Notes de l'auteur
Attention, ce chapitre est très long et donc, par commodité, je l'ai séparé en trois parties.
Pour ceux qui serait découragé par tout le Blablabla, ce chapitre en explique long sur les relations entre nos quatre héros et les mystères qui les entourent.
Bonne lecture
Chapitre 2 Le Commencement 1:3 Lettre
Quatre ans auparavant
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C'était enfin les vacances. Je les avais si ardemment désirées. Depuis déjà trois jours. Trois merveilleux jours, où je vivais enfin naturellement ma vie.
Il devait être déjà tard vu les rayons du soleil qui filtraient à travers les volets de ma chambre et qui me fouettaient gentiment le visage. Je me levai, ouvris la fenêtre et regardai le jardin qui brillait de mille feu sous le soleil de plomb. C'était une super journée, une légère brise balayait la pelouse. Motivé, je pris une douche, m'habillai rapidement et descendis avec mon balai sur l'épaule et ma petite malle.
En arrivant dans la cuisine, j'embrassai mon père, qui me fit un joyeux bonjour ma puce, pris une biscotte et allai droit vers le fond du jardin, là où il m'avait créé trois petits anneaux de Quidditch, mon sport préféré. Je m'apprêtai à sortir de leur boite les balles que m'avaient ensorcelé ma mère quand cette dernière m'appela « Nell, tu as du courrier. » Etrange, je n'en recevais jamais. Je me rendis donc dans la maison, mes parents me regardaient en souriant et en s'échangeant des regards complices. Une lettre était posée en face de moi, sur la table. Je la pris, méfiante, devant la jubilation de mes parents. Je découvris alors le petit emblème sur le dos de l'enveloppe. Et je souris. Je savais exactement ce que c'était. Ma lettre d'inscription à Poudlard, l'école des sorciers. Je l'ouvris, la lus rapidement et regardai de nouveau mes parents. Il y avait tellement de fierté dans leurs yeux. J'allais aller dans la même école où avaient été mes parents. Ils sont alors venus me serrer dans leurs bras. Les mots étaient inutiles. On avait déjà eu cette conversation des années avant et cette lettre confirmait leurs dires.
Je repartis donc sur la pelouse, laissant mes parents examiner ma lettre. Cette journée était vraiment splendide. J'enfourchai mon balai sans plus me soucier de ma boite en bois et m'envolai dans les airs. Le vent s'engouffrait dans mes cheveux, les emmêlant comme d'habitude. Mais j'avais le cœur léger. Tout allait enfin changer. J'allais enfin pouvoir être moi-même. J'allais enfin pouvoir apprendre la magie. Rien ne pourrait venir gâcher mon bonheur. J'étais tellement heureuse et dans ma bulle que je n'entendis même pas ce bruit pourtant inhabituel dans une maison de sorcier. Le téléphone moldu qui ne servait jamais, sonna, et ma mère décrocha, affolée.
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Ça y est, ça y est, ça y est ! Elle est enfin arrivée ! La lettre d'inscription de Poudlard. J'ai attendu si longtemps, je n'y croyais plus. Enfin ! Pendant que je m'extasiais, mon frère fixait sa propre lettre d'un œil vide.
- Allez Al ! Souris quoi, on VA à Poudlard !
- Fiche moi la paix Axel.
Il se leva avec sa lettre et partit en direction de la chambre. Vu le regard noir qu'il m'avait lancé et le ton sur lequel il m'avait parlé, je le laissai aller sans relever. Ma mère le regarda partir, puis recentra son attention sur moi.
- Alors mon chéri, tu es content ?
- Ouais mais je le serais encore plus quand papa sera au courant. Tu sais quand il rentre de Ste Mangouste ?
- … Ha vrai dire, non… Tu sais comment il est par rapport à tout ce qui concerne la magie avec moi…
- Oui …
Elle avait dit ça avec un sourire si mélancolique. Des fois j'oubliais que ma mère n'était pas une sorcière. Mais elle était littéralement fascinée par la magie, c'est d'ailleurs pour ça qu'elle avait épousé mon père. Lui il est Médicomage à Ste Mangouste, l'hôpital des sorciers anglais. Avant il travaillait en France pour se rapprocher de ses origines françaises. Mais ses retrouvailles avec sa famille paternelle ne se sont pas vraiment passées comme il l'aurait voulu et peu de temps après ma mère est tombée enceinte. Il rentra donc en Angleterre avec elle, vers cette terre d'accueil qui l'avait vu grandir. Mais pendant la grossesse il y eut des complications… Et depuis mon père ne parlait quasiment jamais de magie avec ma mère, de peur de réveiller de vielles blessures. Il ne le faisait ouvertement qu'avec ma grand-mère, mon frère et moi.
On parla encore quelques minutes avec ma mère puis je partis rejoindre mon frère dans la chambre. J'entrai en silence et le retrouvai dans la pénombre. Il était allongé sur le dos sur la largeur de son lit. Ses pieds touchaient le sol, il avait un bras par-dessus la tête, cachant ses yeux et sur son torse la lettre ouverte de Poudlard. Je contournai le lit pour me retrouver dans le sens opposé au sien et m'allongeai à mon tour. De sorte que nos têtes se retrouvèrent l'une à côté de l'autre.
- Alphonse… ça va… ?
- … Ouais ne t'inquiète pas frangin.
- Alors…
- Alors tout va changer n'est-ce pas ?
- Oui. Mais on l'a toujours su, non ?
- Peut-être, mais…
Je basculai sur le ventre me soutenant sur les bras pour que ma tête se trouve juste au-dessus de la sienne. Je fixai alors mon regard dans le bleu clair presque gris de ces yeux. Quelque chose le perturbait.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Maman…
- Il y aura toujours papa…
- Tu sais très bien où je veux en venir Axel.
Je soupirai, bien sûr que je savais. Mais que pouvait-on y faire. Las, je posai mon front contre celui de mon jumeau. Des petites perles coulaient malgré moi sur le bord de mes yeux. Je ne comprenais pas trop d'où elles venaient. Sans doute un trop plein d'émotions. Je m'écroulai sur le côté, vidé de mes forces. Mon frère me prit la tête dans ses bras. Et dans cette étreinte il me chuchota la seule chose qui pouvait me redonner du courage.
- Chut … ne t'inquiète pas … je serai toujours avec toi.
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- Allez Al ! Souris quoi, on VA à Poudlard !
- Fiche moi la paix Axel.
Il m'énervait quand il était comme ça, quand il ne voyait pas plus loin que le bout de son nez. Il n'avait pas dû voir la réaction de maman quand le hibou s'était engouffré par la fenêtre. Son regard s'était figé et ses mains s'étaient crispées sur sa tasse de café.
Je claquai la porte de la chambre. Je tremblais de tous mes membres. D'excitation à cause de la lettre ou d'énervement à cause de mon frère, je ne savais pas exactement. Papa nous avait dit de ne pas trop s'extasier pour la magie devant maman. Que malgré plus de onze ans maintenant, c'était toujours un sujet délicat. Pourtant elle était bien dans ma main, cette lettre qui attestait que j'avais moi aussi comme mon père et mon frère des pouvoirs magiques, et elle allait rester seule. Comme elle l'avait toujours été avec mon père, et maintenant avec nous…
Sur mon lit, je lus enfin ma lettre. Je tombai en arrière de soulagement. Un sourire se dessina sur mon visage. J'avais eu un léger doute en l'ouvrant, comme un imbécile. Pourtant je n'étais pas tranquille. Mon esprit revenait toujours sur l'image de ma mère. La porte s'ouvrit. Quelques instants plus tard une pression s'ajouta sur le matelas.
- Alphonse… ça va… ?
- … Ouais ne t'inquiète pas frangin.
- Alors…
- Alors tout va changer n'est-ce pas ?
- Oui. Mais on l'a toujours su, non ?
- Peut-être, mais…
J'enlevai mon bras de devant mon visage pour découvrir les pupilles grises d'Axel. Aie, je ne connaissais que trop bien cette lueur dans son regard.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Maman…
- Il y aura toujours papa…
- Tu sais très bien ou je veux en venir Axel.
Il soupira, relâcha la tête et la colla contre mon front. Des larmes mouillèrent alors mon cuir chevelu. Il roula sur le côté. Je pris sa tête dans mes mains et enfouis mon propre visage dans ses cheveux. J'ai toujours détesté quand il pleurait. Ça me faisait chialer à mon tour, sans doute à cause de notre lien.
- Chut … ne t'inquiète pas … je serai toujours avec toi.
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Depuis dix minutes mon père était en grande conversation téléphonique. Il avait complètement paniqué à la vue de la lettre que j'avais reçue, comme ma mère et moi d'ailleurs. Bien que pour nous ce soit d'abord l'énorme hibou qui s'était engouffré par la fenêtre de la cuisine, juste avant le déjeuner. Il faut dire que ma mère ayant la phobie des oiseaux, la situation avait donc très vite dégénéré. Le plus dur avait donc été tout d'abord de sortir le volatile, après cela vint le tour de la lettre.
C'était déjà vraiment étrange de recevoir du courrier par hibou. Mais de découvrir que la lettre m'était adressée m'avait fait un choc. Mon nom était écrit dans une petite écriture noire mais néanmoins très lisible, suivi de mon adresse. Au dos un petit emblème représentant un lion, un serpent, un blaireau et un aigle avec un nom, Poudlard. Quand mon père avait vu ça, son regard était devenu encore plus voilé.
J'ouvris la lettre.
« Collège Poudlard, école de sorcellerie,
Chère Mlle Rook,
Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.
La rentrée étant fixée au 1er septembre, nous attendons votre hibou le 31 juillet au plus tard.
Veuillez croire, chère Mlle Rook, en l'expression de nos sentiments distingués.
Minerva McGonagall, Directrice »
- Alors ma chérie, de quoi il s'agit ?
- Sans doute d'une mauvaise blague, Maman, ce courrier stipule que je suis admise dans une école de sorcellerie, c'est totalement absurde.
- C'est tout, sauf absurde.
Mon père avait pris la voix qu'il avait toujours pour parler des sujets sérieux et importants.
- Tu es, Lison, comme cette lettre le confirme, une sorcière. Tu as reçu la même lettre que ma propre sœur cadette, il y a quelques années.
- Mais chéri, je croyais que tu avais coupé les ponts avec ta sœur ?
- C'est plus ou moins vrai. Et c'est en partie à cause de la magie. Il y a eu plusieurs guerres dans son monde et elle voulait nous protéger. Elle a alors coupé magiquement tout lien avec moi et ma famille. Malheureusement son sort avait une contrepartie, elle ne pourrait plus jamais nous retrouver. Mais elle m'avait donné un numéro où je pouvais être sûr de la joindre, seulement après cinq ans. Mais je ne l'ai jamais appelée…
Ma mère se dirigea vers la fenêtre, c'était trop pour elle. Moi je restais là à fixer mon père. Il se leva finalement et se dirigea vers le téléphone, composa un numéro et attendit. Il parla enfin, mais je ne comprenais rien de ce qu'il disait, pourtant sa voix était tellement triste.
Ma mère reprit constance au bout de cinq minutes et vint me serrer dans ses bras avec un sourire. On attendit que mon père raccroche. Au final la conversation dura un peu plus d'une heure. On avait eu le temps, en attendant, de décortiquer l'intégralité des lettres. Quand il raccrocha, il se tourna vers nous avec un regard des plus confus et embrouillé.
- Dans deux jours Lison, ta tante viendra te chercher. Tu vas passer toutes les vacances chez elle. Pour te familiariser avec le monde des sorciers mais aussi pour faire connaissance avec ta cousine, qui a le même âge que toi et qui rentre, elle aussi, dans cette école…
Le reste de la conversation je ne le suivis pas. Mes parents parlèrent des préparatifs de mes vacances pendant tout le repas. Tandis qu'au fond de moi, un sentiment d'excitation grandissait. J'allais découvrir le monde magique et connaître ma cousine.
Prochain chapitre avec quelques petites (toutes petites) révélation... et l'apparition d'un personnage que j'adore...^^
Voilà à bientôt
Merci Adara
Bises
P.A.
