Voilà un long chapitre pour récompenser votre patience. J'attends vos commentaires et vos suggestions pour la suite.

Mpal

Merci. Je suis ravie que cela vous plaise et que mon histoire vous aide à lire en français.

ElaineFanfiction

Merci. Je n'irai sans doute pas aussi vite que pour mon autre histoire, mais je ferais tout mon possible pour publier au moins un chapitre par semaine. Je ne peux rien promettre de mieux.

Gaskellian

Merci. Je ferais mon possible.

Invité

Merci.

Ana Suarez

Merci

IsabellaBlackPotter

Merci. Je ne sais pas encore jusqu'où je vais aller, mais j'ai quelques petites idées qui plairont, je l'espère.

Frog38

Merci. J'espère que ce chapitre, plus long que les précédents plaira à mes lecteurs. Le prochain sera pour bientôt.

Chapitre 4 Ramsgate

Pemberley, juillet 1809

Alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre Fitwilliam, Georgiana Darcy regarda, sans pouvoir cacher sa curiosité, Mr Georges Wickham, au moment où il quittait le bureau de son frère.

Les yeux de l'homme se posèrent sur elle et elle y vit quelque chose qu'elle n'était pas en mesure de comprendre.

- Georgiana ! dit Wickham en s'inclinant devant elle. Vous embellissez de jour en jour.

La fillette rougit. Elle pensait qu'il ne devrait pas lui parler ainsi. Que voyait-elle dans ses yeux ? De l'intérêt ? De l'affection ? De l'amour ?

Puis il s'inclina de nouveau et disparut dans le couloir.

Georgiana le regarda disparaître. Elle se demandait ce qu'il était venu faire à Pemberley. Cela faisait si longtemps qu'elle ne l'avait pas vu. Il n'était pas revenu depuis la mort de son père.

Elle secoua la tête et alla frapper à la porte du bureau.

- Entrez, fit une voix.

Elle ouvrit la porte. Son frère, était penché en arrière dans son fauteuil, les yeux fermés. Il les ouvrit lorsqu'il entendit le bruit de la porte et sourit en reconnaissant sa jeune sœur.

- Georgiana. Qu'est-ce qui vous amène ici ?

- Je viens de voir George sortir d'ici il y a quelques minutes. Que venait-il faire ? demanda-t-elle, avec curiosité.

- Wickham a décidé qu'il ne voulait pas de la cure de Kympton que notre père souhaitait lui octroyer dès qu'elle serait vacante au cas où il ferait de l'église sa profession. Il a préféré recevoir l'argent. Il prétend vouloir étudier le droit. Je lui ai donné 3 000 £ en échange de sa renonciation définitive par écrit de tous ses droits sur la cure. Et je l'ai instamment prié de ne plus entrer en contact avec moi de nouveau.

- Pourquoi voulez-vous rompre tout lien avec lui ? demanda Georgiana, d'une voix consternée. N'est-il pas notre ami ?

- Il l'a été autrefois, mais il a perdu tout droit à ce titre par son comportement honteux. Vous ne devez plus lui faire confiance, Georgiana. Il en est indigne. Il a décidé de mener une vie de débauche et de plaisirs sans se soucier des conséquences ni du mal qu'il peut faire aux autres. Il passe son temps dans les salles de jeu, vole les commerçants et déshonore leurs filles. Si jamais il tentait d'entrer en contact avec vous, pour une quelconque raison, vous devez m'en avertir immédiatement. M'avez-vous compris ?

- Oui, Fitzwilliam, je vous le promets, répondit Georgiana.

Elle était déçue que George soit devenu un si mauvais sujet. Mais ce que disait son frère était la seule chose qui comptait, à ses yeux.

?

Londres, juin 1811

Georges Wickham jeta la lettre qu'il venait de recevoir, fou de rage.

Ses fonds avaient dangereusement diminués pour se réduire à presque rien au cours des deux dernières années, depuis qu'il avait reçu quatre mille livres de Darcy. Il commençait à être désespéré. Ayant appris le décès du dernier pasteur de Kympton, il avait vu là une opportunité d'obtenir une source d'argent régulière. Il avait donc écrit à Darcy pour la réclamer en lui rappelant qu'elle lui avait été promise par son père.

Il avait envoyé trois lettres avant de recevoir une réponse négative. Darcy lui avait rappelé qu'il avait eu le choix entre la cure et l'argent. Il avait choisi l'argent et n'avait donc aucun droit sur la cure comme l'attestait le document qu'il avait signé en recevant l'argent. Il était donc parfaitement inutile de lui réclamer quoi que ce soit, d'autant plus que la cure n'était pas disponible, contrairement à ce qu'il avait cru puisqu'elle avait été octroyée au vicaire du défunt pasteur.

- Maudit soit-il ! s'écria-t-il.

Il était allongé dans son lit et avala un verre de vin. Il pensait à toute la douleur dont il avait souffert à cause de son ancien ami d'enfance – oubliant qu'il en était le seul responsable ! – et s'efforça de réfléchir posément.

Il cherchait le meilleur moyen de prendre sa revanche sur Darcy. Il pensait aux moyens dont il pourrait se servir pour assurer sa fortune. Il savait que ses manières charmantes et son beau visage étaient un grand avantage, et il s'en était souvent servi, que ce soit pour se faire des amis à qui il pouvait emprunter de l'argent ou pour séduire une femme.

Secouant la tête pour remettre ses idées en ordre, il ouvrit une seconde lettre et vit qu'elle venait de l'une de ses amies qui était devenue la dame de compagnie de Georgiana Darcy et vivait avec elle à Londres.

Mon cher ami,

J'ai cru comprendre que votre situation est loin d'être rentable. Je joins à cette lettre la somme de vingt livres, que j'ai pris à Miss Darcy. Quand je lui ai parlé de votre situation, elle était extrêmement désireuse de vous prêter £ 50. Comme elle a une fortune de trente mille livres, je doute que la disparition d'une si petite somme la gêne beaucoup.

Quand je lui raconte tout ce que vous m'avez dit à propos de votre enfance ensemble et, elle me répond que vous êtes très aimable et courtois. Je crois que vos charmes pourraient bien avoir réussi de nouveau à prendre au piège un autre oiseau.

Nous devons nous rendre à Ramsgate cet été. Son frère a prévu de se joindre à nous une semaine après notre arrivée.

Si vous avez besoin de plus, écrivez-moi et je vais trouver un moyen de vous les obtenir.

Bien à vous, Mme Younge.

Wickham reposa la lettre et un large sourire apparut sur son visage. Georgiana ! Comment n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Georgiana était une jolie demoiselle. A quinze ans, elle était un peu jeune pour ses goûts, mais cela importait peu. £ 30,000 ! Il ne pouvait pas manquer une telle aubaine. Il obtiendrait à la fois la fortune et la vengeance. Quelle idée délectable !

Ramsgate ! Il disposait juste assez d'argent pour qu'il puisse s'y rendre.

Georgiana était douce, enfantine, innocente. Elle serait une proie facile.

?

Georgiana était assise devant le piano, en regardant ses doigts danser sur les touches. Un coup à la porte du salon de la maison de Ramsgate rompit le charme de la musique et elle leva les yeux pour voir de qui il s'agissait.

Mme Younge se tenait dans la porte.

- Excusez-moi, miss Darcy, mais vous avez un visiteur.

Elle s'écarta avant de le révéler : Mr George Wickham.

La première réaction de Georgiana fut de se réjouir de cette visite. Il y avait si longtemps qu'elle ne l'avait pas vu ! Mais le souvenir de la mise en garde de son frère lui revint à l'esprit et elle décida de faire preuve de prudence.

- George ! Quelle surprise! Qu'est-ce qui vous amène ici ?

Wickham s'éloigna d'elle et dit doucement.

- Les vents du destin.

Georgiana se mit à rire et le pria de s'asseoir.

- Une réponse énigmatique, dit-elle.

Georgiana se calma quand Wickham prit un siège à côté d'elle.

- Voulez-vous que je sois plus précis ? demanda-t-il. En vérité, je voulais revoir. J'étais curieux de voir comment la petite fille que j'avais connu était en train de devenir une ravissante jeune femme.

Georgiana rougit, baissa les yeux et ne répondit pas. Elle se sentait très mal à l'aise. Puis elle leva la tête et se sentit encore plus gênée en voyant l'expression de ses yeux. Wickham avait l'air en forme.

- Que diriez-vous d'aller faire une promenade, ma chère ?

Il saisit sa main et l'emmena.

?

A l'extérieur, le vent marin de la mer refroidit un peu Georgiana. Elle était sur ses gardes. Elle avait le pressentiment que la présence de Wickham n'était pas dû au hasard. Il manigançait quelque chose et Mme Younge était certainement sa complice. Combien de fois avait-elle cherché à l'apitoyer sur le sort de Georges depuis qu'elle avait été engagée à son service. Elle regrettait, maintenant, de n'avoir rien dit à son frère. Elle s'était laissée prendre en pitié et avait remis de l'argent à Mme Younge pour Georges. Mais elle n'avait pas l'intention de recommencer deux fois. Elle ne voulait même pas qu'elle lui parle de lui.

- Vous souvenez-vous comment je jouais avec vous quand vous étiez plus jeune ? lui demanda-t-il.

- Oui. Je me souviens de tous nos jeux d'enfance, répondit Georgiana. Nous avons passé tous de merveilleux moments à Pemberley. J'en ai la nostalgie, parfois, tout en sachant qu'on ne peut pas revenir sur le passé.

- Oui, c'était plutôt agréable.

- Vous rappelez-vous du jour où j'avais perdu ma poupée préférée et où William et vous l'avez cherchée partout ? Il a fallu si longtemps avant de la retrouver. C'est même devenu un jeu. J'avais promis un baiser à celui qui me rapporterait ma poupée, dit Georgiana, tout en se demandant comment elle pourrait se débarrasser de l'homme sans se mettre en danger. Qui avait retrouvé ma poupée? Je ne m'en souviens pas.

- Je l'ai fait. Wickham détourna les yeux.

En fait, Darcy avait trouvé la poupée de sa sœur.

« Menteur ! songea Georgiana, qui le savait parfaitement, avant de dire tout haut.

- Oui, je pense que c'était vous.

- Et vous m'avez très bien embrassé, je m'en souviens aussi.

Georgiana ne répondit pas.

?

Quatre jours passèrent ainsi. Wickham tissa sa toile sur sa jeune amie d'enfance. Il parlait souvent de ses projets d'avenir, de tout ce qu'il aimerait faire. Elle répondait poliment et forçait sa timidité naturelle pour éviter qu'il n'ait des soupçons. Malgré tout, elle sentait une certaine peur l'envahir.

En fait, Georgiana Darcy était furieuse. Mme Younge et Wickham la prenaient vraiment pour une idiote ! Vouloir lui faire croire qu'il était là par hasard ! Quelle plaisanterie ! Ils étaient visiblement de connivence. Et à en juger par les insinuations de Mme Younge, ils avaient des projets très précis la concernant. Elle n'avait aucun mal à deviner lesquels !

Elle se rendit compte qu'elle devait absolument avertir son frère du danger qui la menaçait. Elle prit la précaution de confier sa lettre à sa femme de chambre, Rose, avant de s'absenter. Mme Younge était tout à fait capable de la détruire en voyant son contenu.

Rose lui avait révélé tout ce qu'elle savait au sujet de Mr Wickham et elle en avait été très choquée. Elle allait devoir jouer la comédie jusqu'à l'arrivée de son frère, ce qui ne serait pas simple.

Avec un peu de chance, son frère serait là dans deux jours. Et elle serait débarrassée de ce prétentieux et de sa complice. Georgiana s'inquiétait de ne pas avoir de nouvelles de son frère. Elle ne savait pas combien de temps elle serait capable de jouer la comédie. Elle avait le pressentiment que s'ils découvraient que leurs manigances n'avaient aucune chance de réussir, elle pourrait courir un grand danger.

?

Les deux femmes se promenaient le long de la jetée. Une petite fille de trois ans environ courait devant eux, entourée par six chiens vigilants.

Elles discutaient tranquillement, tout en gardant un œil sur l'enfant.

- La vue n'est-elle pas magnifique ? demanda la jeune fille à sa compagne. On serait heureux de vivre ici.

- Longbourn et sa campagne vous manqueraient vite, j'en suis certaine, répondit-celle-ci.

- Vous avez raison, ma tante. Mais il est agréable de changer d'air de temps en temps. Surtout avec Maman qui se plaint du mariage de Mr Collins. Elle pense qu'il m'aurait parfaitement convenu. Quelle horreur ! Cette idée est répugnante !

- Votre mère souhaite ce qui est le mieux pour vous.

- Eh bien, son choix n'est pas le meilleur pour nous. Heureusement, Papa nous a envoyées à Londres lors de sa visite. Il a été très déçu de découvrir qu'il n'était pas l'héritier de Longbourn, comme il le croyait.

- Je ne comprends pas pourquoi son père lui a menti.

- Moi non plus. C'était, de toute évidence, un homme très malveillant. Nous ne pouvons que plaindre Mr Collins. Son père est responsable de son embarras, mais aussi de son défaut d'éducation. Il faut espérer que Louisa saura le changer.

- Avec une bienfaitrice comme lady Catherine, il est douteux que cela soit possible. Il s'améliorera chez lui, mais certainement pas vis-à-vis d'elle.

- J'ai l'impression qu'il s'agit d'une femme qui ne supporte pas la contradiction et qui s'attend à une obéissance absolue et sans discussion de ses inférieurs.

Mme Gardiner sourit.

- Et cela ne vous aurait pas du tout convenu, n'est-ce pas, ma chère ? Vous n'auriez jamais pu accepter de vous soumettre à l'autorité d'une telle femme qui prétend tout régenter. C'est contraire à votre nature.

- Exactement, ma tante. J'ai assez de dignité pour ne pas m'abaisser à ramper devant une femme qui n'a que le pouvoir qu'on veut bien lui donner. Je ne crois pas que je l'aimerais.

- Elle est orgueilleuse, imbue de son rang et persuadée de ses droits.

- Une femme déplaisante, en sorte ! Pauvre Louisa ! Elle va devoir la supporter constamment parce qu'elle a choisi d'épouser un imbécile. Je la plains vraiment.

- Peut être sera-t-elle heureuse, malgré tout. Elle n'a pas l'air d'une femme qui recherche l'amour, mais seulement un foyer confortable. Si elle est capable de l'accepter, vous devriez être capable d'en faire autant, Lizzie.

La jeune fille soupira :

- Oui, vous avez raison. Mais ce n'est pas facile.

- Eh bien, nous verrons bien ce que cela donnera. Vous le saurez la prochaine fois que vous la verrez, Lizzie.

- Elle m'a invitée à venir la voir en automne. Je passerais deux ou trois semaines avec elle.

- Très bien. Vous pourrez vous assurer du bien-être de votre amie.

Lizzie allait répondre lorsque sa tante laissa échapper une exclamation sourde.

- Mon Dieu ! Que fait cet ignoble individu ici ?

Lizzie regarda sa compagne, alarmée.

- Que se passe-t-il, ma tante ?

- Regardez, là-bas !

Lizzie suivit son regard et vit un bel homme en compagnie d'une très jeune fille aux cheveux blonds et aux yeux bleus. Une femme d'une quarantaine d'années les suivaient à distance.

- Nous devons rentrer tout de suite, Lizzie. Je dois informer Mr Darcy que ce gredin de Wickham cherche à s'en prendre à sa sœur. J'espère qu'il n'est pas trop tard !

- C'est Georgiana ?

- Oui. Ne l'avez-vous pas reconnue ?

- Elle a tellement changée. Je n'arrive pas à y croire. La voilà devenue une vraie jeune fille.

- Une jeune fille qui court un grave danger, Lizzie. Venez, nous devons rentrer.

Comprenant soudain qu'elle était sérieuse, Lizzie se pencha pour prendre Cissy dans ses bras et elles firent demi-tour. Juste avant, elle croisa le regard de Georgiana qui écarquilla les yeux de surprise avant de lui adresser un regard qu'elle ne sut pas comment interpréter. Elles marchèrent rapidement pour regagner leur maison.

Mme Gardiner entreprit d'écrire immédiatement une lettre pendant que Lizzie confiait Cissy à la domestique.

- Vous connaissez donc ce Mr Wickham, ma tante ?

- Il a grandi à Pemberley avec les enfants Darcy et fait des études à Cambridge. C'est le fils de l'ancien intendant. Mais il a mal tourné. Le défunt Mr Darcy avait beaucoup d'amitié et de respect pour cet homme, c'est pourquoi il a fait en sorte d'assurer l'avenir du fils qui est devenu un vaurien de la pire espèce. C'est un joueur invétéré, un voleur et un séducteur sans scrupules. Je parierais qu'il va tenter de séduire miss Darcy pour s'approprier sa dot et se venger de son frère. Il n'est pas digne de confiance, Lizzie et il pense avoir des raisons de se venger des Darcy après avoir été chassé de Pemberley.

- Pourquoi voudrait-il se venger ?

- C'est simple. Dans son testament, le défunt Mr Darcy recommandait à son fils de lui octroyer une des cures liées à Pemberley dès qu'elle serait vacante, si jamais il décidait de faire de l'église sa profession. Mais Wickham a refusé cet avantage en prétendant qu'il souhaitait faire des études de droit. Il a donc demandé de l'argent pour le soutenir. Avec les £ 1 000 que lui avaient légués son parrain, il aurait pu disposer d'un revenu suffisant pour vivre tout en faisant ses études. Mais il a tout perdu au jeu. Quand la cure qui lui avait été destinée est devenue de nouveau vacante, il s'est cru autorisé à la réclamer, oubliant qu'il avait signé un document dans lequel il renonçait définitivement à tout droit sur la cure en échange des £ 3 000.

Lizzie écarquilla les yeux.

- C'est une somme considérable. Et il a tout perdu ?

- Oui. Il n'a aucun scrupule lorsqu'il s'agit de satisfaire ses ambitions personnelles. S'il peut se venger de Darcy en même temps, alors il n'hésitera pas un seul instant. Il va donc s'en prendre à la jeune Georgiana Darcy. Elle est naïve et très jeune. C'est une proie facile pour un séducteur expérimenté comme lui.

- Pauvre Georgiana ! Ma tante, je dois vous dire que j'ai croisé son regard avant que nous ne fassions demi-tour. Je crois qu'elle m'a lancé un appel au secours. Peut être n'est-elle pas en mesure d'avertir son frère.

- Eh bien, je vais m'en charger. J'espère qu'il viendra très vite.

Mme Gardiner envoya la lettre par express et fut soulagée ensuite. Lizzie comprenait que sa tante soit très inquiète. Mais elles n'avaient pas d'autre choix que d'attendre la réaction du destinataire de la lettre.

Pendant que sa tante et sa cousine se reposaient, la jeune fille décida de prendre un livre et de s'installer avec un livre sur la terrasse, à l'arrière de la maison. Bien que sa promenade ait été courte, elle se rattraperait le lendemain.

Elle avait chargé le valet d'essayer de découvrir où miss Darcy logeait. Elle pensait que ce serait facile car le nom était connu.

?

Dans la salle de musique, Wickham posa ses pieds sur le piano et se servit un grand verre de bon vin appartenant à Darcy. Mme Younge, assise à côté de lui, fit de même.

- Un toast ! Pour votre réussite, Wickham ! dit-elle.

Ils trinquèrent ensemble avant de boire.

Wickham posa ensuite son verre et regarda sa compagne.

- Qu'est-ce qu'elle ressent pour moi ?

- Je crois qu'elle pense qu'elle est amoureuse de vous, sourit Mme Younge. Quand vous êtes parti, elle ne peut parler de personne d'autre que vous. Mais elle ne m'a pas fait de confidences, sans doute à cause de sa timidité.

Wickham lui sourit. C'était si facile. Cela ne présentait aucune difficulté.

Mme Younge le regarda sérieusement.

- Le frère ne consentira jamais à un mariage entre vous deux, vous le savez très bien.

- Je le sais. Mais ne vous inquiétez pas. J'ai une idée.

Il retira ses pieds du piano.

- Demain, je vais lui demander de s'enfuir avec moi en Ecosse. Et une fois que nous serons mariés, j'aurai tout ce que je voulais. Une jolie et riche épouse, la fortune et la vengeance.

Il ricana méchamment.

- Imaginez la tête de Darcy quand il découvrira que je suis officiellement son frère, et que j'ai séduit sa précieuse petite sœur !

- Il arrive dans trois jours.

- Je sais, je vais lui demander de s'enfuir demain, faire des plans, puis le jour suivant, nous allons prendre la voiture de poste pour aller en Ecosse.

- Cela vous laissera peu de temps.

- Mais je vais réussir.

Mme Younge rempli leurs verres à ras bord.

Ne m'oubliez pas quand vous serez riche.

- Bien sûr que non, ma chère. Je ne saurais oublier celle à qui je devrais ma fortune.

?

Le lendemain matin, Lizzie convainquit sa tante d'aller rendre visite à Georgiana.

- Notre présence empêchera l'homme de se montrer, ma tante. Ce sera toujours du temps gagné. Si nous pouvons l'empêcher de venir aujourd'hui, son frère pourra être là demain. Cela mettra à mal ses plans, quels qu'ils soient.

- C'est une excellente idée, Lizzie. Savez-vous où elle loge ?

- J'ai envoyé James se renseigner. Je suppose que miss Darcy vous connaît bien ?

- Oui. Elle aime beaucoup passer du temps avec les enfants qui l'adorent. Sans compter que Cissy est la favorite de son frère, même s'il ne l'a jamais montré ouvertement.

- Ah oui ! Eh bien, j'aurai un bon moyen de le taquiner si jamais je le rencontre.

- J'espère que vous ferez attention. Rappelez-vous qu'il est timide et mal à l'aise avec les inconnus.

- Mais nous nous sommes déjà rencontrés, ma tante. Même si cela remonte à plusieurs années. Il ne peut pas l'avoir oublié, puisque je corresponds avec sa sœur.

- Je regrette que vous ne l'ayez pas revu, Lizzie. J'aurai dû vous inviter à Londres lorsque je savais qu'il était là.

Pendant qu'elles parlaient, elles se préparaient pour sortir, ce qui ne leur prit pas longtemps. Cissy était ravie de sortir, surtout avec les chiens dont elle était très friande.

La promenade fut de courte durée car la maison occupée par Georgiana Darcy n'était pas éloignée de celle qui avait été louée par Mr Gardiner pour sa femme.

Georgiana s'apprêtait à sortir lorsqu'elle aperçut les visiteuses. Un sourire plein de joie apparut sur son visage et elle s'empressa d'aller les rejoindre après avoir dit quelques mots à sa compagne.

- Lizzie ! Cissy ! Mme Gardiner ! Quelle heureuse surprise ! Je ne m'attendais pas à vous trouver ici !

Lizzie savait qu'elle disait cela à l'intention de sa compagne car elle ne voulait pas risquer d'éveiller ses soupçons. A en juger par l'expression contrariée de la gouvernante, celle-ci n'était pas du tout ravie de leur présence. Elle se reprit et s'approcha afin d'accomplir son devoir.

- Miss Darcy, pourriez-vous me présenter vos connaissances ?

- Bien sûr. Voici Mme Gardiner, une amie d'enfance de mon frère. Cissy est sa fille et Miss Bennet, sa nièce, est une de mes amies.

Mme Younge fit la révérence.

- C'est un heureux hasard de vous voir ici.

- Oui, répondit Lizzie d'un ton neutre. Vous savez que les gens sont très rapides à bavarder. J'ai ainsi appris que mon amie, miss Darcy, se trouvait à Ramsgate et nous avons décidées de venir lui rendre visite après avoir découvert qu'elle logeait non loin de chez nous.

- C'est vraiment merveilleux ! s'écria Georgiana. Il faut que vous passiez la journée avec moi !

Mme Gardiner et Lizzie acceptèrent volontiers. Mme Younge était furieuse. Elle s'éclipsa pour écrire un mot afin d'empêcher Wickham de venir. Cet événement risquait fort de contrarier leurs projets.

Elle ne savait pas encore à quel point.

?

George Wickham observait la scène de loin avec fureur. Quelle malchance ! La venue de ces inconnues allaient gâchés ses projets et il allait être obligé de les remettre à demain. Ce qui signifiait qu'il devrait se montrer très convaincant pour partir avant l'arrivée de Darcy. Ce serait très juste.

Il ne pouvait rien y faire. Mme Younge lui avait dit qu'elles allaient passer toute la journée ensemble et même la soirée. Donc, il lui serait impossible de lui parler avant. C'était frustrant. Et dire qu'il avait cru que sa chance avait tourné. Mais il ne pouvait rien y changer.

Il devrait trouver un moyen de se venger sur cette demoiselle inconnue qui avait trouvé le moyen de gâcher ses projets. Séduire une autre proie ne devrait pas être difficile. Cette journée allait être très ennuyeuse même s'il ne doutait pas qu'il allait trouver de quoi s'occuper.

Il fit demi-tour. Ce n'était qu'une petite contrariété. Il était certain qu'il n'aurait aucun mal à obtenir ce qu'il voulait et Darcy regretterait de lui avoir refusé ce qui lui était dû. Il n'avait pas fini de le faire souffrir.

?

Londres, juillet 1811

Assis devant son bureau de sa maison londonienne, Darcy tentait vainement d'étudier les documents qui se trouvaient devant lui. Sans succès. Il se trouvait distrait par des préoccupations.

Il aimait cette pièce qui lui rappelait tant de souvenirs. Ici, il pouvait encore sentir la présence de son père et de sa mère. Juste en face de lui se trouvait un portrait qui les représentaient. Il avait été peint peu de temps après leur mariage. Sa mère, si jeune, souriait et montrait clairement la joie qu'elle ressentait. C'était une belle jeune femme aux cheveux blonds et aux yeux bleus sombres. Sa robe de même couleur lui allait parfaitement, ainsi que les saphirs qui étaient dans la famille depuis plusieurs siècles.

Darcy avait hérité des yeux de sa mère, mais tout le reste, sa haute taille, ses cheveux noirs, sa carrure, lui venaient de son père. Il leva ses yeux d'un bleu sombre vers la peinture représentant Pemberley placée au-dessus de la cheminée avant de revenir aux documents placés devant lui dans une tentative de se concentrer..

C'était une belle matinée, même si Darcy s'en était à peine rendu compte. Les rayons du soleil dansaient à travers la fenêtre. Il pouvait en sentir la chaleur dans son dos et de chaque côté de son corps. Ils tombaient aussi sur le bureau, donnant à la pièce un sentiment de calme et de paix. Mais Darcy ne se sentait pas en paix.

Alors qu'il regardait les rapports de son intendant de Pemberley, un profond sentiment de solitude remplit son cœur. Ce n'était pas comme s'il était vraiment tout seul. Il y avait beaucoup de serviteurs dans la maison, sans parler de ses serviteurs les plus proches, Farley, son valet de chambre, Mr Parsons, son secrétaire, Mr Stevens, son majordome, et son épouse, Mme Stevens, qui le connaissaient tous depuis sa plus tendre enfance. Il y avait son cousin le colonel Fitzwilliam qu'il pouvait, il le savait, faire venir auprès de lui en cas de nécessité, quand ses devoirs d'officier le lui permettait. Sans compter qu'il partageait avec lui la tutelle de sa sœur, Georgiana.

La maison semblait trop calme avec sa sœur absente. Bien sûr, elle n'avait jamais été bruyante et exubérante.

Mais il avait l'impression qu'il lui manquait quelque chose lorsqu'elle était loin de lui. Il s'en était rendue compte lorsqu'elle était retournée en pension après la mort de leur père. Peut être aurait-il dû engager une gouvernante pour s'occuper d'elle. Elle aurait certainement été plus heureuse.

Chère Georgiana. Elle était grande et mince pour son âge, avec des cheveux blonds et les yeux des Fitzwilliam. Elle était le portrait vivant de leur mère. Comment ferait-il lorsqu'elle ferait ses débuts dans la société et finalement, lorsqu'elle se marierait, il n'en avait aucune idée. Darcy priait pour que cela ne se passe pas avant plusieurs années.

Darcy ne souhaitait pas lui permettre d'aller à Ramsgate, Il aurait préféré la garder dans leur maison à Pemberley, la faire sortir de l'air vicié de Londres, mais sa dame de compagnie, Mme Younge, l'avait persuadé. En fait, Mme Younge s'était avérée des plus convaincantes que l'air de la mer serait juste ce dont la jeune fille avait besoin, tout en récupérant d'un mauvais rhume.

Bien que Darcy sache qu'il n'avait aucune raison de douter de Mme Younge, il ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter pour sa sœur. Son cousin, le colonel Fitzwilliam et lui et étaient responsables du bien-être de Georgiana. Bien que le colonel lui avait dit qu'il s'inquiétait beaucoup trop et que Georgiana était en sécurité avec Mme Younge, il ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas.

Il soupira. Il était incapable de dire ce qui provoquait son inquiétude. Il avait reçu plusieurs lettres de sa sœurs dans les premiers jours suivant son arrivée à Ramsgate. Puis cela avait diminué et il n'avait plus rien reçu depuis plusieurs jours ce qui était vraiment étrange.

Leur mère était morte alors que Georgiana était encore une toute petite fille, de sorte que Georgiana n'avait aucun souvenir d'elle.

Leur père était mort subitement il y a près de trois ans.

Cela avait été un véritable choc pour Darcy d'avoir aussi soudainement la responsabilité du bien-être de sa sœur et de tous les locataires de Pemberley sur ses épaules. Heureusement, le nouvel intendant de son père, Mr Watson, était un homme intelligent et expérimenté. Entre cet homme dévoué et l'oncle de Darcy, le comte de Matlock, ils avaient fait en sorte de guider le jeune homme afin de devenir un bon et juste propriétaire terrien, tel qu'il était aujourd'hui.

Il était communément admis que le jeune maître de Pemberley était très proche du comte et la comtesse de Matlock. Le frère de sa mère était un homme gentil et à la fois Darcy et Georgiana étaient très friands du comte et sa femme. La sœur de sa mère était une autre affaire. Lady Catherine de Bourgh, la veuve du regretté Sir Lewis de Bourgh était une force sur laquelle il fallait compter.

Après la mort de son père, Lady Catherine s'était approchée de Darcy et lui avait dit qu'il était temps pour lui de se marier et qu'elle-même et sa mère avaient arrangées le fait qu'il épouserait sa fille, Anne. Les parents de Darcy n'avait jamais mentionné cet arrangement et il avait l'impression que ses parents souhaitaient qu'il se marie avec une femme qu'il aimerait et respecterait. Il était persuadé que cet engagement était une invention de sa tante qui avait pris grand soin d'attendre le décès de son père pour en parler. Sans doute parce qu'elle savait parfaitement que celui-ci s'y opposerait, comme il en avait le droit.

Il avait donc demandé à sa tante de lui montrer les documents d'engagement. Bien entendu, elle n'en avait pas. Elle avait rétorqué qu'ils étaient parfaitement inutiles. Darcy lui avait dit clairement qu'elle mentait, qu'il n'y avait jamais eu d'engagement et que de toute façon, il n'aurait aucune valeur sans le consentement de son père qui ne le lui aurait jamais accordé, étant donné le profond mépris qu'elle lui inspirait. Et il doutait fortement que sa mère ait pris un tel engagement sans le consentement de son mari. Elle n'avait que sa parole pour étayer ses prétentions et pour lui, elle ne valait rien du tout.

Habituée à voir tout le monde se plier à sa volonté, lady Catherine avait été folle de rage devant cette opposition de son neveu. Elle avait donc fait appel à son frère, mais celui-ci, contrairement à ce qu'elle croyait, n'avait rien fait pour forcer son neveu à lui obéir.

Le comte avait informé sa sœur, qu'il avait, en sa possession une lettre de Georges Darcy qui disait clairement qu'il était opposé à un mariage entre son fils et Anne de Bourgh et que son fils pouvait faire beaucoup mieux qu'épouser une demoiselle malade qui ne serait pas en mesure de lui offrir la descendance qu'il était en droit d'exiger de son épouse. Ses exigences étaient sans valeur et elle ne possédait absolument aucun droit d'imposer ses volontés à leur neveu, surtout concernant un engagement purement imaginaire.

L'idée d'épouser sa pauvre cousine malade répugnait profondément à Darcy. Il savait qu'elle était trop fragile pour assumer les fonctions qu'on attendait d'une épouse. Mais sa mère s'en moquait bien. Son plan était d'avoir la mainmise sur Pemberley et Anne était à ses yeux le meilleur moyen d'atteindre son but. Pas une seule seconde elle n'avait imaginée que son neveu s'opposerait à elle. Ce qui la faisait enrager. Cependant, elle n'avait pas l'intention de renoncer à ce qu'elle convoitait.

Son oncle lui avait conseillé de suivre sa propre voie. Oui, il aurait besoin de se marier et de se marier bien, mais pas avant quelques années et cela devait être la dame de son choix. Le comte avait dit à son neveu que si dame chance était avec lui, il pourrait avoir un mariage qui serait un véritable partenariat, plutôt que qu'une une affaire unilatérale, une union de pure convenance.

Le comte connaissait très bien Darcy et il lui avait conseillé un mariage de convenance pour plus de commodité, seulement, s'il y avait aussi des sentiments de respect et d'affection de la part de la jeune femme. Alors, ce serait différent. Le mariage était pour la vie. Les paroles de son oncle étaient restées ancrées dans son esprit.

Au cours des cinq dernières années, lady Catherine n'avait pas désarmé et continuait à parler de son prochain mariage avec Anne qui s'affaiblissait de plus en plus. Darcy se contentait de l'ignorer, sachant qu'elle cherchait à lui forcer la main en faisant courir de fausses rumeurs. Cela avait au moins eu l'avantage de le débarrasser de la plupart des demoiselles cupides et de leurs mères ambitieuses. Pas toutes, mais un bon nombre, ce qui était un soulagement pour lui.

Il y avait une femme qui apparaissait dans son esprit : miss Elisabeth Bennet. Fitzwilliam aurait été incapable de l'oublier, même s'il avait voulu.

Miss Elisabeth s'est avérée être une fidèle correspondante, et Fitzwilliam avait souvent été témoin des éclats de rire de sa jeune sœur lorsqu'elle recevait une de ses lettres. Les deux amies en étaient arrivées à s'appeler par leur prénom mutuel. Georgiana en était venue à agir uniquement en fonction de ce que lui conseillait miss Elisabeth. Il lui paraissait évident que l'amie de sa sœur avait une énorme influence sur elle. Il était soulagé que sa sœur semble aussi heureuse avec sa nouvelle amie.

Au fil des années, il avait vu sa sœur mûrir pour devenir une jeune calme et tranquille avec tout le monde, y compris avec leur tante lady Catherine qui lui parlait tout le temps d'un ton autoritaire. Georgiana se contentait d'écouter poliment, mais se gardait bien de faire ce qu'elle disait si elle pensait que cela ne lui convenait pas.

Même si elle ne serait jamais à l'aise avec les étrangers, elle avait perdu beaucoup de sa timidité. Il savait que lui-même ne pouvait pas être uniquement crédité de sa métamorphose, mais une grande partie est due à l'avis et des conseils, elle a reçu dans ses lettres de Miss Elisabeth.

Il regretta de ne jamais avoir pensé à l'inviter à Pemberley. Il se rappelait très bien des paroles qu'il avait prononcées, ce soir-là, juste avant que son oncle ne l'informe de la mort de son père. Il ne savait pas pourquoi il avait prononcé ces paroles. L'avait-il prise au sérieux ou les avaient-elles mis sur le compte de l'émotion qu'il ressentait. Il l'ignorait. Mais il savait qu'il avait envie de la revoir. Peut être pourrait-il l'inviter à Londres au retour de sa sœur de Ramsgate. Il savait qu'elle n'était pas mariée, à son grand soulagement. Mais il ignorait aussi s'il lui arrivait de penser à lui.

Darcy décida qu'il avait besoin d'un moyen de détourner son esprit. Rester assis à son bureau, à se demander si Georgiana allait bien et ce qu'elle pouvait bien faire ne pouvait lui faire aucun bien. Et c'était la même chose pour miss Elisabeth.

Il était incapable de prêter une véritable attention aux papiers qui se trouvaient devant lui. Oui, il fallait certainement trouver autre chose à laquelle il pourrait penser. Après un moment de réflexion, il sourit, décidant qu'il pourrait se rendre à sa librairie préférée. Peut-être que Mr Hatchard aurait reçu le nouveau livre qu'il désirait sur l'agriculture. Après avoir terminé son café, il se leva avec l'intention de se rendre dans sa chambre pour se préparer à sortir lorsqu'on frappa à la porte :

- Entrez ! dit-il.

La porte s'ouvrit sur Stevens. Il portait un plateau d'argent à la main sur lequel reposait une lettre.

- Pardonnez-moi de vous déranger, Monsieur. Un express vient d'arriver pour vous. Il vient de Ramsgate.

Darcy pâlit, prit la lettre et répondit :

- Merci, Stevens. Attendez avant de vous retirer.

Il prit la lettre, la décacheta et l'ouvrit. Il fut surpris de reconnaître l'écriture de Mme Gardiner. Il ignorait qu'elle se trouvait à Ramsgate :

Mon cher William,

J'espère que cette lettre vous trouvera en bonne santé.

Vous ne l'ignorez pas, ma petite Cissy a été très malade ces derniers temps. Elle va beaucoup mieux mais le médecin a pensé qu'un séjour au bord de la mer l'aiderait à se remettre rapidement. Je me suis donc rendue à Ramsgate avec elle et ma nièce, miss Elisabeth Bennet, que vous connaissez déjà.

Vous pouvez imaginer ma surprise, lorsque, au cours d'une promenade, j'ai aperçue votre sœur. Sa dame de compagnie se trouvait avec elle, mais ce à quoi j'étais loin de m'attendre, c'est que Georges Wickham se trouvait avec elles. Je crois que vous devriez venir au plus vite. Je crains que votre sœur ne court un grave danger.

Le jour suivant, nous sommes allées lui rendre visite et elle s'est confiée à ma nièce. Wickham n'a eu aucun geste déplacé envers elle, mais certaines de ses paroles lui font craindre le pire. Venez vite, je vous en prie. Le temps presse !

Votre amie, Maddy Gardiner

De pâle, Darcy était devenu blême de fureur. Ses yeux étincelèrent. Wickham ! Ce gredin allait recevoir ce qu'il méritait, il en faisait le serment !

- Monsieur ! Monsieur Darcy ? Est-ce que tout va bien ? demanda Stevens, visiblement inquiet de la réaction de son maître à la lecture de la lettre. De toute évidence, il n'avait pas reçu de bonnes nouvelles.

- Dites à mon valet de préparer ma malle immédiatement. Et faites atteler la berline à quatre chevaux. Je veux partir pour Ramsgate dans une heure. Et demandez à Parsons de me rejoindre immédiatement.

- Bien, Monsieur, répondit Stevens. J'espère que miss Georgiana n'est pas malade ?

- Non, Stevens. Elle est en parfaite santé. Mais elle risque de se retrouver aux prises avec un gredin qui veut se venger de moi en se servant d'elle.

Stevens écarquilla les yeux. Puis il comprit.

- Wickham?

- Oui. Wickham. C'est pour cela que je dois la rejoindre au plus vite.

- Je m'en occupe tout de suite, Monsieur.

Il tint parole. Une heure plus tard, Darcy montait dans la voiture qui le conduisait hors de Londres en direction de Ramsgate. Il était dans un état de fureur extrême. Il savait que, dans sa colère, il serait capable de tuer Wickham.

?

Au cours de leur promenade quotidienne sur la plage, Wickham s'arrêta soudain et regarda Georgiana.

- Georgiana chérie, je ne peux pas aller plus loin sans vous dire cela, commença-t-il tendrement, Je vous aime. Je ne peux pas vivre sans vous.

Georgiana, qui s'attendait plus ou moins à une déclaration de ce genre, secoua la tête. Elle cria :

- Que dites-vous ? Je n'entends rien avec tout ce bruit !

Le mugissement des vagues résonnait à ses oreilles. Georgiana n'avait aucune envie d'écouter ses discours. Pour qui la prenait-elle ? Croyait-il réellement qu'elle s'abaisserait à s'enfuir avec le premier venu ? Surtout quand elle savait que sa dot était son seul intérêt véritable ? Il devait la prendre pour une petite fille naïve et sans cervelle, prête à croire tout ce que racontait un beau parleur.

Wickham fut totalement déconcerté par ses paroles. Elle n'avait rien entendu ? Comment était-ce possible ?

Georgiana se tenait près des rochers, avec une vue sur la mer. Elle se retourna. Mme Younge était un peu à l'écart, à quelques mètres d'eux.

Elle se détourna de lui et se retourna pour admirer la beauté de la mer. Wickham se ressaisit, lui toucha le bras. Elle se tourna lentement vers lui.

- Georgiana... commença-t-il.

Un bruit sur la falaise au-dessus poussa Georgiana à lever les yeux... et elle vit son frère, Fitzwilliam, qui la regardait.

- Fitzwilliam ! s'écria-t-elle d'un ton joyeux.

Elle s'écarta brusquement de Wickham et monta les escaliers, avant de se jeter dans les bras de Darcy à qui elle raconta tout.

?

Une magnifique calèche découverte, tirée par quatre chevaux fougueux, avançait rapidement dans la rue. Elle suscita de nombreux regards curieux de la part des passants lors de son passage et se dirigea vers la rive.

Mais ce n'était pas seulement la voiture qui attira l'attention. Certes, les chevaux étaient parfaitement assortis et trottaient à un rythme régulier.

Certes, la voiture était très belle et visiblement de très grande qualité, indiquant clairement que son propriétaire devait être très riche. Mais ce fut le passager de la voiture, que les passants avaient admiré très brièvement, qui attira véritablement l'attention. Ils purent voir un très bel homme aux cheveux noirs, assis très droit sur son siège, dont le visage montrait à la fois de la noblesse et de la force. Ses cheveux sombres étaient agités par l'air du large et le vent provoqué par la vitesse de ses chevaux. Quelques-uns purent même voir la couleur de ses yeux, d'un bleu aussi sombre que la mer après un orage.

Un petit sourire éclairait légèrement son visage et apparaissait sur ses lèvres légèrement entr'ouvertes.

Beaucoup de femmes ne purent s'empêcher de soupirer à son passage.

- Regardez-le ! chuchotèrent-elles entre elles. N'est-il pas beau ? Il doit être très riche. Il suffit de regarder sa voiture et ses vêtements. Je me demande à combien se montent ses revenus. Oh s'il pouvait me regarder de cette façon ! Pourquoi croyez-vous qu'il vienne ici ? Sans doute a-t-il l'intention de rendre visite à une dame…

Les murmures le suivirent à mesure que la voiture poursuivait son chemin, mais le passager ne leur accorda pas la moindre attention. Il avait l'habitude d'entendre ce genre de spéculations partout où il allait. Bien entendu, elles étaient loin de s'imaginer l'étendue de sa fortune. Mais dans la bonne société, on mentionnait qu'il avait 10 000 £ de revenus annuels alors qu'il était plus près des 30 000 £ annuels. Mais c'était un secret bien gardé.

Les femmes qui murmuraient sur son passage avaient raison sur un autre point. Il allait en effet voir une dame qui était très cher à son cœur, mais d'une façon très différente que ce que ces matrones pouvaient imaginer.

Il avait le cœur qui battait très fort. Allait-il arriver à temps pour sauver sa sœur d'un immonde gredin ? Etait-elle terrifiée en sachant que la femme engagée pour la protéger s'était révélée indigne de confiance et l'abandonnait aux mains d'un homme méprisable ? Où bien s'était-elle laissée prendre au piège des discours mielleux de ce beau parleur ? Il n'avait aucun moyen de le savoir.

Il poussa un profond soupir. Parfois, il aurait aimé qu'elle le traite véritablement comme un frère. Il savait qu'elle l'aimait. Il pouvait le voir dans ses yeux lorsqu'ils se posaient sur lui. Mais il avait aussi l'impression désagréable qu'elle avait peur de lui. Elle semblait le voir plus comme un père que comme un frère.

Après la mort de leurs parents, il s'était retrouvé avec la responsabilité de veiller sur son bien-être. Cela avait quelque peu changé leurs relations autrefois si ouvertes. Ils ne semblaient plus pouvoir se comporter comme le feraient des frères et des sœurs.

« Elle me témoigne plus de respect que la plupart des sœurs en montrent à leurs frères. Elle cherche sans cesse à obtenir mon approbation. Parfois, j'ai l'impression qu'elle se contrôle parce qu'elle craint de m'offenser. Je ne peux pas changer le passé, mais j'espère qu'elle prendra plus d'assurance à l'avenir. Elle a déjà commencé grâce à miss Elisabeth Bennet. Il serait dommage de s'arrêter en si bon chemin. Elle est devenue une très belle jeune fille. Je dois la protéger contre les coureurs de dots qui ne réussiraient qu'à lui briser le cœur et à faire de sa vie un enfer ».

Et il devrait commencer avec Georges Wickham. Comment avait-il pu tomber assez bas pour tenter de s'en prendre à la propre fille de son bienfaiteur ?

Comme la voiture s'approchait toujours plus de bord de la mer, Darcy se redressa et se mit à chercher avidement autour de lui. Criant au cocher de s'arrêter, il sauta à terre avec empressement et commença à descendre le chemin en direction de la plage, en direction de deux silhouettes qu'il pouvait voir un peu plus loin.

En s'approchant, il ralentit un peu et fronça les sourcils. Oui, c'était certainement sa sœur, mais l'autre silhouette n'était pas son chaperon, Mme Younge. En fait, alors qu'il tournait la tête, il put voir Mme Younge, assise un peu plus loin, sur la plage.

Une sourde colère s'empara de lui. Wickham ! Oui, cela ne pouvait être que lui ! Sans doute voulait-il profiter d'un tel cadre pour amorcer sa proie.

Il accéléra son pas, impatient de soustraire sa précieuse sœur de la compagnie de ce gredin. Il avançait aussi vite qu'il le pouvait. Il fronça les sourcils en voyant l'homme poser sa main sur son bras, puis se rendit compte que sa sœur avait détourné la tête.

Il se rendit compte qu'elle avait l'air très en colère, même si son compagnon ne s'en était visiblement pas aperçu.

Il s'arrêta brusquement et ouvrit la bouche avec l'intention de prononcer le nom de sa sœur. Ce fut à cet instant que la jeune fille leva la tête. Soudain, elle s'écarta de l'homme et se mit à courir vers lui aussi vite qu'elle en était capable, une expression de joie visible sur son visage.

- Fitzwilliam ! Fitzwilliam ! Mon frère !

Darcy s'arrêta et ouvrit grands les bras. Toute excitée, elle se précipita vers eux et donna à son frère une longue étreinte.

- Bonjour, Georgiana, murmura-t-il affectueusement. Je suppose que vous êtes contente de me voir ?

- Oh, oui ! s'écria-t-elle, levant la tête pour qu'elle puisse sourire heureux sur son visage. Vous ne pouvez pas savoir à quel point. J'espérais que vous arriveriez très vite. Vous avez reçu le courrier de Mme Gardiner ?

- Oui. Je suis parti dans l'heure qui a suivi. Je vois qu'il ne perd pas son temps.

- Je n'ai pas écouté ce qu'il racontait. Cela n'a aucune importance, Fitzwilliam. Je ne lui aurais jamais prêté la moindre attention.

Darcy se retourna vers Wickham qui les regardaient en état de choc. Il se dirigea lentement les escaliers pour se tenir à côté de Mme Younge..

- Vous avez compris ce qu'il voulait en venant ici ?

- Bien sûr. Je n'ai pas oubliée votre mise en garde, il y a deux ans. Je suis désolée, William. Tout est de ma faute. J'aurai dû vous dire tout de suite que Mme Younge le connaissait. J'ai eu pitié de lui et je n'ai rien dit en souvenir de notre enfance. Mais quand je l'ai rencontré ici, à Ramsgate, j'ai compris que sa présence n'était pas un hasard.

Il se dirigea vers les coupables et les foudroya du regard.

- Mr Wickham, dit-il froidement, en inclinant légèrement la tête.

- Mr Darcy, répondit l'autre.

Sa voix était un peu tendue, mais il semblait tout à fait tranquille et un léger sourire flottait sur ses lèvres.

- Ne devriez-vous pas vous réjouir, Darcy ? Nous avons une grande nouvelle à vous annoncer, déclara-t-il en souriant.

- Une nouvelle ? Vraiment ?

- Vous devriez le lui dire, ma chère, fit Wickham à l'attention de Georgiana.

Il ne paraissait pas éprouver la moindre inquiétude.

- Je n'ai pas la moindre idée de ce dont vous voulez parler, Mr Wickham, répondit Georgiana en lui adressant un regard chargé de mépris.

Wickham fut très choqué, incapable de croire ce qu'il venait d'entendre.

- Mais, vous devez bien en avoir une idée !

- Si vous faites allusion à la petite comédie pitoyable à laquelle vous vous êtes adonné ces derniers jours, alors oui. Mais vous n'êtes pas le seul à savoir jouer la comédie, Mr Wickham. Et vous avez eu tort de me prendre pour une pauvre petite fille naïve et crédule qui serait susceptible de se laisser séduire par les belles paroles du premier venu. Pour qui me prenez-vous ? Croyez-vous réellement que j'allais prendre le risque de ruiner la réputation de ma famille pour les beaux yeux d'un homme qui n'est pas autre chose qu'un méprisable débauché et dont le rang est tellement inférieur au mien. Dans ce cas, vous avez commis une grave erreur !

Wickham écarquilla les yeux. Il n'en croyait pas ses oreilles. Qu'est-ce que cela signifiait ? Elle s'était moquée de lui ? Elle n'avait pas été prise au piège comme il l'avait cru ? C'était impossible !

- De toute évidence, vous vous êtes fait des illusions, Wickham, fit Darcy d'un ton railleur. Venez avec moi. Je pense que nous allons devoir régler cette affaire.

Il se tourna vers sa sœur.

- Georgiana, pourquoi ne pas aller chez Mme Younge pendant un certain temps pendant que je parle avec Mr Wickham ici ?

Sa voix était gentille, mais tout à fait déterminée. La jeune fille acquiesça légèrement, avant de marcher vers la femme assise sur le banc plus loin sur la plage. Les deux hommes la regardèrent s'éloigner alors qu'elle marchait lentement vers sa dame de compagnie.

Quand il fut certain qu'elle était hors de portée de voix, Darcy se retourna vers l'homme qui était resté silencieux pendant la majeure partie de la conversation.

Sa voix était menaçante alors que ses yeux bleus sont devenus durs comme des pierres. Une main crispée sur son côté comme il fit un pas en avant, forçant l'autre homme à reculer.

- Comment pouvez-vous faire cela ? Après tout ce que mon père a fait pour vous ! Après tout ce que j'ai fait pour vous ! Vous avez décidé de vous abaisser encore plus en essayant de séduire ma sœur?

- Tout ce que vous avez fait pour moi? siffla Wickham. Votre père m'a promis une cure, et avec son décès, vous avez refusé de le reconnaître!

- Nous connaissons tous les deux les raisons pour cela, répondit Darcy, sans se retourner. Vous avez déclaré que vous n'aviez pas l'intention d'entrer dans l'église, et donc, à la place je vous ai donné £ 3000. Vous avez dit que vous aviez l'intention de l'utiliser pour étudier le droit. C'est de votre faute. Vous n'avez pas utilisé l'argent à bon escient. Et je sais ce que mon père ignorait, que derrière cette charmante façade se cachait un séducteur, un joueur, un coquin, un homme avec des habitudes aussi dégoûtantes que les égouts de Londres !

La voix de Darcy commença à devenir plus forte, et il se tourna finalement vers Wickham.

- Et avec tout cela, vous avez, non seulement eu l'audace de me demander plus d'argent, mais encore pire, vous avez tenté de séduire ma sœur !

Wickham se recroquevilla sous le regard de Darcy.

- Vous me dégoûtez, Wickham. Vous avez trahi mon père de la pire des manières. Il vous a fourni une éducation que votre père aurait été incapable de vous offrir. Et vous l'avez remercié en menant une vie de débauché et en tentant de vous en prendre à sa fille. Mais il avait prévu de la protéger contre les vermines de votre espèce ! Vous auriez dû mieux vous informer, Wickham. Cela vous aurait évité une démarche inutile. Si Georgiana s'était mariée sans mon consentement, elle n'aurait pas eu un seul penny de sa dot. Elle le sait parfaitement.

Wickham blêmit de rage en entendant ces paroles, comprenant que toutes ses tentatives de s'enrichir avaient été vaines.

- Je vais vous laisser partir, Wickham, à la condition que vous ne tentiez jamais de communiquer avec Georgiana ou moi-même de nouveau. Et si vous le faites, alors vous ne serez pas aussi chanceux. Arrangez-vous pour ne plus jamais vous retrouver sur mon chemin. Vous risqueriez de le regretter. Et si jamais je découvre que vous tentez de me calomnier dans le but de tromper les commerçants ou de déshonorer des jeunes filles, je m'assurerai pour que vous passiez le reste de votre vie en prison, là où vos pleurnicheries n'auront aucun intérêt pour personne !

L'acier dans la voix de Darcy assura Wickham qu'il n'y avait aucun doute qu'il tiendrait parole.

- Sortez de ma vue !

Essayant de conserver un semblant de dignité, Wickham s'éloigna sans mot dire. Il tourna la tête pour regarder Georgiana qui le fixait avec mépris. Puis il disparut sans demander son reste.

Darcy et Georgiana le regardèrent partir. La jeune fille resta un instant immobile avant de se tourner vers son frère.

- Tout va bien, Georgiana, dit-il. J'ai été prévenu à temps. J'ai un autre compte à régler. Pouvez-vous m'attendre ici ?

- Ne vaudrait-il pas mieux retourner dans la maison ? demanda la jeune fille. Il y a de plus en plus de personnes sur la plage.

Darcy regarda autour de lui et hocha la tête. Sa sœur avait raison.

- Rentrons, dit-il tranquillement.

Georgiana et Mme Younge attendaient dans le couloir à l'extérieur de l'étude de Darcy à la maison. Darcy demanda à Mme Younge de le suivre.

- Mme Younge, est-ce que ce miss Darcy m'a dit est vrai ? Vous avez encouragé cet homme à la courtiser, à lui montrer des attentions déplacées ?

Le regard glacial dans les yeux de son maître empêchèrent Mme Younge d'inventer un conte pour se défendre.

- Oui.

- Mme Younge, je vous ai fait confiance pour prendre soin de Georgiana, et vous avez trahi cette confiance ! Je ne peux pas le croire !

La dame baissa la tête d'un air abattu, et ne dit rien. Darcy se força à se calmer.

- Vous comprendrez que, dans de telles conditions, il est hors de question que je vous conserve à mon service. Vous le quitterez immédiatement. Et je ne peux pas non plus vous donner de références. Je vous suggère de faire vos malles et de partir. Laissez votre adresse sur le meuble de l'entrée. Je vous paierais vos gages jusqu'à aujourd'hui mais vous n'obtiendrez rien d'autre. C'est plus que ce que vous méritez !

Reconnaissante de s'en tirer à si bon compte, Mme Younge se précipita hors de la salle sans protester. Darcy se tourna vers sa sœur.

- Que diriez-vous d'aller rendre visite à Mme Gardiner ? Je tiens à la remercier d'avoir réagi aussi rapidement.

- Je suis désolée, William, mais ce n'est pas possible. Elle est repartie pour Londres ce matin.

Darcy en fut très déçu. Jusqu'à ce que sa sœur ajoute :

- Mais je sais que Lizzie doit rester à Londres jusqu'à la fin du mois. Si nous repartions, nous pourrons la voir souvent.

- Il faudra justifier un si prompte départ.

- Je dirais que je n'avais pas envie de rester, que je m'ennuyais sans vous. Ce ne sera pas un mensonge, après tout.

- Très bien, Georgiana. Nous partirons demain. J'aimerais passer au moins une journée avec vous au bord de la mer.

La jeune fille accepta avec joie et les deux frères et sœurs profitèrent de la mer et du beau temps en oubliant complètement les évènements désagréables qui s'y étaient déroulés.