts de chacun ne se discutaient pas et Hagrid et Olympe étaient très assortit.

- « Comment peut-elle entrer ici ? » chuchota James à côté de lui « Je croyais que le Quartier Général était soumis au Fidelitas ? »

- « Oui, mais Dumbledore est mort… La protection n'a plus lieu d'être » lui répondit Remus.

- « C'est vrai ! » soupira James « Je crois que je ne m'y ferais jamais ! »

- « Euh, les garçons, je voudrais vous présenter Olympe Maxime » lança alors Hagrid en s'approchant d'eux, la main dans celle de l'imposante jeune femme qui se mit alors à rougir.

- « Enchanté » répondit tout le monde en cœur

- « Moi deuh même ! » répondit Olympe en souriant.

- « Elle est française » expliqua Hagrid en souriant « C'est avec elle que je suis partis en mission »

Sirius se mit à sourire, il comprenait bien mieux le fait que le Garde Chasse de Poudlard ai tant retardé son retour parmi eux. Il voulait sans doute profiter au maximum de la compagnie de l'imposante française.

- « Minerva m'a dit que je pouvais l'emmener aujourd'hui » lança Hagrid « Il parait que c'est la dernière réunion de l'Ordre du Phoenix »

- « Effectivement » répondit Remus « Je pense que l'Ordre sera dissout aujourd'hui »

Un silence accueillit cette déclaration. La dissolution de l'Ordre représentait tellement de choses, mais surtout le retour de la paix qu'ils avaient tous attendu des années durant. Petit à petit, les discussions reprirent, plus ou moins enjouées jusqu'à l'arrivée au Quartier Général de l'Ordre du Phoenix de Minerva McGonagall.
Elle passa de groupe et groupe saluer tout le monde et les invita à s'installer dans la pièce. Sirius trouva une place sur la deuxième marche de l'escalier et Océane vint se glisser près de lui, il passa son bras autour de ses épaules. Tandis que Molly et Arthur s'installaient sur des chaises près d'eux, James, Lily et Remus avaient trouvé une place près de la cheminée. La pièce principale était bondée. Tout le monde avait voulu assister à la dernière réunion de l'Ordre et malgré les membres qui avaient perdu la vie lors de la Grande Bataille, ils restaient nombreux.

Minerva s'installa au bout de la grande table, présidant l'assemblée comme l'avait toujours fait le professeur Dumbledore. Elle s'éclaircit la gorge et provoqua le silence parmi toutes les personnes présentes.

- « Tu n'as pas l'impression qu'on est retourné à l'école là ? » chuchota Océane à son oreille

- « Si ! Pour un peu je me demanderais où sont passés nos uniformes ! » lui répondit le jeune homme sur le même ton.

- « S'il vous plait ! » leur lança alors Minerva en les regardant d'un air sévère.

Des pouffements et des rires étouffés se firent entendre tandis que Sirius et Océane baissaient les yeux en essayant de ne pas éclater de rire, amusés de s'être fait prendre en flagrant délit de bavardage. Minerva commença alors la réunion.

- « Bienvenue à vous tous. Je suis ravie de vous revoir. J'ai eu le plaisir de voir la grande majorité d'entre vous aux obsèques d'Albus et je vous en suis très reconnaissante »

- « C'était une très belle cérémonie, Minerva » lança Molly d'un air triste.

Des murmures soulignèrent la remarque de la jeune femme. Tous partageaient son avis et plusieurs autres personnes félicitèrent le travail de Minerva.

- « Merci à tous. » répondit-elle « Comme vous le savez tous, ceci sera notre dernière réunion. La paix étant revenue, l'existence de l'Ordre du Phoenix n'a plus de raison d'être. Néanmoins, je vous recommanderais tout de même de rester prudents. Certaines personnes que nous savions être des mangemorts ont été relaxés par le Département de Justice Magique, et certains autres courent toujours. Certes, ils sont peu nombreux et il y a de très fortes chances pour qu'ils souhaitent se faire oublier, mais je ne vous le répèterais jamais assez, soyez prudent. »

- « ''Vigilance constante !'' aurait dit Fol Œil dans un cas pareil ! » lança Kingsley avec un sourire triste.

- « Effectivement, et il aurait eu raison » trancha Minerva d'un air sérieux.

Sirius hocha la tête. Comme l'avait fait remarquer James, il leur faudrait du temps pour perdre les habitudes de méfiance et de protection qu'ils avaient prises. Il savait qu'ils continueraient à être très vigilant pendant encore très longtemps.

- « Sinon, les obsèques d'Alastor Maugrey, dit Fol Œil auront lieu demain matin et elles clôtureront malheureusement la longue liste des personnes que nous avons eu à enterrer. »

Sirius hocha la tête. La semaine qui venait de s'écouler avait été rythmée par les enterrements. Des lycanthropes pour la plupart, mais aussi des membres qui avaient succombé à leurs blessures quelques jours après la Bataille. Le bilan était lourd et la semaine éprouvante et chargée en émotion. Sirius avait cru pendant un moment qu'Océane et Lily allaient complètement se déshydrater à force de pleurer. Par chance, tout cela prendrait bientôt fin et après avoir fait un dernier hommage au brillant auror et membre de l'Ordre qu'avait été Fol Œil, ils pourraient tous enfin commencer leur travail de deuil et essayer de tourner définitivement la page et d'oublier les horreurs de la guerre.

- « Je vais maintenant vous faire rapidement le bilan des procès qui se sont terminés hier. McNair a été acquitté, il a réussit à faire croire qu'il avait toujours agit sous le coup de l'Imperium, il n'a de plus, pas hésité à vendre et dénoncer ses anciens amis et la Justice a su le remercier pour cela. »

- « C'est une honte ! » s'exclama Hagrid d'une grosse voix.

- « Effectivement, mais ce qui est fait est fait et ni vous ni moi n'avons le pouvoir de faire changer les décisions de justice » répondit Minerva « Il y a également eut acquittement pour Crabbe, Goyle, et trois autres mangemorts. De nouvelles recrues qui ont dit avoir agit uniquement par crainte du Seigneur des Ténèbres. Par chance, de nombreux mangemorts ont aussi été condamnés à la perpétuité à Azkaban. Pettigrow, Dolohov, Mulciber, Nott et beaucoup d'autres encore, mais de moindre importance. Tous ont avoué leurs actes et certains ont même dénoncés certains autres, mais n'ont pas eu droit à des remises de peine. Parmi ceux qui courent toujours, se trouvent Fenrir Greyback, Travers, Yaxley et quelques jeunes recrues dont nous n'avons je pense, pas grand-chose à craindre. Les aurors sont bien sûr, déjà à leur recherche. »

- « Aux dernières nouvelles, Greyback aurait fui en Amérique du Nord, mais cela reste à confirmer » compléta Kingsley d'un air grave à l'intention de Remus, Zac, Debae et les autres lycanthropes présents qui avaient l'air grave et les traits tirés.

- « Voilà donc ce qui concerne les procès. Maintenant, il est temps pour moi de vous faire part de quelques changements de dernières minutes » continua Minerva en refermant le dossier qui contenait les notes qu'elle venait de leur lire.

Elle se redressa alors et leur adressa un sourire un peu gêné.

- « Le Ministère a pris en considération les dernières notes d'Albus et aux vues des évènements qui ont eu lieu ces jours ci, il a décidé de me nommer définitivement Directrice de Poudlard »

De toutes parts, des félicitations fusèrent. Ce n'était pas une très grande surprise, mais tout le monde était soulagé de voir que pour une fois, le Ministère avait su prendre la bonne décision.

- « Bien évidemment, ma première tâche en tant que Directrice a été de supprimer le poste de Grande Inquisitrice et de rendre à Poudlard sa distance avec le Ministère. Cette école doit rester indépendante des choix politiques de notre Communauté ».

Une fois encore, tout le monde approuva cette décision. Poudlard avait connu la pire période de son histoire sous la direction de Dolorès Ombrage, il était largement temps que tout ceci s'arrête.

- « Bien sûr » reprit la nouvelle Directrice « J'ai congédié Mr Lochkart et je cherche un nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal… »

Sirius se tourna alors immédiatement vers Remus qui ne semblait pas penser qu'il aurait sa chance pour récupérer son poste. Le regard que son ami échangea avec Minerva confirma à Sirius que Remus ne serait pas ce nouveau professeur. Ce fut James qui posa la question qui lui brûlait les lèvres.

- « Vous comptez reprendre Remus ? » demanda-t-il de but en blanc.

- « Cela ne va pas être possible et j'en suis vraiment navrée » répondit la Directrice « Si cela avait été possible, je l'aurais fait, car Remus s'est avéré être le meilleur professeur que nous ayons jamais eu dans cette matière. Malheureusement, le Conseil d'Administration n'a pas changé et avait voté le renvoi de Remus. Je n'ai pas le pouvoir de changer leur décision »

Remus hocha doucement la tête d'un air fataliste.

- « Ce n'est pas juste ! » chuchota Océane d'un air mécontent.

- « Je sais » lui répondit Sirius à voix basse.

- « Dernier changement au sein de l'équipe pédagogique » continua Minerva « Comme l'avait promis le professeur Dumbledore, Hagrid rejoint notre équipe en tant que professeur de Soins aux Créatures Magiques »

Cette fois, ce furent des exclamations de surprise ravie qui s'élevèrent de l'assemblée. Tous les regards se tournèrent vers le demi géant qui se mit à rougir violemment tandis qu' Olympe souriait avec fierté.

- « Il commencera dès qu'il sera complètement guéri » ajouta Minerva en souriant « Et je suis sûre qu'il fera un travail remarquable »

Sirius était bien de cet avis. Il ne connaissait personne qui prenait autant soin des animaux, quels qu'ils soient. Hagrid serait un professeur passionné et même si le jeune homme se demandait si leur grand ami aurait l'autorité nécessaire pour ce travail, il était sincèrement ravi pour lui.

- « Ça me laissera le temps de me remettre et d'organiser ma vie entre ici et la France… » répondit Hagrid en tournant son visage vers Olympe « La semaine à Poudlard et le week end outre manche… »

Tout le monde se mit à sourire. Les deux demi-géants étaient attendrissants. Sirius pressentait que leurs amours seraient passionnantes à suivre.

- « Bon » souffla alors Minerva « Puisque tout à été dit et que nous avons tous fait notre devoir, puisque nous nous sommes tous vaillamment battu et que nous avons toujours été fidèle à nos convictions, et puisque malgré les sacrifices qu'il nous a fallut faire, nous avons triomphé, notre rôle est fini. Je déclare officiellement dissoute l'Ordre du Phoenix, en espérant que nous n'ayons plus jamais besoin de le reconstituer… »

Elle ôta ses lunettes et les posa sur la table. Un silence recueillit tomba sur les personnes présentes. Sirius prit la main d'Océane dans la sienne et fixa James et Remus qui le regardaient aussi. Toute cette guerre était bel et bien fini.

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- « J'y vais James ! » lança Lily en attrapant son sac qui se trouvait sur la table basse du salon.

Son mari, qui assis au milieu du parc pour bébé en compagnie des trois enfants, jouant avec eux, tourna la tête vers elle et la fixa un petit moment.

- « Attends j'arrive ! » déclara-t-il en se levant « Bon, tous les trois, je reviens dans cinq minutes alors jouez gentiment en attendant »

Lily le vit enjamber le parc d'un geste vif et s'approcher d'elle à grands pas. La rééducation de sa jambe avait très bien fonctionné…

- « Tu es sûre que tu ne veux pas que je viennes ? » demanda-t-il quand il se trouva tout près d'elle.

- « Honnêtement chéri, je pense qu'il ne vaut mieux pas » répondit la jeune femme souriant tristement « Et puis, qui garderais les enfants ? »

- « On peut toujours demander à Dobby… Mon cœur, je n'aime pas te savoir là bas toute seule, je sais très bien comment ça finit à chaque fois… »

- « Et le fait que tu sois avec moi ne change jamais rien »

- « Si, au moins je peux te consoler aussitôt » murmura-t-il.

- « Ça va aller, je te jure. Et je sais qu'il vaut mieux que j'y aille seule »

La jeune femme vit son mari hausser les sourcils avant de soupirer.

- « Très bien… » marmonna-t-il « Mais si jamais tu reviens encore en pleurant, je te promets que… »

- « Que quoi mon amour ? » demanda la jeune femme « Que tu iras leur dire ta manière de penser ? Tu sais très bien qu'ils s'en fichent… »

- « Peut être, mais je pourrais leur faire peur quand même ! » rétorqua son mari

- « Ils ont déjà peur de nous » souffla Lily d'un air triste.

Elle plongea son regard dans celui de son mari avant de se mettre sur la pointe des pieds pour l'embrasser doucement.

- « J'essaierais de ne pas tarder » lança-t-elle ensuite « Mais si je traîne trop, fait prendre leurs bains aux enfants »

- « T'inquiètes pas pour ça ! Toutes les oreilles seront bien lavées ! » assura James en souriant.

- « J'inspecterais tout ça en rentrant ! Bon, j'y vais. A tout à l'heure… »

- « A tout à l'heure mon cœur » lui répondit James avant de l'embrasser une nouvelle fois.

Lily s'éloigna ensuite de lui et quitta la maison en serrant son sac contre elle. Une fois dehors et après s'être assurée que personne ne pouvait la voir, elle transplana.

Elle se retrouva instantanément dans un Centre de Transplange caché au cœur d'un quartier résidentiel de Little Whinging. Elle savait qu'elle aurait encore quelques pâtés de maison à parcourir à pied avant d'arriver, mais cela ne lui faisait pas peur et elle savait qu'il était préférable qu'elle arrive là bas de la manière la plus « normale » possible. Lily marcha donc d'un bon pas dans les rues moldues. Cela lui rappelait les vacances qu'elle passait chez ses parents et au fait qu'elle se promenait toujours dans les allées en souriant à l'idée qu'elle avait un secret que personne autour d'elle ne pouvait soupçonner. Après quelques minutes de marche, elle se trouva enfin devant le numéro 4 de Privet Drive. Elle prit une grande inspiration comme pour se donner du courage et traversa le jardin d'un bon pas avant de sonner à la porte.

Depuis l'intérieur de la maison, elle entendit des pas un peu précipités puis le bruit d'une porte que l'on déverrouille. Lorsque celle-ci s'ouvrit, la jeune femme tomba nez-à-nez avec le visage stupéfait de sa sœur aînée.

- « Lily ?! »

- « Bonjour Pétunia » répondit aimablement la jeune femme en lui offrant un maigre sourire.

- « Mais… Qu'est-ce que… »

- « Je peux entrer ? » demanda Lily.

Pétunia hocha la tête et s'écarta pour la laisser entrer. Elle sortit alors sur le perron et regarda autour d'elle d'un air presque affolé. Sans doute vérifiait-elle que personne ne l'avait vu faire entrer quelqu'un chez elle. Lily soupira. Sa sœur était toujours aussi soucieuse du qu'en-dira-t-on. Une fois rassurée, Pétunia entra à son tour chez elle et referma la porte.

- « Tu as de la chance » souffla-t-elle alors « Vernon n'est pas là… Sinon, il aurait sans doute refusé que je t'ouvre ».

Lily se contenta d'hocher la tête et la suivit jusque dans le salon. Là, Pétunia lui fit signe de s'installer dans le canapé et elle disparut dans la cuisine. Lily prit place et regarda tout autour d'elle. C'était une maison tout à fait dans le style de sa sœur. Tout était en ordre, tout était disposé à la bonne place. Un petit intérieur bourgeois et coquet, l'inverse de son propre salon où traînaient souvent pèle mêle, des jouets, des livres et des magasines de Quidditch. Sur un petit guéridon, Lily aperçut un cadre doré contenant le photo d'un petit garçon bien en chair qui devait être son neveu Dudley. Elle tendit la main, le prit et soupira. Elle se rendait compte qu'elle ne le connaissait pas du tout, qu'elle ignorait tout de son caractère, de ses goûts. Elle ne savait pas s'il avait des points communs avec Harry. Cela lui manquait un peu, mais Vernon Dursley ne laisserait jamais son fils approcher des gens comme eux… Elle reposait le cadre sur le guéridon quand Pétunia revint avec un plateau sur lequel se trouvait une assiette de biscuits et deux tasses de thé.

- « Dudley a beaucoup changé » murmura Lily tandis que sa sœur posait son plateau sur la table.

« Oui, c'est un solide garçon » répondit Pétunia avec fierté.

Lily se contenta d'hocher la tête.

- « Il est à l'école en ce moment » continua la jeune femme en lui tendant une des deux tasses « Mais je crois que les institutrices ne savent pas s'y prendre avec lui… Harry va à l'école ? »

- « Non » répondit Lily.

Avec la guerre qui faisait rage, il était hors de question de placer Harry dans une école pour petit sorcier, mais maintenant que tout était fini, Lily allait sérieusement en discuter avec James. Elle estimait qu'il était temps pour leur fils aîné de rencontrer des enfants autres que ses cousines et les Weasley.

- « Ça leur fait quel âge aux autres ? » demanda Pétunia, la tirant de ses pensées.

- « Et bien, Syrielle a eu deux ans et Jack va avoir un an à la fin de ce mois »

- « Déjà ? » s'exclama Pétunia.

Lily hocha la tête en souriant et but une longue gorgée de thé. Le silence s'était de nouveau installé entre les deux sœurs. Lily ne savait pas trop comment aborder le but de sa visite.

- « Pourquoi tu es venue ? » demanda alors Pétunia.

Lily posa sa tasse de thé et croisa ses mains avant de plonger son regard dans celui de sa sœur.

- « Je voulais te voir pour te dire que la guerre est finie dans notre communauté » commença-t-elle « Tu savais qu'il y avait une guerre ? »

- « Oui, tu en avais déjà parlé… »

- « Et bien, elle s'est terminé, il y a peu de temps et tout est en pleine reconstruction. C'est vraiment un nouveau départ pour nous tous et nous pleurons nos morts. Les pertes ont été lourdes, mais par chance, nos amis proches ont été épargnés » continua Lily d'une voix émue.

Reparler de tout cela la bouleversait encore beaucoup, c'était encore très présent dans son esprit. Elle souffla un peu et esquissa un faible sourire pour se reprendre. Pétunia l'écoutait avec attention.

- « Excuse moi » murmura Lily « Mais nous avons été tellement impliqués que j'ai du mal à… »

- « Ce n'est rien » répondit Pétunia d'une voix posée et calme.

Lily hocha la tête en signe de remerciement et repris.

- « Donc, comme je te le disais, nous sommes tous en train de nous reconstruire et je me suis rendue compte que… Que je n'avais qu'une seule photo de Maman et Papa. Je l'ai retrouvé en ouvrant par hasard un de mes vieux livres, elle avait glissé à l'intérieur. J'ai réalisé que lorsque notre manoir a été détruit il y a trois ans, nous n'avions presque rien pu récupérer et le peu de souvenir que j'avais gardé d'eux ont disparut. Alors je me suis dit que peut être… tu en avais gardé quelques uns et que tu voudrais bien me les donner »

Lily planta alors son regard dans celui de sa sœur qui le soutint un petit moment sans ciller. Puis Pétunia tourna la tête pour se servir d'un biscuit qu'elle mangea lentement avant de lui répondre.

- « Quand ils sont morts, j'ai été à la maison et j'ai récupéré tout ce que j'ai pu. Les meubles sont allés dans un garde meuble, je te donnerais l'adresse si tu veux. Tu pourras aller récupérer ce dont tu auras envie » répondit-elle.

- « C'est gentil… Mais en fait, je pensais plus à des photos ou quelque chose de ce genre là. J'ai envie de montrer à mes enfants qui étaient leurs grands-parents. » répondit Lily.

Pétunia la regarda un moment avant de lui dire.

- « Je suppose que tu pourrais… multiplier les photos que j'ai gardé. Tu as le droit de faire… ce que tu sais faire même ici ? »

Lily se mit à sourire devant les précautions que prenait sa sœur pour ne pas parler ouvertement de magie. Il y avait des choses qui ne changeraient visiblement jamais. Elle hocha la tête.

- « Je pourrais le faire, ne t'en fait pas. Si quelqu'un doit avoir des ennuis avec notre Ministère, ce sera moi »

Pétunia hocha la tête, visiblement soulagée. Lily était contente. Bien qu'elle n'ait pas le droit d'utiliser la magie dans ce lieu moldu, le Ministère de la Magie avait sans doute des choses bien plus importante à s'occuper que de lui faire des remontrances à ce sujet.

- « Dans ce cas… » murmura Pétunia en se levant « Suis-moi… »

Lily ne se fit pas prier et se leva aussitôt. Elle suivit sa sœur dans le couloir d'entrée et la vit s'arrêter devant un placard sous l'escalier. Pétunia l'ouvrit et Lily découvrit alors un petit espace remplit de poussière et de quelques toiles d'araignées. Pétunia grimaça devant ce spectacle et tendit la main pour attraper un gros carton qui avait l'air très lourd. Lily se dépêcha donc de l'aider et toutes les deux le transportèrent jusque dans la salle à manger. Là, elles le hissèrent sur la grande table. Tandis que Lily se frottait les mains, Pétunia regardait le carton avec dégoût.

- « C'est plein de poussière ! » grogna-t-elle « Tout mon ménage est à refaire ! »

- « Si tu veux… » proposa Lily en sortant à moitié sa baguette de sa poche.

Pétunia la fixa un moment avec horreur avant de se rendre vers la fenêtre. Elle tira les rideaux, plongeant l'endroit dans la pénombre et en souriant doucement, Lily sortit entièrement sa baguette. D'un simple sort, elle enleva toutes les traces de poussière et de toiles d'araignées. Pétunia la regarda un moment, surprise et peut être un peu admirative aussi.

- « Tu sais, avec trois enfants et James à la maison, il a fallut que je devienne une pro des sorts domestiques » souffla Lily en souriant tandis qu'elle rangeait sa baguette.

Pétunia rouvrit alors les rideaux, laissant à nouveau la lumière entrer dans la pièce. Elle s'approcha sans un mot de la table et s'installa. Lily l'imita. Elles se faisaient face et la jeune femme esquissa un faible sourire en direction de sa sœur avant que cette dernière ne tire du carton un premier album photos. Elle le posa devant elle et l'ouvrit.

- « C'est leur album de mariage… » annonça Pétunia en glissant ses doigts sur la première photo de l'album, avant de le retourner pour que Lily puisse mieux la voir.

C'était une très belle photo en noir et blanc de leurs parents. La nouvelle Mrs Evans était resplendissante dans sa robe immaculée et tenait le bras de son mari qui souriait avec fierté. Lily la regarda avec tendresse avant de rapprocher l'album d'elle et de tourner quelques pages. Au fur et à mesure qu'elle revoyait ses photos, Lily se remémorait toutes les histoires qui y étaient rattachées et que sa mère lui avait raconté tant de fois. Elle se mit à sourire devant les premiers clichés de sa mère enceinte. La dernière photo de l'album représentait son père qui tenait d'un air peu sûr de lui une petite chose emmaillotée de rose.

- « Celui-ci s'arrête à ta naissance » annonça-t-elle à Pétunia.

- « Et moi je viens de trouver ton album ! » déclara la jeune femme en lui montrant une photo d'une petite rouquine, assise dans une baignoire d'enfant.

- « Oh ! » s'exclama Lily en fixant la photo.

Elle venait de comprendre ce que voulaient dire ses amis en disant que Syrielle lui ressemblait. Mise à part la couleur des cheveux, la petite fille qu'elle voyait sur ce cliché était le portrait craché de sa fille.

- « J'avais totalement oublié ces photos ! » souffla Lily en souriant.

- « Moi aussi… Tu te rappelais que j'avais eu un vélo rose ? » demanda Pétunia.

- « Non » murmura Lily en se penchant par-dessus la table pour voir la photo que lui montrait sa sœur « Tu n'avais pas l'air très confiante ! »

- « Je n'ai jamais aimé ça ! » confia la jeune femme en tournant la page.

Les deux sœurs se mirent alors à rire en voyant la photo suivante. Elles étaient ridiculement maquillées et habillées avec des vêtements beaucoup trop grands pour elles, ceux de leur mère sans doute. Elles ne devaient pas avoir plus de cinq et sept ans. Les deux sœurs échangèrent alors un regard et le visage de Pétunia se ferma aussitôt d'un air grave. Cela blessa Lily qui se réinstalla sur sa chaise. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas rit avec sa sœur et cela lui avait fait du bien. Mais Pétunia venait visiblement de se souvenir qu'elle faisait tout pour oublier l'existence de sa sœur cadette.

- « C'était le bon temps… » se contenta de souffler Pétunia en refermant l'album.

Lily savait qu'elle faisait allusion à la période qui avait précédé l'annonce du fait qu'elle était une sorcière. Pétunia lui avait très souvent reproché d'avoir gâché leur bonheur en recevant cette lettre de Poudlard. C'était ce jour là que tout avait basculé et qu'un fossé s'était creusé entre elles. Pétunia n'avait pas voulu l'accepter telle quelle était et s'était appliquée depuis ce jour là à lui mettre sur le dos tout ce qui n'allait plus dans leur famille. Lily soupira. L'espace d'un court instant, elle avait vraiment cru qu'un espoir de réconciliation entre Pétunia et elle était possible, mais elle savait maintenant que cela ne se ferait jamais. Pétunia continuerait à toujours refuser de lui pardonner ce qu'elle était et s'évertuerait à garder entre elles une distance et une froideur glaciale. Lily savait qu'il lui faudrait se résigner, mais pour le moment, elle ne voulait pas se torturer l'esprit avec cela. Elle ouvrit l'album que sa sœur venait de lui tendre et l'ouvrit au hasard.

Elle tomba sur la première photo que ses parents avaient pris d'elle avec son uniforme de Poudlard. Lily se regardait sourire avec fierté. Quelques photos plus loin la montraient en vacances en famille et l'album se terminait par les clichés du premier anniversaire de Harry. Le cœur de Lily se serra. Sandra et John Evans s'étaient tués en voiture quelques jours après cet anniversaire. La jeune femme referma l'album et essuya rapidement les quelques larmes qui menaçaient de noyer son regard. Elle jeta un rapide regard à Pétunia qui était plongée dans son propre album photographique.

- « Qu'y a-t-il d'autre dans le carton ? » demanda Lily.

- « Quelques vieilleries je pense… » murmura Pétunia.

Lily pencha le carton et inspecta un moment ce qui restait encore à l'intérieur. Il y avait entre autre, les faire part de leur naissance à Pétunia et à elle, ainsi que ceux de leurs mariages et de la naissance de Dudley et Harry. Lily se mit à sourire. Leur mère avait bien prit soin de les conserver précieusement. Cela la fit sourire tristement. Il y avait aussi quelques lettres sans grandes importances et quelques cartes postales. Lily les replaça dans le carton et se tourna vers Pétunia.

- « Je vais tout dupliquer. Tu devrais retourner fermer tes rideaux. »

Pétunia ne se fit pas prier et se dépêcha de replonger la pièce dans la pénombre. Il ne fallut pas longtemps à Lily pour faire un double de chacun des albums et les rendre plus petits afin de pouvoir les glisser dans son sac à main. Lorsque tout fut fini et que les rideaux furent à nouveau ouverts, Lily aida sa sœur à remettre les albums dans le carton et à le remettre à sa place dans le placard sous l'escalier. Puis, elle regarda sa sœur ranger les tasses de thé avec précipitation, comme si elle craignait que son mari ne découvre qu'elle avait eu de la visite pendant son absence.

- « Tu n'as rien gardé d'autre ? » demanda Lily tandis que sa sœur quittait sa cuisine.

- « Si, quelques bijoux. Ils sont dans ma chambre » répondit Pétunia.

La jeune femme prit alors la direction des escaliers et Lily la suivit à l'étage. Elles entrèrent toutes les deux dans la chambre des époux Dursley. Lily, qui tenait son sac près d'elle regarda sa sœur s'approcher de sa coiffeuse et en sortir une boite à bijoux, qui se trouvait derrière d'autres boites bien plus tape à l'œil. Celle-ci était en simple fer blanc. Pétunia revint alors vers elle et la lui tendit. Doucement, Lily l'ouvrit et découvrit alors trois beaux colliers et deux paires de boucles d'oreilles. Elle avait vu si souvent sa mère porter ces bijoux que Lily sentit son cœur se serrer.

- « Je peux en prendre un ? » demanda Lily en frôlant du bout des doigts un petit collier en argent.

Elle avait toujours aimé ce collier au bout duquel pendait une magnifique pierre rouge sombre.

- « Si tu veux, je ne les mets jamais » souffla Pétunia « Mais laisse moi celui en or. Je le lui avais offert pour son anniversaire… »

- « Je m'en souviens » murmura Lily en tirant le collier à la pierre rouge de la boite en fer blanc.

Elle le passa autour de son cou et se mit à sourire. Pétunia le lui rendit faiblement.

- « Je n'ai rien pu garder de Papa, il n'y avait pas grand-chose qui lui appartenait à lui spécifiquement. » souffla-t-elle.

- « Qu'est devenu son magasin ? » demanda Lily

- « Il a été revendu et la somme récoltée sert à payer le garde meuble »

- « Très bien, je vois que tu t'es très bien débrouillée de tout cela. J'aurais pu t'aider… »

- « Je n'aurais pas accepter » la coupa Pétunia.

Lily baissa les yeux. Elle se doutait qu'elle aurait dit cela.

- « En tout cas, merci de me laisser récupérer tout cela… »

- « De rien »

Lily fixa sa sœur en silence pendant quelques secondes.

- « Tu as toujours mon adresse ? Tu sais que si jamais tu as besoin de quoique se soit je… »

- « Je me débrouillerais toujours Lily » trancha Pétunia « Mais j'ai gardé ton adresse »

- « D'accord… »

A cet instant, le bruit de la porte d'entrée qui s'ouvre les firent sursauter.

- « Pétunia ! C'est moi ! » lança alors la voix puissante de Vernon.

Lily vit sa sœur blêmir.

- « Tu ne veux pas qu'il sache que je suis venue ? » demanda-t-elle.

- « Non, s'il te plait ! Il m'a fait promettre de ne jamais te revoir ! » supplia sa sœur.

- « Très bien, je vais transplaner d'ici alors » souffla Lily.

- « Merci »

- « Au revoir Pétunia, ça m'a fait du bien de te voir… » avoua la jeune femme.

- « Moi aussi » souffla Pétunia avec un maigre sourire.

Lily se pencha alors pour poser un baiser sur la joue de sa grande sœur et échangea un dernier regard avec elle avant de transplaner pendant que Vernon appelait une nouvelle fois sa femme.

Lily se retrouva devant chez elle, son sac serré contre son cœur. Elle aurait maintenant des souvenirs à montrer à ses enfants et elle avait le cœur léger d'avoir vu sa sœur et de constater que tout s'était dans l'ensemble bien passé. Et même si elle pressentait qu'elle ne la reverrait plus avant longtemps, elle était soulagé d'avoir pu passer un moment avec Pétunia sans que tout se finisse en crise de larmes. Elles avaient changé toutes les deux…

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- « Regarde un oiseau ! »

Augusta Longdubat se mit à sourire en voyant Alice, qui tenait son fils par la main, lui montrant le moineau qui picorait les quelques miettes de pain que Neville avait laissé sur le perron.

- « Il est beau ! » s'exclama le petit garçon en levant les yeux vers sa maman.

La jeune femme se mit à sourire, puis à rire avant de se pencher pour poser un baiser sur son front. Augusta s'approcha alors d'eux et posa sa main sur la tête de son petit fils.

- « Il est temps de prendre la potion » annonça-t-elle en souriant.

- « C'est moi qui prépare ! » s'exclama alors Neville.

Il lança un regard suppliant à sa grand-mère qui acquiesça d'un signe de tête.

- « Allez viens Maman ! » lança alors Neville en lâchant sa main pour se précipiter vers la porte d'entrée.

Alice regarda son fils s'éloigner avant de se tourner vers sa belle mère.

- « Allons y ma chérie, il va nous attendre sinon » souffla Augusta en souriant.

La jeune femme hocha la tête et se rendit à son tour à l'intérieur de la maison. Augusta soupira doucement, elle était vraiment très heureuse. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas été aussi bien. La guerre était finie, le petit Harry avait fait preuve d'un grand courage malgré son jeune âge et était véritablement à ses yeux un petit héro. Elle avait appris aussi la mort des époux Lestrange. Elle ne s'en voulait pas de ne pas ressentir la moindre tristesse face à ces décès… Pas après ce qu'ils avaient fait à Franck et Alice. Elle ne pourrait jamais oublier que c'était à cause d'eux que son fils et sa belle fille avaient raté plusieurs années de la vie de leur fils. Et ils auraient pu en rater bien plus si Lily et Horace Slughorn n'avaient pas travaillé d'arrache pied sur cette potion malgré toutes les interdictions, et toutes les pressions du Ministère et de Ste Mangouste.

Maintenant, les progrès de Franck et Alice ne faisaient plus aucun doute. Lors de leur dernière visite à Ste Mangouste, les médicomages avaient enfin attesté l'efficacité du traitement. Franck et Alice pourraient donc le poursuivre en espérant qu'ils continuent à progresser encore et encore. Augusta jeta un rapide coup d'œil à sa montre et réalisa qu'il lui restait peu de temps avant son rendez-vous. Elle se rendit donc à l'intérieur de la maison.

Les bruits des voix de Neville et ses parents lui apprirent qu'ils se trouvaient dans le salon. Elle se dépêcha de les rejoindre. Neville était à genoux sur une chaise tandis que Franck et Alice se tenaient de chaque côté de lui, assis sur une chaise, et le regardaient en souriant.

- « Grand-mère, donne la potion s'il te plait ! » demanda le petit garçon en se tournant vers elle.

- « J'arrive, j'arrive… » lui répondit-elle en s'approchant du grand buffet de la salle à manger.

Elle tira la chaînette qu'elle portait autour du cou et au bout de laquelle pendait une clé. Elle ouvrit un des tiroirs de ce buffet, celui qui contenait les fioles de potion. Augusta ne voulait prendre aucun risque. Maintenant que Franck, Alice et Neville se promenaient librement dans la maison, elle avait peur qu'ils ne veuillent se servir seul de cette potion qui restait tout de même un médicament. Elle était la seule à gérer le traitement maintenant, trop inquiète à l'idée de les empoisonner sans le vouloir.

Précautionneusement, elle prit une des fioles et referma le tiroir à double tour. Elle la posa sur la table, devant Neville qui la regarda en souriant. Puis, Augusta fit apparaître deux verres d'eau claire et ôta le bouchon de la fiole.

- « Tu peux y aller Neville » souffla-t-elle « Tu te souviens de la dose ? »

- « Dix gouttes dans le verre ! » récita le petit garçon en prenant la fiole dans sa main.

- « C'est très bien… Allons-y alors »

Augusta approcha un des verres de son petit fils qui tira un peu la langue en signe d'application. Là, il pencha la fiole et fit tomber des gouttes de potion dans le verre. Augusta comptait avec lui pour s'assurer que la dose était respectée, mais Neville, malgré son jeune âge tenait à le faire lui-même. C'était de cette manière qu'il s'impliquait dans la guérison de ses parents et pour rien au monde, Augusta n'aurait voulu le priver de cela. Le petit garçon recommença la même chose pour le second verre puis, rendit la fiole à sa grand-mère qui la referma.
Neville tendit alors un verre à chacun de ses parents.

- « Il faut boire maintenant ! » déclara-t-il en souriant.

Franck et Alice, habitués à prendre ce mélange plusieurs fois par jour, s'exécutèrent sans rien dire. Lorsqu'ils reposèrent leurs verres, une fois le breuvage avalé, Neville se mit à frapper dans ses mains d'un air ravi. Le petit garçon s'investissait vraiment beaucoup dans le processus de guérison de ses parents et Augusta savait que c'était en lui que Franck et Alice tiraient toute l'énergie nécessaire pour progresser. Et plus ils progressaient plus Neville s'épanouissait. C'était un cercle vertueux qu'Augusta souhaitait ne jamais voir se rompre.

- « Dis Papa » demanda alors Neville en se tournant vers Franck « On lit une histoire ? »

- « D'accord » répondit Franck en tendant les bras.

Neville se jeta à son cou et se laissa porter jusqu'au grand canapé dans lequel le père et le fils s'installèrent. Le petit garçon rampa jusqu'à l'accoudoir par-dessus lequel il se pencha pour prendre un livre qui se trouvait sur le petit meuble adjacent. Lorsqu'il se redressa, Augusta pu en lire le titre, « Elfie et le topinambour magique » et se mit à sourire, elle le lui avait offert pour son anniversaire.

Neville s'installa alors sur les genoux de son père tandis qu'Alice s'asseyait sur le tapis du salon et le petit garçon ouvrit le livre pour en commencer la lecture. Franck et Alice n'avaient pas recouvert cette faculté et Augusta était réaliste, cela demanderait beaucoup de temps et de travail. Pour l'heure, cela leur demanderait trop d'efforts, aussi elle ne tentait pas de le leur ré-apprendre. Elle se disait que quand Neville serait lui-même en âge de lire, il motiverait ses parents à apprendre avec lui. Pour l'instant, le petit garçon se contentait de commenter les images. Il n'était pas rare que Franck et Alice le fasse avec lui et c'était à chaque fois une source de ravissement pour Augusta qui avait du mal à réaliser qu'à peine six mois auparavant, ils auraient été bien incapable d'un tel prodige. Il ne lui faudrait jamais assez de toute la vie qui lui restait pour remercier Lily Potter et Horace Slughorn de leur avoir rendu leurs esprits.

Tandis qu'Elfie essayait d'escalader le « gros truc orange », d'après Neville qui était très concentré sur son livre, Augusta s'approcha de la fenêtre. Le ciel était gris et il ne tarderait bientôt plus à pleuvoir. Son regard fut alors attiré par deux hommes qui se saluaient devant son grillage. En souriant, elle laissa Neville et ses parents dans le salon pour sortir accueillir les deux hommes.

- « Bonjour messieurs ! » les salua-t-elle aimablement.

- « Bonjour Augusta » répondit Remus en lui serrant la main.

Le regard de la vieille femme fut immédiatement attiré par les très nombreuses cicatrices qu'il portait au visage, vestige sans doute de la Grande Bataille. Elle trouva cela fort dommage car il était beau garçon et elle espérait pour lui que cela ne serait que temporaire.

- « Bonjour Mrs Londubat » lança alors l'autre homme en lui tendant la main à son tour.

- « Mr Ziegler, je suppose ? » demanda-t-elle.

- « Exactement, je suis le Batissomage que vous avez demandé ! » répondit-il poliment.

- « Je constate que vous êtes pile à l'heure, c'est parfait » lança Augusta en souriant « Si vous voulez bien me suivre »

Elle leur désigna la maison dans laquelle ils le suivirent sans rien dire. Elle les pria de s'installer avant de demander à Franck et Alice d'emmener Neville dans sa chambre pour poursuivre leur lecture. Le petit garçon jeta un regard apeuré à Remus lorsqu'il l'aperçut. Augusta s'excusa discrètement mais le jeune homme lui assura que ce n'était pas grave et qu'il était tout naturel que Neville ait eu peur de lui. Une fois le calme revenu dans la pièce, Augusta s'installa dans son fauteuil et croisa les mains d'un air grave en fixant les deux hommes qui lui faisaient face.

- « Messieurs, si je vous ai fait venir tous les deux ici, c'est que je compte faire des travaux dans ma demeure. » commença-t-elle « Comme vous l'avez constaté, Mr Ziegler, mon fils et ma bru accusent un retard mental à cause de sortilèges Doloris que des mangemorts leur ont infligé à répétition jusqu'à ce qu'ils perdent la raison. Ce n'est que depuis peu qu'ils parviennent à quitter leur lit et dire quelques mots »

- « Beaucoup d'atrocités ont été commises pendant cette guerre » se contenta de répondre le Batissomage d'un air grave.

- « En effet. Mais, par chance, une potion a été mise au point et cela leur permet de vivre maintenant une vie beaucoup plus décente. Leurs progrès sont spectaculaires et plus les jours passent plus je m'émerveille de voir combien ils prennent le chemin d'une vie normale. Bien évidemment, je suis lucide. Je sais qu'ils ne redeviendront pas les brillants aurors qu'ils étaient avant l'attaque, mais mon souhait le plus cher serait de les voir enfin capables de vivre et de s'occuper de leur fils seuls. Ils sont sur la bonne voix pour cela et je veux tout faire pour faciliter la réussite de ce rêve. »

- « C'est tout à fait compréhensible Augusta » répondit Remus en souriant « Et en quoi pouvons nous vous aider à réaliser ce projet ? »

- « C'est là tout l'objet de votre venue ici » lui répondit la vieille femme en souriant. « J'ai beaucoup réfléchit à la manière de faire en sorte que Franck et Alice aient une vie normale et pour cela je me suis dit que rien ne serait plus efficace que le fait de les faire vivre comme des gens normaux. Or, connaissez vous beaucoup de jeunes hommes de l'âge de mon fils, vivant avec femme et enfant sous le toit de leur mère ? Moi pas ! »

Augusta vit alors Remus et le batissomage échanger un regard amusé avant de se tourner à nouveau vers elle.

- « Il est bien sûr, hors de questions pourtant qu'ils retournent vivre dans leur ancienne demeure. Ce manoir me rappelle des souvenirs bien trop pénibles et il est à l'abandon depuis tant d'années… J'ai alors décidé de le vendre, l'argent obtenu me servira à rembourser l'argent que je dois déjà à Jasire pour leur traitement »

- « Augusta ! » lança alors Remus « Vous savez très bien que la guérison de Franck et Alice nous tiens beaucoup à cœur et c'est avec plaisir que nous vous avons prêté cet argent. Vous ne devez pas vous inquiétez de la manière dont vous nous rembourserez, nous ne sommes pas pressés… »

- « Ne dîtes pas de bêtises ! » le gronda doucement la vieille femme « Votre entreprise a été détruite et vous aurez besoin de moyens pour tout reconstruire ! Dès que le manoir sera vendu, je vous rembourserez votre argent ainsi que celui que je vous devrez en plus si vous accepter de financer mon nouveau projet »

- « Quel est-il ? » demanda Remus poliment.

- « Je voudrais aménager cette maison de manière à en faire deux plus petites. Je voudrais que nous séparions une partie de cette demeure et qu'on la déplace à l'autre bout du jardin. Je laisserais Franck, Alice et Neville vivre dans la maison principale et je m'installerais seule dans cette nouvelle petite maisonnette. Je suis vieille et seule, je n'ai pas besoin d'une si grande maison. Pensez-vous que cela puisse être possible, Mr Ziegler ? »

- « Et bien, sur le principe, cela ne pose aucune problème. Il existe de nombreuses techniques en batissomagie pour disloquer les maisons et les réaménager. Mais je ne peux rien vous dire concernant votre maison tant que je ne l'aurais pas visiter, et que je n'aurais pas identifié les murs porteurs… » répondit-il avec sérieux.

- « Bien sûr… C'est pour cela que je vous ai fait venir ici aujourd'hui. Pourriez-vous dors et déjà me faire un devis que Mr Lupin, Potter et Black étudieront avant de m'accorder ou non les fonds pour les travaux en attendant la vente de la maison de mon fils. »

- « Augusta, vous savez bien que Jasire se fera un plaisir de… »

- « Remus ! Je vous en prie, je ne veux pas de favoritisme. Lily a déjà beaucoup intercédé en ma faveur auprès de James et je ne veux pas abuser encore une fois de votre gentillesse. Je tiens à ce que mon dossier soit examiné comme n'importe quel autre ! »

- « Si vous y tenez… » répondit Remus en souriant.

Augusta n'était pas dupe et savait que les fonds nécessaires aux travaux seraient débloqués sans problème mais elle ne voulait vraiment pas abuser de leur générosité.

- « Parfait, et bien si nous allions visiter la maison ? » proposa-t-elle en se levant.

- « Avec plaisir ! » assura Mr Ziegler tandis que Remus et lui se levaient.

Augusta choisit de les conduire à l'étage. Le batissomage avait sortit de sa mallette en cuir un bloc note dans lequel il faisait de très nombreuses annotations. Ensuite, il inspecta longtemps les murs, lançant par moment des sorts et notant toujours avec un soin maniaque les différents résultats sur son bloc note. De retour au rez-de-chaussée, Augusta lui indiqua plus clairement les changements qu'elle avait imaginer.

- « Tenez, nous allons passer par la salle de jeu de mon petit fils pour nous rendre dans le jardin, vous verrez exactement le terrain dont je dispose pour y installer la maison. » lança-t-elle.

Elle parcourut le couloir jusqu'à la salle de jeu de Neville et entendit le petit garçon chanter imité par Alice qui tentait de suivre les paroles avec une difficulté certaine.

- « Il pleut, il pleut sorcière
Rentre tes blancs griffons
Mets les dans leur volière
Sorcière vite allons !
Allons vite au village
Pour nous mettre à l'abri
Mais pas de transplanage
Des moldus vivent ici ! »

La vieille femme se mit à sourire en voyant son petit fils assis sur les genoux de sa maman en train de regarder les gouttes de pluie s'écraser sur les vitres de la pièce. Elle laissa les deux hommes entrer, eux aussi souriants devant ce joli spectacle et elle leur indiqua la baie vitrée.

- « Il pleut, nous ferions mieux de rester ici… » souffla-t-elle.

Mr Ziegler se rapprocha de la baie vitrée et étudia attentivement le terrain. Après quelques minutes, il se retourna vers elle en souriant.

- « Je crois être en mesure de vous faire un devis » annonça-t-il.

- « Merveilleux ! » répondit Augusta « Retournons dans le salon, nous serons plus à l'aise ».

Les deux hommes acquiescèrent et après avoir adressé un signe de tête à Neville qui semblait un peu inquiet à cause de cette agitation dont il n'avait pas l'habitude, ils se retrouvèrent attablés devant la grande table de la salle à manger. Mr Ziegler ne tarda pas à étaler tout autour de lui, ses notes et divers documents qu'il consultait régulièrement. Il avait l'air sérieux et concentré et Augusta en profita pour discuter à voix basse avec Remus pour ne pas le déconcentrer. Au bout d'un moment, il lui demanda de lui donner les plans de la maison si elle les possédait. Il ne lui fallut que quelques minutes pour les lui faire parvenir et le batissomage continua son travail sans dire un seul mot. Au bout d'une demi heure, il releva enfin la tête de ses notes et lui adressa un sourire.

- « Voilà, j'ai fait un devis pour une maison qui sera confortable et dans laquelle vous vous sentirez très bien, j'en suis sûr. »

Augusta prit le papier qu'il lui tendait et observa la coût total des travaux. Ce n'était pas donné, mais cela restait dans la limite de prix qu'elle s'était fixée.

- « Comme vous pouvez le constater, il nous faudra dégager de cette maison-ci une bonne partie et combler le vide que cela provoquera en créant en dessous quelque chose qui soutiendra les fondations de l'étage. Pourquoi pas une véranda couverte par exemple » poursuivit le batissomage.

- « Pourquoi pas en effet » murmura Augusta.

- « Vous aurez donc dans votre nouvelle maison tout le confort possible et je suis sûr que vous vous y sentirez très bien, tout comme vos enfants se sentiront bien ici ».

- « Je l'espère » répondit-elle. « Remus, que pensez vous de tout cela ? »

Elle lui tendit le papier qu'il examina avec attention.

- « Je pense que cela est raisonnable et tout à fait dans ce que Jasire peut faire. Nous avons de très bons contacts à Gingott's grâce à James et je suis sûr que nous parviendrons à débloquer les fonds nécessaires »

- « C'est parfait » répondit Augusta.

- « Mrs Longdubat, je me tiens à votre disposition pour le début des travaux, mais sachez tout de même que cela sera plutôt long. Comptez entre six et huit mois… » lui indiqua Mr Ziegler.

- « Ne vous en faites pas » répondit la vieille femme « Cela m'arrange au contraire. Dans l'état actuel des choses, Franck et Alice ne peuvent pas encore s'occuper seuls de Neville, mais d'ici la fin des travaux, je pense qu'ils y parviendront. Cela nous permettra de faire ce changement sans les brusquer ».

- « Et puis vous ne serez jamais bien loin » ajouta Remus en souriant

- « Effectivement… »

Tous les trois restèrent encore un moment à discuter pour régler les moindres détails, puis les deux hommes prirent congés. Avant de partir et après s'être assuré que Mr Ziegler soit bien partit, Remus vint tout de même demander à Augusta comment elle comptait faire venir une équipe de batissomages chez elle alors que la demeure était soumise au Fidélitas. La vieille femme le regarda avec un sourire triste.

- « Vous devez savoir que les effets du sortilèges cessent à l'instant où le Gardien du Secret décède… J'ai su avant tout le monde que le professeur Dumbledore nous avait quitté… »

Remus soupira et hocha la tête d'un air triste.

- « Il aurait été ravi de voir les progrès de Franck et Alice » murmura-t-il.

- « Je le pense également. Il nous manquera à tous »

Remus hocha la tête, la salua poliment et pris alors congé. Seule, Augusta regarda un moment son salon vide en souriant. La vie allait enfin reprendre son cours normal…

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Il faisait froid et des embruns glacés venaient frapper son visage, portés par les bourrasques violentes qui déferlaient régulièrement sur la plaine déserte. James frissonna et resserra un peu plus contre lui la cape dont il s'était drapé.

- « Tu es sûr que c'est ce que tu veux ? » demanda alors la voix de Kingsley à côté de lui.

James se contenta d'hocher la tête d'un air décidé. Maintenant qu'il était là, rebrousser chemin ne lui apparaissait pas une solution envisageable.

- « Tu as prévenu au moins quelqu'un que tu venais ici ? » continua l'auror.

- « Pas même Lily »

- « Je sais que mon avis n'aura pas beaucoup d'importance à tes yeux mais je pense que tu ne devrais pas y aller »

Le jeune homme se tourna vers l'auror et lui adressa un maigre sourire. Il savait qu'il s'inquiétait mais James avait besoin de le faire pour pouvoir réellement tourner la page. Il ne se sentait pas la force de vivre en paix s'il n'obtenait pas les réponses à ses questions.

- « Ne t'inquiète pas pour moi, ça va aller » se contenta-t-il de répondre.

Kingsley soupira mais ne dit rien. Il tira de sa poche un morceau de parchemin qu'il lui tendit.

- « Tu sais que je risque ma place en faisant ça ? » lui demanda-t-il néanmoins d'un air grave.

- « Je sais, et je t'en suis très reconnaissant. Je ne le dirais à personne et je te le revaudrais »

- « Je ne fais pas ça pour ça ! Je veux juste que tu me promettes que tu ne vas rien faire de stupide »

- « Comme quoi par exemple ? » demanda James.

- « Ne me dis pas que tu n'as pas des envies de meurtres à son égard ! » trancha Kingsley d'un ton ferme « Mais après tout ce qu'il t'a fait, c'est bien normal… »

- « Ne t'en fais, je ne lui ferais rien. Je n'ai pas envie de faire souffrir Lily en me conduisant comme un abruti »

- « Je te fais confiance » souffla l'auror « Et je te laisse une heure maximum ! Après ce délai, je viendrais te chercher là dedans s'il le faut ! »

- « Ne t'en fais pas, je serais de retour » lui assura James en prenant enfin le morceau de parchemin qu'il lui tendait.

Il échangea un dernier regard avec l'auror avant de se tourner en direction de l'endroit le plus glauque et le plus sordide qu'il ait jamais vu. Tristement fière et morne, la prison d'Azkaban se dressait devant lui. James prit une grande inspiration, oublia le malaise que lui provoquait la vision de cet endroit maudit et se dirigea d'un par déterminé vers l'entrée de la prison. Là, un sorcier de grande taille et d'impressionnante carrure le regarda d'un regard éteint. James lui tendit le parchemin qui portait l'autorisation de pénétrer au sein de la prison. Il s'en saisit d'un geste absent et le parcourut à peine avant de le lui rendre. Plus il fit un pas de côté, lui signifiant ainsi qu'il pouvait entrer. James ne se fit pas prier et pénétra dans un couloir sombre. Les murs étaient nus et il y faisait presque aussi froid qu'à l'extérieur. Au détour d'un croisement, le jeune homme crut apercevoir l'ombre d'un Détraqueur, il frissonna et d'un geste instinctif porta sa main à la poche qui contenait sa baguette. Tandis qu'il parcourait les allées lugubres en direction de la cellule qui l'intéressait il faisait tout son possible pour se remémorer des souvenirs heureux afin de ne pas être désarmés s'il devait avoir à créer un patronus.

Il lui fallut de longues minutes avant de trouver enfin ce qu'il était venu chercher. Le corridor C-79 ne se différentiait pas des autres, mais il accueillait en son sein les réponses à toutes ces questions qui travaillaient James depuis plus de trois ans. Doucement, le jeune homme avança dans le couloir, ignorant les grognements, les cris ou les râles qui s'élevaient depuis les cellules qu'il croisait. Il s'arrêta enfin devant la dernière cellule. Il tira sa baguette, fit apparaître un tabouret sur lequel il s'installa sans dire un mot. A travers le fin grillage de la porte, il aperçut le prisonnier qui lui tournait le dos. James pensait qu'il ne l'avait pas vu, c'est pourquoi il fut surpris de l'entendre prendre la parole le premier.

- « Salut Cornedrue ! »

James soupira et vit Peter se tourner vers lui. Il avait changé depuis qu'il l'avait vu à l'audience du Ministère. Il avait maigri, sa figure était sale et ses cheveux trop longs étaient emmêlés. Il n'y avait pourtant eu qu'une dizaine de jours entre ces deux entrevues.

- « Je savais que tu finirais par venir » continua Peter en s'approchant de la porte.

Il s'installa en tailleur devant lui et croisa ses bras sur sa poitrine. L'argent de son nouveau bras attira le regard de James qui grimaça un peu.

- « Il m'a donné ce bras pour m'empêcher de mourir de la gangrène » souffla Peter, répondant ainsi à la question muette que se posait James.

Il se mit à faire courir ses doigts valides sur cette surface lisse et froide. James constata qu'il lui en manquait un, la cicatrices de la blessures que Patmol lui avait infligée…

- « Je sais que Lunard doit m'en vouloir de m'en être servi contre lui. Il faut dire que j'avais oublié que je l'avais… » continua Peter d'un air absent.

Mais James se fichait de toutes les excuses de son ancien ami. Il savait qu'il ne pourrait jamais lui pardonner tout ce qu'il avait fait. Il avait été trop monstrueux et certaines choses de pouvaient être réparées. Ses regrets ne lui accordaient même pas de réconfort. Il n'était pas venu là pour cela.

- « Pourquoi ? » demanda-t-il d'une voix dure.

Il vit clairement Peter sursauter un peu avant de fermer les yeux et de les rouvrir en souriant doucement.

- « C'est donc pour ça que tu es venu… » souffla-t-il « Je ne pensais pas que tu te serais inquiété du pourquoi aux vues des conséquences… »

- « J'ai besoin de savoir » lui expliqua James « De comprendre comment j'ai pu à ce point me tromper sur toi ! »

- « Tu ne t'es pas trompé James, tu n'as seulement pas su comprendre comment je fonctionnais véritablement » lui répondit Peter d'un air grave. « Je suis un lâche, je suis peureux ! Je ne reste qu'avec ceux qui peuvent m'apporter la sécurité ! A Poudlard, c'était vous, au dehors, ça a été Lui… »

- « Mais enfin ! Il tuait des gens ! Il les terrorisait ! Il passait son temps à clamer la supériorité du sang pur ! Mais ce n'est que des conneries tout ça ! Tu ne pouvais pas être d'accord avec ça ! » s'exclama James.

- « Pourquoi pas ?! » lança Peter « Il n'a pas été prouvé que vous aviez raison ! »

- « Mais enfin ! »

James se leva, excédé. Il donna un coup de pied dans son tabouret qui disparut en fumée et alla frapper de ses poings le mur du couloir.

- « Comment tu peux penser qu'un sorcier vaut mieux qu'un autre seulement parce qu'il a le sang pur ? » demanda le jeune homme en se retournant.

- « Regarde ce que nous étions ! Quatre garçons, quatre sang-purs ! Les autres ne nous arrivaient pas à la cheville ! » lui rétorqua Peter.

- « Mais bon sang ! » grogna James en se retournant « Mais ça n'avait rien à voir ! Je …. »

Il étouffa un nouveau grognement et se laissa tomber à même le sol.

- « Tu y a toujours cru ? » demanda-t-il d'un air grave.

- « Je crois oui » répondit honnêtement Peter.

- « Comment est-ce qu'on ne s'en est pas rendu compte avant… » soupira James en cachant son visage dans ses mains.

- « Peut être parce que toi et les autres vous étiez tous tellement persuadé que tous les gens biens devaient penser comme vous ! » lui rétorqua Peter d'une voix mauvaise.

James releva son visage vers lui.

- « Faire des blagues avec vous, c'était marrant ! J'ai pleinement profité de votre notoriété et ensemble on a fait des trucs biens ! Pourquoi est-ce que tu ne peux pas comprendre qu'une fois en dehors de l'école, ça ne me servait plus à rien d'être dans notre petit groupe ! On avait chacun notre vie ! Vous n'étiez plus sans arrêt avec moi pour me protéger des coups bas des autres ! Eux si ! »

- « Ne dis pas n'importe quoi ! On aurait tout fait pour t'aider si tu nous l'avais demandé ! » lança James.

- « Tu sais très bien que c'est faux ! Tu t'occupais de faire ta vie avec Lily, Sirius profitait de sa toute nouvelle liberté pour batifoler à droite et à gauche, Remus cherchait à s'intégrer ! Pas un seul d'entre vous ne s'est demandé si je pouvais rencontrer des difficultés ! »

- « On pensait que tu nous en aurais parlé ! »

- « Mon problème s'était que je n'étais plus dans le camp des plus puissants et des plus populaires ! Alors j'ai tout fait pour y remédier ! »

- « Quitte à nous vendre ?! » s'indigna James avec colère « Parce que, je te rappelle que même si tu ne nous estimais plus capable de t'aider, tu ne nous a pas tourné le dos ! Jusqu'au dernier moment tu as joué la comédie ! Jusqu'au dernier moment tu as fait semblant d'être notre ami ! »

- « J'étais votre ami…. »

- « Menteur ! Tu nous a livré au Seigneur des Ténèbres ! » hurla James.

- « Je ne savais pas ce qu'il comptait faire de vous ! » lui rétorqua Peter.

James le regarda alors un moment avec incrédulité avant que la colère ne le gagne à nouveau.

- « Tu te moques de moi ?! » hurla-t-il.

- « Non ! Il m'avait dit qu'il avait besoin de savoir où vous viviez, pour vous avoir à l'œil au cas où vous tenteriez une action contre lui. Je lui avais dit que vous faisiez partit de l'Ordre du Phoenix. Je pensais que j'aurais le temps de vous prévenir si jamais il prévoyait une attaque contre vous. J'ignorais qu'il voulait tuer Harry ! »

- « Et tu penses que je vais te croire ? » demanda James avec rage.

- « C'est la vérité ! » hurla Peter « Il ne m'avait pas dit qu'il comptait tuer ton fils ! Sinon je n'aurais pas pris la place de Sirius ! Une fois que vous avez fait de moi votre Gardien du Secret, je n'avais plus le choix. Ou je le lui avouais, ou il me tuait ! »

- « Mais on s'était tous dit qu'on était tous prêt à mourir les uns pour les autres ! » lui rappela James.

- « Plus moi ! » trancha Peter.

James fixa son ancien ami d'un air grave. Il était à la fois triste et en colère.

- « Je n'aurais jamais crut ça de toi ! » cracha-t-il alors.

- « J'ai changé, on a tous changé » répondit Peter.

- « Pendant tout ce temps, tu étais un espion… Tu avais infiltré l'Ordre du Phoenix, tu nous a laissé nous soupçonner mutuellement… Tu as brisé notre amitié ! »

- « Combien d'amitié survivent à la sortie du Collège, James ! Ouvre les yeux bon sang ! »

- « La notre aurait survécut ! » hurla James.

Peter le regarda alors d'un air amusé.

- « Tu es toujours aussi naïf… »

- « Peut être, mais moi au moins je ne suis pas un monstre ! » lui lança James avec fureur.

- « Je ne suis pas fier de mes actes et il me semble que je paye le prix fort tu ne crois pas ! » répliqua Peter en désignant d'un geste de la main la piteuse cellule. « Je vais finir mes jours ici ! Je vais perdre la tête, perdre mon esprit ! Ça commence déjà ! Ça ne fait que dix jours que je suis là et déjà je n'en peux plus ! »

- « Tu n'as que ce que tu mérites ! » lança James.

- « Je n'avais pas le choix ! Entre tuer et être tué, le choix est vite fait ! J'avais finit par ne plus réfléchir ! Une fois en mission, je ne faisais que ce qu'on me demandait de faire, je ne cherchais plus à comprendre ! Ce qui est arrivé n'est pas ma faute, mais celle du Seigneur des Ténèbres. Toutes ces morts c'est à lui qu'on les doit, moi je n'ai été qu'un instrument ! »

- « Un instrument qui était tout de même capable de réfléchir ! Tu aurais dû refuser ! » lui lança James.

Peter se contenta de faire non de la tête et soupira. Un silence lourd et pesant tomba alors sur les deux hommes. Encore une fois, se fut Peter qui le rompit.

- « En tout cas, tu peux être rassuré maintenant ! Je vais croupir ici jusqu'à en mourir, regarde ! »

Il agrippa de ses deux mains le fin grillage de la porte et le secoua de toutes ses forces.

- « C'est indestructible et trop fin pour que je puisse me servir de ma condition d'animagi pour m'échapper ! »

James croisa son regard mais garda son air impassible. Il ne pensait tout de même pas qu'il allait le plaindre ?!

- « Le fait d'être un rat ne me sert qu'à une seule chose, sous cette forme, mes pensées sont moins complexes, je ne réfléchis plus et les Détraqueurs n'ont plus d'effet sur moi. Mais je sais que cela ne durera qu'un temps. Bientôt, je ne saurais même plus comment me transformer. Tu es rassuré ? Je ne présente plus de menace pour ta petite famille ! » siffla Peter d'une voix mauvaise.

James le fixa un moment avant de répondre.

- « Je n'étais pas venu pour m'assurer que tu ne pourrais plus nous nuire… Après tout ce que nous avons vécu, et ce que nous avons surmonté, toi tout seul, tu ne fais pas le poids ! Je voulais juste comprendre comment celui que je considérais comme mon ami avait pu nous trahir. Je sais maintenant que nous nous sommes toujours trompé en pensant que tu étais comme nous ! Nous nous sommes trompé en pensant que tu avais les même valeurs que les nôtres. Je réalise aujourd'hui que mon ami Peter est mort le jour où il a passé les grilles de Poudlard pour la dernière fois en tant qu'élève. Et quelque part ça me soulage. L'homme qui m'a trahi n'était plus mon ami depuis longtemps, mais je ne le savais pas ».

D'un geste vif, il se releva et lui lança un dernier regard noir.

- « Tu ne me reverras plus jamais, c'est fini ! Tu as faillit anéantir tout ce que j'ai de plus cher au monde alors je ne plains pas ton sort, mais je ne m'en réjouis pas non plus. Parce que je suis peut être naïf, mais j'ai du cœur. J'espère au moins que tu regrettes tout ce que tu as pu faire »

James tourna alors le dos à Peter qui continuait de le fixer avec sérieux et fit quelques pas avant de se retourner.

- « Et tu te trompes… Si tu étais venu nous voir à l'époque pour nous dire que tu te sentais seul et vulnérable, nous t'aurions tous aidé ! On avait peut être nos vie, mais on aurait été là pour toi ! »

Peter voulut dire quelque chose et ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt et resta impassible. Il soutint son regard quelques secondes supplémentaires avant de se lever à son tour et de rejoindre le fond de sa cellule. James reprit alors sa route vers la sortie. Il était triste, en colère, mais soulagé de l'avoir fait. Il avait enfin mis les choses au clair avec Peter, le traître, celui qui avait faillit les tuer et maintenant il se sentait le cœur plus léger. Il était enfin prêt à tourner définitivement la page et à tout recommencer en s'appliquant d'effacer au mieux le souvenir des ses années d'horreur qu'il avait vécu.