POV Emma

Je la regarde s'éloigner. Notre petit jeu était fini. Mais, malgré sa défaite, elle restait digne et élégante. Malgré moi, je ne peux que lui montrer du respect. Elle s'est bien battue. Il faut qu'on trouve un autre jeu maint-…

Attends ! Qu'est ce qu'elle veut dire par « je quitterai cette ville » ? Elle ne peut pas faire ça! Elle n'a pas réellement l'intention de quitter cette ville ! De laisser Henry ! Moi! C'est une blague qui ne me fait pas rire! Elle ne vas pas. C'est pas son genre!...

Mon dieu ! Et Henry ? Je me retourne pour lui jeter un œil. Il affichait un sourire victorieux. Je ne peux le croire. Sa mère vient d'annoncer qu'elle partait, qu'elle laissait et lui, il sourit ! Qu'est ce qui tourne pas rond dans sa tête ? Est –ce qu'il se rend compte de ce que ça veut dire ? Est ce qu'il se rend compte qu'il agit comme... lui

Une colère noire me prend. Cette même colère qui m'a valu des mois de prison, d'accoucher en taule…

Il se tourne vers moi et s'exclame, ravi :

« On a gagné ! Emma ! On a g- ! »

Sa tête fait un tour sous le coup. Il pose lentement sa main sur sa joue, surpris. Il me regarde, ahuri par le fait que je venais de le gifler. Ah ! Je ricane intérieurement. Je suis quasiment certaine qu'il n'a jamais reçu une gifle de sa vie. Régina l'aime beaucoup trop pour lui faire du mal.

Au cours des mois qui ont passés, j'ai appris à la connaitre et reconnaitre ses compétences. C'est une femme autoritaire mais juste. Rien à voir avec les familles d'accueil qui m'ont reçu. Et surtout pas la dernière !

Je tente de me contrôler. Ce n'était pas le moment. Pourtant, j'ai l'impression d'avoir été trahie par la brune qui avait décidé de sortir de ma vie. Je croyais que c'était clair entre elle et moi. Je croyais qu'elle avait compris que je n'avais pas l'intention de le lui prendre Henry, que je n'avais pas l'intention de m'en occuper.

Je vis des larmes monter aux yeux d'Henry. J'étais moi-même étonnée par le fait que je l'ai giflé. Mais, je ne le regrettais pas. Il voulait rester avec moi ? Il apprendra très vite que je suis loin d'être comme Régina.

Jetant un œil en direction de Marie-Margaret, je lui demande silencieusement de prendre Henry avec elle, le temps que je fasse mon devoir de Shérif. Elle hoche de la tête avant de poser doucement une main sur son épaule. L'enfant se tourne vers elle, ne semblant pas la reconnaitre mais acceptant son aide.

Serrant les dents et les poings, je me tourne vers les personnes qui se tenaient autour et leur annonce :

« Bon… Comme madame le maire l'a dit, je prends les rennes jusqu'à ce que vous élisiez votre nouveau maire. Chacun est libre de se présenter. Vous me déposerez votre candidature ainsi que la liste des personnes représentant votre conseil d'administration en main propre devant moi ainsi que mon adjoint. L'ouverture se fera à partir de la semaine prochaine et fermera à la fin de la semaine. Vous ferez votre campagne pendant trois semaines dès le début de la semaine qui suit. Nous procéderons ensuite à un débat entre les candidats et les élections se feront deux jours après. AUCUN candidat ne devra user de manœuvres pour tromper les citoyens et ainsi obtenir leur voix. Je ne tolèrerai aucune fraude ! Avez-vous des questions ? »

Je prends une pause afin de leur laisser le temps de digérer toutes ces informations. Une main s'est levée, celle de Granny, me demandant si Régina m'avait prévenu de tout ceci. Je lui réplique d'une vois ferme, contrôlant ma colère et ma frustration :

« Si cela avait été le cas, je n'aurais pas été aussi surprise que ça… De même, Henry n'aurait pas… exprimé sa joie de cette manière… Non Granny, je n'étais pas au courant. C'est la raison pour laquelle je suis vraiment déçue par l'attitude d'Henry et que j'ai jugé nécessaire de lui rappeler qu'il s'agissait de sa mère. Celle qui lui a donné tout son amour et élevé. »

Granny ainsi que l'assistance semblent approuver mon discours. Je m'arrête un instant avant de continuer d'une voix plus douce mais surtout cassée par l'émotion :

« Je regrette sincèrement que madame le maire ait décidé de démissionner car c'était un bon maire. Elle savait prendre des décisions graves mais nécessaires pour le bien de la ville. Mais je peux aussi comprendre son désir de quitter la ville… pour commencer une nouvelle vie."

Je déglutis difficilement. Je ne peux pas lui en vouloir, malgré ma douleur. Je sais ce que c'est de vouloir partir pour tout recommencer. Repartir à zéro pour panser les blessures de son coeur. C'est ce que j'ai fait jusqu'à ce que je la rencontre...

" Aussi, je vous demande de respecter son choix. N'essayez pas de l'en dissuader car cela ne fera que renforcer son désir de couper les liens avec cette ville. Si vous désirez aller la voir, je ne vous en empêcherai pas. C'est votre droit. Mais, souhaitez-lui simplement bonne chance. Souhaitez-lui de trouver la paix intérieure. Encouragez la à passer vous voir dès qu'elle sera installée. Laissez lui le temps de souffler et se reprendre. Peut-être ainsi, elle se souviendra qu'elle a aimé cette ville et qu'elle nous reviendra… Espérons-le avant le début des élections. »

Sur ces mots, je me tourne pour quitter la place et rentrer. Marie-Margaret m'attendait certainement à l'appartement... avec Henry.

A l'idée de le revoir, je grince des dents. Je n'ai pas envie de lui dans ma vie de façon permanente. Il n'était qu'une distraction et je voulais voir comment c'est d'être l'enfant d'une femme aussi exceptionnelle que Régina. Ce qui m'intéressait c'était l'attention que me portait Régina. Avec quelle férocité elle défendait Henry comme s'il était sa chair et son sang…

C'était une femme comme elle que j'aurais voulu comme mère. Je ne regrette pas le parcours de ma vie. Mais, si j'avais été placée avec elle dès le début, c'est certain que j'aurais pas merdé… Tout comme je sais que je ne survivrai pas sans elle. Sans... Régina Mills