Voilà. Le chapitre qui fait que la fiction passe en M. Vous vous doutez tous de ce qui va se passer, alors je vous laisse à la cruauté naturelle de Dean.


Sam sut que les choses allaient changer quand son frère posa le bandeau noir sur ses yeux. Qu'est-ce qu'il avait encore inventé ?

Il ressortait d'un rêve merveilleux, mais le réel le rattrapait trop vite, une fois de plus.

A sa grande surprise, il sentit la corde qui maintenait son poignet droit attaché au lit se détendre doucement, pour finalement disparaître. Ça faisait bizarre. Elle n'avait pas bougé depuis qu'il était arrivé dans cette chambre, cette corde, et il avait l'impression d'avoir des fourmis dans la main et le bras.

Peu de chance que d'un coup, par bonté de cœur, Dean ait décidé de le libérer, mais Sam ne pouvait pas s'empêcher d'espérer. S'il l'avait pu, il l'aurait fait, mais non, malgré lui, son cœur battait plus vite, priant Dean de prononcer ces mots tant attendus. Quelque chose du genre « dégage ». Ou « crève ».

Plongé dans le noir, Sam ignorait ce que Dean faisait, s'il avait des instruments ou quoi que ce soit en main. Pourtant, il était sûr que son frère ne le torturerait pas. Il préférait le voir avoir peur, et ne lui aurait pas bandé les yeux.

Il sentit son bras douloureux posé sur une épaule musclée, qui traîna rapidement tout son corps hors du lit. Maintenant, Sam avait envie de hurler, sentant le sol contre ses jambes inutiles, qu'il ne parvenait pas à bouger.

_ Bordel, grogna Dean, peut-être sous l'effort.

Il tira son frère sur une distance qui lui parut interminable, et dépassait, du moins aux yeux de Sam, largement les murs de la chambre. Son bras gauche était toujours serré contre sa poitrine, et ses jambes dérapaient chaque fois qu'il tentait de s'en servir.

Enfin, le démon le laissa tomber par terre, sur un carrelage, qu'il palpa du bout des doigts de sa main libre.

_ Allez, Sammy, ramène-toi, ordonna Dean.

Il aurait dû savoir que Sam en serait incapable. Une éternité qu'il n'avait pas marché, et il avait eu les jambes brisées et abîmées à plusieurs reprises entre temps.

Le chasseur ne réagit pas, restant affalé sur le carrelage là où son frère l'avait laissé. Un bras puissant agrippa son épaule, et la tira d'un coup sec, lui déboîtant probablement l'articulation au passage. Il gémit, et tomba la tête la première. Il sentit son nez exploser en une gerbe de sang, comme toujours, son arcade sourcilière se fendre d'un coup sec, et son poignet se tordre.

Il était dans quelque chose, qui, au toucher, ressemblait à une baignoire.

_ T'es dégueulasse, grommela Dean pour lui-même. J'ai mes limites, quand même.

Effondré sur le ventre dans une baignoire vide. Il avait peur de ce que ça signifiait.

Rapidement, les mains de son frère le déshabillèrent, le laissant nu et tremblant, incapable de se relever. Même si Dean n'avait pas été là, il aurait été incapable de s'enfuir. Il était pitoyable.

L'eau chaude qui coula sur sa peau lui fit plus de mal que de bien. Trop chaude, se glissant dans toutes ses plaies, et mille fois pire, ses brûlures. Les doigts de Dean sur son corps ne lui firent pas de bien non plus.

Parcourant presque chaque centimètres carrés de sa peau, il frotta vigoureusement.

Sam retint son envie de lui dire qu'il ne pourrait jamais enlever toute la crasse. Elle était profondément en lui, cette saleté, et nulle part ailleurs.


Dean fit tomber Sam sur le ventre. Incapable de se rattraper, sa main droite étant blessée, et la gauche attachée, il s'attendit à la douleur. Au lieu de ça, il tomba sur un lit.

_ Lève le bras droit, Sam. Tout de suite.

Désorienté, le chasseur ne chercha même pas à protester. Immédiatement, sa main fut attaché à la tête de lit. Mais ce n'était pas son lit. Il le savait. A force d'y être, il l'aurait reconnu entre mille. Non, celui-ci était propre, et plus grand.

Et il était sur le ventre. Dean n'avait pas peur qu'il parvienne à s'étouffer avec son oreiller ou une quelconque connerie du genre ?

_ Depuis que Crowley m'en a parlé, je n'arrête pas d'y penser, Sammy, si tu savais…

La voix rauque de son frère le fit tressaillir. Il était installé dans le creux de son dos, et lui murmurait à l'oreille. Le système d'alarme du chasseur se mit en branle : Crowley n'avait jamais de bonnes idées. En tout cas, elles n'étaient pas bonnes si Dean en était enchanté.

Sam frissonna, et ne s'aperçut qu'à cet instant qu'il était toujours nu.

Il se sentit devenir livide.

Dean n'y avait peut-être jamais pensé, ou peut-être n'y avait-il accordé aucune importance, mais Sam, lui avait eu le loisir de penser à toutes les choses horribles que son frère pouvait lui faire.

Le viol, il y avait déjà pensé à de nombreuses reprises.

Mais ça ne pouvait pas être ça, pas vrai ?

Il entendit le bruit de fermeture éclair… ou de braguette. Resta silencieux, tâchant de respirer calmement, de penser à tout sauf ça, comme si Dean pouvait lire dans ses pensées.

Rien n'y faisait, il sentait la peur faire son chemin dans sa poitrine, et il faillit s'étouffer.

Il ne devait rien montrer. Surtout, ne rien montrer.

Le poids de son frère quitta son dos.

Sam s'accorda un bref instant de soulagement, avant qu'il ne le sente sur ses cuisses blessées, et incapable de soutenir une telle charge.

Le premier gémissement s'échappa de ses lèvres.

_ Écarte les cuisses, Sammy.

Même si Sam en avait été physiquement capable, sa peur l'en aurait empêchée, et ce fut la main brutale de Dean qui l'y obligea.

Les lèvres dures de son frère s'écrasèrent sur sa nuque dans un simulacre de baiser.

_ N-non, supplia-t-il. Je t'en prie, Dean…

Un bras dur se glissa sous son ventre, appuyant sur un bon milliard de plaie ouvertes ou en voie de cicatrisation, et l'obligeant à relever le bassin, s'appuyant à moitié sur ses genoux, ce qui là encore, lui fit un mal de chien.

_ Dean, haleta Sam comme s'il venait de courir un cent mètres.

Il lui semblait n'avoir jamais été aussi terrifié. Non… Dean ne pouvait pas lui faire ça…

_ Je t'en supplie, Dean !

Sa voix se brisa. Il n'avait jamais pleuré avant la souffrance. Pourtant c'était bien ce qu'il faisait, sanglotant comme un enfant. Il s'étouffait à moitié dans l'oreiller.

Dean ne lui ferait pas ça.

Dean ne lui ferait pas ça.

Dean ne lui ferait pas ça.

Dean ne lui ferait pas ça.

DeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasç aDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpas çaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasçaDeanneluiferaitpasça

Les ongles de la main droite de Dean s'enfoncèrent dans sa hanche gauche, en plein sur un hématome violet, le ramenant à la réalité. Un énième cri s'échappa de sa gorge, semblant amuser son frère.

_ Prépare-toi, petit frère, ça risque de faire un peu mal…

Dean avait toujours aimé les euphémismes.

_ Mais tu es tellement bandant, quand tu es comme ça, petit frère…

Dean avait toujours aimé s'écouter parler. Sam aurait presque préféré qu'il en finisse au plus vite. Ou au contraire, il savourait chaque seconde qui n'était pas de la souffrance. Il ignorait ce qui lui arrivait… Son cerveau semblait émettre quantité de signaux contradictoires.

_ Crowley croyait que je l'avais déjà fait, tu vois… Rapport à la pelle que je t'ai roulé l'autre fois, quand il était là. Mais je n'y avais jamais pensé… Après tout, tu étais mon frère.

Et là, plus que la douleur, plus que la menace, cette phrase creva le cœur de Sam. Il s'effondra, relâchant tout ses muscles, pleurant comme un bébé.

Tu étais mon frère.

L'emploi du passé.

Mais, brutalement, sans laisser à Sam le temps de se laisser aller, Dean employa son bras droit, toujours sous le ventre de son frère, pour lui relever le bassin, et cogner ses cuisses et ses fesses avec ses hanches.

La douleur lui déchira les reins, le fit hurler.

C'était pire que tout.

Pire que son frère qui ne se considérait plus comme tel.

Pire que toutes les souffrances qu'il avait du endurer jusque là.

Pire que la Cage.

Pire que toute sa vie de merde.

Et pendant ce temps, son frère gémissait d'une voix rauque, poussait des grognements de plaisir, ses ongles s'enfonçant dans sa hanche gauche, tandis que les doigts de sa main gauche trouvaient sa gorge, et serraient.

Le cri rauque de Sam s'acheva par manque d'air. Ses larmes coulaient le long de ses joues, dévalaient son menton, et trouvaient leur chemin bloqué par la main de Dean. Il déglutit, puis tenta d'inspirer, son corps ne se satisfaisant pas du peau d'oxygène qu'il réussissait à avaler.

La main de Dean qui lui agrippait la hanche quitta sa position initiale pour entourer le membre de Sam. Le chasseur ne pleurait même plus, seuls des sanglots secs agitaient sa poitrine.

_ Non, répétait-il en continu, comme si cela empêcherait Dean de continuer. Non, non, non, non, non, non, non, non…

La main de Dean se resserra sur son pénis, assez pour lui faire mal, le faire à nouveau crier, abandonnant momentanément sa litanie de « non ».

_ Même si tu parviens à t'en sortir, Sammy… grogna Dean. A chaque fois que tu baiseras, tu sentiras ma bite dans ton cul, et ma main sur ta queue… Et c'est le genre de souvenirs que tu n'oublieras pas, je peux te le jurer.

La douleur cuisante dans ses fesses, son bassin et son entrejambe suffisait à Sam pour qu'il le croie.

Et ce sentiment d'humiliation… Jamais, songea-t-il, ses larmes coulant à nouveau, il ne pourrait s'en décoller.

La sueur qui exsudait du corps de Dean venait se coller dans son dos, sur lequel son frère était à moitié allongé.

Sam ferma les yeux.

Il avait mal partout.

Son corps, ses os, ses muscles.

Son cœur.

Il allait vomir le peu qu'il avait dans l'estomac.

Il sentait le bassin de Dean cogner contre ses fesses, et au vu des cris rauques qu'il poussait, il était au septième ciel.

Le chasseur tenta de ne plus bouger, afin d'atténuer la douleur. Comme si ça pouvait être aussi simple. La douleur la plus importante ne provenait même pas de son corps. Il avait l'impression qu'une digue avait craqué dans sa tête.

Une évidence qui aurait du lui apparaître depuis longtemps résonnait en boucle dans son esprit.

Dean n'est plus ton frère.

Dean n'est plus ton frère.

Dean n'est plus ton frère.

Dean n'est plus ton frère.

_ Tu n'es pas mon frère… sanglota-t-il d'une voix rauque.

Ce dernier ne du pas l'entendre car, poussant un long cri, il jouit.

Le chasseur ferma les yeux, et enfonça sa tête dans son bras, tentant d'étouffer les bruits que produisait Dean, la douleur, tout. Tentant de tout oublier, de passer à autre chose. Tentant de disparaître pour toujours.


Castiel faisait les cent pas. Claire s'était enfin endormie. Comme il l'aurait fait pour une enfant, il restait tous les soirs avec elle depuis plus de deux mois. Elle ne s'endormait plus le soir, faisait des cauchemars toute la nuit, et se réveilla avant le lever du jour.

De l'époque où elle était une adolescente, ne restait que trois personnes. L'ange Castiel et Dean et Sam Winchester.

Alors apprendre que le second avait tué le troisième, pour qui il avait été auparavant prêt à donner sa vie, l'avait plutôt traumatisée.

Lui n'en avait rien montré, mais la nouvelle l'avait détruit.

Dean avait fini par le faire. Elliot Jones avait été clair.

Sam était mort.

Définitivement mort.

Une larme importune perla au coin de son œil gauche. Il l'essuya d'un geste sec.

C'était de sa faute. Ça ne pouvait être que de sa faute.

Il avait coupé les ponts. Petit à petit, il l'avait laissé tomber.

Claire grandissait, vieillissait, et il avait eu besoin de se raccrocher à quelqu'un qui n'avait pas trop de tendances autodestructrices. Alors, il avait laissé tomber Sam. L'avait appelé de moins en moins souvent, se souciant peu du fait que lui ne répondait qu'une fois sur deux, et avait chaque fois une voix plus fatiguée, moins combative.

Jusqu'au jour où il n'avait plus rappelé.

Maintenant, Sam était mort.

Son téléphone vibra dans sa poche. Essayant de passer outre son chagrin, il sortit de la chambre de Claire, et répondit d'une voix morne :

_ Allô ?

_ Castiel, tu ne respire pas la joie de vivre, dis-moi, mon ami !

_ Si tu appelle, c'est que tu es au courant, pas vrai, Crowley ? coupa l'ange. Tu le sais aussi…

_ A propos de Sam ?

Castiel n'eut pas le courage de répondre. Il ferma les yeux. Tenta une fois de plus de se souvenir de la voix de Sam.

_ Qui t'a mis au courant ? demanda Crowley après quelques secondes de silence.

_ Elliot Jones. Un gamin…

_ Je ne savais pas que Dean mettait des gamins dans la confidence. Tu le sauve quand, du coup ?

Castiel déglutit plusieurs fois. Qu'est-ce que le démon venait de dire ?

_ Sau-sauver qui ?

Il maudit le bredouillement, la peur et la tristesse perceptible dans sa voix.

_ Bah Sam, triple buse, qui tu veux sauver d'autre ?

_ Sam est mort, Crowley…

_ Quoi ?!

Le hurlement inquiet du démon résonna dans ses oreilles.

_ Mais quand ? Pourquoi ?! Dean n'en avait pas l'intention ! Qu'est-ce qui s'est passé ?

_ Y a plus de sept ans… murmura l'ange.

Cette fois, ce fut Crowley qui tarda à répondre. Enfin, il lâcha :

_ Écoute bien, Castiel, je ne le répéterais jamais. Sam Winchester est vivant. Il est enfermé au 3124 de la Ve avenue de la ville de New Hope, en Georgie.


J'espère que ça vous aura plu... En tout cas, ce chapitre s'est écrit tout seul pour moi ! En deux heures, tout était bouclé. Du coup, dans le prochain chapitre, je vous promet un Sammy heureux, sauvé par Castiel, de la gentillesse, de l'amour, et même des licornes ! Non, c'est pas vrai. Faut pas imaginer un Sam heureux dans cette fiction, de toute façon !

A la prochaine ^^