Chapitre 5 :
La semaine venait de se terminer, une semaine plutôt rude, tout les élèves de dernière année commençaient déjà a crouler sous le travail, en effet, ils avaient énormément de notions à rattraper... Et toujours aucune nouvelle de Ron, même pas une réponse a la lettre envoyée par ses deux amis. Hermione n'en croyait pas ses yeux, elle lui en voulait beaucoup, connaissant Ron, ça ne l'étonnait pas plus que ça, mais tout de même, il était dans l'abus.
- Je vais l'attraper, l'attacher a la tour d'astronomie, lui jeter des sorts purulents, couper la corde, le regarder s'écraser, et le donner a manger a des dragons ! Je le hais, je le déteste, il est stupide, complètement stupide !
- Mais calme toi Hermione, il a peut être pas reçu le hibou, tu es sure que tu en a prit un bon ?
- Tais toi Harry, j'ai fais exactement ce qu'il fallait faire, tu arrêtes maintenant ! J'en ai marre de ton meilleur ami !
- Parce que ce n'est pas le tiens peut être ?
- Mais..Mais t'as finis de me contredire a chaque fois ? Occupes toi de tes affaires !
- Mais tu fais que de me râler dessus depuis ce matin ! C'est le week-end, on se repooooose...
- Tu agresses tout le monde depuis quelques jours, on dirait une vieille harpie qui vit avec des chats et qui les jette sur les passants! …
- Ne redis jamais ça Harry, ne me compare pas a... a ça !
- On dirait encore une vieille harpie...
- HARRY POTTER !
Elle lui envoya une avalanche de coussins rouges et or dans la tête, Hermione était vraiment tendue en ce moment, elle gardait sur le cœur trop d'informations et trop de secrets, elle ne cessait de repenser a sa conversation avec Luna, aux bleus sur le corps de Drago, au magnifique hibou magique dans la volière, est ce que tout ces éléments pouvaient avoir un lien, même étroit, entre eux ? Elle mourrait de peur, elle, la grande guerrière et courageuse Gryffondor, elle ne se reconnaissait plus depuis qu'elle avait remit les pieds dans cette école. Tout, tout était différent maintenant, tout était flou, tout faisait peur et peut être que tout ça n'était que l'horrible début d'une féroce suite. Elle avait l'impression de devenir folle, tout l'énervait, elle avait conscience de son agressivité envers son ami, mais tout cela devenait trop lourd a porter, d'autant plus qu'Harry lui avait clairement fait comprendre qu'il ne la suivrait pas dans cette enquête.. Et elle pouvait le comprendre, le concevoir et devait l'accepter.. Son ami avait déjà payé trop cher de sa jeunesse pour souiller encore des moments purs et simples de sa vie. Puis une autre partie de la réalité vint lui frapper l'esprit, elle devait travailler ses cours, elle avait du mal a bien se plonger dedans comme elle faisait autrefois, la salle commune étant beaucoup trop bruyante, elle décida de s'isoler à la bibliothèque afin de terminer un devoir de potion plutôt important. Elle s'installa tranquillement un peu loin de tout et fixa quelque minutes par la fenêtre. Elle travailla sans vraiment compter les heures puis une fois finit, elle se dit qu'il serait plus judicieux d'aller rendre directement son parchemin au professeur de potion, elle partit en direction des cachots, ce qui la forçait a passer devant la dite salle commune des Serpentard, dans ce même couloir elle entendit a nouveau des cris, des cris désespérés, presque étouffés et pourrait on dire, mélangé a des pleurs, mais il y avait une seconde voix, toute aussi désespérée et inquiète qui tentait en vain de calmer la première. Hermione s'approcha, baguette en main et vit Blaise entrain de crier devant une porte, lourdement verrouillée.
-MALFOY ! Arrête de faire le con maintenant, sors de là ! Tu vas m'expliquer, tu as pas le choix !
- Je te jure Blaise que si tu entres, je te tue, dégages de là !
- Mais grandis un peu, tu vois bien que tu ne peux pas gérer ça tout seul, je ne sais pas ce que tu as, mais je t'assure que je peux essayer de t'aider, t'es entrain de te tuer tout seul là.. C'est dangereux, laisses moi t'aider, je suis ton meilleur ami, je suis là pour toi. Ouvres cette saleté de porte.
- Oh comme c'est touchant Zabini, peut être même que si tu avais dis ça a ton frère avant qu'il ne se prenne une partie du mur sur la tête, ça aurait changé le cour de l'humanité, non tu ne crois pas ?
- T'es vraiment un sale enculé Malfoy.. Tu finiras tout seul, tu crèveras tout seul, comme un vulgaire rat. Hier tu me demandais pourquoi tout le monde te regardais de haut, aujourd'hui j'ai la réponse, c'est parce que tu es tombé bien bas. Ouais, t'as raison, je vais te laisser, crèves, vraiment. Ne t'avises même pas de m'approcher, ni même de me regarder.
Le jeune homme prit son sac et partit précipitamment en bousculant la Gryffondor sans même la reconnaître. Hermione avait sentit les larmes lui monter aux yeux, les paroles de Malfoy avaient été vraiment trop crues, surtout envers son meilleur ami, le seul qui lui restait fidèle, elle s'apprêta a tourner les talons, définitivement dégoûtée par le blond, lorsqu'un cri plaintif, suppliant et épuisé se fit a nouveau entendre derrière la grande porte verrouillée, presque suivit d'un long sanglot, elle pût également voir quelques lumières de magie s'échapper des fentes de la lourde porte, peut être que le secret de Malfoy lui ordonnait de rester seul.. Elle repensa aux paroles de Harry, enfin plutôt, les paroles que Luna avaient dites a Harry, « Si on est seul, isolé de tous, alors on devient faible et plus facile a maîtriser » elle devait savoir, elle devait comprendre ce qui amenait son camarade de classe a se comporter ainsi. Elle s'avança vers la porte, la déverrouilla avec le fameux sort connu de tous maintenant et entra prudemment, la salle était vide, petite, très sombre avec pour seul éclairage une lucarne prêt du toit qui reflétait la lumière d'un soleil couchant, elle ne vit pas Drago tout de suite, elle l'entendit, une respiration bruyante, saccadée comme quelqu'un qui venait de courir ou qui vivait une terrible angoisse intérieure, succédé encore par un cri de douleur, lorsqu'elle le vit enfin, elle ne sût pas vraiment quel sentiment la traversa le plus, de la pitié ou du dégoût, le jeune garçon était assit, la tête en arrière, le haut du crâne appuyé contre le mur, les yeux fermés, le haut de sa poitrine se soulevait très rapidement et irrégulièrement, de temps à autre, un spasme le prenait ou il serrait fort son ventre d'une main en poussant un espèce de cri ou parfois un râle agonisant, dans l'autre main il serrait si fort sa baguette que tout son bras tremblait, au bout de celle ci luisait un sort (du moins elle le déduisit) violet foncé dont elle ignorait la provenance. Dans tout les cas il était impossible de jubiler devant une telle scène, malgré toute la répugnance qu'elle éprouvait pour lui, le sentiment de dégoût la quitta aussi vite qu'il était apparût, elle s'approcha encore doucement du sorcier, sans jamais lâcher sa baguette, car malgré tout, elle n'avait aucune confiance, et s'accroupit en face de lui, elle prit la voix la plus douce possible.
- Malfoy ...
Celui ci ne parût même pas la reconnaître, il leva des yeux vitreux vers elle et les referma si tôt lorsqu'un spasme et une douleur le reprirent de plus belle. Hermione lui saisit les poignets et le força a lâcher sa baguette, elle pût voir encore des bleus, le long de ses poignets et elle devina qu'ils s'étalaient bien au delà, encore un cri, cette fois privé de ses bras, le jeune homme essayer de se plier en deux, la douleur semblait venir de son ventre, de ses côtes, il réagissait comme s'il prenait des coups, des coups de l'intérieur, quelque chose grouillait en lui, quelque chose de mauvais, quelque chose de terrifiant et il devait y subir seul. Hermione oublia vraiment toute haine, toute rancune, elle voyait de toute manière qu'il ne la reconnaissait pas, elle lâcha ses poignets et le prit contre elle, juste quelques secondes au début, il était gelé et raide, sous sa peau dansaient un milliard de léger spasmes et de tremblements, de sursauts incessants, son cœur battait a une vitesse inestimable, il était terrorisé, par quelque chose qui était là mais que lui seul pouvait ressentir, cependant, il sembla se calmer au contact de la jeune femme, tout cessa petit a petit, au bout d'une poignée de minutes, tout cessa, il reprit sa respiration, lorsqu'elle le sentit revenir a lui, Hermione paniqua légèrement, comment le prince des Serpentard allait-il réagir face a ce geste inopiné ? Elle le repoussa un peu trop brusquement tout de même, il se remit contre le mur, toujours les yeux fermés mais la respiration calme, son visage avait perdu cette grimace de douleur qui faisait peine a voir, elle le regarda encore quelques secondes avant de reprendre d'une voix grave.
-Là il va falloir que tu parles.
- Granger, tu tombes toujours là ou il ne faut pas te trouver. Ferais tu exprès ?
- Figures toi Malfoy que j'ai autre chose a faire de mes soirées plutôt que de consoler un pauvre petit bourgeois de dix neuf...
Elle s'arrêta net, ce n'était pas le moment d'entrer dans son jeu, c'était ce qu'il cherchait à faire afin de protéger son secret.
-Parles maintenant.
- C'est qu'elle donne des ordres...
- Regardes toi, tu es faible, tu as vu dans l'état ou tu es, je crois que tu as besoin d'aide Malfoy, oublies cinq minutes nos querelles et grandis, juste le temps de cinq minutes.. J'espère au moins que tu as conscience de la gravité des choses là.. Regardes toi...
- Je sais. Mais je ne peux pas en parler.
- Malfoy !Tu ne vas pas me dire que tu subis ça volontairement, tu n'es pas fou a lié a ce point...
- Je ne suis pas fou Granger, il se trouve qu'on ne m'a jamais vraiment demandé mon avis depuis que j'existe.
- Parles, un tout petit peu.. Je.. Si il faut, je te promet que personne ne sera au courant.
- Vu la gravité de la chose et te connaissant... tout le monde sera au courant.
- Bon, je sens que je vais regretter d'un instant à l'autre tout ce que je vais te dire Malfoy, mais je crois que c'est nécessaire. Je sais que tu n'as pas vécu la guerre du même côté que moi, mais qu'un certain point de vue, tu l'a vécu quand même, je sais, puisque j'ai vu, que tu n'étais pas quelqu'un de mauvais Malfoy, pas quelqu'un de bien non plus certes, mais que tu n'approuvais pas ces pratiques barbares, tu en avais peur, tu les méprisais, tu as agis sous l'influence de ton père et sous le silence de ta mère, je suppose qu'elle et toi avez énormément changé depuis qu'il est partit en prison et que tu t'es rendu compte de certaines choses, comme le fait que beaucoup ne t'en voulaient pas, je ne sais pas si tu as vu, ou remarqué derrière ton ego surdimensionné mais.. Personne ne t'en veux, tu as été accueilli comme un élève normal, pourtant je t'assure que tous, du plus petit au plus grand, tous savent qui tu es et ce que tu as fais, mais rappelles toi ce que McGonagall a dit.. « Tout est pardonné » tu n'as plus rien a craindre, alors aides nous, parles nous.. Parles moi..
- C'est mignon tout plein. Si je parle, vous mourrez tous.
- Je te demande pardon... ?
- On ferait mieux d'arrêter cette conversation Granger, crois moi.
- Tu ne maîtrises plus rien, tu n'es pas en état de décider de quoi que ce soit, tu ne peux pas être seul, quoi que tu affrontes.
- Saches juste qu'on est pas de taille et que je n'ai pas envie de t'entraîner dans ma chute. Tu te rends compte Granger, en plus de m'énerver de mon vivant, tu m'accompagnerais a la tombe !
- Justement ce n'est pas obligé d'être une chute si tu acceptais de...
- J'ai dis non Granger. Oublies cette conversation.
- Non, Malfoy. Je n'oublierais pas ça, tu n'as pas vu dans l'état ou tu étais... Bon... Laisses moi au moins te soigner, car avec cette tête que tu as, tu risques d'éveiller d'autres soupçons que les miens.
Le jeune homme la regarda puis se résigna, il la laissa prendre sa baguette et apaiser ses douleurs, il eût l'impression d'une véritable délivrance et ne pût s'empêcher de sourire, un sourire lui aussi délivrant et révélateur du bien que ça faisait de savoir que finalement, il n'était plus tout seul. Quoi qu'il puisse dire, quoi qu'il puisse penser, quelqu'un partageait son secret en partie. Soudain, l'envie de tout lui délivrer lui prit subitement, les mots lui brûlèrent les lèvres, mais ce n'était pas dans ses habitudes d'offrir sa confiance aussi vite, surtout a une sang de bourbe telle que Hermione, il n'avait pas été éduqué comme ça, c'était peut être de là que venaient tout ses problèmes...
- Un jour, je pense que je serais au pied du mur, que je n'aurais vraiment d'autre choix que de me confier a toi Granger, mais pour l'instant, je suis encore capable de supporter ça seul, c'est mieux pour nous tous.
- Donc tu avoues qu'il y a un danger... ?
- Il y en a un, un grand, bien pire que ce que tu as connu.
- Tu ne peux pas partir sans m'en dire plus Malfoy. (elle vit son regard insistant, presque menaçant et décida a se résigner) bon.. d'accord, viens me trouver quand tu devras m'expliquer.
- Non, c'est toi qui viendra me trouver, je ne ferais aucun premier pas vers toi, je n'ai aucun contrat avec toi, c'est juste toi qui veux savoir, donc tu dois te donner les moyens pour.
- Malfoy.
- Oui Granger ?
- Donnes moi juste un indice, un seul indice sur ce mal qui nous menace...
- Souviens toi.
- Je te demande pardon ?
- Il te suffit de te souvenir.
- Je ne comprends pas...
Drago Malfoy tourna les talons. Elle n'avait pas d'autre choix que de se prendre au petit jeu du Serpentard, sans le savoir elle venait de faire un très grand pas dans un départ vers une nouvelle vie, qui sera peut être précédée d'une nouvelle guerre.. Le jeune homme se leva et partit normalement, aussi facilement que quelqu'un avec qui elle aurait eu une conversation cordiale, il avait, malgré les douleurs ressenties, une démarche élégante, sure et fière, digne d'un sorcier d'éducation de Sang Pur, de Sang Pur riche. Un sentiment étrange la saisit à nouveau, Drago venait de lui avouer en énigme qu'un grand danger régnait au dessus de leur tête et pourtant, toute peur, toute angoisse avait disparût, elle se sentait rassurée du fait que le garçon s'était confié a elle. Elle lui emboîta le pas, sauf qu'elle remonta a sa salle commune, la nuit était tombée et tout semblait calme et apaisé depuis qu'elle avait eu une discussion avec le fils Malfoy, elle oublia presque que cette discussion, cette confession allait changer du tout pour le tout, le reste de la face des deux mondes, deux mondes qui étaient censés les séparer, ne jamais les faire se rencontrer..
- Hermione ! Réveilles toi !
- Mhhh... Ca suffit, laissez moi dormir... C'est dimanche...
- HERMIOOOOOOOOOONE !
- Mais HARRY, mais qu'est ce que tu fais dans mon dortoir ?! Mais Ne cries pas comme ça !
- Ron est revenu, avec Ginny.
- Oh, c'est pas vrai...
La jeune femme se leva et bouscula son ami avec une violence non voulue, passa en quatrième vitesse a la salle de bain et ressortie vêtu de sa tenue de sorcière aux couleurs de sa maison, elle prit la main de Harry et descendit comme une furie jusqu'à la salle commune, elle vit en effet, les deux jeunes roux, elle se précipita dans les bras de Ginny sans jeter un seul regard a Ron,sa sœur était pourtant dans le même état, voire pire, le teint terriblement pâle, amaigrie, les cheveux ternes, le regard sans aucune émotion et elle semblait épuisée et on voyait clairement qu'elle avait beaucoup pleuré avant mais ce qui surprit le plus Hermione c'est qu'elle ne lui rendit pas son étreinte, elle était même a la limite de la repousser...
- Bonjour Ginny...dit la jeune fille d'une voix désespérée de trouver son amie ainsi.
- 'Jour.
Hermione se tourna vers Ron, ravala sa rancœur et alla le prendre également dans ses bras avant de l'interroger du regard, que se passait-il avec la belle rousse, autrefois si pétillante et rayonnante de joie de vivre ? Ron fit un signe de tête a Harry, prit le bras de Hermione et l'entraîna dehors de la salle commune laissant sa petite sœur avec son meilleur ami.
- Je t'avais dis que ma vie était compliquée...
- C'est une manière de t'excuser pour ne pas avoir répondu a ma lettre Ronald Weasley ?
- C'est une manière de m'excuser, on va dire ça... Tu vas me faire un de tes sermons habituels ?
- Non. Je veux savoir ce qui est arrivé a Ginny...
- Oui, je vais y venir, je sais que je te dois maintes explications.. On va s'asseoir ?
Ron semblait mal et précipité a la fois, comme s'il avait hâte de se débarrasser d'un poids trop important pour ses épaules qui avaient déjà tant supporté depuis toutes ces années. Pourtant elle savait aussi que malgré son caractère parfois horrible, insupportable, méchant même, c'était, du Golden Trio, le membre le plus sincère et le plus sensible, elle savait que plus il était distant, plus il était « agressif » plus il tenait a la personne, c'était sa manière a lui de se protéger et en y réfléchissant, elle ne pouvait pas lui en vouloir d'être lui même. Les deux amis de toujours allèrent dehors pour s'asseoir sur un banc, Ron se racla la gorge.
- Bon comme tu le sais, on a perdu Fred il y a un peu plus d'un an maintenant et.. Tu te doutes bien qu'à la maison ça ne va pas vraiment .. Pas du tout même, le gros problème c'est George, Hermione, je t'assure je ne l'ai jamais vu comme ça, il.. Il a perdu la parole.. La seule a qui il s'adresse, c'est a dire « bonjour, oui, non, merci, bonne nuit » rien de plus... C'est Ginny, on a tous essayé, papa, maman, Bill, Charlie, même Percy.. Mais rien n'y fait, c'est un mur, il n'y arrive pas, il ne se nourrit plus, ne se lève plus, il n'est même plus humain. Alors je sais qu'il a perdu son jumeau, que c'est certainement plus dur pour lui que pour toute ma famille réunie mais Hermione, dis moi que tu comprends.. Que là ça devient trop dur pour nous...
- Je comprends Ron...elle communiquait d'une voix douce et l'encouragea du regard a continuer son récit.
- Le pire, c'est le comportement de mes parents.. Les rares fois ou George descends avec nous, toujours accompagné de Ginny, ils enfoncent encore plus le couteau dans la plaie, sans le vouloir... Papa ne supporte pas de le regarder, il lui demande de se mettre plus loin de lui, maman se trompe sans arrêt, elle l'appelle Fred. Ils l'empêchent de commencer son deuil et quand ils sont seuls tout les deux, ils se disputent, très fort.. Hermione ma famille est entrain de dégringoler, mes autres frères ont abandonné l'affaire, je suis tout seul avec Ginny et on y arrive pas...
- Et pourquoi Ginny est revenue a Poudlard si George est devenu dépendant d'elle ?
- Mes parents, encore et toujours.. ils ont jugé que ce n'était pas sain pour elle de rester enfermée avec George... Et ils l'ont forcé a partir, sans le prévenir, on est partit cette nuit, là il va se réveiller, complètement seul, sans personne, il va être déboussolé, Hermione, tu ne l'imagines pas, dans l'état ou il est... C'est...
Le jeune roux ne parvint jamais a terminer sa phrase, Hermione le prit dans ses bras, comme elle avait prit Malfoy quelques heures auparavant, Ron pût enfin lâcher toute sa peine et sa rancœur envers le monde entier sans aucune crainte, aucune gêne d'être jugé ni raillé. Il avait tant a dire, tant a déverser, c'était inhumain de garder tout ça en lui, il fallait qu'il se calme. Une fois moins agité, la jeune lionne prit la parole.
- George ne vous en voudra pas, il est certes détruit, mais il ne manque pas d'intelligence, il saura faire la part des choses et quoi qu'il arrive, peu importe le temps que ça prendra, je sais qu'il finira par relever la tête, parce que ton frère Ron, c'est un sacré battant, il ne se laissera pas abattre si facilement. Et tes parents ont raison, ce n'est pas sain pour ta sœur de rester cloîtrée chez vous a veiller quelqu'un dans cet état, il faut qu'elle sorte, voit d'autres gens, Poudlard est l'endroit idéal pour ça... Je suis sure et certaine que ça ira mieux...
- McGonagall nous a donné l'autorisation d'aller le voir au moins deux fois par semaine entre les cours, de passer une nuit prêt de lui et de revenir le matin...
- Tu vois alors... Ca va s'arranger... Fais moi confiance...
- Je ne laisserais plus rien ni personne remettre ma famille en péril, on a trop de mal à se relever, je serais impitoyable...
- Ca ira Ron ...
Ron la serra très fort contre lui, il avait besoin de sentir quelqu'un, de savoir qu'il était aimé et soutenu, Hermione le laissa l'étreindre comme il voulait, elle joua avec les cheveux du roux pendant un temps indéterminé en fermant les yeux, puis elle repensa a sa discussion avec Malfoy, il avait raison... le monde sorcier était encore ravagé par cette Bataille, il serait incapable de tenir debout face a une nouvelle menace encore plus grande, c'était trop fragile, c'était trop tôt, trop incertain... C'est alors qu'elle se rendit compte que Ron, tout comme Harry ne la suivrait pas dans sa quête pour la vérité et le maintien de la paix, elle serait seule, seule face a un monstre ténébreux menaçant des vies innocentes, la jeune femme secoua un peu la tête et rectifia sa pensée, elle ne serait pas seule, elle allait devoir s'allier avec l'une des pires personnes qu'elle ait connu. Dans la tête de la sorcière, tout était clair, elle mènerait le dernier combat à ses côtés, un combat contre une forme indéfinie. Cela ressemblait quelque peu au rêve que faisait une jeune Serdaigle depuis quelques jours...
