Hey bande de gens !

Voici enfin la deuxième berceuse du monde ! Aujourd'hui, on retrouve le plus awesome de tous les grands frères ainsi que son tout aussi awesome petit frère, j'ai nommé Prusse et ChibiGermany !

J'ai été surprise ( agréablement surprise, ça va de soi ) de voir à quel point vous avez aimé la première berceuse...! ( en même temps, bébé Canada est juste trop mignon...~ ) Et je vous remercie donc pour tous vos gentils commentaires de la dernière fois !

PS : Si vous voulez écouter la berceuse avant de lire ou pendant votre lecture ; sur YouTube, écoutez la version d'Elizabeth Grümmer du " Wiegenlied " de Johannes Brahms.

Bonne lecture~


Wiegenlied

Le froid glacial lui mordait la peau, tandis que son armure imbibée d'eau se vidait lentement sur le tapis de poudreuse, le laissant transi et étendu au sol, dans la position de l'étoile de mer.

La glace du lac avait cédé sous le poids de son armée, et Prusse, alors que naturellement sa génialissime personne aurait très bien pu s'en sortir tout seul, avait été non sans mal repêché par Russie qui l'observait à présent silencieusement, lui aussi trempé jusqu'à l'os.

Mais alors qu'il reprenait son souffle, Ivan vint enserrer son cou à deux mains, à califourchon au-dessus de lui, une aura meurtrière oppressant l'air ambiant.

_ Je t'avais pourtant prévenu que la glace allait céder. Mais bien sûr tu n'en as fait qu'à ta tête, tu aurais franchement mérité que je te laisse couler comme une pierre et te noyer au fond du lac !

Alors qu'il allait répliquer en sentant son organisme commencer à manquer d'air, les mains de la petite nation nordique se glissèrent sur ses hanches et se mirent à le chatouiller brusquement.

D'abord surpris, le Prussien se mit rapidement à se tortiller frénétiquement, tentant d'échapper au Russe qui le faisait rire aux éclats, jusqu'à ce qu'une petite voix appeurée ne lui parvienne des méandres des terres glacées.

" Bruder...! "

xXx

_ Bruder...!

Une autre pression sur sa hanche fit lentement ouvrir les yeux au jeune Albinos, qui regarda un instant d'un air perdu son environnement plongé dans l'obscurité. Un rêve. Ce n'était qu'un stupide rêve.

Très étrange d'ailleurs, ce rêve. C'était dérangeant.

Il se retourna lourdement dans son lit en gromellant vaguement quelques mots incompréhensibles en allemand à cause de la douleur que lui faisaient encore ressentir les quelques blessures qui lui restaient de sa dernière guerre contre Franny. Peu habitué qu'il était à être réveillé en pleine nuit, il se contenta d'observer silencieusement la frêle silhouette qui se tenait au bord de son lit, un oreiller dans les bras.

_ Was passiert, Lulu ? marmonna le Prussien en bâillant.

Le petit blondinet serra un peu plus son carré de tissu rembourré avant de répondre à son aîné, ses grands yeux bleus limpides ancrés dans ses prunelles pourpres.

_ Ich habe ein Alptraum gemacht, Bruder... Ich will nicht allein schlafen...!

Gilbert cligna des yeux un instant, surpris que son génialissime petit frère d'ordinaire si discret et réservé ne vienne quémander de l'attention à cause d'un cauchemar. Mais après tout, il n'était encore qu'une toute petite nation née i peine quelques décennies, c'était tout à fait compréhensible.

Un brusque coup de tonnerre déchira soudainement le silence de la nuit, alors que le Prussien remarquait enfin le "plic ploc" caractéristique de la pluie qui frappait les volets en bois de sa chambre. Le bruit sourd provoqué par l'orage avait fait sursauter le petit Empire, qui par réflexe enfouit son visage dans son oreiller, sûrement pour cacher sa peur et ses larmes naissantes à son grand frère.

L'Albinos bâilla une nouvelle fois, avant de soupirer et de se redresser pour tendre les bras vers la petite nation blonde, l'attrapant sous les bras pour le soulever jusqu'à lui. Il le berça un moment contre son coeur, caressant avec autant de douceur qu'il pouvait les cheveux soyeux de son petit frère en lui murmurant d'une voix douce des paroles réconfortantes.

_ Shhh... Weine nicht Lulu... Ich mag nicht, deine Augen füllten mit Tränen zu sehen... Seh, die Sturm ist nicht gefährlich, kein Angst zu haben-

_ I-Ich habe kein Angst...! rétorqua le petit garçon.

_ Na Ja, natürlich. Du bist mein wunderbar kleinen Bruder ! répondit Gilbert en riant, déposant un petit baiser sur le front de Ludwig. Aber jetzt musst du schlafen, ok ?

Le blondinet hocha la tête à contre-coeur, laissant son aîné le serrer de nouveau bien contre lui en se recouchant. L'Albinos ramena la couverture sur son corps ainsi que sur celui du plus jeune, le gardant bien contre son torse, puis s'installa plus confortablement sur le flanc, une main soutenant sa tête et l'autre caressant en un geste rassurant les cheveux d'or de son petit Lulu adoré, espérant que le garçonnet parviendrait à trouver le sommeil ainsi.

Ce qui n'arriva pas.

A chaque nouveau coup de tonnerre, le Prussien pouvait sentir le corps frêle de son tout jeune frère se tendre contre lui en un sursaut incontrôlé tandis que l'humidité des pleurs de ce dernier mouillait la matière de sa chemise. Un soupir traversa encore les lèvres de Gilbert, avant qu'il ne trouve quelque chose à faire pour rassurer la petite nation qui tremblait contre lui.

_ He Lulu. Was denkst du, ob ich ein wunderbar Song nur für dich singen ?

Le jeune Empire Allemand releva son regard limpide humide vers le visage de son génialissime grand frère, puis approuva ses paroles d'un hochement de tête positif. L'Albinos s'éclaircit alors la voix, bombant un peu le torse avant de se lancer. Il souhaitait vraiment faire disparaître ces vilaines larmes du mignon visage de sa petite nation.

_ Es heißt Wiegenlied. Hör gut zu, Lulu...!

_ Hm, approuva le blond en hochant de nouveau la tête, fixant de ses yeux bleus son aîné.

Guten Abend, gute Nacht,

mit Rosen bedacht,

mit Näglein besteckt,

schlüpf unter die Deck!

Morgen früh, wenn Gott will,

wirst du wieder geweckt.

Un petit sourire aux lèvres, Gilbert observait d'un oeil attendri son petit frère lutter contre le sommeil pour entendre la fin de la chanson, sa tête se balançant d'avant en arrière par à-coups, signe que l'enfant-nation ne tarderait pas à s'endormir.

Le Prussien vint doucement poser un doigt sur la joue du blond, et commença à le faire lentement glisser aléatoirement le long des courbes joufflues du petit garçon, ce qui eut pour effet de détendre presque instantanément ce dernier.

Une lueur nostalgique s'alluma dans les prunelles pourpres de l'Albinos, alors que Ludwig fermait les yeux tranquillement. Karl aussi se détendait immédiatement quand il passait ainsi son doigt sur son visage. C'en était presque risible de constater les similitude entre lui et son " nouveau " petit frère.

Reportant son attention sur le blondinet, un autre sourire tendre s'étira sur son visage alors qu'il observait le visage somnolant de son Lulu. Cet enfant avait une bouille d'ange, il était tout bonnement adorable...! Honnêtement, il espérait qu'il resterait tout aussi mignon dans quelques décennies, car vu la vitesse à laquelle la petite nation évoluait, il ne tarderait pas à atteindre une taille d'adulte...!

Il sentit sous son doigt le petit garçon remuer, comme s'il sortait de sa transe somnolente, et se hâta de reprendre sa chanson, s'appliquant du mieux que sa voix rauque le pouvait pour produire un son doux et apaisant.

Guten Abend, gute Nacht,

von Englein bewacht,

die zeigen im Traum

dir Christkindleins Baum.

Schlaf nun selig und süß,

schau im Traum 's Paradies.

Le silence se fit de nouveau dans la chambre de l'Albinos, et lorsqu'il abaissa son regard vermeil il put voir que son petit frère s'était enfin endormi, blotti tout contre le torse de Gilbert, l'une de ses mains potelées aggripant maladroitement le coton de la chemise du Prussien.

Un énième sourire attendri s'arqua sur les lèvres de ce dernier, alors qu'il passait doucement sa main sur le front du petit garçon pour ôté délicatement quelques mèches dorées qui étaient venues s'échouer sur le visage angélique du jeune Empire.

Non, sérieusement, il était le plus génialissime de tous les grands frères, sans vouloir se vanter bien sûr. Enfin, même si son sourire attendri devant une petite nation endormie contre lui après lui avoir chanté une berceuse n'était pas sans casser complètement l'image du Wunderbar Preußen, puissant et sans peur que rien n'arrête...Si ce n'était une Hongroise en colère. Rien que d'y penser lui donnait des frissons dans le dos.

Il secoua légèrement la tête pour chasser ces pensées terrifiantes de son esprit, alors qu'un bâillement lui signifia qu'il était aussi temps pour lui de replonger dans un profond sommeil. Le Prussien se pencha sur son petit frère, et déposa un doux baiser sur front avant de murmurer avec tendresse.

_ Gute Nacht, Baby Bruder. Schlaf gut.

Gilbert passa son bras autour du corps du blond, le gardant bien au chaud contre lui, et, fermant les yeux à son tour, rejoignit rapidement son frère dans les limbes du sommeil.


Voilà voilà~

J'aime tellement la relation fraternelle entre Prusse et Allemagne, je les trouve trop choux sérieusement...! Et puis vous avez vu, y'a même une petite allusion à Holy Rome.

Juste pour vous situez à peu près chronologiquement parlant. Ce texte se passe donc après la chute du Saint-Empire romain germanique, après les guerres prussiennes. ( donc à la fin du XIXème siècle. Vers 1889-90 environ. 1900 maximum. )

Aaaah, ce texte me rend nostalgique, vraiment. Ce que fait Prusse à Allemagne, quand il passe son doigt sur son visage au hasard, c'est ce que ma mère me faisait quand j'étais petite, pour me calmer le soir. Et je vous confirme que ça marche à chaque fois, c'est infaillible !

Bref, j'espère que ce texte vous aura plus, n'hésitez pas à laisser une review ça fait toujours énormément plaisir !