POV Ruby :

« Je n'arrive toujours pas à croire que Régina décide de tout laisser tomber comme ça ! », maugrée à nouveau Granny, fermant derrière elle la porte de notre motel.

Je roule des yeux tout en acquiesçant. J'avoue que cela a été un choc pour tout le monde. Y compris moi. Qu'est ce que je raconte? Je SAVAIS que cela finirait par arriver. Je le voyais tous les jours. Lorsqu'elle venait prendre son café le matin ou le soir. Sa douleur silencieuse alors qu'elle restait stoic et froide devant tout le monde. Je le savais. Je le voyais dans ses yeux. Tous les efforts qu'elle faisait devant le mépris constant de son fils...

Je fronce les sourcils en me rendant compte que c'est ce que je faisais quelquefois avec Granny. Mais, la similitude reste là. Je suis peut-être hypocrite mais je suis honnête avec moi-même ! Je veux dire, ok j'écoute pas Granny et défie constamment ses ordres... si je peux appeler ça des ordres. Mais je travaille pour avoir ma bouffe et je l'aide parce que je sais qu'elle est malade et fatigué. Et lui ?

RIEN ! NADA ! QUE D 'S ! Et pourtant, il la méprise ouvertement. Il l'insulte et tout et tout… Il ne mérite pas l'amour de cette femme. Il ne voit pas la chance qu'il a de l'avoir. Vraiment pas. Et franchement? J'étais secrètement contente qu'Emma le gifle. Je ne sais pas ce qui l'a retenu de le faire jusque là mais… Je sens que le p'tit Henry va vite comprendre qu'il a tiré le mauvais numéro...

« RUBY ! »

Je sursaute avant de m'excuser doucement. Granny soupire avant de me demander :

« Tu crois que Régina va revenir ?... Je sais que vous n'êtes pas tout à fait copines mais… »

« Franch'ment ? J'en sais rien. Mais, j'espère. », avouais – je

Granny me regarde d'un drôle d'air et je me défend instinctivement :

« Me regardes pas comme ça!... Comme t'as dit, on n'est pas copine. Loin de là. Mais, j'ai des yeux. Je sais qu'elle fait… faisait du bon boulot. Elle sait donner des ordres clairs et précis. Elle dépasse quelque fois les limites mais ça a toujours été pour le bien de la ville... et surtout, elle était la seule qui nous protégeait de monsieur Gold. Tu peux être certaine qu'il va poser sa candidature et que personne ne saura lui résister. »

Je me rends soudain compte à quel point mes paroles sont vraies. Sans Régina, nous sommes tous à la merci de monsieur Gold. Sans Régina pour le contrer, ce sera la catastrophe. Elle était la seule à savoir tourner ses... contrats suspicieux contre lui.

Granny réprime un frisson d'horreur avant de suggérer, avec espoir :

« Emma le peut… »

« Non… », l'informais-je en secouant tristement la tête « C'est vrai qu'elle peut tenir tête à monsieur Gold mais… elle est shérif. Elle peut pas être les deux. »

« On est perdu… », se lamente alors Granny

Je n'aime pas la voir ainsi. Désespérée. Je la prends dans mes bras pour la réconforter et lui propose doucement une alternative, le menton posé sur son épaule:

« Si on arrive à convaincre Marie-Margaret ou David, on a peut-être une chance. »

« Pourquoi ? », demande-t-elle intriguée

Je hausse les épaules tout en lui caressant le dos comme elle le faisait lorsque j'étais encore enfant. Je me rappelle à quel point j'aimais lorsqu'elle me prennait dans ses bras et me disait qu'elle serait toujours là pour moi. Je me rappelle à quel point cela me réchauffait le coeur de la savoir toujours à mes côtés. Mélancolique, je la serre un peu plus fort contre moi avant de lui répondre:

« Marie-Margaret est une bonne maitresse d'école. Les enfants l'adorent et forcément les parents... Si David est à ses côtés, les décisions seront plus fermes… Tu ne crois pas ? »

« Peut-être… Mais, excuses moi si je préfère Régina »

« Non… », souriais-je devant ma grand-mère « Tu as toujours soutenu Régina dans ses décisions, alors qu'on se plaignait. Et à chaque fois, on se rend compte plus tard que la décision qu'elle a prise était la bonne si ce n'est la meilleure. C'est juste qu'on a trop peur de prendre des risques. »

« C'était le meilleur maire que Storybrooke ait connu. Et j'en ai connu ! De tous les maires, personne n'égale Régina. C'est comme si elle était née pour ça… »

Je la laisse s'extirpée de mon embrassade. Elle se moque doucement:

"Et il a fallu qu'elle s'en aille pour que tu me prennes ENFIN dans tes bras!... Il faudrait peut-être un peu plus de crises de genre..."

Je souris avant de répliquer, amusée:

"Non... Si ça devenait une habitude, tu me ferais une crise cardiaque avec toutes ces émotions!"

Elle me sourit avant de presser doucement sa main sur la mienne. Puis, elle m'informe qu'elle allait préparer une tisane avant d'aller se coucher. Je lui demande de m'en préparer aussi avant de sortir de la maison.

A l'extérieur, il faisait encore jour. Il doit être 20 heures 30 par là. Avec ce léger vent qui faisait vibrer les feuilles de la forêt, je dois admettre qu'il faisait bon. J'oberse les alentours. Depuis que je suis née, rien n'a vraiment changé. La vie suivait son cours tranquillement. Nous n'avions aucune inquiétude vis à vis de l'extérieur. Nous étions dans notre cocon, protégés par madame le maire...

Je soupire. Maintenant qu'elle n'est plus là, je me demande ce que l'avenir nous réserve. C'est vrai, j'avoue que j'ai envie de mener une vie dans les grandes villes. Comme Emma. Mais, je sais aussi qu'il y a aussi beaucoup de dangers... Des dangers que je ne suis pas certaine de pouvoir surmonter. Ici, le seul danger, c'est monsieur Gold.

Je supprime un grincement des dents. Maintenant que Régina n'est plus maire, rien ne l'empêche de faire ce qu'il veut de la ville. Il en est le propriétaire après tout. Aussi loin que je me rappelle, il a toujours voulu nous mettre à la rue. C'est Régina qui nous a sauvé en investissant dans notre café-restaurant... En fait, maintenant que j'y pense, la plupart des commerces de la ville a été sauvé par ce moyen. Le conseil municipal était contre ce proget mais Régina leur a tenu tête. Elle a argué que c'est la seule manière de relancer notre économie.

J'émets un petit sourire. Régina a toujours été une battante. Ce qu'elle veut, elle l'obtient. Elle se bat avec davantage de vigueur lorsqu'elle voit que monsieur Gold est derrière toutes ces manoeuvres. Cette action lui a permis d'être réélue à plusieurs reprises. Toujours contre monsieur Gold parce que personne n'ose aller contre un homme comme lui. Elle le savait. Malgré le fait qu'il pouvait la menacer, elle le défiait et faisait contre-poids. Elle nous a protégé contre cet homme aussi longtemps que cela lui a été permis...

Maintenant..., la ville cours droit à sa perte sans Régina Mills.