Bonjour tout le monde ! Voila le nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira !
Merci pour vos reviews !
Pour celles à qui je n'ai pas pu répondre par MP : Flopy69 : merci beaucoup pour ta review ! Contente que tu ais aimé, la Birmanie flotte toujours dans la tête de Bella mais en Amérique il y a Edward... j'espère que la suite te plaira ! Lydvynn : merci pour ta review ! Tu te demandes ce qui est arrivé à Edward ? C'est vrai qu'il était un peu passif dans le dernier chapitre, mais il ne veut pas brusquer Bella ! Soraya : Merci pour ta review ! Contente que tu ais aimé ! C'est vrai qu'on a connu des retrouvailles plus fougueuses entre eux ! Mais les doutes de Bella planent toujours quelque part ! J'epsère que la suite te plaira ! Vanina63 : merci beaucoup pour ta review ! Tu as bien senti les doutes qui planent dans la tête de Bella, mais au moins elle a déjà fait le premier pas... A bientôt ! Nini33 : Merci pour ta review ! Contente que tu ais aimé le dernier chapitre, j'espère que tu aimeras autant le suivant ! Nodame : Merci beaucoup pour ta review ! Tu résumes très bien les doutes de Bella, toutes ses craintes qui rendent son séjour en Amérique si difficile ! J'espère que la suite te plaira ! Guest : merci et à bientôt ! Virgini : merci beaucoup d'avoir laisser des reviews ! C'est très agréable d'avoir ton avis ! J'espère alors pouvoir continuer à te faire rêver un peu avec cette histoire ! J'attends tes impressions sur la suite avec impatience ! Merci de me lire et à bientôt !
Merci aussi à Space Bound Rocket et à ma beta LyraParleOr ! Sans elles vous n'auriez pas eu le chapitre si « vite » !
Pov E
C'était une belle matinée d'automne, fraîche et ensoleillée. Les vagues violentes s'écrasaient sur le récif en laissant derrière elles une traîne d'écume. Les embruns marins chargés de senteurs d'iode me brûlaient les bronches, je me concentrais sur ma respiration alors que j'achevais ma course le long de la plage déserte. A peine un kilomètre à parcourir encore... de là où je me trouvais je pouvais déjà percevoir la maison perchée sur la falaise. Pour la première fois peut-être depuis que j'y habitais je me surpris à la regarder presque avec tendresse, j'avais hâte d'emprunter le petit chemin escarpé qui y menait.
Le vent était frais et pourtant je sentais dans tout mon corps une vive chaleur, mes genoux protestaient douloureusement contre cet effort auquel ils n'étaient plus très habitués, il fallait bien avouer que j'avais eu tendance à me négliger aux cours des dernières semaines.
Tous mes muscles étaient tendus et aucun doute que demain ils seraient douloureux mais pour le moment je me sentais incroyablement bien, vivant... je savourais la sensation grisante que les endorphines diffusaient dans tout mon être. Et pour la première fois depuis bien longtemps je me sentais léger, mon cœur était gonflé de bonheur.
Elle était là... couchée dans ce grand lit où je lui avais fait l'amour la veille encore.
Bella m'avait rejoint en Amérique, elle avait fait ce sacrifice pour moi et cela me remplissait d'une joie immense. J'étais heureux! Plus heureux que je ne l'avais été depuis de trop nombreuses années, l'avenir ne ressemblait plus à un essaim de nuages, le lendemain m'apparaissait clair et doux, elle était là... Pour combien de temps, je l'ignorais, mais elle avait pu faire ce chemin une fois, rien ne l'empêcherait désormais de le refaire encore.
Je nourrissais le secret espoir qu'elle ne reparte jamais, qu'elle reste à mes côtés et qu'elle continue à emplir de chaleur cette immense maison glaciale comme elle réchauffait mon cœur. Mais c'était un souhait bien optimiste auquel j'évitais de trop m'accrocher, comme un rêve qui s'évanouit le jour où on le formule à voix haute, pour ne pas briser le charme je n'osais même pas l'effleurer en pensée.
Quelques mètres encore... j'allongeais les foulées, pressé de rentrer et de la retrouver. Elle était si belle lorsque je l'avais quittée ce matin. Longtemps j'étais resté à la regarder dormir. Ses traits semblaient si apaisés. Elle paraissait si frêle et douce ainsi, son épaisse chevelure brune répandue sur l'oreiller, les paupières closes sur ses rêves, ses lèvres délicates, roses et pleines entrouvertes pour laisser passer un mince souffle d'air. J'avais tellement eu envie de poser mes lèvres sur les siennes, de l'embrasser doucement et de presser au creux de mes bras son corps chaud tout alangui de sommeil.
C'est l'odeur acidulée et réconfortante du café qui m'accueillit dans la maison. A la hâte je quittai mes baskets qui volèrent à travers l'entrée et j'attrapai la serviette que j'avais posée sur un meuble avant de partir pour éponger la sueur qui coulait de mon front. Je ne rêvais maintenant qu'une bonne douche chaude et un petit déjeuner aussi, j'étais parti à jeun, préférant attendre le réveil de Bella pour déjeuner en sa compagnie.
D'ailleurs celle-ci devait être réveillée d'après les bruits qui me parvenaient de la cuisine.
En allant la rejoindre je me figeai dans l'encadrement de la porte pour l'admirer. De dos devant le plan de travail elle ne m'avait pas vu arriver. Ses cheveux négligemment remontés dégageaient sa nuque, elle avait enfilé mon vieux sweat qui traînait dans la chambre. Je la détaillais des pieds à la tête d'un regard gourmand et appréciateur, ne pouvant détacher les yeux de ses longues et fines jambes nues. Le sweat descendait à peine en bas de ses fesses.
Sur la table derrière elle trônait une pile de pancakes encore fumants. Bella s'activait sur le nettoyage de la cuisine. La voir évoluer avec tant d'aise dans ma maison fît naître dans mon ventre une délicieuse sensation de chaleur et de réconfort, cela semblait si normal de la voir là... Qui aurait pu croire que cette femme était une américaine exilée qui avait tout oublié de son pays natal? Qui aurait pu imaginer que dans quelques temps elle reprendrait un avion qui l'emporterait au loin, là-bas, au cœur de l'Asie où elle se sentait à sa place comme nulle part ailleurs? J'avais beau me nourrir de rêves et d'espoirs, je savais que son séjour ici ne serait pas éternel, en dépit de tout ce que notre relation pouvait lui apporter, en dépit du bonheur que nous éprouvions ensemble, elle repartirait, indubitablement, ma sauvage Bella ne se laisserait pas ainsi apprivoiser.
Je secouai la tête pour faire taire ces pensées qui gâchaient la vision délicieuse qu'elle m'offrait en déambulant uniquement habillée de mes vêtements.
Je m'approchai finalement d'elle et enlaçai sa taille tout en embrassant le sommet de sa tête.
"-Bonjour toi!"
"-Hey! Je me demandais où tu étais passé!" Elle se retourna et je pus enfin l'embrasser comme j'en mourais d'envie depuis mon réveil. C'est le besoin d'oxygène qui mit fin au baiser, je crois que j'aurais pu dévorer ses lèvres de longues minutes encore.
"-J'étais parti courir."
"-Oui je vois ça... tu es tout collant!"Elle fronça son petit nez dans une grimace absolument craquante. Finalement le fait que je sois "tout collant" ne sembla pas la dégoutter tant que ça puisqu'elle se blottit dans mes bras.
"-Tu dormais tellement bien que je n'ai pas voulu te réveiller!"
"-Oh tu aurais pu! De toute façon il aurait été hors de question que je viennes courir avec toi!"
"-Ah oui? Paresseuse Bella?"
"-Non mais je n'ai aucune tendance masochiste... La course à pieds dès le matin... Très peu pour moi! J'espère que tu n'as pas déjeuné!"
"-Non je t'attendais!"
Elle s'échappa de mes bras pour prendre deux tasses dans un placard. Elle agissait avec un naturel déconcertant, comme si elle connaissait la maison depuis toujours. Et pourtant je savais qu'elle ne s'y sentait pas bien... Je pouvais aisément comprendre ça, cette maison n'avait rien d'un foyer pour moi non plus.
"-Tu as abandonné les chemises pour le sweat?"
"-Avec ce froid polaire j'ai pas vraiment eu le choix!"
Elle me tendit une tasse de café d'une main et l'assiette de pancakes de l'autre et elle s'assit sur le comptoir de la cuisine pour boire son café brûlant comme s'il n'était pas plus chaud qu'un jus de fruit glacé.
"-Tu manges pas?"
"-Tu sais ces trucs-là je préfère les préparer que les manger! Beaucoup trop gras j'ai plus l'habitude!"
"-Pourquoi en as tu fais autant si tu n'en manges pas?"
"-Je suis sûr que tu dois être affamé! Et j'ai besoin de toi en forme!"
"-Ah oui? tu as prévu des activités particulières?"
"-Hum peut-être bien..." Elle mordillait sa lèvre inférieure dans une moue faussement timide mais son regard pétillait de malice.
J'avalai au moins cinq de ses délicieux pancakes, même ma mère n'en faisait pas de si bons, jusqu'à être bien certain de ne rien pouvoir avaler avant le soir.
Bella semblait perdue dans ses pensées. Un rayon de soleil jouait dans ses cheveux, le sweat trois fois trop grand pour elle cachait ses courbes délicieuses et pourtant elle était tellement belle... sa simplicité décuplait sa troublante sensualité. Ce matin, assise sur l'îlot central de ma cuisine c'était la Bella fragile... celle qu'on voyait rarement, celle qui ne m'était jamais apparue au Laos et que je découvrais un peu plus chaque jour depuis son retour en Amérique. Parfois lorsqu'elle était ainsi perdue dans ses pensées elle ressemblait à la Bella adolescente qu'elle avait dû être, un peu timide, fragile et effacée.
Incapable de rester loin d'elle trop longtemps je me glissai entre ses jambes et enlaçai sa taille.
"-Merci pour ce délicieux petit déjeuner!" Je posai un baiser sur ses lèvres, puis un autre, un autre encore en traçant un chemin jusqu'à son cou où je restai longtemps à m'enivrer de son parfum.
"-Tu ne m'avais pas parlé de faire des activités ou quelque chose comme ça?"
"-Hum si je crois... Mais avant va prendre une douche!" Alors que j'allais encore une fois embrasser sa bouche bien trop tentante elle descendit du comptoir et s'échappa de mon étreinte.
Finalement nous prîmes une douche ensemble avant de nous glisser de nouveau dans le lit où nous passions définitivement beaucoup de temps depuis l'arrivée de Bella! C'était comme si nous ne pouvions nous rassasier de faire l'amour, comme si nos corps voulaient emmagasiner le maximum de sensations avant de peut-être être de nouveau séparés.
Depuis combien de temps m'étais-je assoupi? Je n'aurais su le dire mais c'est la caresse douce et légère d'une main sur ma joue qui me tira du sommeil.
Le soleil du matin n'était plus qu'un souvenir, il faisait si sombre qu'on se serait cru au crépuscule et pourtant il devait être quatorze heures ou à peine plus, la pluie qui martelait les vitres nous berçait de sa monotone mélodie.
Bella était nichée contre moi, sa main caressait doucement mon visage, elle me regardait en souriant tendrement. Il y avait quelque chose de très doux mais aussi d'un peu triste dans son sourire. J'attrapai sa main et la portai à ma bouche pour embrasser chacun de ses doigts. Mes gestes étaient dégoulinants de romantisme, ce qui ne me ressemblait absolument pas, mais j'avais toujours envie de la combler de douceur et de tendresse.
Je m'étirai paresseusement, je n'avais pas l'habitude de dormir autant mais sentir le contact doux et frais des draps sur ma peau et le corps nu et brûlant de Bella contre moi me donnait envie de rester dans ce lit pour toujours.
L'atmosphère semblait lourde et étouffée, comme si elle aussi était endormie. Je laissai glisser mes doigts le long de l'épine dorsale de Bella qui était maintenant à moitié allongée sur moi. Je posai un baiser dans son cou, respirai son parfum dans ses cheveux. Dans la pénombre sa peau d'ivoire semblait tellement douce que je ne pouvais résister à l'envie de la toucher, de l'effleurer et d'apprécier son contact soyeux sous mes doigts.
Quelques courbatures se faisaient sentir dans mes muscles, je ne savais si elles étaient dues à ma course du matin ou à mes ébats avec Bella mais j'aimais la sensation de tiraillement qu'elles me procuraient, une sensation qui me faisait me sentir tellement vivant.
Le calme régnait dans la chambre, à peine troublé par nos respirations et le délicat froissement des draps sur nos corps étendus. Le ploc régulier et monotone de la pluie ne s'était pas tu, parfois un souffle de vent s'engouffrait dans la charpente, c'était comme si la maison respirait elle aussi. Je me concentrais sur tous ces petits bruits familiers qu'on ne pouvait vraiment entendre que dans ces moments de latence entre veille et sommeil. Le bruit d'un tuyau, le grincement d'un plancher, et dehors le murmure lointain du vent dans les arbres.
"-Si j'avais su qu'on passerait autant de temps au lit je serais venue bien plus tôt!"
"-Si tu veux on peut mêmene jamais le quitter..." En disant cela je nous fis basculer jusqu'à ce que mon corps surplombe le sien. Elle mordillait sa lèvre inférieure d'une façon coquine et instantanément j'eus envie d'elle de nouveau. Lorsqu'il s'agissait de Bella j'étais insatiable. Si nous continuions ainsi il était clair que nous ne quitterons jamais ce lit!
"-Hum on pourrait..."
Ses mains crochetèrent ma nuque et elle m'attira à elle pour un baiser brûlant et passionné.
Après ses lèvres j'embrassai ses joues, son cou, la vallée de ses seins jusqu'à son ventre... De ma bouche je traçai un chemin jusqu'à son intimité qui était déjà humide et prête pour moi.
Un long gémissement s'échappa de ses lèvres lorsque je l'embrassai là où elle brûlait de désir. Doucement je déposai mes lèvres sur son clitoris gonflé et léchai doucement son intimité chaude et mouillée.
Ses mains se perdaient sur ma nuque, elle caressait mes cheveux, les tiraient parfois pour me rapprocher d'elle alors que son corps commençait à se convulser de plaisir. Alors que je sentais son orgasme approcher je m'éloignai de son centre brûlant et fis le chemin inverse en parsemant sa peau de baisers.
Elle se tortillait sous moi, frustrée que je l'aie privée de son orgasme alors sans la faire languir davantage je la pénétrai en poussant une longue complainte de plaisir qui répondait à la sienne.
Nos corps se mouvaient ensemble, d'abord doucement, je profitais pleinement de la sensation d'être en elle, de sa chaleur, se sa moiteur. Les pointes de ses seins frottaient contre mon torse, ses hanches allaient à la rencontre des miennes, mais à chaque seconde mes mouvements se faisaient plus frénétiques, plus incontrôlables, plus violents aussi. Je venais cueillir sur ses lèvres son souffle précipité alors que je sentais son intimité se resserrer autour de moi. Son orgasme irradia chaque cellule de son être, raidissant ses muscles, bloquant son souffle et je ne tardai pas à la rejoindre dans le plaisir.
C'est à bout de souffle que je m'effondrai sur l'oreiller en attirant Bella contre mon torse.
Nous restâmes de longues minutes à nous câliner dans la chaleur du lit. La pluie continuait de tomber dehors, sa mélodie apportait une étonnante sensation de réconfort alors que nous étions blottis l'un contre l'autre, calmes, apaisés, heureux... du moins moi je l'étais, et j'espérais que Bella aussi ressentait cet apaisement et ce bonheur au creux de mes bras.
"-Tu as envie de sortir cet aprèm? On pourrait aller faire un tour en ville, on n'y est pas encore allés!"
"-Heu si tu veux... oui pourquoi pas." Je ne la sentais pas particulièrement emballée par cette perspective mais elle ne l'avait pas refusée. Et si je voulais qu'elle se réaclimate à l'Amérique et que peut-être un jour elle envisage un retour définitif. Ça me semblait plutôt une bonne idée de la sortir un peu de la maison où je faisais tout pour la surprotéger et pour qu'elle oublie où elle se trouvait en réalité.
Nous nous décidâmes finalement pour une sortie au centre commercial où Bella voulait en profiter pour acheter quelques vêtements un peu plus chauds que ceux qu'elle avait emportés, elle semblait grelotter en permanence depuis son arrivée.
Young a heart de Joss Stone résonnait dans l'habitacle de la voiture. Bella fredonnait doucement mais à mesure que les tours de la ville se rapprochaient elle semblait se raidir sur son siège, son humeur s'assombrissait à chaque kilomètre avalé. Elle était crispée et sa voix qui n'était maintenant plus qu'un murmure finit par se taire complètement. Un peu anxieux je la regardais se mordiller les lèvres alors que son regard se perdait dans le paysage urbain qui se rapprochait de plus en plus. Sa poitrine se soulevait à un rythme trop rapide, un instant je me demandai si elle n'était en train de faire une crise de panique.
Je posai ma main sur la sienne et m'appliquai à caresser ses doigts crispés comme si je voulais en dénouer les nœuds. Elle tourna vers moi son visage et m'adressa un petit sourire, ses yeux brillaient d'une façon anormale. Elle était terriblement anxieuse.
"-Ça va?"
"-Hum hum... je crois que j'avais un peu oublié où j'étais en fait... enfermée dans la maison c'est plus facile de croire que je suis loin d'ici!"
J'avais envie de lui demander pourquoi elle était revenue en Amérique si cela lui coûtait à ce point. J'avais du mal à imaginer dans quel état de stress et de panique elle avait dû faire le voyage, et je me sentais incroyablement privilégié qu'elle l'ait fait pour moi. Mais ça me semblait être un sacrifice tellement énorme pour elle que je ne comprenais pas bien pourquoi sa décision avait été si soudaine, pourquoi elle n'avait pas pris le temps de m'en parler avant... J'étais très heureux qu'elle soit là avec moi, mais je n'étais pas certain de mériter tous les efforts qu'elle avait fait pour me retrouver. Peut-être aussi qu'elle avait voulu se prouver à elle-même qu'elle pouvait le faire, ce qui expliquait pourquoi son départ avait été si soudain, j'avais un peu la sensation qu'elle était partie sur un coup de tête, sans mesurer vraiment les efforts que cela lui demanderait. Une fois encore elle avait voulu mettre à l'épreuve sa force, cette force qui semblait s'être totalement évanouie alors qu'elle se recroquevillait sur son siège. Il ne restait plus que la fragile et frêle Bella, celle que j'avais envie de prendre dans mes bras, de réchauffer et de protéger, parce que cette Bella-là paraissait plus fragile qu'une poupée de porcelaine.
Je gardai pour moi mes questionnements et accentuai mes caresses sur sa main, comme pour lui dire que j'étais là et que je ne l'abandonnerai pas.
On était samedi et comme tous les samedis les allées du centre commercial étaient pleines de monde. Des enfants qui criaient accompagnés de leurs mères qui criaient encore plus fort pour éviter qu'ils ne se dispersent de tous les côtés. Des groupes d'adolescentes surexcitées, des couples qui marchaient main dans la main. Je tenais Bella par la taille, elle tentait de faire bonne figure mais le sourire qu'elle avait plaqué sur ses lèvres ne trompait pas, il n'avait rien de naturel ni de joyeux. Elle semblait un peu effrayée, comme une biche prise dans les phares d'une voiture, comme si elle ne connaissait pas toute cette agitation et que cela lui faisait peur. Elle jetait des regards frénétiques partout autour d'elle. A la voir évoluer dans ce monde bruyant qui avait été le sien il n'y avait pas si longtemps je mesurais le fossé qui séparait maintenant Bella de l'Occident!
Malgré l'agitation que je sentais en elle, elle se prêta au jeu et nous passâmes un après-midi plutôt agréable. Je lui achetai quelques vêtements, je refusai catégoriquement qu'elle paye ses achats malgré ses protestations, après tout si elle était ici dans le froid c'était de ma faute, c'était bien le moins que je puisse faire.
Avant de rentrer nous allâmes prendre un café en ville.
"-Mon dieu que ça fait du bien un peu de chaleur!" Elle collait ses mains sur sa tasse fumante. J'aimais voir le sourire qui fleurissait sur ses lèvres, il était naturel et joyeux celui-ci! Elle semblait plus calme loin du bruit.
"-Il ne fait pas si froid quand même! Si?"
"-Tu rigoles? Je vais mourir congelée avant la fin de la journée! Je te rappelle que je suis plus habituée à la chaleur moite de la jungle et je débarque ici en plein hiver! A Seattle en plus!"
"-Alors ne tardons pas trop à rentrer!"
Pov B
Lorsque nous passâmes la porte de la maison d'Edward j'eus instantanément la sensation de mieux respirer. La tension qui m'habitait depuis notre départ commençait à refluer par vagues. Mais à mesure qu'elle quittait mon corps je sentais l'épuisement me gagner. Cette sortie avait été pour moi très éprouvante, bien plus que ce que j'aurais cru. J'avais essayé de sourire pour faire plaisir à Edward qui semblait heureux de se promener avec moi mais l'angoisse ne m'avait pas quittée une seule seconde. C'était comme si j'avais été plongée dans un monde hostile, et finalement c'était bien le cas. Non seulement plus rien ne me ressemblait ici mais tout me mettait extrêmement mal à l'aise, le bruit, l'agitation, tout cela mettait mes nerfs à rude épreuve. Dans chaque vitrine j'avais eu la sensation de voir mon reflet déformé, de voir le reflet de celle que j'étais quatre ans auparavant. Cette fille fragile et malheureuse dont les yeux brillaient de désillusion. En voyant mon reflet dans les vitrines colorées des magasins tout le poids que je portais autrefois sur mes épaules me retombait instantanément dessus, je me sentais lasse à nouveau, et prisonnière... Mon cœur s'agitait et l'angoisse me gagnait, c'était comme sentir un piège se refermer lentement et inexorablement sur moi. Et sans la présence d'Edward à mes côtés je n'aurais pas eu la force d'affronter ce reflet qui me ramenait dans le passé, j'aurais fui à toutes jambes sans me retourner.
Le passé est quelque chose de redoutable qui ne lâche jamais vraiment prise, quel que soit le nombre de kilomètres qu'on peut faire pour s'en séparer il suffit d'un détail pour le raviver, une infime sensation pour faire renaître les souvenirs désagréables qu'on croyait oubliés, et l'angoisse devient plus forte encore.
Le mécanisme de la fuite si souvent utilisé au cours des dernières années s'était déclenché cet après-midi et j'avais dû faire appel à des trésors de volonté inconnus pour ne pas répondre à son appel, alors lorsque nous rentrâmes dans cette maison glaciale j'eus presque la sensation de retrouver un foyer.
La soirée n'était pas encore très avancée mais nous décidâmes de dîner tôt. Je cuisinais en compagnie d'Edward et mon humeur maussade s'évanouit très vite. L'atmosphère redevint légère et agréable.
Il ne m'avait pas menti sur ses piètres talents de cuisinier, le désastre était encore plus grand que ce que j'avais imaginé mais néanmoins nous réussîmes à préparer un repas mangeable.
"-Tu veux regarder un film après?"
"-Oui c'est une bonne idée! Ça fait des années que ça m'est pas arrivé!" Il répondit à mon exaltation par un sourire en coin terriblement sexy qui me fit presque regretter d'avoir accepté sa proposition, nous aurions pu occuper cette soirée d'une autre façon... un simple sourire faisait naître mon envie de lui!
"-Une idée de film?"
"-Aucune! Choisis! Tant que ce n'est pas une comédie romantique ou un autre truc dégoulinant tu peux mettre ce que tu veux!"
Nous étions de retour dans la chambre qui baignait dans la lumière douce et réconfortante des lampes de chevet.
Sur la baie vitrée se miraient nos reflets, une version de nous évanescente et légère, comme des ombres chinoises un peu floues.
Je me glissai entre les draps frais où Edward ne tarda pas à me rejoindre. Il se colla dans mon dos et me serra dans ses bras.
Il me fallut plusieurs minutes pour réussir à penser à autre chose qu'à sa main brûlante glissée sous mon pull qui courrait sur mon ventre.
Edward s'était mis à l'aise, torse nu et je n'avais qu'une envie c'était d'enlever mon pull moi aussi pour sentir sa peau contre la mienne.
Son parfum viril et suave, mélange de tabac, d'ambre avec une petite note fraîche et poivrée flottait tout autour de moi, je nichai mon visage contre son cou pour m'en imprégner un peu plus.
J'étais entièrement concentrée sur le corps d'Edward derrière moi. Hyper consciente du moindre petit frémissement d'air quand il bougeait, je me focalisais sur son souffle qui balayait mon cou, sur son ventre chaud qui se contractait sous la caresse de mes doigts aventureux. Je m'amusais à tracer du bout des doigts la ligne de poils qui courait sous son nombril, je me délectais du dessin parfait de ses muscles. Son pouce effleurait mon ventre, traçant des cercles qui faisaient naître dans mon ventre comme une envolée de papillons, une sensation de légèreté et d'excitation. Je me sentais presque fébrile sous ses caresses, une tension nerveuse délicieuse courrait dans chacun de mes muscles. D'infimes décharges et picotements électriques innervaient chacune de mes cellules.
Je soupirais d'aise, j'étais tellement bien et heureuse au creux de ses bras. Je me sentais protégée, en sécurité, comme si près de lui jamais rien de mal ne pouvait m'arriver.
Le film dura près de deux heures mais je ne captais rien d'autre qu'une succession d'images et de dialogues insipides, j'étais perdue, ailleurs, dans un endroit chaud et douillet où rien d'autre ne comptait que le corps d'Edward pressé contre moi.
"-Tu as aimé?" Le générique de fin défilait sur l'écran.
"-Hum hum" Qu'aurais-je pu dire d'autre?
Tout mon corps était mou et presque endormi, si je restais ainsi sans bouger il ne me faudrait que quelques secondes pour tomber dans le sommeil. Je dormais décidément beaucoup trop depuis que j'étais chez Edward!
Je me redressai et étirai mes muscles endoloris d'être restés si longtemps sans bouger.
Edward était toujours étendu sur le lit, il semblait sur le point de s'endormir lui aussi. Je dévorais du regard son torse parfait, je suivais des yeux le dessin de ses muscles tout en ayant une furieuse envie de les redessiner du bout de mes doigts. Alors pour m'empêcher de lui sauter dessus encore une fois je quittai le lit en attrapant au passage un de ses sweats qui traînait par terre. J'avais envie d'une cigarette.
Lorsque je poussais la porte vitrée qui menait au balcon une bouffée d'air glacé me fit frissonner. Edward devait s'être vraiment endormi finalement.
Je m'accoudai à la balustrade malgré le froid piquant. Les étoiles scintillaient et la lune pleine se miraient dans les flots sombres et tumultueux de l'océan. Un nuage vaporeux troublait ses contours , sa lueur un peu floue n'en était que plus mystérieuse.
A mesure que mes yeux s'habituaient à l'obscurité je distinguais des détails qui étaient jusqu'à lors perdus dans les ténèbres. J'exhalais la fumée par longues bouffées, savourant la sensation de calme qui m'envahissait en regardant la voûte étoilée.
Le coulissement de la porte vitrée se fit entendre derrière moi et les bras chauds et virils d'Edward encerclèrent ma taille.
"-Hey!"
"-Hey!" Il posa un baiser brûlant dans mon cou et s'absorba lui aussi dans la contemplation des étoiles.
Nous restâmes de longues minutes sans parler, savourant simplement la sensation d'être ensemble.
La nuit les contours flous rendent le monde étrange, presque évanescent, mal défini et mystérieux. J'étais toujours envahie d'une bizarre sensation de mélancolie en contemplant la lueur froide des étoiles. La lune baignant dans son halo trouble semblait tout droit sortie d'un conte fantastique et sa lumière teintait de mordoré les flots de l'océan.
"-A quoi tu penses?" La voix chaude d'Edward faillit me faire sursauter tant j'étais absorbée dans ma contemplation.
"-A rien de particulier. Je me suis toujours sentie un peu triste en regardant les étoiles. Nostalgique. Je ne sais pas pourquoi... le ciel nocturne représente une sorte d'ailleurs inaccessible, d'immensité..."
La lumière rouge et discontinue d'un avion troubla le calme immobile du ciel et instantanément ma mélancolie devint plus grande encore. J'avais envie de partir, d'être ailleurs, sans savoir vraiment où... Une sorte de vide, un creux prenait naissance dans mon ventre, je me sentais insignifiante sous l'immensité de la voûte étoilée, pas à ma place sans savoir où elle pouvait réellement être. Alors je me blottis un peu plus contre d'Edward pour faire disparaître ce vide. Dans ses bras je me sentais bien. Un deuxième avion traversa le ciel, j'avais envie d'être avec Edward à son bord, de partir pour un ailleurs dont le nom n'était pas défini, peu importait le lieu, tant que ce n'était pas ici...
Une bourrasque de vent nous fit frissonner tous les deux. Edward frotta mes bras pour me réchauffer mais cela ne suffit pas à dissiper le froid.
"-On devrait rentrer!"
"-Ouais t'as raison." Je lançai un dernier regard en direction des étoiles scintillantes et pris la main d'Edward en tentant de chasser ma mélancolie.
Dimanche matin Jasper, un ami d'Edward passa et nous sortit du lit par la même occasion. Il n'était pas vraiment tôt mais aucun de nous deux n'avait vraiment envie de se lever. "-Bella, Jasper! Jasper, Bella!"
"-Enchanté Bella, j'ai beaucoup entendu parler de toi!" Plus formel comme présentation c'était impossible. Jasper était un grand blond aux cheveux trop longs et bouclés, trop maigre aussi, mais en dehors de ça on pouvait le trouver séduisant.
Je le laissai parler avec Edward et pendant ce temps je m'occupais à préparer le café.
Edward semblait très sincèrement l'apprécier, la seule fois que je l'avais vu interagir avec d'autres de ses connaissances c'était lors de cette soirée désastreuse à Singapour mais il n'avait rien de sa froideur et de sa réserve avec Jasper. Il semblait être un ami proche et sincère.
Je servis le café et bien que je mourais d'envie de quitter la pièce je me forçai à m'asseoir en leur compagnie.
Les grands yeux bleus de Jasper me mettaient extrêmement mal à l'aise, il parlait peu mais observait tout. Je ne décelai rien d'hostile chez lui mais sa façon de me scruter du regard comme s'il tentait de me jauger, de percer mes secrets, me rendait nerveuse. Je n'aimais pas me trouver en compagnie de gens qui analysaient mes moindres faits et gestes et Jasper semblait avoir cette nature très observatrice. J'ignorais ce qu'Edward lui avait dit à mon sujet mais j'avais la certitude qu'il en savait déjà beaucoup.
Il ne parlait pas pour ne rien dire, chose qui aurait pu être appréciable mais qui là, me rendait nerveuse.
"-Tu es à Seattle pour combien de temps Bella?"
"-Hum je ne sais pas encore, c'est euh, pas vraiment déterminé."
"-Ah d'accord! C'est pas la meilleure période pour visiter la ville, l'automne est tellement humide ici!"
"-Oui c'est vrai. Mais de toute façon je ne suis pas vraiment venue faire du tourisme..." J'avalai rapidement les dernières gouttes de mon café, pressée d'échapper à cette sensation de malaise.
"-Bon je vous laisse discuter. Jasper, ravie d'avoir fait ta connaissance!"
"-Moi de même Bella!" Je lui fis la bise, embrassai rapidement Edward qui me regardait un peu inquiet et me dépêchai de filer en direction des escaliers.
Je pense que j'aurais pu apprécier Jasper, il semblait être quelqu'un de bien mais son regard scrutateur me m'agaçait.
J'allai dans la salle de bain me faire couler un bain. Une des choses que j'appréciais particulièrement dans cette maison c'était cette immense baignoire où je pouvais passer des heures à me prélasser. C'était une chose qui me manquait au Laos, prendre des bains! De toute façon la chaleur était tellement moite et étouffante qu'on n'avait aucune envie de se plonger dans l'eau brûlante!
Je versai une dose généreuse de gel douche au jasmin, ça me fit sourire de voir les efforts qu'avait fait Edward pour m'accueillir. Il était décidément très attentif parce qu'il ne me semblait pas lui avoir dit que mon gel douche préféré était au jasmin mais il l'avait quand même acheté pour moi, puisque ça ne devait pas être son produit habituel!
En attendant que la baignoire se remplisse j'allai dans la chambre et m'installai au piano. Comme toujours une délicieuse excitation courut dans mes doigts alors que je les posais sur le clavier. Je renouais avec toutes ces sensations presque oubliées, la caresse veloutée des touches sous mes doigts, leurs souplesses et les sons mélodieux qui s'égrainaient dans l'air.
Le thème de Butterflyz, que je jouais en permanence avant mon départ naquit sous mes doigts. Je sentais toute la tension me quitter à mesure que la musique prenait possession de mes doigts, j'avais l'impression de respirer enfin profondément, le poids qui pesait sur mon diaphragme n'existait plus, c'était comme si mes poumons récupéraient leur amplitude et que l'oxygène pénétrait vraiment chacune de mes cellules. Je me sentais légère et apaisée alors que mes doigts courraient sur les touches avec frénésie.
Je jouais un long moment, oubliant même que l'eau coulait toujours dans la baignoire, chaque note était un poids qui quittait ma poitrine alors je profitais de la sensation sans pouvoir m'arrêter.
Lorsque le dernier son résonna dans la chambre j'étais parfaitement sereine, heureuse et légère. Ma bonne humeur était revenue.
Je quittai enfin le piano avant que mon bain finisse par déborder. Je me laissai glisser avec plaisir dans l'eau chaude et parfumée en espérant qu'Edward viendrait vite me rejoindre, il me manquait déjà. Je ne me sentais complète et parfaitement heureuse que près de lui.
Mon souhait ne tarda pas à être exaucé. La porte s'ouvrit doucement et le pas d'Edward résonna dans la salle de bain embrumée de vapeur parfumée.
"-Hello!" Il embrassa doucement mon front humide et s'assit sur le rebord de la baignoire derrière moi.
Rien que de ressentir sa présence à mes côtés alors que j'étais nue et plongée dans l'eau chaude fit naître mon désir et une étourdissante sensation de volupté.
Ses longs doigts méticuleux dénouèrent mes cheveux remontés sur ma tête pour éviter qu'ils ne prennent l'eau, il les laissa glisser sur ses genoux et me massa le cuir chevelu, avec tendresse et douceur. J'aurais presque pu ronronner tant la sensation me faisait du bien. Je m'abandonnai complètement à la caresse qui achevait de délier les dernières tensions nerveuses qui s'attardaient en moi.
Ma tête était posée sur ses genoux et ses doigts me massaient les tempes, je me sentais tellement bien, réconfortée, heureuse et sereine. Un apaisement immense me gagnait, je flottais sur un nuage de volupté. Lorsque j'étais seule avec Edward tout était si simple, si évident... J'aurais voulu rester là pour toujours et que le monde ne nous rattrape jamais, rester enfermée dans cette bulle douillette sans aucune préoccupation.
Mais tout cela n'était qu'une vaste utopie... et de toute façon l'eau commençait à refroidir, il fallait se décider à sortir. Les préoccupations extérieures finissaient toujours par nous rattraper à un moment ou à un autre...
Pov E
Il faisait nuit déjà, bien qu'il ne soit pas encore dix-huit heures, l'automne était véritablement déprimant parfois!
Assis dans un fauteuil du salon je regardais Bella se vernir les pieds. Elle avait acheté un petit pot de vernis rouge la veille et était maintenant occupée à se contorsionner sur le canapé avec une joie évidente. Selon ses dires elle n'avait pas fait ça depuis son départ pour le Laos. J'aimais la voir sourire ainsi, elle était tellement plus détendue que le matin lors de la visite de Jasper. Chacun fois que le monde extérieur pénétrait notre bulle, je la voyais se refermer comme un coquillage timide, son regard se faisait fuyant, presque effrayé, la tension qui émanait d'elle était palpable. Jasper avait ressenti son malaise bien sûr et moi j'avais été vraiment peiné de la voir si mal, elle semblait souffrir lorsqu'un élément lui rappelait qu'elle ne se trouvait plus au fin fond de l'Asie. Il n'y avait que lorsque nous nous retrouvions tous les deux que je la voyais apaisée et réjouie.
Je craignais tous les jours un peu plus qu'elle n'arrive jamais à se réaclimater ici, elle ne pourrait pas rester indéfiniment enfermée et je ne pourrais pas toujours la protéger de ce monde occidental qui lui faisait maintenant si peur. A chaque heure qui passait je craignais qu'elle ne m'annonce son retour au Laos, j'avais peur qu'elle me quitte pour retrouver ce monde qu'elle avait choisi comme le sien. Depuis son arrivée c'était comme si nous avancions sur un fil de funambule, dans un équilibre précaire comme si nous pouvions basculer dans le vide à chaque instant.
Et pourtant ce soir elle semblait si bien et si heureuse, ses lèvres se tordaient dans une délicieuse moue enfantine, elle était détendue et souriante.
J'avais pris mon carnet à dessin et je croquais sa silhouette. Une de ses jambes était repliée sous elle et l'autre étendue pour exhiber ses ongles de pieds qui se couvraient peu à peu de rouge cerise. Sa pose était terriblement sensuelle et féminine, il émanait d'elle une grâce fragile et délicate. Elle s'étirait avec souplesse à la manière d'un chat, les muscles fins de ses jambes nerveuses étaient bandés dans une attitude terriblement féline.
Chaque fois que mon regard se promenait sur ses courbes gracieuses je prenais un peu plus conscience de l'immensité de mes sentiments pour elle. Mon cœur battait à tout rompre alors que je traçais les contours de son corps sur le papier. Mon fusain se faisait cajoleur et caressant, comme si c'était son corps nu que je comblais d'attention et non son portait figé sur le papier.
Ses cheveux étaient remontés pour former un chignon flou qui dégageait la courbure délicate de son cou et de ses épaules mais une boucle sombre tombait sur le côté de son visage, créant des ombres légères sur sa peau d'ivoire.
Elle portait une de mes chemises dont la large échancrure offrait au regard la vallée de ses seins qui se soulevaient au rythme paresseux de sa respiration. Ses petites dents mordillaient sa lèvre inférieure pulpeuse et rose ce qui lui donnait un air sérieux et concentré. Je passai un long moment à tracer la courbure de son pied pour en rendre la délicate fragilité.
Le silence entre nous n'était ni pesant ni désagréable, nous étions enfermés dans une bulle de réconfort et de douceur. J'aimais qu'elle ne se sente jamais obligée de parler pour meubler les silences. Près d'elle je me sentais profondément apaisé.
Malheureusement demain nous étions lundi et je devrai aller travailler, j'avais une réunion importante qu'il m'était impossible de repousser. J'espérais ne pas en avoir pour trop longtemps, je craignais de la laisser seule ici en proie aux doutes qui ne tarderaient pas à l'assaillir dès que j'aurais franchi la porte de la maison.
"-Et voilà! Fini!" Sa voix me sortit de mes pensées pour le moins sombres. Elle souriait en agitant ses doigts de pieds, manifestement fière de son travail.
Je tendis les bras vers elle et elle ne tarda pas à me rejoindre pour s'asseoir sur mes genoux et se blottir dans le creux de mes bras.
Je posai mes lèvres dans son cou et respirai à pleins poumons son parfum ensorcelant. Dieu que je pouvais aimer cette femme...
Pov B
"-Je te laisse les clés de la voiture si jamais tu as envie de faire un tour."
"-Mais tu y vas comment alors?"
"-J'ai deux voitures... J'espère ne pas en avoir pour trop longtemps!"
"-D'accord. Edward m'attira dans ses bras et posa ses lèvres sur les miennes. Il m'embrassa d'abord timidement, avec douceur, prenant le temps d'effleurer ma bouche avant que sa langue ne vienne rejoindre la mienne pour un baiser plus passionné. Comme chaque fois que je sentais ses lèvres bouger contre les miennes j'avais envie de plus. J'agrippai les petits cheveux sur sa nuque pour approfondir le baiser. Mon envie de lui faisait se contracter mon ventre, le désir courait dans chaque fibre de mon être et je regrettais qu'il doive aller travailler ce matin, j'avais en tête un million d'activités bien plus divertissantes.
A bout de souffle nous dûmes finalement nous séparer.
"-A tout à l'heure!" Une fois encore il posa rapidement un baiser sur mes lèvres et quitta la maison...
Je passai plus d'une heure à tourner en rond, incapable de me concentrer sur rien, même le piano n'arrivait pas à me distraire. Je tournais comme un lion en cage alors que le malaise commençait à m'envahir de nouveau, comme chaque fois qu'Edward était loin de moi depuis mon arrivée ici.
Pendant un long moment je considérai les clés de voiture posées sur la table de la cuisine et je finis par les saisir. Elles pesaient tellement lourd dans le creux de ma main. Je refermai les doigts sur le métal glacé alors qu'une décision s'imposait dans mon esprit.
Je devais retourner en ville... sans Edward. Je devrais affronter cette peur et cette angoisse, faire face à mon passé définitivement. Enfermée dans la maison je passais la journée à oublier que j'étais de retour en Amérique, ce n'était pas un vrai retour, je fuyais tout ce qui me rappelait où j'étais.
Maintenant je devais me prouver que j'en étais capable, sinon à quoi bon avoir fait ce chemin? De toute façon je ne pourrais envisager un retour définitif et une vie avec Edward que le jour où j'aurai véritablement affronté mes peurs, et mon malaise...
C'est tout pour ce chapitre ! Alors vos impressions ?
Je vous souhaite de passer de très bonnes fêtes de fin d'année et vous dis à très bientôt !
