14.
Dans la retenue, surtout quand toutes ses émotions l'emportaient, Albator serra son fils à la crinière d'acajou contre lui, mais sans un mot.
- Je ne peux pas rester longtemps, papa.
- Tu es là, c'est tout ce qui importe ! Merci !
- Chalandra ?
Et son père ne disant toujours rien, Alérian continua à redouter le pire.
Les Mécanoïdes ayant pris le léger bagage du jeune homme, Alérian ne trouva néanmoins aucune raison de se réjouir et d'être soulagé d'être à Heligenstadt, dans la villa de son enfance qu'occupaient désormais le couple de son père et ses petits frère et sœur !
Prenant une bonne inspiration, Alérian se lança au vu du silence prolongé de son père.
- Chalandra, le petit ?
- Ils vont très mal. Et rien ni personne ne peut y faire. Si tu avais pu, j'aurais parlé avant…
- Je suis désolé.
- Toi, tu as plutôt l'air d'aller bien. C'est rare après un combat de folie contre ces monstruosités surnaturelles !
- Je ne suis plus en sucre. Je me suis adapté. Mais j'avoue que j'avais pas imaginé m'en sortir aussi bien ! Mes amis Dragons y sont pour beaucoup, le pouvoir télépathique des Erguls a fait le reste, nos esprits ont tous été protégés !
Albator soupira.
- Les Erguls me filent des frissons, mais ils t'ont aidé à plus d'une reprise, ça me fait bizarre.
- C'est le cycle de la vie, mon papa : des ennemis devenant des amis !
Alérian eut un soupir.
- Et inversement !
- Comment cela ? s'étonna le grand brun balafré alors qu'ils demeuraient au pied des escaliers menant à la chambre où Chalandra se reposait, préservant sa vie et celle qu'elle portait.
- Je ne sais pas. J'ai eu tant de visions en atteignant mon niveau surnaturel. Je ne me souviens d'aucune quasi, mais des sensations surnagent, bien que je ne puisse expliquer quoi que ce soit ! Mais je ne vais pas t'ennuyer avec mes pressentiments. Ils n'ont rien à faire en ces circonstances.
- Tu peux faire quelque chose pour Chalandra, depuis tes dernières démêlées surnaturelles.
- Non. Je suis juste là en tant que ton fils.
- Et tu es le bienvenu !
Au soir, dans la bibliothèque, Albator tendit une tasse de thé à son fils.
- Warius revient devant le Conseil de l'Union Galactique ?
- Oui, et c'est lui qui est nommément sommé. Je ne peux donc me présenter à sa place en un artifice idiot… Je ne sais ce qu'ils lui veulent, mais ça ne peut pas être bon… J'irai à la rencontre de son Karyu avec mon Warriorshadow. Je ne peux rien de plus.
- Nous irons !
- Papa ! Et…
- Warius est notre ami. Je lui dois tout, je lui dois toi, tout simplement ! Je ne peux qu'aller au-devant de lui, même si un cuirassé Pirate n'est pas la meilleure escorte dont il pourrait rêver…
- Il en sera honoré.
- Je peux aller voir Chalandra ?
- Bien sûr, mon grand chéri.
Alérian étreignit brièvement l'épaule de son père puis se précipita vers les escaliers.
Avec tout le sourire qu'elle pouvait ramener sur ses lèvres, Chalandra avait pris la main d'Alérian pour qu'il la pose sur son ventre.
- Il ou elle, est là. Je l'aime tant !
- Nous l'attendons tous. Mon papa veille sur toi, tu ne seras jamais en de meilleures mains !
- Je le sais depuis bien longtemps, assura Chalandra. Tu peux aller et venir à ta guise, Alie. Ton père veille sur moi !
- Il doit s'absenter quelques jours…
- Je sais, il m'avait prévenue bien avant que tu ne débarques ! Il peut avoir un peu de sa vie. J'attendrai patiemment son retour une fois qu'il aurait souhait bonne revenue à Warius. Mais pour le nouveau passage devant le Conseil, je veux mon mari près de moi. Ne m'en prive pas ! ?
- Ton époux sera sous peu auprès de toi, Chalandra. Nous allons juste faire une mini haie d'honneur à son Karyu avec nos cuirassés Pirates !
- Faites-lui bon accueil !
- Tu peux y compter !
D'amitié, Alérian serra interminablement la jeune femme rousse contre lui.
