Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
Info : Premier de mes deux épilogues… Par Merlin, ça fait tout bizarre de dire que c'est bientôt fini…
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Ce qui aurait pu se passer
Epilogue 1 : Le bonheur
«
Comme j'sais plus qui disait :
Le bonheur ça se trouve
pas en lingot
Mais en petite monnaie ! »
Bénabar (
La petite monnaie)
Harry grogna un peu quand les rayons du soleil entrèrent dans sa chambre par la fenêtre dont sa maman venait d'ouvrir les rideaux. Cela faisait longtemps qu'il ne dormait plus, mais il s'était habitué à la pénombre et tant de luminosité d'un seul coup lui fit fermer les yeux. Il sentit son matelas s'affaisser à côté de lui et une main douce se poser sur son front.
- « Chéri… réveilles-toi… » souffla une voix douce et calme.
Harry tourna son visage vers elle et ouvrit les yeux. Il la voyait flou car il ne portait pas ses lunettes mais remarqua tout de même qu'elle lui souriait doucement. Il lui rendit son sourire et se redressa un peu. Il appuya son dos contre ses oreillers et ses édredons et se frotta les yeux. Il sentit la main douce de sa mère glisser sur sa joue et ne tarda pas à sentir ses lèvres s'y poser tendrement à leur tour. Puis elle s'éloigna et il se mit à bailler.
- « Tu as bien dormi chéri ? » demanda Lily
Harry se contenta d'hocher doucement la tête.
- « Tu n'es pas trop nerveux ? »
Cette fois ci, le petit garçon haussa les épaules d'un air qu'il espérait indifférent mais il savait que sa maman ne serait pas dupe. Aujourd'hui était un grand jour, car nous étions le 01 septembre 1991 et Harry allait faire sa première rentrée à Poudlard. Il en avait rêvé pendant tout l'été mais maintenant que ce jour était arrivé, il sentait son ventre se tordre. Il avait un peu peur…
- « C'est normal d'être nerveux. » continua Lily de sa voix douce et tendre.
Harry la vit tendre le bras et se saisir de quelque chose sur la table de chevet. Puis, il l'aperçut poser délicatement quelque chose sur son nez et tout d'un coup tout s'éclaira. Avec ses lunettes, il y voyait nettement mieux.
- « Je ne vais pas te raconter une nouvelle fois comment j'étais le jour de ma première rentrée, tu dois en avoir assez avec ça ! »
Le petit garçon se mit à sourire et pouffa doucement.
- « Je crois que c'est Papa le pire ! » murmura-t-il.
- « Je pense aussi » avoua Lily en souriant.
Harry s'étira alors et son regard se posa immanquablement sur l'énorme ventre de sa maman. Un petit frère était prévu pour le milieu du mois suivant, élevant ainsi le nombre d'enfants de la famille Potter à quatre et d'après les conversations qu'il avait entendu sans le vouloir, il y avait de fortes chances pour que cet enfant soit le dernier de la fratrie. Comme tous les matins, il tendit sa main et la posa sur la peau tendue qu'il caressa doucement.
- « Il a bien dormi ? » demanda-t-il en levant les yeux vers sa maman.
- « Pas très bien. Il a beaucoup remué et je suis un peu fatiguée… » répondit-elle en souriant et en posant à son tour sa main sur son ventre rebondit.
Elle le caressa doucement du pouce avant de plonger son regard dans le sien.
- « A propos, j'ai reçu la réponse de Minerva McGonagall ce matin » lança-t-elle « Elle a donné son autorisation pour que tu reviennes passer quelques jours à la maison pour la naissance de ton frère »
- « C'est vrai ? »
- « Oui, elle a dit que c'était une mesure exceptionnelle, mais que d'autres étudiants en avaient déjà bénéficié »
- « Je suis content ! J'aurais pas aimé attendre Noël pour le voir… »
- « Moi aussi je suis contente, je pourrais avoir toute ma petite tribu autour de moi » murmura Lily en passant sa main dans ses cheveux bruns pour les ébouriffer encore un peu plus.
Harry se mit à sourire, même s'il se sentait un peu triste. A Poudlard, les câlins du matin de sa maman allaient beaucoup lui manquer.
- « Bon, tu devrais descendre prendre ton petit déjeuner » lança Lily « Moi, je vais aller réveiller ton père »
Harry vit alors sa mère se lever avec un peu de difficulté de son lit et poser ses deux mains sur ses reins.
- « Par Merlin ! Vivement le mois prochain ! » murmura-t-elle en soupirant.
Harry se mit à sourire et se leva à son tour. Il suivit sa mère hors de sa chambre et tandis qu'elle poussait doucement la porte de la chambre qu'elle partageait avec son père, il descendit les escaliers pour se rendre dans la cuisine. Il y retrouva Syrielle et Jack qui étaient déjà installés devant leurs bols de céréales.
- « Bonjour ! » lança-t-il
- « Bonjour ! » lui répondirent-ils en cœur.
Harry s'installa à sa place, près de sa petite sœur qui avait relevé ses longs cheveux bruns en une sorte de queue de cheval et qui avait remonté les manches de son pyjama pour ne pas trop se salir. Il prit un des toasts qui se trouvaient sur une assiette en face de lui et entreprit de le beurrer.
- « Tu as le trac ? » demanda alors Syrielle en se tournant vers lui.
- « Un peu » avoua Harry
- « Ça va faire bizarre quand tu seras plus là » ajouta la petite fille d'un air triste.
- « Mais je reviendrais pour voir le bébé » lui apprit le petit garçon.
- « Ça c'est bien ! » souffla Syrielle en souriant.
- « Dis Harry » lança alors Jack, qui se servait un verre de jus de citrouille « Puisque tu emmènes pas ton balai avec toi à Poudlard, tu pourrais me le prêter ? »
Harry grimaça un peu. Pour son anniversaire, ses parents lui avaient offert un Nimbus 2000, l'un des meilleurs balais en vente sur le marché. Il y tenait beaucoup et en avait pris grand soin. Il n'aimait pas trop l'idée qu'un autre que lui s'en serve.
- « Allez ! Sois sympa ! » insista Jack « Tu n'as pas le droit d'en avoir un à Poudlard avant l'an prochain et je n'aurais le mien que pour mon anniversaire ! Tu peux bien me le prêter en attendant ! Ce n'est que pour trois mois ! Je te promets que j'y ferais très très très attention ! Il n'y aura pas une seule égratignure ! »
Harry soupira devant son air suppliant.
- « D'accord… »
- « C'est vrai ?! Cool ! » s'exclama alors Jack d'un air ravi.
- « Mais tu as intérêt à bien le nettoyer à chaque fois ! » le prévint Harry.
- « T'en fait pas ! Il sera toujours aussi beau quand tu le récupèreras ! »
A cet instant, leurs parents firent leur entrée dans la cuisine. Vêtu uniquement d'un simple pantalon de toile en guise de pyjama, James baillait à s'en décrocher la mâchoire.
- « 'Jour ! » lança-t-il.
- « Bonjour Papa ! » répondirent les trois enfants dans un bel ensemble.
Cela le fit sourire et il fit le tour de la table pour poser un baiser sur chacun de leur front. Il termina par Harry à qui il adressa en plus une affectueuse petite tape sur l'épaule.
- « Alors Harry, c'est le grand jour ? »
- « Ouais »
- « Ça me rappelle quand j'avais ton âge et que… »
- « Non Papa, s'il te plait ! Je t'en supplie ne recommence pas avec ça ! » le coupa Syrielle d'un air agacé « Tu l'as tellement raconté cette histoire que je pourrais le faire à ta place ! »
- « C'est bon, c'est bon… » grogna James qui était tout de même amusé « Mais ne venez pas me dire que je ne me mets pas à votre place après ! »
Les trois enfants échangèrent un regard amusé avant de se mettre à rire doucement. Ils virent alors leur père se renfrogner un peu, mais comme toujours, Lily vint désamorcer la crise en posant un léger baiser sur les lèvres de son mari.
- « Si vous avez fini, montez faire votre toilette ! Syrielle et Jack, je vous rappelle que vous devez aller à l'école ce matin ! »
Tous les trois hochèrent alors la tête et quittèrent la table rapidement. Harry se mit alors à courir pour rattraper Jack afin d'obtenir le droit d'utiliser la salle de bain le premier. Syrielle ne faisait jamais la course avec eux, elle préférait leur céder la place, elle utilisait en général des moyens bien plus sournois pour arriver à ses fins, comme avouer bien haut une bêtise qu'ils avaient fait pour se rendre tranquillement sous la douche pendant que ses frères subissaient un sermon. Ce matin là, elle ne semblait pas d'humeur joueuse.
Harry rattrapa son petit frère dans les escaliers et lui passa devant sans encombre. Leurs trois ans d'écart se faisaient encore ressentir et c'est en souriant qu'il s'enferma le premier dans la salle de bain. Tandis qu'il se déshabillait, il entendait que la conversation entre son frère et sa sœur allait bon train pour désigner qui serait le suivant. Il se dépêcha de se glisser sous la douche.
Lorsqu'il sortit de la salle de bain, ce fut Syrielle qu'il trouva devant la porte. Il se mit à sourire.
- « Il faut bien que le fait que je sois plus grande que lui serve de temps en temps ! » lui lança la petite fille en prenant sa place dans la salle de bain.
Harry se mit à rire et descendit les escaliers en courant et se précipita vers la porte d'entrée.
- « Harry ? Où tu vas ? » demanda Lily depuis la cuisine
- « En face ! J'ai promis à Lalyh que je viendrais la voir ce matin ! » répondit-il.
- « Ne tarde pas trop ! Il faut que je te parle tout à l'heure » lança alors James.
- « Pas de problème ! » cria Harry avant de refermer la porte d'entrée.
Il traversa la route qui séparait sa maison de celle de la famille Black, et comme à son habitude entra sans frapper.
- « Bonjour ! » lança-t-il en entrant dans la cuisine.
- « Bonjour Harry ! Alors, c'est le grand jour ? » demanda Océane en souriant.
Le petit garçon s'approcha d'elle pour poser un baiser sur sa joue. Elle était en train de donner un yaourt à Amy, la petite dernière de la famille qui avait un an et demi.
- « 'Ry ! » s'exclama d'ailleurs le bébé en frappant de sa main sur sa chaise haute.
- « Salut ! » lança Harry en posant un baiser sur le dessus de la petite tête blonde de sa petite cousine. « Lalyh est réveillée ? » demanda-t-il alors.
- « Oui, mais elle est encore dans sa chambre » le renseigna Océane.
- « Je monte la voir ! »
- « D'accord… »
Sans plus attendre, le petit garçon prit la direction de l'étage et traversa la salle de jeu, en désordre comme d'habitude, et ouvrit la porte de la chambre de Lalyh. Il fut un peu surpris de la trouver assise sur son lit, serrant son oreiller contre elle.
- « Bonjour ! » lança-t-il en s'avançant vers elle et en s'installant sur son lit.
Il n'eut droit qu'à un regard noir en guise de réponse.
- « Tu ne vas pas bouder ! » s'exclama le petit garçon
- « Ça va être nul quand tu seras pas là ! » lui répondit-elle d'un air boudeur.
- « Mais non ! » souffla Harry
- « Si ! Avec qui je vais jouer maintenant ? »
- « Il y a encore Syrielle, Jack, Mae… »
- « Tu sais bien que c'est pas pareil ! »
- « Je vais pas mourir ! » s'amusa le petit garçon « Je vais à Poudlard ! »
- « Ben j'ai vraiment hâte que ce soit mon tour ! »
- « Je sais, mais ne t'en fais pas, je reviens à la maison pour la naissance de William ! »
- « Cool ! »
- « Et puis je t'écrirais… » tenta-t-il.
Il vit alors Lalyh hausser les sourcils d'un air grave.
- « Menteur ! Tu sais même pas écrire ! »
- « Quoi ?! »
Harry se saisit alors d'une des peluches de la petite fille qui traînait dans un coin du lit et l'abattit violemment sur le crâne de sa cousine qui répliqua en lui écrasant son oreiller sur le nez. Entre cris et rires, une bataille éclata entre les deux enfants qui l'espace d'un instant oublièrent tout ce qui n'était pas leur adversaire et ses armes rembourrées de plume.
- « Qu'est-ce que c'est que ce vacarme ?! » s'exclama alors Sirius en ouvrant la porte.
Harry se figea, debout sur le lit de Lalyh, la jambe de cette dernière dans la main et un oreiller brandit au dessus de sa tête de l'autre main.
- « Harry Potter… J'aurais du m'en douter ! » lança Sirius en souriant.
Il s'approcha d'eux tandis que Harry descendait du lit et que Lalyh se redressait un peu. Il embrassa sa fille qui noua ses bras autour de son cou pour lui faire un câlin.
- « Tu ferais bien de descendre princesse, Maman t'attend pour le petit déjeuner » souffla-t-il à Lalyh « Quand à toi » ajouta-t-il en se tournant vers Harry « J'allais justement chez toi ! Ton père a quelque chose à te dire »
- « Je sais » répondit Harry « Tu sais ce que c'est ? »
Sirius hocha la tête en souriant.
- « C'est quoi ? »
- « C'est à ton père de te le dire ! » trancha Sirius en souriant et en se levant « Et si on y allait maintenant ? »
Harry hocha vivement la tête et alla serrer sa cousine dans ses bras.
- « On se revoit bientôt » murmura-t-il.
- « Ouais… » souffla cette dernière qui avait retrouvé son air bougon.
Tous les trois quittèrent alors la chambre de la petite fille et Harry sentit la main de son parrain se poser sur son épaule. Ils laissèrent Lalyh au seuil de la cuisine rejoindre sa mère et ses sœurs et après un dernier petit signe de la main à tout ce monde, Harry quitta la maison de son parrain, la main de ce dernier toujours poser sur son épaule.
- « Dis, tu sais dans quelle maison je vais aller ? » demanda le petit garçon au bout d'un moment.
- « Personne ne peux le savoir avant toi » répondit Sirius en souriant
- « Mais tu as une idée pas vrai ? »
- « Je ne dirais rien, même sous la torture ! »
- « Allez ! Je le dirais à personne ! Tu penses que j'irais où ? »
- « Je serais muet comme une tombe ! » décréta Sirius qui souriait d'un air malicieux en ouvrant la porte de la maison.
- « S'il te plait… » supplia une dernière fois Harry qui savait pourtant qu'il n'obtiendrait rien de lui « Dis moi au moins comment ça se passe ! »
- « Quoi donc ? » demanda Lily en sortant de la cuisine.
- « La répartition ! » répondit Sirius malicieusement
- « Ah ça… » souffla la jeune femme en souriant tandis qu'elle venait embrasser Sirius sur les deux joues.
- « Il parait que c'est super effrayant ! » lança Harry « Les jumeaux nous ont dit à Ron et moi qu'il fallait se battre contre un troll ! »
Il était quasiment sûr qu'il s'agissait d'une plaisanterie… On n'allait tout de même pas laisser de jeunes sorciers se battre contre un troll alors qu'ils n'avaient pas encore commencé les cours… Mais tout de même, il valait mieux être sûr.
- « Un troll ! Oui je m'en souviens bien ! » s'exclama Sirius en riant presque « Je me rappelle que j'ai assommé le mien en le faisant glisser sur une flaque d'eau savonneuse ! »
- « Tu mens ! » lança Harry qui avait aperçut le regard amusé de sa mère « Pourquoi vous voulez pas me dire ce que je vais devoir faire pour être réparti ? »
- « Parce que ça fait partie des choses qu'il est amusant de découvrir en arrivant à Poudlard ! » répondit alors James en sortant de la cuisine « Quel genre de parents serions nous si on te privait de cette surprise ! »
- « Tu as dit que tu avais un truc à me dire… » lui rappela Harry
- « Oui, on attend juste Remus et je te le dirais ! »
- « Tiens, quand on parle du loup… » souffla Sirius en désignant la poignée de la porte qui s'abaissait.
Il ne s'était pas trompé et Remus fit son entrée dans la maison.
- « Bonjour tout le monde ! »
- « Salut Lunard ! » le saluèrent ses amis
- « Alors, tu es bien remit ? » demanda Lily, inquiète en s'approchant de lui aussi vite que le lui permettait son gros ventre.
- « Très bien, franchement cette potion fait des miracles ! » répondit Remus en souriant.
Harry savait depuis de nombreuses années que son oncle était un loup-garou et avait passé beaucoup de soirée à voir sa maman très inquiète de savoir son papa auprès de lui. Même s'il était un animagus, elle avait peur pour lui et ces nuits là, personne ne dormait beaucoup dans les maisons Black et Potter. Mais depuis quelques mois, le laboratoire où Lily avait trouvé un travail après l'entrée de Jack à la maternelle avait mis au point une potion qui rendait les métamorphoses des lycanthropes bien moins douloureuse. La « potion tue-loup » n'était pas encore brevetée, mais Remus s'était proposé pour les essais qui s'annonçaient prometteurs. Les résultats étaient flagrants. La Pleine Lune s'était terminée deux jours avant et Remus avait l'air très en forme.
- « Bon, puisque nous sommes tous réunit, je vais pouvoir mettre en place mon petit rituel ! » lança James en souriant.
Harry regarda son père avec curiosité. Il avait vraiment hâte de savoir ce que son papa lui réservait.
- « Lily, mon cœur, excuse nous, mais c'est une histoire d'hommes ! » lança James à sa femme en posant doucement sa main sur son gros ventre avant de l'embrasser.
- « Ça va aller ! » murmura-t-elle « Je vais en profiter pour jeter un dernier coup d'œil à sa valise. J'espère pour toi qu'elle est faite convenablement jeune homme ! » ajouta-t-elle à l'adresse de Harry.
- « Elle est parfaite ! » lui répondit Harry d'un air sûr de lui
- « C'est ce que nous allons voir » décréta Lily en se dirigeant vers les escaliers.
Harry sentit alors la main de son père se poser sur sa nuque et il leva les yeux vers lui.
- « On va dans mon bureau… »
Harry suivit alors docilement son père et ses deux oncles dans le bureau paternel. Tous souriaient et semblaient au moins aussi impatients que lui. Lorsque la porte fut refermée, Harry fut invité à s'asseoir sur le grand canapé. Il vit alors son père, Sirius et Remus se placer en face de lui.
- « Aujourd'hui est un grand jour Harry ! » lança James en souriant.
Harry hocha la tête.
- « Mais pas seulement parce que tu vas faire ton entrée à Poudlard » ajouta James « Le temps est venu pour moi de perpétrer une vielle tradition familiale. Quand j'ai eu ton âge, mon père m'a fait un cadeau, qu'il tenait lui-même de son père et ainsi de suite depuis des générations ».
Harry était captivé par ce que son père était en train de lui dire. Il n'en perdait pas une miette.
- « Et aujourd'hui je vais t'en faire cadeau à mon tour » annonça-t-il enfin.
Le cœur du petit garçon fit un bond dans sa poitrine tant il était excité.
- « C'est quoi ? » demanda-t-il
Les trois hommes devant lui échangèrent un regard amusé avant de se mettre à rire doucement.
- « Il s'agit de quelque chose qui nous a permit de faire pas mal de choses… » répondit Sirius.
- « Et on peut dire qu'on a bien su en tirer toutes les potentialités ! » renchérit Remus d'un air malicieux.
- « Je sais que tu en feras bon usage Harry ! Je sais que tu sauras t'en montrer digne » termina James.
Harry se redressa alors, fier tout d'un coup, que son père lui fasse assez confiance pour lui confier cet objet familial qu'il avait hâte de découvrir.
- « Il est grand temps Harry que tu deviennes propriétaire de ceci… » lança alors James en lui tendant un paquet emballé dans un papier marron.
Impatient, Harry se jeta dessus et le déchira avec empressement. Il ne pu s'empêcher de crier quand il reconnut l'objet.
- « Ta cape d'invisibilité ?! » s'étonna-t-il d'un air incrédule.
- « C'est la tienne maintenant » le corrigea James.
- « Pour de vrai ? »
- « Pour de vrai ! »
Ébahi, Harry prit la cape dans ses mains et fit glisser le tissu doucement entre ses doigts. Il avait du mal à y croire. Il savait que son père tenait à cette cape comme à la prunelle de ses yeux et il n'aurait jamais cru qu'il l'aurait un jour.
- « Tu es content ? » demanda James après cet instant de silence.
- « Tu veux rire ?! » s'exclama Harry, les yeux brillants de joie « C'est génial ! Merci Papa ! »
Le petit garçon se jeta dans les bras de son père qui le serra contre lui.
- « J'y ferais attention, je te jure ! »
- « Je sais ! J'ai confiance en toi Harry » lui murmura James en ébouriffant un peu plus ses cheveux.
- « Il faut que je le dise à Maman ! » s'exclama Harry en souriant.
Le sourire de son père lui indiqua que sa mère devait sans doute être au courant depuis très longtemps de ce cadeau, mais il s'en moqua. Il quitta le bureau de son père sous les regards amusés de James, Remus et Sirius. Il courut très vite, montant les marches de l'escalier quatre à quatre et entra en trombe dans sa chambre.
- « Regarde…. ce que… Papa… m'a donné… » s'écria-t-il, essoufflé.
Lily le regarda en souriant tendrement.
- « Je t'ai fait une petite place dans ta valise pour que tu la mettes… » lui répondit-elle en souriant.
Harry était vraiment
ravi de tout ce qui lui arrivait. Le reste de la matinée fut
rythmé par les départs à l'école de
Syrielle et Jack pour la maison de la vieille institutrice qui leur
donnait cours. Harry les embrassa tous les deux et eut un peu de
peine de voir sa sœur partir en pleurant doucement. Ce fut ensuite
le tour de Remus et Sirius de lui dire au revoir. Ils devaient se
rendre à Jasire pour travailler. L'entreprise avait survécut
à l'attaque des mangemorts et avec beaucoup de courage et de
volonté, les trois garçons avaient réussit à
la rendre très prospère.
Harry se retrouva donc seul
avec ses deux parents. James avait pris sa journée pour
pouvoir l'emmener à King's Cross. Plus l'heure passait,
plus Harry devenait nerveux. Il ne cessait de tordre ses doigts et
rien ne parvenait à lui changer les idées. Il était
le petit sorcier le plus connu de toute la Communauté. L' «
élu » comme on l'appelait souvent. Mais il ne se
souvenait absolument pas de ce jour où grâce à
lui, un terrible mage noir avait périt. On le lui avait
souvent raconté, mais il avait du mal à s'imaginer
vraiment les choses. Le seul souvenir qu'il gardait de cette
journée était sa cicatrice en forme d'éclair
qui lui barrait le front. Si Harry avait peur de quitter sa maison,
c'était parce qu'il se retrouverait seul pour affronter sa
notoriété qui le mettait mal à l'aise. Il n'y
aurait ni son père, ni ses oncles pour lui venir en aide. Il
devrait gérer tout seul le fait d'être célèbre
et cela l'inquiétait un peu. Mais il savait qu'il aurait
ses amis pour le soutenir et pour l'aider.
Le temps semblait
s'éterniser et il fut soulagé d'entendre sa mère
déclarer qu'il était temps de partir. Le départ
fut un peu chaotique. Harry ne transplanait pas seul et il y avait
aussi ses valises à transporter. Sans compter que James ne
voulait pas que Lily se fatigue dans son état…
Finalement,
après de nombreux aller-retour de James, ils arrivèrent
tous les trois sur le quai qui séparait les voix neuf et dix.
- « Tu te souviens chéri, il ne faut pas avoir peur et y aller d'un bon pas » murmura Lily à l'oreille de Harry tandis qu'elle lui désignait le mur de brique qui avait pourtant l'air bien consistant.
Le petit garçon hocha la tête mais ne semblait pas plus rassuré pour autant. Il glissa sa main dans celle de sa maman qui lui lança un regard tendre.
- « On va y aller ensemble mon grand » murmura-t-elle.
Harry se sentit beaucoup mieux et il n'avait presque plus peur de se lancer à toute vitesse contre un mur de brique. Ce fut bien moins pire que ce qu'il avait imaginé. Il fut ébahi de voir la locomotive rougeoyante et fumante du Poudlard Express. Il était déjà venu l'année d'avant quand sa maman avait accepté de l'amener ici pour qu'il puisse avoir un premier contact, mais cette fois c'était vraiment… magique.
- « C'est beau ! » souffla-t-il.
- « N'est-ce pas… » murmura Lily.
Elle regarda autour d'elle en souriant avant de le pousser doucement vers l'avant.
- « Si tu allais aider ton père à monter ta valise dans le train ? » lança-t-elle.
Harry se dépêcha de lui obéir et c'est en compagnie de son père qu'il revint près d'elle.
- « C'est bientôt l'heure » murmura doucement Lily.
Harry sentit alors son père se tourner vers lui et le prendre dans ses bras.
- « Tu vas me manquer mon grand, mais je suis sûr que tu vas passer une très bonne année. »
- « Merci Papa ! »
James embrassa son fils et Harry se tourna alors vers Lily qui s'était accroupie pour se mettre à sa hauteur.
- « Oh mon Harry… » murmura-t-elle en posant ses mains sur ses joues et le petit garçon fut horrifié de voir des larmes se former aux coins de ses yeux.
- « Maman ! Pleures pas… »
- « Je ne pleures pas ! » rétorqua Lily alors que ses yeux s'embuaient de plus en plus.
Elle l'attira contre elle et le serra fort.
- « Tu vas me manquer Harry… »
- « Toi aussi Maman… »
- « Tu seras bien sage, hein ? Tu m'écriras un peu ? »
- « Promis ! Mais je reviens bientôt… »
- « Oh mon trésor ! Excuse moi, je ne voulais pas que tu me vois si triste alors que je suis fière et heureuse pour toi »
- « T'inquiètes pas pour moi ! »
A cet instant, la locomotive émit un sifflement strident, signal qu'il était temps pour Harry de regagner le train.
- « Au revoir mon amour ! » lança Lily en l'embrassant.
- « Au revoir Harry ! » ajouta James en tapotant sa tête doucement.
Harry pris alors la direction du train, ses deux parents derrière lui et il y grimpa. Il se tourna vers eux et leur fit un petit signe de la main et Lily lui envoya un baiser du bout des doigts, son visage humidifié par les larmes qu'elle versait. Lorsque la porte du wagon se referma et Harry regarda le quai défiler devant ses yeux avant de soupirer et de commencer à marcher dans les couloirs. Il ne tarda pas à trouver celui dans lequel Ron se trouvait. Il y avait Neville avec lui. Il poussa la porte et se laissa tomber sur la banquette près de son meilleur ami.
- « Tu en fais une tête ! » s'exclama Ron
- « Maman pleurait… » se contenta de répondre Harry.
- « Pas la mienne ! » grogna Ron
- « Elle doit avoir l'habitude ! » lui souffla Harry
- « Mouais… Elle était surtout trop occupé à crier sur Fred et George ! » répliqua le rouquin.
Harry allait demander des précisions sur cette histoire, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas vu son ami et il était sûr qu'ils avaient beaucoup de choses à se raconter, quand la porte du compartiment s'ouvrir. Une petite fille aux cheveux en broussaille et aux grands yeux noisettes entra.
- « Je peux me mettre ici ? Il n'y a plus un seul compartiment de vide… »
Harry échangea un regard étonné avec Ron qui semblait tout aussi surpris que lui.
- « Merci ! » s'exclama-t-elle en prenant place en face d'eux. « Et au fait, je m'appelle Hermione Granger ! »
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- « Alors c'est ici que tu as grandi ? » demanda Lalyh en se tournant vers son père.
Sirius hocha la tête en soupirant.
- « Ben moi ça me fait peur ! » souffla Maelys en s'approchant de lui et en glissant sa main dans la sienne.
Le jeune homme l'attira contre lui et caressa tendrement ses cheveux.
- « Ne craint rien ma douce » lui murmura-t-il « Je suis là… »
- « C'est vraiment sordide Sirius, on ne dirait vraiment pas qu'il y a un jour eu des enfants dans cet endroit » lança Océane.
Le jeune homme se tourna vers elle en souriant. Elle avait l'air grave et portait à son coup leur petite Amy qui avait noué ses jambes autour de sa taille et calé sa tête au creux de l'épaule de sa maman, mêlant ses fins cheveux blonds à ceux de la jeune femme. Elle suçait son pouce et le regardait avec son regard plein de malice qui le faisait fondre. A trois ans, elle avait déjà comprit qu'elle pouvait faire ce qu'elle voulait de lui, elle était redoutable.
- « Je comprends bien mieux que tu ais eu envie de t'enfuir de cet endroit sordide » continua Océane en se rapprochant de lui.
- « Tu comprends mieux pourquoi je n'étais pas très partant à l'idée de vous emmener ici ! » lui répondit Sirius. « J'aurais préféré vous éviter de voir ça »
- « Ça fait aussi partie de ta vie chéri… » souffla Océane.
- « Et même si ça fait peur, moi j'avais envie de voir où tu es né ! » lança Lalyh en tournant la tête vers eux.
Elle avait escalader un morceau du portail et était agrippé aux barreaux, elle se situait à trente centimètres du sol. Sirius se mit à sourire en la regardant. Elle était toujours tellement dynamique et intrépide…
- « On attend qui exactement pour entrer ? » demanda Lalyh en se laissant tomber sur le sol, soulevant un petit nuage de poussière.
- « Je n'ai pas le droit d'entrer dans cette maison sans le notaire » lui répondit Sirius
- « Mais c'est ta maison ? » demanda Maelys d'un air surprise.
- « J'en ai hérité quand ma mère est morte, mais je ne l'ai jamais considéré comme ma maison. Ma seule maison, c'est celle quand lequel je vous ai élevé, mes filles ! »
- « Ben vaut mieux parce que ici on se croirait dans une de ses images d'horreur qu'ils vendent pour Halloween ! » s'exclama Lalyh.
- « C'est un peu ça, oui ! » répondit Sirius en souriant.
- « Chéri ? Tu ne voudrais pas prendre Amy ? Elle commence à être trop lourde pour moi… » souffla Océane.
Sirius prit alors sa dernière fille dans ses bras et posa un baiser sur son front.
- « Dis moi petite faignante, tu ne pourrais pas rester debout comme tout le monde ? » souffla-t-il tandis qu'elle nouait ses bras autour de son cou.
- « Nan ! Ça vas mettre du sale sur mes saussures ! » lui répondit-elle d'un air décidé.
Sirius se mit à rire doucement. De ses trois filles, Amy étaient de loin la plus coquette. Il avait dû apprendre à composer avec les petites robes roses et les élastiques assortis et il devait avouer qu'il s'en sortait bien plus facilement qu'il ne l'aurait cru. Il enfouit alors son nez contre le cou de sa fille et se mit à souffler en provoquant des bruits très peu gracieux qui firent pourtant éclater de rire la fillette à son plus grand plaisir.
Un raclement de gorge derrière lui le fit sursauter. Il se retourna vivement et se trouva nez à nez avec un vieux sorcier, grand et maigre qui le regardait d'un air sévère derrière ses lunettes carrées. Il avait l'air très austère et Sirius sentit Amy serrer ses petits bras autour de sa nuque et Maelys se blottir encore plus contre ses jambes. Lalyh quand à elle s'était rapprochée de sa maman.
- « Mr Black ? » demanda le vieil homme d'un air sévère.
- « C'est bien moi » répondit le jeune homme en lui tendant la main.
Le vieux sorcier le salua avec un peu de surprise. Le jeune homme réalisa que cet homme devait plus s'attendre à rencontrer quelqu'un de sérieux et de posé et pas quelqu'un accompagné de toute sa famille.
- « Je suis Mr Grevy, notaire. Vous m'avez demandé de venir ce matin »
- « Oui, c'est bien moi. Je vous présente ma femme, Océane et nos filles… » présenta Sirius en souriant tandis qu'Océane serrait à son tour la main du notaire.
- « Enchantée… » souffla-t-elle
- « Moi aussi » assura le notaire d'un air un peu moins sincère que la jeune femme « Je propose que nous ne perdions pas de temps… »
- « C'est-à-dire que nous attendons encore quelqu'un mais ouvrez nous déjà » répondit Sirius en lui faisant signe de s'approcher de la grille.
Le notaire ne se fit pas prier et tira de son sac une imposante clé en fer qu'il inséra dans la vieille serrure rouillée. La porte s'ouvrit dans un grincement lugubre.
- « Nous ferions bien de nous dépêcher, nous sommes en plein dans un quartier moldu… » souffla le notaire qui n'avait pas l'air très à l'aise.
Sirius lui s'en moquait un peu. Cela faisait de nombreuses années maintenant qu'il vivait près d'un village moldu et Océane, les filles et lui avaient pris l'habitude de vivre au contact du monde non magique. Mais ce n'était visiblement pas le cas de ce vieil homme qui les pressait d'entrer dans le jardin. Ils lui obéirent alors et Sirius sentit une boule de former dans son estomac. Revenir ici faisait remonter à la surface des centaines de souvenir qu'il aurait voulu oublier. Il serra un peu plus fort Amy contre lui et sentit la main d'Océane se poser doucement sur sa nuque. Cela lui fit du bien. Ils arrivèrent jusqu'à la lourde porte d'entrée sur laquelle une grosse tête de serpent servait de poignée. Une fois encore, le notaire tira une clé de son sac et ouvrit la porte d'entrée. Au moment où il posait sa main sur la poignée, il s'arrêta et se tourna vers eux.
- « Vous n'êtes jamais entré ici auparavant ? » demanda-t-il.
- « Non » répondit Sirius.
- « Dans ce cas je vous demanderais d'éviter autant que possible de faire du bruit et d'être le plus discret possible… »
- « Pourquoi ? » demanda le jeune homme.
- « Je vous expliquerais une fois à l'intérieur… » souffla le notaire avant d'ouvrir la porte.
- « Vous avez bien entendu les filles ? Pas de bruits… » répéta Océane en mettant ses deux mains sur les épaules de Lalyh qui hocha la tête.
Sirius s'effaça pour laisser passer sa femme et leurs deux plus grandes filles avant d'entrer dans la maison de son enfance pour la première fois depuis huit ans. Il referma soigneusement la porte de l'entrée et rejoignit le notaire qui lui faisait signe de le suivre jusque dans une pièce que le jeune homme savait être le salon. Il passa devant Lalyh qui regardait tout autour d'elle avec beaucoup de curiosité et se pencha doucement pour lui glisser à l'oreille.
- « Je te ferais visiter tout à l'heure, si tu veux, mais évite de rester toute seule ici, d'accord ? »
La petite fille hocha la tête et passa devant lui pour rejoindre le salon. Océane et Maelys étaient déjà assise dans le canapé et Lalyh alla les rejoindre.
- « Tes chaussures ne risquent plus rien princesse… » murmura le jeune homme en posant Amy sur le sol et en l'incitant à aller rejoindre les autres femmes de sa vie.
- « Vous ne voulez pas vous asseoir, Mr Black ? » demanda le notaire.
- « Si, si… » répondit Sirius en s'installant dans un des fauteuils vert sombres qui décoraient la pièce.
Le notaire tira une nouvelle fois de sa mallette une série de document qu'il posa sur ses genoux.
- « Vous disiez que nous attendions encore quelqu'un ? » demanda-t-il en redressant un peu mieux ses lunettes.
- « Oui, Mr Eric Lovegood » répondit Sirius.
- « Et puis-je savoir pourquoi nous attendons ce monsieur ? » demanda-t-il en faisant apparaître une longue plume blanche et un petit pot d'encre.
- « J'ai décidé de lui céder cette maison » annonça alors Sirius avec le plus grand sérieux.
Il était tellement sérieux, que le notaire sursauta.
- « Lui céder votre maison ?! » s'exclama-t-il « Mais… Mais… Vraiment ? »
- « Oui, vraiment » assura Sirius.
- « Mais, Mr Black ! Vous vous rendez compte du capital que représente cette maison ? »
- « Je sais qu'elle est grande mais je ne veux pas la garder. Mr Lovegood, lui en a besoin pour y installer une partie de son journal et y installer sa nouvelle maison d'accueil des elfes et des créatures démunies… C'est un homme très altruiste et rien ne peut me faire plus plaisir que d'imaginer cette maison où régnait l'intolérance accueillir des créatures de toutes sortes ! »
- « Mais vous pourriez au moins la vendre ! »
- « Certainement pas ! Je ne veux pas toucher le moindre argent qui proviendrait de cet endroit » expliqua Sirius.
- « Mais voyons, cela pourrait représenter une telle somme… »
- « Je ne veux rien devoir à quoique ce soit qui se rapporte de près ou de loin à cet endroit qui m'est odieux ! » trancha Sirius d'une voix sans appel.
- « Très bien » lança le notaire d'un air sérieux, ne comprenant visiblement pas ce qui pouvait motiver un tel entêtement.
Mais Sirius était sûr de son choix. Il n'avait pas pris sa décision à la légère quoiqu'en pense le notaire. Océane et lui avaient eu de très longues discussions à ce sujet, pesé le pour et le contre. Le jeune homme avait conscience qu'une maison de cette taille représentait une grosse somme d'argent… Mais jusqu'à présent ils avaient tous les deux su gérer leurs compte et élever leurs filles avec l'argent que possédait déjà le jeune homme, auquel se rajoutait son salaire de la Jasire et le salaire d'Océane qui depuis peu travaillait à mi-temps à Fleury & Bott, en tant que consultante.
Et Sirius n'était vraiment pas à l'aise à l'idée de devoir quoique se soit à sa famille, quand bien même il s'agissait d'argent. Quand sa mère était morte, Sirius n'avait presque rien ressentit. Il s'était trouvé égoïste et insensible mais il n'avait pas pu se convaincre de la pleurer un peu. Il avait hérité de cette maison ainsi que d'un elfe dont il n'avait pas voulu entendre parler. Il avait confié le bon soin de tous ces nouveaux biens à ce notaire qui se trouvait devant lui, en espérant qu'il n'aurait jamais à s'en soucier.
Mais, quand Lily avait une nouvelle fois demander à James de venir en aide à Eric Lovegood par le biais de la Jasire, Sirius avait comprit qu'il tenait là une occasion en or de se séparer définitivement de cet encombrant héritage.
Dans le canapé, ses trois princesses commençaient à s'ennuyer. Elles s'agitaient et les connaissant, Sirius savait que s'il ne faisait rien, des chamailleries allaient exploser. Il décida de prendre les choses en main.
- « Dites moi les filles, ça vous dirait de visiter un peu ce musée des horreurs ? » demanda-t-il.
Lalyh et Maelys furent immédiatement emballées et sautèrent du canapé pour venir le rejoindre.
- « Océane ? » demanda Sirius.
- « J'arrive… Mr Grevy, vous voulez vous joindre à nous ? » proposa-t-elle plus par politesse que par réelle envie de le voir les suivre.
- « Non merci, je vais rester ici » lui répondit le notaire d'un air grave.
La jeune femme hocha la tête, prit Amy par la main et c'est entouré de toutes les femmes de sa vie que Sirius prit les escaliers qui menaient à l'étage. Plus ils avançaient, plus il sentait que ses filles n'étaient pas à l'aise. Maelys tenait fortement sa main et même Lalyh, d'habitude si indépendante, lui tenait la chemise comme pour se rassurer. Sirius les comprenait tout à fait. Les têtes des anciens elfes de maison qui ornaient les murs n'avaient rien pour rassurer des petites filles de leurs âges. Il pressa le pas, soucieux de leur épargner au plus vite ce spectacle. Il n'osait même pas imaginer dans quel état se trouvait sa petite Amy.
Une fois à l'étage, il se tourna vers Océane qui le suivait. Elle avait l'air grave et maintenait la tête de leur fille calée contre son cou, de sorte qu'elle ne voit pas ses horreurs.
- « C'est monstrueux » souffla-t-elle « Mais où tes parents avaient la tête ?! »
- « Ils trouvaient ça amusant » lui répondit Sirius
- « Comment des êtres pareils ont pu avoir un fils comme toi ! » s'énerva-t-elle.
Le jeune homme se mit à sourire. Il la prit par la main et l'attira à lui. Il posa un rapide baiser sur ses lèvres et entrelaça ses doigts aux siens.
- « Je comprends mieux que tu ne veuilles absolument pas garder cette maison » murmura-t-elle.
- « Papa ! » lança alors Lalyh « Elle était où ta chambre ? »
- « Au fond… » lui indiqua le jeune homme.
La petite fille attrapa sa sœur par la main et l'entraîna en courant dans le couloir. Océane posa alors Amy sur le sol et la petite fille glissa une de ses mains dans celle de son père et l'autre dans celle de sa mère.
- « C'est là ? » demanda Lalyh tandis qu'elle arrivait devant la dernière porte.
- « Oui »
- « Je peux ouvrir ? »
- « Si tu veux ! »
Lalyh actionna la poignée et entra dans la pièce suivit de sa sœur.
- « Tu es sûr qu'il n'y a aucun risque à ce qu'elles aillent là bas toutes seules ? » demanda Océane un brin anxieuse.
- « Ma chambre est sans doute le seul endroit de cette maison où elles ne risquent rien au contraire ! » lui assura Sirius.
Il vit sa femme lui sourire et ils ne tardèrent pas à rejoindre leurs filles. Maelys à genoux sur son lit de jeune garçon regardait les posters de Quidditch accrochés au mur et qui avaient un peu moisis, tandis que Lalyh observait avec attention une boite en bois qui se trouvait sur son bureau.
- « Papa, tu aimais le club de Flamequare ? » demanda Maelys
- « Oui, c'était avant que Icarus Grey ne quitte le club ! » répondit Sirius en s'approchant d'elle « C'était lui, tu vois… » expliqua-t-il en désignant un des joueurs sur l'affiche « Quand il a changé de club, j'ai arrêté de les aimer… Ils perdaient tout le temps ! »
Maelys se mit à rire et se laissa tomber sur le lit, les bras en croix.
- « Il est dur ton matelas ! » s'exclama-t-elle.
- « C'était pour que j'ai une belle stature » expliqua Sirius en souriant.
- « Ça au moins, ça aura réussit ! » murmura Océane en se glissant derrière lui et en faisant glisser ses bras autour de sa taille.
En souriant, Sirius se retourna et la prit dans ses bras.
- « Tu sais que tu es la première femme que j'emmène dans cette chambre ? » lui chuchota-t-il à l'oreille.
Il la sentit rire doucement contre son torse.
- « C'est vrai ? » demanda-t-elle.
- « Oui… Comment voulais-tu que j'emmène des filles ici, elles auraient fui en courant devant le pas de la porte et deux fois plus vite si elles avaient vu ma mère ! »
- « Il faut du courage pour venir ici… » souffla la jeune femme en plongeant son regard dans le sien. « Cette chambre n'a connu aucune de tes nuits de folies alors ? »
- « Aucune ! Tu es partante pour combler cette lacune ? » demanda-t-il tout bas pour être sûr de ne pas être entendu de ses filles qui visitaient la pièce.
- « Tu ne me feras jamais rien faire dans cette maison maudite ! » frissonna la jeune femme avec dégoût.
Sirius se mit à sourire et posa un baiser sur son front.
- « Comme je te comprends ! » murmura-t-il. « Mais quand on sera de retour à la maison ? »
- « Si tu es sage ! » lui rétorqua-t-elle en souriant.
- « Je vais être irréprochable ! » lui assura le jeune homme
- « Papa ! » s'exclama alors Lalyh.
- « Quoi ma princesse ? » demanda-t-il en se tournant vers elle.
- « C'est quoi cette boite ? J'arrive pas à l'ouvrir ! »
Le jeune homme se mit à sourire et s'approcha d'elle.
- « C'est ma boite à trésor » lui expliqua-t-il.
Comme par magie, il sentit alors toute l'attention que Maelys et d'Amy focalisaient sur lui. C'était son auditoire préféré, il se sentait presque tout puissant. Il avait le pouvoir de fasciner ses filles et c'était sa plus grande fierté. Il espérait pouvoir les faire rêver comme cela encore très longtemps.
- « Tu vois, il y a un mécanisme secret pour l'ouvrir » continua-t-il en tournant la boite.
Il désigna un petit morceau de bois qui dépassait très légèrement. Il fallait vraiment se concentrer pour le voir. Ses trois filles s'étaient rapprochées pour mieux voir et Océane se penchait elle aussi par-dessus son épaule.
- « Pousse dessus… » demanda-t-il à sa fille aînée qui lui obéit avec empressement.
Dans un petit bruit aigu, le petit morceau de bois coulissa, faisant apparaître un petit bouton noir.
- « J'appuie ? » demanda Lalyh.
Sirius hocha la tête. La petite fille appuya le bouton et c'est alors que, comme un ressort, le couvercle de la boite sauta et s'ouvrit.
- « Oh ! » s'exclamèrent les trois fillettes en cœur.
Leur père plongea alors sa main dans la boite et en sortit une très jolie toupie dorée.
- « C'était à toi ? » demanda Maelys
- « Oui ! Je l'adorais. Je me souviens que je l'avais mis là pour que Regulus ne la trouve pas ! »
- « Regulus c'est ton frère ? » demanda Lalyh.
- « C'était mon frère, oui… »
- « Tu avais un frère ? » demanda Maelys.
Sirius hocha la tête.
- « Oui, mais on ne s'entendait pas du tout… » lui avoua-t-il
- « Pourquoi ? »
Sirius s'apprêtait à lui dire que c'était très long à expliquer mais qu'il lui en parlerait plus tard quand un vacarme assourdissant se fit entendre, les faisant sursauter.
- « VERMINE ! CRAPULE ! SORTEZ DE MA MAISON, ETRANGER ! COMMENT OSEZ-VOUS SOUILLEZ LA MAISON DE LA GRANDE FAMILLE BLACK ! VOUS POLLUEZ LA PURETE DE… »
- « Qu'est-ce que c'est que ça ! » s'écria Sirius en tirant sa baguette de sa poche. « Océane ! Reste ici avec les filles ! Je vais voir ! »
- « Sirius ! » s'exclama Océane au moment où le jeune homme quitta sa chambre en courant.
Il se précipita dans l'escalier et c'est alors qu'il aperçut le notaire, sa baguette dans la bouche tandis qu'il essayait de refermer des rideaux sur un tableau grandeur nature de sa mère qui continuait à vociférer des insultes à Eric Lovegood qui se tenait, mortifié un peu plus bas. Sirius se précipita pour aider le notaire à refermer les rideaux et y parvint après quelques minutes.
- « Qu'est-ce que c'est que cette horreur ? » demanda le jeune homme avec colère.
- « La raison pour laquelle je vous avait demandé d'être discret. Elle se réveille au moindre bruit ! L'arrivée de Mr Lovegood à été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. »
- « Je suis désolé » murmura Eric
- « Vous n'y êtes pour rien ! Vous comprenez pourquoi je ne voulais pas de cette maison ? » demanda Sirius en descendant les dernières marches pour l'aider à se relever.
- « C'est un accueil assez spécial ! » lui répondit l'homme.
- « J'espère que ça ne vous à pas dégoûté de prendre cette maison ! » lança Sirius.
- « Certainement pas ! Les elfes qui veulent vivre libres ont besoin d'un endroit où se retrouver et je ne vais pas refuser ce si grand cadeau que vous me faites ! » lança Lovegood en souriant.
Sirius lui rendit son sourire. Il était soulagé de sa réaction. Lui céder sa maison n'était plus qu'une formalité, et la présence du notaire accélèrerait la procédure. Lorsqu'il le quitterait, il n'aurait plus aucun lien avec cet endroit sordide. Des bruits de pas dans les escaliers le firent se retourner et il vit Océane et les filles en descendre. Toutes avaient l'air tendues et Sirius eut encore plus envie de les éloigner de tout cela. Vraiment, il n'avait aucun regret quand à son choix.
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C'était immense. Elle avait énormément entendu parler de Poudlard, mais se retrouver face au château pour de vrai était vraiment quelque chose de magnifique. Cela surpassait de loin tout ce que ses parents et Harry avaient pu lui dire. Émerveillée, Syrielle ne parvenait pas à détacher ses yeux de ce spectacle.
- « Je suis trop contente ! » souffla une voix excitée à côté d'elle.
En souriant, elle se tourna vers son amie. Lalyh avaient les yeux pétillants et sautillaient presque sur place.
- « Tu te rends compte qu'on va bientôt être réparties ! » poursuivit la fillette se venant se placer près d'elle.
- « Oui » répondit Syrielle en souriant.
- « Tu crois que c'est vrai ce que Harry nous à dit ? Qu'on va devoir réciter par cœur le premier chapitre du livre sur la métamorphose ? Parce que je l'ai même pas lu ! »
- « Non, je pense qu'il plaisantait. Maman et lui souriaient quand il nous l'a dit… » répondit Syrielle.
- « C'est bien ce que je me disais ! » souffla Lalyh. « Mais où il est ? Je ne le vois pas ! »
- « Il a dû entrer à l'intérieur et s'installer pendant qu'on traversait le lac en barque » répondit la petite fille.
- « Ouais ! Ça c'était cool aussi ! » s'exclama Lalyh en frappant deux fois dans ses mains.
Syrielle se mit à sourire. Elle aimait la faculté de son amie à laisser libre cours à sa joie. Elle était au moins aussi excitée qu'elle, mais Syrielle conservait au creux du ventre une sorte d'angoisse et de crainte qui l'empêchait un peu de profiter de la joie qu'elle éprouvait à l'idée d'être là. Voyant que tous les autres étudiants de leur année se massaient dans le Hall d'entrée, Syrielle prit la main de sa cousine dans la sienne et l'entraîna vers le groupe. Une fois entré à l'intérieur du château, les deux fillettes se frayèrent un chemin parmi la masse compacte et bruyante des autres enfants de leur âge pour se retrouver au premier rang. Tout autour d'elle, des dizaines d'enfants attendaient comme elle avec impatience que la cérémonie commence. Syrielle se demandait d'ailleurs si l'attente allait encore être longue. A côté d'elle, Lalyh commençait à s'impatienter.
A cet instant, une sorcière d'une quarantaine d'année apparut en haut de l'escalier. Elle portait une grande robe violette parsemé d'étoiles et de lunes argentés. Elle avait l'air sévère mais juste. En tout cas, elle inspirait le respect car immédiatement le silence tomba sur la petite assemblée. La sorcière descendit les marches d'un pas assuré. Une fois arrivée à leur hauteur, elle les embrassa tous du regard avant de prendre la parole.
- « Je suis Meredith Dearborn, je suis professeur de Défense Contre les Forces du Mal et directrice adjointe de Poudlard pour la toute première fois. C'est donc une rentrée pour nous tous ! » annonça-t-elle.
Syrielle sentit son regard se poser sur elle et lui adressa un petit sourire. La sorcière lui adressa un léger signe de tête et reprit son discours.
- « D'ici quelques instants, vous allez tous et toutes être répartis. Vous serez appelé par ordre alphabétique. Je vous demanderais d'être calme et patient pour que cette cérémonie se passe au mieux. »
- « Je vais passer avant toi .. » chuchota Lalyh à l'oreille de Syrielle qui se mit à sourire.
La petite fille se tourna vers elle et lui répondit à voix basse.
- « Tu me montreras ce qu'il faut faire ! »
Lalyh se mit à rire doucement.
- « Par ici je vous prie ! » reprit le professeur Dearborn en traversant la foule pour se diriger vers de lourdes portes en bois qui s'ouvrirent seules au moment où la sorcière s'en approcha.
Syrielle aperçut alors une salle immense et magnifique. Quatre longues tables étaient installées et au dessus de chacune d'elles se dressaient fièrement les étendards des quatre maisons. Des centaines d'étudiants avaient la tête tourné vers eux. Syrielle sentit la main de Lalyh se glisser dans la sienne et la serra doucement. Mais la petite fille n'arrivait pas à détacher son regard du spectacle qui s'offrait devant elle. Le plafond surtout la ravissait. Elle se souvenait que Harry avait lui aussi vanté sa beauté dans la première lettre qu'il avait envoyé de Poudlard. Mais ce qu'il lui avait raconté et ce qu'elle avait pu lire par bribes dans l'Histoire de Poudlard n'était rien comparé à la majesté de ce plafond magique. Qui plus est, cette soirée là, le ciel était particulièrement étoilé et le plafond scintillait de milliers de points lumineux.
- « C'est beau… » souffla-t-elle, émerveillée.
- « Oui ! C'est magnifique ! » confirma Lalyh qui marchait le nez en l'air, manquant de peu de rentrer dans le petit garçon qui la précédait.
Syrielle baissa alors les yeux pour scruter la salle. Elle ne mit pas longtemps à trouver son frère parmi les étudiants rouges et or. Il était assis à côté de Ron et d'une jeune fille qui devait être Hermione Granger. Syrielle avait beaucoup entendue parler d'elle, elle était la meilleure amie de son frère et la petite fille se faisait une joie de faire sa connaissance. Elle passa non loin d'eux et répondit d'un signe de tête et d'un sourire au salut de son frère. Elle s'arrêta alors en même temps que tous les autres. La petite fille sentit une bouffée d'angoisse la gagner et sentit également la main de Lalyh serrer un peu plus la sienne. Devant elles se dressaient une estrade et sur cette dernière un petit tabouret était installé. Le professeur Dearborn vint se placer près de lui. Elle tenait dans sa main un vieux morceau de tissu rapiécé et d'allure miteuse.
- « C'est quoi ce machin ? » demanda Lalyh
Syrielle haussa les épaules.
- « Un peu de silence, je vous prie. Le Choixpeau Magique va nous dire quelques mots ! » lança alors le professeur Dearborn.
- « Le Choixpeau ? » s'étonna Syrielle.
Elle avait beaucoup de mal à
considérer ce vieux bout de tissus comme étant un
chapeau. Elle fut très surprise de le voir se redresser et une
large fente se former dans l'étoffe, un peu comme une
bouche. Une espèce de toussotement rauque sortit alors du
Choixpeau, qui s'éclaircit la voix avant de se mettre à
chanter.
Voilà
maintenant plus de mille ans
Vivaient dans cet endroit un peu
inquiétant
Deux sorciers on ne peut plus brillants
Et
deux magiciennes de grands talents.
Un jour leur vint l'idée
de génie
De former les jeunes esprits
Et c'est ainsi
que fut construit
Le château magnifique que voici.
Ils
convièrent à se joindre à eux
Tous les jeunes
gens désireux
De cultiver ce don merveilleux
Qu'est la
magie qui sommeille en eux.
Mais tous n'était pas
d'accord
Parmi les Fondateurs et dès lors
Entre
Serpentard et Gryffondor
Se fut les premiers désaccords.
Pour
ne pas troubler l'harmonie
Qu'ils avaient tous construit
Il
fut alors judicieusement choisit
De répartir les élèves
comme voici
Si pour vous il n'est meilleure passion
Que
de dévorer des livres sans raison
De toujours vouloir
savoir le pourquoi
La maison de Serdaigle vous ouvre les bras
Si
le travail et la loyauté
Sont vos vertus préférées
Il
n'y a pas à hésiter
C'est à Pouffsouffle
qu'il faut aller.
Si de tout temps et à tout âge
Vous
avez toujours fait preuve de courage
Ne vous posez pas de
questions
C'est Gryffondor qui sera votre maison
Malin et
rusé comme un renard
Vous ne laissez rien au hasard
Si
vous savez toujours ce qui se trame
C'est que vous êtes un
Serpentard dans l'âme.
Et mon rôle dans tout
cela me direz-vous ?
Je ne suis pas un chapeau fou
Car il
n'existe pas de plus grand rôle
Que le mien dans cette
école !
Sur vos têtes vous me poser
Et je me
plais à analyser
Vos rêves et vos pensées
Et
je décide où vous placer.
C'est ainsi que
depuis longtemps
Ce perpétue immanquablement
La
Cérémonie de Répartition
Qui vous attribue
vos Maisons.
Une
fois que le Choixpeau se fut tut, il y eut un court instant de
silence avant qu'un tonnerre d'applaudissements se fasse
entendre. Syrielle souriait et applaudissait avec enthousiasme, elle
avait trouvé cela très surprenant.
- « Il suffit de le mettre sur sa tête ?! Tu parles d'une épreuve effrayante ! » lança Lalyh d'un air amusé « On risque quoi à part être obligée de se laver les cheveux après ? »
Syrielle pouffa. Son regard se posa alors sur leur professeur de Défense Contre les Forces du Mal qui venait de faire apparaître un long parchemin qu'elle lut à voix haute.
- « A l'appel de votre nom, vous vous présenterez sur l'estrade et vous laisserez le Choixpeau faire son choix. Ackerley, Stewart ! »
Un petit garçon blond, un peu pâle passa près de Syrielle avant de monter sur l'estrade et s'installa sur le tabouret. Le professeur Dearborn posa alors le Choixpeau sur sa tête. Syrielle vit le morceau de tissu s'agiter un peu et elle avait l'impression qu'il marmonnait quelque chose. Après quelques secondes, le Choixpeau s'écria.
- « SERDAIGLE ! »
Depuis la table de la maison concernée, des applaudissements éclatèrent tandis que le garçonnet se dirigeait vers ses nouveaux camarades.
- « Akan, Elisabeth ! »
- « J'ai hâte de savoir dans quelle maison je vais aller ! » chuchota Lalyh à l'oreille de son amie tandis qu'une petite fille un peu boulotte était envoyer à Pouffsouffle.
Syrielle la regarda en souriant. Pour elle, il n'y avait aucun doute que son amie allait être répartie à Gryffondor. Elle en avait tout à fait le caractère. Mais elle ne voulait pas le lui dire pour ne pas lui faire de fausse joie. Lalyh lui avait souvent répétée qu'elle souhaitait vraiment appartenir à la même maison que celle dans laquelle son père avait fait toute sa scolarité.
- « Black, Lalyh ! »
Syrielle sentit la main de son amie se serrer une dernière fois très fort. Lalyh avait perdu un peu de ses couleurs mais Syrielle lui offrit un sourire confiant. Elle lâcha la main de son amie et la poussa doucement à quitter la petite foule d'étudiants. Lalyh s'approcha doucement de l'estrade et y grimpa. Syrielle ne la quittait pas des yeux et se mit à sourire en voyant son amie grimacer à l'instant où le Choixpeau se posa sur sa tête. Pourtant, la petite fille n'eut vraiment pas longtemps à attendre car presque aussitôt, le vieux chapeau s'exclama fortement.
- « GRYFFONDOR ! »
Syrielle poussa un petit cri de joie qui fut totalement masqué par le tonnerre d'applaudissement venu de la table des rouge et or. Lalyh se leva d'un bond, le Choixpeau toujours sur la tête et le professeur Dearborn eut juste le temps de le récupérer avant qu'elle ne s'élance en courant vers la table de sa maison. Elle se jeta dans les bras de Harry qui s'était levé. Syrielle les regarda tous les deux en souriant. Ils étaient très proche, Harry était le frère que Lalyh n'avait pas. Ils s'entendaient très bien, et Syrielle savait que son amie avait trouvé très longues ses deux années où Harry n'avait été là que durant les vacances. Il lui avait beaucoup manqué à elle aussi et Syrielle était contente de savoir que maintenant elle pourrait le voir plus souvent, même si cela signifiait qu'elle devrait moins voir Jack et Will… Et leurs parents aussi. Son ventre se serra encore un peu plus quand elle aperçut son amie lui lancer un regard radieux et lui montra son pouce levé droit vers le ciel. Elle était heureuse, il n'y avait aucun doute. Elle lui répondit d'un hochement de tête et essaya de lui sourire, mais elle était trop crispée. Et la raison de son état était sa propre répartition.
Depuis qu'elle avait reçut le hibou lui annonçant qu'elle était inscrite à Poudlard et qu'elle y était attendue en ce 1er septembre 1993, quelque chose lui torturait l'esprit : où allait-elle se retrouver ? Elle en avait parlé avec ses parents. Ils lui avaient dit qu'ils se moquaient de la Maison dans laquelle elle irait. Tout ce qui importait pour eux étaient qu'elle se sente bien et qu'elle passe sept très bonnes années dans ce château qu'ils aimaient temps. Mais Syrielle n'avait pas été convaincue. Elle savait que son père souhaitait qu'elle aille à Gryffondor.
Il avait été tellement fier quand le premier hibou de Harry leur était parvenu de Poudlard, celui dans lequel il leur annonçait qu'il avait rejoint la Maison dans laquelle ils avaient fait leurs études. Il en avait parlé pendant des jours et des jours en disant que depuis des générations, tous les Potter faisaient de très bons Gryffondors. C'est pour ça que Syrielle avait peur. Elle aimait énormément son papa et elle savait qu'il l'aimait très fort lui aussi. Elle était sa seule fille, et James la considérait presque comme un trésor. Il ne cessait de lui dire qu'elle lui faisait penser à Lily et que c'était une des plus grandes joies de sa vie. Syrielle craignait alors de le décevoir. Elle ne voulait pas lui faire de la peine, mais le problème était qu'elle n'était pas sûre d'être assez courageuse pour rejoindre son frère et sa cousine sur les bancs de la Maison Gryffondor. Et l'idée de pouvoir faire de la peine à son papa la rendait malheureuse, plus encore que le fait de ne pas le voir avant les prochaines vacances. Elle se mit à soupirer.
Elle regarda alors tout autour d'elle et réalisa qu'il y avait bien moins d'étudiants autour d'elle. Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas réalisé à quel point la répartition avait bien avancé.
- « Nutcombe Georgia ! »
Syrielle prit une grande inspiration. Elle se mit à penser très fort que ressasser ses idées déplaisantes ne lui servirait à rien.
- « SERPENTARD ! »
C'était le Choixpeau qui allait choisir, elle n'avait pas son mot à dire là dedans…
- « O'Hare, Sullivan ! »
Il ne ferait qu'analyser son caractère…
- « SERDAIGLE ! »
Ce qui faisait qu'elle était elle et pas une autre …
- « Paker, Fiona ! »
- « SERPENTARD »
Celle que ses parents aimaient et rien ne pourrait changer ça
- « Potter, Syrielle ! »
La petite fille sentit son cœur manquer un battement, mais se reprit vite. Elle souffla doucement pour se détendre et avança vers l'estrade sur laquelle elle monta avant de s'installer sur le tabouret. Elle vit alors le professeur Dearborn poser sur sa tête le fameux Choixpeau. C'est alors qu'elle entendit une voix à son oreille.
- « Ça alors ! Un nouveau membre de la famille Potter ! »
Syrielle sursauta. Elle ne s'était pas attendu à ce qu'il lui parle.
- « Je me souviens de ton frère, le choix n'a pas été facile… Je vois un peu mieux dans ton esprit, mais tu es toi aussi très complexe ! »
La petite fille haussa un sourcil.
- « Je vois une grande volonté de bien faire et surtout de ne pas décevoir les gens qui t'aiment ! Tu te sens un peu écrasé par le caractère de tes frères, mais tu sais te faire respecter… Il y a toutes sortes de courages tu sais, on ne te demande par d'affronter milles dangers pour faire tes preuves petite fille… Tu portes en toi les qualités et les défauts de ta famille et c'est pour cela que je ne vois aucune autre Maison qui te conviendrait mieux que… »
Syrielle retint son souffle.
- « GRYFFONDOR ! »
La petite fille plaqua ses deux mains sur
sa bouche tandis qu'on lui ôtait le chapeau. Elle avait un
peu de mal à y croire mais elle était très
heureuse. Elle ne sentait plus aucun poids dans son ventre et se
trouvait d'un seul coup toute légère tandis qu'elle
rejoignait la table des Gryffondors. Elle vit Lalyh se lever et la
prendre dans ses bras.
Elle la souleva même avant de
s'écrier.
- « Je le savais ! Je le savais que tu serais ici ! »
Syrielle se mit à sourire et se laissa embrasser par son grand frère et par une horde de rouquins qui venaient lui montrer qu'ils étaient ravis de la voir là.
- « C'est Papa et Maman qui vont être contents ! » lança Harry tandis que le professeur Dearborn réclamait le silence.
- « Je vais leur écrire un hibou dès ce soir ! » lui répondit Syrielle en s'installant en face de lui.
- « Alors c'est toi Syrielle… » souffla une voix à côté d'elle.
La petite fille se tourna et se trouva alors nez à nez avec une jeune fille aux yeux marrons et aux cheveux en bataille qui lui souriait gentiment.
- « Harry nous parle beaucoup de toi ! Je m'appelle Hermione Granger ! »
- « Je sais ! Il me parle beaucoup de toi aussi ! Il dit que sans toi il aurait de bien moins bonnes notes ! »
Hermione ne mit à rire doucement et hocha la tête.
- « Si tu veux mon avis, ton frère à vraiment besoin qu'on lui rappelle qu'il doit travailler de temps en temps ! Et c'est aussi valable pour Ron ! »
- « Hermione ! On n'a même pas encore commencé les cours que tu penses déjà à travailler ! Mais tu es totalement timbrée ! »
Hermione lança un regard noir au rouquin qui se trouvait devant elle avant de se retourner vers Syrielle qui souriait. Harry lui avait déjà parlé des disputes incessantes de ses deux meilleurs amis.
- « Il y a des jours, où ce n'est vraiment pas facile d'être amie avec eux ! » chuchota-t-elle en souriant.
- « Vous êtes amis depuis la première année, c'est que tu y arrives plutôt bien ! » lui lança Lalyh qui se tenait non loin.
- « Ça n'a pas été aussi simple que ça ! On n'a pas été amis tout de suite ! Au début ils me détestaient ! » répondit Hermione.
- « Tu exagères ! On ne te détestait pas ! » lança Harry en se servant une cuisse de poulet.
- « Peut être, mais vous ne m'appréciez pas non plus ! » lui rétorqua la jeune fille.
- « Tu ne nous aidais pas non plus ! » lui lança Ron juste avant de se prendre un léger cou de coude dans les côtes de la part de Harry.
- « Je pensais que vous vous étiez tout de suite entendu » murmura alors Syrielle « Harry ne m'a pas dit comment vous étiez devenu amis alors je pensais que ça c'était fait tout seul… »
- « S'il ne t'a rien dit, c'est parce qu'il n'est pas très fier de la manière dont on est devenu ami ! » répondit Hermione en fixant Harry avec intensité.
- « Tu ne vas tout de même pas lui raconter cette histoire ?! » lança le jeune homme.
- « Je raconte ce que je veux à ta sœur ! » lui rétorqua la jeune fille d'un air amusé « Ça t'intéresserait de savoir ? »
- « Bien sûr ! » répondit Syrielle en souriant.
Elle adorait qu'on lui raconte des histoires. Elle sentit Lalyh se rapprocher d'elle pour mieux entendre.
- « Et bien, c'était le jour d'Halloween pendant notre première année. Ron avait fait une remarque très méchante sur moi que j'avais très mal prise… »
- « Je me suis excusé pour ça ! » grogna Ron
- « Et donc… » reprit Hermione comme il elle n'avait rien entendu « Je suis allée me cacher dans les toilettes pour pleurer. Mais impossible d'être tranquille ! Peeves m'avait trouvé et m'embêtait encore plus. Alors, pendant que tout le monde était dans la Grande Salle pour profiter du festin, je suis sortie du château. Je voulais être tranquille pour pouvoir pleurer en paix. Mais je me suis trop approchée de la Forêt Interdite et là, je me suis retrouvée face à un gigantesque troll ! »
Syrielle et Lalyh poussèrent en même un temps un cri d'horreur.
- « Un troll ? » demanda Lalyh
- « Énorme et puant ! J'étais terrorisée ! Mais Harry et Ron qui voulaient s'excuser d'avoir été méchants m'avaient suivis et ils sont venus à mon secours ! Harry s'est jeté sur lui et à planter sa baguette dans sa narine tandis que Ron l'a assommé avec son gourdin ! On n'a jamais su ce que cet ogre faisait là… On pense qu'il venait discuter avec Graup… »
- « Qui est Graup ? » demanda Syrielle.
- « Le frère du professeur Hagrid ! Il l'aide pour s'occuper des créatures de la forêt… Quoiqu'il en soit, ils m'ont sauvés la vie cette nuit là et on est devenu amis ! »
- « Ben dit donc… » souffla Lalyh, visiblement très impressionnée.
- « Tu n'as jamais raconté ça à la maison ! » lança Syrielle à son frère.
- « Tu n'es pas un peu folle ? Imagine la crise à la maison si Maman avait su que je m'étais battu avec un troll ! » lui répondit Harry.
- « Papa et James auraient trouvé ça génial ! » lança Lalyh.
- « Et tu en as eu d'autres des aventures comme ça ? » demanda Syrielle.
- « Quelques unes ! » répondit Hermione en souriant « Ton frère à le chic pour se retrouver dans des situations pas possible, par exemple, la fois où il a découvert ce passage secret qui… »
Syrielle passa donc sa première soirée à Poudlard, à écouter Hermione lui raconter quelques unes des bêtises de son frère. La jeune fille se sentait bien et pressentait déjà qu'elle allait beaucoup de se plaire dans cet endroit.
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Lorsque
Lalyh entra dans la Grande Salle, tout le monde était déjà
installé et dînait avec un appétit qui leur avait
fait défaut lors de ces derniers jours. Les BUSEs et les
ASPICs avaient coupés l'appétit de tous les
cinquièmes et septièmes années. Elle-même
se sentait soulagé d'avoir mis le point final à sa
dernière épreuve des BUSEs… Elle avait vraiment
beaucoup travaillé ces dernières semaines pour
s'assurer de bonnes notes et elle allait enfin pouvoir souffler un
peu et profiter encore de Poudlard pendant quelques jours avant de
rentrer chez elle.
La jeune fille regarda tout autour d'elle
pendant un petit moment avant d'apercevoir à la table des
Gryffondor la personne qu'elle voulait voir. Elle se précipita
vers elle et enlaça Syrielle par derrière. Son amie
sursauta et tourna la tête vers elle.
- « Lalyh ! Tu m'as fais peur ! » s'exclama-t-elle
- « Pardon !! Je voulais te dire merci ! » répondit Lalyh en s'installant à côté d'elle, dérangeant au passage un deuxième année qui n'osa pas protester devant elle.
- « De t'avoir forcer à réviser le dernier chapitre du cours d'Histoire de la Magie ? » demanda Syrielle en souriant.
- « Oui ! C'est tomber pile dessus alors que je ne voulais pas le réviser ! Tu m'a sauvé la vie ! » lança Lalyh en se servant une importante part de purée.
- « N'exagère pas » souffla son amie d'un air amusé.
- « Si ! Je te jure ! Comment tu as su que ça allait tomber là-dessus ? »
- « J'ai juste écouté ce qu'à dit le professeur Binns ! Il a dit que c'était un chapitre très important et qu'il fallait bien le réviser… »
- « Tu as réussit à écouter Binns ?! » plaisanta la jeune fille.
- « Ça devait être un jour où j'étais insomniaque ! » lui rétorqua Syrielle d'un air amusé.
- « En tout cas, c'était bien inspiré ! »
- « Merci ! »
- « Sinon, tu t'en es sortie aujourd'hui ? » demanda Lalyh.
- « Pas trop mal je pense. Moins bien que l'épreuve de métamorphose, mais beaucoup mieux que celle d'arithmancie ! Et toi ? »
- « Je crois que ça a été, je pense que j'ai limité la casse, c'est déjà ça ! Quelle barbe qu'on soit obligé de continuer l'Histoire de la Magie en sixième année ! »
Syrielle hocha la tête.
- « Tu vas faire quoi ce soir ? » demanda Lalyh après un moment. « Il parait qu'il y a une fête qui va s'organiser dans la salle commune »
- « Je pense que je vais aller y faire un tour, mais pas longtemps, je suis super fatiguée »
- « C'est vrai que tu as une petite mine »
- « Vivement les vacances ! »
- « A qui le dis-tu ! »
A cet instant, Lalyh sentit une main se poser sur son épaule et une autre se poser sur l'épaule de Syrielle. La jeune femme tourna sa tête dans la direction du nouveau venu et rencontra le regard vert émeraude de Harry.
- « Salut les filles ! » lança-t-il en se penchant vers elle « Alors ça c'est passé comment votre dernier examen ? »
- « Tranquille ! » lui répondit Lalyh en souriant.
- « Et toi Syrielle ? » demanda le jeune homme en se tournant vers sa petite sœur.
- « Je pense que ça a été, et toi ? »
- « Je suis très confiant ! C'était un examen de Défense Contre les Forces du Mal, alors tu penses que je ne me fais pas trop de soucis ! »
- « Tu les as encore bluffé ? » demanda Lalyh.
- « Le mot est faible ! » plaisanta le jeune homme en souriant.
- « Et bien comme ça, ça compensera la note désastreuse que tu vas avoir en potion ! » plaisanta Syrielle.
- « Oh ! » s'exclama Harry en se tournant vers elle « Petite peste, va ! » lança-t-il en souriant.
La jeune fille lui tira la langue et tous les deux se regardèrent un moment leurs yeux brillants tous les deux de la même lueur malicieuse. Il arrivait à Lalyh d'envier son amie d'avoir trois frères. Elle aurait adoré avoir un frère pour pouvoir avoir cette même relation qui reliait Syrielle à Harry, Jack et William. Ils étaient protecteurs et tendres avec elle et même si souvent ils étaient aussi horripilants et insupportables, Syrielle pouvait toujours compter sur eux. Lalyh elle, n'avait que des sœurs. Elles les adoraient toutes les deux et était très fière d'elles, même de cette petite chipie d'Amy qui pouvait se montrer mignonne quand elle le voulait. Mais c'est vrai que souvent, elle se surprenait à penser qu'avoir un frère aurait pu être agréable aussi. Fort heureusement, elle avait Harry qui jouait ce rôle pour elle et elle lui en était très reconnaissante. Il était son confident et tous les deux s'entendaient très bien. Elle savait qu'elle pouvait tout lui dire et qu'il pouvait tout entendre. Bien évidemment, cette relation entre eux deux faisaient jaser et c'était très souvent que Harry et elle étaient l'objet de rumeurs aussi folles que fausses. Elle avait appris à ne pas s'en préoccuper, Harry aussi et leurs amis savaient parfaitement qu'il n'y avait entre eux qu'un très grand amour fraternel.
- « Lalyh ? Tu as trop respiré des vapeurs de chaudrons ou quoi ? »
Lalyh sursauta et fixa son ami d'un air surpris.
- « Quoi ? »
- « Ça fait dix minutes que je te parle ! » lui répondit Harry d'un air amusé.
- « J'avais la tête ailleurs… »
- « Ça j'avais vu ! »
- « Tu voulais quoi ? »
- « Il faut que je te parle… En privé… » lui annonça alors le jeune homme.
- « On se retrouve après le dîner ? » proposa la jeune fille.
- « Non, maintenant ! Allez viens ! »
Il la prit alors par le bras et l'incita à se lever.
- « Hé ! Mais j'ai pas fini de manger ! » protesta Lalyh.
- « On ira faire un tour en cuisine plus tard si tu as encore faim » déclara-t-il.
La jeune fille allait lui dire qu'elle voulait manger maintenant quand elle sentit sur eux le regard de beaucoup d'autres élèves qui les fixaient avec intérêt.
- « C'est bon, j'arrive ! » lança-t-elle en se levant « Mais j'espère pour toi que ça vaux le coup ! »
- « T'en fait pas, tu seras pas déçue » lui assura le jeune homme en lui lâchant le bras.
- « On se voit tout à l'heure Syrielle ? » demanda Lalyh.
Son amie hocha la tête et la jeune fille se tourna vers Harry qui lui lançait un regard qui signifiait clairement « tu vas te dépêcher oui ? ». Elle lui adressa un grand sourire ironique et lui emboîta le pas. Beaucoup de personnes les regardait avec intérêt. Il faut dire qu'ils étaient tous les deux debout et traversaient la Grande Salle tandis que tous les autres mangeaient tranquillement. Le regard d'un groupe de bécasses de septième année en particulier agaça la jeune fille. Pas besoin d'être devin pour comprendre que ces pimbêches la fixaient avec envie et jalousie. Lalyh savait qu'elles auraient bien aimé s'entendre avec Harry aussi bien qu'elle. Lalyh eut envie de les faire rager.
Malicieusement, elle augmenta un peu le pas pour se mettre à sa hauteur et glissa sa main sur le postérieur de son ami qu'elle tapota d'une manière à ce que tout le monde la voit. Harry sursauta et lui lança un regard noir. La jeune fille se mit à sourire et se glissa contre lui, s'accrochant à son bras. Elle lui adressa un clin d'œil tandis qu'il se contentait de lever les yeux au ciel en soupirant. Lalyh se mit à rire doucement en posant sa tête contre le bras de son ami tout en regardant tout autour d'elle dans la salle. Sa petite comédie avait eu l'effet escompté. La bande de groupies étaient rouge de rage et fulminait. Elle vit aussi le visage hilare de Ron qui était habitué à ses bêtises, celui outré de Hermione qui n'avait jamais apprécié et le regard de tueuse de Ginny qui semblait folle de rage. Lalyh eut un peu de peine pour elle.
Elle savait que la benjamine des Weasley était amoureuse de son ami, et ça ne datait pas d'hier. Mais ce grand dadais de Harry ne voyait rien ou plutôt, pensait qu'il n'avait aucune chance donc ne voulait pas se mouiller. Lalyh se promit alors d'aller voir la jolie rouquine pour lui expliquer –encore une fois- qu'elle ne faisait que taquiner Harry et qu'elle ne devait pas la voir comme une rivale potentielle. Il faudrait aussi qu'elle pense à expliquer à Harry qu'il devait arrêter de faire l'autruche…
Perdue dans ses pensées, elle ne se rendit pas compte qu'ils avaient quitté la Grande Salle une fois dans le Hall, elle sentit le jeune homme lui pincer le bras.
- « Aie ! » s'exclama-t-elle en frottant la partie douloureuse « Tu es malade ! »
- « Je suppose que ça t'amuse de faire ce genre de chose ? » demanda Harry en faisant les gros yeux.
Mais il ne lui faisait pas peur, elle avait fait bien pire par le passé et il ne lui en avait pas voulu. Elle lui fit donc son plus beau sourire.
- « Oui, ça m'amuse… »
Le jeune homme soupira.
- « Tu as de la chance qu'on ait pas beaucoup de temps » lui lança-t-il
- « Tu vas me dire ce que tu me veux à la fin ? » demanda alors Lalyh.
- « Pas ici ! Allons dans la Salle Commune »
Lalyh se demandait bien pourquoi il faisait tant de mystères, mais elle ne lui posa plus de question et le suivit dans les couloirs jusqu'au portrait de la Grosse Dame qu'ils atteignirent rapidement. Ils donnèrent le mot de passe et entrèrent dans la pièce déserte. Lalyh s'arrêta au centre de la pièce tandis que Harry vérifiait que tout était désert.
- « C'est un attentat que tu prépares ? » se moqua gentiment la jeune fille tandis qu'il se tordait le coup pour voir si personne ne se trouvait dans les escaliers.
- « Pire ! » lui répondit Harry en lui jetant un regard malicieux.
Lalyh sentit alors qu'il se tramait quelque chose qu'elle allait beaucoup aimé. Il avait le regard qu'il avait toujours quand il avait une idée derrière la tête. D'un petit coup de tête, il lui fit signe de se rendre dans le canapé près de la cheminée. Tandis qu'il faisait le tour pour s'installer, Lalyh en enjamba le dossier. Assise en tailleur en face de lui, elle plongea son regard dans le sien et attendit qu'il prenne la parole.
Mais après l'empressement dont il avait fait preuve pour la tirer de devant son dîner, il semblait maintenant prendre plaisir à la faire languir.
- « Harry ! » grogna-t-elle impatience
Il ricana doucement avant de se redresser.
- « Tu sais pourquoi je t'ai fait venir ici ? » demanda-t-il.
Lalyh fit non de la tête.
- « Tu ne devines pas pourquoi ? »
La jeune fille fronça les sourcils, mais elle avait beau se creuser la tête, elle ne comprenait pas tout ce mystère qu'il entretenait en ce moment.
- « Non… »
- « Je croyais pourtant que tu aurais compris. Je pensais même que tu viendrais m'en parler… » lança le jeune homme.
- « Mais bon sang, Harry ! Tu vas me dire de quoi il s'agit ? » s'impatienta la jeune fille.
Harry se mit à rire doucement.
- « Si je voulais te voir, c'est pour te donner ça… » murmura-t-il alors en fouillant dans la poche de son pantalon.
Il chercha un petit moment avant de sortir un morceau de parchemin plié. Lalyh le fixa quelques secondes avant de comprendre.
- « Oh ! » s'exclama-t-elle.
- « Ah quand même ! Tu viens de comprendre ! » lui lança Harry d'un air amusé en dépliant un peu le parchemin.
Ce parchemin n'en était pas un ordinaire. Lalyh le connaissait très bien pour avoir vu Harry s'en servir de très nombreuses fois et en avoir entendu parler plus encore. Il s'agissait de la Carte du Maraudeur. Cette carte avait été inventée par son père, James, Remus et un certain Peter dont il valait mieux ne pas parler. Durant leurs années à Poudlard, ils avaient tous les quatre écumé les moindres recoins du château pour dresser cette carte. Lalyh savait que c'était les jumeaux Weasley qui l'avaient trouvé dans le bureau du concierge. Lorsqu'ils avaient appris qui en étaient les auteurs, ils l'avaient offert à Harry qui avait vite comprit à quel point cet objet était pratique et fabuleux. Lalyh n'avait pas été en reste et la lui avait souvent emprunté. Maintenant que Harry la tenait devant lui, elle réalisa qu'elle n'avait jamais songé à ce qui adviendrait de cette carte une fois que le jeune homme aurait terminé ses études.
Lalyh redressa la tête, plongea son regard dans le sien, et le regarda un moment, incertaine de comprendre là où il voulait en venir.
- « Je te la lègue » précisa Harry en comprenant son appréhension.
- « Mais… Mais… »
Lalyh ne comprenait pas bien pourquoi il faisait ça.
- « Pourquoi ? » lui demanda-t-elle alors.
- « Elle ne me sera pas très utile à l'extérieur du château ! » lui répondit-il, moqueur.
- « Je sais ça ! Mais pourquoi tu me la donne à moi ? Pourquoi pas à Syrielle ou à Jack ? »
Harry se mit à sourire.
- « Et bien parce que tu as tout autant le droit que moi d'avoir cette carte, parce que ce n'est pas la Carte de Cornedrue mais bien celle des Maraudeurs ! » lui répondit-il.
Lalyh se mit à sourire tandis que le jeune homme poursuivait.
- « Ensuite, j'y ai pas mal réfléchit et je me suis dit qu'on pourrait arriver à un bon compromis. La Carte reviendra au plus âgé des enfants de Maraudeur présent à Poudlard qui s'occupera après de la prêter aux uns et aux autres quand c'est nécessaire. Et comme tu es plus vieille que Syrielle… »
- « Quelle délicatesse ! On n'a qu'un mois et demi d'écart ! »
- « Peut être, mais c'est toi la plus vieille ! » rétorqua Harry en souriant.
- « Tu en as parlé avec Syrielle ? » s'inquiéta tout de même la jeune fille.
- « Bien sûr ! Elle a dit qu'elle n'aurait pas voulu la garder tout le temps, elle préfère de toute façon que ce soit toi qui l'ait… »
Lalyh se mit alors à sourire deux fois plus en tendit la main pour prendre le morceau de parchemin.
- « Alors c'est bien vrai ? C'est moi qui vais la garder ? » demanda-t-elle d'une toute petite voix émue.
- « Oui » se contenta de répondre Harry en souriant. « Tu veux l'essayer ? »
Lalyh hocha frénétiquement la tête et tira sa baguette de sa poche.
- « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises ! » récita-t-elle en souriant.
Une carte apparut sur le parchemin ainsi que des centaines de petits points qui se mirent à se mouvoir sur la surface plane et lisse.
- « Génial ! » souffla Lalyh.
Elle avait beau avoir l'habitude de ce genre de chose, elle était très impressionnée à l'idée que pour les deux années qui allaient suivre, elle allait pouvoir profiter à fond de toutes les potentialités de l'objet.
- « Tiens… Ron et Hermione s'en vont tous les deux dans le parc … » souffla-t-elle au bout d'un moment.
- « Oh ! ça… Ils sortent ensemble depuis quelques jours » lui répondit Harry.
- « Enfin ! » souffla Lalyh en le fixant.
- « Tu n'avais pas remarqué que c'était plus calme maintenant ici ? » plaisanta le jeune homme.
- « J'avais mis ça sur le compte des examens… » répondit Lalyh « Méfaits accomplis ! »
Harry se mit à rire doucement tandis qu'elle repliait la carte.
- « Tu ferais bien de la ranger » proposa Harry.
Lalyh savait qu'il n'était pas utile que trop de monde connaisse l'existence de cette carte et c'était pour cela que Harry avait voulu lui faire son don dans un endroit discret. La jeune fille la rangea dans sa poche.
- « Tu es contente ? » demanda Harry.
- « Je suis plus que ça ! » s'exclama la jeune fille en se mettant à genoux.
Puis, instinctivement, elle se jeta dans ses bras pour poser un baiser sonore sur chacune de ses joues.
- « Merci ! » s'exclama-t-elle.
- « Mais de rien ! » répondit le jeune homme en souriant.
Lalyh le serra encore un peu et c'est alors que le portrait de la Salle Commune bascula et certains étudiants de Gryffondors firent leur entrée. En les voyant tous les deux enlacés sur le canapé, ils eurent droit à de nouveaux gloussements et chuchotements. Lalyh se redressa alors, un peu gênée tandis que Harry essuyait distraitement ses joues. La jeune fille entendit alors un grognement et tourna la tête juste à temps, pour voir Ginny, visiblement furieuse bousculer une deuxième année assez violemment avant de s'engouffrer dans les escaliers des dortoirs des filles.
Lalyh grimaça tandis que Harry fixait l'endroit où la jeune femme avait disparut d'un air ahuri.
- « Prépares toi à avoir une discussion avec elle… » souffla Syrielle à son oreille.
La jeune fille s'était approchée d'elle sans qu'elle s'en soit rendue compte.
- « J'en ai bien peur ! »
- « Elle fulmine depuis ce que tu as fait dans la Grande Salle ! »
- « Je voulais juste plaisanter… »
- « Moi je sais ! Mais tu sais comme moi qu'elle est très jalouse » murmura Syrielle.
- « Elle ferait bien de le coincer dans un coin sombre et l'embrasser ! Il y a plus de chance qu'il comprenne le message ! Si elle ne fait rien, il ne fera rien non plus ! Ton frère est aveugle ! »
- « Je sais… » soupira Syrielle en regardant son frère qui avait quitté le canapé pour aller se poster devant les escaliers du dortoir des filles, visiblement ennuyé de l'état d'énervement de la jolie rouquine.
Lalyh la regarda tandis qu'elle s'installait à la place de son frère.
- « Merci pour la carte ! » murmura Lalyh en souriant.
- « De rien ! Je sais que tu sauras en faire bon usage ! » lui répondit-elle en lui adressant un clin d'œil.
Lalyh posa alors doucement sa main sur la poche dans laquelle elle avait rangé son précieux bien, heureuse de sa chance.
