Disclamer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Ils sont tous à Alexandre Le Grand, euh, Alexandre Astier (et Calt et M6)
Episode 2 : Le Repos du guerrier II
Uther Pendragon : Non mais c'est vrai, je dis pas, être roi, c'est pas facile tous les jours, mais enfin quand même, quand on a réussi à choper le trône ! On se colle les miches dessus et on le lâche pas, quoi !
Le Roi Ban Absolument! Bon, j'veux dire, pour les rois comme nous, faut que nos vieux crèvent, parfois sans qu'on fasse rien, alors on a pas de mérite ! Mais là, ça aurait pu être un autre, et paf, c'est tombé sur lui.
Uther Pendragon : Non mais y'a pas à dire, ça a de la gueule, le pouvoir « de droit divin » ! Et quoi ? Il se tire ? Y'a des claques qui se perdent, j'vous jure !
Le Roi Ban : Le mien, il voulait le trône, il l'a pas eu et pourtant, le mien, il est légitime ! Et le vôtre, il l'a et il en veut pas. Avouez qu'ils pourraient se mettre d'accord.
UP : Ah bah non …quand même… il est peut-être lâche, le mien, mais il est pas con !
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Ygerne de Tintagel attendait le Roi de Logres à la grande porte de Kaamelott. Elle voulait être la première à l'accueillir, et surtout que tout le monde voit bien qu'elle était la première à l'accueillir.
Les seigneurs Bohort et Léodagan étaient partis le rejoindre, et à cause de cela, elle ne pourrait pas tout à fait être la première. Elle réprima un soupir d'agacement qui ne seyait pas à une dame de son rang. La colère devait être froide, et en rien spontanée.
Elle fut distraite de sa contrariété quand elle vit, enfin, une petite troupe au bout de la route. Elle releva le menton en souriant. C'était un sourire de satisfaction, mais elle avait appris à les transformer aussitôt en sourire de fierté hautaine.
Ils revenaient à quatre. Le seigneur Bohort avait dégotté elle ne savait où un petit copain avec lequel ils se tenaient bras-dessus, bras-dessous. L'écho aidant, elle l'entendit déclarer joyeusement :
« Voici la grande porte de notre fier édifice. Kaamelott. Et ce n'est que l'extérieur ! Comme j'ai hâte de te faire visiter, des tourelles aux cuisines, du chemin de ronde aux catacombes, et bien sûr, bien sûr, la Table Ronde ! »
Arthur marchait en tête, la mine sombre. Les élucubrations du Seigneur Bohort le mettaient visiblement de mauvaise humeur. Quel idiot ! Allait-il rentrer dans son château comme s'il revenait d'une promenade digestive, sans même saluer les gardes ? Alors que c'était le moment ou jamais de triompher ?
Ygerne se leva avec raideur quand ils furent assez près :
« Alors, mon fils, déclara-t-elle d'une voix claire et nette, qui portait à merveille. Exhibez donc fièrement votre flamboyante Excalibur ! »
« Ah ben, j'aurais bien du mal, jeta Arthur avec un petit rire méprisant, elle est toujours dans son rocher. »
Il n'avait jamais vu un mouvement de surprise passer sur le visage de sa mère. Ni même un sursaut de stupéfaction dans sa voix. Aujourd'hui encore, Ygerne ne fit pas exception à la règle et déclara platement :
« Comment cela se fait-il ? Ce n'était pas aujourd'hui que vous alliez récupérer l'épée des dieux ? »
« Si, j'ai tiré dessus comme un malade, elle s'est pas décalé d'un cheveu. Les dieux ont du changer d'avis, ils en ont marre de ma tronche ! »
Comme toujours, il ressentait une sorte de plaisir malsain à lui répondre avec un vocabulaire coloré et une intonation gouailleuse, quand elle, elle veillait à utiliser un parler neutre et un ton plat, voire cassant. Il pensait que ça devait être une façon de l'éloigner, de lui faire comprendre qu'ils n'étaient pas pareils. Mais ce n'était pas réfléchi, il l'avait toujours fait sans y penser.
Ygerne resta un moment silencieuse, releva le menton si c'était encore possible, planta son regard dans le sien et déclara enfin :
« Les bâtards ne vont jamais bien loin ! »
Elle tourna les talons et repartit d'un pas raide dans l'enceinte du château.
« Je vous présente ma mère, Ygerne de Tintagel » déclara aimablement Arthur à Lionel.
L'attitude glaciale d'Ygerne semblait avoir figé Lionel de Gaunes. Bohort lui non plus ne semblait pas très à l'aise, il fixait Arthur comme s'il redoutait que la pique d'Ygerne ne le mette en colère ou ne l'afflige de trop.
En fait, Arthur était assez content. Un des premiers bienfaits de sa chute : sa mère ne semblait plus vouloir le voir.
Et puis, dans un léger sautillement, il se tourna vers Léodagan.
« Bon, beau-père, on a pas mal de choses à faire. Je vous laisse annoncer à Père Blaise la nouvelle, hein, moi je vais aller me prendre un petit bain ! » acheva-t-il avec un petit sourire.
« Ah non mais vous allez pas vous défiler ! Il va me balancer sa croix dans la mouille quand il va comprendre ce qui lui tombe dessus ! »
« Vous allez pas me faire croire que vous avez peur d'un p'tit prétaillon ! Il faut rassembler les chevaliers.
« Si ce n'est que ça… fit timidement Bohort, il n'y a plus foule à la Table Ronde. »
« Faudra qu'il case une petite cérémonie de sacre dans son registre aussi ! Et là, il va falloir inviter pas mal de monde ! Débrouillez-vous pour en revenir vivant ! »
Arthur s'était déjà éloigné de quelques pas quand il se ravisa et se retourna vers Léodagan :
« Et puis n'oubliez pas de … oh et puis demerdez-vous ! Va falloir vous habituer, maintenant ! »
Il eut un geste d'exaspération et repartit sans demander sans reste. Il n'était jamais rien de plus qu'un chevalier de la Table Ronde, à présent. Il secoua la neige sur ses épaules avant de rentrer et grimpa dans les étages sans rencontrer personne. Le temps de la liberté commençait.
Pas tout à fait, puisque à peine avait-il entrebâillé la porte de la salle de bain qu'un cri suraigu le fit sursauter.
« Qui c'est ? » demanda depuis le bain une voix qu'il reconnut sans peine.
« Démétra, c'est moi ! » répondit-il doucement en rentrant carrément dans la salle de bain.
Les cheveux délicatement relevés, immergée jusqu'aux épaules dans l'eau mêlée de lait du bain, l'avantage d'être roi qu'il regretterait le plus le regarda refermer la porte derrière lui, les yeux étonnés, mais le sourire ravi.
« Ca fait longtemps qu'on ne s'est pas vu ! »
« Bah, oui ! Qu'est-ce que vous faites ici ? »
Le sourire de la belle se fana et sa voix se fit dure et accusatrice :
« Vous êtes pas content de me voir ! » s'exclama-t-elle.
« Mais ! s'écria Arthur en sentant l'agacement monter. J'ai jamais dit ça ! Je vous ai juste demandé ce que vous fichiez ici !! »
« Je prends un bain, ça se voit pas ?! » rétorqua Démétra.
Arthur lâcha un gros soupir en roulant des yeux, immobilisé sur les marches qui descendaient dans la pièce.
« Si, oui… mais vous étiez pas censée les prendre chez vous, vos bains ?»
« Il n'y a plus personne au château, tout le monde est déjà reparti ! Et je me suis dit que vous auriez d'autre chose à faire que de penser à rappeler vos maîtresses, alors je suis revenue toute seule. Et puis, les bains, à la ferme de mes parents… »
« D'accord… euh… Je vous rappelle au passage que Kaamelott, c'est pas un moulin ! On y rentre pas comme on veut ! » déclara Arthur, en déployant de gros efforts pour ne pas hurler.
« Ah d'accord ! D'accord ! Alors n'importe qui a le droit une chambre à cause du concours, mais votre maîtresse préférée a même pas le droit à une baignoire ! » cria Démétra en agitant les mains.
« Le concours ? » répéta Arthur, en fronçant nez et sourcils.
« Oui, le coup d'Excalibur, là ! D'ailleurs, vous y êtes déjà allé, ou pas ? »
« Oui, hé ben, les bains, chez vos parents, vous allez devoir vous y habituer ! Parce que vous allez décarrer d'ici vite fait bien fait ! » s'écria Arthur, en trépignant un peu.
Il regretta aussitôt en voyant tomber sur le visage de sa première maîtresse, un masque de stupéfaction inquiète.
« Vous… vous me renvoyez ? Vous me quittez ! Vous ne m'aimez plus ! » demanda-t-elle la voix étranglée.
« Mais non ! Si si, je vous aime ! reprit-il comme si c'était une évidence qu'il n'aurait même pas du avoir à énoncer. Seulement je ne suis plus Roi. »
« Quoi ? » murmura Démétra en fronçant les sourcils.
Arthur ouvrit les bras comme si c'était une évidence.
« Hé oui ! Je suis plus roi. Excalibur est toujours solidement fichée dans son rocher ! Elle ressort pas ! Alors bon, c'est bien malheureux, mais vous allez devoir retourner chez vous. Vous êtes là à vous prélasser dans un bain seulement parce que vous êtes sous ma protection. Maintenant, je peux plus rien pour vous, je suis désolé ! »
« Mais… qu'est-ce que je vais devenir ? » murmura Démétra en baissant les yeux.
« Vous avez toujours la solution d'aller tenter votre chance au concours ! Mais bon, hein, vous aussi auriez vite fait de rentrer direct chez papa ! Par contre, ce que je vais devenir, moi, c'est plus problématique… mais bon, hein, ça, ça vous passe au-dessus du chignon, sûrement…»
« Quoi, à la fin ? Vous voulez venir avec moi patauger dans le purin, c'est ça ? » s'exclama la belle en relevant la tête d'un air revêche.
« Je vous remercie ! Bon allez, je me tire, ça devient lourd ! A la prochaine ! »
Arthur quitta en trombe la salle de bain. Démétra avait réussi à la mettre de mauvaise humeur ! Et il y avait fort à parier qu'elle n'était que la première. Une dernière fois, se promit-il, les supporter tous une dernière fois, et basta !
Une fois qu'il eut fini de marcher à grand enjambés juste pour passer sa colère, il se demanda où il pouvait bien aller. Sa chambre, non. La salle du trône, hors de question, il ne voulait plus la voir. La table Ronde, encore moins. Un petit frichti à la cuisine, peut-être, ou alors un peu de relaxation dans la salle d'armes…
« Ah, euh, Sire ! On peut savoir ce que c'est que cette histoire ? »
« Ah ! Vous, on peut dire que vous choisissez bien votre moment ! » pesta -t-il en se retournant vers le grand escogriffe qui venait de surgir dans le couloir.
« Non mais, j'arrive juste et qu'est-ce que j'apprends ? Que vous êtes plus Roi ? Non mais vous vous rendez-compte de la mouise dans laquelle vous nous mettez, la légende et moi ? »
« Hé ben, votre légende, vous savez où vous pouvez vous la mettre ? »
« Ah, mais c'est sûr, déclara sournoisement Père Blaise en baissant les yeux au sol, à force de fricoter avec les dieux païens… un jour on se retrouve comme un bleu ! Et on a l'air bien malin ! »
« Bon ! Ecoutez ! Le jour où je voudrais entendre vos commentaires à la noix, je viendrai vous chercher, Ok ?! Pour l'instant, occupez juste ce que Léodagan vous a dit et lâchez-moi un peu la grappe ! »
« Alors, je fais vraiment une cérémonie de passation de pouvoir ? »
« Si vous préfériez peler les navets, fallait pas faire prêtre ! »
« C'est à dire que…on pourrait essayer de dire que vous avez décidé de la laisser un peu plus dans le rocher… »
« Non mais ça va pas, non ? Je rêve ou vous êtes en train de me proposer de mentir ? Ah ! Elle est belle, la religion chrétienne ! Non mais quoi ? Je suis plus roi, je suis plus roi, un point c'est tout ! Vous allez pas m'obliger à aller la volonté contre la divine et à régner juste pour votre fichue légende, quand même ! Occupez-vous plutôt de la cérémonie, que de votre fichu bouquin ! C'est plus compliqué, mais c'est plus urgent ! »
« Ecoutez Sire, on reprendra l'histoire quand ce petit souci sera réglé, d'accord ? » proposa le prêtre d'un ton cajoleur.
« Ah mais je vous jure, vous êtes butés, vous, hein !! Ca fera une bonne péripétie, un changement de roi, pourtant ! »
« Non mais c'est que moi, je suis du style à m'avancer dans mon travail ! »
« Hé ben ? Qu'est-ce que j'en ai à carrer ? »
« Ben, je l'ai déjà écrit, votre retour triomphant avec Excalibur… »
« Ah bah c'est malin, pour une fois que vous prenez une initiative ! Bon, pff, écoutez, faites ce que vous voulez, moi, je veux avoir la paix !»
Sans attendre une réponse qui ne ferait que l'énerver encore plus, il tourna les talons. Qu'ils le veuillent ou non, ils allaient tous devoir se faire à l'idée. Quand Guenièvre serait officiellement investie, ils perdraient l'habitude de lui demander son avis, de l'appeler Sire, ou de venir lui faire des rapports. De toutes façons, pour rompre net, il allait partir dès que Guenièvre serait couronnée.
Il eut un petit rire. Avec une gourde comme ça, ça n'allait pas s'améliorer ! Mais au moins, ça ne serait plus sa faute ! Et même, il pourrait avoir le plaisir de faire partie des critiqueurs du pouvoir !
« Je vais tout recouvrir d'une belle enluminure ! Ca fera joli ! » déclara-t-on derrière lui sur un ton confiant. Et comme ça, on pourra repartir d'un bon pied !
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Uther Pendragon : On se complétait bien, quand même, avec Ygerne.
Le Roi Ban : C'est ce qui se disait…
Uther Pendragon : J'peux vous dire que les gens qui r'partaient de chez nous, ils en menaient pas large ! Elle, elle est cassait moralement, moi, physiquement ! Ah nan, mais ça fleurait bon la fine équipe, hein ! Là, moi, j'aurais rajouté par une bonne trampe ! La cerise sur le gâteau, si vous voyez le style !
Le Roi Ban : Vous vous êtes fait piquer le principe par les souverains de Carmélide, on dirait…
Uther Pendragon : Vous savez que vous avez de la chance d'être cané, vous ! Non parce que me comparer à ces bouseux arrivistes, euh, c'est le genre de truc que je peux prendre très mal.
