Disclamer : Les personnages ne sont pas à moi. Enfin, pas tous, mais je les confie tous de bon coeur à Alexandre Astier

Episode 15 : L'Enfance d'un Chef

Le Roi Ban : Bon, nous y voilà ! Vénec doit être en train d'arriver à Kaamelott, c'est ça ?

Uther Pendragon : Je crois… en fait, si y'a bien un truc auquel je me suis pas fait, c'est l'inexistance du temps, ici. Passer d'un lieu à un autre rien qu'en le voulant, ça, c'est bon, je maîtrise, mais le coup du temps… j'évite le plus possible !

Le Roi Ban : C'est marrant, quand on prend le plis. J'ai assisté à l'adoubement de Lancelot des centaines de fois !

Uther Pendragon : Vous avez que ça à faire ?

Le Roi Ban : Ben, précisément oui… … ah bah tiens, regardez-moi qui y'a là ! Je m'en doutais !

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« Nan, mais, je reviens dans pas plus de dix minutes ! »

« Perceval, pour la dernière fois, je veux plus que vous vous approchiez de cette falaise. Tout seul ou avec moi ! » articula le monsieur en essayant de rester calme.

« Mais pour me revendre ! Je vais juste chercher votre sac ! »

« Alors déjà, c'est pour se racheter, et ensuite NOHON ! »

Pour passer ses nerfs sur quelque chose d'autre que tonton Perceval, il jetta la pomme de terre qu'il venait de finir d'éplucher de toutes ses forces dans la bassine d'eau.

« De toutes façons, il est tout cassé, le sac, Tonton Perceval ! »

« Et comment tu sais ça, toi ? » releva Madenn.

Mordred resta un instant silencieux, en fixant la pate à pain qu'il pétrissait, alors que sa mère plumait une poule. Quand le silence se fit pesant au point qu'il ne put plus ignorer la question de sa mère, il déclara d'un air circonspect.

« Je l'ai vu. »

« Mordred, tu es encore aller jouer à la falaise ! »

« Mais ça me fait pas peur, à moi, Maman ! »

« Je sais pas comment tu fais ! » glissa Perceval.

« C'est parce que tu es un gros balourd, tonton Perceval. »

Mais en disant cela, il tourna vers le Gallois, avec un petit minois plissé, consciencieusement destiné à l'attendrir. Précaution absolument inutile. Par contre, ça faisait bien longtemps que sa maman ne se laissait plus prendre à son petit jeu.

« Mais ça me fait peur à moi ! Tu dois me promettre d'arrêter d'aller à la falaise ! »

« Oui maman. » murmura le petit pour la contenter.

Madenn secoua sa poule et soupira :

« Ca ne fera jamais assez pour nous quatre et les deux enfants. »

Elle reposa la bête sur la grossière planche de la table et s'essuya les mains sur son tablier.

« Je reviens ! » annonça-t-elle

Mais c'est ce moment là que la petite dernière choisit pour signaler qu'elle avait faim. Madenn ne put retenir un soupir et se détourna de la porte de la cahute. La petite était encore au sein et sa mère portait déjà la main à son corsage. Elle s'assit sur le lit, dos à Perceval, Arthur, Mordred et son deuxième, qui, à un peu plus d'un an, jouait à terre, trop petit pour aider à préparer le repas.

« Mordred ? Tu peux aller me chercher huit œufs, s'il te plait ? Prend le petit panier, tu sais ! »

Mordred dégagea ses mains de la pate et entreprit de se lécher les doigts pour se les laver complêtement.

« Non, pas comme ça, ce n'est pas beau ! » lui dit l'austère monsieur en noir.

Arthur se pencha sur le banc et saisit entre les siennes les petites mains de son fils. Il les frotta énergiquement pour faire tomber les bouts de pate de pain sur la miche à peine formée. Mordred leva des yeux contrariés vers lui, mais ne fit aucune remarque. Perceval suivit le manège des yeux sans dire mot.

Monsieur Arthur le lâcha et se leva, en annonçant.

« Je viens avec toi, Mordred. Tu vas me montrer comment on fait, tu sais, moi, ça fait bien longtemps que je ne suis plus rentré dans un poulailler. »

« Longtemps ? » demanda Mordred en allant prendre le panier.

« La dernière fois, je devais avoir ton âge. Ta maman n'était pas encore née. »

« Vous êtes vieux alors. »

« Ce n'est pas très gentil. » constata Arthur.

Pour se faire pardonner et se mettre dans ses bonnes grâces, Mordred plissa les yeux et pencha la tête. Puis il tendit sa petite main vers Arthur.

« Venez, Monsieur Arthur, je vais vous montrer. »

Arthur suivit le petit garçon docilement. Avec Perceval, ils s'étaient installés chez Madenn depuis trois jours. Ils auraient tout à fait pu ne jamais y arriver, étant donné l'incident de la falaise. Perceval avait faillit les faire dégringoler, surtout quand, dans ses gesticulations désordonnées, le Gallois avait envoyé valdinguer le sac qu'Arthur avait à l'épaule ainsi que sa propre épée. Mais Arthur avait réussit à le plaquer contre la falaise.

Il l'avait calmé. Ils étaient restés plusieurs minutes, accrochés à une vingtaine de mètres de haut, l'un à coté de l'autre. Arthur ne se tenait que par un bras, l'autre servant à plaquer Perceval à côté de lui. Comme il n'y avait pas d'autres solutions, il lui avait parlé. Calmement, avec une voix assurée, pour lui dire qu'il était là, qu'il le tenait, qu'il ne le laisserait pas tomber, et que tout irait bien, qu'il ne craignait rien et qu'il allait y arriver.

Contre toute attente, c'est à ce moment-là, la joue contre la roche, les yeux fixés sur ceux de Perceval pour l'empêcher de regarder vers le bas, qu'Arthur commença à ressentir ce calme et cette sérénité qu'il avait presque oubliée. Celle de se retrouver chez lui, à la campagne, à deux pas de la maison d'Anton.

Le calme et la sérénité de l'enfance.

L'arrivée chez Madenn n'avait fait que grandir ce sentiment de sécurité et de satisfaction. Ils avaient trouvé une famille simple, mais soudée. Comme Arthur s'y attendait plus ou moins, le mari de Madenn n'était pas celui que son beau-père lui avait décrit. Il dirigeait sa famille avec poigne et tendresse, mais on n'aurait pu dire s'il cachait son affection derrière sa sévérité ou si c'était l'inverse. On ne le voyait pas beaucoup vu qu'il travaillait toute la journée, mais Arthur se pouvait empêcher de sentir son cœur se serrer.

Si, à l'âge même de Mordred, Merlin n'était pas venu le chercher pour aller retirer Excalibur, voilà ce qu'il serait devenu. Mari d'une femme qu'il aurait choisit, et père d'une famille qu'il dirigerait comme il voulait sans qu'on ne vienne s'en plaindre.

Partagé entre l'envie de rester ici au calme, et celle de fuir le destin qu'il n'avait pas pu avoir, il restait la plupart du temps, debout, un peu gêné d'être là, ancien amant de la maitresse de maison. Arthur se sentait également gêné face au petit, il ne savait pas trop comment agir avec lui, ni trop affectueux, ni trop froid. Mordred était absolument adorable et il l'adorait déjà, là n'était pas la question. C'était son fils et son héritier. Mais c'était un parfait inconnu.

Affranchi naturellement de toutes ces considérations, Perceval s'était trouvé chez Madenn comme chez lui. Entre Mordred et lui s'était mystérieusement créé un lien qu'Arthur enviait un peu à son chevalier. Mordred était nettement conquis par Perceval et le considérait déjà comme un grand copain, alors qu'il se tenait un peu plus à l'écart d'Arthur. 'Un peu plus méfiant' pensa Arthur avec une ombre de tristesse alors qu'il regardait son petit garçon de quatre ans, déloger sans ménagement les poules pour leur voler leurs précieux trésors.

« Comment tu sais, pour le sac ? »

« Je suis allé voir. Dans un sale état, monsieur, ce n'est pas la peine d'aller le récupérer. Y'a aussi son épée, mais c'est trop dangereux pour quelqu'un comme lui, il faut pas lui ramener.»

« Tu sais escalader la falaise ? »

Mordred se mit à rire, librement, naïvement, innocement.

« Bien sûr ! Il n'y a que Tonton Perceval et Maman qui ont peur ! »

« Je l'ai fait aussi tout plein de fois quand j'avais ton âge. »

« Vous étiez ici, quand vous étiez petit ? »

« Oui. Dans une autre ferme. Tu connais Anton ? »

« Le père Anton ? Bien sûr, Monsieur, il m'aime bien parce qu'il dit que je ressemble à son fils. Mais c'est pas son vrai fils. Comme moi pour Papa. »

Arthur esquissa un sourire, la gorge serrée, et s'accroupit pour mieux faire face à son fils :

« Tu as compris ce qui allait se passer, Mordred ? »

« Maman va faire une omelette. »

« Non, mais, tu as compris pourquoi j'étais ici ? »

« Maman m'a dit que vous étiez l'ancien roi. »

« Et elle a tout à fait raison. J'habite à côté de chez ton grand-père. »

« Celui qui est venu la semaine dernière ? »

« Celui-là même. Est-ce que tu es déjà allé chez lui ? »

« Quand j'étais tout petit petit, comme ma petite sœur, j'habitais là. Mais je me souviens pas. Maman dit que c'est loin. »

« C'est vrai. J'ai mis trois jours pour venir. »

« Et vous êtes venu pourquoi, alors ? »

« Pour… pour te voir, Mordred. »

Il fallait lui dire. Il fallait lui dire maintenant. Sinon, ça serait trop tard. Ils repartaient demain matin. Il fallait lui dire maintenant.

Mais la gorge d'Arthur était complêtement bloquée. Il avait déjà eu du mal à le dire à Madenn et à son mari, même si les deux adultes avaient immédiatement compris pourquoi il était là. Arthur avait juste accepté leur supplique de leur laisser quelques jours. Alors comment dire cela à l'enfant, il n'en avait aucune idée. Le temps qu'il se décide à lui demander si ça lui ferait plaisir d'habiter dans un château, Mordred était reparti à la chasse aux œufs.

« Oh, encore un, là ! »

Il revint vers Arthur en trottinant et lui mit son panier sous le nez.

« Ca fait huit, ça ? »

« Regarde, compte avec moi. »

Arthur posa un doigt sur un œuf et se mit à compter, en veillant à ce que Mordred compte un millième de seconde avant lui. Quand l'enfant hésitait, il enchainait et le petit répétait.

« Alors, six, c'est plus, ou moins que huit ? » conclut-il.

Quand ils revinrent quelques minutes plus tard, avec deux œufs en plus, Arthur avait l'impression de s'être rapproché de son fils. Mais c'est dans les bras de Perceval que le petit choisit de passer la veillée.

Le lendemain matin fut terrible, comme prévu. Arthur s'écarta, fit les cents pas dans la cour. Il ne voulait pas jeter un coup d'œil. Il savait pertinnement qu'il aurait du être là à ce moment-là, mais il ne voulait pas voir. Madenn à genoux par terre, Mordred qui enserrait son cou de toutes ses forces en hurlant. Perceval, à genoux lui aussi qui lui passait la main dans le dos. Le murmure de ce qu'il lui disait, et les larmes de Madenn étaient couverts par les sanglots de l'enfant qui s'étouffait.

La dame, grande et sombre, encadrée dans la porte de la masure. Il l'a déjà vue, et il sait bien qui elle est. Mais elle lui fait peur. Il serre le chat. Anton parle à la dame, mais elle est si méprisante que lui-même est semble intimidé. Deux gardes armés l'entourent. Et la sentence tombe.

« Demain un centurion viendra le chercher. Emballe toutes ses affaires. Je viens chercher son épée. Elle reste à Tintagel. Il part demain. »

Ils marchaient déjà depuis trois heures. Mordred pleurait encore. Perceval le portait à bras le corps, assis sur sa hanche, mais le petit, le menton sur son épaule, les bras autour du cou du Gallois pleurait à chaudes larmes. La crise était passée, c'était du chagrin pur.

Arthur se savait pas quoi dire, pas quoi faire. Il était sûr d'aggraver la situation, quoi qu'il fasse. S'il avait pu, durant les trois jours qui s'étaient écoulé, tisser plus de liens avec lui, cela aurait été moins pénible maintenant. Mais maintenant, évidemment, tout s'était empiré. Il espérait que Mordred ne se braque pas définitivement contre lui. Ce fut Perceval qui lui proposa naturellement :

« Vous ne voulez pas le prendre ? Il commence à se faire lourd. »

« Donnez. » fit Arthur en tendant les bras.

Mordred était tellement épuisé par les larmes qu'il n'opposa aucune résistance quand on le changea de bras.

« Il va finir par s'endormir. Mében fait ça, des fois. La fille de Karadoc. » précisa Perceval.

« Je sais. »

Mais pour l'instant, loin de s'endormir, Mordred reprit du nerf et se mit à le bourrer de coups de pieds en inondant son épaule.

« Maman ! Maman ! Je veux y retourner ! Maman ! »

« Tout va bien, ne t'inquiètes pas, Mordred. Je l'inviterai au château autant que tu veux ! »

« Je la veux maintenant ! Maman ! Ramenez-moi ! »

« Je sais que tu seras courageux, Mordred. J'ai confiance en toi. Et puis, je t'assure que je m'occuperai bien de toi. Tu sais, je… je tiens beaucoup à toi ! Mordred… si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux tout me demander… » murmura Arthur.

« Vous êtes méchant ! » répondit le petit à travers ses larmes.

Arthur ne répondit rien et continua sa marche. Mordred parlait sur le coup du chagrin. Il ne pensait pas ce qu'il disait et Arthur savait qu'après demain, émerveillé par les fastes de la cour, il aurait oublié ces moments difficiles. Lui-même avait vécu de tels accès de rage, avant de lever les yeux sur le fronton des palais romains.

Mordred, cramponné dans ses bras, finit par se taire, et Arthur sentait la tête de son fils balloter sur son épaule, secoué de temps à autres par quelques derniers sanglots.

Et puis soudain, sans y penser, il tourna la tête pour embrasser Mordred sur la tempe. Il fut le premier surpris par son geste, et en détournant la tête, il croisa le regard de Perceval.

« La ferme, Perceval. » menaça-t-il préventivement.

Vers midi, ils décidèrent de le faire marcher. Le petit était lourd mais au moins, en le portant, ils avançaient à bonne allure. Sur ses deux pieds, il le retarda considérablement.

« Il a des petites pattes ! »

'Il a surtout pas envie d'avancer' pensa Arthur en réponse à son chevalier. A la tombée de la nuit, ils prirent une chambre dans une auberge. Le patron regarda d'un œil bizarre ces deux voyageurs, accompagné d'un petit garçon aux yeux rouges, que celui aux cheveux gris était presque obligé de tirer par la main.

Perceval coucha le petit. Il resta à ses côtés pendant quelques longues minutes. Arthur, assis de l'autre côté de la chambre, ne pouvait distinguer clairement ce que Perceval racontait à Mordred. Celui-ci avait fourré son pouce dans la bouche et dévorait le Gallois des yeux, avant de finir par fermer doucement les siens.

Perceval se releva et murmura à Arthur :

« Il adore les histoires de chevaliers. Ca y est, je suis un héros ! »

Il alla s'asseoir à côté d'Arthur, qui écarta les mains d'un air désemparé, et lui adressa un compliment qu'il n'aurait jamais pensé lui faire un jour:

« Heureusement que vous êtes là, Perceval ! »

« Ben j'suis la nounou préférée des enfants de Karadoc. »

« Je suis désolé. Je sais que j'aurais du m'approcher ce matin, quand elle lui a dit que j'étais son père et qu'il allait repartir avec moi. Je voudrais… je voudrais, mais je sais pas faire… Les enfants de Mevanwi, ils m'adorent ! Mais, c'est pas la même chose…»

« Ben moi, ma grand-mère, elle dit que les enfants m'aiment bien parce que je pense comme eux ! »

« Ce qu'on va faire, c'est que vous allez prendre ce lit-là, et moi, je vais aller me mettre à côté de lui. Demain, ça ira mieux. »

Le Gallois acquiesça, et Arthur se leva et aller s'asseoir doucement sur le lit de Mordred. Il se tourna un peu pour le regarder dormir, il lui releva une mêche brune qui lui tombait sur le front et passait le bras par-dessus lui pour s'appuyer sur le lit, quand Perceval reprit :

« Sire ? Je peux vous parler vrai ? »

« Allez-y ! Au point où on en est… »

« C'est dégueulasse ce que vous faîtes à ce gamin ! » attaqua le chevalier sans préavis.

« C'est pas marrant d'être un Pendragon, Perceval. Moi aussi, je me suis trouvé dans la même situation. J'avais à peine deux ans de plus, et moi, c'est à l'autre bout du monde qu'on m'a envoyé ! Je parlais même pas la langue ! »

« Mais y'a un truc que je capte pas. Les dieux ont abandonné les Pendragon. Alors, pourquoi est-ce que vous venez l'embêter, ce pauvre gosse ? Il a pas plus de chance que vous de reprendre Excalibur ! »

Arthur soupira, baissa les yeux vers son fils et puis les releva vers son compagnon.

« J'ai menti, Perceval. A tout le monde. Je n'ai pas tenté de récupérer l'épée. C'est pas les dieux qui m'ont retiré le rang de roi. C'est moi qui l'ai abandonné. »

« DE QUOI ??!! »

Sous le bras tendu d'Arthur, Mordred, si durement endormi, se redressa brusquement.

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Uther Pendragon : Vous voyez, ça, bah moi, j'aurais jamais supporté ! Le gamin qui hurle toute la journée, merci bien. Je comprends pas comment il lui a pas déjà retourné une manchette !

Le Roi Ban : Il l'aime, alors évidemment, ça vous échappe. Et puis, il faut le comprendre, le pauvre petit. Et puis c'est pas en le tapant qu'il arrêtera de pleurer, au contraire.

Uther Pendragon : Moi j'ai toujours agit comme ça avec ceux qui gueulaient un peu. Ca a toujours donné de bons résultats.

Le Roi Ban : Je m'inquiète, quand même. Ca a l'air mal parti entre eux deux. Les traumatismes d'enfance, ça peut aboutir à des rancunes tenaces…Dans quinze ans, je sais pas ce que ça va donner ….