Voilà voilàààà on passe au troisième chapitre ! Cette fois on donne dans la tristesse avec Makio. J'aime tellement ce personnage –même s'il n'apparaît que très brièvement- que ça me chagrine de ne pas en savoir plus sur lui. Du coup comme je suis une grande inspirée, je me fais un bout de sa vie toute seule !


Il fait vraiment beau aujourd'hui. Certains diraient même que c'est du gâchis que de passer du temps au cimetière par une si belle journée. Pourtant toi tu ne t'es même pas posé la question de savoir si c'était bien ou pas d'être devant cette tombe à ce moment-là. Tu devais y être. Tu ne le lui avais pas promis mais tu te sentais obligée de ne pas l'oublier.

Voilà deux ans jour pour jour que Makio était mort. Tu t'en étais remise, avais fait ton deuil et maintenant aller sur sa tombe n'étais plus aussi douloureux. Mais ça réveillait toujours en toi les souvenirs créés lors de votre vie commune. Tu chasses un insecte qui passait sur la date qui marque le jour de sa mort. Un jour de plus et tu aurais pu lui dire que cela faisait déjà huit mois, que tu étais heureuse. Ce genre de choses que les filles de ton âge aiment dire. Alors que tu t'agenouilles et joins tes mains face à ton visage, tu te prends à repenser au passé.

Vous étiez tous sur le toit du lycée, profitant de la pause repas pour prendre le soleil. Comme toujours Makio est allongé de tout son long, sa tête sur tes jambes alors que vous écoutez Kumagiri et Matoba plaisanter. Ils sont en pleine conversation sur le combat fixé le lendemain contre Suzuran quand la main de Makio vient caresser ton visage. Tu le regardes en souriant mais ça ne dure pas.

« Ne t'inquiète pas. » Il disait toujours ça. « Bien sûr que si je m'inquiète. » Sa main glisse de ta joue à ta nuque et il t'attire à lui pour un baiser. « Que veux-tu qu'il m'arrive ? Ça sera pas la première fois qu'on se bat contre Suzuran. On les a déjà éclatés. » Tu le sais bien, mais tu ne peux pas t'empêcher d'être inquiète pour lui, pour eux. «Détends-toi, au pire je rentre avec des bleus plein le corps. » Tu souris alors qu'il ricane en tirant sur sa cigarette.

Pourtant ce fut bien pire que quelques bleus. Lorsque l'ambulance était arrivée, Makio avait perdu trop de sang à cause de ce fichu coup de couteau. Il était mort avant d'arriver à l'hôpital. N'étant pas de la famille, tu n'avais pas pu le voir à l'hôpital. En fait, comme tu n'étais pas du même lycée, tu n'avais appris la nouvelle que tard le soir alors que tu attendais sur le toit qu'ils reviennent, une petite trousse à pharmacie avec toi, comme toujours après un combat. Tu avais tout de suite vu à la tête de Narumi que quelque chose n'allait pas. Tu le connaissais assez bien pour savoir que s'ils avaient simplement perdu il serait en colère. Pas triste. Lentement, il s'était posté en face de toi, à cheval sur le muret et tu avais machinalement ouvert ta petite trousse à pharmacie. Tu attendais qu'il parle. Tu savais que ça concernait Makio. Tous les lieutenants étaient là, sans leur chef. Or il était toujours là. Il aurait dû être là.

Tu allais passer une compresse contre sa paupière lorsqu'il stoppa ton geste et laissa sa main et la tienne retomber contre sa cuisse. Sa tête était baissée et tu la suivis du regard quand elle bascula jusqu'à se poser sur ton épaule. « Makio est mort. » Une minute passa où tu ne fis rien d'autre que fixer le mur en face, ton corps secoué par les soubresauts des pleurs de Narumi. Une minute, c'est le temps qu'il te fallut pour encaisser la bombe qu'il venait de lâcher, réaliser que tu ne reverrais plus Makio. Qu'entre vous c'était terminé et que tu ne pouvais rien y faire. Ta gorge était tellement serrée que toutes les questions que tu voulais poser étaient restées coincées. Tu pensais à mille choses si bien que la tête t'en tournait et le seul moyen que ton esprit avait trouvé pour les mettre de côté était de te concentrer sur Narumi qui s'était littéralement effondré contre toi. Doucement, tu l'avais pris dans tes bras l'avait serré jusqu'à ce qu'aucun de vous n'ait encore de larme à pleurer.

Tes yeux se rouvrent et il te faut quelques secondes pour qu'ils s'accommodent au soleil qui frappe la tombe. Tu te relèves et passe les mains sur tes genoux pour en chasser la poussière avant de te retourner. Tu retiens un hoquet de surprise en voyant qu'ils sont tous là. Excepté Narumi.

« Salut. Ça faisait longtemps. » C'est Matoba qui parle le premier. Vous ne vous êtes pas revu depuis deux ans. Tu n'avais pas eu le courage de retourner à Housen après cette histoire. « Je suppose que vous êtes pas là pour saluer Makio, n'est-ce pas ? » Si ça avait été le cas, Narumi aurait été là puisqu'à près tout, il était un ami fidèle de celui qui avait été à la place de chef avant lui. « Kawanishi sort aujourd'hui. Il va forcément venir ici. » Bien sûr, il devait payer pour ce qu'il avait fait. Les gars d'Housen n'avaient tiré aucune satisfaction de son emprisonnement. Ce qu'ils voulaient c'était son sang sur leurs mains.

Tu salues le groupe avant de t'en aller. Alors que tu passes près de lui, Matoba t'attrapes par le bras et se penche à ton oreille. « Je te promets de venger Makio. On aura sa peau. » Tu dégages doucement ton bras de sa prise et après un 'prend soin de toi' tu continues ton chemin.

Le soleil brille toujours autant lorsque tu quittes le cimetière en bord de mer. Tu regrettes presque d'être venue. Revoir les gars d'Housen est ce qu'il pouvait t'arriver de pire et ce qu'a dit Matoba ce que tu pouvais entendre de pire. Parce qu'au fond de toi, tu as envie qu'ils aient sa peau.


Raah j'adore écrire sur Makio! Narumi est la star du prochain chapitre alors à bientôt j'espère!