disclamers : les personnages ne sont pas à moi !

Episode 12 : Always II

Le Roi Ban: Ils se plaignent, mais ils ne savent pas combien c'est simple de mourir !

Uther Pendragon : Vous aussi, ça vous a fait cette impression-là ? On en fait tout un foin, mais franchement, hein…

Le Roi Ban : C'est rien, trois fois rien ! Ah pis, quand même, hein, ça simplifie les choses ! Bon, évidemment, c'est pas évident de quitter ce qu'on aime, mais bon… comme ils finissent bien par arriver un jour !

Uther Pendragon : Moi, je recommencerais bien, maintenant que je sais ce que c'est, juste histoire d'en profiter.

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« Bon, alors, j'espère que vous avez une sacré bonne raison pour venir nous ramener ici ! Surtout qu'on a plus mis les pieds ici depuis des plombes ! »

Les chevaliers avaient à peine pris place autour de la Table Ronde que son père ralait déjà. Elle avait juré d'être forte, et déclara donc :

« Oui, j'ai quelque chose d'important à vous annoncer. »

« Est-ce que ça va aller vite ? Parce qu'il faut encore que je nettoie le sol de la taverne avant de réunir mes propres chevaliers à moi ! Aujourd'hui, je dois leur apprendre la technique de respiration ! »

« Je vais essayer d'aller vite, Messire Karadoc ! » promit-elle.

« Nous vous écoutons, ma Reine ! » déclara benoîtement Bohort que cette réunion d'amis semblait plonger dans la félicitée.

« Merci. Je voulais tout d'abord vous avertir que le Seigneur Perceval de Galles à été retrouvé ! »

« Ah ! Enfin ! » lâcha Karadoc.

« Retrouvé ? Dieu soit loué ! Mais par qui ? Et où était-il ? J'ai cherché aux quatre coins de la carte ! » s'exclama Bohort.

« Il était avec Arthur, comme l'avait préssenti le Seigneur Karadoc ici présent ! »

« Ah, je le sentais ! Ma femme, elle voulait pas me croire, mais ça m'étonnait pas de lui ! Quand est-ce qu'il revient ? On a des choses à faire ! »

« Arthur est revenu ? »

C'était une question de Calogrenant. En face de lui, Bohort était rayonnant. De sa gauche à sa droite, Hervé de Rinel, Calogrenant, Léodagan, Bohort, Lionel, et Karadoc, et Merlin et Elias debouts derrière, la regardaient en silence. Guenièvre s'affermit et reprit.

« Non. C'est de ça que je voulais vous parler. »

Sa voix s'étrangla sur la dernière syllabe et elle eut du mal à avaler sa salive, la gorge complêtement nouée. Les sourcils de son père se froncèrent un quart d'instant. Les autres ne doutaient encore de rien.

« Vénec le marchand les a vu, et m'a rapporté de leurs nouvelles… »

« Ma Reine, peut-on vraiment faire confiance à ce malfrat ? »

« Ils ont eu un accident… » continua-t-elle sans prendre garde à Bohort.

Celui-ci, Lionel et Hervé palirent. Elle se pinça les lèvres, et releva les yeux. Ses parents ne lui avaient jamais montré comment amener les choses doucement.

« Le Roi Arthur Pendragon le Juste et le Chevalier Perceval de Galles ont trouvé la mort à Tintagel. »

Une chappe de plomb recouvrit toute la Table Ronde. Karadoc, les bouche ouverte et les yeux fixés sur les mains d'Hervé en face de lui, se laissa aller contre sa chaise.

« Merde alors ! » souffla-t-il, juste avant que Bohort ne se jette sur l'épaule de son frère en sanglots.

Les autres restèrent cois, immobiles, comme s'ils avaient reçu un coup sur la tête.

« Mort ? finit par faire Léodagan d'une voix blanche. Décidément, il nous aura épargné aucun problème ! »

« La Table Ronde perd deux de ses plus prestigieux chevaliers. » acheva Guenièvre.

« La Table Ronde ? Sans Arthur et Perceval ? Et sans plus non plus Lancelot, excusez-moi d'en parler, ni Karadoc, et même Yvain et Gauvain ? Non, faut être réaliste, c'est fini, la Table Ronde ! » lança Calogrenant.

« Il reste moi, quand même, merci bien de remarquer ma présence ! » grinça Léodagan.

« Mais il ne demeure pas que vous, il y a les sieurs Calogrenant de Calédonie, Hervé de Rinel, Bohort, et moi, aussi ! » glissa Lionel.

« Remarquez, vous avez pas tort, Calogrenant …Ca va être facile à renverser, maintenant, Kaamelott! » reprit le Carmélide comme s'il adressait un reproche.

« Vous vous proposez peut-être pour prendre la relève ? » s'écria Calogrenant.

« Bah, p'tet bien ! » laissa planer Léodagan.

« Ma Reine, permettez-moi de me retirer ! J'me sens pas bien ! » suffoqua Bohort.

« Non, Bohort, je suis désolée, mais il faut rester ensemble et solidaire plus que jamais. répondit Guenièvre qui aurait bien voulu elle-aussi, pouvoir quitter la pièce. Mon père a raison, notre ordre est déjà suffisement ébranlé. Quand on dit que le chevalier affronte la mort avec courage, on pense toujours à la sienne, mais ça peut aussi être celle de ses compagnons. Il s'agit d'être courageux, maintenant, Bohort. »

Elle se tourna ensuite vers son père, sans vouloir se laisser attendrir et émouvoir par Bohort que Lionel tapotait doucement dans le dos.

« En soi, ça ne change rien, père. Je suis la reine. Seulement, maintenant, je suis veuve. »

Elle eut l'impression que le dernier mot resterait à jamais coincé dans sa gorge. Mais personne ne s'en aperçut puisque Hervé de Rinel déclara alors comme s'il constatait qu'il allait pleuvoir.

« Moi, ils me manqueront. »

Merlin, les yeux dans le vague, fit remarquer, comme pour lui tout seul.

« C'est le problème des gens comme moi. On se fait des amis. Et puis ils meurrent et nous, nous on reste ! Il avait un sale caractère, mais… je l'avais élevé, quoi ! »

« Il vous appréçiait plus qu'il ne le laissait voir, Merlin. C'est valable pour tout le monde ici, moi comprise. » fit gentiment Guenièvre.

Un instant, le silence retomba dans la salle de la Table Ronde. Et puis Karadoc, qui n'avait dit mot depuis qu'il avait compris que son comparse était mort, éleva la voix.

« D'façons, je vais revenir. Les Semis-croustillants, c'était déjà dur à deux, mais tout seul, ça va être la galère. En plus, je ramène avec moi nos chevaliers. Ils sont super-entraînés, vous verrez ! C'est du chevalier de haut niveau. »

« Pas de précipitation, Karadoc. Pour l'instant, on ne décide rien. On verra tout ça après l'enterrement. Il y aura des décisions à prendre, c'est sûr. En attendant, Bohort, vous poursuivez vos entreprises de recherches, mais pour retrouver mon frère et le seigneur Gauvain, maintenant. Bohort ? Vous m'avez entendue ? Bohort, je vous en prie, il faut se reprendre ! Il n'aurait pas aimé ça !

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Mevanwi avait été très intriguée par la réunion subite de la Reine Guenièvre des anciens chevaliers de la Table Ronde. Karadoc et Merlin n'avaient pas eu l'air de bien voir combien c'était étrange quand ils avaient docilement suivit le garde qui était venu les chercher. Restée toute seule à la taverne, avec les enfants et le tavernier, elle avait fini par céder à la curiosité. Elle avait laissé les enfants s'amuser à cuisiner avec le tavernier, et avait pris le chemin du Château.

Elle irait au laboratoire d'Elias, comme si elle venait pour une leçon, et trouverait bien le moyen de savoir ce qui se tramait. Mais quand elle entra dans la petite pièce, elle n'y trouva personne.

« Messire Elias ? C'est moi, Dame Mevanwi ! »

La porte se rouvrit derrière elle, et elle faillit sursauter en faisant volte-face.

« Ah, vous êtes là, vous ! » constata simplement la silhouette sombre et malingre.

Elias manqua de la bousculer en la contournant, sans prendre plus garde à elle que si elle n'avait pas été là. Elle le suivit des yeux : il avait l'air encore plus taciturne que d'habitude. Il entreprit de jeter deux-trois grimoires et quelques fioles dans un sac. La scène lui rappellait exactement le départ de Merlin. Elle formula ses doutes à haute-voix.

« Vous partez ? »

Il consentit enfin à relever la tête vers elle, et déclara de sa voix grinçante :

« Je vous l'avais dit, que c'était le moment de se faire un petit pactole pour se tirer. »

« Vous partez vraiment, alors ? » s'écria-t-elle abasourdie.

« Oui. Je vais aller voir chez du plus gros bonnet, voir s'ils auraient pas besoin d'un pro comme moi. Le Duc d'Aquitaine a l'air d'être mou comme une éponge, j'arriverai bien à me caser ! »

« Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? » répéta Mevanwi.

« On vous a rien dit ? »

« Non, quoi ? » glissa-t-elle dans un souffle.

« Arthur est cané. Et le Perceval aussi ! Ils ont dégringolé d'une falaise, dans le sud !

Mevanwi eut l'impression de recevoir un bloc de glace en plein dans la poitrine. Elle ouvrit et fermit inutilement la bouche, tandis qu'Elias continuait :

« C'était déjà pas la joie, comme situation, enchanteur de Kaamelott, mais là, il est vraiment temps de prendre le large. »

« Mais qui… » bafouilla Mevanwi.

Elias ferma son sac, attrapa son baton et se dirigea fermement vers la porte. Elle le suivit des yeux, incapable de réagir.

« Qui ? répéta-t-il en s'arrêtant sur le seuil pour la regarder. Ben, vous, tenez ! Vous vouliez faire de la magie ? Je vous laisse le labo ! Félicitations : vous êtes Grande Enchanteuse de Kaamelott ! Vous êtes bien assez à la hauteur pour la tâche qu'on vous demandera ! J'vous souhaite bien du plaisir ! »

Et sans plus d'explication, il s'en fut, refermant la porte derrière lui.

Arthur…et Perceval… morts… Mevanwi resta hébétée et immobile. Impossible. Pas comme ça. Pas si brutalement. Pas sans qu'elle s'y attende.

Puis, elle se précipita dehors. Karadoc passait justement dans la cour, en direction de la sortie de la forteresse. Elle courru vers lui et pour un peu, elle se serait jetée dans ses bras.

« Ma mie, que faîtes-vous là ? » s'exclama-t-il

« Karadoc ! Arthur et Perceval sont morts ! »

« Je suis au jus. C'était ce que la Reine avait à nous dire ! »

« Mais qu'est-ce qui va se passer ? »

« Ca s'annonce pas joli-joli, faut bien dire ! »

« Elias est parti, en plus. Il m'a dit que j'étais Grande Enchanteuse de Kaamelott, maintenant. »

« Vous, ma mie ? Mais vous y pigez quelques chose, à leurs machins magiques, vous ? »

« J'ai quelques notions... »

« Bah avec vous qui allez bosser au château, et sans Perceval et Arthur, qu'est-ce que je vais faire, moi ? »

Mevanwi eut envie de lui crier qu'il fallait en profiter, que Guenièvre avait dit qu'elle ne voulait pas prendre de Roi parce qu'Arthur lui suffisait, que c'était le moment ou jamais de pousser Guenièvre à le choisir lui, qu'il fallait penser aux enfants, que c'était le seul moyen de s'en tirer, qu'ensemble, ils prendraient le pouvoir, que les Semis-Croustillants remplaceraient la Table Ronde, qu'il allait être Roi. Et qu'elle serait Reine !

Mais tout cela resta coincé dans sa gorge.

Elle l'avait voulu, elle l'avait souhaité, elle avait même essayé de le faire elle-même, mais la disparition d'Arthur et de Perceval lui faisaient plus d'effet qu'elle n'aurait cru. Elle aurait du exulter de joie !

Perceval, à côté de son aspect d'abruti bête et méchant qui empêchait Karadoc de devenir roi, avait été le compagnon de toujours, l'ami de la famille, le parrain de Meben, le pendant de son mari.

Arthur n'avait pas été que son échelle vers le pouvoir. Il avait été un mari, un amant, avec qui elle avait partagé des émotions qu'elle ne connaitrait jamais avec Karadoc.

Et tout ce qu'elle put sortir, ce fut :

« Il va falloir faire tout ce qu'on peut pour aider la Reine. »

Quand le choc serait passé, elle réfléchirait au meilleur moyen d' « aider la Reine ».

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« Ma Reine ? »

« Entrez, Lionel. C'est fait ? »

Lionel de Gaunes fit quelques pas dans la pièce. Il ne pouvait s'empêcher de penser que la voix piaillante de Guenièvre ne serait jamais celle d'un chef d'état. Et pourtant, elle avait perdu ce pépiement gai et naïf qu'il avait entendu durant ses premiers jours à Kaamelott.

Elle était assise, les yeus fixés sur le feu qui flamboyait dans l'âtre. Il était encore tôt dans l'après-midi, mais ce n'était pas le plus beau jour de printemps. Le ciel de Kaamelott semblait lui aussi pleurer son roi et son chevalier.

« Le pigeon est parti. La Dame de Tintagel devrait le recevoir demain à peu près à cette heure-ci si Dieu le veut. Si elle nous répond aussitôt, nous recevrons son brave volatile après-demain. »

« Merci. » répondit-elle d'une voix lasse.

« Puis… puis-je prendre place à vos côtés ? » demanda-t-il, hésitant.

« Si vous voulez… Comment va votre frère ? » reprit Guenièvre alors qu'il s'asseyait.

« Pas très bien, pour être honnête… »

« Et vous ? »

« Hé bien… C'est un choc pour tout le monde. Je ne les connaissais que fort peu. Pour tout dire, je n'ai même jamais eu l'honneur de rencontrer Provencal le Gaulois. Mais on disait grand-bien d'eux. »

« Il y avait une différence entre ce qu'on disait d'eux et ce qu'ils étaient, Lionel. Mais … nous ne sommes plus rien, sans eux deux. »

« Ma Reine, c'est peut-être quelque peu précipité, mais… Vous y entendez-vous en matière de guerre ? »

« Guerre ? »

« Hé bien, je suis ministre de la guerre, par votre grâce, mais ...moi…enfin… j'ai besoin d'ordres. Les Saxons, les Burgondes, les Vikings, les Angles, et même les Orcaniens ne mettrons pas cinq jours à déferler sur nos contrées…Ils attendent cette occasion depuis des années. Il faut que notre dirigeant garde nos frontières avec la même fermeté que feu Arthur le Juste. »

« Vous voulez dire qu'il faut que je prenne un Roi ? » demanda-t-elle en le regardant dans les yeux.

« Oh, non, je pensais plutôt à vous, quand j'évoquais un dirigeant solide et puissant. C'est une nouvelle ère qui s'ouvre devant nous, Dame Guenièvre. Il vous revient d'organiser vos troupes et votre pays afin que cette nouvelle ère soit encore meilleure que celle qui vient de s'achever. Il faut peut-être… tout réorganiser… »

« Que feriez-vous, vous, si vous vous retrouviez dans la même situation que moi, si vous vous retrouviez veuf brusquement ? »

« Si Vawen … ? Oh, Seigneur ! Eh bien, je… j'essayerais de … Oh Seigneur ! »

« Que seriez-vous capable de faire et de décider le jour-même ? »

Balbutiant et mis à la torture, il coula vers elle un regard implorant. Elle avait aux lèvres un sourire presque triomphant.

« Vous voyez ? »

« Ma Reine… »

Guenièvre resta silencieuse, tripotant machinalement le médaillon de Lancelot qu'elle portait désormais en permanence autour du cou.

« Mais vous avez raison. Il est temps de tout réorganiser. Il est temps de tout oublier et de tout recommencer.

« Quels sont vos volontées ? »

« Hé bien, faites-donc savoir à tous ceux qui on un jour siégé à Table Ronde que la Reine leur accorde de revenir s'ils veulent bien ! Ca ne plaira pas à tout le monde, mais… »

« Vous êtes leur Reine, ma Dame. »

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Uther Pendragon : C'est ça ce qu'elle appelle une nouvelle ère ? Rappellez les anciens ? Ah bah, bravo ! Mon fils avait eu suffisement de mal à virer tous les cons...

Le Roi Ban : Au contraire, je trouve que c'est une excellente iniative. Arthur n'aurait jamais été capable de mettre son honneur de côté et de tourner la page des vieilles querelles !

Uther Pendragon : Vous pouvez parler, vous ! Evidemment, on sait bien qui elle va se précipiter à ramener en premier !