Tentative de sexe pour Sam et Claire, et Dean qui commence à comprendre...
Sam embrassa Claire. Celle-ci, encore à moitié endormie, ouvrit un œil.
_ Kessipass ? demanda-t-elle d'une voix pâteuse.
_ On avait prévu de faire des enfants, non ? répondit-il en l'embrassant à nouveau.
_ Quoi maintenant ?
Elle se redressa, et lança un regard accusateur au réveil :
_ Mais il est deux heures du matin !
Ils se dévisagèrent quelques instants dans la pénombre, seulement éclairés par la lumière de la lune. Finalement, ce fut la jeune femme qui se pencha vers lui, et leurs lèvres se rejoignirent. Rapidement, il l'entraîna au dessus de lui, l'installant à califourchon sur ses hanches.
_ Tu es superbe, souffla-t-il.
Elle ressemblait à une déesse dans le halo pâle de la lune, ses cheveux blonds décoiffés, ses yeux bleus brillants et ses lèvres rougies par les baisers.
_ Toi aussi, répondit-elle immédiatement, et Sam se demanda s'il s'agissait d'un automatisme, d'un mensonge, ou si elle le pensait vraiment.
Ses mains tremblèrent quand il les glissa sous le débardeur blanc qui servait de pyjama à Claire, frôlant rapidement son ventre plat avant de les poser sur ses hanches.
Elle, en revanche n'eut aucune hésitation en lui enlevant son t-shirt, avant de se pencher vers lui pour l'embrasser doucement dans le cou.
Et les images submergèrent l'esprit du chasseur. Les lèvres de Dean sur son corps, partout sauf sur ses lèvres, embrassant, mordant. Son cœur s'accéléra, ses mains se crispèrent. Il ne voyait plus rien excepté Dean. Dean, partout. Il sentit ses ongles s'enfoncer dans de la chair, et par réflexe, griffa aussi fort qu'il le put, espérant éloigner son frère.
_ Non, non, non…
Il se débarrassa de lui comme il put, le faisant valser du lit, et se recroquevilla en sanglotant, sans parvenir à s'arrêter.
Claire rejoignit la salle de bain en se tenant la tête. Du sang coulait de son front. Sam ne l'avait pas ratée en la projetant par terre. C'était la première fois qu'il tentait de mettre à exécution leur idée d'avoir des enfants. Ç'aurait été étrange qu'il réussisse du premier coup, bien sûr, surtout après ce que Dean lui avait fait subir, mais elle craignait pour la rechute.
Pour l'instant, le chasseur était dans un coin du lit, et pleurait sans s'arrêter.
En grimaçant, elle appliqua un pansement sur son front puis de la glace sur son crâne, en espérant que ça ne gonflerait pas.
Et elle laissa couler ses larmes à son tour. Elle savait que ce n'était pas de la faute de Sam, ni même de la sienne. Elle savait aussi que malgré ses promesses, elle n'aurait probablement jamais d'enfants… Et ça faisait mal de voir que l'homme qu'elle avait aimé, et qu'elle appréciait beaucoup aujourd'hui, la rejetait, ne voyant que son bourreau à sa place.
Rien n'était de la faute de Sam, rien n'était de sa faute à elle. Pourtant, ils souffraient tous les deux.
Quand Sam vit le pansement et le bleu qui décoraient le front de Claire, il pinça les lèvres, sans rien dire. C'était de sa faute, bien sûr. Il se rappelait parfaitement l'avoir violemment poussée, avec l'intention de lui faire mal.
Elle non plus ne dit rien, pas à propos de ses blessures, en tout cas.
_ Franck nous invite chez lui, aujourd'hui, se contenta-t-elle de rappeler.
Il hocha la tête. Trois mois qu'il vivait dans ce village. Trois mois qu'il tentait de reprendre une vie normale, et échouait lamentablement. Les habitants étaient accueillants, et paraissaient comprendre son besoin de rester discret et silencieux, malgré ça, il sortait peu. Le seul avec qui il avait noué de véritables liens, c'était Franck, leur voisin. Peut-être parce que les deux hommes pouvaient rester une heure dans la même pièce sans échanger un mot, ou au contraire, étaient capable de se saouler en moins de quelques minutes, jusqu'à ce qu'ils en oublient leur prénoms, et en même temps, toutes les horreurs qui les empêchaient de dormir.
Ça faisait longtemps que Sam n'avait pas eu d'amis. Peut-être était-ce le premier pas sur le chemin de la guérison.
Sam se réveilla en sursaut. Une fois de plus. Mais cette fois, tout était différent. L'angoisse sourde continuait de lui nouer l'estomac, son cœur battait trop fort, trop vite. Il avait envie de vomir. Et tout en lui criait un nom « Dean ».
_ Claire…
Elle remua, marmonna, mais ne se réveilla pas.
_ Claire !
Cette fois-ci, elle ouvrit les yeux, et se redressa, inquiète :
_ Tout va bien, Sam ?
_ On part, ordonna-t-il. Maintenant. Il faut qu'on déménage.
_ Qu'on… quoi ?!
La stupéfaction se peignit sur son visage, et elle pâlit un peu :
_ Sam, tu n'as pas les idées claires. Il est trois heures et demie du matin.
_ Claire, Dean va venir ! Il faut qu'on s'en aille.
_ Sam…
_ Je t'en supplie, Claire… Il faut qu'on parte avant qu'il nous trouve !
Avant le lever du soleil, toutes leurs affaires étaient empaquetées, et Sam faisait les cent pas en se tordant les mains tandis que Claire essayait de le convaincre que ce n'était qu'un mauvais rêve.
_ Ce n'était pas un mauvais rêve ! Il va venir, Claire, je le sais ! Dean va arriver ! Il faut qu'on s'en aille.
La jeune femme lança un regard de regret à sa petite maison douillette, à laquelle elle s'était habituée. Franck lui sourit depuis la fenêtre, mais son air joyeux disparut vite quand il vit les cartons. Il mit moins d'une minute pour les rejoindre.
_ Tout va bien, les enfants ?
Il avait pris pour habitude de les appeler ainsi. Les enfants. Claire le laissait faire avec un sourire, Sam, lui se contentait d'ignorer.
_ On part, annonça Sam d'un ton brusque. On ne peut plus rester.
Aucune surprise, sur le visage du vieillard, seulement de la tristesse.
_ Je me doutais que ça finirait par arriver, avoua-t-il à la jeune femme, alors que Sam chargeait les cartons. Ton mari n'est pas fait pour rester plus d'un an au même endroit, ma puce.
_ Je ne veux pas partir, murmura-t-elle. J'en peux plus de faire passer Sam avant moi… J'ai besoin de stabilité, de…
Il la serra doucement dans ses bras, et elle éclata en sanglots silencieux que Sam, tout à sa panique, ne remarqua même pas.
_ J'en peux plus ! Ce que je voulais, c'est une vie calme, avec des enfants, et un mari aimant, et au lieu de ça, je me récolte juste un cinglé qui ne supporte pas que je le touche et tient à déménager tous les trois mois !
Elle savait qu'elle était injuste, que Sam n'était pas cinglé, que rien n'était de sa faute, mais elle, elle explosait ! Ce n'était pas pour ça qu'elle avait signé !
_ Claire, ma puce…
Franck resserra son étreinte, et les pleurs de Claire redoublèrent d'intensité. Une autre main, plus grande que celle de son voisin, se referma sur l'épaule de la jeune femme. Elle tressaillit, se retourna. Sam la dévisageait, l'air un peu surpris, un peu blessé, et un peu triste.
_ Tu peux rester ici, si tu veux, lâcha-t-il d'une voix assurée. Dean ne sait pas que tu es avec moi. Personne ne lui dira quoi que ce soit. Je m'en vais, mais tu peux rester.
Elle frissonna, mais ne dit rien. Envisageant sérieusement la solution.
Elle secoua la tête :
_ Je viens avec toi.
_ Parce que c'est ce que tu as promis à Castiel ?
Il avait l'air amer, maintenant. Elle ferma les yeux, sécha ses larmes, et secoua à nouveau la tête.
_ Parce que tu as peur de me laisser seul ?
_ Parce que j'ai envie de rester avec toi ! Je ne veux pas rester seule, et j'ai besoin de toi, Sam ! Je… j'aurais pas du dire ce que j'ai dit, d'accord ? Je le sais… Je suis désolée, mais ne t'en va pas…
Le retour de la fontaine. Elle se mit à pleurer comme une enfant, une fois de plus, et chercha cette fois l'étreinte de Sam, qui l'accueillit dans ses bras sans faire de difficultés.
Parce qu'au fond, Sam Winchester il était comme ça. Incapable d'en vouloir longtemps. C'était bien le problème. Claire avait bien compris qu'il n'en voulait plus à personne excepté à lui-même. Pas même à Dean.
Dean devenait fou. En hurlant, il se tapa le crâne contre les murs, désirant juste ressentir quelque chose. N'importe quoi, ne serait-ce que de la douleur ! Mais non, rien ! Depuis que Sam avait disparu, il n'y avait plus rien. Peut-être une vague joie quand il avait enfoncé la Première Lame dans la cage thoracique de Castiel, ou de l'étonnement quand il avait vu ce dernier planter un couteau dans le ventre de Meg, mais rien d'autre. Rien à voir avec les montagnes russes sur lesquelles il se trouvait quand il était avec Sam. Joie, bonheur, mélancolie, rage, colère, tristesse, envie de meurtres. Son frère lui faisait ressentir tout le panel d'émotions qu'il n'avait plus depuis des siècles.
Plus de deux ans et demi qu'il n'avait pas vu son frère en chair et en os. Trente mois mois qu'il vivait avec son souvenir. Il avait l'impression d'avoir retourné tous les USA sans en avoir effleuré le dixième ! Sam pouvait être n'importe où, et s'il avait quitté l'Amérique, il finirait par ne plus avoir aucune chance de le retrouver.
Son frère devait avoir envie de le revoir, c'était sûr. Dean ne pouvait pas être le seul à ressentir ce manque, cette impression qu'il lui manquait un bout de son âme.
Une fois de plus, il reprit le mode de pensée de Castiel. C'était lui qui avait planqué Sam, alors comment avait-il pu réfléchir ?
Un mode de pensée intelligent, mais plutôt basique, quoiqu'un poil dérangé. Malin.
Il pouvait oublier Lawrence, le bunker, chez Bobby, et tous les endroits de ce genre, que Dean avait éliminé d'office. Il ne serait pas suffisamment con pour l'emmener dans un endroit comme ça… Cela paraissait tellement évident pour le démon qu'il n'était même pas allé véri…
Toute pensée déserta l'esprit de Dean.
Bien sûr qu'il n'était pas allé vérifier.
Et Castiel le savait.
Castiel savait qu'il n'irait pas perdre son temps à fouiller chez Bobby alors qu'il savait que Sam n'y serait pas.
Évidemment. L'ange était malin.
Et lui, il était trop con.
Sans la moindre hésitation, Dean dressa une rapide liste mentale de tous les endroits où il n'était pas allé vérifier parce que ça lui paraissait trop évident.
Lawrence
Chez Lisa
Chez Bobby
Le bunker
Chez Amélia
À Stanford
Ouais, c'était à peu près tout. C'était déjà bien assez. Lawrence, il pouvait le barrer, il y avait tué la gamine, Dean doutait que Cas' ait renvoyé Sammy là-bas. Son petit frère n'était pas proche de Lisa. La vieille baraque de Bobby avait été détruite de ses mains, alors qu'il s'amusait beaucoup.
Amélia était morte, et Sam n'avait pas semblé particulièrement affecté en la quittant.
Stanford n'était plus que de vieilles ruines visitées par les archéologues.
Restait le bunker.
Ce putain de bunker.
Bon Dieu, il avait vraiment été TROP con !
Dean entra sans hésitation. Immédiatement, foule de détails lui sautèrent aux yeux, lui prouvant qu'il avait eu raison. Deux ans et demi pour voir l'évidence. Au lieu de la poussière qui aurait du s'accumuler, tout paraissait très propre. Une couverture gisait encore sur le canapé du salon, et un ordinateur était posé sur une table. Il fit un rapide tour du propriétaire. Des cheveux bruns dans une poubelle. Il plissa le nez, mécontent. Il espérait que les cheveux de Sam avait repoussé. Un rasoir abîmé, un lit défait.
Sam était venu ici.
Il en était certain.
Un sourire se dessina sur son visage. Jamais il n'avait été aussi pris de son petit frère.
Mu par un soudain instinct, il brancha l'ordinateur et l'alluma. Il était manifeste que Sam n'habitait plus ici, que cet abri n'avait été que temporaire. Mais il avait bien fallu que Cas' fasse des recherches. Et les recherches se faisaient sur internet.
Dernière recherche lancée.
Buford, Wyoming.
Apparemment, il avait une destination.
Quelques mois plus tôt
_ Vous êtes tous les deux mortels.
La nouvelle était amère, et Castiel semblait avoir du mal à l'encaisser, ce que Sam, dans ses rares moments de lucidité, parvenait à comprendre.
_ Merci pour ce que tu fais, articula-t-il, en se forçant à manger une pomme.
Comme tous les aliments, elle n'avait pas de goût. Mais le chasseur ne le dirait jamais ni à Castiel, ni à Claire. Que le seul goût parvenant à faire réagir son palais était celui du sang.
_ Sam, je vais être clair, expliqua doucement l'ange, profitant de l'absence de sa fille adoptive.
Il attendit l'explication, qui vint quelques instants après, le temps que son sauveur s'assure qu'il était en état de l'écouter.
_ Le processus pour Claire et toi était différent. Dans le cas de Claire, il s'agissait de défaire un sortilège fait par moi, de l'annuler tout bonnement. Elle est mortelle, point. Ton cas était différent.
Immédiatement, Sam se tendit, tentant malgré tout de ne rien montrer.
_ J'ai… Disons que j'ai bloqué les ondes dégagées par le contrat que tu as passé avec Crowley. Si par hasard, ma grâce ou mes pouvoirs disparaissaient, tu serais à nouveau bloqué à ton âge actuel.
_ Tu n'as pas…
_ Je ne pouvais pas briser le contrat que tu avais passé avec Crowley. Il est tout de même le roi des démons. J'ai fait ce que j'ai pu avec le peu de pouvoirs que j'avais sous la main.
Le chasseur hocha la tête, tant pour montrer qu'il comprenait que pour le remercier. Il savait que faire des recherches pour une telle chose l'avait fait souffrir plus que de raison. Néanmoins, il lui restait un point à éclaircir.
_ Castiel… Et si jamais tu…
L'ange parut immédiatement comprendre à quoi il faisait allusion.
_ Oui, Sam. Si jamais je meurs, tu redeviendras également immortel.
Et voilà... On a un Sammy immortel, et Dean qui commence à remonter sa traces (après deux ans et demi, il serait temps qu'il se bouge !) Le prochain chapitre sera le dernier, vous pouvez lancer les paris ;)
