Bonsoir tout le monde! Enfin si il reste quelqu'un par ici! Je suis désolée pour ce long délais mais entre les révisions et les partiels, impossible de m'achapper! Mais je suis de retours, jevais donc pouvoir reprendre des postes bien plus réguliers!

J'espère que vous aimeez ce chapitre, il va y avoir quelques révélations.

Merci à: LyraParleOr, Aelita48, Rosabella01, Lili-salvatore, Bellardtwilight, Cricri2388, KristenStewartFans, Jackye, SoSweetySoCrazy, Bella Swan Cullen02, Celine68990, Soraya2107, Nana10 (merci beaucoup pour ta review: C'est un plaisir de savoir que tu aimes toujours cette hsitoire! Avant la séparaion voilà la soirée... J'espère que ce chapitre te plaira! Merci de me lire!), Dan (Merci beaucoup pour ta review! Je suis contene d'avoir augmenter la température un peu chez toi^^ Le mois de mai à été plutôt froid.. Quelque chose de pas sympa? Déjà? J'espère que tu aimeras ce nouveau chapitre! Merci de me lire et à très bientôt!), Misslaccro, Midsum, Soraya (merci beaucoup pour ta review! J'espère que cette suite te plaira elle aussi!), Iris1002, Ronnie32, Elodie Pixie B, Elphina, Sarinette60, PatiewSnows, Roussette.13, Psychogirl25 pour vos adorables reviews!

Merci aussi pour vos mises en alerte et favori!

Merci beaucoup à LyraParleOr qui a corrigé ce chapitre (en tellement peu de temps) pour le rendre lisisble!

Pov E

Depuis la veille l'orage n'en finissait pas de ravager Singapour. Nous étions sortis dans l'après midi nous promener dans les rues baignées d'une atmosphère lourde et orageuse.

Jamais encore au cours de mes précédentes visites ici, la ville n'avait eu une telle saveur. Avec Bella au creux de mes bras le paysage me paraissait plus magnifique que jamais.

Des papillons d'allégresse virevoltaient en permanence dans mon ventre, je me sentais plein de légèreté et de joie, enflammé et plus vivant que je ne l'avais été au cours des dix dernières années. C'était le pouvoir que Bella avait sur moi... me rendre exalté et fringuant comme au temps où je croquais la vie avide de toujours plus.

J'avais depuis bien longtemps perdu cette flamme et cette fougue, cette envie et ce désir mais Bella m'avait rendu tout ça, elle m'avait rendu à la vie...

J'avais peur d'être éloigné d'elle à nouveau. L'éphémère faisait le sel de notre relation mais il me terrifiait, je ne voulais pas la quitter.

Après notre promenade nous avions encore passé un long moment à faire l'amour. Me fondre en elle, me nourrir de sa chaleur et de sa fougue me faisait oublier que notre temps était compté. Et pourtant il l'était... Demain je m'envolais pour l'Amérique et elle pour le Laos. Quand nous reverrions-nous? Je n'en avais pas la moindre idée et pourtant une certitude vibrait au fond de mon cœur: j'allais la revoir. Penser le contraire m'était insoutenable!

Je sortais de la salle de bain en terminant de boutonner la chemise de mon costume. Ce soir était le grand soir, celui de la réception à laquelle j'allais avoir le plaisir d'être accompagné de Bella. J'avais un peu la sensation de la présenter à mon monde, de l'inclure dans ma réalité, celle que j'avais tant cherchée à fuir, mais j'étais certain qu'avec une femme telle que Bella à mes côtés mon monde me paraîtrait bien moins fade et terne.

La chambre était déserte. En arrivant au salon de la suite je sentis une bouffée d'air chaud et humide, la porte fenêtre était ouverte et la femme qui occupait tous mes rêves et mes pensées était accoudée à la rambarde du balcon et fumait dans une tranquille indifférence.

Nous venions de partager un moment coquin sous la douche et elle était encore vibrante de sensualité là, avec l'air brûlant du soir qui jouait dans ses cheveux. Ma chemise qu'elle portait une fois encore pour seul vêtement collait légèrement à sa peau humide où courraient encore quelques gouttes limpides. Il aurait été déraisonnable de dire que j'avais encore envie d'elle et pourtant c'était le cas... Pourrais-je un jour me rassasier de cette femme? Il était probable que non et je n'en avais d'ailleurs pas la moindre envie.

Mon appareil photo traînait sur la table du salon alors j'en profitais pour capturer dans un flash son profil sensuel que j'aurais mille plaisirs à dessiner plus tard. J'avais la sensation d'avoir trouvé ma muse dans cette perle d'Asie à la fois douce et sauvage.

Je sortis la rejoindre et me collai dans son dos en inspirant son parfum enivrant mêlé à la senteur capiteuse des embruns orageux.

La ville flamboyait dans les dernières lueurs du jour, la nuit commençait à gagner le ciel et ses ombres jouaient entre les grattes ciel.

Je glissai mes bras sur ses hanches pour la rapprocher de moi et embrassai son cou parfumé alors qu'elle portait sa cigarette à sa bouche et exhalait une longue bouffée de fumée.

Dans le creux de ses seins à peine couverts de tissu se nichait la goutte de diamant que je lui avais offerte. Sa peau offrait au bijoux le plus parfait des écrins.

"-Il va être temps de te préparer."

"-Hum je sais... Mais je suis si bien là." Elle dit cela de sa voix douce et chaude et se colla un peu plus contre mon corps en soupirant d'aise.

Je ne pouvais qu'être d'accord avec elle, nous étions si bien là tous les deux, seuls au monde dans notre bulle de bonheur.

Alors que sa cigarette finissait de se consumer lentement et nous entourait d'une nuage brumeux Bella se retourna et de ses petites mains fines arrangea le col de ma chemise.

Ce geste si simple m'emplissait d'une joie déraisonnable. Cela semblait si normal de la voir faire ça, comme une épouse soucieuse l'aurait fait avant que son mari ne parte pour un dîner d'affaires. Un instant je me pris à rêver de ce que ça serait d'avoir Bella pour femme, ce que ça serait de partager sa vie et de me réveiller chaque matin aux côtés de son corps alangui. Mais bien vite je secouais la tête pour chasser ces rêveries. Bella n'était pas femme que l'on emprisonne...

"-Même si j'attends avec impatience de te voir porter ta robe, je dois dire que mes chemises n'ont jamais été aussi bien portées que sur toi... Elles paraissent si sexy!"

"-Je pourrais peut-être aller à la réception habillée comme ça..." Sa moue boudeuse de petite fille contrariée tordait mon ventre du désir de la posséder encore une fois sur l'immense lit de la chambre. Ou peut-être ici, à la vue de tous aux sommets de la ville!

"-Je ne crois pas que ça serait une très bonne idée! Je deviendrais fou à voir tous les hommes te reluquer! Je ferais un carnage!"

"-Possessif Cullen?"

"-Avec toi il faut croire que je le deviens!" J'embrassai ses lèvres en songeant à combien j'avais changé depuis que Bella était entrée dans ma vie! J'étais devenu possessif oui...

La robe Dior couleur jade que j'avais choisie était scandaleusement et magnifiquement indécente sur Bella!

La soie coulait sur son corps comme une seconde peau et mettait parfaitement en valeur ses formes divines. Le dos profondément échancré me rendait fou de désir pour elle. Si je m'étais écouté nous n'aurions jamais quitté la chambre. A peine habillée je ne pensais qu'à lui ôter cette robe...

Mes yeux ne pouvaient se détacher de ce petit bout de cuisse que la profonde échancrure de la robe révélait.

Le collier se nichait au creux de sa poitrine, juste là où j'aurais voulu enfouir ma bouche pour la dévorer à n'en plus finir. Elle avait relevé ses cheveux en un chignon lâche, ce qui dégageait sa nuque et ses épaules parfaites de finesse.

"-Tu es magnifique!"

"-Tu as bien choisi! Cette robe est parfaite."

"-Tu es parfaite..." Je l'attirai dans mes bras, ne supportant pas de perdre son contact.

"-Je dois dire que tu n'es pas mal non plus!"

"-Promets-moi une chose! Quand on rentre n'enlève pas ces talons avant que j'ai eu le temps de te faire l'amour!" Pas le moins du monde choquée elle me sourit d'une façon coquine et enflammée. Dieu que la soirée allait être longue...

Pov B

La soirée promettait d'être terriblement ennuyeuse! Sans la présence d'Edward à mes côtés, plus somptueux que jamais dans son costume Armani qui lui allait merveilleusement bien, je n'aurais pas tenu une heure!

En arrivant à l'hôtel où se tenait la réception j'eus la très désagréable impression d'être projetée dans le monde qui autrefois avait été le mien... Ce monde que j'avais fui sans me retourner dès que l'occasion m'en avait été offerte. Ce monde que j'exécrais plus que tout!

Les hommes, pour la plupart bedonnants et chauves, tenaient accrochées à leurs bras des femmes insipides emprisonnées dans leurs robes de créateurs et leurs chignons guindés, un pale sourire hypocrite plaqué sur leurs lèvres trop maquillées. Dieu que je détestais ce monde de faux semblants!

Edward se déplaçait avec aisance, serrant quelques mains, me présentant comme sa compagne avec un naturel réservé qui imposait distance et respect.

Sous le regard lubrique de quelques uns de ces hommes puissants et ceux glacials de leurs femmes je suivais Edward comme si j'étais dans mon élément. Je donnais le change pour ne pas qu'il ait à rougir de mon attitude et pourtant j'aurais aimé être à des lieues d'ici, dans notre chambre d'hôtel par exemple... son corps couvert de sueur se mouvant au-dessus du mien alors que nos cris de plaisir troubleraient l'air de la nuit!

Qu'est ce que je faisais là au juste? Dans cet univers étouffant d'hypocrisie? A quoi bon vouloir fuir à tout prix l'Amérique si c'était pour retrouver ici, au bout du monde, ce à quoi j'avais tant cherché à échapper! Là-bas le manque de sincérité me tuait à petit feu... C'est ce qui arrivait à Edward aussi, enfoncé dans ces mondanités et ses obligations, accompagné de gens insipides et fades il perdait l'essence même de son bonheur.

Alors ravalant ma rage et mon inconfort d'être ici, je faisais bonne figure pour le soutenir lui!

"-Ça va?" Je répondis à son regard inquiet par un petit sourire rassurant.

"-Oui très bien!"

"-Ce n'est pas très amusant je sais! Ces soirées ne le sont jamais!" C'était peu de le dire!

Edward parla quelques temps avec des investisseurs alors que je restais là à sourire bêtement en m'ennuyant fermement.

C'était donc à ça que serait condamnée sa future femme? A l'accompagner dans des événements mondains en souriant sans se plaindre, parfaite et parfaitement lisse dans son rôle de parure! Un certitude brûlait au fond de mon cœur, jamais je ne pourrais être cette femme là! Jamais je ne pourrais me laisser enfermer à nouveau dans ce rôle là!

Ma soif de liberté était bien trop immense, alors même pour Edward, cet homme incroyable qui faisait battre mon cœur plus vite, je ne pourrais jamais être ça...

A un moment de la soirée nous nous accordâmes une petite pause dans les mondanités pour nous rendre au buffet où s'entassaient petits fours et mignardises dégoulinantes de sucre. Rien de bien asiatique dans cette réception huppée si éloignée du monde et de ses réalités...

Le champagne français était trop sucré et de maigre qualité. Je n'aurais même pas la consolation d'un alcool raffiné ce soir! Cela m'aurait pourtant bien aidé à supporter cette soirée qui remuait en moi bien plus que ce que je n'aurais désiré!

Edward traçait dans mon dos dénudé des cercles de sa main brûlante lorsqu'une femme que je n'avais pas encore remarquée se dirigea vers nous un immense sourire illuminant ses lèvres délicatement maquillées.

Quelque chose d'étrange se passa en moi à cet instant. Sans que je sache vraiment pourquoi je la perçus de suite comme une rivale, ou tout du moins une femme dangereuse.

Si cela me tuait de l'avouer mais elle était magnifique. Ses longs cheveux noirs flottaient dans son dos et ses yeux profonds éclairaient son visage à la peau mate et aux traits d'une exquise finesse. Sa robe de soie rouge moulait son corps mince et frêle comme le sont ceux de toutes les chinoises. Elle venait de Chine, cela ne faisait aucun doute!

J'étais tellement occupée à la dévisager et à appréhender son arrivée près de nous que je ne remarquai pas d'abord l'homme qui l'accompagnait. Grand, brun, le regard bleu acier perçant, il n'inspirait lui non plus pas la moindre confiance!

"-Edward!"

"-Lie comment vas-tu?"

Edward ôta sa main de mon dos pour enlacer la femme et je détestais qu'il l'ait fait. Je ne savais pourquoi j'éprouvais une telle aversion pour elle mais c'était un sentiment viscéral.

Et voir Edward si chaleureux ne faisait qu'accroître mon malaise, et ma jalousie...

"-Ça fait tellement longtemps que je ne t'aie pas vu! Permets-moi de te dire que tu es superbe!"

"-Et je te retourne le compliment! Cette robe te va à ravir!" Son rire carillonna dans l'air comme un tintement de clochettes. J'avais la sensation d'être invisible et je détestais ça! Je voulais pousser cette femme loin de nous et reprendre Edward pour moi seule! Celui-ci semblait avoir oublié ma présence d'ailleurs... Je me sentais si déçue! Il n'était pas différent de tous les hommes que j'avais croisés finalement!

L'homme qui accompagnait ma rivale se présenta lui même sous le nom de Dimitri avec accent italien très prononcé.

Edward dut se souvenir de ma présence à ce moment là car il me présenta sous le nom de "Isabella une amie". J'étais écœurée, à la limite de la nausée!

Me sentant de trop et ne pouvant en supporter plus je décidais de m'éclipser.

"-Edward je sors un peu."

"-je te retrouve tout à l'heure" Son ton avait perdu toute chaleur, il ne restait rien de l'homme sensuel et doux que je connaissais. Je ne connaissais pas cet homme là... et je réalisais avec effroi que cet homme que j'avais entrevu ce soir était le vrai Edward... le businessman qu'il était à son arrivée au Laos... Je le pensais changé mais finalement il n'en était rien.

Écœurée et triste je m'assis sur les marches à l'entrée de l'hôtel, ne ne souciant pas d'abîmer cette robe qu'il avait achetée pour moi.

L'orage était passé mais il restait dans l'air de la nuit comme un relent de touffeur. La rue était baignée dans la douce lueur des réverbères et le tumulte des voitures se faisait entendre sur l'avenue. Je respirais l'air du soir et sortis avec fébrilité une cigarette de mon sac.

J'avais besoin d'un peu de réconfort après cette soirée désastreuse!

Mon passé m'était revenu en pleine figure avec une force terrible et l'homme que j'appréciais, et peut-être même aimais plus que nul autre m'avait déçue... J'accordais rarement ma confiance alors je me sentais terriblement bafouée.

Je fumais avec nervosité en tentant de dompter mes larmes, je ne savais pas bien pourquoi ma réaction était si violente mais j'avais toutes les peines du monde à me contrôler.

Voir qu'il avait suffi que cette femme arrive pour que je n'existe plus aux yeux d'Edward me blessait mortellement.

Dieu merci demain je rentrais au Laos et il ne me resterait plus qu'à reprendre le cours de ma vie et à l'oublier! C'était sûrement mieux ainsi finalement!

La nicotine se répandait dans mon corps en même temps que je retrouvais mon calme. Qui était Edward pour moi en définitive? Rien de plus qu'un amant de passage... Il ne me devait rien!

Je fermais les yeux pour apprécier la caresse du vent chaud et humide sur ma peau.

"-Je te cherchais..."

Sa voix avait retrouvé sa chaleur... sa chinoise devait s'en être allée!

"-Que dirais-tu de rentrer? J'ai bien peur que cette soirée n'ait pas été très amusante!"

"-A qui le dis-tu!" Il me jeta un regard vaguement inquiet en entendant mon ton froid mais il ne s'en formalisa pas et héla un taxi qui passait dans la rue.

Le trajet jusqu'à notre hôtel se passa en silence.

Edward traçait du bout de ses doigts des cercles sur ma peau dénudée et je me forçais à ne rien ressentir sous ses caresses. Je n'avais pas la force de le faire cesser alors je tentais d'oublier la chaleur et la douceur de sa main.

Mes talons résonnèrent sur les dalles de marbre du hall de façon sinistre. Ces talons avec lesquels il avait promit de me faire l'amour... Il pouvait rêver maintenant, il ne fallait pas m'ignorer ainsi!

"-Je vais me changer..." Je le plantai à l'entrée de la suite alors que j'allais dans la salle de bain me rafraîchir. J'avais hâte d'être au lendemain et de partir d'ici!

Je n'aurais pas dû être si mortifiée, je n'aurais pas dû ressentir tant de choses pour Edward. J'avais joué à un jeu dangereux et je m'étais brûlée les ailes. Je ressentais pour lui bien plus que ce que je n'avais voulu me l'avouer mais je n'étais pour lui qu'une simple distraction éphémère alors je devais oublier mes sentiments au plus vite!

Lorsqu'il prit ma place dans la salle de bain je ne lui accordai pas un regard et me glissai dans le lit où il vint me rejoindre quelques temps plus tard.

Je m'en voulais de réagir ainsi, j'avais couché avec Garrett avant de le rejoindre ici, mais au final j'étais venue! Et surtout je ne l'aurais jamais ignoré ainsi!

"-Qui est-elle?" Je devais savoir.

"-Je crois que je te dois quelques explications..."

"-Non tu ne me dois rien! Nous ne nous étions rien promis Edward! J'ai couché avec Garrett après t'avoir connu toi. Nous ne sommes pas mariés et ni même un couple, tu as le droit d'avoir toutes les femmes que tu veux, je n'ai nullement le droit de te le reprocher!"

"-Je n'ai jamais couché avec Lie, et cela n'arrivera jamais..."

"-Pourtant"

"-Pourtant ce n'est pas comme si elle n'avait pas essayé! Elle me pourchasse de façon assidue depuis que nous nous sommes rencontrés! Une sorte de lubie pour elle si tu veux" Je n'étais pas certaine de le croire mais cette idée me faisait un bien fou!

"-Pourquoi n'as tu jamais cédé?"

"-Elle ne m'a jamais attiré."

"-Pourtant elle est belle... pourquoi m'as-tu ignorée lorsqu'elle est arrivée?"

"-C'est là que je te dois des explications!" Il se passa la main sur le visage d'un air las et fatigué, même comme cela je le trouvais terriblement attirant... et je ne parvenais pas à lutter contre ça!

"-Lie est une femme dangereuse... Du genre que tu ne voudrais pas avoir contre toi! En un clin d'œil elle pourrait réduire à néant ma société et tout ce que j'ai construit. Elle contrôle tout le marché asiatique."

"-Pourquoi le ferait-elle?"

"-Elle est impulsive, si je refuse ses avances de façon trop catégorique elle n'hésitera pas à se venger. En lui donnant l'impression qu'elle pourrait obtenir ce qu'elle veut, même si cela n'arrivera jamais, j'achète ma tranquillité."

"-Alors tu m'as ignorée après avoir insisté pour que je t'accompagne pour protéger ton empire financier?"

"-Pas seulement... Dimitri, l'homme qui l'accompagnait est connu pour être proche de la mafia sicilienne. Je ne sais pas ce que Lie fabrique avec lui mais ça n'est pas rassurant."

"-Et je suis censée te croire? La mafia maintenant?"

"-Tu n'as aucune idée de ce qui gouverne les marchés financiers de ce monde..."

"-Oh détrompe-toi sur ce point! Ton attitude m'a blessée ce soir... Je sais qu'elle n'aurait pas du mais..."

"-Arrête de dire qu'elle n'aurait pas dû te blesser ou que je ne te dois rien, si Bella, je me sens plus proche de toi que de personne d'autre dans ce monde. Tu m'as rendu le goût de vivre, tu as redonné à mon univers une dimension palpitante, tu occupes toutes mes pensées quand tu es près de moi et encore plus lorsque tu es loin alors si, je te dois quelque chose! Et je suis désolé que mon attitude t'ait blessée, je ne voulais pas que Lie te remarque, je ne voulais surtout pas qu'elle se sente menacée par toi... j'ignore jusqu'où va son influence mais je ne lui fais pas confiance! Elle est comme une gamine pourrie gâtée qui n'a pas l'habitude qu'on lui refuse quelque chose. Si elle avait remarqué la force de ceque nous partageons j'avais peur qu'elle se venge, sur moi, mais encore plus sur toi... Et je ne peux le permettre!" Pourquoi ses mots me réchauffaient-ils ainsi? Pourquoi je me sentais apaisée après ses explications étranges? Pourquoi mon cœur battait un peu plus vite en l'entendant me dire que j'étais plus importante que nulle autre?

"-Comment l'as-tu rencontrée?"

"-C'est une vielle histoire... A un moment ma société battait un peu de l'aile, j'avais du mal à décrocher de gros contrats et les finances n'étaient pas au meilleur de leur forme. J'avais, comme tout le monde d'ailleurs, entendu parler du chantier immense pour le barrage des Trois Georges en Chine. Ce projet était colossal, un triomphe assuré pour le régime chinois, mais il était aussi très décrié, peut-être même une future catastrophe écologique. Les enjeux étaient énormes et la construction très certainement une erreur. Si c'était à refaire il est évident que je ne le referais pas! Mais à ce moment là je n'avais pas vraiment le choix et j'ai répondu à l'appel d'offre. Le rôle de ma société a été mineur dans la construction mais cela nous a permis de subsister. C'est à ce moment-là que j'ai rencontré Lie, favorite du gouvernement. Elle était responsable de cet immense projet. J'ai très vite senti qu'elle était dangereuse, depuis avec elle, je joue le jeu de l'hypocrisie en espérant qu'elle ne s'en aperçoive jamais..."

L'hypocrisie... voilà bien le mal de ce monde que j'avais fui!

"-Oh Bella si tu savais comme j'en ai marre de tout ça! Comme je suis fatigué!" Je l'attirai dans mes bras, tous mes griefs oubliés. Il avait besoin qu'on prenne soin de lui maintenant.

"-Oui j'ai une bonne idée de comment tu peux te sentir."

"-Je suis tellement désolé que la soirée ait été un tel fiasco!"

"-Ces soirées-là le sont toujours..." Il nicha sa tête dans le creux de mon cou en respirant mon parfum alors que je caressais ses cheveux à l'incroyable douceur.

"-Tu était parfaite ce soir pourtant, comme si tu avais assisté à ce genre de soirées toute ta vie!"

"-C'est peut-être parce que c'est le cas! Ou une partie de ma vie du moins..." Il redressa la tête en me dévisageant avec un regard curieux et intéressé.

"-Je crois qu'il est temps que je te parle un peu de ma vie avant d'arriver en Asie..."

Cette fois c'était à moi de me blottir contre son torse en appréciant avec délice ses caresses apaisantes dans mon dos.

"-Je viens d'une des familles les plus en vue de Californie. J'ai grandi dans un univers surprotégé où tout n'était que luxe et mondanités. Très tôt on m'a enseigné les vertus de l'hypocrisie et de la bienséance. Mon père, avocat réputé et très certainement le plus huppé des avocats de l'État était le dernier fils d'un riche industriel. Bien qu'il n'ait pas hérité de la société, la coquette fortune et la très haute estime de sa personne qu'il eut en héritage suffit à nous assurer une bonne place dans la société. Son mariage avec ma mère, riche héritière n'ayant jamais rien fait de ses dix doigts, était la consécration de sa fortune."

"-Je ne t'aurais jamais imaginée grandir dans un tel cadre... tu es si pleine de vie!"

Edward caressait mon dos et sa main chaude m'apaisait autant qu'elle envoyait dans tout mon corps des ondées de tendresse.

"-Et pourtant comme tu le vois, je descends d'une longue lignée de la plus haute bourgeoisie californienne! Comme ma mère avant moi, ma place dans ce monde était toute tracée. Moi aussi je devais épouser un homme riche et respectable qui me promènerait à son bras comme un trophée. Un peu comme les femmes qui peuplaient la réception ce soir.

Mon mariage, j'en entendais parler depuis ma plus tendre enfance. Je soupçonnais même ma mère de tenir des listes des prétendants les plus convoités. Qui avaient-ils choisi finalement? Je n'en avais pas la moindre idée..."

Étrangement raconter mon histoire à Edward me faisait du bien. Je me sentais apaisée dans ses bras, ainsi il était moins difficile de replonger dans ces souvenirs d'un autre temps.

"-Ma vie était aussi insipide et ennuyeuse que l'on peut l'imaginer. J'avais tout ce que je pouvais désirer à condition que je me tienne bien en société. Préparée depuis ma plus tendre enfance à tenir mon rang je n'avais pas d'autres consolations que les livres dans lesquels je me plongeais des heures durant. Cette passion solitaire ne dérangeait pas vraiment mes parents, bien que ma mère aurait préféré me voir traîner avec les enfants de leurs amis. Des gosses transpirant la suffisance et le mépris. Alors que mon frère se préparait à prendre la suite de mon père, je devais me contenter de sourire et de préparer mon futur mariage, j' étais une femme après tout!"

"-Tu as un frère?"

"-Oui un grand frère, Alec... Il doit être avocat maintenant, associé de mon père ou peut-être même qu'il a déjà pris sa succession, je ne sais pas je n'ai pas de nouvelles depuis si longtemps!"

"-Tu étais proche de lui?"

"-Proche? Pas le moins du monde, je crois que nous ne nous entendions pas trop mal mais notre relation était distante."

Me savoir si éloignée de ma famille semblait lui paraître étrange. Je me demandais si lui avait des frères et sœurs... Nous n'avions jamais parler de nos "proches".

"-C'est au moment où il avait fallu me choisir une université que les choses se sont gâtées. Littérature semblait un bon choix pour mes parents, de quoi être instruite et briller en société. C'était bien là le plus important! Je devais être une épouse avant tout, une héritière aussi, nul besoin pour moi de travailler. D'ailleurs aucune des femmes de cette société ne le faisait! Les œuvres de charité étaient une occupation suffisamment prenante comme cela! "

"-Ça semble tellement vieux jeu! Tellement éloigné du monde d'aujourd'hui!"

"-Mes parents l'étaient! De même que tous leurs amis."

"-Je ne comprends pas, si tu devais étudier la littérature, comment t'es tu retrouvée à faire médecine?"

"-C'est là que les choses se sont compliquées! Je nourrissais ce rêve depuis longtemps déjà, dans le plus grand secret cela va sans dire! Être la femme d'un éminent médecin oui, l'être soit même, quelle idée ridicule n'est-ce pas! Je me suis inscrite à la faculté de médecine sans demander l'avis de mes parents. Dès qu'ils l'ont su ma mère a opposé son refus catégorique, mais j'eus plus de chance du côté de mon père. Il trouvait cette nouvelle lubie sympathique, cela me passerait bien vite de toute façon, c'est avec cela qu'il réussit à convaincre ma mère. Que perdrait-on à faire quelques semestres de médecine? Il serait bien temps de me marier après!"

"-Dit comme cela ça sonne vraiment horrible!"

"-Mais ça l'était... Je vivais très mal cette situation, déjà mon esprit de liberté commençait à s'éveiller. Je voulais vivre, vivre vraiment et non survivre dans cette pâle imitation de vie! Les années qui suivirent, j'étudiais sans relâche, j'avais pris soin de m'inscrire dans une université suffisamment éloignée de la maison pour ne pas y revenir trop souvent. Ma mère s'impatientait mais je pus terminer mes études. Le jour où je fus diplômée personne ne fit le déplacement. Mon père était trop occupé pour cela et ma mère préparait un gala de charité. De toute façon ces études étaient une mascarade non? Ou du moins une occupation divertissante!"

"-Oh Bella..."

La voix d'Edward était un peu étouffée, comme s'il ressentait toute la peine que j'avais pu éprouver à ce moment là. Il me serra un peu plus fort dans ses bras en embrassant le sommet de ma tête. Je me fondis dans son étreinte, appréciant la chaleur de son contact, toutau long de ma vie je n'avais pas été habituée à tant de tendresse.

"-Ce métier, c'était mon rêve! Ma fierté! La seule chose que j'avais accompli dans ma vie... J'avais peur du rôle qu'on voulait me donner, ce rôle de parure insignifiante juste occupée à sourire et à cancaner. Je trouvais un job dans une clinique chic, espérant je crois quelque part que cela apaiserait mes parents et qu'ils me laisseraient vivre ma vie comme je l'entendais. C'était bien mal les connaître! Je restais insensible à leurs ordres et à leurs supplications alors ils me coupèrent les vivres. Pas que je m'en souciais vraiment en fait... J'échappais chaque jour un peu plus à leur emprise mais je n'étais toujours pas heureuse. Mon travail se révélait décevant... La grande désillusion! J'avais la sensation d'être inutile, je ne reconnaissais pas mes rêves dans cette société où la santé est un bien de consommation comme un autre, alors je suis partie... et la suite tu la connais!"

"-Mais tu n'as jamais eu de nouvelles de ta famille après ça?"

"-J'ai envoyé quelques cartes au début de mon arrivée au Laos, je crois que secrètement j'espérais que les choses s'arrangent... C'était ma famille tout de même et je n'avais qu'eux dans ce monde. Mais la plupart de mes cartes restèrent sans réponse. J'étais cette fille qui les avait déshonorés... "

"-C'est tellement triste!"

"-Pas tant que ça... Tu les connaîtrais tu ne serais pas triste. C'étaient des gens si froids et distants! Si différents de tout ce que j'étais. L'humain n'a pas vraiment de valeur pour eux, seul le prestige et l'orgueil comptent. Leur mode de vie m'étouffait, je mourrais à petit feu là-bas. C'est pour ça que je crains tant d'y retourner. Je ne veux pas ressentir à nouveau cette sensation oppressante, celle de sentir sa vie s'étioler jusqu'à disparaître."

Le silence retomba doucement dans la chambre. Je songeais à cette famille que j'avais laissée derrière moi sans le moindre regret. Se demandaient-ils seulement ce que j'étais devenue? Je n'en étais pas persuadée.

Le Laos m'avait offert une vie, une seconde vie et jamais je ne remercierai suffisamment ce pays pour ça. La solitude avait été difficile à dompter mais maintenant j'avais Edward, je n'étais plus une bouteille à la mer partie à la dérive sans aucune attache. J'avais un port, et c'était Edward...

"-C'est étrange, ta situation était l'exact opposé de la mienne et pourtant moi aussi je ressens cette lassitude aujourd'hui!"

"-Tu as tout bâti de tes mains, ta société, ton empire. Tu as fait quelque chose de ta vie Edward!"

"-Toi aussi Bella..."

Pov E

L'écouter me raconter son histoire m'avait bouleversé. Tant de souffrance et de déception pour cette femme exceptionnelle! J'aurais voulu qu'elle n'ait rien à subir de tout cela, elle était bien trop précieuse pour souffrir!

J'avais cru la perdre ce soir, ses yeux glacials et son ton coupant m'avaient fait craindre le pire. Je l'avais amplement mérité mais c'était sa seule chose que j'avais trouvé pour éloigner Lie d'elle... Je voulais la préserver de tout! Ma douce et forte Bella...

Je la serrais contre moi et la câlinais alors que les mots de son récit flottaient encore dans l'air. Comment des parents pouvaient êtres aussi cruels et égoïstes? Comment n'avaient-ils pas vu la merveilleuse femme qu'était leur fille?

Elle était totalement seule au monde et pourtant elle conservait une force et une fougue incroyable. Je voulais être là pour elle, toujours... de toute façon je n'avais pas la force de la quitter tout à fait!

J'avais le secret espoir de la faire venir en Amérique un jour, pas longtemps, juste quelques semaines mais ainsi j'aurais l'assurance de la voir bien plus souvent!

Un bruit guttural troubla ma rêverie. Le ventre de Bella grogna bruyamment pour protester contre le manque de nourriture. Avec tous les événements de la soirée nous n'avions pratiquement rien mangé.

"-Tu as faim?"

"-Hum oui je suis affamée!" Je commandais un dîner au room-service, il était trois heures du matin mais nous n'en avions que faire!

D'humeur un peu joueuse, je pris Bella dans mes bras et la portai au salon où nous partageâmes un repas nocturne.

Je la regardais manger fasciné, même en ces moments là elle était sensuelle et faisait naître en moi un incendie de désir.

Cette nuit-là je lui fis l'amour très tendrement. Nous ne dormîmes pas beaucoup, trop occupés à profiter l'un de l'autre avant que la distance nous sépare encore, pour un temps qui ne serait pas trop long j'espérais. J'étais devenu totalement dépendant de la présence de Bella à mes côtés...

Alors verdict? J'attends vos avis, j'appréhende un peu les réactions pour ce chapitre! Qu'en avez-vous pensé?

Merci de me lire et on se retrouve très vite! Bonne semaine!