Notes

Premièrement, merci de lire cette histoire jusqu'ici. Merci encore à tous ceux qui l'ont reviewée : RoxanneForYou, Mariellys et Arielle. C'est très gentil de prendre le temps de donner votre avis, même si c'est pour dire quelquechose de très court, juste dire que vous avez bien aimé ça fait toujours plaisir :)

Pour répondre à Mariellys qui a demandé en guest (et pour tout ceux que cette info intéresse, au passage) si j'étais irlandaise ou à moitié irlandaise : Désolée, mais non, je viens d'un autre peuple celtique. Ta review était adorable, je suis contente que tu apprécies les mots en anglais, j'espère que la suite te plaira :)

Ensuite, j'ai désormais une beta *applaudissements de la foule en délire*. Elle a corrigé les chapitres précédents et celui ci. Merci aux Nerles donc, muchas gracias pour tes corrections et tes précieuses remarques (y compris les smileys !). Sérieusement, les Nerles ont fait un boulot incroyable, elles ont corrigé des fautes qui me seraient passées complètement au-dessus, fait la guerre aux répétitions et lourdeurs de style et relevé plein d'incohérences. Un boulot tellement incroyable, donc, que Les Nerles méritent tout à fait le pluriel de leur pseudo.

Comme prévu voici les mots en anglais (+ une phrase d'allemand, c'est du bonus). Rassurez vous, pas besoin de remonter le lexique à chaque fois, normalement le contexte suffit à comprendre.

Who Let the elves out : Qui a laissé les sortir les elfes ?
Weird Sisters : Bizarr'Sisters
Hufflepuff : Poufsouffle
Slytherin : Serpentard
Hogsmeade : Pré-au-Lard
Transfiguration : Métamorphoses
Gryffindor : Gryffondor
Hogwarts : Poudlard
Es tut mir so Leid : Je suis tellement désolé(e)
Merlin's Beard : Par la Barbe de Merlin
N.E.W.T.S. : A.S.P.I.C.S.
Zonko's Joke Shop : Zonko, Farces et attrapes
Weasleys' Whizard Wheezes : Weasley, Farces pour Sorciers Facétieux.
Nose biting teacups : Tasses à thé mordeuses
Knuts : Mornilles
Sugar Quill : Plumes en sucre
Three Broomsticks : Trois balais

Bonne lecture !


Chapitre 5 - Oh Green World

J'observe la carte en papier que je compte envoyer à Arianne pour son anniversaire. On a une compétition des meilleures cartes enchantées dans notre groupe d'amis, et il est de plus en plus en plus difficile de faire mieux que les années précédentes.

L'exercice est délicat car il faut que ce soit en même temps complexe et ridicule. Par exemple, Gwénaëlle avait envoyé à Melwyn il y a deux mois une lettre qui prenait la voix de Madame Maxime déblatérant des choses plutôt obscènes quant au fait que Melwyn avait enfin atteint l'âge légal. C'était assez dérangeant.

J'ai un peu plus de subtilité que Gwénaëlle et je voulais tenter cette fois ci un mélange dessin et musique. C'est assez simple de rendre une carte musicale, mais créer une image mouvante, c'est une autre affaire. Je tente pour cela de visualiser très clairement le professeur Flitwick se déhanchant au rythme de Who Let the elves out ? des Weird Sisters.

« Noon, Julius et Isobel ont rompu ? C'est fouuuu ! » s'écrie Catrin.

Je soupire. Pas moyen de travailler dans ces conditions. Enfin, de travailler… Je jette un coup d'oeil à ma carte incomplète où une moitié de Flitwick improvise quelques pas de danse. Pas moyen de se concentrer plutôt.

« Oui, mais ça devait arriver, répond une Hufflepuff de septième année, Rebecca Monkstanley. C'était une Slytherin, ils n'allaient mais tellement pas ensemble ! »

Elle se penche vers Catrin et moi et chuchote :

« Entre nous, je pense qu'il a toujours été attiré par Moira. »

Eh ben, heureusement que je suis assise. Catrin ouvre grand les yeux, apparemment choquée. La discussion continue pendant un certains temps sur la vie sentimentale de tous les membres du château, à l'exception peut-être de McGonagall. J'essaie de participer un peu à la conversation mais le coeur n'y est pas. Pour être tout à fait honnête, à Beauxbâtons je suivais comme tout le monde les derniers rebondissements des couples phares de l'Académie. Mais là, je ne connais pas les trois-quarts des noms mentionnés. Catrin parle ensuite d'un certain Owen Floyd, avec qui elle a rendez vous à Hogsmeade.

« Et toi, m'interroge Rebecca Monkstanley, tu vas à Hogsmeade avec quelqu'un ?

- Pardon ? J'y vais… avec vous non ? » Je fais un grand geste de la main désignant Eileen et Gemma.

Eileen, qui n'avait pas participé à la conversation jusque là, lève la tête de son livre de botanique.

« Ce que Rebecca veut dire, c'est que certains, mais pas tous, dit-elle en lançant un regard appuyé à Catrin et Rebecca, vont à Hogsmeade en amoureux.

- Je sais bien Eileen, je lui réponds en lui faisant un clin d'oeil. C'est pas le cas pour nous ? »

Mais Rebecca recentre bien vite la conversation.

« Allez, je suis sûre que quelqu'un va t'inviter Siobhán… »

J'hésite à lui répondre que je n'espère pas, merci, parce que ma dernière relation à Beauxbâtons était plus ennuyeuse qu'un livre sur la guerre gobeline des deux tulipes. En plus, ça me paraît stressant, une sortie de couple l'un des seuls jours où on a le droit de quitter le château. Si j'ai besoin d'acheter des petites culottes, par exemple ? Ce n'est pas le cas, mais c'est l'idée : impossible de faire ses courses tranquillement.

Bon, évidemment, si Arthur m'invite je veux bien mettre mes voeux de célibat de côté un moment et mes achats de sous vêtements à plus tard … Rebecca continue, me sortant de mes pensées qui virent à la guimauve.

« … toi et ton accent français trop mignon ! »

Sur ce, la Terre s'ouvre et m'engloutit. Une seconde après, je reprends conscience du monde qui m'entoure. Je m'en doutais, au fond, mais cela n'atténue en rien la violence du choc. La carte à moitié faite pour Melwyn, ma plume tâchée d'encre, le bruit du vent qui passe par la fenêtre ouverte, rien de cela n'a plus de sens. Je lève les yeux. Eileen regarde Catrin. Catrin regarde Rebecca. Rebecca regarde Gemma. Gemma me regarde, désolée. « J'ai vraiment un accent français ? » je l'interroge.

« C'est léger, hein… Mais on l'entend quand même un peu, me répond-elle.

- Oui, c'est marrant, c'est un mélange d'accent irlandais et français, continue Catrin d'un ton léger, indifférente à la gravité de la situation.

- Un accent dublinois, plutôt » précise Eileen.

Ma famille ne m'a jamais rien dit. Pourquoi m'ont-ils laissé vivre dans le mensonge ? Eileen se rapproche de moi et pose sa main sur mon épaule.

« Cela pourrait être pire. Tu pourrais avoir le même accent qu'elles » me dit-elle en désignant les trois anglaises qui se lancent dans un concert unanime de protestations.


Quelques minutes avant le cours de Transfiguration, Dominique Weasley se glisse sur le siège à côté du mien, m'attirant la jalousie d'une partie de la gent masculine du cours. Isaac Sternberg, le préfet de Gryffindor, me lance même un regard noir.

« On n'est plus partenaires de Transfiguration ? » demande-t-il à Dominique, l'air vexé.

Dominique hausse les épaules.

« Ben, non, tu vois bien que je suis avec Siobhán » répond-elle sur le ton de l'évidence.

Je me sens un peu de trop devant le drame qui se déroule sous mes yeux. Je me souviens pas d'avoir déjà assisté à une rupture de partenariat de Métamorphoses. Est-ce que c'est quelque chose qui a une signification particulière à Hogwarts ? Les groupes de travail en cette matière seraient-ils censés durer éternellement ? Auraient-ils une signification romantique aussi incongrue que les rendez-vous d'Hogsmeade ?

Isaac marmonne « Bien » avant de rejoindre la table de Fred Weasley à grandes enjambées. Non, probablement pas.

« Tiens, je me demandais, tu connais mes cousins ? Ils sont français aussi. »

Avant que j'aie le temps de préciser que je ne connais pas toute la communauté sorcière française, Dominique enchaîne :

« C'est Delacour, Sorin et Metge, leur noms de famille.

- Delacour, c'est une famille connue en France c'est sûr, depuis la guerre. Metge, Metge… ça me dit quelque chose aussi. »

Je sursaute quand le Lumos se fait dans mon cerveau. « Ah oui ! » je m'exclame. Certains élèves se tournent vers moi, surpris par le fait que j'ai haussé le ton, mais comme nous parlons français il ne peuvent pas savoir notre sujet de conversation. Sauf Arthur, qui me regarde avec curiosité.

« Mon frère euh… connaît une Aure Metge. » En fait, j'ai entendu mon frère dire à ses amis un commentaire assez indécent sur les fesses et la poitrine de la fille en question, mais je vais pas lui répéter cela.

« Oh, je la connais bien ! C'est ma cousine issue de germain, en fait c'est la fille de… »

Je ne saurai jamais qui sont les parents de cette personne super bien foutue d'après Paul, parce qu'Alistair Shafiq, notre professeur de Transfiguration, vient d'entrer dans la salle.

Pour beaucoup de gens, entrer dans une salle de classe est une activité simple, pour ne pas dire banale. Pas pour Alistair Shafiq. Non, entrer dans une pièce, c'est envoyer un message. Il arrive donc avec brusquerie et claque la porte derrière lui. Un élève, je crois que c'est un ami de Dominique, se la prend en pleine figure, et Shafiq lui lance un regard mauvais. Le jeune homme, une main sur son nez, s'enfuit s'asseoir sans demander son reste. Shafiq se dirige ensuite vers son bureau dans un bruissement de cape très théâtral.

Pour être honnête, cette entrée est tellement extrême qu'elle pourrait être ridicule s'il s'agissait de quelqu'un d'autre, comme Flitwick. Mais Shafiq est un homme dont la stature, le regard et même la coupe de cheveux hurlent au passant innocent « Dégagez, immonde veracrasse ». Le silence se fait donc instantanément.

« Bonjour » commence-t-il, sur le ton de quelqu'un qui maudit notre famille pour les sept prochaines générations. « Aujourd'hui, nous allons voir la métamorphose humaine ». Il s'interrompt quand il voit que l'élève blessé au visage est en train de se lancer un sort de soin.

« Je vous dérange, Mr. Croaker ? » L'élève gémit en signe de dénégation. Shafiq reprend son discours. « Vu votre niveau… il y aura sûrement des accidents ». La salle frémit, il reste impassible. Après les cours de révisions de la rentrée, on va enfin passer aux choses sérieuses. « C'est pour cela que nous allons commencer par un sort simple. Vous allez apprendre à transformer la peau de votre main en écailles. »

Quoi ? Mais c'est nul. On peut déjà faire ça en Sortilèges.

« Evidemment, il ne s'agit pas de lancer un misérable petit enchantement, comme vous avez l'habitude de faire, qui ne donne que l'apparence d'écailles. Non, c'est bien plus noble que cela. Il faut transformer la matière biologique. » D'un mouvement de baguette, il dessine un schéma au tableau. Je le mets facilement dans mon top cinq des schémas les plus obscurs.

Je commence alors à prendre des notes, essayant de noter à la fois tout ce qu'il dit et tout ce qu'il écrit. Cela s'avère assez coton. Au bout de dix minutes, il efface les six règles de la thérianthropie dynamique. Je soupire : je n'en ai noté que trois et la moitié de la quatrième. Je me penche vers le parchemin de Dominique, mais il lui manque la dernière loi et mon mouvement de bras fait se renverser mon encrier.

« Cathadème » je m'exclame devant mes notes tachées, avant de le nettoyer d'un sort. J'ai pris encore plus de retard.

« Vous ! » s'exclame brusquement Shafiq en se tournant vers ma table. Je retiens mon souffle. « Miss Weasley » continue-t-il. Ouf, c'est pas passé loin. Je remarque du coin de l'oeil que Fred Weasley a sursauté à l'énonciation de son nom de famille. Dans d'autres circonstances, cela m'aurait fait rire. « De quelle type est la thérianthropie bambourgienne ? »

Oh, Merlin, je ne sais même pas ce que ce terme signifie ! On a pas vu ça à Beauxbâtons. Mais Dominique répond d'une voix mal assurée « De type contact, Professeur », ce qui a l'air de le satisfaire. Il pose encore quelques questions à la classe avant de lancer :

« Bien, bien, nous pouvons commencer la pratique. Vous transformerez la main de votre partenaire ».

J'espère que Dominique n'est pas mauvaise en métamorphoses, car je tiens à ma main. J'aurai peut-être dû me mettre à côté de Mathilde, en fait. Je la cherche du regard. Elle fixe ses notes et semble au bord des larmes. Son niveau d'anglais est pas encore très bon, elle pas dû réussir à tout retranscrire. Magnanime, je suis prise de pitié.

« Mathilde, hé, Mathilde psst ». Elle lève les yeux vers moi. « Je te passerai mes notes ». Elle me sourit, ne sachant pas encore qu'elles sont presque aussi incomplètes que les siennes.

« Et je ne vous ai pas donné l'autorisation de bavarder ! » hurle Shafiq. Je me tourne vers Dominique, prête à me mettre au travail.

« A qui l'honneur ? »


« Stlliocutis » énonce Dominique.

La peau de ma main se modifie pour prendre la couleur de celle d'un lézard, sans se transformer en écailles pour autant.

Dominique soupire. Cela fait vingt minutes qu'on essaye cette formule et aucune de nous deux n'a beaucoup avancé. Sa main est plus rêche cependant, et de la peau manque de partir, un peu comme pour un serpent en pleine mue.

« J'ai horreur de ce sort » marmonne-t-elle, et je la comprends.

Un hurlement retentit soudain dans la pièce. La main d'Harfang Poliakoff a disparu. Hannah Gödelmann se confond en excuses devant son partenaire d'un mètre quatre-vingt dix. Je hausse un sourcil : il a un cri vraiment très aigu pour un homme de sa carrure.

« Ah, je l'attendais, celle-là » lance Shafiq avec un grand sourire, après avoir entendu les « Es tut mir so Leid ! » d'Hannah. Il se dirige vers les deux étudiants. « Accompagnez-le à l'infirmerie, Miss Gödelburg. Vous autres, passez au contre-sort maintenant. Vous essayerez de reverser le sort que votre binôme vous a jeté ».

Evidemment, il est plus dur de défaire l'oeuvre d'un autre sorcier que la sienne. Après avoir essayé plusieurs fois, la main de Dominique retrouve son aspect normal, mais semble toujours un peu desséchée.

Je fais de même, mais le tracé verdâtre d'écailles ne fait que diminuer sans disparaître complètement. « Reversocute » j'énonce plus distinctement.

Mes yeux s'agrandissent d'horreur quand je vois une teinte verte se propager de ma main au reste de mon corps. Non, non, non.

« Nom d'un scroutt, s'exclame Dominique. Tu es toute verte !

- J'ai planté le contre-sort, je gémis. Mon visage est vert aussi ? »

Je louche pour tenter de voir mon nez.

« Oui, il est vert aussi. Mais euh… ne t'inquiète pas … euh, reprend Dominique, une fois la surprise passée. C'est une jolie teinte de vert, c'est très léger et euh… ça te va bien »


Mon accent français, ma peau verte et moi nous asseyons avec mauvaise humeur à la table des Gryffindor pour le déjeuner.

« Oh, ça y est, c'est l'invasion extra-terrestre ? » demande Catrin.

Je lui jette un regard noir.

« Huh ? Des quoi ? » Gemma lève les yeux vers moi. « Merlin's Beard, s'étonne-t-elle, qu'est-ce qui t'es arrivé ? »

Je grommelle une réponse qui ressemble à « Shafiq », « Gros troll » et « Sort de merde ».

« Cela pourrait être pire, intervient James Potter qui s'assied à ma gauche. Au moins, tu as toujours ta main.

- Je comprends pas pourquoi vous avez pris Transfiguration comme matière pour les N.E.W.T.S. , s'étonne Felix.

- Yep, nous on avait pas cours de la matinée, se réjouit Gemma, qui fait un high five à Felix.

- Merci du soutien, je réponds. »

Eileen éclate de rire.

« Oh mais non, tu es très mignonne comme cela. On dirait un petit, non, un grand lutin. Un lutin mannequin. Ou un farfadet.

- Ou une banshee, continue Fred Weasley. Si tu cries, on meurt tous ?

- Je ne sais pas, je réponds, je suis tentée d'essayer.

- Ah ouais ? Ben vas-y. »

J'ouvre la bouche avant de réaliser que je n'ai pas le courage de hurler à plein poumons devant presque toute l'école. Et puis il y a le risque que je fasse un cri aussi minable que celui d'Harfang Poliakoff. Pendant ce temps, James Potter se sert de concombres.

« En ton honneur, Meagher, je ne vais manger que du vert aujourd'hui.

- C'est trop gentil Potter.

- Vois le bon côté des choses, s'exclame Gemma. Ta peau n'est pas si verte que ça. Cela ne se voit presque pas. On dirait juste que tu es un peu malade. »

Je regarde à nouveau mon bras pendant que James énonce « Colovaria ». Son morceau de pain devient vert également.

« C'est assorti à tes yeux. Et puis, tu es aux couleurs de l'Irlande ! lance Eileen.

- Ou de Slytherin, marmonne Felix.

- Il ne manque plus que le orange du drapeau » continue-t-elle comme si Felix ne l'avait pas interrompue.

Je lâche mes couverts et porte la main à mes cheveux.

« Ah non, tu me feras pas devenir rousse ! »

L'arrivée des chouettes met fin à notre conversation et j'aperçois Lug, notre hibou familial. Je souris en reconnaissant l'écriture de mon frère sur l'enveloppe. J'ouvre la lettre tout en caressant distraitement Lug.

Shivou, ma grande soeur chérie adorée,

Tu es en cours avec le fils d'Harry Potter ? Mais c'est génial ! Il t'a parlé de son père ? Tu lui as parlé de moi ? Tu sais ce que Harry Potter pense de l'accord franco-britannique sur les droits elfiques ? Si ça se trouve, tu vas tomber amoureuse de son fils, vous allez vous marier et il deviendra ton beau-père ! Du coup pour moi il deviendrait… le beau père de ma soeur. Ce serait cool non ? « Harry Potter, le beau-père à ma soeur ».

Un peu moins cool que « Le Survivant » comme titre quand même. Je lance un regard sceptique au fils du futur « beau-père de la soeur de mon frère » qui est en train de manger des pommes de terre vertes, puis je reprends ma lecture.

En attendant comment vas tu ? Tout se passe bien en France, mais je regrette que tu ne sois plus à la maison. C'est vide le week-end.

Les cours à Beauxbâtons ont maintenant complètement repris. En DCFM le prof n'a pas arrêté de me demander de tes nouvelles, si tout se passait bien à Hogwarts pour toi et tout et tout. T'étais vraiment une grosse fayote dans sa classe !

Sinon, j'ai recommencé la volpaume. J'ai joué contre Anathase avant-hier, je l'ai massacré 6-4, 6-5, 6-1. J'ai vraiment eu chaud lors du deuxième set, parce que à 5-4 je perds la chasse et qu'Anathase marque en deuxième volée côté devers et je me dis « Mince, si je perds ce set j'aurai plus le mental pour le reste du match ».

Lug me mord la main que j'avais laissée près de son bec et je lève la tête du compte-rendu sportif de mon frère. « Oiseau de malheur », je marmonne. Je lui donne des biscuits pour hibou et retourne à la lettre, sautant quelques lignes pour m'épargner la description du jeu de mon frère. Bla bla deuxième volée, blabla hors du court, reprise de jeu, ah fin du match, enfin.

Oh, et tu sais quoi ? Maman envoie des macarons faits maison à Aoife ! C'est scandaleux non ? J'ai demandé pourquoi moi j'y avais pas le droit, maman m'a dit que c'est parce qu'Aoife était à Londres, qu'elle avait besoin de nourriture française.

Je fronce les sourcils. Personne m'envoie de macarons à moi, comment ça se fait ? Mon frère a raison, c'est un scandale ! Et puis ma mère fait presque jamais des macarons, c'est quoi ce favoritisme ?

C'est trop injuste, tu y as droit toi ? J'en ai piqué discrètement du coup, mais je crois que maman m'a vu. Moi je dis, y'a pas de raison qu'elle, elle en ait et pas nous ! J'ai envoyé une lettre à Aoife pour lui demander des explications.

Je dois y aller parce je vais voir Saska cet après-midi. Je t'embrasse, si tu n'as pas de macarons ne mange pas de pudding pour te consoler,

Ton frère préféré,

Paul.

Je replie ma lettre avec le sourire, même s'il faut que j'enquête sur l'affaire des macarons. Je vois une main verdâtre sur l'enveloppe. Une main verdâtre ?!

Ah oui, c'est ma main, c'est vrai. Est-ce que le contre-sort que j'ai lancé a atténué mes facultés mentales ?

« Des bonnes nouvelles de chez toi ? me demande Fred Weasley.

- Plutôt, je réponds. Dis moi, qu'est-ce que ton oncle pense de l'accord franco-britannique sur les droits elfiques ? »


Mon frère préféré,

Harry Potter est plutôt pour l'accord franco-britannique sur les droit elfiques, mais il pense que ça ne va pas assez loin et que c'est surtout un effet d'annonce. J'ai sympathisé (et seulement sympathisé, ne t'emballe pas !) avec son fils, son neveu et sa nièce. Figure-toi que cette dernière est la cousine d'Aure Metge. Tu pourrais sortir avec elle non ? Comment ça tu pourrais dire « Harry Potter, l'oncle de la cousine issue de germain à ma copine ».

J'ai lu avec intérêt ton compte-rendu de ton match de volpaume. Personne n'y joue, ici, c'est branché uniquement Quidditch. Je vais essayer d'en motiver certains, mais il faudrait que je trouve le matériel. Félicitations en tout cas, tu as très bien joué.

Quand j'ai appris l'affaire des macarons en lisant ta lettre hier, j'étais verte. Vraiment verte, parce que j'avais raté un contre-sort et toute ma peau avait changé de couleur. C'est passé et aujourd'hui j'ai une teinte normale.

Cela me fait penser qu'il y a des professeurs ici encore plus fous qu'à Beauxbâtons. Ce n'est pas dit que je ressorte entière de cette année.

Donc bien sûr que non, maman ne m'envoie pas de macarons ! J'ai reçu une lettre d'Aoife aujourd'hui, elle me dit que tout va bien à Londres, elle me parle de théories arithmantiques et ne mentionne pas de colis de pâtisseries. Je suis d'accord, pourquoi elle en aurait et pas nous ? Je te laisse enquêter là-dessus.

Tu peux aussi glisser à maman que j'aime beaucoup les macarons aussi, je n'ai rien contre le fait d'en recevoir.

Je dois te laisser mais je te fais des gros bisous. Tu me manques. Embrasse la famille pour moi ! Et arrête de piquer de la nourriture !

Ta grande soeur chérie adorée,

Siobhán


Je resserre ma cape face à l'air frais de Hogsmeade. J'apprécie le fait d'être dans ce village rempli de joyeuses boutiques. Je suis avec Gemma et Eileen, Catrin nous ayant laissé tomber pour rejoindre son rendez-vous. Elle s'est donné l'air tellement important, comme si c'étaient des fiançailles, et non une simple balade adolescente.

Je m'arrête devant la devanture d'un magasin en mauvais état, juste à côté du magasin des Frères Weasley. « Zonko's oke Shop » est écrit sur la devanture.

« Qu'est-ce que c'est ? je demande.

- Quoi, ça ? »

Eileen se retourne, et s'arrête à mes côtés.

« C'est un vieux magasin de farces et attrapes, Zonko. Tout le bâtiment » Eileen me désigne la boutique et sa voisine Weasleys' Wizard Wheezes, « était à eux avant, mais il ont vendu après la guerre. »

Peut être que Zonko a eu une gloire passée, mais maintenant c'est complètement délabré. On peut encore distinguer à travers la vitrine des produits aux noms étranges, tels que « Nose biting teacups ».

« Trois Knuts seulement ? s'étonne Gemma. Ce n'est pas très cher. Moins que chez Weasleys, en tout cas.

- On entre ? »

Je surjoue ma témérité et ma main tremble un peu en s'approchant de la poignée. La boutique ne fait vraiment pas envie.

« Ah, non, t'es folle !

- Allez, on est des Gryffindor, oui ou non ? »

Les filles se regardent avant de se retourner vers moi. « Allons-y ». Cathadème.

La porte grince terriblement et un tintement peu mélodieux signale l'arrivée de visiteurs. Je m'avance dans la boutique. Je remarque immédiatement la caissière, plutôt vieille, qui sanglote. J'échange un regard gêné avec Gemma et Eileen. Pourquoi sommes-nous entrés ici, déjà ?

La femme nous aperçoit, sèche ses larmes et tente un sourire.

« Bonjour, que puis-je pour vous ? »

Avant que mon cerveau prenne conscience de mes actions, je m'approche d'elle.

« Vous allez bien ? » je lui demande de but en blanc.

« Oui » commence-t-elle, avant de sangloter de plus belle. « Non. Mon mari… mon mari est… ». Elle renifle. « Il est mort ». Nouveau reniflement. « Il y a une semaine ». Elle se mouche bruyamment.

Gemma, Eileen et moi nous regardons, de plus en plus mal à l'aise.

« Bon, euh, on ne va pas vous déranger alors » répond Gemma.

Je me tourne vers elle et mon expression devient accusatrice, on va pas la laisser comme ça ! Elle me répond silencieusement quelque chose comme « Que veux-tu qu'on fasse, de toute façon ? »

« Et bien en sa mémoire… on va vous prendre… euh… une douzaine de … » Je repère un emballage qui a l'air correct, et pas trop risqué. « De Sugar Quills ». Des plumes en sucre, ça ne peut pas être dangereux, si ?

« Oh… prenez les, je vous les offre, à quoi … à quoi bon de toutes façons ? Je vais fermer boutique moi. Je ne vais pas y arriver. Sans Orpheus…

- J'insiste » répond Eileen en lui tendant un paquet de Knuts.

Nous prenons ensuite rapidement congé d'elle et sortons.

« Eh bien, quelle ambiance » commente Gemma alors que nous sommes à nouveau à l'air libre.

Je sors une Sugar Quill de son emballage.

« Tu penses qu'elles sont encore comestibles ? Elles ont l'air assez…

- Elle ont au moins vingt ans, tu veux dire. Non, à ta place je n'en mangerais pas. Tiens, mais c'est Felix ! »

Celui-ci nous fait signe. Il semble être devant un bar.

« On va le rejoindre aux Three Broomsticks ? Demande Gemma

- Allez-y, je réponds, pas pressée de le voir. Je vais encore prendre l'air. Je vous retrouve là bas ».

Celles-ci acquiescent et je me retrouve seule dans la ruelle. Je pense au petit vieux qui est mort dans son magasin en ruine. J'ai une petite idée soudaine et me dirige vers le cimetière, qui jouxte une sorte de chapelle.

Il n'y a pas beaucoup de tombes, il faut dire que c'est un petit village. J'aperçois un vieux caveau dont les morts remontent au XVIIIème siècle.

Très vite cependant, j'arrive vers une tombe récente. Mon coeur manque un battement quand je vois l'épitaphe. Un étrange sentiment remonte du fond de ma conscience.

Orpheus Zonko

16 June 1936 - 12 September 2021

A beloved father and husband

Ne flectat retro sua lumina

Il est mort le 12 septembre 2021. C'est la date de mon étrange escapade nocturne et je le sais, ce n'est pas une coïncidence. Il me reste plus qu'à résoudre cette énigme : quelle est le lien entre moi, Orpheus Zonko, et cette nuit de septembre ?


Est-ce que vous avez plus de pistes que Siobhan ? Qui sait d'où provient l'épitaphe ? Le titre du chapitre ? Est-ce que Siobhan a tué un viel homme innocent ?

Merci d'avoir lu jusqu'ici et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez :)