Bonjour mes louloups!

Comme vous avez été nombreux à me le demander... voici le chapitre bonus.

Ah la la! Moi qui espérait vous faire cogiter sur toute sorte de fins possible. Mais il semblerait que ce fut trop sadique, dooonc... j'ai ployer sous les demandes grandissante d'une suite sans tarder et la voici. J'espère qu'elle sera à la hauteur de vos attentes.

Ce chapitre est plus court, 1500 mots de moins approximativement (oui parce que je ne compte pas mes blablas de début et fins de chapitres ) Mais je pense qu'il est suffisamment étoffé pour vous contenter.

Sham, ma bêta sucrée, encore une fois ton travaille merveilleux nous éblouie.

Bonne lecture!


Chapitre Bonus

Doudou, l'enfant loup, l'enfant louvera bien vite~


Stiles était arrivé dans le loft les bras chargés de sacs de courses quand Derek s'approcha de lui pour l'aider à se débarrasser de deux ou trois charges. L'hyperactif avait fait deux pas sur le côté, avait fait glisser son corps dans une arabesque contrôlée pour éviter le loup et avait continué sa route jusqu'à la cuisine. Derek soupira. Cela faisait maintenant quatre mois que le jeune homme ne vivait plus avec lui. Il refusait de lui parler et même de se laisser approcher. S'il avait su que lui faire un enfant aurait déclenché une telle réaction, il y aurait certainement réfléchi à deux fois. Il ne devait sa présence dans son humble demeure qu'à la l'arrivée de Cora, enceinte de bientôt neuf mois, qui avait ramené fœtus et valise, il y a maintenant deux mois.

Il ne comprenait pourquoi ils en étaient arrivés là. Il n'avait rien fait de mal pourtant.

Stiles et Cora allaient avoir un garçon. Il l'avait appris de la jeune femme. Si sa sœur avait réclamé des explications, ce ne fut pas le cas de son compagnon qui s'était muré dans un silence froid et inhabituel venant de sa part. Tellement déroutant qu'il aurait préféré qu'ils se hurlent dessus, qu'il lui inflige le même traitement que lorsqu'il avait compris pour son tatouage. Qu'il le torture comme il l'avait fait avec Peter. Mais l'étudiant s'était contenté de le regarder, déçu et blessé, en fermant la porte du loft délicatement. Pas un mot n'était sorti de sa jolie bouche. Quand il avait tenté un mouvement vers lui, il avait mis sa main devant lui en signe de rempart et avait secoué la tête, la gorge serrée et le cœur au bord des lèvres. Le voir dans cet état avait complètement démoli l'alpha qui était rentré dans une sorte de catatonie affligeante qui n'avait eu de cesse d'inquiéter les membres de la meute. Pendant deux mois, Stiles n'avait pas mis les pieds au loft. Le couple était séparé et tous en ressentaient les conséquences dans leurs chairs. Un jour, Félix l'avait rejoint dans le lit et lui avait demandé au bord des larmes s'ils étaient « Divorséparés », elle avait pleuré tant et tant devant le regard résigné de son père qu'il avait fini par se ressaisir et lui promit de faire revenir son « Nimou ».

Cora avait rendu visite à Stiles après son arrivée. Quelle ne fut pas la surprise pour l'hyperactif, de trouver la louve enceinte de sept mois sur le palier de sa porte. Ce fut un choc. De voir ce petit ventre rond, contenant son futur enfant, il en avait pleuré. De colère, de dépit, de peur, de honte, d'inconfort, de joie et de fierté. La jeune femme était rentrée sans attendre une parole de l'étudiant, s'était installée dans le canapé et lui avait fait signe de s'approcher. Il avait rejoint Cora, son regard toujours braqué sur le ventre proéminent.

_ Tu veux toucher ? Il bouge beaucoup.

_ Il ?

_ Oui, c'est un garçon.

_ Un garçon, souffla Stiles en posa une main hésitante sur la louve.

Il caressa le ventre doucement, sans vraiment savoir quoi faire quand il sentit un petit coup contre sa paume. Il regarda Cora stupéfait, un rire chargé d'émotion dans la gorge.

_ Stiles... Je sais que tu en veux à Derek. Je suis très en colère contre lui également, mais, Derek a tout perdu le jour de l'incendie. Il a besoin d'une meute, d'une famille, plus que quiconque. Il ne l'a pas fait pour te nuire, bien au contraire.

Elle posa un doigt sur sa bouche quand il voulut protester et secoua la tête de gauche à droite.

_ Juste. Penses-y.

Il se pencha en avant pour réfléchir, les deux coudes sur les genoux, les mains croisées devant sa bouche avant de passer l'une d'entre elles dans sa chevelure indisciplinée et tourna la tête vers Cora. Il resta plusieurs minutes, les yeux posés sur la jeune femme sans vraiment la voir. Il soupira et plongea ses prunelles dans celles de la louve.

_ Je ne veux pas que tu t'effaces de la vie de cet enfant, je ne veux pas qu'il... Félix a... Je veux qu'il connaisse sa mère, je ne veux rien lui cacher, et surtout pas à devoir lui expliquer que... Je veux que tu lui fasses des cadeaux pour ses anniversaires, que tu lui expliques comment s'y prendre avec les filles, qu'on choisisse le nom ensemble, je... Enfin, sauf si, tu ne veux pas, je peux comprendre que...

_ Non, ça me ferait plaisir de rester dans sa vie.

Stiles lui accorda un sourire timide. Le lendemain, il était de retour au loft. Il ne lui décocha pas un mot mais il était là, ce qui rendit Derek sensiblement plus vivant.

Un soir, excédé par le silence et l'ignorance, il tentait pour la énième fois de lui expliquer qu'il ne l'avait pas pris en traître, quand il eut le droit aux mots cinglants de son compagnon.

« Oui ! Bien sûr Derek ! Comme le tatouage qui n'en était pas un ! Comment veux-tu que je te croies quand tu me mens de manière si éhontée. Tu sais ce que l'on dit, à force de crier au loup... »

Que dire à cela ? Il avait creusé sa propre tombe. Il ne voyait aucune manière de faire revenir l'émissaire vers lui. Alors depuis, il espérait simplement que le temps fasse son office. Il l'observa sourire à sa sœur avant de déposer un baiser sur sa joue. Il en crevait de jalousie et de peine. Quatre mois sans contact. C'est plus que ce qu'un homme sain pouvait supporter. Cora et lui avaient des petit gestes tendres l'un envers l'autre qui n'avaient de cesse de faire sauter de self-control de Derek. Lydia qui observait la scène au de biais, tenant son magazine, finit par être excédée par le regard de cocker de l'alpha. Elle abaissa le torchon qu'elle avait dans les mains et grogna d'exaspération.

_ Arrête ça Derek ! Tu as tout à apprendre de Scott à ce niveau-là. Vous ne jouez pas dans la même cour. Elle leva la tête vers l'étage du loft sans bouger d'un centimètre et cria. PETER ! RAMENE TON CUL DE MANIPULATEUR MANIAQUE ICI !

Peter, qui avait frissonné d'effroi au ton employé par la jeune femme, ne se fit pas prier une éternité avant de se poster devant la banshee.

_ Montre à Stiles la vidéo !

_ Quelle vidéo ?

Lydia plissa le regard et l'air devint soudain plus lourd.

_ Ne joue pas à ça avec moi, mon loup. Montre. La. Vidéo.

Être une banshee avait, à bien des égards, beaucoup d'avantages, comme celui de contrôler les esprits grâce à sa jolie voix. Peter exhala en allant chercher son ordinateur portable.

_ Est-ce que quelqu'un connaît la notion de vie privée dans cette meute ?

_ Peter. Ferme-la si tu ne veux pas te retrouver avec mon talon aiguille dans une partie de ton anatomie qui n'est clairement pas prévue à cet effet, menaça la jeune femme en reprenant son magazine. Derek put clairement entendre un « C'est l'hôpital qui se fout de la charité » soufflé par la rousse.

Stiles alerté par le bruit, avait rejoint son amie dans la partie salon et avait observé l'échange un peu confus. Lydia lui avait fait signe de s'asseoir après le départ de l'oncle zombifié. Quand il l'avait interrogé du regard, elle l'avait ignoré, reprenant sa lecture. Peter, lui, finit par revenir avec l'objet de son délit. Il présenta l'écran à Stiles et appuya sur un bouton pour enclencher la vidéo en question.

Sur l'écran, on pouvait voir de biais Derek et Stiles qui s'installaient. Après avoir retiré manteau et écharpe, Stiles sortit son ordinateur de sa sacoche. Il commença à travailler dessus alors que Derek passait commande auprès d'une serveuse. L'alpha regarda plusieurs fois sur le côté ou même derrière lui en fronçant les sourcils visiblement mal à l'aise.

_ Stiles, j'ai l'impression qu'on nous observe depuis tout à l'heure.

_ Derek, on est dans un café, bien sûr que les gens t'observent, tu sais à quoi tu ressembles non ?

Le loup se renfrogna un instant, mais finit par passer outre cette sensation désagréable. Il se pencha légèrement en avant quand il fut interrompu par l'arrivée de la serveuse avec leur commande. Il leva les yeux sur elle, lâcha un merci à peine soufflé sous les rougissements peu discrets de cette dernière et reporta son attention sur l'écran faisant rempart entre lui et son amant.

_ Stiles ?

_ Hum ?

_ Tu te souviens quand on s'est disputé à propos de mon implication dans l'éducation de Félix la semaine dernière ?

_ Hum, hum.

_ Tu sais quand tu disais que tes gênes méritaient de perdurer. Je... je suis vraiment d'accord avec ça …

_ Évidemment !

_ Ouais, souffla le loup en se grattant la tête. Écoute, j'y ai beaucoup réfléchi et je voudrais, si tu es d'accord, demander à Cora de porter ton enfant. Ce serait un bout de toi et de moi... en quelque sorte.

_ Oh !

_ Oui, je sais c'est bizarre, mais... ce serait seulement si vous êtes d'accord tous les deux et je...

Stiles bondit sur ses deux jambes faisant sursauter le loup. Il enfila son manteau en vitesse et on pouvait lire l'incompréhension sur le visage de l'alpha.

_ Désolé Derek, il faut vraiment que j'aille voir Lydia, ce cas me rend complètement dingue ! J'en ai pas pour long, je suis vraiment désolé, mais c'est super important, une heure peut-être deux. Ça ira avec Félix ? Bien sûr que ça ira, elle a trois ans maintenant.

_ Mais, et ta réponse ?

Stiles se stoppa dans son mouvement. Réfléchit un instant, sembla partir loin dans sa réflexion et reporta son attention sur son amant.

_ Fais pour le mieux, je te fais confiance.

Un sourire tendre se dessina sur le visage du loup. Rien ne pouvait entamer sa joie, même pas le départ prématuré de Stiles.

Stiles se pencha sur l'ordinateur et coupa la vidéo. Il regardait tour à tour Lydia, Cora, Peter et Derek, la bouche grande ouverte, une expression de pur vide intersidéralo-intellectuel. En somme, spectacle rare que Peter regretta de ne pouvoir immortaliser sous peine d'un talon aiguille aiguisé dans une partie de son anatomie qu'il n'était pas prêt à sacrifier. Son regard finit par se poser sur l'alpha, qui, il faut le dire, commençait à sentir l'espoir revenir au galop.

_ Je... je ne me souviens pas de ça...

_ Bien sûr que non, tu n'écoutais rien de ce qu'il te racontait, intervint Lydia.

_ Mais pourquoi tu ne m'en as pas reparlé ? continua Stiles en ignorant la remarque de son amie.

_ Tu m'as dit de faire pour le mieux, que tu me faisais confiance, alors, j'ai pensé que j'avais ton feu vert.

Stiles était choqué. Pour sûr, cette mésaventure lui servirait de leçon. Ça lui apprendra à essayer de composer des réponses toutes faites pour ne pas froisser le loup en lui signifiant ne rien avoir écouté de ce qu'il disait, trop pris dans sa thèse. Il était tout autant fautif que Derek si ce n'est plus. Il finit par se lever du canapé doucement et s'approcha d'un pas incertain de l'alpha.

_ Je... Je suis désolé, Derek, je suis tellement...

_ Non, tu avais raison. Si je ne t'avais pas menti, tu m'aurais cru. Je suis bien puni.

_ Oui mais, non ! Je... C'est horrible.. C'était tellement dur de t'en vouloir, et en même temps, j'étais si en colère contre toi pour avoir bafoué ma confiance et là, je...

Il ne finit pas sa phrase, Derek l'avait emprisonné entre ses deux bras puissants. Il se faisait l'effet d'un drogué en manque. Il plongea son nez dans le cou de son compagnon et exhala tout l'air inspiré, soulagé. Stiles était de retour.

Il avait vraiment envie de le dévorer, il lui avait tellement manqué. Quatre mois, quatre foutus mois privé de sa présence. De son odeur, de son corps, ses mouvements désordonnés, sa cuisine. De son babillage incessant, qui aurait pu dire qu'aujourd'hui il supplierait presque pour l'entendre parler ? Parce que depuis longtemps Stiles ne se résumait plus à un bavard intempestif. C'étaient des mots doux le matin, des vérités philosophiques quand il se butait dans ses avis personnels, des moqueries légères devant leurs bêtises respectives, des injures fleuries et inventives pour ne pas alerter les enfants quand il était en colère, des plaintes soufflées et désespérées pendant ses moment de doutes ou de tristesse, des palabres continuelles dans la joie et l'excitation, des promesses chaudes et séduisantes dans l'intimité et une parole attentionnée le soir au coucher.

Tout, le moindre petit électron composant son corps lui avait manqué. Il se faisait violence pour ne pas le broyer dans ses bras tant il ressentait le besoin de l'imprégner à lui. Il avait commencé à lui embrasser toutes parcelles de peau accessible, lui soufflant des mots désordonnés et incohérents. Et Stiles se laissait porter par l'attention, appréciant la chaleur dont il n'avait pu profiter.

Lydia attrapa Cora et Peter pour laisser le couple tranquille et Derek trouvera bien quelque chose pour la remercier. En attendant, il avait quatre mois à rattraper et un corps à se réapproprier.

_ Attends. Attends, le stoppa l'apprenti émissaire en lui happant le visage entre ses mains.

Derek en gémit de frustration, mais il prit tout de même sur lui pour écouter son compagnon et ne pas envenimer la situation qui venait tout juste de se résoudre. Une fois, pas deux merci bien !

_ Il va falloir trouver une solution pour calmer les ardeurs de Peter, je suis d'accord que sur ce coup, tu dois le bénir mais, ce n'est pas possible ! Il se prend pour quoi ? L'œil de Moscou ?

_ D'accord, d'accord, tout ce que tu voudras, répondit à la hâte le loup qui était au bord de l'implosion. Il attrapa les fesses de Stiles pour le prendre contre lui et le porter. L'alpha regarda tout autour de lui en espérant trouver son bonheur, mais il finit par s'avouer vaincu.

_ Il faut vraiment qu'on déménage, souffla le loup en saisissant son émissaire pour l'emmener sur la surface plane la plus proche.


OoO


Cora était allongée sur cette maudite table, les jambes écartées tandis que Deaton lui intimait de respirer ou pousser en fonction de ses contractions. Le bébé se présentait bien. Ce serait un accouchement sans complication. Elle avait les cheveux collés au visage à cause de l'effort, la chemise d'opéré lui collait à la peau et elle ressentait une furieuse envie d'insulter tous ceux qui ouvraient la bouche. Elle était en train de broyer la main de Derek alors que celui s'hasardait dans des paroles réconfortantes. Stiles, lui, évitait vaillamment toute tentative de prise sur sa personne et lui dégageait le visage en essuyant la transpiration perlant ici et là.

_ Tu y es presque, il est bientôt là, lui souffla le jeune émissaire.

Et malgré la douleur, malgré son souffle perdu et la tension dans son crâne. Elle le sentit. Il glissait lentement hors de son corps alors qu'elle poussait pour accompagner l'impulsion. Elle aurait presque pu se pencher en avant pour le prendre dans ses bras si elle n'était pas gênée par la position et son ventre encore bien rond. Quand elle sentit le bébé être saisi par le druide, elle se laissa choir sur la table, la respiration hachée et sifflante. Elle en rit et pleura à la fois.

_ Un dernier effort ma belle, il reste le placenta à évacuer, indiqua Stiles en lui caressant le visage alors que Derek tentait de récupérer sa main défaite.

Elle hocha la tête, encore groggy par les endorphines et l'adrénaline. Elle sentit une nouvelle contraction amplifiée dans son corps alors qu'en arrière-fond le bébé poussa ses premières plaintes. Ils venaient de mettre une vie au monde. Cora se sentait merveilleusement forte malgré sa faiblesse de l'instant. Elle était au bord de l'épuisement, avait des cernes sous les yeux, les traits tirés, le teint blafard, mais elle se sentait agréablement bien.

_ Les femmes font vraiment des choses fabuleuses, murmura l'hyperactif en regardant le bébé.

Derek opina sans vraiment savoir si le commentaire lui était destiné ou pas, mais voir ce petit bout de vie, tout droit sorti du petit ventre rebondi de sa sœur l'hypnotisait totalement. Il n'avait que quelques minutes sur cette terre, mais l'alpha l'aimait déjà.

Deaton revint avec l'enfant pour le rendre à la jeune femme. Il reposait sur son sein, fourbu de ses premières émotions. Elle l'enveloppa délicatement avec la couverture que lui tendait le jeune homme et le regarda un sourire éclatant sur le visage.

_ Tu vas avoir une vie pleine de rebondissements avec ces deux papas. Hein, Alice ?

_ Alice ? questionna Derek surpris et amusé.

_ Quoi ? Tu n'aimes pas ? attaqua Stiles vexé.

Derek se mit à rire, moqueur et joyeux, ce qui détendit légèrement l'hyperactif.

_ Non. C'est la pointe de sel dans le gâteau, répondit l'alpha en s'approchant du bambin.

_ Tu sauras mon cher, qu'Alice est un nom masculin dans les pays germaniques.

_ Nous ne sommes pas dans un pays germanique Stiles, souffla le loup.

_ C'est vrai, mais...

John fit une arrivée fracassante dans la salle d'opération, essoufflé et hagard. Il cherchait à parler mais son souffle manquant le lui interdisait. Il se soutint, les deux mains sur les genoux avant d'inspirer fortement et de regarder son fils.

_ Je suis désolé, je n'ai pas pu me libérer avant et...

Le shérif s'était interrompu dans sa justification précaire. Son regard avait rencontré la petite chose dormante dans les bras de la jeune femme. Il s'approcha doucement, fébrile et pris par l'émotion. Si on était objectif, ce bébé ne ressemblait à rien. Encore tout fripé des neufs mois passés dans les entrailles de sa mère, la peau rougissante, des cheveux épars, fins et ridicules et un visage pour le moins méconnaissable. Mais voilà, aux yeux de John, tout ceci n'était rien. Tout ce qu'il voyait était que son fils avait fait un petit bout de Stilinski, il était merveilleux, petit et chétif, mais tellement plein de promesses. Il avait toujours été secrètement reconnaissant envers Derek d'avoir eu cette idée farfelue. Pas que leur relation le dérange, après tout, il s'était fait à l'idée bien avant les deux intéressés, mais il avait pendant longtemps espéré voir de la marmaille crapahuter dans tous les recoins de sa vieille bicoque. L'arrivée de Félix, déjà particulièrement mouvementée lui avait laissé un goût de trop peu. Le voir là, ce petit bouchon, aux couleurs de la bannière Stilinski lui montait à la gorge bien plus qu'il ne l'aurait imaginé. Et c'est d'une main tremblante et peu assurée, qu'il toucha sa descendance. Un glapissement heureux et ému échappé de ses lèvres fit monter les larmes jusqu'à ses yeux. Il se souvenait tant de l'instant où Claudia se trouvait à la place de Cora, fatiguée mais heureuse, rayonnante comme jamais. Cette fois encore, il arrivait après la bataille, mais l'émotion restait toujours intacte et renouvelée. Et les paroles de Cora se superposèrent étrangement à ses souvenirs.

_ Vous voulez le prendre ?

Il regarda la jeune femme, hésita à peine une seconde avant de prendre le nouveau-né délicatement dans ses grandes mains. Il était si frêle qu'il tenait presque dedans. Il le cala précautionneusement contre lui, prenant garde de bien le positionner et quelques larmes perlèrent sur la peau sensible de son petit-fils.

_ Comment s'appelle-t-il ?

_ Alice, répondit doucement la louve.

John se tourna vers son fils et lui lança son regard spécial « Sérieusement ? ». Stiles se rembrunit et croisa les bras sur son torse, renâclant de manière tout à fait mature.

_ Je n'ai pas de leçon à recevoir de quelqu'un qui appelle son fils « Genim ».

_ Il paraîtrait, John, que Alice est un nom masculin dans les pays germaniques, crut bon d'ajouter Derek à demi-moqueur.

_ Mais nous sommes en Californie, et ici, c'est un nom féminin, rétorqua le shérif.

_ Taisez-vous tous les deux ! Je vous déteste ! S'il ne vous plaît pas je le garde pour moi, on l'élèvera très bien sans vous avec Cora. Adieu la marmaille galopante dans le fond de ton jardin !

Cora gloussa en l'entendant déblatérer et s'amusa à le taquiner à son tour.

_ Pour un futur Profileur, je te trouve bien infantile aujourd'hui.

Le shérif, lui, n'avait que faire des propos puérils de son fils. Il s'émerveillait une fois encore, devant la frimousse endormie du petit.

_ Il est tellement beau, souffla le shérif.

John n'était absolument pas objectif.

_Ne dis pas n'importe quoi papa, tu pourras dire ça dans quelques mois, mais pour le moment, il ressemble à tous les bébés.

C'était une manière toute détournée de la part de Stiles de dire que pour le moment, son bébé ressemblait à une pauvre momie en réhydratation.


OoO


_ Stiles, aide-moi.

_ Non, Derek. Tu te débrouilles.

_ Mais, mais elle... elle roucoule, elle me tourne autour en me faisant du charme et hier, elle a voulu se couper les cheveux parce qu'elle trouve qu'ainsi elle me plaira davantage. La semaine dernière dans le magasin, elle a failli se transformer devant tout le monde parce que je ne voulais pas lui acheter le même manteau que toi. Et tu n'étais pas non plus là, le jour où elle a vidé le fond de teint d'Erica pour être blanche.

_ C'est normal Derek, c'est l'œdipe.

_ Mais !

_ Je ne peux rien pour toi, tu dois gérer ça comme un grand loup.

_ Bien sûr que tu peux quelque chose ! Parle-lui !

Stiles soupira et se tourna vers Derek, Alice était dans sa chaise haute. Les joues barbouillées de purée de patate douce, le visage joufflu mangé par ses grands yeux de faon faisait craquer tout le monde, mais Derek plus que les autres. Plus encore que Félix à son age, et c'était déjà quelque chose. Sa petite bouille curieuse lui fit oublier pendant quelques secondes l'objet de son désespoir, avant que Stiles ne finisse par prendre la parole.

_ Je ne vais pas pouvoir faire grand-chose, tu sais ? Je suis le rival en ce moment. C'est pour ça qu'elle veut autant me ressembler, c'est parce que je suis celui qui t'a séduit en premier lieu. Alors, écoute-moi bien, grand dadais. Ne sois pas méchant ou moqueur. C'est une période décisive dans sa vie. Elle ne comprend pas vraiment ce qui lui arrive. Elle a quatre ans, elle est assaillie par ses premières montées d'hormones, on passe tous par là, mais si tu le gères mal c'est sa vie amoureuse que tu vas foutre en l'air. Tu dois la repousser doucement en lui disant que vous ne pouvez pas avoir ce genre de relation parce que tu es son père et que c'est ta fille, que tu as déjà quelqu'un dans ta vie, moi. Ensuite tu rajoutes que, plus tard, elle se trouvera quelqu'un d'aussi important que je le suis pour toi et que tu ne l'aies pour moi. Et c'est tout. Tu reste calme, tu ne la juges pas, tu ne la fais pas se sentir honteuse et tu lui fais comprendre patiemment. Je me contenterai d'appuyer tes paroles gentiment.

_ Juste ça ?

_ Oui. Mais ne te réjouis pas. Si tu n'as pas grand choses à faire, elle va mettre ta patience à rude épreuve. Écoute Derek, il y a deux périodes pendant lesquelles c'est très conflictuel, tu dois juste prendre les choses comme elles viennent tout en essayant de respecter au mieux l'épanouissement de ton gamin, et tu es en plein dans la première. Bienvenue dans la vie des parents. Tu les a voulus, non ? Si tu avais lu ce que je t'ai demandé de lire plutôt que d'attendre des rapports détaillés de ma part, tu le saurais.

_ Quelle est la deuxième ?

_ L'adolescence.


OoO


Jackson était de garde, en jargon de meute ça voulait dire qu'il devait s'occuper des deux bambins des alphas, quoique maintenant, ils s'éloignaient de la ressemblance avec un marmot baveux. Et pour cause, Félix avait cinq ans et Alice deux. Étant donné qu'il rentrait plus tôt de son école d'art et ingénierie, c'est lui qui s'y collait. Il regardait le petit Stilinski manger sa mousse au chocolat en se barbouillant la bouche, le menton et les joues, à un point tel qu'il était impossible de discerner ses grains de beauté situés dans cette zone. Ses grands yeux de faon, qui lui dévorait la moitié du visage, pétillaient alors qu'il léchait sa cuillère consciencieusement. Malheureusement, la gourmandise dégringolait lentement sur la table pour se rapprocher de plus en plus du bord, menaçant de maculer les vêtements propres du petit loup.

_ Fait attention Ridicule Bambi, tu vas finir par tout salir.

La jolie petite métisse aux yeux verts retint sa respiration, outragée. Elle avait senti le sarcasme dans la voix de l'adulte. Elle reposa sa cuillère dans sa verrine et se fit la plus grande qu'elle pouvait sur sa chaise en fusillant le blond du regard.

_ Il s'appelle pas « Sucre Candy » ! Il s'appelle Alice !

Jackson regarda Félix surpris, avant de partir dans un grand rire tonitruant. Alice, qui avait fini de ramasser avec son petit doigt toutes traces de chocolat éparpillées un peu partout, posa ses yeux whisky sur l'adulte avec beaucoup d'interrogation. Pour le blond, il avait juste l'air d'un adorable benêt, comme son père. Il prit une lingette et le débarbouilla, conquis par ce regard plein d'innocence et ses rondeurs d'enfant chocolaté.

_ Non mais regarde-toi Ridicule Bambi.

_ Il s'appelle pas « Sucre Candy » ! cria sa sœur de plus belle.

Félix avait désormais ses yeux dorés et ses crocs sortis. Elle s'était levée de sa chaise, avait fait descendre Alice de la sienne et l'entraînait à sa suite. Heureusement, elle ne se rendit pas loin. Juste dans le salon, encore bien en vue du blond. Félix tourna le dos à l'adulte avec son frère et attrapa une boite de Legos.

_ Fé'is pas contente ? demanda le petit bout tout à trac.

_ Non. Jackson est méchant avec toi, bougonna la petite louve en imbriquant plusieurs Legos entre eux.

La petite tête brune se tourna d'un bloc vers l'adulte. Une expression surprise et choquée peinte sur le visage. A son age, les loups ne sont pas encore à l'aise pour sentir et surtout déterminer les émotions qu'ils sentent chez les autres. Alors que Félix, elle, commençait à se familiariser avec cette aptitude.

_ Loup-B'ond méchant !

Jackson et Félix n'auraient su dire si c'était une exclamation ou une interrogation. Mais le petit était perturbé. L'adulte aurait juré voir un début de larmes dans ses grands yeux bordés par ses long cils bruns. Jackson ne voulait pas se l'avouer à lui-même. Non. Il ne pouvait pas. Mais cette bouille le faisait littéralement fondre. Tout le temps. En toutes circonstances. Là, il se sentait juste très mal. Il feignit l'indifférence sous le regard concupiscents de Félix. Cette gamine est diabolique ! Ces gamins sont diaboliques !


OoO


Lydia posa sa main à tâtons sur sa table de nuit à la recherche de cet appareil impitoyable qui avait le malheur de la réveiller à... elle ouvrit un œil sur son réveil digital, quatre heure du matin.

_ Allo... marmonna-t-elle en colère et fatiguée.

_ Lydia. Fais quelque chose, je te jure que si dans deux minutes elle ne s'habille pas, je te tiens pour responsable, grogna Stiles à travers le téléphone.

Lydia pouvait entendre Félix qui répétait « faute de goût, faute de goût » à répétition dans un intervalle qui laissait penser que le jeune fille de six ans courait dans tous les sens.

_ Merde. Stiles, pourquoi tu dois faire habiller ta fille à...

Elle regarda son réveil une nouvelle fois pour être bien sûre de l'heure et reprit.

_ Quatre heure du matin ! C'est pas humain !

_ Et bien tu iras te plaindre auprès de Derek ma chère, il a décidé de les emmener à Central parc pour trois jours.

_ Oh, misère... gémit Lydia qui n'était définitivement pas prête à enclencher ses facultés mentales, si tôt dans la journée.

_ Si tu veux bien lui dire que si, une robe jaune avec un collant gris, ça va ensemble, ça évitera qu'elle rameute tout le quartier.

_ Passe-la-moi, souffla la jeune femme lassée.

Elle attendit quelques secondes, ne comprit pas vraiment ce que Stiles était en train de dire à la petite, encore entre deux eaux. Le sommeil ne tarderait pas à la reprendre une fois raccroché. Au moins une bonne nouvelle dans tout ce marasme. Et non, Lydia ne faisait pas tout une montagne d'être réveillée trois heures trop tôt. Si peu.

_ Allo ? demanda la fillette curieuse.

_ Félix, ma chérie, c'est Lydia.

_ Oh Lydia ! Papa veut que je mette la robe jaune avec le collant gris mais j'aime pas, ensemble.

_ Qu'est-ce que tu n'aimes pas ? La robe ? Ou les collants ?

_ Les collants !

_ Lixie, souviens-toi, le gris ça va avec tout. Tu ne fais pas de faute de goût en le mettant avec une autre couleur.

_ Je sais, mais...Je voulais les bleus, glapit la petite métisse.

_ Tu l'as dit à ton père ?

_ Non, souffla-t-elle toute penaude.

_ Et bien prends-en plusieurs comme ça tu pourras changer demain.

_ D'accord ! Merci Lyly !

_ Je t'en prie. Et Félix ?

_ Oui ?

_ La prochaine fois que ton père m'appelle aussi tôt à cause de toi, je m'occupe personnellement de ton cas, menaça l'adulte.

Elle put nettement entendre la petite déglutir. Il n'était pas difficile de l'imaginer regarder son père craintivement et se sentir soudainement assez mal.

_ Promis, promis, je ne le ferai plus.

_ Par-Fait ! A plus tard Lixie, tata va dormir maintenant.

_ Bonne nuit Lyly.

La banshee expira un grand coup. Faites des mômes qu'ils disent, hein ? Après ce genre de mésaventure, la rousse avait bien envie d'attendre, longtemps, oui.. longtemps avant d'en faire, voire, pas du tout. Elle regarda un instant l'homme endormi à ses côtés dans le lit et finit par le rejoindre dans la chaleur accueillante de la couette. Jordan passa son bras autour de sa taille et la ramena contre lui pour la réchauffer.

_ Ne t'inquiète pas, les nôtres serons parfaits... marmonna l'adjoint dans sa chevelure.

Visiblement, l'option sans enfants n'était pas à pourvoir. Elle réussirait bien à négocier la garantie dans cinq ans. Oui, cinq ans c'est bien. Voire plus. Dix ? Note à soi-même, ne pas faire la spécialisation en psychologie infantile. Sexologue était peut-être mieux. A voir.


OoO


Scott surveillait Félix qui faisait ses devoirs sur la table du salon quand soudain, la petite releva la tête vers lui et le darda de ses beaux yeux verts.

_ Scott ? s'exclama la fillette de sept ans.

_ Oui ? répondit l'adulte sur ses gardes.

_ Tu sais comment on fait les bébés ? interrogea la petite, plein d'étoiles dans les yeux, l'espoir sans doute.

L'adulte rougit violemment. Il ne s'y attendait pas vraiment, quoique... Avec Félix, il avait appris qu'il fallait s'attendre à tout. Il se racla la gorge, très mal à l'aise et commença a cafouiller avec son propre baragouinage.

_ Je... euh... et bien c'est la petite abeille, quand elle butine les tulipes ça donne des garçons et quand elle...

_ Non, mais stop ! Scott ! Tu ne peux pas lui raconter un truc pareil ! s'indigna Kira qui venait d'arriver dans la pièce.

_ T'es bizarre Scott ! C'est pas comme ça qu'on les fait les bébés. Nimou m'a dit, c'est quand la maman et le papa s'aiment très fort, le papa y met une graine dans le ventre de la maman et le bébé pousse dans son ventre. Pourtant tu devrais le savoir, tu vas à l'école pour être docteur. Tu devrais aller le voir, il va t'expliquer.

Dire que Scott était vexé aurait été un euphémisme. Il se rembrunit complètement ne comprenant pas pourquoi la petite lui posait la question si elle connaissait la réponse. Félix pencha tout son buste contre la table, s'affalant presque dessus pour être plus proche de l'adulte et lui souffler un secret.

_ Ce que je voudrais savoir moi, c'est comment Nimou et Papa m'ont eu et pourquoi Nimou a fait Alice avec tata Cora s'il est amoureux de Papa. Parce que, Alice, il est né quand Papa et Nimou s'aimaient déjà alors, alors, je comprends pas.

Kira et Scott se regardèrent, vraiment gênés. Félix était bien trop perspicace pour leur bien-être. Et Scott n'avait aucun scrupule à reporter la faute sur Stiles avec toute son éducation ludique, propre à l'éveil et au bon développement cognitif de l'enfant. Il ne pouvait pas la faire un peu plus conne ? Histoire de ne pas se retrouver dans cette situation embarrassante au possible ?

_ Félix, ma chérie, c'est une question que tu dois poser à tes parents ça, expliqua alors Kira qui sentait bien que Scott était incapable de trouver quoi répondre.

_ Certainement pas ! s'écria la petite.

_ Pourquoi ? demanda alors le loup, confus.

_ Et bien, j'ai compris un truc tu vois, si je demande à tout le monde je suis sûre de savoir plein de trucs, alors que si je demande à papa et Nimou ils vont me dire que je n'ai pas encore l'âge pour savoir ces choses-là, mais je t'assure que j'ai l'âge pour ces choses qu'ils ne veulent pas me dire.

Scott resta bouche bée devant l'ingéniosité et l'effronterie de la jeune fille.

_ Tu es définitivement trop jeune pour ces choses-là, claqua-t-il, mettant fin à la conversation.

Félix se rencogna au fond de sa chaise en renaudant tout ce qu'elle savait contre les idiots d'adultes, tandis que Scott bénissait Stiles et ses réponses toutes faites pour enfants trop curieux. Et décidément, celle-ci l'était énormément. Il pensera à fermer sa porte de chambre à clé la prochaine fois qu'il se retrouverait seul avec sa belle renarde.


OoO


Malia s'était levée pour boire un verre de lait chaud, c'est toujours ce qu'elle faisait quand elle n'arrivait pas à dormir. Isaac était parti à New York pour une semaine, mais il lui manquait déjà affreusement, elle avait donc veillé tard sur son nouveau projet de parfum. Qui aurait pu penser que travailler pour Estée Lauder serait autant passionnant ? Pas elle en tout cas. C'est Stiles qui lui avait soufflé cette piste, pour devenir nez de parfumerie. Quoi de mieux qu'utiliser sa prédisposition naturelle pour se faire une place dans le monde du travail, cet homme avait l'art et la manière pour résoudre tous vos problème. Soudain, elle aperçut un petit bout de loup crapahuter jusqu'au salon. Intriguée, elle dévia sa course pour diriger ses pas vers le chemin emprunté par le jeune garou. Quand elle arriva dans la grande pièce, elle trouva Alice accroupi devant la cheminée, les bras enroulés autour de ses jambes, le regard braqué vers les briques noircies de suie.

_ Alice ?

Le petit de cinq ans ne s'attendait visiblement pas à être surpris hors de son lit. Il sursauta violemment quand sa grande cousine l'interpella et en tomba sur sa croupe dans un bruit mat.

_ Qu'est-ce que tu fais là petit fripon ? demanda la jeune femme amusée.

_ J'attends le père Noël, murmura le garçon.

_ Il ne viendra pas si tu l'attends, expliqua la coyote attendrie par le comportement curieux de son petit cousin.

_ Et bien tant mieux. Le père Noël, je suis sûr que c'est un monsieur bizarre qui pose des trucs en dessous du sapin juste pour nous piquer tout plein de choses qu'il veut pour sa maison, râla le garou alors que ses yeux s'illuminèrent sous l'émotion.

La coyote cligna des yeux plusieurs fois et dut s'empêcher de rire pour ne pas réveiller les autres, elle se mordit la lèvre inférieure pour ne pas laisser échapper le gloussement qui menaçait de lui échapper. Elle se fit violence pour ne pas repenser aux paroles du garçonnet sous peine de s'étouffer avec sa propre hilarité.

_ Tu veux que je surveille avec toi ? lui demanda-t-elle en s'approchant à pas feutrés.

_ Seulement si tu me promets de ne pas t'endormir, accorda le petit fort de son assurance.

_ Je ne m'endormirai pas.

_ Tu n'as qu'à prendre le plaid en pilou pilou, on se tiendra chaud tous les deux, et le père Noël aura plus peur de toi que de moi, indiqua Alice en lui faisant une place à côté de lui.

Malia prit le plaid en question et se coula jusqu'au marmot épuisé. Elle s'enveloppa avec lui dans la douceur réconfortante de la couverture et se cala confortablement sur le tapis de façon à ne pas être incommodée quand ils s'endormiraient.

Ce n'est que le lendemain, très tôt, qu'elle ouvrit un œil, l'enfant reposant sur son ventre, alors que Stiles et Derek s'étaient levés pour déposer les cadeaux en douce. Elle leur intima le silence en leur montrant le petit dormant du sommeil du juste. Plus tard, elle leur raconterait ses débuts de super-héros, comme son papa.


OoO


Boyd était à quelques kilomètres de la maison quand il entendit les enfants hurler. Ce n'était pas des cris de jeux. Ils pleuraient, pris d'une panique envahissante. Panique qui se répercuta sur l'étudiant vétérinaire. Il se transforma et courut le plus rapidement possible. Il se fichait de savoir si les branches sur son chemin le griffaient. Il n'entendait que le désespoir débordant des deux jeunes enfants. Il était arrivé quelque chose à Stiles.

Il ouvrit avec un empressement inconsidérée la porte du manoir et reçut deux formes gigotantes et pleurantes dans ses bras. Il ne comprenait absolument pas le babillage hachuré de sanglots tonitruants et renversants. Les larmes coulaient à flots sur les joues des deux petits loups. Leurs stress et leur désespoir ne faisait que croître. Alice hurlait et n'arrivait pas à émettre la moindre parole intelligible alors que Félix passait et repassait ses mains sur ses yeux dans un espoir vain d'arrêter ce débordement émotionnel. Elle avait bien vu que Boyd ne comprenait rien. Elle rageait qu'il ne le sente pas. Et après avoir repris une grande goulée d'air, elle hurla sur l'adulte toute sa détresse.

_ Fais quelque chose, Nimou est en train de mourir !

Il en lâcha les deux loups de surprise. Félix était repartie dans une crise de larmes alors qu'Alice était de plus en plus rouge à mesure qu'il pleurait et hurlait. Boyd essaya de sentir la présence de l'humain à travers les effluves lourdes des enfants. Il n'arrivait à rien, aussi décida-t-il de s'éloigner et de faire un peu le tour de la maison dans l'espoir de retrouver sa trace.

Il le trouva étendu, sur le tapis, fiévreux et la respiration sifflante, les enfants sur les talons.

_ Stiles ? essaya Boyd.

Le jeune homme essaya de redresser la tête mais ce fut infructueux. Elle retomba lourdement sur la carpette moelleuse sur laquelle il avait échoué en gémissant de gêne et d'inconfort. Boyd le saisit et le retourna pour vérifier ses constantes. Il soupira de soulagement.

_ Je crois que j'ai la grippe... marmonna l'émissaire à travers les brumes de la fièvre.

Vernon attrapa le jeune homme pour l'emmener au lit. Il l'aida à retirer un maximum de vêtements, faisant promettre à l'hyperactif que Derek n'aurait pas vent de ce détail et l'installa dans le lit qu'il partageait avec l'alpha dans le manoir qu'ils avaient acheté pour accueillir la meute dans son intégralité, il y a maintenant trois ans. Le bêta descendit à la cuisine lui préparer un bouillon, de quoi faire un grog et un onguent dont Deaton lui avait donné la recette pour faire baisser la fièvre et les courbatures.

_ Nimou va mourir ? demanda d'une petite voix timide Félix, les larmes menaçant de couler une nouvelle fois.

_ Papa va mourir ? répéta Alice dans le même état que la petite.

Vernon les regarda et se pencha à leur niveau pour les saisir tous les deux par la taille.

_ Non, votre papa ne va pas mourir, il est juste malade. C'est ce qui arrive aux humains de temps à autre quand il sont plus fatigués que d'habitude. Un vilain microbe les embête pendant plusieurs jours, mais votre papa arrivera à le sortir de son corps à grands coups de pied aux fesses. Cette méchante grippe ne sera plus que de l'histoire ancienne d'ici quelques jours.

_ Mais pourquoi moi je suis pas malade ? demanda le petit garçon.

_ Parce que tu n'es pas un être humain Alice, tu es un loup. Et les loups-garous ne tombent pas malades.

_ Mais papa va s'en sortir, hein ?

_ Oui. Tu veux aller lui faire un câlin ? Je suis sûr que ça lui fera plaisir.

La tête du petit garçon de six ans dodelina de bas en haut alors que la fillette, elle, était toute hésitante.

_ J'ai le droit aussi ?

_ Mais oui, allez ! En route ! Mais vous me promettez de rester calme. Il a besoin de repos si vous voulez qu'il guérisse.

Stiles se réveilla difficilement, la fièvre le tenait encore dans un étau de fer, il se sentait cotonneux et avait beaucoup trop chaud, mais il savait par expérience qu'il n'avait pas intérêt à se libérer de cette chaleur étouffante, sous peine d'empirer son état. Il était incapable de distinguer son environnement. Il ne savait plus où il était, quand, pourquoi, comment. Il sentit blottis contre lui, deux petits loupiots duveteux et glapissant dans leurs sommeils. Il ne s'était pas rendu compte qu'ils s'étaient fait une petite place dans le grand lit. Ils étaient pourtant à moitié affalés sur lui.

_ Tu te sens comment ?

Il leva un œil vers Derek, celui-ci s'était installé sur le bord du lit en prenant garde de ne pas s'asseoir par mégarde sur l'un des enfants.

_ On va dire que j'ai connu mieux, mais j'ai connu pire, répondit-il d'une voix rocailleuse.

L'alpha passa une main dans ses cheveux et Stiles s'appuya davantage contre la main fraîche qui lui faisait du bien. Le loup en profita pour lui caresser le visage et l'hyperactif en aurait ronronner s'il avait pu. Le contact était vraiment très agréable.

_ J'ai envie de faire des caprices, souffla l'étudiant.

Derek se mit à rire et se pencha davantage vers son amant pour lui souffler sur le bout du nez.

_ Que veux-tu faire comme caprice ?

_ Je veux dormir contre toi jusqu'à la fin des temps, marmonna son compagnon sonné par les affres de la maladie.

_ Papa ? couina Alice.

_ Hum ?

_ Tu vas sortir cette méchante griffe de ton corps, hein ?

Stiles du faire un effort surhumain de concentration pour comprendre de quoi son fils pouvait bien lui parler, mais il finit par le caler davantage dans une étreinte rassurante et lui souffla sa réponse en s'endormant.

_ Ne t'inquiète pas mon loup, plus de méchante grippe à la fin de...

Alice le regarda, pendu à ses lèvres, attendant qu'il se réveille pour reprendre, mais voyant qu'il tombait en sommeil profond, il se tourna vers l'alpha, la mine déconfite.

_ Grou ?

_ Rendors toi Alice, ton papa va bien. Il a juste besoin de dormir.

_ Grou ? Pourquoi les humains, ils tombent malades quand ils sont fatigués ? Pourquoi nous on tombent pas malade comme papa ?

_ Parce que notre corps est beaucoup, beaucoup plus rapide que le leur Alice, c'est tout.

_ J'aime pas quand papa est malade.

_ Moi non plus p'tit loup. Dors maintenant.


OoO


Kira était assise à côté de Scott sur le canapé quand Alice lui grimpa sur les genoux pour un câlin. Depuis un moment, le garçon montrait un intérêt certain pour la jeune femme. Il allait toujours vers elle pour lui raconter ses exploits, lui offrait des dessins, des fleurs ou des proies mortes. Il aimait lui raconter ses journées et demandait fréquemment à Stiles ou Derek si telle ou telle chose ferait plaisir à la renarde. Il était très affectueux avec elle et réclamait souvent son attention. Au départ, Derek avait cru à une réminiscence de l'œdipe, mais Deaton avait été formel, son œdipe, était passé depuis deux ans. Cora et son compagnon en avait vu des vertes et des pas mûres d'ailleurs, ce qui n'avait pas manqué de faire s'esclaffer l'alpha sous l'œil réprobateur de son amant qui l'avait finalement remis à sa place en lui rappelant à quel point il avait paniqué avec Félix.

Non, Alice expérimentait ses premiers émois amoureux.

Après tout, à sept ans, rien d'anormal. Stiles se faisait régulièrement la réflexion, il ne serait pas surpris, si plus tard, il lui ramenait une mignonne petite asiatique à la maison. A moins que ce ne soit les renards qui attiraient son fils ?

_ Kira ? interpella Alice toujours calé contre elle.

_ Oui ?

_ Tu m'aimes bien ? interrogea le jeune garou.

Kira regarda un instant les autres adultes présents dans la pièce mais aucun ne semblait voir de mal dans la situation, c'est pourquoi elle décida de donner sa réponse.

_ Oui Alice, je t'aime bien.

_ Moi aussi je t'aime Kira, murmura l'enfant exaltant de bonheur.

La renarde attendrie, referma ses bras sur Alice pour lui rendre son étreinte et celui-ci soupira de contentement. En regardant son fils si heureux, Stiles était persuadé que le fait que son amie soit institutrice n'était pas anodin dans l'équation. Elle, plus que les autres, savait s'y prendre avec les plus jeunes. Mais bientôt le garçon se redressa, ouvrit son pantalon et balança un jet d'urine fortement concentrée en marqueurs sur Kira devant l'assemblée abasourdie. Scott fut le premier à réagir, son instinct parlant plus pour lui, ce qui avait obligé Stiles et Derek à se précipiter vers l'enfant et le loup en colère pour les séparer. Les autres membres de la meute furent comme réveillés et les réactions en chaîne de chacun maîtrisèrent la situation.

Alice s'était mis à pleurer dans les bras de son père en entendant les grognements enragés de l'adulte provoqué. Dans son innocence la plus parfaite, l'enfant n'avait pas compris toute l'étendue des conséquences de son geste. Kira tentait de stopper son compagnon, mais elle ne faisait que jeter de l'huile sur le feu en intervenant en faveur du petit, encore recouverte de son odeur. Derek et Boyd avait pris le relais de la jeune renarde quand Lydia et Erica l'emmenèrent à l'étage pour l'aider à se débarrasser des marqueurs inconvenants. Malia et Isaac étaient partis avec Stiles et les enfants pour leur expliquer à l'écart la situation et les calmer. Quant à Allison et Jackson, ils allèrent chercher de quoi nettoyer et faire disparaître l'effluve incriminante. Peter, lui, s'était contenté de rire aux éclats pendant tout le long de l'interlude. En somme, égal à lui-même.


OoO


Peter revenait de son exploration dans les bois, il ne s'était pas donné la peine de s'émouvoir devant son environnement et partit directement prendre une douche délassante. Il aimait vraiment l'investissement de son neveu dans ce manoir. Les salles de bains y étaient fantastiques. Rien à voir avec l'installation du loft. La majorité des pièces étaient insonorisées au point qu'ils s'entendaient à peine entre eux et il pouvait disposer d'une pièce pour ses petites inventions farfelues qu'il partageait la plupart du temps avec Jackson. Bien sûr, Derek avait invoqué tout un tas de raisons fabuleuses qui avait charmé la meute lors de l'achat. Mais il savait que l'alpha en était arrivé à ce choix pour pouvoir disposer à loisir des plaisirs que pouvait lui offrir Stiles sans être dérangé par qui que ce soit. Et surtout par les enfants.

C'est dans une nudité tout à fait assumée qu'il sortit de la salle de bain sans prendre la peine de se sécher. Fier de son apparat, il traversa la salle de vie d'un pas conquérant et croisa la route de Félix, tout juste rentrée de son premier jour de classe. Stiles et Derek ayant consenti à la laisser se fondre parmi les humains arrivés au secondaire, elle avait été toute excitée pendant tout l'été. Ils se toisèrent un moment, Félix semblait perplexe devant la nudité de l'homme et celui-ci lui lança une œillade narquoise. Le jeune fille lui releva un de ses sourcils dubitatif et circonspect quoi qu'à moitié moqueur, une expression toute savamment apprise grâce à de longues heures à observer son big bad wolf de père.

_ Je ne comprendrais jamais, c'est avec ça que vous pensez que tout vous ait dû ? lança Félix sur un ton négligent.

Peter pendant un instant perdit pied. Il pensait être celui en position de force, après tout la fillette n'avait que onze ans, elle n'était pas au fait de ces choses-là et c'est dans une timidité et une confusion tout à fait rafraîchissantes que les jeunes filles de son âge se confondaient en excuses avant de partir, bafouillantes et rougissantes pour se terrer dans leurs chambres.

_ Tu sais, je vais finir par penser que c'est comme ça que vous désignez l'alpha, parce que, celle de papa est bien plus imposante. Mais rassure-toi, j'ai vu celle des autres, tu es en bonne course. Tu es pile entre Jackson et Scott, Isaac arrive bon dernier. Quoique, je n'ai jamais vu Vernon nu, il paraîtrait que les hommes noirs sont vraiment bien dotés, tu crois qu'il pourrait être alpha, lui aussi ?

L'aîné essayait du mieux qu'il pouvait de garder contenance et haussa les épaules pour signifier que d'une part, il l'ignorait, d'autre part, il s'en foutait, et puis il se reprit, ce n'était certainement pas comme ça que l'on désignait l'alpha ! La jeune fille se moqua ostensiblement de lui et il lui prit soudain le désir grimpant de la remettre à sa place.

_ Tu seras d'accord avec moi pour dire que pourtant, ce n'est pas la taille, le plus important. C'est la manière de s'en servir qui compte, renchérit Félix un sourire carnassier flanqué sur sa jolie bouche.

Il regarda sa petite nièce dans les yeux, quelque part, il aimait cette insolence et ce sarcasme cinglant cachés au détour d'une conversation innocente et philosophique. Un sourire semblable à celui de sa comparse orna son visage. Il ne s'ennuyait jamais avec elle. Avec sa belle plastique et son tempérament de feu, cette petite mettrait tout le monde à ses pieds.

_ Peter ?

_ Tu te doutes que tu dois toutes ces choses à Stiles, n'est-ce pas ?

_ Il semblerait en effet... Que veux-tu, ma mère m'a fait le plus beau des cadeaux en m'abandonnant aux mains de ces deux-là.

Peter en rit, toujours aussi nu, et bientôt surpris par un émissaire en colère. Aïe.


OoO


Erica avait soufflé ses bougies depuis un moment déjà. Ils étaient tous réunis là, pour fêter ses vingt-neuf ans. Elle était enceinte de cinq mois et commençait à ressentir des envies plus saugrenues les unes que les autres, faisant de la vie de Boyd, des montagnes russes. Par moments, comme des instants fugaces de lucidité, elle se morfondait sur la situation et se répandait en excuses plus confuses les unes que les autres. Mais heureusement pour Vernon, sa belle blonde contrairement à ce que tout le monde aurait pu penser ne faisait pas partie de la catégorie harpie sanguinaire. Généralement, elle débordait d'émotions, oui, mais la colère pointait rarement le bout de son nez. Il faut dire aussi que l'homme savait quelle corde faire jouer pour obtenir ce qu'il voulait de sa louve.

C'est avec un air canaille que les deux aînés des enfants de la meute, maintenant âgés de douze et neuf ans, s'approchèrent d'elle pour lui offrir une petite boîte assez large et peu épaisse. Intriguée, elle l'a prit en main et secoua légèrement. Du papier. La graphiste designer était piquée par la curiosité et l'air très fier des deux enfants lui fit redoubler son envie d'ouvrir le cadeau à la hâte. Quand elle découvrit ce que contenait la boîte, une larme d'émotion s'échappa.

_ On l'a fait tous les deux, expliqua la jeune fille de douze ans.

Erica feuilleta les pages de la BD reliée avec des lacets de cuir. Les dessins étaient précaires mais plutôt bien exécutés pour leurs jeunes âges. Les traits n'étaient pas droits, les dialogues dans les bulles parfois hachurés, mais elle la trouvait magnifique.

_ C'est toi, commenta Alice en l'aidant à tourner les pages. Tu vois, tu sauves un chaton, et là, c'est le moment où Vernon te découvre en train de te battre contre des super-vilains. Il tombe directement amoureux de toi et vous avez au moins une vingtaine d'animaux dans votre maison.

Mais Erica ne regardait plus les planches bariolées, son regard était fixé sur le garçon de neuf ans qui se perdait dans ses explications. Elle se dit que, oui vraiment, elle voulait pouvoir élever ses enfants dans cette meute et les abonder d'amour comme l'avaient été Félix et Alice. Ils devenaient de merveilleuses personnes à mesure que le temps passait. Elle n'en revenait pas du travail incroyable que Stiles et Derek avaient fait avec ces deux-là. Pourtant, ce n'était pas toujours gagné. Et quand elle voyait à quel point Kira encore enceinte jusqu'au cou pouvait rencontrer des difficultés avec les jumeaux, elle reconnaissait volontiers que les autres membres de la meute n'avaient pour ainsi dire que la meilleure partie du travail.

Boyd la prit dans ses bras tout en se penchant au-dessus de son épaule pour observer le cadeau des enfants. Elle reposa sa tête contre le torse de son homme chevaleresque. Heureusement qu'il habitaient dans ce manoir, car sinon, Erica savait que Boyd lui ramènerait tellement d'animaux abandonnés qu'elle ne saurait plus où donner de la tête. En contrepartie, ils se rendaient régulièrement à titre de bénévoles dans des refuges pour apporter un peu d'amour à ces êtres esseulés.

Elle sourit, elle n'avait pas vraiment peur pour son futur. Elle savait que tout le monde serait là pour l'aider et la soutenir. Parce que, ça avait toujours fonctionné de cette manière dans leur meute. Aux yeux des humains, cela pourrait paraître étrange qu'un groupe de personnes partage une gigantesque maison, n'hésite pas à mettre en commun toutes leurs dépenses pour leur communauté et se consulte toujours pour la moindre décision. Pour certains, ce mode de vie serait certainement sectaire, pour d'autres, une colocation tardive et particulière, mais pour elle, il n'y avait pas meilleure manière de vivre. Elle se sentait choyée, comprise et soutenue chaque jour passant. La vie avec Boyd était parfaite. Elle aimait vraiment cet homme, ces enfants, cette maison, cette meute, cette vie tout simplement.


OoO


Allison était en train de ranger les courses dans le caddie, aidée par Félix tandis qu'Alice gardait l'attention des jumeaux portée sur sa personne. Jackson était resté au manoir, c'était la sieste de Timéo, Yuki et Victoire. Félix avait demandé à l'accompagner parce qu'elle sentait que ses premières règles ne tarderaient pas à pointer le bout de leur nez. Contrairement à ce qu'elle avait pensé, la jeune fille de treize ans avait absolument souhaité prendre une coupe menstruelle. L'adolescente lui avait alors expliqué par le menu, en quoi, ce mode de protection était plus hygiénique à tout point de vue. Et que, vraiment, quand on est un loup, on ne s'émeut pas devant un peu de sang. Ce qui, bien sûr, avait fait partir Alice dans un fou rire incontrôlable en voyant la tête de la chasseuse. Elle s'était senti un peu bête en plein milieu du rayonnage et regrettait presque le barreau qu'elle avait quitté quelques heures plus tôt, complètement soulagée de pouvoir retrouver sa fille.

Finissant de disposer les dernière denrées dans le caddie, elle regardait les deux enfants de trois ans captivés par le tour de magie d'Alice effectué pour les calmer. Ils avaient failli se transformer en plein milieu du supermarché parce que l'enfant de dix ans leur avait fait peur en arrivant soudainement derrière eux. A partir de ce moment, Félix avait décrété que ça devenait le problème de son frère. Il était donc en charge de s'assurer que les deux bambins resteraient sages. Chose non aisée, quand on savait à quel point ces deux fripons étaient de vrais piles électriques. Contrairement à leur sœur, impossible de les faire dormir en journée sous peine de voir la nuit écourtée brutalement. Jackson et Allison n'avaient pas ce problème avec Victoire et du peu qu'il en savait, Erica et Boyd s'en sortait plutôt bien avec Timéo. Dans ces moment-là, la chasseuse se sentait vraiment désolée pour la renarde. Mais qui était assez bête pour remettre le couvert, tout de suite après un accouchement sans contraception ? C'était la première chose qu'on leur enseignait à la maternité.

Elle était presque sûre que Scott était responsable de ce désastre. Après tout, il ne pouvait pas jouer au innocent quand il entamait sa dernière année d'internat pour sa spécialisation. Quel foutu pédiatre ferait ça ? A croire que sa mésaventure avec Alice lui avait donné envie de prouver à la terre entière que cette femme était sienne.

_ Vous devriez surveiller un peu plus vos enfants, on ne sait pas ce qui peut arriver.

Allison sortit de ses songes, troublée par ce commentaire inopportun. Elle tourna la tête pour rencontrer le regard dédaigneux d'une sexagénaire aigrie et marquée par l'âge. La vieille femme toisait les enfants, l'œil mauvais. La chasseuse, particulièrement irritée d'autant que les enfants étaient tous scrupuleusement sages et ordonnés près du chariot croisa les bras et gonfla légèrement la poitrine pour se donner de la hauteur de manière tout à fait inconsciente. Son interlocutrice eut un petit rictus fort désagréable en la voyant faire.

_ Ne le prenez pas mal, après tout ce n'est jamais facile d'en élever autant, de pères différents et qui plus est, seule.

_ Oh, mais Allison n'est pas seule, intervint Alice. Jackson est resté à la maison pour surveiller les plus jeunes et n'ayez pas peur madame, nous ne sommes pas ses enfants, la sienne dort sous bonne garde, surveillée par son père. En revanche, elle a eu la gentillesse et la présence d'esprit de nous emmener avec elle pour que nous puissions profiter du beau temps. Nous n'avons pas eu un soleil aussi radieux depuis, trois mois je crois, nous n'en pouvions plus. Comme vous pouvez le voir, nous sommes une très grande famille et personne ne laisse qui que ce soit derrière lui. Nous ne voudrions pas que nos parents, passé soixante ans, se retrouvent livrés à eux-même, qu'en pensez-vous ? Je suis presque certain que si nous leur infligions une telle punition, ils deviendraient méchants et mesquins. Quoique je ne m'en fasse pas, ils s'aiment tellement que je suis sûr, qu'à cet âge encore, ils passeront leurs temps enfermés dans leur chambre dès qu'ils en auront l'occasion. C'est vraiment beau de s'aimer à ce point. Mais vous connaissez ça, n'est-ce pas ?

La mégère se retrouva penaude devant le jeune garçon, fort de ses convictions et de sa verve qu'il n'avait pas oublié dans sa poche. Elle bégaya une réponse chevrotante et incompréhensible, incapable de trouver ses mots face à autant d'impertinence déguisée sous tant de politesse et de vérité.

_ Remarquez, ce n'est pas toujours évident de trouver chaussure à son pied. Mais dans la famille, nous avons une sorte de don incroyable pour trouver la personne qui nous correspond le mieux, sans parler du fait que nous nous entendons tous bien. Bien sûr, il nous arrive de nous disputer, nous sommes plus de vingt dans une grande maison et la famille va encore s'agrandir. Mais nous avons appris à dialoguer en toute sérénité et ouverture d'esprit. Mon père est un génie que voulez-vous. Il arrive toujours à trouver les mots pour apaiser les tensions entre nous. Et vous voulez savoir le plus beau ? C'est que malgré le fait que tous les adultes aient des professions très prenantes, ils prennent toujours de leur temps pour nous apporter de l'attention. Nous n'aurions pas pu rêver meilleure famille, vraiment. Mais je ne vais pas vous retarder davantage, nous avons encore énormément de choses à faire et je suppose que vous avez un groupe senior quelconque à rejoindre pour leur raconter vos péripéties du jour. Fabuleux. Au revoir madame.

Il retourna près du caddie, l'empoigna et le poussa avec une nonchalance non feinte. La commère se retrouva totalement hébété devant ses courses alors que la caissière essayait de lui faire remarquer qu'elle dérangeait les autres clients à rester plantée sans payer. Une fois éloignés de quelques mètres, Félix et Allison laissèrent libre cours à leur hilarité tandis qu'Alice les regardait, espiègle et fier de lui. Il n'était pas né, celui qui réussirait à mettre la discorde au sein de cette meute.

_ Malia a raison, Alice, tu es un super-héros, comme ton père, lâcha la chasseuse en essuyant les petite larmes qui commençaient à perler aux coins de ses yeux à force de rire. Merci.

Le garçon piqua un fard soudain et le rire de sa sœur redoubla alors qu'elle le prenait dans ses bras pour une étreinte attendrie et taquine.


OoO


Isaac était sorti de son bureau pour se prendre un en-cas. Il venait de finir son chapitre, qu'il avait envoyé à son éditeur alors, il se permettait un moment de détente pour décompresser un peu. Il regarda l'horloge, Malia ne tarderait pas à rentrer du travail. Il était content parce qu'elle soit moins prise par ses obligations professionnelles depuis que Lou était dans leurs vies. Il n'était pas contre l'idée d'en avoir un deuxième et même un troisième, d'ailleurs. Ce n'est pas comme s'ils manquaient de moyens.

Ce fut le moment que choisit Félix pour débarquer dans la cuisine, l'adolescente rentrait tout juste du lycée. Elle jeta presque son sac sur l'îlot central avant de prendre un siège pour s'affaler à moitié sur la table. Elle finit tout de même par se redresser, soudain consciente de la présence de l'adulte et très intéressée par son inactivité. Isaac se figea. Il connaissait ce regard, ça n'augurait rien de bon pour lui.

_ Isaac, j'ai un service à te demander.

L'adulte se détendit légèrement, au moins l'adolescente était frontale. Il pouvait encore espérer pouvoir échapper à ses petits plans farfelus.

_ Je t'écoute, répondit-il prudemment en prenant une gorgée de son café.

_ Je voudrais que tu m'apprennes à faire fellation.

Le loup s'étouffa, avalant de travers et toussa à outrance.

_ Quoi ? cria-t-il abasourdi.

_ Et bien tu sais, un pénis, ma bouche, je veux apprendre. Je sais qu'il y a des techniques, expliqua la jeune femme en toute simplicité.

_ Et je peux savoir pourquoi tu t'es dit que c'est à moi que tu demanderais ça ? demanda Isaac toujours pantois.

_ Et bien, c'est simple, je ne peux pas en parler à mon père ou Stiles pour des raisons qui me paraissent évidentes. Peter se servirait de ça contre moi et je subirais son chantage jusqu'à la fin des temps. Scott est clairement trop prude. Vernon est trop, comment dire, je ne sais pas, mais ça briserait l'image que j'ai de lui, tu vois. Jackson, je l'aime beaucoup, mais je suis presque sûre qu'il en parle trop pour que ça ne cache pas quelque chose. Et il y a toi. Tu es écrivain alors tu as l'esprit plus ouvert que les autres. Ce qui offre une infinité de possibilités. Sans parler du fait que tu es avec Malia. Malia est le genre de femme à aimer découvrir toutes sortes de choses et de pratiques, tu ne dois pas t'ennuyer avec elle et je suis persuadée que si elle est restée si longtemps avec toi, c'est que tu la contentes amplement. Oh et j'oubliais, il est de notoriété publique que ce sont ceux qui possèdent des pénis dans la moyenne qui savent le mieux s'en servir.

Isaac s'était assis, il se sentait défaillir.

_ Mais enfin Félix, qu'est-ce qui te fait penser que j'accepterais ? Comme tu l'as si bien dit, je suis avec Malia et je suis très heureux comme ça pour ne pas rompre ce que j'ai eu du mal à obtenir, j'ai appris de mes erreurs vois-tu et je ne compte pas en faire une autre, juste, parce que tu veux apprendre. Et, bref, je me doute bien que c'est parce que tu as un petit copain que tu me demandes ça, après tout, tu as dix-sept ans, mais tu ne crois pas que c'est avec lui que tu dois expérimenter ces choses-là, avec une personne que tu aimes ?

_ Ne dis pas de bêtises Isaac, Malia ne t'en voudra pas pour ça et si je viens vers toi, c'est bien parce que je ne veux pas apprendre avec un novice comme moi, tu imagines le désastre ?

_ Oh crois-moi, Malia n'apprécierait pas du tout de me trouver en train de t'apprendre à faire une fellation.

_ Je ne comprends pas ce qu'il y a de mal là-dedans, rétorqua Félix confuse.

_ Et bien aussi étrange que cela puisse paraître à une petite tête comme toi, nous sommes très exclusifs et fidèles l'un à l'autre. Personne n'a partagé notre lit. Sans parler du fait que je me ferais décapiter par ton père et Stiles s'il me prenait l'idée de te toucher, expliqua l'adulte éberlué, à la limite de l'apoplexie.

_ Mais Isaac ? De quoi tu parles ? Je veux juste que tu me donnes des conseils, s'insurgea la jolie métisse.

_ Ho, souffla l'adulte soulagé.

_ Est-ce, Est-ce que tu as cru, tu as cru que je voulais pratiquer avec toi ? interrogea la jeune femme en se retenant visiblement de rire.

_ Ne te moque pas, ta manière de me le demander était très confuse, grogna Isaac vexé.

Félix n'en put plus et laissa libre cours à sa moquerie. La bonne humeur emplissant la pièce, l'adulte sourit de la voir se tordre de rire sur le meuble de la cuisine. Alice qui venait de rentrer se dirigea dans la pièce pour aller à leur rencontre, interpellé par l'hilarité de sa sœur.

_ Que se passe-t-il ? demanda-t-il, un sourire au lèvres. L'éclat dans la voix de Félix avait cet effet-là sur tout le monde.

_ Rien qui ne te concerne, loupiot de mon cœur, badina sa sœur après s'être calmée.

_ Oh allez !

_ Un jour, je te raconterai, promit-elle devant sa bouille de chiot abandonné.

Alice avait un charme animal dont il savait jouer. Bien qu'il ne l'utilisait clairement pas de la même façon avec la meute qu'avec les badauds, il n'en restait pas moins irrésistible.

_ Isaac, tu es d'accord alors ? reprit Félix qui ne voulait pas lâcher le morceau, mais devant l'incertitude de son aîné, elle rajouta. Je prendrai un calepin et un crayon, et si tu veux, j'attendrai même que Malia soit rentrée pour que vous le fassiez tous les deux. Promis, pas de pratique, finit-elle avec un clin d'œil taquin.

_ D'accord, répondit Isaac, vaincu.

Ces enfants étaient diaboliques, mais ils savaient comment se faire aimer.

A n'en pas douter.

FIN (Pour de vrai cette fois)


Une page qui se tourne la fin d'un sucre d'orge, bref

J'espère que vous êtes repus mes loups car je m'arrête ici pour celle-ci.

A bientôt pour de nouvelles aventures!


RAR

Guest Une magnifique fiction où j'ai pris plaisir à la lire... J'apprécie de fictions en fictions ton écriture...bonne continuation dans ta créativité...merci pour ce don...

Je... Wouah! Je ne sais pas quoi dire d'autre que... Merci. Je me suis retrouvée toute bête devant mon écran en lisant ta review. Je ne sais pas si je mérite ce compliment mais ça me va droit au cœur.