Bonsoir! Maintenant qu'on en sait un peu plus sur le sort de Bella, il est temps de repasser dans la tête d'Edward!
Merci pour toute vos reviews.
Et comme toujours un grand merci à SBRocket et à LyraParleOr pour tout leur travail!
Pov E
Combien de temps suis-je resté assis, hébété, sidéré, le journal de Bella serré entre mes doigts? Je ne saurais le dire, ça avait bien pu être quelques minutes comme des heures. C'était comme si une chape de plomb m'avait recouvert tout entier, mon cerveau flottait dans une brume où se mêlaient larmes, désespoir et angoisse. J'étais incapable de réagir et pourtant il le fallait. Le sort de Bella en dépendait. La femme de ma vie... celle qui malgré les mois séparation et de douleur resterait à jamais mon unique amour.
Je devais tout faire pour l'aider, l'arracher aux griffes de ce pays qui me l'avait enlevée. Comment? Je n'en avais pas la moindre idée, tout était flou encore, mais une seule certitude demeurait: j'allais la sortir de là. Quoique je dus-ce faire pour cela.
Elle allait revenir... avant que le sort ne s'acharne encore à nous séparer, elle avait prit la décision de revenir vers moi. Je serrais dans mes mains les billets d'avion, rappel cruel de ce coup du destin. Mes phalanges blanchissaient sur le papier glacé. Bella, ma Bella... dans combien de temps pourrais-je te retrouver?
Mettre de l'ordre dans mes pensées me prit du temps. Je sentais l'énergie couler en moi pourtant, je ne pouvais resté paralysé et statufié sur mon canapé.
Appeler Emily fut ma première idée. Sa voix avait toujours eu le pouvoir de me calmer, d'ordonner le flou de mes pensées. J'avais besoin d'elle, de son aide, de sa clairvoyance, de son optimisme aussi. Je n'étais pas loin d'être submergé par ce qui venait de me tomber dessus. Bella emprisonnée... peut-être morte, violée, maltraitée. Bella en danger. C'était une idée insoutenable, une réalité inacceptable.
Voila comment je me retrouvais sur le canapé d'Emily, au milieu de son appartement plus désordonné que jamais un dimanche soir à presque minuit.
Garret avait tenu sa promesse, il avait appelé de New York dès qu'il était arrivé. Il ne devait rencontrer les responsables de l'agence qui employait Bella que le lendemain mais il avait pu me fournir quelques détails supplémentaires sur l'arrestation, kidnapping serait un mot plus juste. Elle avait eu lieu sans témoin et Garrett ne l'avait appris que quelques heures plus tard. Aujourd'hui, il ne savait toujours pas où elle était détenue.
J'attendais le lendemain avec angoisse, les nerfs à vif. Je ne pourrais fermer l'œil de la nuit et les heures semblaient s'étirer doucement, les aiguilles de ma montre me narguaient par leur lenteur arrogante.
En me voyant arriver Emily avait tout de suite compris que quelque chose de grave s'était passé. Sans un mot elle m'avait invité à entrer. Je lui avais tout raconté, avec des mots désordonnés, hachés, précipités, à l'image de mes pensées qui courraient en tous sens. Je lui avais raconté le journal de Bella, son presque retour, son arrestation, la panique qui me submergeait. La sensation que je ne serais jamais à la hauteur de ce qui m'attendait. La peur que par ma faute, qu'à cause de mon incompétence, Bella ne retrouve pas la liberté.
Emily avait posé sa main sur la mienne, chaude, douce et réconfortante, elle m'avait laissé parler sans jamais m'interroger, elle avait attendu que le flot de mots se tarisse pour ensuite m'obliger à réfléchir à un plan d'action.
Les heures qui suivirent nous les passâmes à faire de multiples recherches, sur la Birmanie, les cas de ressortissants étrangers qui y avaient été arrêtés. Je passais en revue la liste de mes contacts en Asie, ils étaient nombreux et certains avaient une grande influence sur ce continent. Ils pourraient probablement m'aider.
A mesure que les heures défilaient, mes pensées devenaient plus claires, la panique refluait. La fatigue me gagnait mais j'étais incapable de songer à dormir. Emily restait à mes côtés, luttant contre le sommeil, elle m'offrait son soutient infaillible.
Lorsque les lueurs de l'aube s'infiltrèrent par les rideaux colorés j'avais toujours les yeux ancrés sur l'écran de mon ordinateur. Emily avait finit par s'endormir sur le canapé, je l'avais couverte d'un plaid et les rayons timides du soleil jouaient dans ses boucles blondes. Elle était belle, presque candide ainsi endormie. Je me sentais emporté par des élans de gratitude à son égard. Sans elle j'aurais été incapable de surmonter les épreuves des derniers mois, et elle était encore là aujourd'hui, m'accompagnant pour ce que j'espérais être l'ultime épreuve qui me séparait de Bella. Penser à ça me ramena aux enjeux qui m'attendaient, je sentais de nouveau le poids qui écrasait ma poitrine et que j'avais momentanément pu occulter.
Garrett rappela tard le lundi, à l'agence, on lui avait assuré que tout ce qui était possible était fait pour Bella. Mais ils avaient prévenu que le combat risquait d'être long et difficile.
Le lieu de sa détention ne fut connu une semaine plus tard. Bella avait été transférée à la prison d'Insein à Rangoun, la plus grande prison de Birmanie, celle où on enfermait d'ordinaire les prisonniers politiques, les opposants au régime, ceux qu'on nommait "les prisonniers de conscience". Elle devait y être jugée, mais on ne savait ni quand ni pour quels motifs. Le plus urgent était de lui obtenir un avocat mais là encore les autorités faisaient barrage, distillant aux comptes gouttes des informations vagues et souvent contradictoires.
J'avais passé beaucoup de temps à me renseigner sur cette prison, de si nombreuses fois citée pour ses conditions inhumaines de détention et l'usage courant de la torture. J'avais vu les photos de ces prisonniers qu'on entassait, souvent attachés, dans des cellules minuscules où ils n'avaient pas la place de se tenir debout. Toutes les nuits qui suivirent mes rêves furent peuplés de ces images, mais ce n'étaient plus des prisonniers anonymes et sans visages, ils avaient les traits de Bella, elle se tordait de douleur et de désespoir. Elle murmurait mon prénom de toutes les maigres forces qu'ils lui restaient encore. Je me réveillais en sursaut et ne parvenais jamais à me rendormir tant l'inquiétude me rongeait.
J'avais élu domicile dans le petit salon d'Emily, je n'avais pas la force de rentrer chez moi, d'écouter le silence résonner dans ma trop grande maison. Et puis elle vivait en ville, c'était plus simple ainsi.
Une nouvelle semaine passa sans qu'aucune des démarches entreprises par l'agence n'aboutissent à un quelconque résultat. Garret voulait retourner en Birmanie mais sa demande de visa avait été rejetée.
Je passais de longues heures au téléphone, avec des membres de l'agence, de toutes les organisations d'aide aux ressortissants dans les pays étrangers. On me baladait d'un poste téléphonique à l'autre, les réponses étaient toujours vagues, évasives, j'avais la sensation de me débattre dans des sables mouvants, inextricables. L'ambassade américaine en Birmanie n'était qu'une coquille vide. Il n'y avait sur le sol Birman plus qu'une petite poignée de ressortissants américains. Sans ambassadeur depuis que les sanctions internationales contre la Birmanie avaient été décrétées, l'ambassade ne comptait que quelques membres qui s'occupaient de rares tâches administratives. Et ils ne semblaient pas décidés à nous aider, les joindre tenait du miracle et quand enfin quelqu'un se faisait entendre sur la ligne, après des minutes interminables d'attente ce n'était jamais la bonne personne, on ne pouvait pas m'aider, la situation était compliqué mais ils faisaient leur possible, ils n'étaient pas informés... j'avais le droit à tout le panel possible de réponses inutiles, et ça c'était dans le meilleur des cas, bien souvent la communication coupait après seulement quelques mots échangés.
Je perdais patience, je n'étais pas loin de devenir fou, l'incertitude me bouffait de l'intérieure, l'impuissance aussi. Je n'étais pas préparé à ça, j'avais l'impression que ce cauchemars n'aurait jamais de fin.
Appels, espoir, déception, et nouvel appel encore. C'était une spirale infernale, interminable. Une succession de jours qui n'apportaient rien, ne résolvaient rien. J'attendais, anxieux, espérant à chaque minutes de la journée que mon téléphone sonne. Je le surveillais du coin de l'œil, comme si il était un animal capricieux, priant pour qu'il se réveille.
Je m'étais rendu un nombre incalculable de fois à l'ambassade de Birmanie à Washington. Là encore, aucune réponse et une hostilité à mon égard franchement marquée. Emily avait décidé de s'y rendre aussi, plusieurs fois, mais elle ne put rien obtenir de plus que moi.
Nous n'avions toujours aucune idée de la date du pseudo procès de Bella, ni des motifs pour lesquels elle était emprisonnée. Et pas la moindre piste sur comment la sortir de là. La Birmanie était devenue sa prison, elle s'y était sentie rejetée, elle ne pouvait maintenant s'en libérer.
Après trois semaines, il n'y avait toujours rien de nouveau... pas même une lueur d'espoir. Rien... Les voies officielles semblaient totalement impraticables, impénétrables, d'une lenteur à perdre la raison.
Du côté moins officiel de mes recherches non plus rien n'avançait. J'avais pu joindre presque la totalité de mes contacts en Asie, de très riches investisseurs pour la plupart, pour qui j'avais travaillé, mais là non plus personne ne semblait disposé à m'aider. Lorsque je mentionnais la Birmanie le dialogue se fermait, c'était comme si le nom de ce pays avait le pouvoir de tout geler, de tout pétrifier. Même ceux que j'avais cru être de bons amis n'étaient pas dans de meilleures dispositions. On me conseillait d'être patient, de suivre la procédure, mais quelle procédure? Personne n'était foutu de m'indiquer comment faire! D'autres sous-entendaient que Bella ne devait pas être totalement innocente pour se retrouver dans cette situation. Mais qu'elle soit coupable ou innocente ne changeait rien pour moi, mon amour était inconditionnel, j'allais la ramener en Amérique, j'en avais fait la promesse, le serment, j'allais retrouver ma Bella.
Mais ce que je ressentis comme la plus grosse trahison vint de celui que je considérais comme un ami sincère, un Singapourien avec qui j'avais de très nombreuses fois travaillé. Il me conseilla d'abandonner cette lutte, de laisser Bella livrée à son propre sort. Il insista sur le fait que c'était dangereux de contrarier les autorités birmanes, que j'avais beaucoup à perdre dans l'histoire. Ma société se développait bien en Asie mais ce n'était encore que le début, cette histoire risquait de compromettre son implantation encore fragile. Il me mit clairement en garde, comme si ma société comptait plus à mes yeux que Bella... comme si je me souciais de la perte du marché asiatique quand la vie de la femme de ma vie était en jeux...
Plus que jamais j'avais envie de tout envoyer promener, d'abandonner tout ça. Je voulais juste la retrouver et vivre avec elle le bonheur dont nous nous étions si longtemps privés.
Si à un moment je lui en avais voulu de m'avoir abandonné, c'était oublié aujourd'hui, relégué dans les tréfonds de ma mémoire. Plus rien de tout cela ne comptait.
La dernière personne que je connaissais en Asie que je n'avais pas encore appelée était Lie... la mention qu'en avait fait Bella dans son journal me troublait, m'inquiétait. Il flottait toujours autours de Lie des choses obscures, malsaines. J'avais fais sa connaissance alors que la construction du Barrage des Trois Georges n'en était qu'à ses prémisses. Mon cabinet d'architecture avait joué un rôle mineur au début de la construction mais c'est ainsi que j'avais fait la connaissance de Lie qui dirigeait le projet avec la bénédiction plus qu'acquise du gouvernement chinois.
Cette jeune femme à l'œil acéré dirigeait un empire, elle était exigeante, capricieuse, toujours avide de plus de profit. Au cours des semaines que j'avais passées en Chine j'avais pu l'observer. Quelque chose chez elle m'intriguait, me fascinait et m'effrayait.
Sous la surface respectable et au dessus de tout soupçon qu'elle s'évertuait à entretenir, Lie baignait dans les trafics en tout genre, tous plus malsains les uns que les autres. Elle devait avoir des liens plus ou moins étroits avec toutes les mafias du monde.
Je m'étais vite désintéressé de cette créature à la fois fascinante et dangereuse, Lie ressemblait à une rose empoissonnée, parfaite en apparence mais d'une noirceur incomparable. Mais avant de quitter la Chine j'avais découvert qu'une partie du financement du barrage était obscure, c'est à peu près à ce moment-là que j'avais décidé de me retirer du projet.
La construction du barrage était achevée depuis peu de temps maintenant et il n'était toujours pas mis en fonctionnement mais apparemment Lie avait trouvé de nouvelles occupations. Elle frayait avec la Junte birmane et rodait près des mines de rubis...
Après des jours de tergiversions et d'hésitations je me décidais à l'appeler. Je n'avais toujours aucune information sur l'état de santé de Bella ni aucun espoir que les choses avancent.
Lie était mon dernier recours.
Elle se montra d'abord mielleuse, agréable, heureuse selon ses dires d'avoir de mes nouvelles. Mais le ton chantant de sa voix où suintait l'hypocrisie changea bien vite lorsque je lui appris le vrai motif de mon appel. Elle nia d'abord savoir de qui je lui parlais.
"-Tu l'as rencontrée à Singapour la dernière fois que nous nous sommes croisés. Je sais qu'elle t'a vue en Birmanie, prêt de Mokog."
"-Oui je me souviens, nous nous sommes effectivement brièvement croisées en Birmanie."
"-J'ai besoin de ton aide Lie, elle a été arrêtée, je ne sais ni pourquoi, ni comment la sortir de là."
"-Si elle a été arrêtée c'est probablement pour une bonne raison. Je ne vois pas pourquoi tu sembles penser que je puisse t'être d'une quelconque aide. Je l'ai certes rencontrée là bas mais je ne sais rien de plus."
"-Tu connais ce pays, tu étais très proche de Mogok et accompagnée d'une délégation de représentants de la Junte qui semblaient avoir beaucoup d'attentions à ton égard."
"-Tu es bien renseigné..."
"-J'ignore ce que tu fabriques dans le Triangle d'or Lie mais si quelqu'un peut m'aider c'est bien toi. Tu as les bonnes grâces des autorités birmanes."
"-Mais qu'est-ce qui te fais croire que j'ai envie de t'aider toi et ta petite fouineuse trop curieuse?" Le pressentiment que j'avais eu en lisant le journal de Bella se faisait de plus en plus tenace au fur et à mesure de ma conversation avec Lie. Je n'étais pas certain qu'elle soit totalement étrangère à l'arrestation de Bella.
"-Et bien je ne pense pas qu'il soit dans tes intérêts de me contrarier..."
"-Je pense surtout qu'il est dans mes intérêts qu'elle reste là où elle est en ce moment!"
"-Je ne sais pas ce que Bella a vu qui te déplaît autant, mais je t'assure qu'elle s'en fiche probablement. Tes agissements ne nous intéressent pas, tout ce qui nous intéresse c'est que Bella rentre en Amérique."
"-Je préfère ne prendre aucun risque."
"-Je te le répète Lie, il n'est pas dans ton intérêt de me contrarier, tu oublies que je sais des choses à ton propos qu'il serait très déplaisant pour toi que je révèle"..." Le chantage, j'abattais ma dernière carte. J'avais maintenant la confirmation que Bella avait vu des choses que Lie aurait préféré garder cachées. Elle devait craindre que ses activités illégales dans le Triangle d'Or n'éclaboussent sa réputation parfaite. Mais j'avais des arguments de taille moi aussi.
"-Tu as conscience que la Junte ne la laissera pas partir comme ça? Ça va te coûter une fortune."
"-Combien?"
"-Je ne pense pas que tu auras les moyens pour ça. Je sais que la Cullen Corporation a pris un peu d'ampleur depuis notre première rencontre mais..."
"-Ne te préoccupe pas de ça Lie, tu ignores de quoi tu parles. Je paierai, mais toi tu as intérêt à tenir parole..."
En raccrochant j'esquissais un bref sourire, je voyais poindre une lueur d'espoir au milieu de ce tunnel.
Cela faisait plus d'un mois que Bella était emprisonnée, une éternité... Dieu sait ce qui avait pu lui arriver pendant tout ce temps.
Je pris une nouvelle fois la mesure de l'ampleur de ma mission. Bella était totalement seule dans le monde, elle n'avait que moi sur qui se reposer moi, Garrett qui faisait ce qu'il pouvait, Emily, Jasper et Alice. J'étais son seul point d'ancrage, son seul espoir, sa seule attache.
Emily m'avait demandé si je ne devais pas essayer de retrouver sa famille, mais je savais que Bella les avait totalement occultés. Ils n'existaient plus pour elle. Elle n'avait plus que moi qui se souciais d'elle. Et j'avais été sur le point de renoncer à elle, sur le point de la laisser parcourir seule le chemin de sa vie... sans moi.
Je ne pouvais faire taire cette pointe de culpabilité qui venait aiguillonner parfois. J'avais employé les derniers mois écoulés à me reconstruire, alors qu'elle allait chaque jour un peu plus mal.
Lie tint parole, certes un peu contrainte et forcée mais elle me transmit des informations. J'étais pourtant certain qu'elle les avait en sa possession depuis le début. C'était évident qu'elle avait fait pression sur les autorités pour que la surveillance se concentre sur Bella. Elle s'était sentie épiée, surveillée les semaines qui avaient suivi sa rencontre avec Lie, et il ne faisait aucun doute qu'elle l'avait été.
Les étrangers en Birmanie étaient considérés avec méfiance, stigmates de l'époque coloniale, paranoïa de la Junte qui était un des régimes les plus répressifs du monde et qui ne tolérait pas l'ingérence étrangère? Probablement un peu de tout ça à la fois. Les humanitaires étaient étroitement surveillés, on s'en méfiait, on les craignait. Il n'avait probablement pas fallu beaucoup d'efforts à Lie pour attirer le regard des autorités sur Bella. Une fois le processus de méfiance et de surveillance enclenché, tout prétexte était bon pour se débarrasser d'elle. Sa présence était devenue gênante au cœur du Triangle d'Or, dans cette zone que la Junte préférait tenir loin de tout regard étranger. Bella commençait à trop bien connaître et se faire connaître des ethnies qui peuplaient les montagnes de Birmanie et dont les rébellions effrayaient tant la Junte. Il valait mieux que les répressions aient lieu loin de tout œil étranger.
Lie leur avait fourni un prétexte supplémentaire. Il avait suffit que Bella enfreigne quelques règles qui limitaient ses déplacements pour que le piège se referme.
Tout cela je mis beaucoup de temps à le comprendre, il fallut rassembler les éléments éparses, reconstituer le puzzle, décrypter l'ambiance si particulière de ce pays.
Il fallut encore deux longues semaines avant qu'une information n'arrive par la voie officielle. L'agence de Bella avait enfin pu obtenir la date de son procès. Ou du moins de la mascarade qui lui tiendrait lieu de procès.
Les choses devaient absolument avancer du côté de Lie avant cette date fatidique qui scellerait l'avenir de Bella.
Je maintenais une pression constante sur la chinoise.
"-Il faut que j'aille en Birmanie, le procès est dans deux semaines, je dois être là bas." J'étais dans l'appartement d'Emily qui ressemblait à un champ de bataille avec tous les documents étalés par terre, les tasses de café vides qui s'entassaient sur la table basse et les coussins éparpillés partout.
"-On en a déjà parlé Edward, c'est une mauvaise idée, de toute façon ta demande de visa sera probablement rejetée. Tu ne dois pas aller en Birmanie."
"-Je peux pas rester ici à attendre! Il faut que je me rapproche d'elle!"
"-Oui c'est vrai qu'il faudrait que tu te rapproches. Mais la Birmanie c'est trop risqué. Sam a un ami qui a un hôtel en Thaïlande, il connaît bien le pays et il pourrait t'aider."
"-Et tu ne me dis ça que maintenant?"
"-Je n'avais pas parléà Sam depuis un moment, tu sais bien qu'il part en randonnée parfois sur de longues périodes." Son regard s'était voilé à la mention de son petit ami auquel elle ne parlait que trop rarement et je m'en voulus d'avoir été si accusateur. Emily faisait tout pour m'aider, pour nous aider alors qu'elle n'avait encore jamais rencontré Bella.
Je pressais affectueusement sa main comme pour chasser la tristesse qui embrumait ses grands yeux.
"-Ça serait super Emily. Merci pour tout ce que tu fais pour moi."
"-Tu auras ta fin heureuse Edward! Je vais appeler Sam qu'il me donne les coordonnées de son ami."
Je passais les quelques jours suivants à organiser mon voyage en Asie. Emily me m'y en contact avec l'ami de Sam qui ne voyait pas de problèmes à m'accueillir chez lui. Avoir un contact sur place pourrait se révéler utile, il vivait en Asie depuis de nombreuses années et connaissait bien la région.
Me retrouver en Thaïlande sans Bella m'enfonça comme un poignard dans le cœur. Je sentais sur ma peau le souffle moite et chaud de l'Asie qui me caressait mais cette fois-ci elle n'était pas à mes côtés.
L'ami de Sam m'attendit à l'aéroport et veilla à ce que je ne manque de rien. Son hôtel se trouvait dans la région limitrophe de la Birmanie, ça me mettait un peu de baume au cœur de penser que j'étais un peu plus proche d'elle. Que seules les montagnes nous séparaient. Nous étions enfin sur le même continent et peut-être allais-je bientôt la retrouver.
A cette pensée je sentais l'espoir qui s'agitait dans me fond de mon ventre. Mais j'étais toujours pétri d'angoisses et d'incertitudes.
Il ne me restait plus qu'à attendre... une attente interminable, angoissée, douloureuse, suffocante... Les jours ne semblaient ne jamais vouloir prendre fin.
