Note de l'auteur : le wincest est plus important dans ce chapitre
4. Icy force both foul and fair / Force glaciale, à la fois ignoble et juste
Elsa était assise seule a la table du salon, très tôt, le matin suivant. Elle fixait le feu crépitant à côté. Elle avait laissé Anna dormir dans la chambre, sachant que la jeune fille avait l'habitude de se lever tard, et se rendit compte qu'elle pouvait encore être endormie quand la blonde reviendrait dans la chambre.
En tant que reine, malheureusement, Elsa n'avait pas ce luxe. Elle était levée avec le soleil, se préparant mentalement à recevoir les dignitaires des Iles du Sud. Elle entendit des pas lourds approcher, et détourna le regard du feu pour faire face à leur possesseur. Un homme rondelet avec une perpétuelle face rosée s'inclina très bas quand elle remarqua sa présence.
"Ma reine, ils sont arrivés" proclama-t-il.
"Merci, Kai," répondit la blonde. "Voulez-vous les amener au bureau ? Je vais les recevoir ici. Dites à Gerda d'apporter du thé. J'imagine qu'ils ne sont pas habitués au froid que nous avons si loin au nord."
"Comme vous voudrez, ma reine," répondit-il solennellement. Se retournant pour quitter la pièce, il fut stoppé par la voix d'Elsa.
"Oh et Kai ?" Elle attendit qu'il se retourne pour lui faire face. "Anna ne doit pas être au courant de ça. Pas encore."
L'homme hocha la tête une fois, n'ayant pas besoin de dire quoi que ce soit pour montrer qu'il avait compris le ton grave dans la demande de sa reine. Il se retourna à nouveau et quitta la pièce.
Elsa expira bruyamment, et se mit debout en repoussant sa chaise de la table. Elle ferma brièvement les yeux et tenta d'enterrer la culpabilité qu'elle sentait bien en place à sa décision de cacher son rendez-vous à Anna, mais c'était sans espoir. Elle savait qu'elle devrait le dire à sa sœur, mais une partie d'elle-même était convaincue qu'elle protégeait la jeune fille en la gardant en dehors de cela.
En faisait glisser sa cape royale sur le côté, elle arpenta délibérément la pièce vers la sortie, en direction du bureau.
Avec un visage sans expression, Elsa ouvrit la lourde porte. Trois hommes étaient rassemblés dans un coin, parlant à voix basses. Elle pouvait clairement voir deux d'entre eux avec des barbes noires soigneusement garnies. L'homme sur la gauche portait également une moustache impériale. La troisième personne tournait le dos à Elsa, avec une tignasse de cheveux auburn, et faisait des gestes sauvages en direction des deux autres, jusqu'à ce que l'un d'eux lève le regard, remarquant la reine au pas de la porte, et fit rapidement taire ses compagnons.
La blonde gardait une figure majestueuse alors qu'elle s'approchait des hommes, agitant une main en direction des chaises placées devant son bureau pour l'occasion. "Messieurs," commença-t-elle. "Pouvons-nous ?"
Les deux dignitaires déjà face à elle s'inclinèrent, alors que le troisième se retourna face à la reine et les imita. Alors qu'il se relevait, l'homme à la moustache annonça d'une voix tonitruante, "Reine Elsa ! Puis-je vous présenter-"
Mais Elsa avait arrêté d'écouter. Ses oreilles étaient en train de sonner.
Hans se tenait à moins de trois pas d'elle.
Son cœur commença à accélérer et elle sentit son estomac tomber.
L'homme tendit la main pour prendre l'une des siennes, et tout ce qu'elle pouvait faire était de ne pas lui crier de rester en arrière.
Elle restait là, figée, alors qu'il embrassait le dos de son gant, ses yeux noirs transperçant les siens.
"Prince Karl, des Iles du Sud," dit-il finalement.
Karl.
Pas Hans.
Elsa relâcha le souffle qu'elle ne s'était pas rendue compte avoir retenu.
L'imposante figure en face d'elle commença à parler. "D'abord et avant tout, Reine Elsa, laissez-moi vous présenter mes excuses pour l'atroce conduite de mon plus petit frère à votre égard et celui de votre sœur-"
Elsa retira sa main de sa poignée. "Merci, prince Karl, mais ce n'est pas la peine," rétorqua-t-elle, froide, se retournant pour marcher en direction de sa chaise derrière le large bureau. "Nous avons des affaires plus importantes à discuter." Elle était entrain de cacher la soudaine vague de peur derrière un voile d'hostilité, et elle le savait.
En soupirant, elle tenta un sourire qui, dans un sens, elle espérait plus conducteur a leur imminente discussion, et fit de nouveau face aux dignitaires. "S'il vous plait, asseyez-vous," elle fit un signe de la tête vers les chaises, fixant des yeux le prince Karl alors qu''il prenait place à celle du milieu.
Assumant un air de maturité qui démentait son âge, elle se lança dans le discours qu'elle construisait de plus en plus dans son esprit depuis qu'elle était réveillée.
"Messieurs, comme vous le voyez, Arendelle a souffert d'un hiver plutôt sévère cette année." Choisissant d'ignorer le gros éclair de culpabilité qui la frappait, Elsa continua. "Par conséquent, je suis sure que je n'ai pas besoin d'expliquer le besoin immédiat d'un partenaire commercial pour le royaume, plus spécialement un qui est prêt à accepter - comment pourrais-je dire - un envoi plutôt retardé de notre côté."
Le prince Karl demeurait silencieux. La blonde essaya de ne pas laisser cela l'affecter.
"Arendelle serait plus reconnaissante aux Iles du Sud si vous acceptiez l'offre suivante," elle prit une profonde inspiration. Cela allait être une vente difficile. "Permettez-nous de renoncer à une expédition cette année, et nous vous enverrons le triple des marchandises que nous vous devront à la suivante." Finit-elle, serrant la mâchoire pour l'empêcher de dire quoi que ce soit de plus, attendant anxieusement la réponse du prince.
Elle fut alors surprise quand le prince répondit, "Nous acceptons votre proposition, Reine d'Arendelle."
Elsa cligna des yeux.
"Cela semble être la ligne de conduite la plus respectable, considérant ce qui est arrivé entre vous et mon frère," continua-t-il.
Surprise de si peu d'effort pour l'échange, la blonde n'était pas certaine de savoir quoi dire ensuite.
"Avez-vous d'autres requêtes pour les Iles du Sud ? " finit le prince, avec un sourire étonnamment sincère.
La reine tenta de rendre ce sourire. "Non...non, c'était- c'était tout ce que j'espérais venant de votre royaume."
"Excellent !" le prince sauta de sa chaise. "Alors que diriez-vous de célébrer ce partenariat avec un repas ensemble ? Par exemple diner ce soir ? J'ai entendu des choses extraordinaires à propos de la cuisine d'Arendelle !"
Elsa sentit qu'elle pouvait se relaxer pour la première fois ce matin. Sa ressemblance avec son frère était frappante, mais Karl et Hans avaient des qualités bien opposées. Elle était presque impatiente de les inviter dans la grande salle à manger du château. Et connaissant la nature ouverte de sa sœur, elle était sure que Anna allait être-
La blonde grimaça. Comment avait-elle pu oublier ? Anna ignorait complètement la visite du prince. Elsa avait choisi de lui cacher par peur d'effrayer sa jeune sœur à croire que Hans pouvait revenir à Arendelle. Reconnaissant qu'elle puisse limiter les dégâts entre maintenant et plus tard dans la soirée, elle consentit rapidement à la requête du prince et s'excusa pour aller trouver sa sœur.
Trouver Anna n'était pas difficile. Elle était retournée dans sa chambre pour retrouver son lit vidé, mais Elsa n'était pas si surprise. Depuis la fin de l'hiver, la rousse n'était presque plus jamais à l'intérieur -sauf pour dormir et manger- choisissant soit de passer ses journées dans les montagnes avec Kristoff, Sven et Olaf, soit dans les jardins autour du château.
Aujourd'hui elle était assise en tailleur près d'un petit étang dans l'un des jardins les plus isolés, entourée d'une palette de canetons, elle en berçait un sur sa poitrine. Le soleil filtrait à travers les feuilles de l'orme sous lequel elle était assise, rendant la scène comme dans un rêve. La blonde n'avait pas annoncé sa présence, et avait préféré regarder sa sœur pendant un moment.
La rousse roucoulait doucement au caneton qu'elle tenait dans ses bras, et le cœur d'Elsa fondit. Anna était tellement... la blonde ne put trouver les bons mots pour la décrire. Sa sœur avait un cœur tellement grand. Elle paraissait naïve, mais simplement par le simple fait qu'elle choisissait de voir le meilleur en chacun.
Et elle était belle. Dieu, qu'elle était belle. Elsa sentit sa poitrine se serrer et ses joues chauffer a la pensée inattendue qui se profilait à l'avant de son esprit. Elle pouvait voir pourquoi Kristoff était tombé amoureux d'elle. Malheureusement pour le pauvre homme bienveillant, Anna lui avait catégoriquement indiqué que bien qu'elle lui était très reconnaissante envers son altruisme dans leurs efforts pour faire cesser l'éternel hiver que la blonde avait créé, après ce qui s'était passé avec Hans, elle pas prête à être avec lui de la manière à laquelle il aspirait.
Kristoff lui-même avait révélé la plupart de tout ça à Elsa quand elle lui avait demandé pourquoi il n'avait pas confessé ses sentiments à sa sœur. Non surpris, mais quand même un peu embarrassé par cette évidence, le livreur de glaçons lui avait révélé les raisons pour lesquelles Anna avait choisi de ne pas poursuivre cette romance, puis avait ajouté quelque chose qui avait interloqué la reine.
"Elle t'aime toi, Elsa. Plus qu'elle ne pourra jamais m'aimer."
Elsa savait que Kristoff, bien sûr, voulait dire que la rousse l'aimait comme une sœur, mais elle avait été incapable de calmer complètement la rageuse rafale d'émotions que ces simples mots avaient remué dans son cœur. Elle aimait aussi Anna comme une sœur. Mais aimer la rousse aussi profondément qu'elle le faisait... elle était presque apeurée de comprendre pleinement ce que -
"Elsa ?" le train de ses pensées fut interrompu par leur objet lui-même, la douce voix sucrée d'Anna portée légèrement par la brise. La blonde ne put empêcher un tendre sourire de sillonner son visage. Approchant doucement de sa sœur, et pour ne pas effrayer les canetons, elle s'arrêta quelques pas à l'écart.
La rousse retira avec douceur une main de sous le caneton qu'elle tenait, et tapota le sol près d'elle. "Viens t'asseoir, Elsa. Ils ne mordent pas," elle retourna son attention sur les canetons, "n'est-ce pas, petits gars ? Vous voulez juste des caresses, hein ? "
Elsa fondit encore une fois.
"Comment s'est passé ton rendez-vous de ce matin ?" Demanda la jeune fille, alors que la reine se baissait gracieusement sur l'herbe.
Surprise, elle répliqua, "Tu savais à propos de ça ?" Anna rigola.
"Bien sûr, idiote ! Pourquoi tu serais-tu levée si tôt sinon ?" dit la rousse, sèchement.
La blonde se châtia elle-même pour avoir jamais pensé que sa petite sœur n'était pas assez observatrice.
"Donc ?" Demanda Anna avec espoir, "Comment c'était ?"
Elsa redressa le dos. "En fait, c'est ce pourquoi je suis venue te trouver. J'ai besoin de te dire quelque chose. "
La rousse fronça les sourcils au ton sérieux avec lequel sa sœur avait parlé. Penchant la tête légèrement, elle implora silencieusement sa sœur de continuer.
"J'ai rencontré quelques dignitaires ce matin... l'un d'entre eux était un Prince... des Iles du Sud," les yeux d'Anna s'assombrirent. Elsa devina qu'elle maîtrisait à peine sa colère. Envers elle ou Hans, elle n'en était pas sure, mais elle continua quand même. " Je suis désolée de ne pas te l'avoir dit plus tôt, mais je ne voulais pas que tu t'inquiètes-"
"Hans t'a presque tuée, Elsa," aboya sa sœur. "Il a tenté de nous prendre le royaume ! bien sûr que je me serais inquiétée !"
Le caneton qu'Anna tenait s'échappa de ses bras et s'éparpilla avec les autres au bruit soudain.
"Anna-"
"Non, ne me 'Anna' pas ! C'est ça qui te tourmentait ces derniers jours ? " Elsa ne voulut pas mentir. C'était l'une des raisons pour lesquelles elle était si tendue récemment, mais les autres raisons... elle ne voulait même pas se les admettre à elle-même, encore moins à sa sœur. Donc elle acquiesça simplement, mais la rousse continua de la réprimander.
"Qu'est ce qui pourrait peut-être faire que tu veuilles avoir quelque chose à faire avec ces - ces - ordures qu'ils appellent une famille royale ? " Sa sœur tremblait maintenant.
"Anna-"
"Je ne peux pas croire que tu ne me l'as pas dit ! Je pensais que nous ne devions plus avoir de secret l'une envers l'autre !"
"Anna-"
" Tu étais la seule à me dire qu'on ne 'refermera plus jamais les portes' non ? Ou voulais-tu seulement parler des portes du château, et pas celles entre nous ? "
"Anna !" La reine élevait rarement la voix, alors la vive exclamation du nom de sa sœur la coupa court. "Anna, s'il te plait, crois-moi, je ne voulais pas ! Mais Arendelle-" elle hésita, "Arendelle a beaucoup souffert de mes mains. Nous avons à peine assez de cultures. La plupart de nos bateaux de pêche sont en réparation. Mon peuple est presque affamé et c'est moi qui ai causé tout ça. Même si je n'étais pas Reine d'Arendelle, je devais faire ça pour eux."
Le feu quitta les yeux d'Anna et elle regarda tristement sa sœur.
La blonde continua. "Je ne voulais pas te le dire parce que je ne voulais pas que tu t'inquiètes, mais encore plus que ça, je ne voulais pas t'effrayer. Ce que Hans t'a fait -"
"Nous a fait," corrigea la rousse.
La reine secoua la tête et sa voix vacilla. "T'a fait, c'est quelque chose dont j'aurais voulu être présente pour te protéger contre, au lieu de me cacher dans la Montagne du Nord. Il a pris avantage de la meilleure part de toi. La partie qui ne voit que du bon en les gens." La perpétuelle culpabilité en elle éclata à nouveau, et son ton devint menaçant. "Et aussi longtemps que je vivrai, Anna, je ne laisserai jamais qui que ce soit te blesser à nouveau. Je le promet."
"Elsa," la jeune fille tendit la main pour prendre celle de la blonde. Elle la pressa de manière rassurante. "Je ne te blâme pas pour ce qui s'est passé, tu le sais, hein ? "
La reine détourna le regard.
"Tu essayais de me protéger en restant à l' écart, j'ai compris ça. Donc s'il te plaît ne pense pas que c'était ta faute. Hans était le seul et unique à blâmer ici," dit la rousse sérieusement.
Elsa se mordit la joue. Cette fille a traversé un enfer gelé, se sacrifiant pour sa sœur et a failli mourir. Et la voici, convaincue que la reine n'a rien fait pour lui faire de mal. Elsa ne la méritait pas.
"Je ne te mérite pas," ses pensées glissèrent de sa bouche sans qu'elle ne s'en rende compte.
Anna cligna des yeux, puis se mit à rire. La blonde leva les yeux avec surprise. "Bien sûr que si, idiote. Tu m'as fait un bonhomme de neige bien vivant, tu te souviens ? "
Le profond ridicule de ce moment fit instantanément remonter l'humeur d'Elsa. Comment se faisait-il qu'Anna puisse la traîner hors de chaque sombre endroit où son esprit décide d'aller avec une simple phrase ? Elle se mit à rire avec sa sœur. "Bien, bien. Si tu le dis."
Se souvenant de la première raison pour laquelle elle voulait parler à Anna, elle ajouta, "Donc je devine, puisque que je suis une super sœur et tout, que je peux probablement te dire que j'ai organisé un dîner pour ce soir."
Anna couina de plaisir. "Un dîner ! Oh mon dieu, bien habillé, avec de la bonne nourriture, dîner-plus-que-juste-toi-et-moi-à-table ?" La blonde acquiesça, et fut presque jetée à terre par la rousse grimpant à ses pieds. "Oh ! Il faut que j'aille choisir ce que je vais mettre ! Je peux remonter mes cheveux comme ça ?" Elle bricola une tresse. "Et quelle couleur la robe ? Je pense à la verte, puisque c'est le printemps. Peut-être un ruban rose. Que vas-tu porter, Elsa ?"
Mais la blonde ne répondit pas, ou n'entendit même pas la rousse. Au lieu de ça, elle s'assit simplement avec un sourire étourdit sur le visage, pour une fois dans sa vie elle était complètement inconsciente de ce qui se passait autour, sa sœur était son seul centre d'attention.
