disclamers : Les personnages sont tous à Alexandre Astier le Grand

Episode 14 : Le Présent Royal

Uther Pendragon : Voilà une bonne chose de faite.

Le Roi Ban : Pardon ?

Uther Pendragon : Ca va, ne m'obligez pas à répéter non plus.

Le Roi Ban : Mais vous êtes content que Guenièvre soit allée rechercher mon Lancelot, ma parole !

Uther Pendragon : Au cas où vous n'aviez pas remarqué, il avait des mauvaises fréquentations, votre fils. Ca sera pas la joie, mais on a peut-être évité la fin du monde.

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Lionel faisait les cents pas dans la grande salle. Bohort était assis sur le siège à côté du trône vide de Guenièvre.

« Je t'en prie, Lionel, calme-toi, viens t'asseoir ! Ca ne changera rien que tu uses tes chausses sur la pierre ! »

« Je ne pourrais trouver la tranquilité tant que je n'aurais partagé avec la Reine ce que nous savons. »

Lionel agita la missive qu'il tenait à la main et cessa un moment ses pas pour soupirer.

« Elle ne remet rien en cause, mais avoue qu'elle est surprenante. »

« C'est une chose que je ne veux pas imaginer »

« Ils ne devraient plus tarder. Mais j'ignore comment ils pourront traverser le village et arriver ici sans se faire remarquer. » fit Lionel pour changer la conversation.

« Tu veux que j'envoie Grüdü à leur rencontre ? »

« Grüdü ? Je n'ai pas l'honneur de connaître ce personnage. »

« C'était le garde-du-corps d'Arthur. Un solide gaillard ! »

« Si tu veux. »

Mais le ton de Lionel n'était pas convaincu. Il avait reçu la charge du royaume pendant que Guenièvre allait rechercher Lancelot. Il espérait qu'il aurait le droit de s'éclipser dès que son cousin ferait son apparition. Il essayait de toutes ses forces d'être prêt à se retrouver en face de lui, mais ce n'était pas gagné.

« Il faut quand même voir la vie d'un bon côté. » déclara-t-il.

« Lequel ? J'avoue que je ne vois pas duquel tu parles. »

« Yvain et Gauvain. Tu les as retrouvés rapidement, et en bonne santé. »

Bohort leva vers lui un faible sourire.

« C'est sur que j'aurais pu les retrouver morts, eux-aussi, ces chers petits ! On les a purement et simplement jeté dehors, Lionel, je t'assure ! Dans le froid et la nuit de l'hiver. C'était un scandale ! »

« Tu as la preuve de leur capacité à se gérer. Ils avaient belle mine dans leurs costumes de bardes, mais … quand on pense qu'ils ont été adoubés… »

Bohort ouvrit la bouche, mais il fut interrompu par un grincement sinistre venu d'un recoin noir de la salle du trône. Lionel cessa aussi ses allers et retours et courrut se mettre derrière son frère, et sous leurs grands yeux ouverts et terrorisés, Léodagan emergea d'une porte à peine visible.

« Je savais bien qu'elle reservirait un jour, cette porte ! Bonjour vous deux ! »

« Mon passage secret ! Je l'avais presqu'oubliée » souffla Bohort, à moitié levé de son siège, prêt à fuir.

Guenièvre sortit à son tour de la porte dérobée et Bohort acheva de se lever, mais en signe de respect cette fois. Derrière elle venait Viviane. Pendant un moment, il sembla que c'était tout, et puis la Reine se pencha par la porte.

« Mais enfin, vous pouvez venir, je vous dis, vous ne craignez rien ! »

Une épée, puis un bras couvert d'oripeaux, puis un homme de haute stature, mais n'ayant visiblement pas vu un bain et un rasoir depuis quelques saisons sortirent de la porte. Lionel s'était préparé mentalement à ce moment, mais l'air méfiant et l'épée brandie, ce fut trop pour lui. Il s'aggripa aux épaules de son frère et se baissa pour se cacher derrière lui.

« Le Mal ! Le Mal ! Bohort ! Il veut me tuer ! »

D'instinct, en entendant crier, Lancelot affermit sa prise sur son épée, mais le temps qu'il comprenne que ce n'était que la réaction incontrôlée de deuxième Bohort, il se calma aussitôt et laissa retomber la pointe de son épée sur le sol. Lionel se releva aussitôt, honteux de s'être laissé aller à ses peurs. Et l'incident était presque déjà passé quand Guenièvre s'écria, en s'adressant aussi bien à Lancelot qu'à Lionel :

« Non, non, il ne vous fera aucun mal ! »

Lancelot eut un sourire et déclara d'une voix aussi aimable que possible.

« Non. C'est mon cousin. On ne peut pas se faire de mal, entre cousins, hein ! »

« Merci… de m'avoir épargné… »

« C'est… Lionel, c'est ça ? »

« Lionel. » confirma l'intéressé d'une voix encore blanche.

« Nous n'avons pas fait connaissances dans les meilleures conditions. »

« Certes ! » approuva Lionel d'un ton assez sec, cette fois-ci .

« Alors, Bohort, comment ça va, ici ? » demanda Lancelot sans pouvoir s'empêcher de regarder partout autour de lui, avant de rengainer.

« Oh, Seigneur Lancelot, le temps n'est pas aux réjouissances et à la joie. Notre Reine vous a-t-elle mis au courrant du malheur qui nous touche ? »

« Oui, même qu'il veut pas nous croire ! » grinça Léodagan.

« Si vous aviez passé une année à vous opposer à lui puis à vous cacher comme une bête, vous seriez méfiant aussi, Seigneur Léodagan. »

La façon dont il s'était tourné vers le père de la Reine, la main sur la garde de l'épée, le grincement de sa voix, le défi sous-entendu, la fierté transparaissant dans ses propos firent soudainement chaud au cœur de Bohort. Il eut un flash du Lancelot qu'il avait toujours connu. Celui qui n'était pas encore honni de tous, mais au contraire, celui qui était considéré comme le modèle, celui à qui il avait accordé sa confiance.

« Hélas, trois fois hélas, il ne s'agit pas là d'inventions. Notre brave Perceval et notre grand Roi Arthur sont bel et bien partis pour l'Autre Monde. »

« Des nouvelles de Tintagel, au fait ? »

On eut dit que Lionel venait d'être frappé par la foudre tant il tressaillit.

« Oui ! Oh oui ! Où avais-je la tête ? Là, là, on a reçu la réponse de la Dame de Tintagel ce matin-même. » s'écriat-il en se précitant vers elle.

« Les corps vont nous être rapatriés rapidement ? »

« Lisez plutôt par vous-même ! » dit-il en lui mettant le papier dans la main.

Guenièvre parcouru la missive des yeux et laissa retomber le bras. Dans un soupir, elle secoua la tête.

« Arthur… et un souci en plus. »

« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Léodagan en s'approchant, les sourcils froncés.

« On a pas retrouvé les corps. Elle a retrouvé juste son sac et l'épée de Perceval. Au pied de la falaise Est, comme Vénec l'avait dit. Pareil, comme il avait dit, le sac complêtement explosé. Elle dit qu'il a dit tomber de haut, et lourdement. Elle dit que les corps ont du être emportés par la marée… »

La Dame du Lac prit alors la parole.

« Pour Perceval, je n'ai pas d'explication. Mais pour Arthur, il a du être emmené à Avalon pour n'en revenir que quand le peuple breton aura de nouveau besoin d'un chef réunificateur aussi juste et aussi bon que lui. Le marchand dit qu'il n'a pas vu Morgane, qui aurait normalement du venir chercher son corps, mais je suis plus… enfin je veux dire, les choses ont pu changer sans que je sois au courrant ! »

« Et c'est quand que les Bretons auront à nouveau besoin de lui ? »

Viviane haussa les épaules :

« Ca peut être dans des siècles ! »

« Bon, soupira Guenièvre, en attendant, il faut que j'organise des obsèques sans corps. »

Lionel aurait voulu dire quelque chose, trouver un mot de réconfort, où mieux, lui dire qu'il savait comment faire, et qu'il allait s'en charger. Guenièvre soupira encore, se frotta les yeux et Lancelot fit un pas vers elle. Mais Léodagan en fit de même, en fixant Lancelot d'un regard chargé de mise en garde. La Reine releva la tête et reprit, avec cette force d'esprit qui étonnait Lionel de jours en jours.

« Et l'appel aux chevaliers ? »

« Nous avons retrouvé Yvain et Gauvain. Le Seigneur Karadoc viendra aussi, et les Orcaniens sont sur la route. »

« Les Orcaniens ? cria brusquement Lancelot. Il est hors de question que je sois en présence de ces scélérats ! Ce ne sont que des traitres ! »

« Parce que vous, vous êtes quoi ? Un inconditionnel de Kaamelott, peut-être. » fit remarquer Léodagan, amer.

« Moi, j'ai quitté Arthur au nom de mes idées et de la quête du Graal : Eux, non seulement ils l'ont trahi, lui, pour des histoires de pouvoir, et mais en plus, ils m'ont trahi, moi, pour les mêmes raisons ! » répliqua fermement Lancelot.

« Calmez-vous, mon ami. De toutes façons, il n'est pas vraiment prévu que vous assistiez personnellement à notre rencontre. »

« Je pense qu'il serait bon de les recevoir tous en même temps cet après-midi, ma Reine. » glissa Lionel en surveillant Lancelot du coin de l'œil.

« Le temps de manger quelque chose et de me changer. »

« Histoire d'être belle pour ces traine-bouseux de traitres et de lâcheurs ! Vous êtes pire que votre feu Arthur ! » ronchonna Léodagan.

« Père, je vous en prie ! »

« Z'en prie, z'en prie ! J'exprime mon opinion ! »

« Et ben allez l'exprimer à la cave ! » enchaina Guenièvre dans une parfaite immitation de son paternel.

Il y eut un moment de silence, et Léodagan quitta la pièce à grandes enjambés.

« Il y a des choses qui ne changeront jamais. » déclara Lancelot.

Guenièvre se tourna vers lui et posa délicatement sa main sur son bras.

« Mon ami, est-ce vous ne voudriez pas profiter de l'après-midi pour aller vous… arranger ? La salle de bain est à votre disposition. Et vous aussi, Viviane, il faudra faire quelque chose, d'ailleurs. Et ensuite, vous aurez bien assez à faire à reprendre vos marques dans votre chambre. »

« Reprendre ma chambre ? Mais… ! »

« Allons, allons, mon ami ! Je vous laisse vous remettre de vos émotions, maintenant ! » répondit délicatement Guenièvre comme si elle n'avait pas compris ce qui étonnait Lancelot.

Car, de ce que Lionel en savait, il n'était pas très judicieux d'afficher trop de proximité et d'intimité avec Lancelot, le traitre et l'amant. Ils en avaient parlé tous les deux, avant qu'elle ne parte le rechercher. La Reine avait fait preuve de lucidité : c'était le chevalier qu'elle allait rechercher : pas le traitre, ni l'amant. Ils auraient déja suffisement de mal à faire accepter cela au peuple et aux gens de Kaamelott sans avoir besoin d'alimenter les ragots.

L'après-midi, il était aussi aux côtés de la Reine quand elle reçut les autres chevaliers. Elle reçut tout le monde ensemble : Yvain, Gauvain, Karadoc, Dagonet et Galessin, accompagnés pour ces deux-derniers du Roi Loth.

Ce fut le Roi, d'ailleurs qui parla le premier, avec l'hypocrisie qui lui était naturelle.

« Mon cœur, ma Reine, a manqué de se stopper net à la lecture de votre missive. Quoi donc ? Arthur ?! Le Grand Arthur ! Qui avait fait preuve de tant de bonté à mon égard, emporté à jamais par les sombres démons des enfers ? Oh, non, j'ai cru ne jamais pouvoir le supporter ! »

« Allez au but, Loth ! » soupira-t-elle.

« Bref, oui, quand j'ai lu la fin de la lettre et que j'ai compris votre intention de réhabiliter la Table Ronde, là, je me suis dit « C'est pas con, ça ! » alors voilà, je vous les ai amenés. »

Il se tourna vers Galessin et Dagonnet qui se tenaient en silence un peu en retrait :

« Faites un effort, quoi, bande de glandus ! Souriez ! »

« Euh, moi, j'précise que j'voulais pas v'nir ! » ajouta Galessin de sa voix lente à l'intention de la Reine.

« Moi non plus… mais c'est parce qu'au printemps, je fais des crises d'éternuements si je sors trop ! » reprit Dagonnet en agitant timidement sa main devant son nez.

Sans prendre garde à eux, le Roi Loth poursuivit, avec son air très convaincu :

« Et je me suis dit, allez, tabula rasa (1), passons l'éponge, si vous préférez, et c'est vrai, repartons à zéro. Oublions nos vieilles querelles, entre Kaamelott et l'Orcanie ! On en rira bien, plus tard ! Forsan et haec olim meminisse juvabit (2) si j'ose dire !» déclama-t-il.

« Comme quoi, vous savez aussi être raisonnable quand vous voulez ! C'est l'occasion ou jamais de se remettre dans les petits papiers de Kaamelott, hein ! Allez Loth, cessons ce jeu. Je sais que vous avez envie de vomir, à essayer de faire ami-ami pour vous mettre dans les bonnes graces d'une femme ! Mais oui ! Je n'oublie pas comment vous m'avez traité au camp de Lancelot… En Orcanie, la femme n'a pas le pouvoir ! » acheva-t-elle de sa voix trainante.

« Mais détrompez-vous, détrompez-vous ! Je l'avais dit à votre mari, je suis bien habitué à me résigner aux volontés des femmes, la mienne en l'occurrence ! Sic itur ad astra !(3) Ca veut rien dire, mais ça colle assez aux circonstances ! »

Il se décala et fit un grand geste vers Galessin et Dagonnet, comme un marchand présentant ses marchandises :

« Aujourd'hui, pour vous prouver l'amitié entre nos deux royaumes, je vous amène deux vaillants chevaliers ! Et je vous préviens, ajouta-t-il, je les ramène pas, j'en ai par-dessus le bonnet, de ces deux cons ! »

« Bon, et vous Karadoc ? »

Guenièvre avait délibérément quitté Loth des yeux, et celui-ci pinça les lèvres un instant avant de se reprendre et de faire obligeamment quelques pas en arrière, forçant Galessin et Dagonnet à reculer.

« Qu'est-ce que vous allez faire ? Je suis prête à vous acceuillir à nouveau autour de la Table Ronde, comme tous les chevaliers que j'ai rappellé. Vous acceptez ? »

« Ben en fait, avec ma femme, on a pensé à un truc en fait. »

« Annoncez-nous donc ça ! »

« Comme maintenant elle est enchanteuse de Kaamelott… »

« Ah ? Ah oui, c'est vrai, j'ai entendu parler de ça ! » éluda Guenièvre.

« En fait, on pensait que je pourrais être un chevalier bi ! »

« Pardon ? » fit Guenièvre, aussi héberluée que ne l'était Lionel à ses côtés.

« Ben chevalier des Semi-Croustillants et aussi chevalier de la Table Ronde ! A temps coupé ! »

« Je pense que vous devez vouloir dire « un double chevalier à temps partiel » si je puis me permettre, Seigneur Karadoc. » intervint poliment Gauvain, le doigt levé.

« Pas double ! Si ? » s'exclama Yvain en haussant les épaules. »

« Ah si ? Ou…du moins, c'est ce que j'ai cru comprendre ! » répondit Gauvain en tournant vers Guenièvre un regard peu certain.

« Ca fait pas un peu espion ? C'est comme ça qu'on dit, nan ? Un espion, et un espion double ! » continua son compagnon.

« Un agent double ? Père, c'est ça ? »

« Ah nan nan, hein, moi je paye pas double ! J'ai quatre gosses à nourrir, moi ! » releva Karadoc.

« Agent, pas argent, il me semble ! Père ?»

« Je sais pas : j'écoute pas vos conneries ! » articula sèchement et fermement Loth.

Guenièvre soupira et se frotta lentement le front.

« Bon. Chut ! Chut ! Chut là, parce que … »

Karadoc, Yvain et Gauvain obéirent non sans s'être échangé un dernier regard interrogatif.

« Bon, Karadoc, tout ce que je veux savoir, c'est si vous serez là à la réunion de la Table Ronde demain. Oui, ou non, et c'est tout ! »

« Oui. »

« Oui ? C'est tout ? »

« Bah faudrait savoir ! Vous voulez que… »

« Non, non, parfait, c'est très bien, c'est ce que je demandais ! » s'empressa de le couper Guenièvre d'une voix pépiante.

Et de façon tout aussi abrupte, à la limite du mépris, elle se désintéressa de lui.

« Yvain. Gauvain. Contente de vous revoir, déjà, comment allez-vous ? »

« Trop mal, quoi ! » soupira son frère.

« Hé bah alors ? » demanda-t-elle avec une pointe d'affection sororale.

« Oh ma tante, je ne voudrais pas assombrir votre moral, qui est déjà bien noir, en vous contant nos problèmes, mais nous venions tout juste d'arriver à la conclusion que notre clan indépendant était un échec quand la nouvelle du décès tragique de mon oncle et du Seigneur Perceval est arrivée jusqu'à nos oreilles ! Ce fut… dur, ma tante ! »

A la fin de sa tirade, Gauvain avait le visage si crispé et il semblait tellement sur le point d'exploser en sanglots que Lionel sentit son cœur se serrer, en comprenant soudainement pourquoi Bohort tenait tellement à eux-deux. Ils étaient tout bonnement adorables et attachants. On aurait dit des petits poussins égarés dans la basse-cours des coqs, qui pépiaient misérablement pour retrouver leurs mères.

« Un échec ? »

« Nan, mais en fait, les clans autonomes, c'est pas ce qu'on croit, mais grave ! » précisa Yvain.

« Je confirme ! » glissa Karadoc.

« C'est trop pas la jouasse ! » insista le jeune Carmélide.

« Ah bah, ça… » laissa planer Loth.

« Alors quand Messire Bohort est venu nous rechercher en nous disant que vous vouliez nous revoir à Kaamelott ! »

« Mais comment on a pas hésité, quoi ! »

« Je me suis dit que pour vous remercier, on devait vous amener un cadeau. »

« Bah, et moi, alors ? » s'écria Yvain.

« Non, mais on avait dit que c'était en hommage à la nouvelle reine, c'est pas ça ? » lui demanda Gauvain, soudain déconcentré.

« Ouais, enfin, c'est ce que vous avez dit ! Moi, là dans cette affaire, on dirait que j'existe pas ! »

« Vous voulez lui donnez ? »

« Nan, mais donnez-lui, vous, j'en ai rien à faire, nan, mais l'truc de gamin, j'y crois même pas ! » soupira Yvain.

Gauvain hésita un instant, face au comportement boudeur d'Yvain, puis sortit de son sac une magnifique boite en bois ciselé.

« Il montre du respect pour le souverain du royaume de Logres ! Moi qui pensais qu'on pouvait rien faire pour lui, je vois que je ne m'étais pas trom… »

Lionel vit le visage de Loth se figer, tandis que Gauvain, pliant le genou, tendait à la Reine une sorte de casque de fer, ciselée, surmonté à son sommet d'une chaine de dentelle de métal.

« C'est quoi ? » demanda Guenièvre, peu impressionnée.

Mais la réponse de Gauvain fut couverte par le cri furieux de son père, qui pointait la couronne d'un doigt péremptoire.

« Mais ! Mais vous savez ce que vous avez là ? Mais… bougres de tarés ! »

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Le Roi Ban : C'est pas ça, le Graal ?

Uther Pendragon : Si.

Le Roi Ban : Et ils le savent ?

Uther Pendragon : Non. Ils sont même pas capables de s'apercevoir qu'ils courrent au devant d'autres échecs avec leur troupe de fachés ! Alors, ils vont pas remarquer la phrase en araméen gravé au fond de leur « couronne ». Quand il va arriver et voir ça, mon fils va hurler. Mais ici, on peut rien pour ceux d'en bas.

Le Roi Ban : A propos de votre fils … ça fait presqu'une semaine… vous croyez pas qu'il devrait être là ? Avec Perceval ? Ca vous dirait pas d'aller refaire un tour à Tintagel, cinq jours avant celui qu'ils vivent, là ?

voici la traduction des citations latine de Loth :

1) Table rase

2) Plus tard, ce souvenir vous apportera de la joie

3) C'est ainsi qu'on accède au paradis