Coucou tout le monde, voila le nouveau chapitre!
Alors petite apparté pas très intéressante, mais comme vous lisez cette histoire j'ai envie de vous faire partager ma petite crise existantielle (très réjouissant je sais^^)! Cette fic est mon plus gros défis en fait, c'est la moins lue de mes histoires mais c'est vraiment celle qui me donne le plus de mal! Je vous promets que dans ma tête c'est beau, étrangement quand ça sort ça l'est tout de suite un peu moins^^! Le long délai de publication était du à ça alors j'espère que ça ne va pas trop se ressentir dans le chapitre!
Voila mon petit cris de désespoir est passé, place aux remerciements!
Merci à: Dan (merci beaucoup pour ta review! ça me fait vraiment plaisir de savoir que tu aimes cette histoire! Le départ d'Edward arrive en effet... j'espère que cette suite te plaira!), Bellardtwilight, Silver (merci beaucoup pour ta review! J'espère que la suite te plaira autant que le début!), Rosabella01, Ronnie32, Jackye, Celine68900, SoSweetySoCrazy, Laccro (merci beaucoup pour ta review! J'espère que la suite sera à la hauteur de tes attentes! malgrès la séparation! Merci de me lire.), Mafrip, Lamue12, Sinzacana, Elphina, LyraParleOr, Julia05, Titenoee, Dex-Dazzling, Doudounord2, Soraya2107, Petitegrs, CherryBomb59400 pour vos adorables reviews qui me font toujours énormément plaisir!
J'espère que cette suite vous plaira!
J'ai écouté cette musique en boucle en écrivant ce chapitre: Fly de Ludovico Einaudi: http: / www. /fr/search/fly#/search/fly%20ludovico%20einaudi
Les personnages appartient toujours a SM, je ne fais que jouer avec!
Pov B
A l'aurore nous prîmes la route. Le jour n'était même pas tout à fait levé lorsque nous arrivâmes au village. Les rues baignaient encore dans la morne grisaille de l'aube, désertes, seuls quelques badots allant vers les champs foulaient la poussière du pavé.
Dans les demeures de bois sec s'élevaient le murmure du matin, des familles réunies autours du déjeuner. Les enfants se préparaient pour l'école, seul le chant du matin troublait la quiètude de village encore baigné de nuit.
Le vieu Koa n'était pas encore à son échoppe tant l'heure était matinale. Il était le seul au village à posséder une voiture alors il louait gracieusement ses services comme taxi aux villageois ayant besoin de se rendre rapidement à la grande ville. Et c'est tout à fait de ça dont nous avions besoin aujourd'hui.
La veille nous avions prévenu Koa du voyage à faire, sa voiture avait été pour moi la seule alternative pour garder Edward un peu plus longtemps. Sans cela il aurait du quitter la village la veille par l'autocard qui passait une fois par semaine. J'avais pu gagner un sursis, une nuit de plus avec lui...
Nous allâmes à la maison de Koa, sa vieille femme ridée et édentée nous ouvrit la porte chaleureusement, considérant Edward avec un oeil curieux mais sans malveillance.
Le vieux Koa s'excusa mille fois de son petit retard et rapidement nous nous mîmes en route. La voiture d'un autre âge faisait s'envoler des nuages de poussière sur le chemin cabossé qui quittait le village.
J'accompagnais Edward à Louang Namtha où il prendrait un petit avion pour la capitale puis pour l'Amérique ensuite...
Les yeux plongés dans les rizières verdoyantes qui commençaient à se baigner de soleil, je sentais la main d'Edward sur la mienne, la douceur de ses doigts sur mon épiderme, sa présence maintenant devenue éphémère...
La poussière que soulevait la voiture à notre passage s'infiltrait partout, nos bronches protestaient douloureusement contre son intrusion et il n'était pas rare qu'un de nous tousse pour tenter de s'en débarasser.
Le vieux poste crachotait un chant d'Asie, un peu grinçant, vaguement mélodieux et résoluement exotique.
Je pensais aux semaines écoulées, je pensais à ma vie qui avait vacillé du côté de rivages inconnus. Tout ce qui était bien rangé avant l'arrivée d'Edward n'était maintenant qu'un champs de pagaille, il me faudrait réorganiser ma vie et dompter son abscence. Je redoutais la solitude... Et pourtant j'y étais habituée! Trop peut-être finalement, je la supportais de moins en moins, comme une vieille compagne acariâtre dont on aurait voulu pouvoir se séparer...
Je ne regardais pas Edward de peur de laisser couler mes larmes. Une pesanteur sans nom engourdissait tout mon être, je me sentais déjà lasse, épuisée de vivre sans lui et pourtant il n'était même pas encore parti...
Nos doigts étaient liés, nos corps si proches que son parfum m'entourait de sa brume apaisante. Nous regardions certainement le même paysage de verdure mais j'ignorais tout des pensées qui le traversaient à ce moment là...
La route vers Louang Namtha aurait pu être courte, mais la mauvaise qualité du chemin la rendait interminable! Les cahots ne cessaient de me projeter vers Edward, nos deux corps se serraient dans une étreinte désordonnée, bref rappel des moments que nous avions vécus le mois dernier.
Cet homme avait su capturer de moi quelque chose qu'aucun n'avait encore pu obtenir! Quelque chose en lui me touchait au plus profond de mon être, je m'étais attachée... c'était indéniable, mais je devais laisser toutes ces choses sur le bas côté et l'oublier... Nos vies n'étaient pas compatibles, moi ici, lui là bas... notre rencontre avait été si intense simplement parceque nous savions qu'elle serait brêve et éphémère, petit moment de grace dans la marrée de nos vies, petite enclave de bonheur pour dissiper la grissaille de nos existences! Je chérirais ces souvenirs avec amour, me promettant de m'en rappeler toujours, lorsque la solitude se fairait trop épaisse et insoutenable.
Edward posa ses lèvres dans mon cou, je frissonnais au contact de sa langue caline et chaude sur ma peau où dévalaient déjà les premières gouttes de sueur d'une journée qui serait chaude. Je me pressais contre lui, profitant de son étreinte jusqu'au bout... Un long soupir lourd de sens nous échappa, aucun de nous n'était dupe, la séparation allait être cruelle!
Les montagnes avaient laissé place à la plaine, la route était moins mauvaise, les rizières interminables dansaient dans la brise.
Dans les plantations de thé longeant la route, les femmes afférées à la ceuillette levaient la tête au passage de la voiture crachotant sa fumée noire épaisse.
Aucun de nous ne parlait, nous n'en avions nul besoin pour savoir ce que ressentait l'autre, nous étions allanguis de la même pesenteur et de la même tristesse!
Au loin dans la pleine se dessinaient les toits blancs de la ville de Louang Namtha. Nous y arrivâmes trop rapidement à mon gout, ce chemin avait eu des airs de supplice mais au moins j'avais pu jouir de la compagnie d'Edward, encore quelques temps..
Koa qui devait faire quelques courses en ville nous laissa à l'entrée du petit aéroport de bois blanc. Lorsque je retrouverai cette vieille voiture à la peinture bleue défraîchie, Edward se sera déjà envolé pour une destination lointaine... il sera en chemin pour retrouver sa vie, et notre pays qui désormais n'était plus le mien...
La dernière fois que j'avais foulé les dalles du petit aéroport provinciale, je venais de quitter ma patrie, ma terre native... Depuis quatre ans je n'avais pas quitté le nord ouest du Laos... Lorsque ce matin de juin je m'étais retournée pour voir la carlingue blanche du petit avion qui m'avait ammenée ici décoller, j'avais tiré un trait sur ma vie, sur mon ancienne vie...
Les aéroports avaient toujours eu pour moi l'air de lieux de passage entre deux mondes... dans ces lieux froids et glaciales se répendaient toutes les tristesses et les joies, les espoirs commes les désillusions... On ne passait pas les porticles de sécurité quand on ne cherchait pas quelque chose... que ça soit un besoin d'évasion ou une fuite, on était toujours là pour une bonne raison!
Celle d'Edward aujourd'hui était simple... il rejoignait sa vie. Il quittait l'enclave exotique, la petite parenthèse enchantée qui avait troublé sa vie, il allait désormais retrouver sa place, parmis les siens, dans son pays!
Quelle était ma place à moi? Déracinée par le vent, perdue dans un pays qui n'était pas le mien, portée au grès des embruns comme l'exilée que j'étais... M'étais-je vraiment enracinée ici? Dans ce pays de jungle et de verdure, si différent du mien? Loin de ma famille que je n'avais pas revue depuis quatre ans? A qui je n'avais pas écris depuis si longtemps qu'ils avaient du m'oublier? Où étaient mes racines dans ce vaste monde? Je regardais Edward près de moi qui me semblait aussi perdu que je l'étais. Ca aurait pu être lui ma terre native, mon port d'attache dans l'immensité du monde. Mais il quittait ma vie aujourd'hui...
Le premier appel pour le vol d'Edward fût annoncé... Les familles autours de nous qui se rendaient à la capitale rassemblaient leurs bagages et les enfants.
Nous ne bougions pas, ne parlions pas non plus... Edward me serrait contre lui et je pensais avec émotion que c'était certainement la dernière fois que je tenais cette place dans ses bras... Une boule obturait ma gorge, me faisant déglutir avec difficulté, mes yeux menaçaient de ses voiler de larmes, je m'exortais à être la femme forte que j'avais toujours étée, même dans les situations les plus difficiles, il n'y avait aucune raison que cela change maitenant!
Lorsque le dernier appel rententit dans le hall désert, un frisson d'effrois me traversa... cette fois c'était vraiment terminé, il n'y avait plus de sursis, plus d'espoir non plus... c'était la fin et je devais me faire à ça! Au moins faire bonne figure le temps qu'Edward disparaisse.
Il resserra son étreinte et se tourna enfin vers moi.
Ses grands yeux verts étaient assombris d'une certaine peine.
"-Je vais devoir y aller..." sa voix était plus rauque qu'à l'habitude, plus étouffée aussi.
"-Je sais."
"-Bella je..." je posais doucement mes doigts sur ses lèvres, il devait se taire ou j'allais m'effondrer et c'était la dernière chose que je voulais!
"-Non ne dit rien... ne gachons pas tout maintenant." Il se tut mais son regard vibrait d'une grande intensité.
Je posais mes lèvres sur les siennes, d'abord notre baiser fût doux. Nous prenions le temps de nous gouter, nos lèvres s'effleuraient doucement, tendrement même. Je me délectais de leur contact frais sur les miennes. Embrasser Edward était terriblement bon, une envolée de papillons s'agitait dans mon ventre, mon corps se tordait de bonheur de le sentir contre moi, et de tristesse que tout cela doit fini! Timidement il lécha ma lèvre inférieure pour me réclamer l'accès à ma langue que je lui accordais sans peine. Elles dansèrent ensembles, une danse d'adieu et de reconnaissance, j'essayais de lui transmettre toute ma gratitude pour les moments passés ensembles, pour la douceur qu'il avait apporté dans ma vie.
Je me sentais comme chez moi en embrassant Edward, cette sensation curieuse que je n'avais pas ressentie depuis longtemps était si agréable! Ne plus se sentir seule et déracinée... Mais tout cela allait finir. Nous dûmes finalement nous séparer, Edward devait embarquer.
"-Un jour tu reviendras en Amérique?" sa voix sonnait douloureusement, comme si chacune de ses paroles lui coutait un effort terrible.
"- J'en ai fini avec l'Amérique Edward..." Il poussa un soupir pronfond qui s'accordait à mes propes sentiments, je me sentais si lasse et épuisée!
"-Je sais... alors c'est moi qui reviendrai!"
"-Ne fais pas de promesses que tu ne pourras pas tenir..." Il ne répondit rien, il savait lui aussi... il savait que ce nous était éphémère et que c'est ce qui avait fait toute sa beauté, nos routes s'étaient brièvement rencontrées, mais elles n'étaient pas destinées à rester côté à côte, nos vies étaient trop éloignées.
Il prit ma main et la porta à ses lèvres, l'embrassant avec rage et désespoir.
Il passa le porticle et se retourna une dernière fois vers moi. Mes yeux se noyèrent dans ses océans de jade embrumés de larmes, les miennes dévalaient maintenant mes joues librement.
Je vis sa tignasse cuivrée disparaître dans la passerelle et je poussais un soupir déchirant. C'était fini... l'Amérique le reprenait dans son antre et moi l'exilée je restais ici...
Longtemps je restais figée dans ce hall qui avait perdu toute chaleur, sur la piste la carlingue blanche limineuse du petit avion qui entrainait Edward loin de moi scintillait dans le soleil puis disparu dans les cieux d'un bleu limpide...
Combien de temps étais-je restée ainsi à pleurer? Je l'ignore... La voix un peu rocailleuse du vieux Koa s'éleva près de moi. Il me demandait si tout allait bien.
Incapable de lui répondre je le suivis vers la sortie.
La vieille voiture d'un bleu fané repris sa route vers le village. La poussière tourbillonait toujours autours de nous. Je ne voyais devant mes yeux qu'un océan de verdure tanguant au grès des larmes qui obturaient ma vue. La musique me semblait déchirante quant je l'entendait entre mes sanglots.
Koa fixait la route sans jamais détourner le regard, il était surement géné de mon manque de retenue et de pudeur.
Le retours avait bien pu être court comme interminable, je n'en avais pas la moindre idée! Toute engluée dans ma tristesse j'avais perdu la notion du temps et me laissais porter au grès de mes sanglots.
La plaine laissa place à la montagne, la jungle était plus épaisse et la route n'était maintenant plus qu'un mince chemin de terre creusé de profondes ornnières. A quoi pensait Edward maintenant? A sa vie qu il l'attendait à Seattle où à ce pays de verdure luxuriante qu'il quittait? Peut-être à moi? L'occidentale presque Asiatique perdue au coeur de la jungle sauvage. Je secouais la tête pour chasser ces pensées, il était l'heure de tirer un trait et de poursuivre ma vie, le moins mal possible! Cette parenthèse enchantée était une enclave dans ma vie, et cela devait rester ainsi...
Une fois au village je pris le bac à moteur pour rentrer chez moi, dans cet endroit qui était le seul que je pouvais appeler ma maison. Mes yeux se perdaient dans les flots de la rivière, mes yeux humides ne pouvaient se détacher de leur surface mouvante et calme, j'aurais aimé avoir le même sérénité mais la tempête faisait rage en moi.
La maison qu'Edward occupait enfonça en moi comme un poignard acéré, je suffoquais presque de douleur à voir cette maisonnet de bois où j'avais passé tant de bons moments. Voir tous les jours sa face arrogante allait être difficile à gérer...
Je rentrais, la mort dans l'âme. Chaque coin de la maison me rappelait lui... Sur chaque fauteuil je revoyais nos corps enlacés, sa présence semblait flotter partout, son parfum était encore présent.
Je fis le tours de ma cahute comme on le fairait d'une demeure saccagée par la tempête, avec circonspection, le regard morne, évaluant les dégats.
Dans la chambre je me souviens de nos nuits ici, de son corps reposant contre le mien, de sa bouche partout sur moi.
Son parfum embaumait la pièce, comme un douloureux rappel de ce que j'avais perdu.
Je décidais de changer les draps, je ne pourrais dormir dans ce lit où tant de fois il m'avait fait l'amour en sentant son parfum encore imprimé sur l'oreiller.
La mort dans l'âme je rangeais la chambre et découvris sur un fauteuil oubliée, une de ses chemises blanches.
La vue brouillée par les larmes et la gorge douloureuse je portais l'étoffe soyeuse à mon nez. Un concentré de sa senteur ambrée s'exaltait de la chemise. Je repirais prodondément alors que mes larmes courraient à n'en plus finir sur mes joues déjà bien trop rougies.
J'hôtais mes vêtements pour sentir contre moi cette étoffe qui me rappelait tant mon amant. Il me semblait sentir la caresse de ses doigts sur ma peau avide de lui. Je me sentais tellement mal, et vide... comme si toute substance désertait mon être, comme si il ne restait de moi qu'une coquille vide à la dérive sur un océan de larmes.
Je m'assis dans un coin sombre de la pièce et pleurais comme jamais encore je ne l'avais fait, même la séparation avec ma famille quatre ans plus tôt n'avait pas fait couler tant de larmes!
Je pensais être blindée, avoir pour me protéger des sentiments une solide armure que mon métier m'avait tissé, mais ce mur se fissurait aujourd'hui et il ne restait que la désolation.
Je passais la journée dans ce petit coin sombre alors que la chaleur suffocante et moite du jour commençait à envahir la maison. Mes yeux étaient douloureux à force de pleurer, ma gorge sèche brûlait sous les sanglots. Je me sentais plus seule et perdue que jamais, moi, l'exilée qui avait retrouvé un peu de chaleur humaine je me retrouvais propulsée dans ma solitude après avoir cru pouvoir la fuir.
Ce soir plus que jamais encore je me sentis loin de chez moi, exilée et seule au bout du monde, dans ce pays qui ne m'avait pas vu naitre, au milieu de ces gens dont je parlais que mal la langue, loin de ma famille, loin de celui qui au cours de quelques semaines avait été mon amant, celui qui venait du même émisphère que moi...
Le lendemain je repris mon travail, c'était je crois la seule chose capable de m'occuper un peu l'esprit. J'allais finir par tomber folle si je continuais à penser à Edward sans arrêt!
La mousson allait arriver, on sentait déjà l'air se charger d'humidité. Le ciel était terne et lourd. La journée fut harrassante, je tentais par tous les moyens de me distraire de mes sombres pensées mais quand l'heure de rentrer arriva, je n'en avais pas la moindre envie. Retrouver la maison supposait retrouver mes souvenirs d'Edward et je n'étais pas sure de pouvoir gérer ça. Ca allait s'avérer un peu compliqué mais je devais laisser le temps à la blessure de cicatriser. C'était bien trop à vif pour affronter mes souvenirs encore.
Sur le chemin du retours je m'offris un petit répis et pris la direction du sentier menant au rocher qui surplombait les rizières. Cet endroit niché entre les montagnes, dominant la riviaire et les rizières était apaisant. Je pensais avec tristesse que j'aurais aimé emmener Edward ici, j'étais certaine qu'il aurait adoré cet endroit.
Je m'assis sur le gros rocher qui conservait la chaleur du soleil et laissais mes yeux se perdre dans les rizières dansant dans le vent.
La brise faisait onduler les tiges d'un vert tendre, aussi intense que les yeux d'Edward...
Le parfum de l'Asie m'envahissait, une senteur légère d'eulalyptus et de verdure, un soupçon piquant d'ambre, un embrun capiteux de sental.
Edward devait être en Amérique maintenant... il n'avait pas appelé, n'avait pas envoyé de mail non plus... A sa demande je lui avais donné le numéro qui lui permettrait de me laisser un message à l'agence qui disposait aussi d'une connexion internet, je n'avais pas le téléphone dans mon petit village perdu sur le lac, mais ce matin en allant prendre mon planning j'avais vérifié mes messages, ce que je faisais rarement n'ayant plus aucun contact avec le monde qui autrefois avait été le mien... Et il n'avait pas appelé... pourquoi l'aurait-il fait d'ailleurs? Mais j'aurais aimé avoir un message de lui, cele m'aurait fait me sentir moins seule.
Le regard perdu dans la mer végétale je rejouais devant mes yeux humides de larmes nos derniers jours écoulés..
Edward continuerait encore longtemps à me hanter, c'était une certitude inéluctable...
Pov E
Lorsque j'atteris à seattle la grisaille me prit à la gorge comme une vieille ennemie qu'on aimerait ne plus jamais voir. Une fine pluie tombait sur la ville, le ciel était opaque et gris.
L'aéroport grouillait de monde, tous les gens étaient si pressés, si stressés, après quoi courraient-ils donc sans cesse ainsi? Dire que quelques semaines plus tôt j'étais un de ces hommes afférés qui ne prenait jamais le temps de regarder le monde qui l'entourait...
Tout cela avait bien changé désormais!
Je pris un taxi jusqu'à chez moi. Je traversais la ville comme un étranger, la pluie dévalait les vitres de la voiture, brouillant ma vue d'un rideaux de larmes célestes. Tout ici avait l'air si morne et triste.
Ma maison me semblait encore plus froide que d'ordinaire, les grandes baies vitrées offraient une vue imprenable sur le Pacifique qui faisait face à la maison. Adossée à une falaise abrupte elle semblait dominer les éléments. Je travsersais le hall immense et clair, la décoration ne m'avait jamais parue si impersonnelle et froide.
Je rentrais chez moi sans avoir l'impression de retrouver mon foyer, je ne me sentais pas bien là entre ces murs clairs et vides, au milieu de ce décors de solitude qui ne m'apportait pas la moindre chaleur.
Je délaissais mes bagages dans un coin, je pouvais me résoudre à me réinstaller dans ma vie, cela aurait supposé mettre de côté mes souvenirs d'Asie, accepter que désormais ils ne soient plus que des souvenirs.
J'étais de nouveau chez moi et pourtant je ne m'étais jamais sentis si exilé qu'aujourd'hui, comme un étranger dans ma propre demeure.
Je me servis un verre d'alcool fort et tentait de dompter les émotions qui faisaient rage en moi. Je posais mon front contre l'imense baie vitrée et regardais la nuit tomber sur le Pacifique. La pluie n'avait pas cessé, je retrouvais la grisaille, la même qui impreignait tout mon coeur depuis mon retours ici.
Mon téléphone que je venais de rallumer ne cessait de sonner. L'enclave de paradis était belle et bien terminée, je devais dès demain reprendre mes responsabilités et oublier la chaleur de cette Asie et de cette femme qui pendant quelques trop brèves semaines avaient fait battre mon coeur et réchauffé mon corps comme jamais encore...
Le lendemain je pris ma luxueuse voiture et allais jusqu'à mon entreprise au sommet d'une tours de verre gigantesque au coeur de Seattle.
Le hall de marbre blanc était encore plus glaçant qu'à l'ordinaire. Je sentais peser sur mes épaules ce costume et ces responsabilités que j'aurais tant aimé pouvoir encore fuir.
"-Monsieur Cullen, quel plaisir de vous revoir parmis nous."
"-merci Angela" je répondais au salut, ignorais les sourires et traversais les couloirs de cette entreprise que j'avais battie de mes mains. Celle qui était autrefois ma fierté et ma raison de vivre n'était désormais plus qu'une charge pénible qui transformait ma vie en cauchemard de lassitude.
"-Monsieur Cullen, vous nous avez manqué!"
"-bonjour Tanya" Je saluais les employés avec le même respect qu'avant mais je me sentais si vide et lasse de tout ça...
Mon assistante me remit une pile de dossiers tellement épaisse que j'en avais déjà mal à la tête! Comment allais-je pouvoir de nouveau supporter tout cela?
La journée traina en longueur et elle fût épuisante! J'écoutais le conseil d'administration d'une oreille distraite, mon esprit voguait tellement loin d'ici. Devant mes yeux dansaient les rizières, sur ma peau flottait la caresses du soleil. J'imaginais une longue chevelure brune onduler dans le vent, de grands yeux chocolats rieurs encrés dans les miens...
"-Qu'en pensez-vous monsieur Cullen?"
"-pardon?"
"-l'investissement Gordon?"
"-oui Ben je vous fais confiance pour cela" de quoi me parlait-il réellement? Je n'en avais pas la moindre idée, mon esprit était bien trop loin de cette immense salle de réunion plus froide qu'un tombeau!
Je rentrais chez moi épuisé par cette journée qui fut si triste et morne qu'elle ne laissait dans mon esprit pas le moindre souvenir palpable. J'avais la sensation d'avoir perdu mon temps et j'avais l'intime conviction que cela serait ainsi désormais!
Ma maison était vide et silencieuse, comme chaque soir... La solitude épaisse vibrait partout autours de moi, le silence semblait crier à mes oreilles dans un vacarne assourdissant.
Je délassais ma cravates et la jetais sur le sol. J'étais si fatigué de tout! Quand ma vie cesserait-elle de m'échapper ainsi?
Je n'avais pas appelé Bella... L'idée de laisser un message me répugnait, c'était sa voix que je voulais entendre...
Je sortis le potrait que j'avais fait d'elle il n'y a pas si longtemps... Son corps d'une beauté arrogante me fit monter les larmes aux yeux. Elle avait fait de moi un homme faible et sentimentale.
Je couvais du regard ces courbes délicieuses, me rappelais de la douceur de sa peau chaude baignée se soleil, du gout fruité de ses lèvres...
J'installais le portait dans la seule pièce qui pour moi avait encore du sens dans cette immense maison froide et vide où ne vivait que ma lancinante solitude. Le salon où tronait en majestée le piano à queue noir que je conservais de mon enfance. J'installais Bella devant cet instrument qui était le seul capable de rendre ma vie moins morne et moins triste.
Comment s'accomode t'on à la solitude? Penser pour soi seul est le plus grand des supplices. J'étouffais tellement ici! Dans cette vie qui ne me correpondait plus, j'avais besoin de mon paradis exotique! Comment oublier ces brefs instants de bonheur et se fondre dans la grisaille de mon quotidien? Je n'en avais pas la moindre idée. Après avoir gouté au bonheur d'être deux retrouver la fraîcheur d'un lit vide faisait naître dans ma gorge une boule douloureuse et brûlante.
Je sortis dans la fraîcheur du soir et empruntais le petit sentier qui descendait aux falaises.
Les vagues chargées d'écume s'écrasaient contre les rochers dans un vacarne terrible.
Je respirais de grandes bouffées de cet air marin chargé d'iode et de sel et je pensais à Bella. Que faisait-elle en ce moment? A quoi pensait-elle? Je l'imaginais dans sa petite maison de bois, ne portant pour tout vêtement que sa chemise de lin blanc tant la touffeur de l'air était infernale. Je pensais à mon américaine exilée au fin fond du monde qui avait trouvé son exotisme, son frisson, quelque chose capable de faire vibrer sa vie.
Je repensais à ses grands yeux sombres et tendres où brillait une certaine dureté, regard des gens qui ont vu plus qu'ils n'auraient du voir.
Je me demandais ce qu'elle aurait pensé de cet endroit, de ces falaises d'où on pouvait contempler le soleil se baigner dans l'océan. Je songeais avec nostalgie que là bas, de l'autre côté de l'océan, il y avait ma perle d'Asie, perdue quelque part au coeur de la jungle luxuriante...
J'essayais de l'imaginer ici, dans cette maison de verre et d'acier si impersonnelle et glacée... non Bella ne pouvait s'accorder dans un tel paysage, elle était bien trop sauvage pour cette ville de grisaille.
Je repirais les embruns marins, le coeur chargé de tristesse. Je ne cherchais plus à retenir mes larmes qui dévalaient le long de mes joues rougies par le sel. Je me sentais si impuissant et seul! Une rage sourde montait en moi j'avais l'impression de souffrir le martyre moi qui n'avait jamais fait grand cas des sentiments et des mièvreries! Mon âme s'étaient accrochée à celle de cette exilée et la séparation avait des allures de déchirure, j'avais l'impression que tout mon être saignait de frustration.
Qui a t'il de pire que de subir une vie qui ne vous correspond plus?
Lorsque la nuit fût d'encre je me décidais à rentrer. Je passais de longues heures ce soir là dans le salon à fumer et à boire, les yeux perdus dans le portrait de ma princesse d'Asie, de mon amour éphémère...
Bella,
Je préfère t'écrire ce mail que de te laisser un message à ton agence... J'espère que tu vas bien! Seattle n'a hélàs pas changé en mon absence, la pluie tombe à flot et le ciel fait sa tête des mauvais jours.
Je n'ai pas pu t'écrire plus tôt, les vautours qui reignent autours de moi ne m'ont pas laissé une seconde de répit! Je ne suis pas certain d'avoir été très efficace au conseil d'administration mais au moins j'ai fais de la figuration, cela à eu l'air de leur convenir.
J'imagine que toi aussi tu dois avoir repris ton travail...
Je voulais simplement te dire que les jours que nous avons passés ensembles étaient les plus beaux que j'avais passés depuis bien longtemps.
A l'aéroport tu ne m'as pas laissé finir ma phrase, mais j'aimerai simplement te dire merci. Je me suis sentis moins seul et moins perdu à tes côtés, c'était comme si ma vie retrouvé un semblant de sens. Alors pour ça je te remercis!
Je ne sais pas si un jour nous aurons l'occasion de nous croiser de nouveau, ici ou là bas, dans cette vie ou dans une autre, mais je l'espère de tout coeur! J'aimerai être encore à tes côtés, mais nous savons tous les deux que celà est impossible alors il ne me reste plus qu'à cherir les souvenirs de nous.
Ce soir (il doit être tôt encore pour toi), je t'imagine à ton balcon, dans cette chemise de lin blanc qui te va si bien, j'imagine tes longs cheveux se balancer paraissement dans le vent et je me sens moins seul...
J'ignore ce que nous deviendrons, je ne sais même pas si au fond de ta jungle si tu auras ce message. Je ne sais si un jour nous nous reparlerons mais je voudrais que tu saches que je te t'oublis pas, ma petite exilée orientale. Mes souvenirs flotteront encore longtemps dans ma mémoire, j'espère à jamais...
Prends soin de toi, concerve cette force qui fait de toi un être si exceptionel, je t'admire plus que tu ne peux imaginer ma douce Bella!
Gardes au fond de ton coeur une place pour cet occidental un peu perdu qui a trouvé à tes côtés un apaisement à ses tourmants.
Lorsque j'étais enfant ma mère me lisait souvent cette phrase : "quels que soit vos rêves gardez dans le désarroi bruyant de la vie la paix de votre âme. Avec toutes ses perfifies, ses besoignes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau! Prendez attention... tachez d'être heureux!" ***
J'avais perdu la foie en ce message depuis bien longtemps... mais te rencontrer m'a donné envie d'y croire de nouveau! Tu m'as montré que le monde pouvait être beau..
Soit heureuse Bella, je ne connais personne qui le mérite tant que toi!
Tu vas me manquer... ton rire me manque déjà...
Peut-être à un jour nous nous reverrons, ma douce perle d'Asie, dans cette vie ou une autre.
Edward
*** Le Voyage de Théo (Catherine Clément)
Voila, n'hésitez pas à me laisser un petit mot pour me dire ce que vous en avez pensé!
Le prochain chapitre du Manoir est pour cette semaine.
Merci de me lire et à très bientôt!
