Bonsoir Bonsoir! Tout d'abord je vous souhaite une très bonne année!
Voila le dernier chapitre de Parfum d'Asie! Il y aura un épilogue la semaine prochaine. J'espère que la fin de cette histoire vous plaira.
Merci pour toutes vos reviews!Un grand merci à SBRocket (qui d'ailleurs publie une super histoire en ce moment si vous la suivez pas encore allez-y!) et à LyraParleOr!
Quatre mois plus tard
Pov E
Quatre mois ont passé depuis notre retour d'Asie. Notre vie s'est organisée ici, à Seattle, mieux que je n'aurais jamais pu le rêver.
Ma grande maison de verre, temple de la froideur impersonnelle s'est réchauffée avec le soleil de l'été. Mais c'est surtout la présence de Bella qui lui a donné les couleurs chatoyantes de la vie et du bonheur. Elle en a fait notre foyer, un petit nid où la vie est douce et paisible. Les grandes baies vitrées ne reflètent plus la triste image de mon ombre solitaire mais celle de notre couple qui s'épanouit à mesure que passent les jours.
Les premières semaines Bella était restée enfermée dans la propriété, affronter le monde était encore trop difficile. Pour toute sortie nous faisions de longues promenades sur la plage balayée par les vents. Nous nous reconstruisions, doucement, méthodiquement.
Jasper passait parfois avec Alice, je voyais Bella faire tous les efforts qu'il lui était possible pour ne pas fuir leur présence. Elle se montrait plus joviale, si au début c'était forcé, à mesure que les jours passaient elle semblait de plus en plus apprécier leur compagnie.
Doucement elle reprenait contact avec le monde, s'ouvrait à lui.
Emily nous laissa seuls quelques semaines avant de venir faire la connaissance de Bella. Si j'avais appréhendé leur première rencontre, mes angoisses furent bien vite dissipées. Le contact entre elles fut tout de suite facile, sans réserve ni méfiance. Nous passâmes de longs après midi dans son petit salon débordant de couleur, là où j'avais tant aimé me blottir et me cacher après le départ de Bella.
C'est entre autre grâce à la joie apaisante d'Emily que Bella se ré-acclimata rapidement à la vie occidentale. Les premières semaines après notre arrivée, lorsque je devais travailler, Emily accompagnait souvent Bella en ville. Ne pas se sentir seule dans l'immensité de la foule qui lui avait fait si peur lors de son dernier séjour ici lui permit de l'affronter, presque avec sérénité.
Emily était devenue une des mes amies les plus chères et je ne pouvais ignorer à quel point sa vie lui pesait. Elle avait été ma compagne de solitude, me transmettant sa force et sa confiance, mais le moment arriva où ce fut elle qui eut besoin de mon soutien.
Sam, son petit ami perdu de l'autre côté du Pacifique lui manquait. Le fait que j'ai retrouvé Bella et que nous ayons reconstruit notre couple qui semblait perdu pour toujours lui insuffla la force de se battre pour ce qu'elle aimait. Aussi un jour elle nous annonça son intention de partir. Elle partait en Australie, abandonnant tout ce qu'elle avait ici pour se lancer à corps perdu dans cette nouvelle aventure. Elle était lassée d'attendre, elle avait besoin d'agir, de se battre pour surtout ne rien regretter. Les remords sont souvent bien pires que les regrets...
Elle allait me manquer c'était évident mais j'étais heureux qu'elle reprenne en main les rennes de sa vie. Sam était incroyablement chanceux de compter autant pour quelqu'un de si précieux, je ne le connaissais pas mais j'espérais qu'il avait conscience du trésor qu'était sa petite amie.
Le mois de septembre arrive à sa fin, il fait encore doux mais on sent dans le vent piquant les prémices de l'automne. Depuis un mois, Bella a trouvé un poste l'hôpital de Seattle, dans la recherche sur les maladies infectieuses et tropicales. C'est un compromis qui lui semble acceptable, à mi chemin entre son ancienne carrière hospitalière qu'elle a abandonnée il y a des années et sa vie exotiques aux confins de l'Asie.
J'ignore combien de temps elle appréciera cette nouvelle vie qui est la notre, j'ai peur qu'elle finisse par s'y ennuyer, que fera-t-elle lorsqu'elle aura fait le tour des défis que représente son nouveau poste?
Parfois lorsque je vois son regard perdu sur les falaises où les vagues du Pacifique viennent se briser je sais qu'elle pense à cet ailleurs, de l'autre côté de l'océan qu'elle a si longtemps considéré comme sa maison. Dans ces moments je suis pris par la peur, de la perdre, de la voir fuir de nouveau. Malgré ses promesses je sais qu'elle restera toujours cette femme insaisissable que j'admirais dans la jungle laotienne. Une femme avide de liberté qui ne se laisse ni apprivoiser, ni enfermer. Alors lorsque l'angoisse est trop forte je viens troubler sa méditation, je la prend dans mes bras et respire dans son cou le parfum de ses cheveux; comme pour me calmer et me rappeler qu'elle est ici, avec moi et qu'elle semble y être heureuse. A chaque fois elle resserre mon étreinte et détache son regard de l'océan. Je sais qu'elle sent mon appréhension mais elle ne dit rien, elle n'a besoin que d'un sourire pour m'apaiser.
Bella continue de suivre les informations qui viennent d'Asie, et particulièrement de Birmanie. Le mois de septembre a apporté son lot de nouvelles étonnantes. La Birmanie, pays oublié depuis que la dictature militaire s'est emparée du pouvoir il y a plus d'un demi-siècle signifie discrètement sa présence sur la scène médiatique mondiale. Dans ce pays d'Asie oppressé et soumis aux pires des répressions, la peur semble soudain changer de camps. Dix neuf après la révolte étudiante noyée dans le sang par la junte militaire un nouveau souffle de rébellion semble s'être emparé de la Birmanie. Une marée de manifestants plus nombreuse que le pays n'en a jamais connu, guidée par les moines pacifistes défient la junte. Ce que l'on nomme la Révolution de Safran se presse aux grilles de la maison d'Aung San Suu Kyi, la Lady, symbole de la lutte pour la liberté, retenue prisonnière depuis tant d'années.
La manifestation est réprimée mais enfin la junte sent son pouvoir qui s'effrite et se fendille, et la Birmanie sort de l'oubli.
Bella a été agitée pendant toutes ces semaines, suivant scrupuleusement la moindre information en provenance d'Asie. Je sais que quoiqu'il arrive, elle restera toujours attachée à ce continent, s'y sentant reliée comme par un fil invisible et indestructible.
Moi, je suis juste immensément heureux qu'elle ait été libérée avant que ces événements n'éclatent, quatre mois de plus dans les cellules d'Insein et il est certain qu'elle n'en serait jamais sortie vivante.
Le week-end touche à sa fin, nous l'avons passé à nous prélasser dans notre petite bulle de bien-être. Jasper et Alice sont venus dîner la veille et nous avons passé presque tout le dimanche à traîner dans la maison sans avoir besoin d'une réelle occupation pour nous sentir heureux et comblés. Et puis il a plut presque toute la journée, un temps d'automne qui nous pousse à juste restés lovés l'un contre l'autre et à profiter du défilé de nos heures d'oisiveté.
La pluie tombe toujours d'ailleurs, les gouttelettes fines glissent le long des vitres, les lueurs bleutées de la télé s'y reflètent et les font scintiller.
Le générique de fin du film que nous venons de voir défile à l'écran. Bella se détache de mon étreinte et s'assoit sur le bord du canapé. Elle allume une cigarette. Un instant son visage est illuminé par la flamme du briquet. Cette habitude qu'elle avait dû de force abandonner en Birmanie elle l'a reprise depuis notre arrivée à Seattle.
Je la regarde expulser la fumée avec de longs soupirs. Son visage est simplement éclairé par l'écran, ce qui donne à sa peau un éclat presque irréel. Ses cils dessinent des ombres sous ses yeux, dans l'obscurité son regard chocolat sombre semble immense, pas celui d'une biche apeurée, non, celui d'un animale sauvage et insaisissable. Elle porte à sa bouche couleur cerise sa cigarette d'un geste nerveux, débordant de sensualité. Ses cheveux sont détachés et tombent en cascade de boucles ébènes sur ses épaules. Elle porte pour tout vêtement une de mes chemises blanche dont la large échancrure dévoile la naissance de ses seins. Elle replie une de ses jambes et laisse son regard dériver vers la baie vitrée. La lune éclaire l'océan en contre bas, d'ici on peut voir les couronnes d'écume se fracasser contre les falaises.
Bella regarde l'océan et moi je la regarde. Son corps fin, musclé, nerveux et sensuel qui dégage un magnétisme puissant, une aura sauvage, et presque animale. Et pourtant dans les traits fins de son visage, dans la profondeur de ses yeux on peut déceler un soupçon de fragilité. Poupée de porcelaine. Femme forte et fragile à la fois, elle renferme des mystères que je ne serais jamais capable de déchiffrer tout à fait.
J'aimerai avoir un crayon et mon carnet à portée de main pour la dessiner, tenter de capter une fois encore son magnétisme envoûtant. Je ne me lasserai jamais de la dessiner, ni de l'admirer, qu'importe le nombre de fois où j'essaye, jamais ma main ne parvient à insuffler au dessin sa fougue. Bella est par essence insaisissable.
Elle souffle la dernière bouffée de fumée et s'étire d'un mouvement souple et langoureux, comme un félin, entre le chat et la panthère.
Indomptable à bien des égards et pourtant parfois je me prends à croire que je l'ai apprivoisée. Peut-être est-ce une illusion, peut-être qu'un jour elle reprendra la fuite, lassée de ses attaches et de sa vie à mes côtés.
Mais alors qu'elle se love contre moi et pousse un profond soupir de bien-être je sais qu'elle a trouvé avec moi un point d'ancrage. Je suis devenu son foyer et son havre autant qu'elle est le mien.
Je me prends à rêver d'un avenir ensemble, d'une famille peut-être, j'aimerai un jour voir son ventre s'arrondir, qu'elle porte mes enfants, nous liant ainsi pour l'éternité. Elle est celle avec qui j'aimerai passer les restants de mes jours.
Bella me distrait de mes pensées en déposant des baisers dans mon cou. Ses lèvres chaudes et humides se pressent contre ma peau me ramenant à l'instant présent. L'avenir est une notion bien vague et lointaine, pour l'instant je n'ai qu'une envie, ne faire plus qu'un avec elle.
Je laisse ma main glisser contre sa taille et descendre sur ses jambes nues. Bella me laisse faire quelques instants avant de se détacher de moi. Elle me pousse dans le fond du canapé et me chevauche, immobilisant mon corps sous le sien. Ses yeux brillent d'une lueur brûlante et sauvage. Elle attrape le bas de la chemise et la passe par-dessus sa tête, dévoilant son corps nu à mon regard avide. Je laisse mes yeux remonter doucement de son ventre plat et musclé, à ses seins ronds et fermes qui semblent me regarder avec défi avec de parcourir d'un regard plein d'amour et d'adoration son beau visage. Elle mordille sa lèvre inférieure en frottant sans pudeur ses hanches contre les miennes. Je suis dur et prêt à me fondre en elle depuis longtemps, elle le sait mais me laisse languir, je sens pourtant à l'humidité qui tache la dentelle de son sous-vêtement qu'elle est dans le même état que moi.
Elle se penche pour effleurer de sa bouche la mienne, les pointes de ses seins frottent contre mon torse, je ne suis pas sûr de pouvoir me retenir longtemps avant de la prendre. Son baiser est trop rapide, trop léger et frustrant, je voudrais furieusement prendre sa bouche mais elle se redresse, m'échappant une nouvelle fois.
Elle répète encore son petit jeu d'effleurement humide tout le temps que je mets pour me débarrasser de mes vêtements, m'amenant chaque fois plus près du point de rupture mais je la laisse faire, prendre le contrôle de mon corps et de mon plaisir.
Lorsque la frustration est sur le point de devenir insoutenable elle fait glisser d'un geste rapide sa petite culotte sur le plancher et s'empale sur moi, nous faisant pousser à tous les deux un profond gémissement de plaisir.
D'un seul coup je me retrouver enserré dans sa chaleur et je dois lutter de toutes mes forces pour ne pas perdre le contrôle. Elle stoppe tout mouvement, comme pour s'habituer à cette brutale intrusion puis enfin frotte ses hanches contre les miennes. J'ai l'impression de toucher le paradis. Ma main court dans son dos, caresse son épine dorsale, descend le long de ses fesses. Son corps transpire la sensualité. Mon indomptable Bella s'arque au dessus nous emmenant tous les deux un peu plus proches du gouffre du plaisir. Nos corps pris dans une danse érotique intense n'en finissent plus de se retrouver. Alors que l'orgasme nous cueille simultanément nous ne formons plus qu'un, une seule entité qui s'immobilise doucement dans l'obscurité. Son corps moite de sœur et frémissant s'effondre contre le mien, elle blottit sa tête dans mon cou alors que nous sommes toujours liés, je voudrais ne jamais me détacher d'elle.
''-Je t'aime tellement Edward'' sa voix est un peu rauque, langoureuse, son souffle chaud caresse mon oreille. Je t'aime tellement moi aussi Bella... ma mystérieuse et envoûtante perle d'Asie.
Notre histoire est celle de deux exilés qui se sont fracassés sur les récifs ennuyeux de la vie avant d'aller se perdre aux confins du monde, dans les profondeurs de la jungle pour mieux s'oublier.
Notre histoire est celle de la rencontre de deux âmes solitaires qui un jour au gré des hasards de la vie ont trouvé une jumelle à qui se lier, un havre, un ancrage, un foyer...
