Disclamers : les personnages utilisés sont ceux d'Alexandre Astier. Plus je le connais, plus je regarde ses oeuvres, plus je le rencontre et plus je me dis que ... j'ai presque honteusement trop de chance de vivre à son époque, de pouvoir le suivre au fur et à mesure des années!

pour le titre de cet épisode, bon, ... je suis pas allé cherché loin

et un dernier mot pour le plaisir : Guinevere, our beloved Queen, rules !

Episode 13 : Le Retour du Chevalier

Uther Pendragon : C'est de pire en pire ! Moi, ça me désespère de jour en jour d'assister à ça ! Ca change peut-être, mais par forcément en bien.

Le Roi Ban : Non, non, y'a pas à dire, moi je l'aime bien cette Guenièvre. Ca change, ça fait du renouveau.

Uther Pendragon : Vous rigolez, elle est pire que mon fils dans le genre « je règne comme une gonzesse ! »

Le Roi Ban : En même temps…

Uther Pendragon : Oui bon !

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« Et on peut savoir pourquoi c'est tombé sur moi ? C'est pour une raison précise ou c'est juste pour m'emmerder ? »

« C'est parce qu'il n'y a que vous ! répondit Guenièvre d'un ton pincé.

« Que moi ? C'est ça ! Dites plutôt que les autres ont refusés ! »

« Hé bien, dans un sens… Bohort a peur de tenir une épée, et Lionel a peur de Lancelot. Calogrenant est en Calédonie pour le moment et Hervé de Rinel… hé ben je le connais pas, voilà, un point c'est tout ! » s'écria la Reine en s'échauffant un peu.

« Et le Maître d'Armes ? Il est retenu par une vilaine grippe, sûrement. »

« Non, mais… lui il a refusé. »

« Nous y voilà ! »

« Toujours est-il qu'il n'y a plus que vous et qu'en plus vous avez devoir de me protéger parce que vous êtes mon père ! » se mit à criailler Guenièvre.

« C'est pas ce que j'ai fait de mieux dans ma vie ! » railla Léodagan à voix mi-basse.

« Et puis vous m'avez dit ce midi-même que c'était pas une mauvaise idée de rassembler les troupes ! »

« Peut-être, mais j'ai pas dis que courir dans les bras de son amant dès le lendemain de son veuvage, c'était une bonne idée ! » précisa Léodagan en grinçant.

Il était planté avec sa fille dans la cour du château, les bras fermement croisés, devant la Grande-Porte.

« Bon et qu'est-ce qu'on attend pour y aller ? Dépêchez-vous avant que je change d'avis. »

« On attend notre guide. » déclara Guenièvre d'une voix lasse en levant les yeux au ciel.

« Notre guide ? Je croyais que Lionel avait peur et voulait pas venir ! »

« C'est ma copine ! »

« Votre copine ? La clodo rouquine ! Si je l'attrape celle-là »

« C'est ma copine ! » répéta Guenièvre.

« Ca fait des mois qu'on essaie de mettre la main dessus, et du jour au lendemain, c'est votre copine, pas touche ! »

« Elle est bien plus importante que vous ou moi ! » souffla Guenièvre qui ne voulait pas rentrer dans la polémique.

« Avouez que c'est pas évident, hein ! »

« Quand j'aurais le temps, je lui rendrais l'apparence qu'elle mérite ! Comme ça tout le monde verra bien que… ah, la voilà ! »

Viviane traversait la cour au rythme de son petit pas timide et hésitant. Léodagan la considéra d'un œil critique.

« Quand vous étiez gamine, un jour, on vous avait retrouvée dans la niche du chien. Vous avez dit que c'était votre copain. Ca vous ait pas passé, hein ! »

Sans prendre garde à son père, Guenièvre interpella Vivianne, qui venait vers eux.

« Qu'est-ce qui vous a retenue ? »

« C'est pas ma faute, j'ai voulu aller chercher de quoi tenir la route, et les cuisiniers, ils m'ont attrapé ! »

« Mais il faut me demander ! De toutes façons, j'ai déjà tout prévu ! »

« C'est vraiment trop nul ! » bougonna Viviane.

« Comment ça, de quoi tenir ? Parce que c'est loin en plus ?

« On devrait y être demain matin, d'après ce que j'ai compris. C'est ça Vivianne ? »

La rouquine acquiesça en silence.

« Je sais pas pourquoi, mais depuis le début, je me dis que ça sent l'embrouille…Bon, on y va, là, où je vais vraiment m'énerver ? »

Guenièvre, pourtant, ne s'inquiétait pas de la mauvaise humeur de son père. Elle avait un fantastique moyen de faire pression sur lui et elle comptait bien en profiter avec subtilité le plus possible. A la tombée de la nuit, elle lui fit dresser une tente sommaire dans la pleine où ils étaient arrivés, et puis veiller presque toute la nuit par ce qu'elle avait entendu un corbeau en pleine nuit et que ce n'était sûrement pas normal. Il bougonnait dans son coin, mais elle n'y faisait pas attention. Ce n'était pas le cas de Vivianne, qui se recroquevillait toujours le plus loin possible de Léodagan qu'elle surveillait avec de grands yeux terrifiés.

Ils reprirent leur marche aux premiers rayons du soleil. Selon Viviane, ce n'était plus très loin. Etrangement, cette matinée-là, Guenièvre sentit son appréhension augmenter avec chacun de ses pas. Elle ne savait pas du tout comme elle allait trouver Lancelot, comment ils allaient tous les deux réagir, s'il se laisserait convaincre facilement. Bref, elle avait un but, mais aucun plan.

Certes, Lancelot lui avait promis de l'aimer à jamais, il l'avait aussi attendu toute sa vie, et couverte de fleurs, mais il n'en restait pas moins que la dernière fois qu'elle l'avait vu, il l'avait ligotée dans son lit, absolument persuadé qu'elle attendait la moindre occasion de s'enfuir pour le quitter, et puis, c'était lui qui lui avait un jour déclaré, avec des yeux pleins d'amour, qu'il n'hésiterait à la tuer si elle essayait de partir.

Si on suivait sa logique, il chercherait à la tuer dès qu'il la verrait. Normalement, c'était là que son père intervenait. Si ça tournait mal.

La lande était désertique, si ce n'est part-ci, part-là, un buisson plus étoffé que les autres, ou un amoncellement de pierres. Le paysage rappellait à Léodagan et Vivianne la plaine où Excalibur était encore plantée, seule et abandonnée, attendant maintenant en vain qu'un Pendragon vienne la rechercher.

« C'est là. » fit enfin Viviane d'un petit voix en désignant un monticule de rocaille plus haut que les autres.

Et comme si c'était un signal de stop, ils s'arrêtèrent tous les trois, les yeux rivés sur la pierraille.

« Il y a une entrée, de l'autre côté, et ça forme une espèce de grotte. Il est là-dedans. » expliqua Viviane.

Guenièvre prit une grande expiration, et déclara :

« Père, venez avec moi. Sortez votre épée, on ne sait jamais !»

« Ah parce qu'en plus, vous avez peur de lui, railla Léodagan, c'est beau l'amour ! »

« Mais, vous me laissez pas là, hein ! » se mit à geindre Viviane.

« On est pas loin ! » répondit Guenièvre en désignant les rochers.

« Mais si la Réponse arrive ! Vous allez pas me laissez toute seule ! »

« Ma main dans la mouille, ça vous convient, comme réponse ? » maugréa Léodagan que ses couinements n'amusaient que très moyennement.

« La Réponse, elle peut tout aussi bien être dans la grotte, non ? »

« C'est quoi, la Réponse ? » demanda Léodagan.

« C'est une sorte d'envoyé des dieux méchants qui a prit Lancelot sous sa protection. C'est bien quelque chose comme ça, hein ? »

« Oui, oui. » souffla Viviane.

« Un envoyé de dieux méchants ? Non mais vous vous foutez de ma trombine, là ? Y'a pas un petit détail que vous avez oublié de me dire avant de m'entrainer ici ? »

« C'est à dire, commença Guenièvre d'un ton hésitant, et en cherchant ses mots, ça vient de me revenir à l'instant en tête. »

« C'est ça, oui ! Moi, je connais autre chose qui va vous revenir dans la tête brusquement ! »

« Bon, on arrête de discuter, là ? » s'écria Guenièvre pour changer de sujet.

Il était encore tôt, et le soleil levant, face à elle l'éblouissant. Mais elle affermit son pas, et contourna, son père sur les talons, l'amas de rocher. Effectivement, comme la Dame du Lac l'avait annoncé, elle y trouva une entrée, assez haute pour un homme debout. Mais l'intérieur était si obscur qu'à deux pas devant elle, elle ne voyait déjà plus.

« Lancelot ? C'est moi… Guenièvre… »

Sa voix résonna un peu, mais du fond de la caverne, un ralement rauque et stupéfait répêta son nom.

« Lancelot ? C'est bien vous ? Vous êtes là ?

Il y eut du remue-ménage dans l'obscurité et puis des bruits de pas mal-assuré. Léodagan, encore caché derrière le rocher, surprit alors sa fille en soufflant, avec une sincérité inquiète qu'elle ne lui avait jamais entendu :

« Faites gaffe ! »

Elle recula de quelques pas. Son chevalier-servant Lancelot du Lac sortit progressivement de l'obscurité. De fait, il ne restait plus grand chose du Chevalier-servant Lancelot du Lac qu'elle avait connu à Kaamelott, et même dans son camp. Mais Vivianne l'avait prévenue et elle réussit à ce que le choc ne se lise pas sur son visage.

Mais ses yeux n'avaient pas changé. Ni sa voix.

« Guenièvre ? C'est vous ? »

« Oui, oui… »

« Vous n'êtes pas un mirage, alors. D'habitude, vous n'êtes qu'un rêve. Vous disparaissez quand j'ouvre les yeux. »

Son romantisme non plus, n'avait pas changé. Elle esquissa un léger sourire, et reprit doucement.

« Venez… venez s'il vous plait. »

« Vous êtes venue pour rester ? »

« Disons que …Je suis venue pour vous retrouver. » biaisa Guenièvre.

« Je savais. J'ai toujours su. Ensemble, on peut…aller très loin ! »

« J'ai quelque chose qui vous appartient, reprit-elle en montrant son médaillon.

Elle reculait imperceptiblement en maintenant le dialogue avec lui, et il la suivait sans s'en rendre compte, comme un loup rentre dans une cage en suivant l'appat. Bientôt, il fut dehors, à l'air libre et à la lumière du jour. Il avait une impressionnante barbe emmelée, de fines mêches lui retombaient devant les yeux et son habit blanc ne l'était plus depuis bien longtemps. Mais il était vivant.

Guenièvre tendit la main vers lui d'un air encourageant et il allait la saisir quand il apperçut Léodagan, posté en retrait, l'épée levée. Son visage se décomposa et il chercha fébrilement à atteindre quelque chose dans le revers de sa veste, en criant :

« C'est un piège ! Un piège ! J'aurais du m'en douter ! Méléagant ! A l'aide ! Méléagant ! »

Il finit par extraire de sa poche son petit couteau, qui faisait bien pâle figure par rapport à la longue lame effilée de l'épée de Léodagan.

« Mais non ! Mais non ! cria Guenièvre en levant les mains d'un air appaisant, Père, baissez votre épée ! »

Léodagan s'exécuta, visiblement plus sonné par l'aspect d'ermite de Lancelot que par réelle obéissance.

« Arthur est là, aussi, hein ! Qu'il se montre ! Qu'il vienne ! » cracha Lancelot haletant.

« Non, non ! Il n'est pas là ! Je vous assure, Lancelot ! Il n'y a que mon père ! Je vous le jure, mon ami ! »

Lancelot, à cette appellation, se calma, mais garda son couteau prudemment levé.

« Et pourquoi ? C'est lui qui vous envoie ? »

« Non. Non Lancelot. Arthur n'est plus Roi. Il n'est même plus à Kaamelott. C'est moi qui rêgne, maintenant. C'est moi qui prends les décisions. J'ai décidé de réunir les anciens chevaliers, afin de recommencer tout sur de bonnes bases. » Expliqua-t-elle à grand renfort de gestes.

« Et vous avez pensé à moi ? »

Guenièvre ouvrit la bouche pour lui dire qu'elle n'avait pas besoin de vouloir réorganiser le royaume pour penser à lui, ce qui était parfaitement vrai, ce qui l'aurait convaincu, mais ce qui n'aurait pas plu à son père, quand Viviane l'interrompit en arrivant en courrant.

« C'est bon ? Y'a pas la Réponse, hein ! Dites, y'a pas la Réponse, vous trouvez pas que c'est bizarre ?»

« Vous êtes là, vous aussi ? »

« Oui, c'est mon amie Viviane qui nous a menés ici ! »

« Oui, et moi on m'a forcé ! »

« Pèreuh ! »

« Nan mais je tiens quand même à dire que je suis pas du tout d'accord, hein ! Parce que là, comme je suis là, il pourrait y avoir confusion ! »

« Et Arthur alors, qu'est-ce qui se passe ? Il a pas récupéré Excalibur ? » demanda Lancelot en se détournant de Léodagan.

« Vous allez pas nous dire que ça vous afflige ! » grinça ce dernier.

« Père, s'il vous plait ! C'est moi qui parle ! Non, déjà il n'a pas récupéré Excalibur, et puis ensuite et surtout, il … »

« Il quoi ? »

« Il est mort. Réussit à dire Guenièvre d'une voix un peu étranglée. Le Seigneur Perceval aussi. Il y a cinq jours »

« Mort ? »

« Ouais, On l'a appris avant hier. Bon, c'était déjà le bordel, mais là, c'est carrément la débandade. On vient même rechercher les saligauds de traitres !

Lancelot était trop abasourdi pour réagir, la main qui brandissait son couteau retomba lentement.

« Alors tout était vrai… mon rêve… tout était vrai… »

« Pardon ? »

Le Chevalier du Lac releva la tête.

« Ce n'est rien, ma mie ! Ne vous souciez pas de cela ! »

Il ajouta à cela un magnifique sourire, quelque peu gâché, il est vrai, par sa barbe sauvage.

« Vous voulez bien revenir avec nous ? A Kaamelott, en fait. Vous avez toujours été le meilleur des chevaliers. Je ne peux rien faire sans vous ! Et puis, les querelles et les problèmes d'Arthur sont morts avec lui ! »

« Je… Si jamais vous m'avez menti et que c'est un piège, je… »

« Je vous assure, c'est déjà pas coton d'être veuve et reine du royaume du Logres, je le dirai pas pour rigoler! Et puis je vous le jure au nom…de ce qu'on a vécu ensemble, Seigneur Lancelot ! »

Léodagan laissa échapper un petit rire moqueur et ironique, mais la déclaration de Guenièvre fit son effet sur Lancelot.

« Je vais chercher mon épée, et je vous suis, ma mie ! De toutes façons, vous dites qu'Arthur est mort, mais si c'est faux, je me chargerais aussitôt à ce que ce soit bien le cas ! »

« Faites-moi confiance… » murmura Guenièvre d'une voix aussi douce que possible.

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Le Roi Ban : Je vous l'avais dit ! Elle a réussi là où votre fils n'avait même pas osé !

Uther Pendragon : Je me demande si je préférais pas Arthur qui faisait comme si de rien n'était ! Je vous répète que c'est de la lâcheté !

Le Roi Ban : Mais non, c'est de l'amour ! Ah mon fils ! Mon Lancelot ! Enfin quelqu'un se soucie de lui ! Enfin quelqu'un reconnaît sa juste valeur ! Parce que je vous signale que depuis des mois, y'en a que pour le vôtre !