Disclamers : les personnages ne sont pas à moi, ils sont tous à Alexandre Astier et on l'en remercie :)
Episode 16 : La débutante
Uther Pendragon : Sans blague, ça me file mal au crâne, ces allers et retour dans le passé et le présent.
Le Roi Ban : Vous pouvez pas, avoir mal.
Uther Pendragon : Appellez ça comme vous voulez, mais moi, ça me plait pas ! Je sais même plus où on est.
Le Roi Ban : Mais essayez de suivre aussi, un peu ! Le jour de la première réunion de la Table Ronde de Guenièvre.
Uther Pendragon : Ah ! On va se marrer !
¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤
« Par quoi je commence ? » se demanda Guenièvre dans un murmure.
« Faites nous asseoir. » souffla Lancelot, rasé, coiffé et lavé, à sa gauche.
« Vous pouvez vous asseoir ! » annonça-t-elle sans hésitation.
Le raffut des armures fut affreux, mais Guenièvre tira satisfaction de l'obéissance de ses chevaliers. Elle eut l'heureux reflexe d'en profiter, pressentant que de tels moments seraient rares. Elle resta debout un instant, pour les dominer, pour les balayer d'un regard de supérieur.
De sa gauche à sa droite, Lancelot, Hervé de Rinel, Calogrenant, Dagonnet, son père, Galessin, son frère, Lionel, Bohort, Karadoc et Gauvain levaient les yeux vers elle. Ils avaient tous l'air d'attendre quelque chose d'elle.
« Bienvenue… »
Ca ne changea rien. Ils continuaient à la regarder. Elle détourna les yeux et en profita pour s'asseoir elle-même. Elle se cogna le coude contre l'armure de Gauvain et manqua pousser un cri. Il y eut un moment de flottement et Lancelot, baissant les yeux vers ses mains, murmura à travers ses dents :
« L'ordre du jour. »
« Père Blaise, l'ordre du jour, s'il vous plait ? »
« Euh ! Alors, euh ! » s'écria le Père Blaise comme s'il venait de se réveiller en sursaut.
« Vous avez prévu quelque chose ? »
Elle n'entendit que trop tard le toussotement de Lancelot.
« Euh, en fait, ça devrait être vous. Enfin, avec le Roi Arthur, on faisait comme ça, la veille de la réunion de la Table Ronde, il me communiquait les affaires les plus importantes. Là, euh, vous m'avez rien donné. En tout cas, j'ai rien reçu ! »
« Ah ? Euh j'ai rien… enfin… »
« Ou alors, j'ai toujours l'ordre du jour de la réunion qui aurait du se faire. Celle qui a été annulée quand il est parti. »
« Ah bah c'est très bien, ça, allez-y ! »
« C'est à dire que… euh, non, c'est mieux si on trouve autre chose. »
« Et pourquoi ? »
« En fait, on devait décider si on reprennait les terres du Seigneur Dagonnet et du Seigneur Galessin… »
« Oui, c'est moi qui lui avais suggéré ça ! » déclara Léodagan.
« Pardon ? » articula Galessin.
« Oui, oui, vous avez raison, Père Blaise, on va changer ! » se précipita Guenièvre.
« Bon, ben, faites ce que vous voulez ! »
Le père Blaise reposa ses feuilles et se recula ostensiblement de son pupitre, laissant Guenièvre toute seule.
« Ben, peut-être qu'une petite mise au point s'impose, non ? Ca fait longtemps qu'on s'est pas… enfin, j'veux dire, que vous vous êtes pas retrouvé tous ici. Quelqu'un a … une reflexion ? »
Six mains se levèrent aussitôt. Guenièvre ne put retenir un petit soupir et commença patiemment :
« Oui, Yvain ? »
« Nan, mais euh, j'voudrais pas faire mon raleur, mais on est hyper mal installé, quoi ! »
« Ca, c'est sûr, qu'on est un peu serré ! » concéda Bohort avec une voix et un sourire timide.
« Il faut voir les choses positivement, Yvain. On est serré parce qu'on n'a jamais été aussi nombreux réunis par une seule et même quête. » piailla Guenièvre.
« Nan, mais quand même quoi, y'en a quatre qui sont sur des tabourets de la cuisine, quoi. Ca fait trop amateur, mais grave ! »
« De quoi vous vous plaignez, vous ? Vous êtes justement sur un vrai siège ! C'est pas le cas de tout le monde ! » intervint Hervé de Rinel, qui, depuis son tabouret, était nettement plus bas que les autres.
« Bah nan, mais je parle pour Gauvain, quoi ! » répondit Yvain dans un haussement d'épaule.
« Mais, il faut savoir faire avec ce que l'on a ! » déclara le concerné doctement.
« Bon, et vous, Lancelot et Lionel, ça vous dérange tant que ça d'être sur un tabouret ? » demanda la Reine.
« Je m'occupe fort peu de ce qui me sert de siège. Je suis à la Table Ronde pour la première fois de ma vie et rien ne pourrait ternir cet immense honneur ! » déclara Lionel qui arrivait à peine à l'épaule de son frère.
« Je n'ai qu'à être à côté de vous pour être à la meilleure place au monde, ma Reine ! » répondit Lancelot, avec un battement de cil.
Lionel plissa les yeux en fixant Lancelot d'un air assassin. Des protestations commencèrent à s'élever en face, vers Léodagan et Galessin, mais la Reine les coupa aussitôt.
« Bon ben voilà, vous voyez ! Lancelot, Lionel et Gauvain, ça ne les embête pas d'être sur des tabourets ! Vous devriez prendre exemple sur eux, Hervé. Et puis, il n'y a que huit sièges de prévu pour la Table Ronde, je peux rien y faire, moi ! » couina Guenièvre.
Elle se tut un instant, et constatant que le silence se faisait, elle reprit :
« Hervé, d'ailleurs, vous vouliez faire une remarque. »
« Bah juste que j'étais plus bas que les autres ! »
« Bon. Père ? »
« Ben, moi, je pense que je suis pas le seul à être de cet avis, mais… ça pue ici ! »
« Pardon ? »
« Vous avez vu mes voisins ? Un traitre à droite, un traitre à gauche ! Et comme on est serré, j'ai presque Dagonnet sur les genoux ! Merci bien pour l'entourage. »
« On vous dérange ? » grinça Galessin.
« On peut pas mieux le formuler ! Vous voulez pas vous tirer ? » proposa aimablement Léodagan.
Galessin tourna un visage révolté vers Guenièvre, les deux mains bien en appuis sur la table, prêt à se lever.
« Père, ça suffit ! Le Seigneur Galessin et le Seigneur Dagonnet ont autant de droit que vous d'être ici ! »
« Non mais c'est pas possible d'entendre des conneries pareilles ! » explosa Léodagan en les faisant tous sursauter.
Lionel, Bohort, Guenièvre et Gauvain avaient porté en même temps la main au cœur, sous le coup de la frayeur. Lancelot tapota la main de la Reine.
« Si vous remettez en cause les décisions de la Reine, vous n'avez rien à faire ici ! » décréta-t-il véhément.
« Il a quelque chose à me dire, le traitre ? »
« Assez ! Assez ! Assez ! cria Guenièvre avant que Lancelot et Léodagan n'en viennent aux mains. Mais Père, Lancelot a tout à fait raison ! »
Léodagan prit une profonde inspiration, et en foudroyant sa fille du regard, se rappuya doucement contre le dossier de son fauteuil. Il avait les doigts et la machoire crispés et tout au fond de la Reine, une petite fille couina de terreur.
« C'est pour le bien de tout le monde, père. Il faut réapprendre à travailler ensemble. Depuis plus d'un an, nous assistons à ce qui arrive quand les chevaliers de Kaamelott perdent foi en leur équipe. Des liens vous soudent ! Il ne faut plus jamais les renier ! Il faut reconstruire la Table Ronde ! C'est un temps nouveau qui s'ouvre à nous ! Nous avons été tous ébranlés par la mort d'Arthur et de Perceval ! Mais nous allons nous reprendre et accomplir la mission que nous ont confiée les dieux ! Il faut nous entendre, nous entraider, nous estimer et nous toucherons au but : le Graal ! Le Graal, mes amis ! »
Léodagan fronça des sourcils, et Guenièvre osa se demander si elle ne l'impressionnait pas un peu.
« Seigneur Galessin, vous vouliez nous faire par d'une réflexion ? » reprit-elle au bout d'un moment.
« Oui, je voulais savoir ce que le Seigneur Léodagan avait avec mes terres ! Elles l'intéressent, peut-être ? Il veut un petit pied-à-terre en Orcanie ? » insinua-t-il sur un ton qui se voulait nonchalant.
« Non mais là, c'est de la persécution caractérisée ! »
Léodagan criait, mais faisait visiblement des efforts pour ne pas hurler. Comme Galessin et lui étaient assis juste l'un à côté de l'autre, si serrés que leurs bras se touchaient, Guenièvre juga urgent de ramener très vite le calme.
« De toutes façons, c'est rêglé, Seigneur Galessin. Personne ne vous conteste vos terres. Bon, Dagonnet, qu'est-ce que vous vouliez dire, vous ? J'espère que ça ne déclenchera pas encore des disputes ! »
« Euh nan, je crois pas ! » murmura Dagonnet.
Mais l'attention du chevalier était bien plus attirée, comme celle de tout le monde d'ailleurs, par Galessin et Léodagan qui se fixaient, comme s'ils se défiaient. Le Duc finit par hausser les épaules et se rejeter en arrière, et, en roulant la tête contre le dossier de son fauteuil vers Yvain, il détourna dédaigneusement les yeux de Léodagan.
« Dagonnet ? » rappella Guenièvre, soulagée.
« Oui. Ah oui ! Oui, c'est que je voulais demander si je pouvais me lever de table. J'ai soif ! »
« Si vous allez en cuisine, vous voulez pas me ramener quelque chose ? » intervint Karadoc.
« Non, Seigneur Dagonnet. Je suis désolée, mais vous pouvez pas quitter la Table Ronde comme ça ! » soupira Guenièvre en secouant la tête.
« Dommage ! » nota Karadoc.
« Et si je meurs de déshydratation ? »
« Laissez tomber, ok ?! » s'écria Guenièvre.
Si elle avait eu n'importe quoi à portée de main, elle lui aurait jeté à la figure. Mais heureusement pour Dagonnet, il n'y avait rien sur la table. Elle le regarda droit dans les yeux en silence, l'air sévère et fermé pendant quelques minutes pour qu'il comprenne bien la leçon. Contre son bras droit, Gauvain tremblait, contre son bras gauche, Lancelot restait ferme et stoïque. Plus solide.
« Quelqu'un a encore une remarque à faire ? Calogrenant, il me semble ! »
« Euh non, non ! »
« Ah si, pourtant vous aviez levé la main ! » remarqua Karadoc.
« Nan, mais je voulais juste dire que … nan, mais c'est une connerie ! »
« Allez-y, enfin, Calogrenant ! On dirait que vous avez peur ! » s'exclama Guenièvre.
« Bah en fait, pour tout vous dire, je voulais faire remarquer qu'une femme à la Table Ronde … »
Guenièvre eut à peine le temps de prendre une inspiration que la Table Ronde bruissait déjà d'approbations discrètes. La Reine se leva doucement, et tous se turent pour la regarder, surpris :
« J'ai déjà eu l'occasion d'en parler avec Arthur, il y'a quelques années. Il n'y a aucune loi qui interdise à une femme d'être à la Table Ronde. C'est juste que ça ne s'est jamais présenté. »
« Nan, mais en fait, une fois, il y a eu Edern. Vous savez, vous la connaissez, elle est de Carmélide ! » reprit son père d'une voix étrangement calme.
« Moi, je m'en souviens, elle semblait avoir quelque chose contre moi ! » ronchonna Bohort en grimaçant.
« On l'a jamais revue. Heureusement. » nota Galessin en relevant paresseusement la tête.
« Oui, nan, et puis ça n'avait rien à voir. C'était pas elle qui diri… »
Léodagan s'interrompit brutalement en croisant le regard de sa fille.
« Quelqu'un a encore quelque chose à dire ? Quelque chose à me reprocher ? Allez-y, tant qu'on y est, on ne va pas s'arrêter en si bon chemin ! »
Personne ne pipa mot.
« Allez, déguerpissez ! Tous ! Merci bien ! La réunion est finie ! Allez ! »
Elle balaya la séance d'un revers de la main et se rassit, les yeux fixés sur la table devant elle, les sourcils fronçés. La salle se vida peu à peu. Lancelot, au moment de partir, lui glissa les doigts dans la main et elle les serra convulsivement, comme un naufragé s'aggriperait à une planche.
La gorge de Guenièvre était complêtement serrée, elle n'arrivait même pas à respirer assez pour pleurer. Pleurer pour quoi d'ailleurs ? Pleurer son incapacité à rêgner ? Pleurer Arthur qui l'avait laissé désespérement seule avec une tache qui la dépassait ? Pleurer sur les prochaines réunions qu'il faudrait inévitablement faire ? Pleurer la vie paisible qu'elle ne retrouverait jamais ? Pleurer son statut de femme au milieu de ces hommes ?
Quelqu'un entra doucement dans la pièce et elle releva la tête. Lionel était resté et avait été si discret qu'elle ne s'en était pas apperçu. La personne qui venait de rentrer était Viviane. Bien que, sûrement par quelque étrange modestie, elle soutenait n'avoir rien fait pour, elle avait, comme Lancelot, subit pas mal de changement, du point de vue de son apparence physique, depuis la veille. Ses cheveux se révélaient étonnement lisses et soyeux, et avec un diadème prêté par Guenièvre, et habillée d'une robe de Tumnet, elle était véritablement belle : 'Presque lumineuse' pensa Guenièvre. Elle semblait aussi plus sûre d'elle quand elle vint prendre la place que venait de quitter Lancelot.
« Ca a été une catastrophe, pas vrai, Lionel ? » soupira Guenièvre d'un ton malheureux.
Le chevalier de Gaunes se tordit les mains.
« Eh bien, on ne peut pas parler de franche réussite, mais… »
« Ils vont s'y habituer, ne vous en faites pas, c'est un peu dur parce que c'est le début, mais… » déclara doucement la Dame du Lac en lui tapotant le bras.
« Mais tout à fait ! Absolument ! Ils vous ont tous écouté, et obéi, ma Reine ! » reprit Lionel.
« C'est vrai. Mais c'est parce qu'ils sont obligés. Franchement, à part vous, et votre frère, et puis Lancelot, aucun ne m'obéirait juste pour me faire plaisir. Ils ne feront jamais rien sans que je les menace. »
« Caligula disait 'qu'importe qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent !'» tenta Lionel.
« Oui, enfin, Caligula, c'est peut-être pas l'exemple parfait. » murmura Viviane à Lionel avec une moue dubitative.
« De toutes façons, je sais pas qui c'est, alors ! » déclara Guenièvre en s'appuyant la tête dans la paume.
« Ca va venir, je vous assure ! Les débuts ne sont jamais faciles. Il leur faudra un peu de temps. Il va falloir jouer entre la sévérité et la justice pour gagner leur confiance. On sera là pour vous aider, nous ! » reprit posément la Dame du Lac qui lui tapotait toujours le bras.
« Il leur faut un homme. »
« Mais non, pas forcément ! »
« Si. Même si un jour, j'ai toutes les qualités d'un dux bellorum, d'un souverain parfait, toutes les qualités d'Arthur, je ne serais jamais un homme. Ils obéiraient à n'importe quel bouseux avec plus de cœur qu'à moi ! » s'écria Guenièvre en se relevant, des sanglots dans la voix.
« Dites pas ça… »
Guenièvre soupira, et reprit :
« Il ne me reste plus qu'une solution : Me remarier. Ca fera automatiquement de mon mari le Roi légitime, non ? »
« Aux yeux de la Loi, certes… mais… »
« Aux yeux des dieux, non ! » acheva la Dame du Lac.
« Qui est-ce que je pourrais épouser ? Pas mon père, pas mon frère, et pas mon neveu. Calogrenant, Karadoc, Bohort et vous, vous êtes mariés. Et Galessin, Dagonnet et Lancelot, tout juste revenus, ça passerait pas. »
« Personne, ma Reine. Voilà qui devrait suffire à vous ôter de la tête cette idée !» jubila Lionel.
« Dame Mevanwi serait prête à payer pour divorcer, si c'est pour que j'épouse Karadoc derrière. Elle m'a presque fait promettre de prendre Karadoc comme roi si un jour la question se posait. Bon, ben elle se pose, là, non ? »
« Mais vous n'allez quand même pas épouser Karadoc de Vannes ! » s'écria Lionel, scandalisé.
« Non, non, de toutes façons, c'est pas un problème de mariage, je vous dis ! »
« C'est quoi, alors ? » demanda Guenièvre.
Viviane et Lionel échangèrent un regard par-dessus la Table Ronde, et puis la fée déchue reprit, courageusement.
« Disons que, le problème, ça serait plutôt Excalibur… »
« Excalibur ? Qu'est-ce qu'elle vient faire là ? »
« Ben, le dirigeant de droit divin de la Bretagne, c'est celui qui a réussi à retirer Excalibur de son rocher. »
« Vous croyez que j'ai une chance ? »
« Euh… non… » reconnut Viviane.
« Arthur est parti sans désigner d'héritier et tous les chevaliers ont essayé. »
« Pas tous. Pas mon frère, et pas moi ! » nota Lionel.
« C'est vrai, Karadoc, Lancelot et Dagonnet non plus !» renchérit Viviane.
Guenièvre réfléchit un instant, et puis déclara :
« Je vais les obliger à aller essayer. Avec un peu de chance, dans quelques jours, j'ai plus rien à voir avec le trone, moi. »
« Arrêtez un peu avec ça ! Vous êtes la Reine et vous le resterez, c'est votre destin. Mais si vous avez dans votre camp le porteur d'Excalibur, c'est sûr que ça… ça officialise un peu les choses, quoi. » acheva Viviane en se tortillant un peu.
« Ca revient au même, il faudra que je l'épouse ! »
« Non, pas forcément. Enfin, pas obligatoirement. Il suffirait que lui-même vous reconnaisse comme Reine officielle, et à l'inverse, que vous le reconnaitriez comme Roi officiel. Vous ne déceveriez pas la mémoire d'Arthur en abdiquant, mais vous ne seriez plus toute seule. Vous co-règneriez en quelque sorte. »
Guenièvre hocha doucement la tête, acceptant peu à peu le plan de la Dame du Lac. Elle se tourna vers Lionel et déclara presque distraitement.
« Lionel, demain, vous irez au rocher. »
« Vous croyez que j'ai une chance ? »
« Pas la moindre. » coupa Viviane.
« Bon, arrêtez de tourner autour du pot ! A qui vous pensez ? »
Vivianne resta silencieuse un instant, rougit légèrement, et levant les mains en signe d'ignorance, elle déclara en évitant tout regard :
« Tout ce que je sais, c'est qu'avant de choisir Arthur, les dieux avait prévu Lancelot, pour ce destin. Alors maintenant qu'Arthur est mort, ils sont peut-être revenus à leur première décision. »
¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤
Le Roi Ban : Alors ? Alors ? Alors, hein ? On dit quoi maintenant ?
Uther Pendragon : Alors, je dis rien ! On verra quand il aura l'épée en main, votre Lancelot !
Le Roi Ban : Oooh, le mauvais perdant !
Uther Pendragon : J'ai rien perdu, qu'est-ce que vous déconnez ? Mon fils à moi, il a été Roi pendant plus de dix ans, je vous signale ! Et en ce moment-même, il est sur la route du retour ! Il serait déjà là s'il ne se trainait pas un marmot ! Demain, il sera à Kaamelott !
Le Roi Ban : Oui, mais quand il arrivera à Kaamelott, Lancelot sera en train de retirer Excalibur !
Uther Pendragon : Et qui vous dit qu'il va y arriver, d'ailleurs ? Oh et puis arrêter de sourire, vous m'énervez !
