Disclamer : non, non les personnages ne m'appartiennent toujours pas. Ils sont bien mieux dans les mains d'Alexandre Astier.
Merci pour les reviews, les filles ! je vous adore !
Episode 3 : Le Sacre
Le Roi Ban : Mon couronnement ? Vous y étiez ?
Uther Pendragon: Je sais plus... c'est bien possible ! En tout cas, ça m'a pas laissé un souvenir impérissable.
Le Roi Ban C'était beau, pourtant! J'étais pas tout jeune, mais bon, c'était impressionnant quand même.
Uther Pendragon: Ce qui était impressionnant, dans le mien, c'est le nombre de glandus qui s'étaient pointés !
Le Roi Ban : Je sais, j'y étais…
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Guenièvre lui avait promis de le virer, Elle lui avait clairement signifié que s'il n'était plus roi, elle ne l'accepterait plus dans la chambre. Et comme elle devait bien être déjà au courrant, c'est sans grande conviction qu'Arthur se présenta ce soir-là.
Il avait passé le reste de la soirée à refaire le même mensonge, à essuyer les critiques ou à s'exaspérer contre les airs déboussolés. Il allait sans dire qu'il ne s'était pas présenté au dîner. Les carmélides avaient du manger tous les quatre en tête-à-tête. Il les avait laissé tout à leurs aises le critiquer, et ourdire quelques plans pour accaparer totalement et définitivement le trône.
Et pourtant, elle ne le jeta pas hors du lit à coup de savates. Elle resta droite comme un I, assise prostré dans le lit quand il vint s'installer à ses côtés.
« Bon, alors, hein, le plus simple, c'est qu'on ne parle pas ! » la prévint-il immédiatement.
« Mais j'ai rien dit ! » piailla-t-elle.
« Oui, bah c'est tant mieux ! C'est très bien comme ça ! »
« Je veux juste vous faire remarquer que je vous trouve quand même pas mal culotté ! »
« Quoi ? soupira-t-il, de dormir ici ? Hé ben continuez comme ça et je vais aller me chercher une piaule ailleurs, y'a pas de soucis ! »
Elle leva les yeux au plafond et continua.
« Oh là là ! fit-elle de sa voix traînante, on peut jamais discuter avec vous ! »
« Eh bien tant mieux ! » approuva-t-il.
Il s'enfonça sous les draps et se tourna délibérément de l'autre coté. Il avait espéré lui clouer le bec et dormir tranquille, mais il fut vite déçu. Il ne put s'empêcher d'exhaler un soupir quand, dans son dos, elle reprit de sa voix criaillante.
« Je trouve que vous êtes quand même culotté d'avoir laissé Excalibur là-bas sans me demander mon avis. C'est quand même sur moi que ça retombe, cette affaire-là ! »
Son cœur s'emballa et il se tordit brusquement en arrière pour la regarder. Se doutait-elle de quelque chose ? Non, c'était tout bonnement impossible. Personne n'était là et il avait toujours donné la même version des faits.
Elle le regarda avec surprise, étonnée par sa brusque réaction.
« Comment ça, je l'ai « laissée là-bas » ? Qu'est-ce qu'il vous a encore raconté, votre père ? J'ai pas pu la retirer ! J'ai tiré dessus et elle n'est pas venue. »
« Oh ! Pas pu ou pas voulu, vous jouez sur les mots ! »
« Ah bah, excusez-moi, ça fait une sacré différence ! »
« De toutes façons, il paraît que vous n'avez pas beaucoup essayé ! »
« Vous y étiez ? » grinça-t-il.
« Toujours est-il que je suis quand même assez concernée par vos frasques ! C'est moi qui gouverne, je sais bien ! »
Il eut un petit rire et ajoutant en se retournant.
« Je vous souhaite bien du plaisir ! »
Avec horreur, il sentit qu'elle lui tapotai le bras.
« Vous inquiétez pas, piailla-t-elle joyeusement, je vous demanderai quand même votre avis, pour les choses importantes ! C'est le juste retour des choses ! »
« Quel retour ? »
« Ben, je vous ai toujours bien aidé quand vous étiez roi ! »
« Vous ? pfff ! »
Il préféra s'enfoncer la tête dans l'oreiller.
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Elle lui donna un léger coup de coude et il releva aussitôt la tête. Il remit très vite la situation. Ils étaient assis dans leurs trônes, transportés pour l'occasion face au Lac, et à Père Blaise derrière son pupitre.
« Il a fini ? » demanda-t-il à voix basse.
Il avait malgré tout passé une sale nuit. A cogiter, en fait. Et quand il avait réussi à s'endormir, Guenièvre l'avait secoué : elle n'arrivait pas à s'assoupir, parce qu'elle était à la veille d'un jour important. Il renonça à lui faire remarquer qu'elle lui avait reproché la même chose une semaine auparavant.
Toujours est-il que le sermon du Père Blaise l'avait achevé. Il se retourna un peu pour vérifier que les gens n'avaient pas trop remarqué son petit somme. La rive du Lac était occupée par une foule assez importante. Quelques têtes connus du pécore de base : Guethenoc, Roparzh ou encore le tavernier…
« Vas spirituale, vas honorabile, vas insigne devotionis … » continuai le père Blaise sur un ton monocorde sans accorder un regard à l'assistance.
Si ça n'avait été que lui, Arthur se serait levé avec un geste impatient de la main, aurait congédié le curé et plaquer sur la tête de sa femme le diadème qu'elle portait de toutes façons depuis dix ans. Mais il y avait quand même trop de monde. Patience, patience, après, c'est fini.
« Devant Dieu et devant les hommes, Arthur Pendragon, reconnaissez-vous ne plus avoir droit de prétendre au titre de Roi de Bretagne ? »
« Ah bah, c'est pas trop tôt ! » grommela-t-il.
« Comment ça ? » s'étouffa Père Blaise.
« Nan, nan, j'veux dire, euh… »
Guenièvre tourna vers lui un regard à la fois inquiet et plein de reproche et il reprit plus haut, plus clairement :
« Oui, oui, bah oui, je le reconnais ! »
« Bien ! »
Arthur se demanda comment il devait prendre cette exclamation du curé. Celui-ci, sans s'arrêter enchaîna d'ailleurs.
« Selon les lois de notre pays, la reine, ici présente, Guenièvre de Carmélide, est désormais la détentrice du pouvoir, en son âme et conscience, au nom de Dieu ! » acheva-t-il en levant un peu les bras au ciel.
Séli, derrière, poussa un soupir de satisfaction qu'Arthur entendit sans peine, sûrement comme l'assemblée entière.
« Dans l'état actuel des choses, Arthur Pendragon est par conséquent nommé Prince-Consort de Bretagne. »
Arthur se leva presque péniblement et porta les mains au cercle de cuir et de bronze qui lui enserrait le front depuis des années. Il le fit passer par-dessus sa tête et le posa sur le coussin qu'un petit page lui présentait. Il resta un moment la main tendue au-dessus de sa couronne, pensif. Ils avaient connu bien des problèmes, tous les deux ensemble, et maintenant, il était en quelque sorte en train de l'abandonner.
Puis il se reprit et sur un autre coussin, il attrapa la couronne de la Reine, le fragile diadème ornée de pierres bleues que Guenièvre était déjà habituée à porter.
Il savait que tout le monde le regardait et il détestait ça. Il n'aimait pas se donner en spectacle. Il soupira et se tourna vers sa femme, toujours agenouillé :
« Mais bon Dieu ! Qu'est-ce que vous avez foutu ? » s'exclama-t-il à voix basse.
« Quoi ? » couina-t-elle en relevant la tête.
« Mais… j'avais pas vu… vous avez déjà un truc sur la tête ! »
« Ben oui, j'allais quand même pas me pointer à mon couronnement sans rien sur la tête ! De quoi j'aurais eu l'air ! »
« Mais enfin, c'est celui que j'ai là, que vous devriez avoir ! Pas votre diadème pourri à deux écus que vous mettez tous les jours ! »
« Rho là là, vous êtes jamais content ! »
« Retirez-le ! » ordonna-t-il sèchement.
« Je peux pas, c'est lui qui tient toute ma coiffure ! Si je l'enlève, je vais avoir l'air d'une folle ! »
« Comme si ça vous souciait, d'habitude, de passer pour une folle ! »
« Euh, si on pouvait reprendre le cours de la cérémonie… » intervint Père Blaise.
Arthur releva les yeux vers l'assistance qui attendait sans mot dire. Son regard tomba sur Mevanwi, le visage fermé et crispé, magnifiquement glaciale. A quelques pas de là, à côté de son frère, Lionel de Gaunes observait avec intérêt les feuilles des arbres que le vent agitait doucement.
Arthur rebaissa les yeux sur Guenièvre et grogna :
« Bon, ben voilà ! »
Il plaqua la couronne sur la tête de la Reine, en équilibre précaire par-dessus l'autre bibelot qu'elle s'était collé dans les cheveux pour se faire belle. Sans mot dire, il alla reprendre sa place. Guenièvre devait maintenant se lever et il eut un sourire mesquin quand elle rattrapa brusquement le diadème qui tomba bien sûr au premier mouvement.
« Vous allez voir… la couronne, c'est pas facile à garder sur la tête ! » souffla-t-il.
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Uther Pendragon: Hé bah! Les voilà bien, tiens!
Le Roi Ban : Une femme au pouvoir, c'est jamais bon…Uther Pendragon: Je suis mal placé pour dire ça, j'ai laissé le trône à Ygerne. Mais enfin bon, quand même, Ygerne, je savais que je pouvais lui faire confiance. La Guenièvre, là…
Le Roi Ban :Vous auriez préféré l'autre ? Mevanwi ? Je suis pas sur qu'elle soit mieux...
Uther Pendragon: Bah peut-être bien, mon p'tit père ! Au moins, avec la haute noblesse de Vannes, on peut pas être complètement déçu. Non mais là, une fille de chef de clan Carmélide… à la tête de la Bretagne…
Le Roi Ban: Je plains le peuple… il a pas notre chance d'être mort…
Uther Pendragon: Ca pourrait bien ne pas tarder, comme c'est parti…
