Elle continue d'écrire, elle tape sans se lasser sur sa machine. Elle confie tout ce qu'elle peut à celui qui l'aide. Le seul qui peut encore faire quelque chose pour elle.
Elle rassemble petit à petit les pièces éparses de son être, elle se reconstruit afin de remplir la poupée vide qu'elle est devenue.
C'est dur de faire confiance à un étranger. De s'appuyer sur lui, alors que vos proches ne peuvent pas vous aider. Mais pourtant elle n'a plus que lui, son psychologue. Ce lien tenu qu'elle entretien avec cette correspondance acharnée.
Elle sort quasiment jamais de sa chambre, renfermée sur elle même elle évite tout le monde. Et surtout sa famille qu'elle n'arrive plus à voir sans sentir les regrets peser sur elle.
Ils sont devenus des étrangers, elle ne le reconnait plus, ils sont tellement différents dorénavant. Sans doute eux aussi ne l'a reconnaisse t'il plus, mais elle préfère de pas y penser. La guerre les a changés, l'a changée.
Elle vit à côté d'eux. Elle est au Terrier sans jamais vraiment y être.
Elle les observe assise en haut de l'escalier pendant qu'ils sont attablés ou qu'ils continues de vaguer à leur occupation comme avant.
Mais elle voit bien que plus rien n'est comme avant. Ils semblent de pas l'avoir compris, peut être qu'ils ne l'ont pas réalisé? Ou alors ils ne veulent pas le voir, surement qu'ils s'aveuglent.
Les repas animés ont fait place à des messes mortuaire. Un silence de mort plane au dessus du terrier et s'infiltre par toutes les fentes, creux et trous que les planches disjointes abritent. L'atmosphère est lourde et étouffante. La tristesse suinte par tous leurs pores. Mais ils affichent ce grotesque masque de bonheur.
Elle a envie de hurler, de briser cette mascarade. De les frapper, de leur jeter à la figure tout ce qu'elle pense. Mais elle y arrive pas , et elle étouffe à en crever de cet aveuglement
Tous ces non-dits la bouffe, la ronge de l'intérieur. Elle veut qu'eux aussi souffre comme ils la font souffrir avec cette écoeurante scène de cinéma.
Oui les faire souffrir, leur faire mal pour ensuite reconstruire avec eux le puzzle de leur vie. Leur faire mal à en pleurer, à tomber à terre, à être aussi mal que elle, c'est ce qu'elle veut. Alors elle les évite.
Pourquoi s'obstines t'ils à faire comme si tout va bien? Pourquoi tout cette comédie? Ils sont tellement mauvais acteurs.
Lorsqu'elle sort de sa chambre le soir, après avoir passé la journée enfermée à écrire ou à les épier du haut de l'escalier, elle entend Georges sangloter dans sa chambre.
Elle surprend les marmonnement de Ron dans son lit. Elle voit la lumière filtrer sous la porte de la chambre de ses parents qui eux aussi n'arrivent plus à dormir.
Des fois les cris d'Harry la tire de son sommeil dans lequel elle s'enlise.
Et elle entend Hermione gémir dans son sommeil dans ce lit qui est face au sien.
Mais pourtant ils continuent de refuser d'en parler, ils se voilent la face et jouent leur misérable pièce. Ils continuent leur récital pour se prouver que la vie continue et que tout cela est du passé. Ils ne la comprennent pas, ils la fuit elle et son besoin d'en parler, de pleurer sur ce qu'ils ont perdus.
Pourtant ses larmes la lave du passé, elle pleure et hurle pour mieux se relever et continuer à vivre. Elle avance petit à petit là ou eux stagne. Elle parle simplement de la mort et de ceux qui manque pour continuer à avancer.
Elle ne peut plus être avec eux, continuer leur petit jeu malsain. Alors elle reste seule dans sa chambre qu'Hermione fuit dès l'aube. Elle écrit, elle se souvient et elle pleure là ou eux oublies, fuis et dissimules.
Elle est seule, seule avec les autres. Elle se coupe d'eux, mais au final ils sont aussi seuls qu'elle.
Ils vivent les uns à coté des autres sans réellement se parler, couper du monde par leur chagrin.
Ils sont ensemble là ou elle reste seule.
