Hello! Voici le premier chapitre!
Avant toute chose, des petites réponses bien méritées:
Unepetitefolle: Merci ÉNORMÉMENT! Première rewiew, première réponse ;) Cette rewiew m'a fait très plaisir, et j'espère que la suite te plaira toujours :D
Secret girl: Merci pour ton petit commentaire qui m'a fait très plaisir, j'espère que tu aimeras ce chapitre :)
Jess: Merci, je te souhaite une bonne lecture!
Le Chamau: Merci pour ta rewiew, j'espère que tu trouveras cette suite aussi plaisante que le prologue! ;)
thepunk: Les méandres me suivront partout! Merci pour la petite rewiew! Et oui, j'ai toujours quelqu'un derrière moi pour me dire de continuer! ^^'
Un grand merci tout particulier à choupette13 pur son super boulot de correction !
BONNE LECTURE!
Hermione Granger était une fille à qui l'on pouvait donner de nombreux qualificatifs tous aussi révélateurs les uns que les autres. Bien sûr, elle était jeune, rafraîchissante et jolie, mais elle était avant tout courageuse, intrépide et déterminée comme personne. Après avoir eu une enfance pour le moins mystérieuse et difficile, elle avait décidé de mettre ses talents spéciaux au service de la Couronne grâce à une organisation secrète : Gryffindor. Très vite, elle s'était imposée face à ses collègues et concurrents pour devenir au final un des éléments clé de cette organisation. Elle avait ainsi appris à se socialiser et avait fait la rencontre de personnes merveilleuses aussi bien à Gryffindor qu'au cours des différentes missions qu'on lui avait confiées.
Hermione Granger était également une jeune femme extrêmement sérieuse ayant une passion sans bornes pour les livres et une soif de connaissance que nul n'arrivait à étancher et cela se remarquait notamment dans es petites habitudes dont elle n'arrivait pas -et ne voulait pas- se défaire.
En effet, elle était maniaque et pointilleuse. Chaque élément, chaque émotion ressentie, chaque détails observés étaient retranscrits avec une précision rare dans de petits cahier qu'elle gardait toujours pres d'elle. Rien ne lui échappait. Rien. C'est pourquoi cette soirée-là, elle se retrouvait assise face à son bureau en bois sombre, éclairée par la faible lueur d'une bougie bientôt consumée. Seul le bruit de sa plume l'accompagnait incessamment. Elle écrivait, détaillait, analysait la journée intrépide qu'elle venait de passer avec une passion qui lui était propre.
Une fois cela fini, elle passa une main rêveuse dans ses boucles de cheveux rebelles attachées en une vulgaire queue-de-cheval, et posa délicatement sa plume sur l'encrier. Delà, elle rangea avec précaution les pages noircies dans son tiroir de bureau et ne put s'empêcher de sourire à la vue du nombre incalculables de pages. Ces pages qu'elle affectionnait temps. Ces pages qu'elle remplissait de mots d'encre gravés à la pointe de sa plume favorite. Elle en était tellement fière.
Ce n'est qu'à ce moment précis qu'elle se rendit compte que la flamme qui l'éclairait jusqu'à présent vacillait et menaçait dangereusement de s'éteindre. Elle entreprit donc d'allumer d'autres bougies dans son modeste appartement et elle en profita pour se réchauffer. Elle allait enfin se changer.
En effet, la jeune demoiselle avait passé une longue et dure journée notamment à cause du corset qu'elle portait depuis l'aube pour une mission ridiculement facile. Elle détestait le port de corset ou de tout autre vêtement pouvant entraver son efficacité sur le terrain. Non, Hermione Granger était plutôt le genre de fille qui n'hésitait pas à se dissimuler sous un accoutrement masculin pour exécuter certaines tâches ou pour éviter un fâcheux accident lors des nuits de travail. Hermione Granger était une fille aimant la simplicité et l'efficacité. Rien de plus, rien de moins.
Tout en délaçant son corset, la jeune femme se mit à penser à Harry Potter et Ronald Weasley. Elle les avait rencontrés des années auparavant au détour d'une mission alors qu'elle naviguait clandestinement à bord de leur navire. Ils l'avaient bien entendu trouvé – d'ailleurs, elle n'arrivait toujours pas à s'en remettre - mais en apprenant qu'elle était agent à Gryffindor, ils lui avaient évité de passer par-dessus bord. Après tout, ils avaient eux aussi offert leurs services à cette organisation étant plus jeunes...
Depuis cette mésaventure, elle avait eu l'occasion de les revoir et avait même sympathisé avec eux jusqu'à devenir leur amie. Leur lien était tel, qu'elle avait fini par éprouver une forte attirance envers Ronald, mais aujourd'hui, ils étaient simplement « amis ». Il venait par ailleurs de se fiancer avec une dénommée Lavander Brown et voguait sans aucun doute avec Harry sur de nouveaux océans.
Elle sourit à cette pensée et rangea proprement son corset. Elle se demandait ce qu'ils devenaient, cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas eu de leur nouvelle
Elle enleva ce qui lui servait de jupon et choisit une chemise blanche parmi les différents vêtements qui s'éparpillaient dans son armoire. Elle défit sa queue-de-cheval pour laisser ses boucles d'un joli châtain doré encadrer son visage et jouer avec ses épaules délicates. Elle se posta délicatement devant la fenêtre et soupira devant le spectacle qui s'écoulait sous ses yeux. Le soleil était en train de se coucher et il pleuvait. Encore. Elle n'eut même pas le temps de s'en plaindre davantage que quelqu'un sonna à la porte d'entrée. Hermione sortit de sa contemplation et alla ouvrir sa porte d'entrée, les sourcils froncés. Qui pouvait bien venir la déranger à cette heure-là ? Elle fut d'autant plus déconcertée quand elle n'aperçut personne en face d'elle.
Seule une lettre trônait sur son pallier. Elle la ramassa, la bouche en O. Deux petits mots y étaient inscrits : « Miss Granger ». Elle ferma aussitôt la porte et arracha furieusement l'enveloppe, le cœur battant d'excitation. Elle connaissait son expéditeur et la signification de la lettre.
« Miss Granger,
Nous tenons tout d'abord à vous féliciter de l'efficacité dont vous avez fait preuve au cours de votre dernière mission, toutefois, pour être honnête avec vous, vous féliciter n'est pas la raison de ce message. En effet, nous avons une nouvelle mission à vous confier et ce, le plus vite possible. Nous ne pouvons rien vous détailler dans cette lettre, c'est pourquoi, vous avez rendez-vous avec A.J demain matin, là-où-vous-savez à 8h00 précises.
Bonne fin de soirée,
L'équipe des Lions Rouges de G. »
Hermione se laissa tomber de manière négligée dans son sofa et jeta la tête en arrière en soufflant bruyamment. Et dire qu'elle avait espéré avoir au moins quelques jours de repos…C'était raté. Elle venait de démanteler une affaire concernant un réseau qui mêlait drogue et prostituées et elle n'avait même pas eu droit à une journée de répit.
En relisant la lettre, la jeune femme se dit que si l'équipe des Lions Rouges se mettait à la féliciter, et qu'en plus elle avait un rendez-vous avec A.J, alors sa mission devait être aussi bien importante que délicate à gérer. Et, qui disait mission délicate à gérer, disait qu'elle allait y consacrer tout son temps pendant des semaines entières,voire plus. Elle soupira une nouvelle fois et se leva pour éteindre une à une les bougies allumées quelques minutes plus tôt. Après cela, la jeune femme gagna sa chambre pour s'endormir à l'intérieur de ses draps douillets qu'elle affectionnait tant.
Il était 7h59 et 23 secondes lorsque Hermione arriva au lieu de rendez-vous. Elle avait passé une nuit paisible qui la rendait plus fraiche que jamais. Toutefois, en ce moment précis, elle était légèrement -pour ne pas dire beaucoup- angoissée par ce qui l'attendait. Le vent matinal s'engouffra dans le creux de sa nuque et elle ferma les yeux pour mieux l'apprécier.
Toujours ponctuelle à ce que je vois Miss Granger, annonça quelqu'un derrière son dos.
- La ponctualité est la politesse des rois, répondit avec un amusement peu dissimulé, la jeune femme respectueuse.
Amelia Jones, car c'était bien elle, ne retint pas son éclat de rire devant son agent favori, la meilleure qu'elle ait pu connaître. Quelque peu encouragée par l'attitude de sa supérieure, Hermione se finit par se détendre en oubliant même ses craintes précédentes.
- Bien, Miss Granger, comme vous le savez, je vous demande de commencer une nouvelle mission. Peut-être en avez-vous déjà entendu parler, mais Lord Nicham a été froidement assassiné de manière similaire à l'assassinat d'Ian Nickpsin. Cette histoire tourmente grandement Sa Majesté la Reine qui a directement fait appel à nous.
La directrice fit une pause pour laisser à Hermione le temps de se mettre à jour dans les notes qu'elle avait commencées à écrire.
- Pour cette affaire, reprit-elle d'une voix assurée, vous allez devoir faire votre entrée parmi les mondains et vous créer une fausse identité. Mais…il y a…Disons…Euh…Une autre particularité ou plutôt une condition pour cette affaire.
Hermione fronça les sourcils. Tant qu'elle n'avait pas à épouser un vieil aristocrate pervers, il n'y avait pas de problème.
- Il va falloir que tu coopères - Amelia insista bien sur le dernier terme - avec un autre agent.
- Qui ça ? demanda Hermione en relevant la tête de ses notes.
À vrai dire, je ne le sais pas encore.
Devant l'entonnement d'Hermione, la Directrice s'empressa de rajouter :
- Il ne fait pas parti de Gryffindor mais de Slytherin… Enfin, ça ne veut absolument rien dire, il est peut-être très sympathique !
Le scepticisme d'Hermione se lisait de manière très évidente sur son visage mais Amelia Jones ne s'en formalisa pas car elle pouvait la comprendre. En fait, elle-même ne croyait pas à ce qu'elle venait de dire.
En réalité, continua Lady Jones, si je t'ai fait venir de si bonne heure, c'est parce que nous allons les rencontrer, lui et Miles Naquroi, au Hogwarts afin de nous occuper des derniers réglages avant de vous laisser enquêter.
Elles avaient rendez-vous deux heures plus tard, sans qu'Hermione n'ait connaissance du lieu. Alors que la ville londonienne défilait à l'extérieur du fiacre où elles étaient assises, Hermione observa son propre reflet sur la petite fenêtre qui lui faisait face. Le matin même, elle s'était contentée d'enfiler une simple robe de coton alors que Lady Jones avait opté pour des dentelles et du satin d'un rouge plus pâle que d'habitude. Bien entendu, Hermione n'avait pas fait l'effort d'une quelconque mise en beauté qu'elle jugeait superficielle et totalement inutile. Un coup de brosse dans ses cheveux et de l'eau fraîche sur son visage étaient largement suffisants pour faire ressortir la fraicheur de son visage, et commencer une journée dans la bonne humeur. Malgré ces bonnes paroles, elle commençait à regretter de ne pas avoir fait plus attention à son image.
Ah si seulement elle avait noué un de ces stupides corsets - sans qu'il ne soit oppressant, bien entendu - et porté une paire de bottines à talons. Au début de sa carrière, la jeune femme n'avait absolument pas adhéré à ce qu'elle avait longtemps considéré comme un véritable instrument de torture pour ses pieds. Cependant, elle avait vite réalisé que cela pouvait s'avérer être une arme sans précédent, pour repousser d'éventuels messieurs envahissants ou même dissimuler un poignard. Depuis, elle avait vite reconsidéré sa position. Et, c'est à force d'ampoules et d'acharnement qu'elle les avait totalement adoptés. De plus, n'étant pas bien grande de base, ils lui offraient quelques centimètres supplémentaires que Dame Nature lui avait refusés.
Ce fut Lady Jones qui la tira de ses rêveries :
- On y est, je ne serais pas étonnée qu'ils soient déjà présents.
Hermione sortit peu à peu de sa léthargie pour descendre du fiacre et remettre ses idées en place. Alors qu'elle s'apprêtait à franchir les portes de la grande brasserie, apparemment très réputée, qui se dessinait devant elle, Amelia Jones la retint quelques secondes et murmura d'une voix qui se voulait rassurante :
- Hermione, je dois t'avouer que ça me rassurerait si tu te présentais sous une fausse identité. Il vaut mieux être trop prudente que pas assez…
La jeune femme hocha la tête en guise d'accord, s'apliquant à ne pas dévoiler son étonnement.
- Que penses-tu d'Amber Smith ? C'est passe-partout et puis tu as l'habitude de travailler sous un autre nom.
- Oui, oui cela sera très bien, parfait même. »
- Dans ce cas, entrons dès maintenant.
Lady Jones poussa les portes de la brasserie et entra avec Hermione à sa suite. Lorsque la jeune femme passa les portes, la première chose qu'elle remarqua fut l'obscurité qui régnait dans une ambiance feutrée. Le Hogwarts se composait de deux parties distinctes mais communicantes. La première était ce qu'on aurait pu qualifier de pub avec un bar et des adeptes de whisky qui parlaient trop bruyamment ou qui dormaient profondément sur leur table. Cependant, si on s'avançait un peu plus loin dans la pièce, on pouvait apercevoir un coin plus paisible où se retrouvaient les « gens de la haute » comme aimait les appeler Hermione avec sarcasme.
Cette pièce se composait essentiellement de fauteuils aux allures confortables, recouverts d'un velours vert bronze, et entourés de tables spacieuses en bois. Hermione se rendit compte qu'une douce mélodie enveloppait la salle une fois qu'on entrait dans la deuxième partie de la taverne. Elle aperçut au fond de la salle un vieil homme qui jouait une délicate musique sur un vieux piano noir. La jeune femme aurait aimé le regarder plus longtemps, mais malheureusement le devoir l'appelait et elle avait un rendez-vous de prévu.
Elle essaya de regarder en très peu de temps les clients qui composait la salle et aperçu rapidement un couple qui échangeait de discrètes caresses, un groupe de femmes qui s'emblaient se raconter des ragots sur les uns et les autres, deux vieux aristocrates en plein milieu d'une conversation...
Enfin, son regard se posa sur deux hommes qui regardaient dans leur direction, l'air morose. Amelia se dirigeait déjà vers eux alors qu'Hermione n'avait pas eu le temps de les détailler comme elle le voulait. À première vue, ils étaient vêtus très élégamment –un peu trop même. Elle arriva à leur hauteur, l'air réservé, et la première chose qui la frappa de plein fouet, ce fut leur comportement hautain voire irrespectueux. Sans prendre la peine de se lever, ils se contentèrent simplement de les saluer d'un simple signe de tête, sans cacher leur mépris. Hermione ne fit aucun commentaire, mais en son fort intérieur elle bouillonnait de rage. Toutefois, elle se devait de faire des efforts. Après tout, elle allait devoir coopérer avec eux…Du moins avec l'un d'eux.
En prenant place dans un des fauteuils qui s'offrait à elle, Hermione les observa. Le plus âgé était brun et avait des yeux d'un noir si profond que son visage venait se parer d'une expression glaciale. Hermione réprima un frisson désagréable face à l'intensité de son regard ténébreux. Le plus jeune, quand à lui, devait avoir deux ans de plus qu'elle. Du haut de ses vingt-cinq années il arborait une chevelure blonde savamment décoiffée, une peau pâle et des yeux gris orage qui la regardait avec un mépris glacial non dissimulé.
Comme elle ne parlait pas, Lord Naquroi pris la parole d'une voix plate et grave :
- Bonjour, mesdemoiselles, je vous présente mon meilleur agent : Draco Malfoy.
- Et voici Amber Smith, déclara Amélia d'un ton sec, elle n'est pas encore à la cour, mais cela ne devrait plus tarder puisque pour cette mission, il faudra qu'elle fréquente les aristocrates…
Elle avait dit cette phrase d'une froideur que la jeune femme ne lui connaissait pas. Lord Naquroi esquissa quant à lui un sourire mauvais qui étonna Hermione au plus haut point :
- Bien entendu, je ne doute pas des capacités de Miss…Smith, c'est ça ? Enfin, je peux vous assurer que M. Malfoy, ici présent, a toujours montré une efficacité à toute épreuve… sans subir le moindre échec.
- Alors je suppose que la mission sera rapidement bouclée.
- Sans aucun doute, siffla Miles Naquroi.
La tension était plus que palpable et si le dit Malfoy semblait s'en amuser, ce ne fut pas le cas d'Hermione qui se racla la gorge pour essayer de faire revenir la conversation sur le sujet de base.
- Miss Smith semble avoir quelque chose à suggérer, remarqua Miles d'un œil méprisant.
- Et si nous discutions du déroulement de la mission ? Histoire que cette rencontre ne se résume pas à un concours de joutes verbales.
Si Lady Jones semblait plus fière que jamais de la prise de parole de son agent, Lord Naquroi la toisa d'un regard encore plus provocateur que quelques secondes auparavant. Malfoy, lui, haussa un sourcil avec une expression tellement méprisante que pour la première fois, Hermione se sentit sale, dégradée au rang de simple chose. Elle avait l'impression qu'il l'examinait comme si elle était une immondice sans nom, un déchet qui n'avait pas sa place. Elle l'aurait giflé.
Cependant, elle décida de soutenir son regard, déterminée à ne pas se laisser rabaisser par un simple coup d'œil. Ce fut Lord Naquroi, qui entreprit de reprendre la conversation là où ils l'avaient laissée.
- Bien entendu, il serait regrettable d'avoir eu à se supporter sans aborder le sujet qui nous emmène ici : le meurtre du Duc de Nicham.
Lady Jones le fusilla d'un regard incendiaire et il en semblait particulièrement amusé.
- L'enquête se déroulera donc en deux parties. Dans un premier temps, vous travaillerez chacun de votre côté. C'est pendant cette période que Miss Smith essaiera de faire son entrée parmi les personnages les plus illustres de la société anglaise. C'est à vous de décider de la manière dont vous communiquerez, cela n'est pas notre problème. Ensuite, lorsque Miss Smith aura été introduite à la cour, vous devrez orchestrer un pseudo rapprochement pour que vous puissiez vous parler et coopérer sans éveiller ni les soupçons de tueurs potentiels, ni les cancanières mondaines. Vous pourrez prétendre à un lien de parenté par exemple. Si des déplacements sont nécessaires, vous devrez les effectuer ensemble. Désolé Draco mais la Reine y tient.
Hermione ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel face à l'attitude enfantine des deux hommes qui lui faisaient face. Amelia Jones hocha la tête pour approuver les dires de Miles Naquroi, mais visiblement elle en pensait tout autant. Il y eut un silence. La tension était encore une fois palpable, l'air électrique et tout le monde se regardait d'un air méfiant. Ce fut Lady Amelia Jones qui brisa le silence.
- Bien, je crois que tout a été dit, je me retire donc pour vous laisser du temps et apprendre à mieux vous connaître… ou faire les derniers réglages sur votre future coopération.
Elle se leva dans le bruit du froissement des tissus de sa robe, et fut suivie de près de Lord Naquroi qui souleva légèrement son haut-de-forme pour les saluer.
- Draco, Miss Smith, passez une agréable journée.
Draco et Hermione se toisèrent le plus froidement possible. D'un geste pensif, ce dernier se gratta distraitement le menton et murmura :
- Amber Smith…Ça ne me dit rien.
Il marqua une courte pause pour la dévisager, et finit par hausser des épaules.
- Enfin, ça ne m'étonne pas vraiment… Ne le prends pas personnellement surtout, ajouta-t-il un brin narquois.
- Non, bien sûr que non… Draco Malfoy en revanche ça me dit vaguement quelque chose…Ah mais oui bien sûr ! Ce ne serait pas toi qui a essayé de rentrer dans la garde officielle de la Reine mais qui a échoué ? À moins que tu ne sois celui dont les avances ont été refusées par la délicate Fleur Delacour ? Ne le prends pas personnellement surtout…
- De quel droit oses-tu me tutoyer ? Je suis bien plus haut placé que toi dans la société, petite paysanne de…Pacotille, persifla méchamment le blond.
- Je suppose que c'est mon manque de connaissances concernant l'étiquette qui me fait défaut, ironisa simplement la jeune femme. Cependant, je m'apprête à faire partie des femmes de la cour, donc, tu auras le droit au respect que tu m'accordes ou que j'estime que tu mérites. Étiquette ou no.
Draco Malfoy la toisa d'un regard mauvais, serrant les mâchoires.
Bien, revenons au sujet initial ; la mission. Je te propose, qu'une fois par semaine, sauf en cas de découverte majeure auquel cas, on se contacte directement, on se retrouve ici.
Hermione hocha la tête en guise d'accord.
- Si tu veux me contacter plus rapidement, dépose un billet au gérant de cette brasserie. Il sait tenir sa langue et j'y passe très souvent. Et toi, où veux-tu que je dépose un message si je dois te contacter rapidement ?
Hermione connaissait déja la réponse sans avoir besoin de réfléchir :
- Tu connais la librairie Fleury&Bott ?
Draco hocha pensivement la tête et Hermione continua :
- Tu pourras y déposer un billet pour moi. Je connais bien le libraire et je passe souvent le saluer…Oui, c'est le meilleur endroit où tu puisses me trouver ou me contacter.
- C'est d'accord. Cette semaine, tu te charges de faire des recherches sur Ian Nickpsin, je m'occupe du Duc de Nicham. J'espère que tu n'auras pas trop de difficultés à enquêter…Smith, siffla-t-il, moqueur.
- Ne t'inquiète pas Malfoy, je n'échoue jamais.
J'espère bien, je détesterai échouer par la faute.
De même, Malfoy.
Ça n'arrivera pas Smith
Hermione plissa les yeux dans une expression froide. Draco, lui, esquissa un sourire en coin, puis, se releva le plus dignement possible de son fauteuil :
- Bon, ce n'est pas que je m'ennuie, mais il se fait tard. À dans une semaine.
Hermione ne prit même pas la peine de répondre. Elle avait bien l'intention de lui rendre l'impolitesse avec laquelle elle avait été accueillie.
Ses yeux se posèrent rêveusement sur la bougie qui flambait sur le centre de la table, laissant une lumière chaude et agréable se diffuser autour d'elle. Un insecte voleta autour de l'onde de chaleur que procurait la flamme et Hermione se sentit d'un seul coup hypnotiser par la scène qui se déroulait sous ses yeux. Elle regarda le ballet de la flamme et ne put s'empêcher de pousser un petit soupir lorsque l'insecte finit par se brûler bêtement les ailes pour s'écraser subitement sur le bois verni de la table. La jeune femme remarqua que le pianiste avait quitté la salle et le silence des lieux semblait lourd et mélancolique. Elle prit toutefois le temps de sortir son cahier pour y retranscrire le plus précisément possible les faits qui venaient de se dérouler quelques minutes auparavant. Une fois cela fini, elle se leva et se passa nerveusement la main dans ses boucles folles. Elle avait besoin d'aller retrouver son havre de paix.
Elle n'avait pas assez d'argent pour arrêter un cocher et décida donc de marcher et de profiter de l'air frais plaqué sur son visage, le soleil tapant sur ses épaules délicates. Elle n'avait pas d'ombrelle contrairement à la plupart des femmes, mais elle s'en fichait. Royalement. Tandis que son esprit vagabondait, elle repensa à son nouveau collègue, Malefoy.
La jeune femme se mit à penser qu'elle aurait pu le trouver bel homme s'il ne lui inspirait pas une antipathie aussi prononcée. Tout lui déplaisait chez lui. De sa posture à son expression méprisante en passant par son regard acier d'un froid polaire. Il semblait dénué de toute émotion, tout simplement.
Lorsqu'elle remarqua qu'elle arrivait à destination, Hermione décréta qu'elle ne l'aimait pas.
La jeune femme soupira avec aise lorsque le panneau d'entrée Fleury&Bott lui fit face. Immédiatement, l'odeur des vieux livres l'assaillit et elle se sentit plus heureuse que jamais. Ils étaient partout, de haut en bas, par terre, dans les rayons, sur l'escalier qui menait à un autre étage, sur des échelles en bois… Hermione se sentit revivre. Une voix la sortit de sa transe de bonheur.
- Bonjour, bienvenue à Fleury&Bott ! Que puis-je faire pour v… Ah Hermione ! C'est toi ! Comment vas-tu ?
- Bonjour, Mrs Pince ! Je me porte très bien et vous ? Votre mari n'est pas là ?
- Si, si, il est là quelque part derrière une montagne de livres. PERCEVAL ! IL Y A LA JEUNE HERMIONE QUI DEMANDE À TE PARLER !
Hermione ricana face à cette scène. Elle se reprit et demanda à la vieille femme, épouse du gérant de cette magnifique librairie :
- Il est rare de vous voir ici Madame, que nous vaut ce plaisir ?
- Et bien, il se trouve que j'ai peu de travail aux Archives, surtout en ce moment, et comme Perceval croule toujours sous les livres, je suis venue l'aider parce qu'on…
- … Se le dise, c'est un vrai foutoir ! Je ne suis soi-disant pas capable de ranger ! Elle est pourtant très bien ma librairie ! Coupa M. Pince qui venait tout juste d'arriver.
Le vieil homme avait fait son entrée dans une expression faussement désespérée que trahissaient ses yeux malicieux. Pas très grand, il avait le crâne quelque peu dégarni et ses rares cheveux avaient gardé une couleur grisonnante. C'était une personne qu'Hermione affectionnait particulièrement.
- Comment vas-tu Hermione ?
- Parfaitement bien et vous ?
L'homme sourit devant la gentillesse de la brunette et répondit :
- Je me porte très bien jeune fille ! Que puis-je faire pour ma meilleure cliente ?
- Voilà, il se trouve que dans le cadre d'une affaire dont je m'occupe, je me suis renommée Amber Smith et il est possible que vous receviez des courriers à ce nom donc ne vous étonnez pas. À vrai dire, il est même envisageable que quelqu'un vienne vous questionner à ce propos. Si c'est le cas, vous connaissez Amber Smith mais pas d'Hermione Granger ! C'est d'accord ?
- Je suppose qu'il est inutile de te demander en quoi consiste cette affaire ? demanda le vieil homme avec un air malicieux plaqué sur le visage.
Hermione esquissa un sourire pour seule et unique réponse.
- Ah… Sacrée Hermione ! On ne va pas te changer de sitôt, hein ?
Elle répondit avec un large sourire qui lui allait si bien et le vieil homme pouffa.
- Je suppose que je peux bien faire ça pour toi ! soupira le dénommé
Perceval Pince.
- Merci infiniment ! s'exclama la jeune femme sautillant presque de joie et de soulagement.
- Sinon, vous n'auriez pas un roman à me conseiller ? Que je n'aie pas lu de préférence ! Plaisanta la demoiselle aux yeux ambrés, avec son plus beau sourire.
- Et bien, c'est une tâche ardue…Mais je dois bien avoir une petite romance que tu n'aie pas encore dévorée sous le bras…Voyons voir, il y aurait bien cette jolie histoire… C'est l'histoire d'une jeune femme très proche de son père, qui porte un amour sans borne à la lecture. Elle va se sacrifier pour la vie de son paternel en rencontrant un monstre. Et, au fil du livre, elle va chercher à faire ressortir le meilleur de cet odieux personnage… Cela te plairait ?
- Énormément ! S'écria Hermione, les étoiles plein les yeux.
Le couple d'une soixantaine d'années sourit devant l'engouement d'Hermione et de cette passion qui s'emparait d'elle dès l'évocation d'un ouvrage qui lui était inconnu.
- Bien, je vais te le chercher alors ! Tu tiendras compagnie à ma femme en attendant. Fais attention, il lui arrive de mordre, plaisanta Perceval Pince en s'éloignant dans les rayons de livres.
- N'IMPORTE QUOI ! FILE AVANT QUE JE TE METTE UN BON COUP DE PIED DANS LE DERRIÈRE !
Hermione explosa de rire, laissant chanter sa voix cristalline qui percutait des ouvrages lus et relus pour la plupart. Mrs Pince regarda la jeune femme, qui semblait totalement épanouie et heureuse, avec une bienveillance maternelle qui ne trompait personne. Après tout, elle était une des rares personnes de son entourage à savoir qu'Hermione n'avait pas toujours eu une vie facile.
- Au fait Madame, vous m'aviez dit que vous travaillez dans les archives de la ville, c'est bien cela ?
- Oui, oui, c'est exact, pourquoi ?
- Et bien, il se trouve que j'aimerais faire quelques recherches dans un de ces lieux pleins de richesses. Et, pour tout vous avouer, avoir votre accord me simplifierait grandement la tâche.
Elle marqua une courte pause et sentit son cœur s'accélérer lorsqu'elle remarqua l'hésitation de la vieille femme hésiter.
- Vous savez, je suis quelqu'un de très sérieuse et discrète. Je prendrai très soin des archives et travaillerait le plus vite possible … J'en ai vraiment besoin.
La vieille femme ne répondit pas, encore très hésitante :
- En fait, dans l'idéal, il me faudrait l'accord du Duc de Nicham, ou d'une autre autorité…
« Sauf que le Duc de Nicham n'est plus de ce monde… », pensa automatiquement Hermione.
- …Mais je suppose que je peux faire ça pour toi… Par contre il faut que tu comprennes que je ne peux pas te donner accès à toutes les sections. Il y en a qui sont classées confidentielles. Par conséquent, tu ne pourras pas aller ou tu veux. En revanche, si tu réussis à avoir une autorisation, je me ferai un vrai plaisir de te laisser explorer les archives !
- Merci beaucoup madame.
La vieille femme lui sourit et le propriétaire de la librairie choisit ce moment pour réapparaitre dans la pièce, un immense sourire plaqué sur le visage. Il tenait dans ses mains un magnifique ouvrage recouvert d'un cuir pourpre, extrêmement fin et attirant. Le titre figurait en lettres d'or, ce qui complétait la beauté du livre qu'elle tenait entre ses mains. Hermione n'eut qu'une seule envie : le prendre en main, le toucher, le lire avec l'adoration et s'enfouir dans l'histoire le plus vite possible.
- Quand je te dis que je sais très bien ou se trouve chaque livre et que je n'ai pas besoin de ranger cette fichue libraire ! râla Perceval Pince à l'intention de sa femme. Tiens, Hermione, c'est pour toi.
La jeune femme s'en saisit avec empressement et lu le titre : « La Belle et La Bête ». Avec une vieille habitude qui lui était propre, elle ramena le livre à son visage et respira l'odeur du vieux bouquin avec adoration.
- Combien est-ce que je vous dois ?
Avoir assez d'argent dans ses poches ou pas, telle était la véritable question.
Le couple se regarda avec un sourire entendu.
- Et bien, je pense que notre cliente la plus assidue mérite bien un petit bien un petit cadeau de fidélité … Je pense que le trois quarts de notre chiffre d'affaires se fait sur tes achats alors ce n'est que service rendu. Un petit livre comme celui-ci, ce n'est pas grand-chose.
Hermione les regarda avec sidération. Elle jeta un coup d'œil sur le livre, puis sur le couple, pour retourner sur le livre et le couple, la bouche formant un parfait O.
- Mais…mais…Je ne peux pas accepter ! Cet ouvrage doit coûter… Je ne sais pas… bien trop cher !
- Dis-nous Hermione, tu es pourtant une fille intelligente. Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans la phrase « c'est un cadeau » ?
Dans un premier temps, la jeune femme ne répondit rien, trop mal à l'aise. Tête baissée, elle se contenta de caresser avec adoration la couverture du livre, honteuse de se laisser aller et d'accepter ce présent. C'est donc avec une profonde reconnaissance qu'elle murmura :
- Merci. Merci énormément.
- Il n'y a pas de quoi, cela nous fait très plaisir. Par contre, ce n'est pas que je veuille t'angoisser, mais il est déjà 14h. Tu n'as rien à faire, aujourd'hui ?
- Déjà ? Il faut que j'y aille… merci encore !
Tout en les gratifiant d'un sourire flamboyant, elle repartit de la librairie, l'esprit en ébullition.
Elle marchait encore et toujours dans la rue, serrant le livre contre sa poitrine menue, comme si elle portait un lingot d'or. Elle n'avait pas mangé et son estomac commençait à s'agiter sérieusement. Heureusement pour elle, elle avait une pomme verte dans une des poches secrètes de sa robe de coton qu'elle s'empressa de sortir. Elle croqua avec empressement dans le fruit et savoura l'acidité sucrée qui envahissait sa bouche.
Elle était presque arrivée chez elle, dans son petit cocon, et se sentit plus heureuse que jamais. Oh bien sûr ce n'était pas un palace ni un appartement où pouvait s'entasser toute l'aristocratie, mais c'était chez elle, un appartement qu'elle avait gagné eu prix de multiples missions et à la sueur de son front. Elle était partie de rien, et aujourd'hui elle pouvait subvenir à ses besoins, comme il l'entendait. Elle n'avait pas besoin de rouler sur l'or pour être la plus heureuse des femmes.
Rapidement, elle se dirigea vers les escaliers qu'elle gravit quatre à quatre. Son chat l'attendait et elle avait furieusement envie de l'embrasser et de le dorloter comme elle en avait l'habitude. Qu'elle ne fut pas sa surprise cependant, lorsqu'elle aperçut un homme sur le pas de sa porte, le regard neutre mais fatigué. Il devait l'attendre depuis un bon moment visiblement …
- Miss Granger ? demanda t'il d'une voix calme
- Oui ?
- Une lettre pour vous.
- Pour moi ?
- Il semblerait, de toute évidence …
Hermione s'empara aussitôt du message et n'eut pas le temps de lire un mot que son messager était déjà parti.
Elle inséra sa clef dans la serrure de porte et entra en hâte chez elle, tout en déchirant sa lettre. Elle ne prêta aucune attention à la boule de poil rousse qui se jetait déjà sous sa robe blanche et se concentra sur le petit mot qui lui faisait face. Elle lut la lettre plusieurs fois d'affilée et crut en défaillir. Une chaise, il lui fallait une chaise. Une fois assise, elle jeta sa tête en arrière et se massa le cou, nerveuse. Elle ne l'avait pas vu venir celle-là. Hermione Granger était pourtant du genre à pouvoir parer toutes les éventualités. Mais elle n'avait jamais envisagé une seule seconde cette possibilité.
Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'on apprenait que Sa Majesté la Reine voulait avoir une entrevue avec vous.
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