Bonjour! Je devais poster hier mais finalement un petit contre temps m'a empêché de le faire! Désolée à toutes celles à qui j'ai dis que je postais dans la journée!

Merci pour vos adorables reviews! C'est toujours un plaisir de savoir ce que vous pensez de mes chapitres!

A Zahyrra: merci pour ta review! Tu vas bientôt savoir si ton intuition était la bonne! Nini33: merci beaucoup pour ta review, je suis contente de savoir que mes description te font un peu voyager et j'espère que ça continuera comme ça!; Jackye: c'est dommage que je ne puisse plus te répondre par MP! Merci beaucoup pour ta review qui a très bien résumé la situation! Alors la décision de Bella? Il est vrai qu'il serait bien qu'Edward se bouge si il veut avoir une chance de la faire revenir! J'espère que ce chapitre te plaira!; Vanina63: merci pour ta review et la réponse arrive tout de suite! ;) Dan: merci beaucoup pour ta review! Quoi moi Cruella? Nan je te rassure les manteaux en peau de chiots très peu pour moi! Par contre rassure toi (enfin je sais pas si c'est très rassurant) cette histoire est loin d'être terminée... J'espère vraiment que la suite te plaira, en tout cas j'attends ton avis! ;Flopy69: merci beaucoup pour ta review! Ca me fait plaisir que tu apprécies cette histoire, j'espère que la suite aussi te plaira!

Un merci particulier à Space Bound Rocket! Et à ma super Beta LyraParleOr!

Alors le choix de Bella?

Pov E

Le soleil filtrait à travers les fins rideaux de voile jaunâtre miteux qui avaient dû être blancs jadis, ou tout du moins quelque chose s'en approchant vaguement.

Je gémis bruyamment avant d'enfoncer ma tête douloureuse dans l'oreiller râpeux. A tâtons je cherchais sur la table de nuit mon portable n'ayant aucune idée de l'heure qu'il pouvait bien être, il me semblait que je dormais seulement depuis quelques minutes et pourtant la journée paraissait bien avancée.

Vingt-deux appels en absence... Dans les brumes nébuleuses de ma nuit je n'avais même pas entendu le vrombissement du vibreur sur le bois. Quatorze heures. Je jetais au loin le téléphone sans consulter la liste des appelants. Je n'avais pas à réfléchir bien longtemps pour savoir qui cherchait à me joindre avec tant d'acharnement! Angela mon assistance devait être en train de se débattre dans le bazar que ma brusque disparition avait dû provoquer.

J'avais décidé de rester quelques jours dans ce motel perdu au fin fond du désert. J'étais totalement perdu moi-même alors quel meilleur endroit que celui-ci pour s'arrêter et s'apitoyer un peu plus sur son sort? Car c'était véritablement ce que je faisais... et quelque part cela avait quelque chose de profondément réconfortant de se laisser aller à la tristesse, de couler dans le désespoir et de s'abandonner. J'étais pitoyable et je ne cherchais même pas à me convaincre du contraire, lâcher prise me procurait un plaisir presque malsain.

Fuir les responsabilités, fuir toutes les décisions, juste se laisser glisser...

Il flottait dans la chambre le parfum tenace de l'alcool et du tabac dans lesquels je noyais ma peine depuis quelques jours déjà. Je ne quittais la chambre que pour marcher le long de la route morne et monotone qui traversait le désert.

Au motel personne ne me posait de question, on se contentait de m'apporter ce que je réclamais, la note allait bientôt être équivalente à une année de chiffre d'affaires pour ce miteux établissement.

J'avais la sensation qu'un bourdonnement incessant embrouillait mon esprit, c'était apaisant d'éviter de réfléchir!

Juste après la fin de ma conversation avec Bella j'avais appelé mon assistante pour lui faire part de ma décision de prendre quelques jours. Ces vacances, si toutefois on pouvait les appeler ainsi, avaient entrainé une quantité de problèmes insurmontables mais finalement le plus difficile avait été de pouvoir garder la voiture! Angela avait remué ciel et terre et j'avais pu rester ici, perdu au milieu du désert, loin de toute civilisation pour quelques jours, le temps de lâcher prise, le temps d'aller moins mal et d'être prêt à reprendre le cours de ma vie. Et puis les jours s'étaient étirés et chaque jour j'étais un peu plus pathétique que la veille. Cela faisait une semaine que j'étais ici maintenant...

Le soleil ne semblait pas décidé à m'accorder de répit aujourd'hui, il traversait douloureusement mes paupières pour raviver mon terrible mal au crâne. La gueule de bois semblait être devenue un état second pour moi, misérable, au plus profond de la déchéance et je n'éprouvais pas la moindre envie de me secouer.

Je m'assis sur le lit, dégageant les draps humides et rêches de mon ventre. Je n'avais toujours pas réussi à comprendre comment un motel au fond du désert aride pouvait être si humide! La moisissure suintait à travers le bois, son odeur rance flottait dans la chambre. Une blatte courait sur le sol, cela changeait des punaises qui volaient en permanence dans la petite pièce.

Depuis combien de temps n'avais-je pas pris de douche? C'était difficile à dire... Deux jours peut-être, ou trois? La barbe mangeait mes joues et me grattait furieusement.

Je glissais doucement vers un état proche de la catatonie et pourtant j'étais incapable de prendre la moindre décision. La lâcheté était un choix tellement plus facile.

J'avais les yeux dans le vague, regardant distraitement les insectes vivre leur vie à quelques centimètres de moi lorsque mon portable vibra une nouvelle fois. La vingt-troisième? La vingt-quatrième peut-être? Je ne savais plus, je n'étais pas vraiment en état de réfléchir aujourd'hui, pas plus que la veille ni le jour d'avant d'ailleurs...

Ma tête bourdonnait douloureusement et j'avais vaguement conscience qu'il fallait répondre, c'était peut-être important. Mais mon bras semblait doué d'une vie propre ou tout du moins je n'avais pas l'énergie suffisante pour le tendre.

Le vibreur cessa et le silence emplit de nouveau la chambre. C'était un silence épais et sinistre seulement troublé de temps en temps par le battement des ailes d'une punaise. Il ne dura pas bien longtemps cependant avant que mon portable ne recommence à s'agiter sur la petite table de nuit en formica.

Et cette fois ci, comme animé d'un pré-sentiment je fis un effort qui me semblait surhumain pour atteindre le téléphone.

Voilà comment moins d'une semaine plus tard je me retrouvais à l'aéroport de Seattle les yeux rivés sur le tableau d'affichage qui indiquait l'atterrissage prochain d'un avion en provenance de Vientiane, la capitale du Laos.

Cet après-midi là, dans la chambre miteuse d'un sinistre motel du Nevada, le numéro qui s'était affiché sur l'écran du téléphone portait l'indicatif du Laos. Une bouffée d'adrénaline m'avait traversé de toute part et avant même que je prenne conscience du mouvement de mes doigts j'avais déjà décroché.

La voix chaude et douce de Bella m'avait plongé comme dans un bain bouillant et réconfortant, et pourtant elle semblait un peu rauque, comme si elle avait pleuré ou était sur le point de le faire.

"J'arrive" Ce mot m'avait frappé mais je ne parvenais pas à en saisir la pleine signification, mon cerveau flottait dans une brume épaisse d'incompréhension. "Dans quatre jours ou cinq tout au plus, il faut que je trouve un vol". Seul le silence lui répondit, j'étais abasourdi, ma voix s'était bloquée dans ma gorge à mesure que les mots pénétraient mon esprit.

"J'espère que ça ne te dérange pas..." J'avais conscience qu'il fallait répondre, elle semblait inquiète maintenant. "Bien sûr que non!" Ma voix était étouffée, presque graveleuse, je n'avais pas parlé depuis si longtemps.

"C'est un séjour, ce n'est pas un retour..." Ces quelques mots jetés à la volée avaient suffi à anéantir tous les espoirs qu'elle venait de m'insuffler.

Et pourtant elle arrivait... elle revenait en Amérique, pour moi... Je savais tout ce que cela impliquait pour elle, la somme de peurs, d'incertitudes et d'angoisses. Je ne comprenais pas ce qui avait déclenché cette brusque envie de me retrouver mais je ne pouvais que m'en réjouir! Même si son retour n'avait rien de définitif et qu'il allait une nouvelle fois devoir la laisser partir...

L'arrivée massive de voyageurs s'engouffrant dans le terminal troubla le fil de mes pensées. C'était le vol de Vientiane. Près de moi une femme se jeta dans les bras de l'homme qui l'attendait, des familles se retrouvaient, des voyageurs pressés trainaient derrière eux leurs lourdes valises en consultant leur montre d'une façon presque compulsive, d'autres semblaient totalement hagards.

Mon cœur battait à tout rompre, je sentais le sang frapper mes tempes à la vitesse rapide de mon pouls. Ma gorge était sèche et une excitation mêlée d'angoisse s'agitait dans le fond de mon ventre. J'étais fébrile, et impatient.

Je scrutais la foule à la recherche de la silhouette de ma Bella mais elle se faisait attendre!

Et si elle avait changé d'avis finalement? Et si le stress avait été trop lourd à porter? Et si la peur d'affronter ses démons l'avait fait reculer?

Je n'étais pas certain de survivre à cette déception. J'étais comme un drogué en attente de sa dose, les mains moites et le corps tremblant, je voulais la voir et la serrer dans mes bras, c'était un besoin presque vital.

C'est sa longue chevelure de boucles brunes que je reconnus d'abord dans la foule encore dense qui encombrait le terminal. L'air un peu hagarde elle portait sur ses frêles épaules un sac de voyage qui semblait bien trop lourd. Ses yeux scrutaient le hall à ma recherche, elle semblait un peu intimidée de se retrouver ici tant d'années après avoir quitté ce pays.

J'avançais vers elle d'un pas précipité, trop impatient de sentir son parfum et de la serrer contre moi.

Sa peau mate, sa silhouette élancée et ses grands yeux sombres la faisaient paraitre plus orientale que l'américaine de naissance qu'elle était.

Une lueur de soulagement passa dans son regard brun et elle se jeta dans mes bras avec un empressement que je ne lui connaissais pas, elle qui était d'habitude si mesurée. L'épreuve semblait pour elle bien plus dure que ce que j'avais pu imaginer. Elle était rentrée, pour moi... uniquement pour moi! Elle avait affronté ses peurs et ses démons en foulant le sol de ce pays qu'elle ne considérait maintenant plus comme le sien.

Notre étreinte fut longue et silencieuse. Je respirais dans ses cheveux soyeux son envoutant parfum. A son poignet la paire de bracelets d'argent tintait joyeusement au rythme de nos caresses. Je goutais avec délectation le bonheur de l'avoir retrouvée. Ce bonheur serait éphémère comme à chacune de nos retrouvailles mais cela ne le rendait que plus vif et plus intense encore.

Dans mes bras elle semblait plus frêle et plus fragile que jamais encore, elle qui m'avait montré sa force et sa détermination à toute épreuve semblait sur le point de s'effondrer. J'embrassais ses lèvres pleines avec une infinie douceur, tentant de lui transmettre tout ce que mes mots ne parvenaient pas à exprimer, je voulais la rassurer, lui dire que tout se passerait bien. Le tremblement de ses lèvres brûlantes sous les miennes me montrait combien elle avait besoin d'être rassurée, d'être apaisée. Ses yeux d'habitude si brillants de passion étaient assombris par un voile de larmes.

Ce retour semblait si éprouvant pour elle que j'en venais à me demander si elle avait fait le bon choix. Mais bien vite je fis taire ces désagréables pensées et la serrais plus étroitement contre moi.

"-Viens, rentrons à la maison." Elle se contenta hocher la tête, j'avais à peine entendu le son de sa voix depuis que nous nous étions retrouvés mais la boule qui devait obturer sa gorge rendait ses paroles douloureuses. Elle avait besoin de temps et j'étais prêt à lui en donner. Belle était une femme sauvage qu'il fallait apprivoiser avec douceur, sans jamais la brusquer... Elle avait fait le pas énorme de venir à Seattle, à moi d'être patient!

Pov B

A la maison... Pourrais-je un jour considérer de nouveau ce pays comme ma maison? J'avais de très sérieux doutes.

Prendre la décision de revenir avait peut-être été la chose la plus difficile à faire de ma vie. La fuite était facile, faire face était bien plus compliqué!

J'avais voulu me ménager une issue de secours en disant à Edward que ce n'était qu'un séjour, et pas un retour! Mais pour dire la vérité, je n'en savais rien... J'avais mis à peu près tout ce que je possédais dans ce sac. Si je fuyais une nouvelle fois l'Amérique j'étais certaine que ça serait la dernière fois, je faisais une sorte d'essai en prenant cet avion. Si je ne rentrais pas pour Edward il n'y aurait jamais rien d'autre qui me ferait prendre le chemin du retour!

Alors j'avais affronté mes démons, j'avais embarqué dans cet avion pour des heures interminables de vol. Des heures d'angoisse et de stress, j'aurais tué pour une cigarette, je devais affronter le manque violent de nicotine au moment où j'en avais le plus besoin. Mes mains n'avaient cessé de trembler. J'avais eu beau essayer de dormir, de lire, d'écouter de la musique, rien n'y avait fait! J'avais la sensation de partir en guerre ou quelque chose s'en rapprochant. Je me raccrochais de toutes mes forces à la pensée que j'allais voir Edward, que j'allais pouvoir me fondre dans ses bras. Après tout je ne rentrais pas vraiment en Amérique, j'allais chez Edward. Finalement j'aurais peut-être dû le prévenir de mon arrivée plus tôt, qu'il ait le temps de planter les bambous tout autour de sa maison...

Alors que l'avion voguait entre les nuages et me rapprochait chaque seconde de cette destination qui me faisait si peur, je tentais de recréer dans ma tête la voix d'Edward, je pensais à son parfum, je redessinais son image sous mes paupières closes, et parfois, j'arrivais presque à me persuader qu'il était près de moi.

J'avais appelé Garrett quelques heures avant mon départ, je lui avais dit qu'il me fallait du temps, plus de temps, je rentrais en Amérique et je ne savais pas quand je serais de retour, ni si même je serais de retour un jour. Je n'avais pas refusé en bloc son projet de partir en Birmanie, lorsqu'on est habitué à la fuite on prend soin de ne réfuter aucune possibilité, on ne ferme aucun échappatoire. Mais j'étais totalement perdue, bien plus désemparée que je l'avais été quatre ans plus tôt en prenant l'avion dans l'autre sens. Je savais pertinemment ce que je voulais à cette époque: fuir et mettre le plus de distance possible avec ma vie... Et aujourd'hui? Aujourd'hui je ne savais plus rien, aujourd'hui il y avait Edward et ce besoin de frisson, aujourd'hui il y avait tous ces sentiments intenses et violents qui me faisaient douter!

Lorsque l'avion amorça sa descente sur Seattle il dut traverser une épaisse couche de nuages, il faisait gris, l'hiver était presque là. Dans le terminal plein de ses occidentaux pressés auxquels je n'étais plus habituée je tremblais de froid, et de peur... Je me faisais l'effet d'une biche prise dans les phares d'une voiture, chétive et fébrile, sauvage et fragile. Je sentais s'effriter la carapace solide que j'avais mis quatre ans à ériger. Mon ancien monde me revenait de plein fouet, son vacarme assourdissant, son stress, ses odeurs artificielles. Ma décision hâtive ne m'avait pas préparée au choc violent du retour, je m'étais efforcée de tout oublier de ce monde là-bas au cœur de la jungle sauvage.

De mes yeux affolés je scrutais la foule à la recherche d'un repère, à la recherche de mon point d'ancrage... Edward...

Lorsque sa silhouette se dessina devant mes yeux troublés par les larmes je me jetais dans ses bras, je m'abandonnais totalement dans sa chaleur et son parfum qui m'offrait le réconfort dont j'avais si désespérément besoin. Pressée contre lui je me sentais chez moi, comme de retour au foyer. Il n'y avait aucun autre endroit au monde qui me faisait me sentir si apaisée qu'au creux des bras d'Edward, il était mon repère et ma maison. Alors oui peut-être qu'un jour je pourrais considérer l'endroit où il vivait comme mon foyer...

Le silence entre nous n'avait rien de pesant, Edward me guida jusqu'à sa voiture en portant mon sac, sa main dans le creux de mes reins me rassurait. Le lien charnel qu'il établissait entre nous me donnait la sensation d'être plus forte. Je pouvais le faire, ce n'était pas si compliqué après tout je n'affronterai pas ma famille, juste ce pays qui portait en lui tant de mauvais souvenirs.

Le ronronnement apaisant de la grosse berline glissant souplement sur le bitume me changeait des routes laotiennes, cabossées et pleines d'ornières. Le petit pull que je portais, un des derniers survivants des vêtements chauds que j'avais emmenés au Laos quatre ans plus tôt, ne suffisait pas à vaincre le froid, je frissonnais.

"-Tu as froid?"

"-Je suis gelée! Je crois que je ne vais pas sortir de la maison, voir même du lit pendant tout mon séjour!"

"-Le lit me semble une bonne idée... Désolée je n'ai pas eu le temps de recréer une jungle autour de la maison mais j'espère qu'elle va te plaire quand même et que tu t'y sentiras bien!'

"-Je n'en doute pas une seconde!"

Le sourire en coin qui illuminait ses lèvres parfaites suffisait à me réchauffer de l'intérieur. Le désir serrait déjà mon ventre d'anticipation.

Son pouce traçait des cercles sur ma main, j'appréciais qu'il ne cherche pas plus à parler, j'avais besoin de temps, je devais me ré-acclimater.

Bientôt nous quittâmes la ville et je commençais à respirer avec plus de facilité. Les immenses tours de verres qui chatouillaient le ciel m'angoissaient au plus haut point.

La route longeait maintenant la côte sauvage, les vagues tumultueuses s'écrasaient sur les falaises en créant des gerbes d'écume, c'était un beau spectacle dans lequel mes yeux ne se lassaient pas de se perdre.

"-Et voilà, on est arrivé!" La maison était telle qu'il me l'avait décrite, immense et face à l'océan. Elle était belle et pourtant si impersonnelle, presque glaciale avec sa décoration luxueuse mais sommaire, vide, aucun objet personnel ne trainait. Des couleurs claires et des meubles aux lignes épurés. Aux murs les photos d'art froides et figées sur le papier glacé ne faisaient que renforcer l'impression de froid que l'on avait en pénétrant dans la maison, elle n'avait rien d'un foyer... Trop grande, trop impersonnelle, trop maussade, elle manquait cruellement de vie.

Par l'immense baie vitrée qui illuminait le séjour on avait une vue imprenable sur l'océan. C'était beau... mais si froid.

"-Installe-toi." Je m'assis dans un des canapés couleur crème désigné par Edward. J'avais la sensation que personne ne vivait dans cette maison, c'était trop propre, trop rangé.

"-Un café? Ou j'ai acheté du thé si tu veux... du vrai thé je veux dire! Des feuilles dans une boite." Sa remarque me fit sourire et j'étais touchée qu'il ait pensé à cela, quatre ans que je prenais chacun de mes repas avec du thé noir j'aurais eu bien du mal à me contenter de vulgaires sachets.

"-Merci mais un café ça serait super!" Il me fit un de ses sourires en coin qui enflammait tous mes sens et s'éclipsa dans la pièce voisine que je devinais être la cuisine.

Pendant les quelques minutes qu'il passa là-bas je scrutais la pièce, et je frissonnais à la fois de froid et de la sensation de malaise qui planait au-dessus de mon estomac. Il n'était pas heureux ici c'était une évidence, la demeure portait en elle les traces d'une trop lourde tristesse, l'ambiance était terne et pesante.

"-Tiens, j'espère que ça va te réchauffer tu as toujours l'air frigorifiée!" Il me tendit une tasse du liquide noir et mousseux que je m'empressais de saisir, la chaleur de la porcelaine se diffusait dans mes mains et me faisait un bien fou!

"-Je vais avoir du mal à me faire au froid je crois..."

Edward s'assit à mes côtés et m'attira dans ses bras, là se trouvait la vraie chaleur, celle qui me faisait me sentir bien et qui faisait vibrer tout mon corps de délice. Je m'enivrais de son parfum qui m'avait tant manqué, ce mélange si particulier de tabac, de cuir et d'ambre que je respirais à grandes bouffées pour mieux m'en imprégner. Je glissais mes lèvres et mon nez dans le creux de son cou, là où son parfum était le plus intime et entêtant. Ma main trop froide était venue se nicher sur son ventre sous le tissu soyeux de sa chemise. Je retraçais délicatement le chemin de la ligne de poils bruns qui je le savais courrait sous son nombril. J'étais dans les bras d'Edward et enfin le malaise disparaissait! Il était là, me tenant serrée contre lui, me noyant dans sa chaleur et je savais que rien de mal ne pouvait m'arriver, j'étais à la maison alors je me laissais aller et je profitais des délicieux frissons qui s'agitaient dans mon ventre. Mon nid, mon repère... je l'avais retrouvé!

Pov E

Combien de temps nous restâmes ainsi blottis l'un contre l'autre? Je n'aurais su le dire, mais nous avions besoin l'un comme l'autre de cette tendresse, de cette douceur et de cette chaleur.

Le café était en train de refroidir mais cela n'avait pas la moindre importance, j'étais si bien et j'espérais que Bella se sentait ainsi elle aussi.

Le menton posé sur le sommet de sa tête j'avais tout le loisir de respirer le parfum capiteux de ses cheveux, ils caressaient mon visage et c'était juste tellement bon. De ma main libre, celle qui n'était pas occupée à la plaquer contre moi, je caressais la courbe délicieuse de ses hanches.

Je sentais la respiration de ma belle commencer à ralentir et à se faire plus régulière.

"-Tu dors?"

"-Hum... presque... le voyage m'a crevée je crois!"

"-Et si je te faisais faire le tour de la maison? Que tu puisses aller te reposer ensuite!"

"-Ouais bonne idée!" Elle se leva et immédiatement sa chaleur me manqua! Je la regardais s'étirer gracieusement à la manière d'un chat. A voir la façon dont son corps souple et nerveux se mouvait j'avais irrésistiblement envie d'elle! Quelque chose me disait que lui sauter dessus maintenant comme un chien en rut n'était pas forcément une très bonne idée mais j'allais avoir toutes les peines du monde à me contenir!

Tout le temps que dura la visite de la maison Bella resta calme, silencieuse et presque résignée. Elle approuvait d'un hochement de tête à chacun de mes commentaires mais elle se gardait bien de parler ou même d'exprimer la moindre émotion.

Ça n'allait pas être simple, mais après tout à quoi m'étais-je attendu? A ce qu'elle saute de joie en découvrant la maison et qu'elle proclame qu'elle s'y sentait déjà chez elle et qu'elle n'avait pas la moindre envie de repartir? Non bien sûr... Mon orientale Bella ne se sentait pas chez elle ici, ou du moins pas encore, et je ne pouvais pas l'en blâmer, même moi je ne considérais pas cette demeure comme mon foyer. Trop grande, trop froide, et trop vide.

"-Et voilà la chambre..." Je poussais le panneau de bois blanc qui donnait sur l'immense pièce meublée dans des tons crème et taupe, toute la décoration avait été réalisée par ma mère et cette chambre était la seule pièce que je considérais vraiment comme chez moi.

Toujours silencieuse Bella s'avança sur l'épaisse moquette qui étouffait le bruit de nos pas. Face à nous, à travers la baie vitrée le Pacifique déchainait ses flots contre les falaises rocailleuses, le ciel gris perle était menaçant, il allait bientôt pleuvoir.

"-Je vais aller chercher ton sac, tu as la salle de bain juste à côté si tu veux."

"-Merci" sa voix n'était qu'un murmure, elle regardait comme fascinée le piano à queue noir qui trônait dans une petite alcôve faisant face à l'océan. Mon piano, la chose qui avec le dessin m'avait maintenu à peu près à flot au cours de toutes ces années où je sentais ma vie partir à la dérive.

A pas précautionneux, presque comme si elle était intimidée, Belle s'avança vers l'instrument et effleura le clavier du bout de ses doigts délicats.

"-Tu joues?" Le son de ma voix la fit tressaillir, elle semblait à mille lieues d'ici, plongée dans ses souvenirs.

"-Je jouais oui, beaucoup... avant." sa voix n'était qu'un filet ténu et doux, un murmure à peine audible venu d'un passé très lointain. Je devinais sans peine combien sa gorge devait être serrée et je n'avais pas besoin qu'elle tourne vers moi son visage pour deviner les larmes qui perlaient au coin de ses yeux.

Je ne savais pas trop ce que je devais faire, si je devais la réconforter en la prenant dans mes bras ou si je devais battre en retraite et lui laissait quelques instants pour se perdre dans ses pensées. La douceur... toujours faire preuve de douceur avec Bella... je choisis donc d'aller chercher son sac comme j'en avais eu l'intention tout à l'heure.

A mon retour dans la chambre une douce musique flottait dans l'air, Bella assise sur le banc du piano, les yeux perdus dans le vague jouait une sonate mélancolique de Brahms. A la façon un peu hésitante dont parfois elle posait ses doigts sur les touches on devinait les années passées loin de cet instrument, et pourtant toute l'émotion qui sortait de ses doigts me nouait la gorge.

Doucement je m'avançais vers elle, le plus silencieusement possible pour ne pas la troubler et je m'assis à ses côtés. Elle leva les yeux vers moi, son beau regard sombre embrumé de larmes se fondit dans le mien et ce fut comme si un lien tacite et indicible s'établit entre nous. Je posais mes doigts près des siens sur le clavier et me mis moi aussi à jouer ce morceau que je connaissais bien.

A quatre mains, ce fut comme si l'émotion était décuplée encore. Les notes vibraient dans l'air alors que nos doigts se frôlaient doucement sur l'ivoire lisse et doux. J'avais la sensation de la rejoindre dans le flot tumultueux de ses souvenirs. Il me semblait que nous communions ensembles, presque plus encore que lorsque nous faisions l'amour et que nos corps se fondaient l'un dans l'autre. Là c'était nos esprits qui se nouaient ensembles sans qu'il ne fut échangé une seule parole. Nous n'en avions pas besoin, nous étions plus liés et plus proches que jamais.

Le silence résonna longtemps après que la dernière note se fut éteinte dans l'air vibrant d'émotion. Bella avait niché sa tête dans le creux de mon épaule après que j'eus pris en coupe son délicat visage et effacé de mes pouces les larmes qui perlaient au coin de ses yeux.

Nous restâmes un moment blottis l'un contre l'autre. La pluie commençait à tomber dehors, il faisait de plus en plus sombre dans la chambre et pourtant l'après-midi n'était pas encore très avancé.

"-Et si tu allais te reposer? J'ai l'impression que tu tombes de fatigue!"

"-C'est vrai. Mais à condition que tu viennes dormir avec moi!"

"-Bien sûr, je n'avais pas du tout l'intention de te laisser faire la sieste seule!"

J'admirais son corps svelte et mat danser dans la lumière terne du jour lorsqu'elle se glissa entre les draps simplement vêtue de ses sous-vêtements noirs délicats.

Elle poussa un petit soupir de bien-être absolument craquant en se blottissant en cuillère contre moi. Je laissais errer mes mains sur son ventre chaud, doux et parfaitement plat. J'appréciais la finesse du grain de sa peau sous mes doigts, je respirais avec délice son parfum juste dans le petit creux sous son oreille.

Belle mit très peu de temps à s'endormir, quelques minutes seulement après que sa tête se fut posée sur l'oreiller je la sentis se nicher un peu plus contre mon torse, comme désireuse de trouver plus de chaleur et sa respiration se fit plus régulière, elle dormait profondément, épuisée par son voyage et par les émotions du retour.

J'écoutais sa respiration profonde et calme, me laissant bercer par sa mélodie régulière. Je crois même m'être assoupi à un moment, pas bien longtemps cependant, j'avais bien trop envie de profiter de la présence de Bella blottie au creux de mes bras pour me laisser aller au sommeil.

J'admirais son visage d'ange posé sur l'oreiller. Sur ses paupières closes et fines on voyait comme une ombre bleutée et délicate. Du bout du doigt je caressais l'ovale parfait de son visage, sa petite bouche aux lèvres pleines et roses était entrouverte, j'avais une folle envie de poser la mienne sur ses lèvres pour cueillir son souffle tranquille, elle avait l'air si apaisée et pourtant tellement fragile. Sa peau mate contrastait avec la blancheur de l'oreiller et autour de son visage ses épaisses boucles noires créaient comme une rivière soyeuse. J'enfouis mon nez dans sa magnifique chevelure pour respirer son parfum. Un soupir d'aise m'échappa et je me collais un peu plus dans son dos.

Il faisait bien plus sombre dehors, la pluie qui martelait les vitres créait une berceuse monotone qui m'entrainait doucement dans le sommeil. Je flottais dans une douce torpeur, à la limite de la conscience, quelque part entre les rêves et l'éveil. Mes mains ne cessaient de caresser la peau douce de Bella, elle poussait de petits soupirs dans son sommeil qui venaient aiguillonner mon envie d'elle. La flamme brûlante du désir semblait lécher mes entrailles, mon ventre se serrait d'une façon presque douloureuse, comme si un serpent m'avait pris dans ses anneaux jusqu'à me faire étouffer.

Je sentais ma virilité plus dure que jamais appuyer contre la cuisse nue de Bella et je devais faire appel à toute ma raison pour ne pas me frotter contre. Je crois même que j'échouais et incapable de me comporter d'une façon civilisée j'appuyais plus fort contre elle à la recherche d'un bref soulagement.

Elle dut me sentir bouger contre elle car sa respiration s'accéléra un peu et ses yeux s'ouvrirent. Elle avait un air presque candide, comme si elle était surprise de se réveiller ici, et qu'elle était même un peu perdue.

"-Bonjour toi! Bien dormi?"

"-Mmmh mieux que bien" Elle s'étira paresseusement, d'un mouvement ample et voluptueux qui attira mon regard sur son ventre musclé et son petit nombril mignon que j'avais une furieuse envie d'embrasser.

Je ne m'en privais pas d'ailleurs et glissais mes lèvres contre la soie de sa peau. Elle se mit à rire et à se contorsionner sous moi alors que je prenais un malin plaisir à la chatouiller du bout de la langue.

Ses petits ongles griffaient mon cuir chevelu de la plus agréable des façons et son rire devenait presque hystérique maintenant.

"-Arrête! J'en peux plus, stop laisse-moi respirer!"

"-Hum non j'ai pas envie! Je crois que je vais te dévorer!"

"-Et tu crois que je vais te laisser faire?" Avant même que j'eus le temps d'esquisser le moindre geste elle avait utilisé la force de ses jambes pour me faire basculer sur le dos, sous elle, à sa merci! Elle me lança un long regard appuyé où brillait une lueur vengeresse et un brin sadique. Oh ça sentait mauvais, très, très mauvais même!

"-A moi maintenant... Voyons voir si monsieur Cullen est chatouilleux..." Et je l'étais... beaucoup trop! Depuis ma plus tendre enfance j'avais toujours détesté ça! J'essayais de me libérer de l'emprise de Bella mais elle était bien plus forte que son petit corps nerveux ne le laissait penser! Nous riions tous les deux, elle de sa vengeance et moi d'un rire presque douloureux. Lorsqu'elle interrompit enfin sa torture j'avais le souffle court et je n'étais pas certain de pouvoir retrouver une respiration normale rapidement.

Bella s'effondra contre moi, en riant toujours, de ce rire mélodieux et un peu rauque qui m'emplissait de joie. Bella avait le rire de quelqu'un qui n'était pas très habitué à la joie.

Je caressais son dos alors qu'elle picorait mon torse de petits baisers mouillés. Et j'avais envie d'elle, encore...

Mes caresses se firent bientôt plus appuyées, plus taquines aussi, je glissais mes doigts le long de ses cuisses galbées, les laissant chercher la chaleur dont ils étaient si désespérément avides.

Les petites dents de Bella mordillaient la peau de mon torse, ce n'était pas suffisamment fort pour être douloureux mais bien assez pour faire se tendre ma bite de désir. J'étais au bord de la combustion, cela faisait trop longtemps que je n'avais pas profité de sa chaleur, de sa douceur...

Lorsque nous nous embrassâmes je lus dans son regard qu'elle ne plaisantait plus et qu'elle désirait maintenant passer aux choses sérieuses!

Rien ne pouvait plus me satisfaire que ça! Je la couchais sur le dos, je voulais prendre le contrôle cette fois-ci, lui montrer tout l'amour que j'avais pour elle, tout le bonheur que j'éprouvais à l'avoir ici, chez moi, avec moi. Alors même si je mourrais d'envie d'être brutal et de la prendre avec force jusqu'à ce qu'elle réclame grâce, je serais doux et tendre, parce que c'était ce dont elle avait besoin, ses grands yeux bruns me le disaient de la plus claire des façons.

Délicatement, sans jamais cesser d'embrasser sa peau parfumée je lui enlevais son soutien-gorge de dentelle noire. La vue des seins fermes et généreux rendirent mon érection plus douloureuse encore. Je sentais le sang pulser dans ma queue, elle réclamait Bella, sa chaleur et son humidité que je sentais contre ma jambe à travers le tissu fin de son shorty.

Je pris entre mes lèvres un de ses petits tétons roses insolemment dressé, je le léchais, le tétais, le mordillais gentiment en grognant de plaisir.

Bella gémissait en se tortillant sous moi, ses hanches semblaient douées de vie propre et se soulevaient pour amener sa petite chatte humide et chaude au contact de mon membre tendu qui était encore couvert de tissu. Elle se frottait à moi sans la moindre pudeur, et le plaisir nous fit grogner tous les deux.

Il n'y aurait pas de longs préliminaires cette fois-ci, nous étions l'un comme l'autre incapables d'attendre.

Je plaquais ses hanches sur le lit d'un geste ferme le temps que je lui ôte son sous-vêtement. Je posais un unique baiser sur son mont de vénus parfaitement épilé et même si j'avais une folle envie de laisser courir ma langue sur ses replis humides nous n'en avions pas le temps, j'étais sur le point d'exploser, je voulais m'enfouir au plus profond d'elle et à voir comme elle ruait contre moi c'était ce qu'elle voulait elle aussi!

Avec toute la douceur dont j'étais encore capable je caressais son entrée comme pour vérifier qu'elle était suffisamment mouillée et prête et je la pénétrais enfin, exultant de bonheur en sentant ses parois humides et brûlantes enserrer ma bite.

Nos yeux se soudèrent pour ne plus jamais se lâcher tout le temps que je bougeais en elle, d'abord avec lenteur, elle était tellement serrée! Puis ensuite avec plus de frénésie. Je m'adaptais au rythme que les mouvements de son bassin me réclamaient.

Dans la chambre ne résonnaient que nos souffles précipités et nos gémissements de plaisir. Les pointes tendues de ses seins frottaient contre mon torse, ses petits doigts agrippaient mes cheveux alors que sa bouche mordillait doucement le creux de mon cou.

Ses jambes se nouèrent autour de mes hanches lorsque je bougeai plus rapidement, la sentant très proche de sa libération. Plus encore que le mien c'est son plaisir à elle qui m'importait. Ses pupilles étaient si dilatées que ses iris noisette n'étaient réduites qu'à un cercle lumineux. Je la sentis se resserrer autour de moi et cette sensation m'envoya au paradis, nos lèvres se soudèrent, je caressais sa langue de la mienne et je buvais son souffle erratique. Une dernière poussée et nous atteignîmes ensemble l'orgasme. J'étouffais entre mes lèvres sa complainte de plaisir, il me semblait que tout son corps se crispait sous le mien et je me déversais en elle en perdant presque la conscience du monde autour tant les sensations étaient violentes, à la limite d'êtres douloureuses. Je me laissais glisser dans ce raz de marée avec bonheur, je lâchais prise et me noyais dans les vagues que l'orgasme faisait courir en moi, en nous...

Je sentais le petit corps de Bella s'effondrer contre le mien, une unique larme dévalait le long de sa joue, je posais mes lèvres sur ce torrent scintillant pour l'effacer et je pris ma belle dans le creux de mes bras.

D'une main je caressais son dos alors que de l'autre je pétrissais doucement sa cuisse brûlante.

"-Je t'aime..." Ma voix parut très rauque à mes oreilles, je posais un baiser sur ses cheveux mais seul un profond soupir me répondit. Elle était déjà endormie, une fois encore ma déclaration resterait sans réponse.

Pov B

Deux jours avaient passés depuis mon arrivée à Seattle et étrangement ils avaient étés moins éprouvants que ce à quoi je m'étais attendue. Je ne dis pas que tout avait été facile, l'angoisse ne m'avait pas totalement désertée mais tant que je restais près d'Edward je n'avais pas l'impression d'être de retour en Amérique, je ne me confrontais pas vraiment à mes souvenirs. Ce n'était pas un retour dans ce pays que j'avais déserté, enfin pas vraiment.

A vrai dire je sortais peu de la maison, à part pour marcher sur la plage comme cet après-midi. Cette immense villa aussi glaciale que magnifique m'offrait une sorte de cocon protecteur, même si elle n'avait rien de chaleureux en fin de compte, mais c'était là que vivait Edward, et plus que tout c'est sa présence qui me rassurait et apaisait mes angoisses.

C'était une belle journée ensoleillée comme l'automne sait en offrir, l'hiver était presque là et je frissonnais toujours de froid mais je savourais l'air vif et vivifiant que nous envoyait l'océan.

Le sable mouillé s'accrochait à mes chaussures à travers lesquelles l'humidité commençait à s'infiltrer mais je me sentais bien, ma main blottie au chaud dans celle d'Edward. Son bras passée dans mon dos me communiquait sa chaleur et je soupirais de bien être, respirant avec frénésie ce parfum d'iode, de sel et d'algues marines.

Nos regards se perdaient dans les flots tumultueux et sombres de l'océan, c'était un spectacle qui m'avait manqué pendant mes années d'exil mais pas autant que la vue des arbres roussis par l'automne.

Je regardais la maison juchée quelque part sur la falaise au-dessus de nous, les grands arbres qui l'entouraient s'étaient parés de leurs couleurs les plus chaudes et lorsque le vent soufflait dans leurs branches c'était comme une pluie d'ocres et de bruns qui descendait sur le sol.

"-Je crois que c'est ce qui m'a le plus manqué depuis que je suis au Laos, ça et le piano..."

"-Quoi donc?"

"-L'automne... ça a toujours était ma saison préférée! J'aime ces couleurs chaudes et le parfum de la terre humide." Je posais ma tête sur l'épaule d'Edward, nous nous étions arrêtés pour profiter du spectacle. Ses longs doigts effilés traçaient sur ma main des cercles bizarrement réconfortants. Ça frisait la folie de voir à quel point le plus bref contact me faisait me sentir aussi bien.

"-Tu crois que tu pourrais considérer cette ville comme la tienne un jour? Et cette maison comme ta maison?" Sa question me prit par surprise, je la reçus avec une telle violence qu'elle me coupa le souffle.

"-Je, je ne sais pas Edward" Et c'était la vérité, je n'en avais pas la moindre idée... Les deux derniers jours m'avaient paru bien moins terribles que l'idée que je m'en étais faite mais de là à prolonger l'expérience définitivement... Je ne savais pas, j'étais totalement égarée, bien plus encore qu'à mon arrivée deux jours plus tôt.

"-Mais pour ce qui est de la maison je ne crois pas que je pourrais un jour la considérer comme la mienne... Mais après tout tu n'y as jamais vraiment posé tes bagages toi non plus, non? Je ne crois pas que tu la considère vraiment comme ton foyer."

"-Non tu as raison" Le silence retomba entre nous. Je levais la tête vers Edward, et à voir la façon dont son regard s'était durci je savais qu'il s'en voulait de m'avoir posé cette question. Il avait peur de me brusquer et il s'efforçait de m'offrir tout le temps dont j'aurais pu avoir besoin mais parfois son impatience le faisait renâcler.

Je posais un baiser dans son cou pour le rassurer, il faisait tellement pour moi que je me sentais stupide de le faire souffrir ainsi sans pouvoir lui apporter de réponse.

"-Mais j'essaye Edward, j'essaye de me sentir chez moi ici... Et quand je suis dans tes bras j'y arrive!"

Pour toute réponse il m'embrassa avec fougue et passion. Alors que nos lèvres bougeaient ensemble et que nos langues se livraient une bataille acharnée je sus à quel point mes paroles étaient vraies! Dans ses bras je me sentais chez moi, et c'était bien le seul endroit sur cette Terre ou j'éprouvais cette sensation de réconfort.

Et pourtant la Birmanie continuait de planer sur ma tête comme un fantôme, comme une ombre inquiétante qui ne tombe jamais vraiment dans l'oubli.

J'avais peur en vérité, peur de mes propres réactions, peur de cette flamme avide de liberté qui brillait en moi depuis toujours. Et j'avais peur de l'angoisse aussi, celle qui naissait dans le creux de mon ventre lorsque je m'imaginais revenir pour toujours en Amérique...

Je serrais plus fort la main d'Edward dans la mienne et tentait de faire refluer l'angoisse et d'effacer l'ombre... cette ombre inquiétante qui me parlait de vie sans attache, de frisson et de liberté...

J'espère que ce chapitre vous à plu! En tout cas j'attends votre avis!

Merci de me lire et à bientôt!