Bonjour tout le monde!

Je ne vous présente même plus mes excuses pour le retard... vous êtes habitués maintenant, mais j'en suis désolée quand même!

Me voila avec la suite!

Merci à LyraParleOr d'avoir corrigé ce chapitre, je lui ai envoyé sans même l'avoir relu alors merci beaucoup d'avoir pris du temps pour le corriger!

Merci à: Dan38, Lia-et-Eli, Toute petite etoile, Aelita48, Lydvynn (merci pour ta review! Je vais voir ce que je peux faire pour ne pas te faire pleurer alors ;) j'epsère que cette suite te plaira!), Nilua, Adore Youu, Rosabella01, PatiewSnows, Celine68990, Bellardtwilight, Ccile (merci beaucoup pour ta review! C'est beaucoup de compliments que je ne suis pas certaine de mériter mais en tout cas ça me fait vraiment plaisir se savoir que tu aimes cette histoire, j'espère que la suite sera à la hauteur de tes attentes et que je pourrais continuer un peu à te faire voyage!), Laccro (merci beaucoup pour ta très touchante review au dernier chapitre! çe ma fait plaisir que tu ai écouter ma petite suggestion musicale, désolée d'avoir fait couler quelques larmes, je te rassures j'ai un peu pleuré en écrivant aussi^^ Pour ce qui est de la suite ne t'inquiète pas je terminerai cette histoire, et ce quelque soit le nombre de review! J'espère que la suite sera à la hauteur de tes attentes! Merci de me lire).

Nana10 (merci beaucoup pour ta review! Je suis contente de savoir que malgré la séparation tu apprécie cette histoire! J'espère vraiment que la suite te plaira, désolée d'avoir mis un peu de temps à l'écrire! Merci de me lire!).

(je pense avoir répondu à ta review mais j'ai eu un bug de connexion juste après donc finalement je n'en suis pas sur... si tu n'as pas eu de réponse ne m'en veut pas!), LyraParleOr, Ronnie32, Lamue12, Elphina, Jackye, SoSweetySoCrazy, Bina1996, Julia05 pour vos adorables reviews, c'est une vraie motivation pour écrire!

Merci aussi pour vos mises en alertes et favori!

Pov B

Des semaines avaient passées, des mois même depuis le départ d' Edward... Il était en Amérique depuis maintenant trois mois... trois longs mois pendant lesquels il m'avait fallu combler le vide que laissait son absence. Ou plutôt tenter de le combler, inutile de dire que j'échouais lamentablement. Je me sentais si vide et lasse.

Je me consolais en pensant aux trop rares nouvelles de lui que j'avais. Depuis son premier mail qui avait fait couler le long de mes joues des torrents de larmes nous n'avions pas cessé de nous en envoyer.

Tous les quinze jours je pouvais me rassurer en lisant ses mots, si chauds et réconfortants. C'était comme un bref rappel de lui et de nos moments de bonheur, comme une amarre à mon pays natal.

Je me sentais moins seule, perdue dans cette jungle d'Asie en pensant que là-bas, de l'autre côté du Pacifique quelqu'un pensait à moi, parfois...

Edward c'était comme un secret, une petite enclave de paradis qui me faisait me sentir choyée, notre brève correspondance apaisait ma solitude. Jamais je n'aurais cru que cet Américain que je trouvais si hautain à son arrivée prendrait une telle place dans ma vie, celle d'un correspondant secret.

Nous reverrons nous un jour? Très honnêtement je ne le pensais pas, nos vies n'avaient rien de compatibles, notre bonheur d'être ensembles avait été si fort justement parce que nous savions qu'il était éphémère.

Mais je ne m'apitoyais pas sur mon sort ni ne pleurais son départ, après tout ça devait se passer comme cela et aucun de nous n'avait envisagé quelque chose de différent!

En dépit de notre éloignement, en dépit de notre incompatibilité plus que manifeste j'étais heureuse de garder un mince filin qui me reliait à lui. Lire ses mots était un réconfort sans nom!

Nous jetions dans nos mails tout ce que nous ne pouvions dire à d'autres, si j'étais seule dans ma jungle asiatique, il l'était tout autant dans l'immense Amérique.

Nous étions comme deux âmes en peine et solitaires qui de temps en temps voguaient l'une vers l'autre pour se sentir moins seule.

Je commençais doucement à apprivoiser le vide, a réapprendre à vivre comme avant. Edward était un beau souvenir je ne voulais l'entacher avec la tristesse de son départ!

La fin de la mousson était arrivée, la jungle était plus verte que jamais et la nature vibrante de vie.

Pour ne plus avoir le temps de penser à ma solitude j'avais pris en charge le centre des maladies infectieuses. Lynda l'australienne qui s'en occupait avant moi était arrivée au bout de sa mission et s'était envolée pour son pays natal. Nous n'étions pas tous des déracinés jetés là par le vent sans promesse de retours au pays. A vrai dire j'étais la seule à rester ici, la seule qui avait prolongé sa mission de quelque mois pour la rendre indéfinie. En quatre ans j'avais vu l'équipe soignante changer de nombreuses fois, je n'étais plus l'étrangère mais une médecin d'ici dont on ne sait pas bien d'où elle vient.

Mon travail au centre était harassant, ajouté à cela, mes fonctions quotidiennes me faisaient passer des journées dans un état de fatigue extrême, mais au moins je n'avais plus le temps de penser...

Les maladies infectieuses ravageaient le pays, les traitements lourds et coûteux étaient très peu accessibles, comme toujours il fallait se débrouiller avec les moyens du bord, supplier pour plus de trithérapie, se battre avec l'aide internationale et tenter d'apaiser les souffrances sans promesse d'y parvenir vraiment. C'était comme se débattre dans une vaste flaque de vase, visqueuse et collante qui emprisonnait tous nos mouvements.

En arrivant ici le mythe du sauveur occidental qui parcourait le monde pour soulager les souffrances s'effondrait. Pas de glorification car finalement nous n'avions pas la possibilité de faire grand chose, et surtout pas de changer la face du monde. Nous nous débattions avec un mur géant d'impossibilités. Mais j'aimais mon travail, il me donnait la sensation d'être vivante, utile!

Le centre des maladies infectieuses qui ajoutait à mon quotidien son lot de souffrances et d'horreurs me faisait oublier le vide et l'absence...

Lynda avait été remplacée par un homme à peine plus âgé que moi: Garrett, une force de la nature et un esprit tranquille. Médecin humanitaire depuis de nombreuses années, habitué à être promené au gré des vents et de ses missions dans chaque coin du monde, il avait su très vite s'adapter ici. La jungle l'avait adopté autant qu'il avait adopté ce pays.

J'aimais parler avec lui, sa conscription de villages étant proche de la mienne j'avais été chargée de lui montrer son travail.

Il fallait bien avouer que la présence de Garrett apaisait le vide laissé par Edward. En quelques mois ma vie avait tant changée! D'ordinaire un peu taciturne et ne parlant pas avec grand monde j'avais en si peu de temps pu me faire deux amis, et deux confidents!

J'appréciais la force de caractère de mon nouveau collègue, son optimisme à tout épreuve, ses conseils judicieux et sa tranquillité. Garrett était un atout précieux pour mon travail et son expérience était sans borne. Nous passions parfois de longs moments à discuter depuis qu'il avait rejoint le centre des maladies infectieuses où la présence de deux médecins n'était pas de trop.

Anglais natif mais ayant quitté son pays depuis bien longtemps il racontait nombre d'anecdotes de ses voyages. J'ignorais ce qui l'avait poussé à quitter son pays, il devait y avoir une raison, nous avions tous une raison pour nous jeter dans cette aventure qui nous éloignait tant de nos familles et de nos vies. Aucun de nous n'était des saints emplis d'altruisme, c'était avant tout pour nous que nous partions!

Garrett posait peu de questions alors je ne lui en posais pas en retour. Son regard vif et bleu semblait lire les profondeurs des âmes, extrêmement intuitif il savait tout de suite lorsque quelque chose n'allait pas, et pourtant nous nous connaissions depuis si peu de temps!

Charmeur je ne pouvais nier qu'il l'était! Mais sa conversation était si agréable et apaisante que je ne m'en formalisais pas. Et surtout que n'aurais-je pas fait pour oublier Edward qui tel une comète avait traversé ma vie, aveuglant tout sur son passage pour ne laisser ensuite qu'un immense vide!

Une longue journée s'achevait. Le bac à moteur glissait sur les eaux troubles de la rivière. Je glissai ma main dans l'eau pour apaiser un peu la bulle de chaleur qui m'enveloppait, la sueur glissait le long de mes jambes, entres mes seins... l'eau fraîche était la bienvenue.

Les ombres s'étiraient doucement sur le lac, pleine de nostalgie je pensais à Edward... Edward si séduisant dans sa chemise banche collée sur son torse parfait, ses yeux d'un vert si semblable aux couleurs de la jungle. Cet Edward qui était venu me trouver aux tréfonds de l'Asie pour me sortir de ma torpeur, de ma solitude. Chaque fois que mes pensées s'aventuraient sur ces rivages, mon cœur semblait battre un peu plus vite. Je ne pouvais nier qu'entres nous il y avait eu bien plus qu'une attirance physique, j'avais eu la sensation de trouver une âme semblable à le mienne, si seule et perdue dans le vaste monde...

Tout cela était terminé maintenant. Même si l'apprentissage de son absence se faisait doucement, il persistait au fond de ma poitrine une douleur lancinante et diffuse, la douleur du vide.

J'amarrai la barque au ponton du village. La journée avait été longue mais il fallait encore que je fasse mon rapport à l'agence. J'espérais vaguement trouver un mail d'Edward mais je savais que cet espoir était utopique, les quinze jours n'étaient pas encore écoulés, je n'aurais pas de ses nouvelles avant un moment encore.

"-Hey Bella!"

"-salut Garrett, bonne journée?" momentanément je me perdis dans ses yeux rendus si bleus par le soleil. Garrett avait de très beau yeux, à vrai dire il était très séduisant avec ses cheveux bruns un peu fous, son nez aquilin bien dessiné, ses lèvres boudeuses et son teint mat buriné par le soleil.

Ses voyages l'avaient fait vieillir un peu prématurément, il paraissait plus mature qu'il ne l'était en réalité, cela n'ôtait pourtant rien à son charme.

"-Longue journée! Mais elles le sont toujours non? Tu aurais le temps de prendre un verre ce soir?"

"-oui pourquoi pas! Je passe à l'agence avant et ensuite je suis tout à toi!"

"-si seulement..."

Galant il m'ouvrit la porte et je m'engouffrai dans la fraîcheur de l'agence pour faire mon rapport et organiser ma journée du lendemain.

Je ne pris pas la peine de vérifier mes mails ce soir-là, après tout Edward ne devait pas m'en avoir envoyés et c'était bien le seul contact que j'avais dans le monde occidental! A quoi bon faire attendre Garrett!

"-Au Kinali ça te tente? On pourrait y dîner, il est déjà assez tard."

"-bonne idée je meurs de faim et je n'ai pas eu le temps d'aller au marché récemment!"

Nous marchâmes côte à côte dans les rues animées qui se couvraient d'ombres doucement. La nuit tombait, la chaleur moins écrasante devenait agréable grâce à une petite brise fraîche qui faisait virevolter mes cheveux.

Le parfum des rues d'Asie le soir était incomparable, une saveur d'épices et de musc, un soupçon de lotus, une senteur qui ouvrait l'appétit, d'autant que je n'avais presque rien mangé de la journée.

Nous nous installâmes dans le petit restaurant populaire où bruissait les conversations des habitués. Une senteur lourde et capiteuse embaumait l'air, un vieux poste crachotait un chant religieux qui se perdait dans le piaillement incessant des conversations.

Je ne pus m'empêcher de penser à la dernière fois où j'avais dîné dans un tel lieu avec quelqu'un...

Cette autre fois c'était un homme magnifique aux cheveux cuivrés et aux mains soignées qui était assis face à moi, sa voix me transportait dans ses contrées inconnues, dans son regard je me sentais belle et importante... C'est autre homme était Edward, mon insaisissable Eden d'Amérique qui ne m'avait été offert que pour bien peu de temps...

Je secouais la tête pour chasser ces pensées pleines de nostalgie.

Mon bref moment d'égarement n'avait pas échappé à Garrett qui soucieux posa sa main sur la mienne.

"-A quoi pensais-tu pour être si loin?"

"-oh rien d'important... de vieux souvenirs"

"-le mal du pays? Il nous saisit dans les moments où l'on s'y attend le moins..."

"-non, mon pays c'est ici maintenant..."

"-depuis combien de temps l'as-tu quitté?"

"-quatre ans..."

"-c'est long pour une mission! Tu as signé pour combien de temps ici?"

"-indéfiniment..."

"-d'accord. L'humanitaire est une bonne façon de fuir ses fantômes."

"-il n'y en a pas... juste le vide, c'était ma motivation pour partir. Je suppose que d'avoir remplacé ce vide par la solitude n'est pas si mal."

"-il y a un moyen pour que tu ne sois pas seule tu sais..."

Son pouce traçait des cercles rassurant sur le dos de ma main. Il avait la peau chaude, apaisante, comme l'était toute sa personne.

Avec Garrett il n'y avait pas de frissons, pas de sensations exacerbées, juste une profonde tranquillité. Et ce n'était pas si mal finalement, c'était apaisant et doux. Garrett était très doux...

Il était rassurant et j'avais désespérément besoin d'être rassurée, désespérément besoin d'être apaisée, j'avais besoin de contact, de présence.

Je n'étais pas dupe, je reconnaissais la lueur qui brillait dans les yeux de Garret, il n'était pas totalement désintéressé, pas totalement indifférent. Mais après tout, nous étions deux adultes seuls au milieu de la jungle, deux adultes qui n'avaient pas beaucoup d'amis ni de réelles possibilités d'assouvir leurs besoins.

Nous passâmes un agréable moment, le repas était un vrai réconfort après cette longue journée.

"-Je te raccompagne."

La maison de Garrett étai située sur l'autre rive du lac mais j'appréciais qu'il vienne avec moi. Sa présence était douce et chaude. Mon cœur ne s'affolait pas près de lui, mes sens n'étaient pas exacerbés par sa présence, je me sentais très calme en réalité, comme l'eau dormante du lac, sereine...

Nous glissâmes jusqu'au ponton de ma maison. Mon regard ne put faire autrement que de se perdre du côté de celle où avait logé Edward. Mon Edward, celui dont un seul de ses regards pouvait me faire défaillir. Mais il n'était plus là, et nous allions probablement jamais nous revoir.

"-Tu viens prendre un dernier verre?"

"-avec plaisir." Ces mots raisonnaient comme une promesse, une promesse qui avait plus de sens pour Garrett que pour moi.

Ses lèvres étaient chaudes et rassurantes, son baiser doux et paisible. Il n'y avait pas de fougue, pas de passion, juste ses lèvres qui bougeaient tendrement contre les miennes, pas de précipitation non plus, simplement une grande sérénité.

Mon cœur ne battait pas follement, les papillons ne volaient pas au creux de mon ventre mais je me sentais bien au creux de ses bras. C'était comme faire une longue promenade en forêt, Garrett était relaxant, chaud et doux.

Doucement je laissai ses mains courir sur mon corps, je laissai ses lèvres baiser ma peau. Il n'était ni fougueux, ni vraiment bon amant mais c'était un instant doux et réconfortant dans lequel je me laissais glisser avec plaisir.

Pas de volupté ni de fulgurant plaisir, juste une façon de compenser le vide, une façon agréable de meubler l'absence...

Pov E

Les rues de Seattle étaient ensoleillées, chose rare pour la saison. En quittant mon appartement je m'arrêtai au Starbuck prendre de quoi subsister pour la journée. Rien de tel qu'une bonne dose de caféine pour sortir du sommeil.

Les rayons doux du soleil étincelaient sur les immenses gratte-ciels, rendant la ville moins triste qu'elle ne l'était en réalité.

En faisant la queue parmi les vapeurs acidulées du café je pensais à Bella... Ma douce et belle perle d'Asie, ma douce princesse exotique.

A l'heure qu'il était elle se préparait pour sa nuit là bas au cœur de sa jungle. Je l'imaginais vêtue de sa chemise de lin blanc, ou peut-être de ma chemise qu'elle avait gardée. J'espérais qu'elle la porte pour dormir, comme un rappel de moi près d'elle.

Je passais des heures devant son portrait, criant de beauté et de sensualité. Elle me manquait tant...

"-que désirez-vous monsieur?"

Perdu dans mes pensées je n'avais pas vu la file avancée, c'était mon tour et la jeune fille brune et jolie derrière le comptoir commençait à s'impatienter. Elle ressemblait vaguement à Bella avec ses grands yeux sombres et ses cheveux bruns... En bien moins belle cependant. Rien ni personne ne pouvait surpasser Bella!

"-Un grand latté s'il vous plait"

Je quittai le Starbuck en buvant une grande gorgée de café brûlant. J'avais besoin de ça pour me sortir des brumes de ma nuit. Une fois de plus j'avais rêvé de Bella... une fois de plus son corps gémissant de plaisir sous le mien était venu troubler ma nuit.

Le hall de mon entreprise, la grande réussite de ma vie était glaçant... Les grands vitres laissaient passer la lumière solaire, sur les dalles de marbre mon pas raisonnait.

Les secrétaires rivalisaient de sourires qui se voulaient charmeurs à mon passage, elles me semblaient toutes si insipides dans leurs vêtements de prix et leurs maquillages surfaits.

"-Monsieur Cullen, quelques appels sont arrivés pour vous, voici le dernier bilan du conseil d'administration..."

"-merci Angela" Mon assistante me tendait une grosse liasse de papiers. J'appréciais l'efficacité de cette petite brune un peu timide et réservée.

C'était une des seules femmes de cette entreprise qui n'ambitionnait pas de passer dans mon lit, c'était peut être pour ça que je l'appréciais tant. Aucun sourire charmeur ne venait entacher son efficacité et j'appréciais vraiment ça.

Enfermé dans mon immense bureau aussi froid et impersonnel que le reste du bâtiment. Mais qu'est-ce qui n'était pas impersonnel et froid dans ma vie? La solitude l'envahissait de toute part, je n'avais que peu d'amis, la lassitude me gagnait chaque jour un peu plus.

Dans mon costume griffé devenu subitement trop grand pour mes épaules de PDG fatigué, l'excitation de faire de l'argent et de mener cette entreprise que j'avais créée de mes mains avait disparue, il ne subsistait plus qu'un immense vide...

La seule touche de couleur dans ce bureau qui voyait défiler mes longues journées était la photo de Bella, si belle dans le soleil, souriante et douce. C'était le jour où nous étions allés à la cascade, ses yeux pétillaient de malice, les gouttelettes d'eau glissaient le long de sa peau.

La seule note personnelle dans ce bureau était un rappel de ma perle d'Asie que j'avais peut-être quittée pour toujours. Indéfiniment je brossais du bout de mes doigts ses traits figés sur le papier. Je fermais les yeux pour me perdre dans son souvenir, j'imaginais son rire, ses yeux, ce son si doux qui ne manquait de faire naître des sensations délicieuses au fond de mon ventre.

Presque fébrilement je vérifiais ma boite mail, évidement je n'avais aucun message de Bella, ce n'était pas vraiment une surprise, ses nouvelles n'arrivaient que tous les quinze jours à peu près mais je ne pouvais m'empêcher d'espérer... Je pense qu'un charme puissant m'avait été jeté là-bas, je ne pouvais me la sortir de la tête, elle hantait toutes mes pensées et tous mes rêves.

Je n'arrivais pas à me concentrer sur mon travail, c'était quelque chose qui hélas m'arrivait fréquemment depuis mon retours d'Asie.

Je regardais encore cette photo sur mon bureau et abandonnant les dossiers qui s'empilaient sur mon bureau en attendant d'être traités je pris mon carnet à croquis.

Il était neuf et pourtant sur de nombreuses pages on pouvait voir l'esquisse de ce doux visage qui emplissait toutes mes pensées.

Les traits étaient flous, rien ne pouvait restituer sa perfection, mais pourtant j'essayais inlassablement de figer sur le papier mon souvenir d'elle.

Une fois encore, j'eus beau me concentrer de toutes mes forces le résultats fût médiocre et fade, en rien comparable à ma perle d'Asie.

Elle me manquait... elle me manquait tellement, et ma main malhabile ne pouvait restituer la perfection de son souvenir. Le flou me gagnait et une fois de plus j'abandonnais, dépité et plus déprimé que jamais.

Bella me manquait et il m'était impossible d'apaiser mon tournant en la dessinant...

Mes rêveries furent interrompues par la sonnerie stridente du téléphone.

"-Allô?"

"-Edward, salut mec, heureux de voir que tu es toujours vivant! Tes nouvelles se font rares ces temps si!"

"-Jasper! Comment vas-tu? Désolé j'ai été plutôt occupé depuis mon retour!"

"-je sais, j'ai sous les yeux le dernier bilan, il n'est pas si mal finalement..." Jasper était une de seule personne que je pouvais considérer comme un ami dans ce monde. C'était aussi mon associé, il détenait quelques parts de ma société. Son aide et ses conseils avisés avaient permis de faire décoller notre chiffre, Jasper était bon pour les affaires, presque autant que je l'étais. Et il n'y avait pas la moindre vanité dans mes propos, seulement la vérité.

"-Je t'appelle pour savoir si tu serais ok pour déjeuner avec moi aujourd'hui?"

"-ok sans problème"

"-super mec, l'Eclipse c'est bon pour toi?"

"-nickel à tout à l'heure"

La matinée s'écoula dans le calme de mon bureau baigné de soleil. Le beau temps me donnait envie d'aller me promener, mais rapidement je réalisai, avec qui se promène-t-on lorsqu'on est seul?

Finalement je restai à travailler, c'était encore ce que je savais le mieux faire!

Les affaires étaient fructueuses, le bilan plus que satisfaisant. Au départ modeste cabinet d'architecture qui se battait pour survivre, mon entreprise était vite devenue un petit empire financier. Nous avions diversifié notre activité, effectué les bons placements, investi dans les domaines d'avenir et finalement nous faisions beaucoup plus de choses que de l'architecture.

Le frisson et l'adrénaline que je ressentais au début avait pourtant laissé place à une grande lassitude, un portable greffé à l'oreille et une vie de famille inexistante m'avait vite fait prendre conscience que mes rêves de grandeur ne suffiraient pas à mon bonheur!

J'étais riche, il était inutile de le nier, mon entreprise était un petit empire que je gouvernais d'une main de maître, ça aussi il était inutile de le nier, et pourtant je me sentais si seul, et si malheureux...

Avec qui partager les plaisirs de la vie que me permettaient mes revenus plus que confortables étant donné que j'avais fait le vide autour de moi? C'est cette situation que je supportais de plus en plus difficilement chaque jour!

"-Singapour. Les investisseurs ont l'air sérieux, le marché juteux. Je ne sais pas ce que tu en penses mais je crois qu'on devrait se poser la question, et au pire si ça foire il ne s'agit que de quelques milliards, vu le dernier bilan on peut très honnêtement se le permettre!"

Dans un restaurant huppé de la ville je déjeunais avec le seul qui n'avait pas encore fui ma compagnie taciturne. Jasper toujours exalté et efficace me faisait part de ses derniers plans pour l'entreprise. C'était un collaborateur très habile et précieux mais j'étais heureux d'avoir la tête, certaines de ses lubies pouvaient parfois nous coûter très cher, voila pourquoi je tenais à discuter avec lui longuement avant de lui donner mon feu vert.

"-Singapour, ça me parait une bonne idée! Le risque est minime mais le gain pourrait être conséquent! Ok Jasper je marche!"

"-cool! On doit rencontrer les investisseurs rapidement. Tu veux que je m'en charge ou tu le fais?"

"-je vais le faire." Pas que je doutais des ses capacités, mais Singapour était si proche du Laos... Dans ma tête tous les rouages se mettaient en place pour organiser une nouvelle rencontre. Finalement il fallait se demander si la promesse de retrouver Bella, même si ce n'était que pour quelques jours, ne m'avait pas fait accepter ce contrat à la hâte... qu'importe, elle me manquait tellement!

"-Dans trois semaines ce serait l'idéal. Je prends contact là bas pour savoir si c'est bon pour eux."

Pov B

Le soleil n'était pas encore levé sur le lac que le sommeil m'avait fui.

Une présence à mes côtés m'avait réveillée, ou plutôt la chaleur infernale que dégageait cette présence dont le bras encerclait ma taille.

Avant d'ouvrir les yeux je me pris à rêver que c'était le bras d'Edward qui me serrait ainsi contre lui, mais c'était une douce utopie et j'en étais pleinement consciente!

Après cette nuit passée avec Garrett je me sentais vaguement mal à l'aise. Faire ça dans mon lit me donnait la sensation d'entacher mes souvenirs d'Edward.

Si j'avais aimé la nuit dernière pour son calme apaisant, elle n'avait rien de comparable avec celles passées dans les bras d'Edward. Garrett n'avait pas cette faculté d'enflammer tous mes sens par sa simple présence, de faire voleter dans mon ventre ses papillons de volupté, de me rendre heureuse en étant juste couchée à ses côtés. Garrett n'était pas Edward tout simplement...

Nous déjeunâmes très rapidement avant d'entamer cette journée qui encore une fois promettait d'être longue. Si Garrett se sentait parfaitement à l'aise au réveil ce n'était pas tout à fait mon cas. Un vague malaise me tordait le ventre et me rendait nauséeuse.

Dans ma penderie, la robe qu'Edward m'avait offerte était pendue entre mes chemises, la voir me planta comme un poignard dans le cœur. Ça me faisait tellement mal de songer que cette nuit ce n'était pas lui qui me tenait au creux de ses bras, probablement que je ne le reverrai jamais! Je devais cesser de vivre dans le souvenir et me lancer de nouveau dans ma vie.

Un homme séduisant et sécurisant avait passé la nuit à mes côtés, je devrais en profiter plutôt que de songer à mon amant perdu! Mais pourquoi avais-je la sensation de le tromper alors que nous ne nous étions rien promis et qu'entre nous il n'y avait plus rien?

Je partis en direction de l'agence avec cette sensation de malaise persistante au creux de mon ventre. Garrett près de moi était silencieux mais il ne semblait pas le moins du monde gêné.

Nous arrivâmes tôt, mon empressement à quitter la maison nous donnait quelques minutes de répit avant que la journée ne commence vraiment.

Je décidai de consulter mes mails, toujours avec ce fébrile espoir un peu vain d'avoir des nouvelles d'Edward. Un mot de lui permettrait sûrement de faire disparaître le malaise.

Lorsque la petite enveloppe rouge clignota sur mon écran j'avais la sensation de suffoquer. Une seule personne pouvait m'envoyer ce mail, tout simplement parce qu'il était le seul de qui j'en avais reçu en quatre ans.

De: Edward Cullen

A: Bella Swan

Ma Bella, dis moi est-ce que je pourrais t'appeler à ton agence? J'ai un voyage d'affaires à Singapour dans trois semaines, j'aimerais que tu passes ces quatre jours avec moi... J'espère que ce n'est pas trop te demander. Tu me manques tellement!

Dis-moi quand je pourrais t'appeler et si tu es d'accord je t'envoie le billet d'avion rapidement.

J'ai l'air ridicule à te supplier ainsi mais, je t'en prie, accepte!

Il me tarde d'avoir de tes nouvelles...

Edward

Alors à votre avis? Bella va courir rejoindre Edward à Singapour ou elle va resté en Asie avec Garrett pour tenter d'oublier ses souvenirs?

J'espère que ce chapitre vous à plus! J'attends votre avis.

Merci de me lire et je vous dis à très bientôt!