Timinoo1
Merci. Il est vrai que parler de lui faire la cour après une si courte connaissance peut être surprenant. Mais il y a quelque chose qui s'appelle le « coup de foudre ».
Lady Catherine est une très mauvaise femme, dans cette histoire. J'en ai lu où elle était bien pire. As-tu lu une histoire qui s'appelle « Promise to Remember » ? Dans cette histoire, elle est vraiment horrible et fait enlever Lizzie par Wickham pour l'empêcher d'épouser Darcy.
Je ne crois pas qu'elle éprouve de l'affection pour Darcy et sa sœur. C'est une snob qui ne voit les choses que du point de vue du rang et de la richesse. Elle veut que sa fille épouse Darcy pour pouvoir s'en vanter dans la bonne société, comme le ferait Caroline si elle réussissait à l'épouser.
Quand à sa complicité dans le complot concernant Georgiana, je vais l'expliquer. Lady Catherine sait parfaitement qui est Mme Younge. Elle n'avait pas vraiment l'intention de laisser Wickham enlever réellement sa nièce et comptait prévenir Darcy, d'une manière ou d'une autre. Elle n'avait pas prévu que sa nièce saurait à quoi s'en tenir sur Wickham et ne se laisserait pas séduire. Dans le cas contraire, elle se serait servie de cette histoire pour faire du chantage à Darcy pour l'obliger à épouser sa fille. Elle est prête à tout pour obtenir ce qu'elle veut et ne supporte pas que l'on s'oppose à elle. Son complot a échoué, ce qui la rend furieuse. Elle va certainement chercher un autre moyen de forcer la main de Darcy.
En tout cas, je suis heureuse que tu aimes cette histoire. Je pense que le prochain chapitre sera pour bientôt. Je l'ai déjà commencé, mais je dois remédier au fouillis de mes paragraphes.
Cette histoire a lieu plus tôt que dans le livre original. Cependant, Mr Bingley a toujours vingt-trois ans et il va louer Netherfield. Je ne pense pas qu'elle sera très longue. Peut être une dizaine de chapitres ou un peu plus. Mais, en tout cas, elle n'attendra pas la taille d'Une opinion différente ». J'ai plusieurs autres histoires en cours et j'en ai commencé une nouvelle que je ne publierai pas avant quelques mois. Celle-là sera peut être plus longue.
Bonne lecture. J'attends la suite de ta fic avec impatience.
Claire
Merci. Je suis désolée que tu sois déçue. Peut-être t'attendais-tu à autre chose ? J'espère que ce nouveau chapitre te plaira. Bonne lecture.
Chapitre 6 Charlotte
Appuyée contre la vitre de la voiture, Elisabeth Bennet rêvassait. Elle était impatiente d'arriver au presbytère de Kympton pour faire la connaissance de son filleul.
Dans la voiture se trouvaient plusieurs passagers. Il y avait Sir William et lady Lucas, parents de son amie, Charlotte Langford, mère du petit Henry, mais aussi sa sœur, Maria et son jeune frère, John Lucas. Les trois autres enfants de la famille, Louisa, dix-neuf ans, Célia, huit ans et Ned, dix ans, étaient restés à Lucas Lodge. La première était fiancée à Mr Collins et son mariage devait avoir lieu début septembre.
Assis à leurs pieds étaient les deux dalmatiens de Lizzie, Nelson et Wellie, ainsi que les deux chiots, Câline et Galant. La jeune fille soupira. Le voyage était long et ennuyeux. Elle détestait se sentir enfermée. Heureusement, c'était le dernier jour. Si tout allait bien, ils devraient arriver dans l'après-midi.
Sir William, qui la connaissait depuis des années, lui adressa un grand sourire :
- Je sais que c'est long, miss Lizzie, mais ce sera bientôt l'heure du déjeuner et nous nous arrêterons. Et le prochain arrêt sera aussi le dernier.
- Je vous remercie, sir William. Je sais que je ne suis pas très patiente.
- Demain, cela ira mieux lorsque vous aurez une bonne promenade. Cependant, malgré la présence des chiens, il vaudrait mieux que vous ne sortiez pas toute seule. Ce ne serait pas prudent.
- Je veux bien vous accompagner, moi, Lizzie ! dit le jeune Lucas avec enthousiasme.
Celle-ci sourit.
- Je n'y vois aucun inconvénient, mais j'espère que vous viendrez aussi, Maria. La marche ne peut pas vous faire de mal.
Maria rougit. C'était une jeune fille de quinze ans extrêmement timide. Elle vouait une profonde admiration à Charlotte, sa sœur aînée et à Elisabeth, et elle s'efforçait de les imiter en toutes choses.
- Je veux bien, Lizzie, mais je ne suis pas certaine de pouvoir vous suivre aussi loin que vous allez.
- Ne vous inquiétez pas, Maria. Si vous êtes fatiguée, dites-le et nous ferons demi-tour. Vous n'êtes pas habituée aux longues marches, comme moi.
- Je m'en souviendrais, Lizzie.
La voiture s'arrêta bientôt pour le déjeuner et elle en fut soulagée. Sir William et ses compagnons furent conduits dans un salon privé.
Lizzie fut heureuse de manger car elle mourait de faim. Encore une ou deux heures de voyage et ils seraient arrivés.
Les chiens étaient heureux de boire et de manger, eux aussi, mais Lizzie savait qu'ils avaient besoin de se dégourdir les pattes.
John tint à l'accompagner lorsqu'elle souhaita faire une petite promenade avant leur départ.
Ils se mirent à marcher dans les rues du village, puis en sortirent quelques minutes plus tard.
Les chiens couraient dans tous les sens. Lizzie avait jugé préférable de tenir les chiots en laisse pour les empêcher de se sauver.
Alors qu'ils s'apprêtaient à faire demi-tour, elle vit un homme qui marchait vers eux d'une démarche incertaine en tenant des propos incohérents. Les chiens vinrent immédiatement se placer devant leur maîtresse en montrant les crocs car il sentaient que l'homme était une menace. Leur attitude faisait clairement comprendre qu'ils n'hésiteraient pas à attaquer s'il les y obligeaient. L'homme dut le comprendre car il fit brusquement demi-tour en marmonnant des injures. Lizzie le regarda d'un air méfiant.
- Je crois qu'il vaut mieux le suivre. Je crains qu'il ne cherche à s'en prendre à quelqu'un d'autre.
- C'est un ivrogne, dit John d'un ton dégoûté.
- En effet. Mais certains d'entre eux savent parfaitement ce qu'ils font lorsqu'ils sont ivres.
- Il s'en serait pris à vous s'il n'y avait pas eu les chiens. Quel individu méprisable !
Lizzie, qui n'avait eu aucune peine à reconnaître Wickham, était d'accord. Ce méprisable individu méritait d'être jeté en prison. Elle était certaine qu'il n'était pas là par hasard. Sans doute manigançait-il un mauvais coup pour se venger de l'échec de ses plans concernant Georgiana.
Un cri de frayeur la fit sursauter. Les chiens bondirent en avant et se mirent à aboyer avec une colère évidente. Lizzie entendit un cri de fureur avant d'arriver devant la scène. Elle vit une petite fille aux prises avec le misérable individu. Il n'avait pas eu le temps de lui faire grand mal car les chiens s'étaient jetés sur lui. Nelson était visiblement fou de rage. Lizzie savait que, dans sa colère, il était tout à fait capable d'égorger l'homme.
D'autres personnes avaient entendu les cris et ils comprirent vite ce qui s'était passé. Une femme se précipita vers la petite fille qu'elle serra contre elle en injuriant l'ivrogne. Lizzie appela les chiens qui s'écartèrent avec prudence, abandonnant leur proie sur le sol. Des hommes se saisirent de l'agresseur.
Les chiens les surveillèrent pour s'assurer qu'il ne chercherait pas à s'enfuir. Mais il était visiblement incapable de se déplacer, voire de courir.
Lizzie alla s'assurer que la petite fille n'était pas blessée. Celle-ci tendit les bras vers les chiens qui regardèrent leur maîtresse d'un air interrogateur. Celle-ci se tourna vers la mère de l'enfant qui comprit sa demande et hocha la tête en souriant. Elle ne pouvait pas refuser que les chiens qui avaient sauvés sa petites filles ne reçoivent pas leur récompense. Ils s'en donnèrent à cœur joie. Cependant, au bout d'un moment, Lizzie jugea qu'il était temps de retourner à l'auberge.
Sir William fut soulagé de les voir revenir. Il commençait à s'inquiéter car il avait entendu dire qu'un ivrogne avait agressé une petite fille. John raconta à son père ce qui s'était passé. Il en fut très choqué mais soulagé que personne n'ait été blessé.
Ils montèrent dans la voiture et se remirent en route.
Deux heures plus tard, la voiture s'arrêtait devant une belle maison.
C'était une vaste demeure de deux étages aux pierres patinées par le temps, de belles proportions et d'aspect élégant. Un rosier grimpant couvrait la façade et donnait, l'été, un charme rustique et cossu à la maison. La fumée qui sortait des différentes cheminées laissait supposer qu'à l'intérieur régnait une douillette atmosphère.
A l'arrière de la maison, il y avait un vaste jardin avec un verger et un potager.
Charlotte et son mari attendaient devant l'entrée que les voyageurs soient descendus de la voiture, tandis que les valets commençaient à décharger les bagages. Lizzie sourit en voyant son amie. Cela faisait longtemps qu'elles avaient été séparées. Elle lui avait manqué.
Charlotte sourit et vint accueillir sa famille, puis elle se tourna vers son amie d'enfance :
- Lizzie, cela faisait longtemps.
- Trop longtemps, répondit-elle en l'embrassant. Comment se porte le jeune Henry ? J'espère qu'il est prêt pour son baptême ?
- Absolument.
- Sir William, lady Lucas, Maria, John, dit Mr Langford en s'inclinant. Miss Bennet, c'est un plaisir de vous revoir.
- Le plaisir est partagé, Mr Langford.
- Je vous en prie, entrez. Des rafraîchissements vous attendent.
Il ouvrit la porte et les précéda à l'intérieur de la maison. Charlotte conduisit ses invités au salon. C'était une pièce confortable, meublée sans trop de recherches, mais avec goût, dans laquelle on sentait que la famille prenait plaisir à se réunir. Un ouvrage de broderie était abandonné sur l'accoudoir d'un fauteuil et sur une petite table, un échiquier indiquait qu'une partie était en cours.
Un peu plus loin, un chevalet offrait au regard une aquarelle inachevée. Plusieurs chats occupaient majestueusement le territoire parmi lesquels il y avait une chatte et ses deux chatons.
- Vous avez des chats, Charlotte ? demanda Lizzie d'un ton étonné. Vous auriez dû me prévenir. Heureusement que Nelson et Wellie s'entendent plutôt bien avec eux. Mais les petits ne sont pas aussi disciplinés.
En effet, les chiots, ravis d'avoir de nouveaux compagnons de jeu, se précipitèrent vers eux, mais la chatte les arrêta en miaulant avec colère. Déçus, ils entreprirent d'explorer la pièce.
Les deux chiens adultes de Lizzie regardèrent la chatte avec une évidente curiosité. Celle-ci vint vers eux en les regardant d'un air méfiant. Nelson remua la queue et lui donna un grand coup de langue. La chatte poussa un miaulement indigné et elle ne parvint pas à empêcher ses chatons de venir renifler ces animaux qui éveillaient leur curiosité. Ni Nelson, ni Wellie ne bronchèrent. Ils se couchèrent même et laissèrent les chatons escalader leur dos sans montrer la moindre colère. La chatte les regarda, visiblement étonnée d'une attitude aussi étrange de la part de l'ennemi naturel de son espèce. Cependant, elle ne chercha pas à éloigner ses chatons et jugea préférable de supporter les intrus aussi longtemps qu'ils seraient présents.
Voyant cela, les chiots s'enhardirent et revinrent vers leur père et les chatons. La chatte les regarda avec méfiance, mais, cette fois, elle ne broncha pas.
Charlotte, Lizzie et Maria éclatèrent de rire devant cette scène amusante.
- Vixy était déjà là lorsque je suis arrivée, dit Charlotte en souriant. Elle s'est installée dans la maison sans demander l'avis de personne. En ce qui me concerne, cela ne me dérange pas. Cela me fait une agréable compagnie. Et ses chatons sont si drôles lorsqu'ils font des bêtises et qu'elle les grondent.
- Cela doit ressembler à la façon dont Nelson traite ses chiots.
- Je crois que oui.
Après une courte discussion pour demander et obtenir des nouvelles de toutes leurs connaissances, Charlotte emmena sa sœur et son amie au premier étage pour les conduire dans leurs chambres afin qu'elles puissent se rafraîchir et remettre de l'ordre dans leurs tenues. Après avoir montré sa chambre à Maria et à leur mère, elle ouvrit la porte qui se trouvait juste en face :
- Voici la chambre qui sera la vôtre pendant votre séjour, annonça-t-elle.
Lizzie se retrouva dans une pièce très confortable, dotée d'un lit de fer, de placards encastré dans le mur, d'une table de nuit, d'une table de toilette sur laquelle reposait une bassine, un broc et un miroir, une chaise, un fauteuil. Une petite table dotée de plusieurs tiroirs qui servait de bureau placée près de la fenêtre dont les rideaux de mousseline vert pâle à grandes fleurs jaunes assortis au couvre-lit complétait l'ameublement.
- Y-aurait-il des étagères dans ces placards, Charlotte ? demanda Lizzie qui semblait avoir du mal à garder son sérieux.
- Oui, bien sûr. Pourquoi cette question ? demanda Charlotte, visiblement surprise.
Les yeux pétillants d'amusement, Lizzie répondit :
- Oh, c'est juste que je viens de me rappeler une conversation avec Mr Collins à Longbourn où il a expliqué à mes parents comment lady Catherine lui avait conseillé d'installer des étagères dans le placard de la chambre d'ami. Mon père me l'a raconté. N'est-ce pas à mourir de rire ?
Charlotte comprit sans peine l'amusement de son amie.
- Oui, vous avez raison. Je me souviens que Louisa en a parlé dans sa lettre. Cela m'a surprise, je dois l'avouer. Quel étrange sujet de conversation ! Je n'ai pas rencontré cet homme, mais il n'a pas l'air d'avoir beaucoup de bon sens.
- Je dirais qu'il n'en a aucun. Je plains Louisa de devoir épouser un pareil idiot. Savez-vous que ma mère pensait qu'il serait très bien pour moi ? Quelle idée répugnante ! Heureusement que mon père n'a prêté aucune attention à ses discours. Il a eu beau la discipliner et surveiller l'éducation de mes sœurs, je crains qu'elle ne soit toujours disposée à nous jeter devant n'importe quel homme pouvant faire un époux potentiel. Elle ne se soucie pas de son caractère ni de ses moyens de subsistance. Pour elle, la seule chose qui compte, c'est qu'ils peuvent devenir un mari.
Elle poussa un soupir et secoua la tête.
- Je crains, Lizzie, que vous ne puissiez pas la changer, dit Charlotte. Soyez heureuse que Lydia ne soit pas en âge de sortir. Elle pourrait poser des problèmes en dépit de la discipline que votre père la force à respecter.
- Oui. Je crains qu'il ne soit très difficile de la faire obéir.
Lizzie se tourna vers son amie :
- Il y a quelque chose dont je dois vous parler, Charlotte.
Elle lui raconta ce qui s'était produit, peu de temps auparavant, avec l'homme du nom de Wickham. Charlotte en fut très choquée :
- Grand Dieu, Lizzie, vous avez eu de la chance ! Cet homme est un méprisable individu. Quand je pense que le défunt Mr Darcy souhaitait en faire un pasteur ! Il n'a jamais su quel homme il était réellement.
- Je crois qu'il voulait lui donner la cure de Kympton, n'est-ce pas ?
- Oui. Mais il l'a refusée sous prétexte de faire des études de droit. Mr Darcy lui a donné trois mille livres en compensation et il a signé un document dans lequel il renonçait de façon définitive à tout droit sur la cure en échange de cette somme. Ce qui ne l'a pas empêché de la réclamer de nouveau. Comme Mr Darcy a refusé de la lui remettre, Wickham est allé jusqu'à le menacer.
- Je ne suis pas surprise qu'il est tenté de s'en prendre à Georgiana.
- Que voulez-vous dire ?
Lizzie lui raconta ce qui s'était passé à Ramsgate et la manière dont Georgiana avait remis le misérable à sa place en lui laissant entendre qu'il n'était pas le seul à savoir jouer la comédie.
- Il était furieux et très humilié qu'une jeune fille de quinze ans ait réussi à le tromper. Et quand nous sommes revenus à Londres, Georgiana a été victime d'une tentative d'enlèvement. J'ai vu Wickham, caché derrière un arbre, qui observait la scène. Je ne doute pas une seule seconde qu'il en était l'instigateur. Si jamais Mr Darcy croise de nouveau son chemin, il se retrouvera en prison.
- Tant mieux. Il n'aura que ce qu'il mérite. Le défunt Mr Darcy s'est montré trop gentil avec lui, ce qui lui est monté à la tête.
Charlotte hocha la tête.
- Il se croit plus important qu'il ne l'est réellement. Je crains qu'il ne soit pas le seul à avoir ce défaut. La tante de Mr Darcy, lady Catherine de Bourgh, a le même défaut, en pire, car elle a l'habitude d'obtenir ce qu'elle veut.
- La bienfaitrice de Mr Collins ?
- Oui. C'est la même.
- La femme qui veut marier sa fille à Mr Darcy alors qu'elle est promise à un autre homme par contrat de mariage ?
- Oui, en effet. Comment savez-vous cela, Lizzie ?
La jeune fille désigna sa malle.
- Le précieux contrat se trouve là-dedans. Je crois que lady Catherine va piquer une crise d'hystérie lorsqu'elle découvrira que ses manigances ont échouées.
- Que voulez-vous dire, Lizzie ? Comment pouvez-vous être en possession de ce document ?
- Le défunt sir Lewis de Bourgh était le cousin de mon père. Il est venu à Longbourn il y a plusieurs années et il a confié le document à mon père. Après tout, Charlotte, le fiancé de miss de Bourgh est mon cousin. Il est donc tout à fait normal qu'il soit de son côté. Cette lady Catherine est une femme malhonnête qui se croit supérieure à ce qu'elle est réellement.
- J'avais cru comprendre que le contrat avait disparu.
- C'est vrai, mais il est évident que sir Lewis se méfiait de sa femme et il a pris ses précautions. Non sans raison, n'est-ce pas ?
- Mon Dieu ! Mais c'est odieux ! Cette femme est vraiment méprisable ! Elle devrait avoir honte. Se servir de son unique enfant pour raconter des mensonges ! Mais je suis surprise de son comportement. Un vicomte est certainement un parti beaucoup plus avantageux qu'un simple propriétaire terrien, aussi respectable soit-il.
- Pemberley est, apparemment, une puissante motivation. Lady Catherine se croit très importante dans la bonne société. Elle pense qu'elle le deviendra encore plus si elle parvient à réunir les deux domaines : Rosings Park et Pemberley, par un mariage. Elle ne s'est jamais préoccupée de se demander quelle était l'opinion ou les sentiments des autres à ce sujet. Elle était bien décidée à leur imposer ses exigences. Et comme Mr Darcy lui a fait clairement comprendre qu'il n'épousera jamais sa cousine, elle a cherché à le piéger avec la complicité de Mr Wickham.
- Mon Dieu ! s'exclama Charlotte. Vous croyez que ce qui s'est passé à Ramsgate était prévu par lady Catherine ?
- Je pense qu'elle n'avait pas prévu que Georgiana, prévenue par son frère sur les vices de Wickham, ne se laisserait pas séduire aussi facilement qu'ils le croyaient. Et ils n'avaient pas prévu que ma tante les verraient et enverraient un express à Mr Darcy, ruinant leurs projets. J'imagine que lady Catherine doit être folle de rage que son plan ait échoué.
- Et la tentative d'enlèvement à Londres, pensez-vous que lady Catherine y soit pour quelque chose ?
- Non. Je crois que Wickham a voulu se venger de l'humiliation qu'elle lui a fait subir. Il doit être fou de rage de son nouvel échec. Georgiana devra rester sur ses gardes car il pourrait tenter de recommencer au moment où on s'y attend le moins.
- Je suis sûre que Mr Darcy a pris des mesures pour protéger sa sœur.
- Moi aussi. Mais le seul moyen de la préserver du danger que représente cet homme, c'est de le faire jeter en prison. Là, au moins, il ne pourra plus nuire à qui que ce soit.
- N'est-ce pas là où il se trouve en ce moment ?
- Oui. Mais j'ignore combien de temps il va y rester. On ne voudra peut-être pas le garder longtemps, étant donné les circonstances.
- Nous devons espérer qu'il n'en sortira pas de sitôt.
Lizzie hocha la tête avant de changer de sujet.
- Et si nous parlions du jeune Henry ? Je ne l'ai pas encore vu !
- Il dort. Mais je peux vous emmener dans sa chambre si vous voulez.
- Volontiers.
- Elles sortirent dans le couloir et se rendirent dans une chambre qui se trouvait juste en face de celle de la maîtresse de maison. Charlotte ouvrit doucement la porte. Un gazouillement si fit entendre. Charlotte parut soulagée.
- Il est réveillé.
- Elle alla jusqu'au berceau qui se trouvait dans un coin de la pièce, se pencha et prit le bébé. Lizzie ne put s'empêcher de sourire en entendant le rire du bébé. Elle vit son amie la rejoindre en tenant l'enfant avec précaution.
- Lizzie, voici Henry Langford. Henry, voici votre marraine. Dites-lui bonjour.
Elle prit sa main et l'agita doucement. Le bébé gloussa, ce qui ne manqua pas de faire rire Lizzie. Charlotte lui tendit le petit garçon.
- Prenez-le, Lizzie. Il n'est pas du tout timide.
Lizzie prit le bébé avec précaution. La petite main vint aussitôt lui attraper son nez, ce qui fit rire sa mère.
- C'est son nouveau jeu, dit-elle. Il semble trouver très drôle d'attraper le nez ou les cheveux des gens.
- Je vois que c'est déjà un petit chenapan.
- Il grandit tellement vite ! J'ai du mal à croire qu'il a déjà trois mois.
- Cela veut dire qu'il fera bientôt ses nuits et que vous pourrez dormir paisiblement.
- Oui. Il est vrai que les premiers mois sont très fatigants. Mais on en retire tant de joie que ce n'est là qu'un inconvénient mineur.
- Je crois que je comprends ce que vous voulez dire.
- Un jour, ce sera votre tour, poursuivit Charlotte. Vous saurez encore mieux ce que je veux dire.
Un bruit de voix dans le couloir les interrompit. Elles sortirent de la chambre et virent lady Lucas et Maria qui sourirent devant l'enfant.
- Mon Dieu ! Il est adorable ! s'écria lady Lucas.
Lizzie lui tendit le bébé et elle se mit à le bercer en lui parlant doucement. Charlotte et Lizzie échangèrent un regard amusé. On aurait presque pu croire que lady Lucas n'avait elle-même jamais eu d'enfant. Le bruit attira John et son père et bientôt, les membres de la famille firent de leur mieux pour attirer l'attention du petit.
- Epatant ! Epatant ! s'exclama sir William, utilisant son expression favorite.
Le bébé commença à pleurer, sans doute parce qu'il avait faim. Charlotte s'excusa et se rendit dans sa chambre pour s'en occuper pendant que ses invités descendaient au salon.
Lizzie était heureuse d'être arrivée à Kympton. Le baptême aurait lieu dans quelques jours. Elle savait que Mr Darcy devait être le parrain.
Elle était impatiente de revoir Georgiana, mais surtout, elle mourait d'envie de voir Pemberley dont elle avait tellement entendu parler. Elle savait que ses goûts lui ferait sans doute préférer le parc à la maison, mais elle avait quand même hâte de la voir.
Et elle aurait voulu être présente lorsque lady Catherine découvrirait que ses méprisables manigances pour forcer son neveu à épouser sa fille allaient échouer grâce à un document qu'elle avait vainement tenté de retrouver et qui se trouvait à l'abri et hors de sa portée. Elle serait certainement folle de rage. Mais peu importait. Ce qu'elle racontait ne comptait pas et elle allait découvrir son insignifiance.
Bien qu'elle n'ait jamais rencontré la dame, Lizzie savait déjà qu'elle était méprisable. Elle n'aurait que ce qu'elle méritait. Qu'elle soit prête à violer la loi et à faire le malheur de sa fille et de son neveu dans le seul but de lui permettre de satisfaire ses ambitions personnelles.
Cette idée était répugnante. De toute évidence, elle était prête à tout pour atteindre son but, elle l'avait prouvé. Heureusement, elle avait échoué. Et dans peu de temps, toutes ses manigances ne lui serviraient plus à rien. Elle espérait ne jamais la rencontrer parce qu'elle n'éprouverait aucune gêne à lui montrer son mépris. Il ne faisait aucun doute que la dame la traiterait de haut. Dans ce cas, Lizzie ne se gênerait pas pour se moquer d'elle et de ses prétentions. D'après le peu qu'elle savait à son sujet, c'était une femme hautaine, prétentieuse et orgueilleuse qui se vantait qu'elle aurait été très douée dans différents domaines si elles les avaient appris. On pouvait se demander ce que sa gouvernante lui avait enseignée. En tout cas, il faudrait suggérer à Mr Collins de lui rappeler que l'orgueil était un péché et qu'il devrait lui enseigner l'humilité, une chose qu'elle semblait ignorer.
Lizzie soupira et se tourna vers le salon. Charlotte entrait avec son bébé dans les bras. Les prochains jours seraient intéressants. Elle allait profiter de la compagnie de son amie et ne plus se soucier d'autre chose. Il lui suffisait d'attendre que les évènements arrivent.
Voilà. J'espère que vous avez apprécier ce chapitre. Je sais qu'il ne s'y passe pas beaucoup de choses, mais le prochain sera différent. Je vous demande juste un peu de patience.
