POV Marie-Margaret

Je lisse doucement les cheveux d'Henry. Ce dernier s'était endormi, la tête sur mes genoux. Son visage gardait les traces des pleurs... et la gifle d'Emma. J'effleure du bout des doigts sa joue endolorie.

Je n'ose croire que ma meilleure amie ait levé la main sur son propre fils. Même Régina ne l'a jamais fait alors qu'elle avait tous les droits le faire à chaque fois qu'Henry lui tenait tête ou la traitait de « Méchante Reine ». Là, il n'avait même pas fait de bêtises. C'était… inconcevable que la blonde puisse être ainsi.

J'entends la porte d'entrée s'ouvrir, puis le bruit sourd des bottes d'Emma. Cette dernière apparait devant moi, une canette de bière à la main. Rapidement, je lui somme des explications. Elle se contente de hausser les épaules avant de s'assoir en face de moi. Puis, sans cérémonie, elle but une rasade de bière avant de lâcher :

« Qu'est ce que tu crois que je fais ? Je l'éduque à la manière dont on m'a éduqué. T'as l'intention de reporter ça à qui ? Toute la ville a assisté à la gifle et n'a pas levé le p'tit doigt. Cela prouve que le morveux avait besoin d'une leçon non ? »

Mon dieu ! Jamais je ne l'ai entendu parler ainsi ! C'est comme si le départ de Régina avait réveillé une bête monstrueuse en elle…

Maintenant que j'y pense, Régina était toujours là pour détourner son attention… Et désormais qu'elle n'est plus là… sur qui elle jetera a ses foudres ?... OH mon dieu! J'écarquille les yeux et jette un œil vers Henry. Elle n'oserait pas !

« Emma… Tu ne le penses pas vraiment… », murmurais – je avec soin

Elle m'adresse un regard noir avant de me susurrer :

« Tu prendrais sa place ? »

Je tressaille d'horreur devant le sérieux de sa voix. Elle continue :

« C'est bien ce que je pensais... As tu la moindre idée pourquoi je me suis débarrassée de lui, hum ?... Non, bien sur… C'est peut-être pour ça que Régina l'a adopté. Elle pensait que je ne voudrais pas le voir ou autre… »

« Je ne comprends pas… », murmurais -je en tremblant de peur

Je ne l'ai jamais vu ainsi. Toute cette haine venue de nulle part. D'où vient ce venin?

« Henry… Son foutu père… était… Oh je crois vingt ? Trente ? Ouais… Ma trentième famille d'accueil. Il me rentrait dedans tous les jours. TOUS LES JOURS MAGGY! ET juste à côté de sa femme. Elle nous regardait sans broncher. Riait même des fois… »

J'écarquille les yeux en entendant son histoire. Le pire est qu'elle était sérieuse. Elle s'est faite violer. Je l'ignorais. Je voulais lui dire combien j'étais désolée de l'apprendre. Mais, les mots ne peuvent rien contre ce qu'elle ressentait. Ce qu'elle avait ressenti. Elle eut un rictus avant de continuer d'un air dédaigneux :

« Me traitaient comme une salope, une merde… J'ai tellement de fois prévenu les services sociaux qu'ils n'ont rien fait. Ils les ont laissé continuer. Jusqu'à ce que je sois en cloque… Il a paniqué. Il a essayé de… d'effacer les preuves. Je me suis défendue. Il s'est retrouvé à l'hosto… Je me suis retrouvée en taule parce que j'ai eu un putain d'avocat qui n'a pas su prouver qu'ils mentaient… »

J'avais les larmes aux yeux. Je voulais la prendre dans mes bras. Mais, j'avais la tête d'Henry sur mes cuisses. Je n'avais même pas les mots pour décrire ma peine pour mon amie qui continue, indifférente :

« Lorsqu'il est né, j'ai même pas voulu le regarder. J'ai juste demandé à ce qu'on lui fasse un test de paternité. C'est comme ça qu'ils pu déterminer que je disais la vérité. Ils ont coffré ce salaud et sa femme. Les langues des gosses qui ont été sous leur toit se sont alors déliées. Ils ont été exécutés. Dans tout ça, il y a eu une justice… En retard, mais une justice quand même. »

Puis, elle jeta un regard chargé de haine sur Henry avant d'avouer :

« La seule raison pour laquelle je jouais le jeu de ce batard, c'était que j'aimais comment réagissait Régina. Elle était l'image de ma maman idéale. Autoritaire mais juste. Forte et protectrice. Elle ne m'aurait jamais abandonné. Elle me corrigerait. Elle me gronderait comme il se doit. Elle… Il a tout gâché… Comme son putain de père... Exactement son portrait. »

Je compris soudain qu'Emma n'a jamais vu Régina comme une ennemie mais comme une mère. Sa mère idéale. Toutes ces disputes, c'étaient des disputes qu'on pouvait voir entre une mère et sa fille…

Qu'est ce qu'Henry était alors dans tout ça ? Un jouet. Le jouet qu'un parent ne veut pas que son enfant ait car trop dangereux. Un animal. L'animal qu'un parent refuse à son enfant car cela engendrerait trop de responsabilité.

Et Graham ? L'amant qu'un enfant refuse dans l'univers qu'il a créé entre lui et sa mère. L'amoureux qu'il fallait que sa mère se débarrasse par tous les moyens.

Je regarde alors Emma d'un œil nouveau et lui demande lentement:

« Pourquoi ne le lui as-tu pas dit ? »

« Dis quoi ? »

« Pourquoi tu ne lui as pas dit que c'est elle que tu voulais. Pourquoi tu ne lui as pas dit que tu voulais la connaitre elle et non lui… »

Elle s'arrête de boire et semble réfléchir. Puis, penaude, elle me répond :

« Je sais pas… La peur peut-être ? »

« Si tout ceci était un jeu, comment veux – tu qu'elle joue avec toi si elle ne le sais pas ? »

« Je croyais qu'elle avait compris que c'était un jeu ! Elle sait que j'ai pas envie de ce-ce... batard ! », se défend-elle aussitôt

Le regard qu'elle a lancé vers l'enfant endormi sur mes genoux me glaça. Mon dieu! Elle détestait réellement Henry... ou c'est parce qu'il lui rappelle trop ce passé humiliant. Difficile de dire. Mais rien de bon arriverait si je ne calme pas cette femme en face de moi. Je prends une grande inspiration et tente d'être la voix de la raison:

« Je crois que tu devrais allé la voir et le lui dire… »

« C'est trop tard… », maugrée-t-elle en mettant sa tête entre les mains pour cacher son visage « Le coup de téléphone, c'était pour la compagnie de déménagement. Ils seront là demain… »

« Essaye de savoir où ils amènent ses affaires. », lui suggérais – je

Elle lève la tête vers moi. Ses yeux reflètent un peu de lumière. Je soupire. Elle reprend un peu d'espoir.

« Ouais… Vais faire ça. Faut que je dorme. Prends soin du morveux pendant que je répare les dégâts. »

Je hoche de la tête en la regardant s'engouffrer dans sa chambre. Je ne sais pas comment elle va s'y prendre mais j'espère de tout cœur qu'elle va réussir. Même s'il m'en coûte de dire ça mais… la ville... et Emma ne survivront pas sans Régina Mills