Re à tous ! Voilà un nouveau chapitre, certes un peu tardif. Merci beaucoup à tous ceux qui ont lu jusqu'ici, et doublement merci aux reviewers (qui sont au nombre de zéro sur le précédent chapitre, donc... merci aux reviewers du futurs qui rewieveront le chap 6 ?). D'ailleurs si vous n'avez jamais reviewé n'hésitez pas !
Résumé des chapitres précédents : Siobhan pense avoir assité/pris part à la mort d'un marchand de Pré-au-Lard (Hogsmeade en anglais), Orpheus Zonko, qui est mort la nuit où elle a fait un gros black out et ce qui ressemble à une crise de somnanbulisme. Pour savoir si quelqu'un l'a mis sous Imperium puis fait oublier la mémoire, elle décide de demander à un témoin : la victime supposée, feu Orpheus Zonko.
Bref, elle se lance dans ce qui n'est pas une mince affaire, trouver un moyen de communiquer avec les morts, aidée par un autre français, Arthur, le beau gosse taciturne et intelligent.
Mots en anglais : Il y en pas tant que ça qui nécissitent une traduction pour ce chapitre.
- Merlin's Pants : Par le caleçon de Merlin
- Slytherin : Serpentard
Bonne lecture !
Oh, et moc diky aux Nerles, qui ont corrigé ce chapitre dans un temps reccord, ont affronté de terribles fautes et suggéré quelques points sur les discussions historico-métaphysiques/-magiques de ce chapitre (eh ouais, c'est du sérieux cette fanfic).
Chapitre 7 - The road to Endor is the oldest road
« Donc, résume Arthur, on doit trouver un livre pour parler aux morts.
- Parler… ou les écouter plutôt. »
Je n'ai pas grand chose à dire à Orpheus Zonko, en fait, juste lui demander si je l'ai tué. M'excuser éventuellement ensuite. Arthur hoche la tête.
« On va commencer par reprendre des exemples qui ont eu lieu dans la vie réelle.
- Il y a une sorcière romaine qui avait le pouvoir de réveiller les morts.
- Elle s'appelle comment ?
- Je sais plus.
- Elle pouvait vraiment parler au mort ou juste faire des inféris ?
- Je sais pas.
- Elle a vraiment existé ou c'est une légende ? »
Je hausse les épaules. Sur le parchemin où est écrit « Opération Eurydice », Arthur note sorcière romaine, suivi de trois points d'interrogation.
« Bon, plus sérieusement il y a Circée. Il y a aussi le livre des morts dans l'Ancienne Egypte, ajoute-t-il.
- Cela parle de nécromancie ? je demande.
- Je sais pas, vu le titre ça a l'air de rentrer dans le sujet. »
Arthur l'ajoute à la liste.
« Il y a aussi Harry Potter qui a vu Diggory dans un duel, je reprends.
- Il a vraiment vu, il a cru qu'il l'avait vu ou il a dit qu'il l'avait vu ?
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Ben, cela a pu être une illusion. Ou il a pu mentir à Diggory Père. Tu vois un spectre qui ressemble à une personne, cela ne veut pas dire que c'est vraiment lui.
- Je suis tentée de le croire, d'autant qu'il a pas menti sur le retour de Voldemort. »
Arthur arrête brusquement d'écrire.
« Voldemort… qui est un ressuscité.
- Comme Harry Potter. » j'ajoute.
Je parle trop souvent d'Harry Potter en ce moment, il faut croire que Paul déteint sur moi. Arthur secoue la tête.
« Mouais...On s'éloigne avec le sujet de la résurrection. Déjà que parler aux morts c'est chimérique…
- Oui, revenons au sujet. Il y a le spiritisme aussi, chez les moldus.
- Le spiritisme ?
- Oui, tu parles à un esprit qui te répond en bougeant la table.
- Pourquoi un esprit bougerait une table ?
- Ben, pour répondre. »
Il a l'air sceptique.
« Oui, je concède, c'est probablement une arnaque moldue.
- Je pense par… oh il y a les sibylles aussi. En Grèce antique.
- Mais elle disent l'avenir plutôt non ?
- Elles le font en faisant appel aux morts. »
C'est à mon tour de ne pas être convaincue. Son idée est encore plus foireuse que la mienne, qu'il vient pourtant de rejeter.
« C'est probablement une arnaque moldue aussi, d'il y a deux mille ans en plus, je vois pas pourquoi tu considères ça fiable et pas le spiritisme.
- C'est pas que je considère ça fiable, c'est juste que…
- Et puis c'est pas de la nécromancie, c'est de la divination, je le coupe.
- La nécromancie c'est de la divination. Cela veut dire divination par les morts en grec. »
Mais pourquoi ce type est un dictionnaire franco-grec ambulant ?
« Bon. Je note spiritisme et sybilles. Contente ? »
Je hoche la tête. Je n'ai toujours pas eu de grande idée sur le sujet.
« Oh, il y a le Picatrix aussi !
- Le Picatrix ? Le livre d'Alchimie ? S'étonne Arthur.
- Oui, il a toute une partie qui a disparu et qui est sensé parler de communication avec les esprits. »
Arthur se balance un arrière sur sa chaise.
« Alors, déjà, elle a disparu comme tu dis. Et puis, le Picatrix, c'est pas le bouquin où il faut des parties génitales de divers animaux en ingrédient sur la moitié des potions, l'autre des corps humains, dont la moitié des préparations ne marchent pas et qui est considéré comme de la magie noire ?
- Oui. Bon d'accord, ne le note pas. »
Il réfléchit encore.
« Il y a le talisman d'Endor, aussi.
- Cette légende hébraïque ? On peut aussi chercher le graal, hein, tant qu'on y est. Et le slip de Merlin avec. »
Arthur fronce les sourcils.
« Je ne pense pas qu'à son époque on portait des slips, en fait.
- Il était peut être en avance sur son temps. Et c'est juste une expression.
- Ben c'est débile. Autant dire, Par la nuisette de Merlin, alors. »
Je prends un air concentré.
« T'es sûr que les nuisettes ça n'existait pas à son époque ? »
Ce dernier secoue la tête.
« T'as raison, recentrons nous. Tu as écrit quoi pour l'instant ? »
Arthur pose sa plume d'un grand geste dramatique.
« Sorcière romaine, suivi de quatre points d'interrogation, Circée et Ulysse, Livre des morts, Harry Potter/Voldemort/Diggory, Sybille, tables qui bougent, Spiritisme ». Il prend une pause. « Et nuisette de Merlin ».
Je soupire, cette liste n'a aucun sens. On n'est pas plus avancés.
Je regarde ma main écaillée. Je l'imagine blanche à nouveau, me concentre et… Elle est redevenue normale ! J'ai réussi le contre sort !
Je souris largement à Dominique, ma partenaire de métamorphose. Je n'ai pas le temps de me réjouir plus longtemps, car c'est déjà la fin du cours. Shafiq nous donne une avalanche de devoirs à faire et je quitte la salle le plus rapidement possible.
Je suis Fred et James, qui se rendent en Enchantement. Je songe vaguement à demander à ce dernier si c'est possible d'obtenir un entretien avec son père au sujet de ses expériences avec la mort. Mais que lui dire ? « Je souhaite que ton père me raconte son duel dans un cimetière avec Voldemort pour mieux comprendre l'au-delà » ?
Cette histoire de duel est peut-être étrange mais c'est la piste la plausible qu'Arthur et moi avons pour l'instant. Nous n'avons pas encore commencé les recherches, mais seulement mis en commun nos connaissances préalables : ça tient sur quelques centimètres de parchemin.
J'ouvre soudain la bouche en grand et m'arrête brusquement de marcher.
Eileen est dans un état ! Pas coiffée ou peu, la chemise plissée, la marque d'oreiller encore sur la joue. Elle n'a même pas lancé de sort anti-boutons ce matin !
« Tu sors du lit ou quoi ? je lui demande, choquée.
- Hein ? Oui, je me suis réveillée il y a quinze minutes.
- Et ça ne te dérange pas d'être… euh… »
Je m'interromps, ne sachant pas comment décrire l'étendue des dégâts.
« Ben quoi ? Je préfère le naturel au superficiel. »
Sans pouvoir m'en empêcher, je lève les yeux au ciel. J'ai l'impression d'entendre Aoife.
« C'est quoi ce délire sur le naturel ? Le naturel, c'est même pas ça, le naturel, c'est se balader nu avec des poils de partout.
- Ah mais ça va, le prends pas comme ça. J'ai rien contre le fait que tu sois superficielle…
- Mais je ne suis pas superficielle, je réplique, je fais juste attention à mon apparence ! »
Je m'attends presque à ce qu'Eileen me sorte une réponse à la Arthur, quelque chose comme « superficiel, du latin super, faire attention et ficiel, à son apparence ». Heureusement, Eileen n'est pas Arthur.
« Enfin je veux dire non, tu n'es pas superficielle, tu prends juste pas mal de temps à te maqui…
- Quoi ? Mais pas du tout…
- Toi, Catrin et Gem…
- Qu'est-ce que j'ai à voir là dedans ? l'interrompt cette dernière.
- Rien ! Vous mettez trois ans à vous préparer chaque matin, c'est tout !
- Y'a pas de mal à ça !
- Et puis, qu'est-ce que ça peut te faire ? T'es dans l'autre dortoir !
- Mais ça me fait rien ! Je vous laisse faire ce que vous voulez, et vous me laissez tranquille c'est tout ! Si je veux me balader dans l'école ressemblant à une goule, ben c'est mon choix. »
Je sors brusquement ma baguette. Je ne peux pas laisser passer ça ! Eileen se retourne l'air effrayé.
« Siobhan non mais ça va… »
Elle s'interrompt quand d'un sort je lisse sa chemise, avant de démêler ses cheveux d'un autre enchantement.
« C'est bon ? Elle a pas rendu mes cheveux rouges ? demande-t-elle à Gemma.
- Mais non, ils sont coiffés, c'est tout. Quoiqu'il reste encore quelques noeuds…
- Je fais ce que je peux, me demandez pas l'impossible. »
Nous nous remettons en marche.
« Quand même, c'est interdit de lancer des sorts dans les couloirs, grommèle Eileen.
- Tu vas me dénoncer à McGonnagal pour avoir défroissé ta chemise ?
- Quels sorts t'as lancé ? » me demande alors brusquement Gemma.
Nous nous lançons alors dans un comparatifs des différents sorts de soins capillaires.
« Non mais Glisco Cappilum je l'utilise pas trop en général, j'ai trop mal aux racines après…
- Moi aussi ! Mais j'ai failli mettre le feu à mes cheveux avec Venusto…
- Oh, je lui réponds, c'est classique ça, mais maintenant je le maitrise bien donc..»
Eileen pousse un bâillement exagéré.
« Passionnant. »
Nous franchissons désormais la porte de salle d'Enchantements.
« Ah, ouais. Je suis sûre que si tu lances pas ces sorts, c'est parce que tu n'en es pas capable, la met au défi Gemma.
- Bien sûr que si, réponds Eileen. Je te le prouve, si tu veux.
- Pas sur moi, ajoute précipitamment Gemma. »
Eileen dirige alors son regard sur Catrin, qui se trouve de l'autre côté de la pièce et discute avec Hannah Gödelman. Gemma semble faire un geste pour l'en dissuader, probablement inquiète pour son amie, mais c'est trop tard.
« Vetusto ! »
Hannah ouvre grand les yeux quand elle aperçoit la chevelure brune de Catrin blanchir, puis tomber en partie. Catrin, elle, semble ne se rendre compte de rien et continue de parler avec animation.
« Oh, Merlin's Pants, s'exclame Eileen.
- En fait, il est peu probable que Merlin porte des sous-vêtements » je me sens soudain obligée de préciser.
Mais Gemma et Eileen ne me prêtent aucune attention, se précipitant vers Catrin et se répandant en excuses. Seul Fred, qui était derrière nous, hausse un sourcil.
« Vraiment ?
- Oui, en fait les sorciers portaient soit une simple robe, soit une tunique longue au dessus d'un pantalon appelé braies. »
Fred me regarde en souriant, l'air moqueur.
« Et tu connais les vêtements intimes de Merlin parce que… »
La vérité, c'est qu'après qu'Arthur est parti de la bibliothèque, j'ai fait un devoir de Potions et je suis tombée sur un livre qui parlait de la magie druidique. Du coup cela m'a fait repenser à cette histoire de nuisette de Merlin, j'ai lu Mode moldue, mode sorcière, Etude comparative Tome 6 et je n'ai pas avancé sur mon devoir de potion.
« Ha, j'ai une relation avec Merlin… particulière », je lui réponds en faisant un clin d'oeil. Un clin d'oeil mental parce que je ne sais pas très bien faire les clins d'oeils. « Je ne vous dis pas tout ! »
« Bon, je demande à Arthur, tu es prêt ? »
Je m'apprête à lancer un sort d'attraction, appréhensive. Il permet d'attirer les livres de la bibliothèque qui portent sur un sujet précis, en l'occurrence la conversation d'homme à cadavre, mais cela n'est pas toujours fiable à cent pour cent.
La dernière fois que je l'ai utilisé à Beauxbâtons j'ai lancé un sort trop général et j'ai failli me prendre un troupeau de livres volants en pleine figure.
Je prends donc une inspiration, lève ma baguette… et m'interrompts.
« Non, lance le sort plutôt » je dis en me dégonflant.
Arthur hoche la tête.
« Donc je cherche… le sujet… mort ?
- Surtout pas, la moitié de la bibliothèque va nous tomber dessus ! »
Avant que je puisse regretter ma décision de lui laisser lancer le sort, il reprend :
« Oui, pardon. Communication avec les morts, alors ?
- C'est ça. »
Arthur s'exécute et des livres lévitent vers nous et s'empilent sur notre table. Je regarde cet étrange ballet, curieuse de voir quand il s'arrêtera. Le sort était plutôt bien lancé, mieux que ce que je suis capable de faire en tout cas, mais il a tout de même créé un petit vacarme dans la bibliothèque. J'aperçois notamment un élève courir après un livre qui vole dans les airs.
Mrs Pince ne se préoccupe heureusement guère de tout ce bruit, je la soupçonne d'être à moitié sourde. Octavia Rookwood, notre chère Head Girl, est par contre toujours là pour mettre fin à toute activité suspicieuse dans son champ de vision. Elle se précipite vers nous en même temps que l'élève à la poursuite de son livre.
« Mais, faites attention enfin !
- Mon livre ! renchérit le Ravenclaw de septième année, l'air assez austère.
- Vous vous croyez où ? »
Je rends Beedle the bard au Ravenclaw, un peu surprise de voir qu'il lit des contes pour enfants. J'ai de toutes façons déjà aperçu l'ouvrage en plusieurs exemplaires sur notre table. « Désolée » je tente de m'excuser en lui souriant. Il s'enfuit sans demander son reste, pendant qu'Octavia continue son monologue :
« On est pas à Beauxbâtons, c'est pas l'anarchie ici. » Je me retiens de claquer la langue d'agacement. J'ai du mal à supporter l'idée qu'il existe des élèves au-dessus des autres élèves à Hogwarts, encore plus quand ils sont aussi obtus que Rookwood. Et puis Beauxbâtons est loin d'être anarchique, il y a même tellement de règles qu'à côté Hogwarts passe pour un camp hippie. Enfin, presque. Pendant ce temps, de nombreux volumes continuent de léviter sous son nez. Il forment désormais une dizaine de piles, quelque unes arrivant au niveau de la tête de Rookwood. Elle se décale lorsque celles ci lui bloquent la vue, continuant :
« Penmor, cela fera dix points en moins pour… cela fera dix points en moins avec sursis, reprend-elle en se souvenant qu'Arthur est à Slytherin comme elle.
- Je suis désolé, je ne voulais pas…
- Je n'ai pas fini, je suis tout à fait capable de vous mettre en retenue ! Tous les deux ! »
Elle part dans les aigus et me tape de plus en plus sur les nerfs. Ironiquement, c'est elle qui fait le plus de vacarme. Au rythme de son discours, elle rentre et sort de notre bulle d'insonorisation, ce qui fait que d'autres élèves se tournent vers elle, parfois curieux, parfois ennuyés. Je lance un regard à Arthur, que je vois avec difficulté entre plusieurs livres empilés.
« Vraiment désolé, reprend alors ce dernier. Nous voulions te demander l'autorisation avant… » Je tente de masquer ma surprise face à cette information par un air approbateur. « Mais je n'osais pas te déranger alors… » Il termine avec un petit sourire timide.
Ou plutôt, faussement timide. Est-ce… est-ce qu'Arthur le rat de bibliothèque, Arthur la personne pas sociable, est en train de manipuler Miss Head Girl en jouant de la séduction ? Le jour des baguettes automatiques est arrivé ou bien ?
Rookwood ne s'attendait en tout cas pas à ce revirement et paraît flattée, puis gênée.
« Tu as bien fait de pas me demander, j'étais très occupée » répond-elle brusquement avant de tourner les talons. Wouah, il suffit de draguer un peu Rookwood pour qu'elle nous laisse tranquille. Je réutiliserai ça à l'avenir.
Arthur, lui, lève les yeux au ciel et soupire.
« Quelle plaie cette fille, tu as de la chance de ne pas l'avoir dans ta salle commune. Hier elle m'a affirmé que Phoebus Rookwood, son arrière grand père ou je ne sais quoi, avait découvert toutes les variables de la vampirisation en 1910. » Il me regarde, l'air outragé. « Alors que c'est bien connu que ses variables c'est n'importe quoi et que des tests antérieurs l'ont prouvé… » Je note dans un coin de ma tête de ne jamais lui parler de Phoebus Rookwood.
Et étonnamment, je suis plutôt du côté de Rookwood, ce coup ci. Je crois que contrairement à Arthur, j'ai un filtre qui me fait éviter de dire à quelqu'un que les travaux de son aïeul, c'est n'importe quoi.
« Enfin, je l'interromps, elle est partie. » Je fais un geste vers les livres entre nous.
« C'est plutôt bien ordonné, en fait. Il y a pas mal de livres en double mais ils sont classés ensemble… je commence.
- Oui, je savais pas que Hogwarts avait autant d'exemplaires de la Bible. »
Arthur compare ce qui ressemble à une dizaine de volumes, en différentes langues et d'époques variées. Il met de côté un ouvrage en français, je crois voir un titre en gaélique, et plusieurs livres recouverts d'une écriture arabe ou hébraïque que je suppose être le Coran et la Torah, respectivement.
Je me penche quant à moi sur les livres de Bertrand de Pensées-Profondes. Il y a ses fameuses Etudes sur la possibilité d'inverser les effets réels et métaphysiques de la mort naturelle, en plusieurs exemplaires et en anglais, français, et latin, suivis entre autres par La métamagie Post-Pensées-Profondienne, Pensées-Profondes, A Biography, et Pensées-Profonde sous le prisme venedicien.
« Oh ! » s'exclame brusquement Arthur, alors que je renvoie d'un coup de baguette les exemplaires en double de Pensées-Profondes, A Critical Study. Il a déjà trouvé quelque chose ?
« J'y crois pas ! Tu te rends compte ? me demande-t-il en me pointant un vieux livre enluminé. C'est un exemplaire de la Sinner's Bible !
- Sinner's Bible ?
- Oui, elle est tellement rare. Elle a été imprimée au 17ème siècle, mais la plupart des exemplaires on été détruits, à cause d'une coquille, regarde. »
Effectivement, il me montre une ligne des dix commandements où est écrit « Thou shalt commit adultery ». Bon, c'est marrant mais ça n'avance pas notre affaire.
« Tu as trouvé autre chose ? je demande.
- Oui, bonne nouvelle, c'est ce que je pensais, la nécromancie et le spiritisme sont interdits, c'est écrit dans le Deuteronome. Enfin on a pas le droit de faire appel aux morts quoi.
- Bonne nouvelle ? C'est plutôt une mauvaise nouvelle, non ?
- Ben, si c'est interdit c'est que c'est possible, donc…
- Mais, c'est interdit », je répète bêtement.
Je ne suis pas sûre de croire en Dieu, mais si jamais ? Est-ce qu'Orpheus Zonko vaut une éventuelle damnation éternelle ? Arthur paraît surpris par ma réticence.
« Le deuteronome dans la Bible interdit la sorcellerie et euh… ça ne t'empêche pas de… » Il fait un grand geste en l'air. Il n'a pas tort. Il reprend. « De toutes façons, on interprète ces passages comme parlant de magie noire, pas de magie blanche. » Il continue. « Et il y a le passage de la Sorcière d'Endor dans l'Ancien Testament où le roi fait appel aux esprits. Donc… je pense que la Bible va plutôt dans notre sens ».
Un silence s'installe, où je médite sur Dieu, la magie, la religion et le sens de la vie avant d'apercevoir à travers la fenêtre un élève voler à toute vitesse dans le parc. Ce qui me fait penser à la volpaume, ce qui me fait penser à mon frère, ce qui me fait penser à des macarons. J'ai envie de manger des macarons.
« Bref, je reprends, la Bible, c'est fait. Passons à Bertrand de Pensées-Profondes. »
« Moi aussi ! » je hurle enthousiasmée, manquant presque de réveiller tout le château à cette heure matinale. Dominique et Fred Weasley se retournent vers nous, surpris.
James, Isaac Sternberg et moi parlions des Weird Sisters en nous rendant en cours de Defence. Nous sommes six Gryffindors à suivre cette option, sept s'il l'on compte Dominique dont le nom de Weasley fait une Gryffindor honoraire. Les deux autres sont Hannah Gödelmann et Malathi Devi, qui ne sont pas avec nous contrairement à d'habitude.
Sur la raison de mon enthousiasme : James venait de m'apprendre que l'album Creatures of the Elder World est son préféré et j'approuve complètement.
« C'est clairement l'album de la maturité, je continue. Il est tellement éclectique, et puis c'est là que l'orgitron est utilisé pour la première fois… Cela permet un son…
- Magique.
- Voilà, ils ont toujours cherché à réinventer la musique sorcière, à repousser les limites.
- Moi, mon album préféré c'est Double Trouble » intervient Isaac.
Je me retiens de lui dire que c'est vraiment une intervention nulle. Double Trouble, sérieusement ?
« Double Touble, sérieusement ? demande James qui n'a pas la même politesse que moi.
- Ben quoi ?
- Nan, mais c'est bien Double Trouble, mais c'est pas… je tente.
- C'est basique.
- Ils restaient trop sur l'imitation, la transposition de musique moldue, j'ajoute. Sympathique mais… sans trop d'intérêt.
- D'ailleurs, ils faisaient surtout des reprises à l'époque, renchérit James. »
Nous continuons de tenter de convaincre Isaac, en lui rappelant les plus grands moments du groupe.
« Mais malheureusement à un moment l'abus de Felix Felicis de Myron Wagtail s'est fait ressentir et… » Je m'interromps en plein milieu de ma phrase. Devant la salle de cours, j'aperçois une nouvelle élève discuter avec Hannah Gödelmann. Une autre seconde plus tard, je me rends compte que cette nouvelle, c'est Malathi Devi.
Mais Malathi Devi avec la peau blanche. Enfin, la peau aussi blanche que moi. Alors que Malathi est indienne, et pas indienne avec la peau claire, non, indienne avec la peau noire, plus noire que Fred Weasley. Il la regarde l'air aussi effaré que moi.
« Devi, tente Dominique, euh… ça va ? »
La concernée se tourne vers nous et je remarque qu'elle est au bord des larmes.
« Très bien »
Fred décide alors d'intervenir.
« C'est toi qui a… non ce n'est pas toi. Ecoute on va découvrir qui c'est, hein ? C'est peut-être un élève que tu as collé, qui a voulu se venger, tente-t-il de consoler la préfète.
- Je ne sais pas ce qui c'est passé, renifle-t-elle. En me réveillant ce matin j'étais comme ça. J'ai essayé plein de contre sorts mais… »
Elle lève les bras en l'air en signe d'impuissance. C'est à ce moment que le Professeur Proudfoot ouvre la porte pour nous faire entrer. Ses sourcils se haussent d'étonnement, mais il ne fait aucune remarque.
Le cours est assez amusant, puisqu'il s'agit de se battre en duel contre d'autres élèves. Je ne suis pas mauvaise à ça, je bouge beaucoup et j'esquive bien les attaques, par contre j'ai tendance à lancer un peu n'importe quel sort qui me passe par la tête, par exemple un Aguamenti. Ce qui est totalement inutile, quel intérêt de tremper son adversaire ?
Non bon éventuellement ça peut avoir un intérêt, juste pas un intérêt défensif, mais voilà,j'ai tendance à attaquer soit avec des sorts classiques et ultra prévisibles, soit avec des sorts qui ne servent à rien. Mais là, je n'ai pas à m'inquiéter : le prof nous donne quatre sorts à pratiquer, et nous devons lancer uniquement ces derniers.
C'est épuisée que je sors du cours. Je ne suis pas mauvaise dans cette matière, mais ici tout le monde est très, très bon. Je fais néanmoins un signe de tête à Arthur, puis sourit quand il me rejoint.
Nous marchons dans le couloir ensemble en discutant du dernier cours. J'essaie de faire comprendre à mon cerveau de ne pas s'emballer, mais je suis ravie qu'un semblant d'amitié s'installe entre nous. Ou alors, on est juste que deux à se rendre au prochain cours d'Alchimie et il n'a pas envie de faire le chemin tout seul.
La discussion vire rapidement sur les différences Hogwarts/Beauxbâtons.
« C'est bizarre, c'est moins cosmopolite, tout le monde parle anglais dit-il en français.
- Ben, c'est vrai que le mélange espagnol, catalan, néerlandais… n'est plus là mais… Je dirai qu'il y a pas mal de nationalités différentes.
- Oui, bon l'Irlande, d'accord, mais y'a pas vraiment de groupe de…
- Mais si, je l'interromps, il y a un groupe d'étudiants gaéliques ! Il s'appelle… »
Je ne sais plus comment il s'appelle, c'était un nom irlandais étrange.
« Le groupe des étudiants gaéliques, je tente.
- Ah oui ? Tu en fais partie ? Trop bien ! s'enthousiasme-t-il. »
Tout en me demandant comment c'est possible de s'enthousiasmer pour ça, je rectifie :
« Non, la première réunion est ce vendredi.
- Je peux venir avec toi ?
- Mais… tu es irlandais ?
- Cela ne suffit pas de s'intéresser à la culture gaélique ?
- Euh… »
Je me remémore la manière dont Eileen m'en parlait, comme si c'était une société secrète. En y repensant, je n'aurai peut-être pas dû en parler à la première occasion venue.
« C'est un club assez élitiste, je réponds. Il faut des origines irlandaises ou écossaises.
- L'arrière-arrière-grand-mère de ma mère est irlandaise. »
Je fronce les sourcils. Mais, ça ne compte pas ! Enfin moi aussi à ce compte là je suis plus franco-irlandaise, je suis aussi… je crois que le grand-père de grand-mère était italien… mais peut-être italien de Savoie. Mais est-ce que c'était son grand-père ? Si ça se trouve j'ai sauté une génération… Enfin, voilà, est-ce que j'allais rejoindre les italiens de Beauxbâtons ? Non ! De toutes façons il n'y avait pas d'italiens à Beauxbâtons.
« Donc, je peux venir avec toi ? A la réunion ? »
Mon arbre généalogique cesse de défiler sous mes yeux à la question d'Arthur. J'hésite à lui dire que je n'ai aucune intention de faire partie de ce club.
En même temps, le fait de savoir qu'il veut en faire partie me fait découvrir un autre intérêt pour les cultures celtiques.
Je m'arrête de courir en apercevant Eileen et tente de reprendre une contenance. Encore une fois je me suis perdue dans ce dédale qui fait office d'école et avec Arthur on a failli pas trouver la salle de rendez vous du club gaélique que m'a donné Eileen.
La mine de cette dernière s'assombrit en me voyant accompagnée.
« Qu'est-ce qu'il fait là ? demande-t-elle agressivement.
- Hein ? je réponds surprise par son ton, Eileen étant agréable avec tout le monde, d'habitude.
- Je suis Arthur Penmor, dit-il avant de reprendre, euh… je souhaiterai faire partie du club. »
Eileen le regarde toujours avec méfiance, les bras croisés.
« Et euh… je m'intéresse aux langues celtiques et…
- Il a des origines irlandaises, je l'interromps ».
Très diluées, mais cela Eileen n'a pas besoin de le savoir. Son visage se détend et son air redevient amical.
« Ah, ben très bien alors. Venez, entrez ! »
Nous la suivons pour entrer dans une salle de classe tristement normale où se trouve une vingtaine d'élèves. Une fille de Slytherin nous appelle aussitôt.
« McNair, Vice-Présidente. Tenez, nous dit-elle en nous tendant un parchemin chacun, si vous pouvez remplir ça, c'est un quizz très simple sur l'histoire de l'Irlande et de l'Ecosse, avec aussi des questions sur votre motivation pour rejoindre le club…. Pour que nous vous évaluions quoi. »
Je cherche Eileen du regard, mais ne la trouve pas. Une évaluation pour rentrer au club ? Mais elle m'a pas prévenue !
« Et ça, c'est pour vous engager à garder secret cette rencontre. Vous le signez ici avec cette plume d'inviolabilité. »
Mes yeux s'ouvrent en grand et rencontrent ceux, inexpressifs, de la sixième année. Oui, c'est moins grave qu'un serment d'inviolable, mais enfin, ce n'est pas loin. Je me retourne vers les autres personnes dans la salle. Ils ont l'air normaux à discuter bruyamment… mais… Et si je n'étais pas complètement à côté de la plaque en parlant de société secrète ?
Dans quoi me suis-je encore fourrée ?
Dans quoi, oui. Le Chicaneur va-t-il faire sa prochaine couv sur "Les sectes gaéliques, comment ils nous gouvernent dans l'ombre" ?
Et puis, est-ce que taper la causette à Orpheus Zonko est une bonne idée, au fond ?Catrin va-t-elle retrouver ses cheveux, et Malathi sa couleur de peau normale ?
Vous le saurez au prochain chapitre...Peut-être. Ou vous pouvez toujours poser vos questions dans les reviews :)
Au passage, Bertrand de Pensées-Profondes est bien un personnage de JKR. Il apparaît dans le préface de Dumbledore sur les Contes de Beedle Le Barde.
Oh, et avant de partir : personne de ffnet n'a reviewé au chapitre précédent. Ce n'est pas très grave, je ne vais pas arrêter ma fic pour ça (je suis déjà trop contente si cette fic est lue, vraiment), mais je m'inquiète : que s'est-il passé ? Est-ce que la cinquantaine de lecteurs sont morts brusquement à la fin du chapitre ? Laissez une review, même si ce n'est que "Je vais... argggghhh" que j'en sache plus. J'enqueterai et j'alerterai les autorités, si nécessaire, promis.
