POV Régina :
Je parcours d'un regard las et fatigué, les déménageurs déplacer mes meubles les plus indispensables. Je soupire. Il m'a fallu la nuit entière pour tout faire. Heureusement, j'avais l'habitude de ranger les objets dès qu'ils étaient inutilisés pendant un bon moment où je n'aurais pas eu le temps de terminer.
La vaisselle était soigneusement emballée dans des cartons, avec des inscriptions afin que je sache ce qu'il y avait à l'intérieur. Il en était de même en ce qui concerne mes effets personnels…
Je regarde tristement quelques cartons que j'avais mis de côté. C'était les affaires d'Henry. L'un contenait son linge, un autre ses jouets, un autre ses livres et affaires de classe…Il faut que je mette aussi de côté ce qu'il portait les années précédentes. Cela me ferait trop de peine si je gardais tout. Ce serait comme remuer le couteau dans la plaie.
C'est alors que je vis la Volkswagen jaune de cette femme se garer derrière le camion des déménageurs. Elle en sort avec une certaine hésitation. Tout le contraire des semaines passées. Lentement, elle vient vers moi. Je hausse un sourcil, l'air de lui demander la raison de sa présence.
« Je… Bonjour madame le Maire », me salue – t – elle
Je ne réponds pas. Me tournant vers l'un des hommes transportant la vaisselle, je lui ordonne :
« Faites attention. Cette vaisselle appartenait à ma grand-mère et j'y tiens beaucoup ! »
« Oui madame ! », me répond – il
« Ok… », commente derrière moi mademoiselle Swan « Ecoutez, un bonjour ne fait pas de mal non ? »
Poussant un soupir d'exaspération, je me tourne vers elle et lui lâche d'un air glacial
« Que puis – je faire pour vous, Shériff ? »
Prise de court, elle recule légèrement avant de se reprendre
« Je… euh, je suis venue pour… savoir ce que vous attendez de moi ? », me répond – elle.
Pff! Cela ressemble beaucoup plus à une question qu'à une réponse. Avant que je ne puisse lui répondre, elle continue en dandinant sur place:
« Je veux dire… Vous êtes le Maire et je suis à vos ordres et… »
Immédiatement, je l'interrompt. Il faut que cela soit clair pour elle que je ne suis plus son employeur et qu'elle aille au diable avec son air faussement innocent!
« Ma lettre de démission est sur le bureau de ma secrétaire. Elle a effet immédiat. Je ne suis plus le Maire de cette ville. Je n'ai rien à vous dire… »
J'allais partir lorsque je me souviens des cartons contenant les vêtements de mon, non son fils. J'ajoute avec un sourire de politicienne bien rodé :
« En ce qui concerne les affaires d'Henry, ils se trouvent dans ce coin-là »
Un éclair de colère semble lui passer entre les yeux alors que je lui montrais la raison certaine de sa présence. Elle me retient soudain le bras et me tire à elle. A quelques centimètres de son visage, elle me souffle d'une voix urgente :
« Vous faites une grave erreur… et vous l' savez. Cette ville a besoin de vous. J-Henry a besoin de vous. »
D'un geste violent, je me dégage de son étreinte avant de susurrer :
« Bien au contraire, Shériff… La ville s'en sortira très bien sans moi tout comme Henry avec vous »
« Vous n' comprenez pas ! », arrive – t – elle à garder le ton de sa voix basse;
Elle hésite un instant avant d'avouer le danger de la situation:
« Monsieur Gold a l'intention de poser sa candidature. Personne ne peut ou ne veut être son adversaire. Et moi, j' peux rien faire. »
« Débrouillez vous. Ce n'est plus mon problème à présent. », criais – je en m'éloignant pour superviser le reste du déménagement.
Mademoiselle Swan, nouveau Shériff de la ville, me suit en hurlant :
« Et j'ai pas envie d'Henry ! C'est un bâtard et vous le savez ! C'est pour ça que vous l'avez adopté ! Vous saviez que je viendrai pas le réclamer ! Et c'est vrai ! J'ai jamais eu envie de lui dans ma vie ! »
Je pouvais sentir un flot de haine dans ses dernières paroles. Cela me choque quelque peu d'entendre autant d'animosité dans la bouche d'une personne. La seule autre personne qui a employé un ton pareil dans mon entourage fut ma propre mère... de son vivant. Dieu merci, aucune personne de cette ville ne l'a connu. J'ai quitté ma ville natale pour m'installer ici à sa mort. Je ne voulais pas que son fantôme me suive... A présent, je vais devoir y retourner et habiter à nouveau cette maison remplie de mauvais souvenirs... Peut-être que si je la rénovais, cela s'estomprerait?...
Je secoue la tête pour me concentrer sur le présent et ne peux m'empêcher de réfléchir à ce qu'elle venait de me révéler. Je savais en effet qu'un lourd secret se cachait derrière la conception de mon…, d'Henry. J'avais appris que mademoiselle Swan l'avais mise au monde dans une prison. La raison de son incarcération n'a pas été publiée. Malgré les talents de monsieur Glass, cela reste toujours un mystère.
En revanche, lors de son adoption, on m'avait assuré que la mère d'Henry n'avait pas l'intention de réclamer son enfant une fois sortie de prison. Ce fut le cas pendant ces dix dernières années. Je pense que cela aurait été toujours le cas si Henry n'était pas lui-même parti à sa recherche. Alors, pourquoi diable est - elle restée?
Non. Ce n'est plus mon problème. Ce n'est plus ma bataille... Je m'arrête un instant. Je la sens dans mon dos, comme un prédateur attendant son heure. Je n'ai pas l'intention de me laisser impressionner par sa présence. Lentement, je me tourne vers elle et lui confie de guerre lasse :
« Pendant dix ans, j'ai été sa mère. Je l'ai aimé, baigné, changé, couché, soigné. Pendant dix ans, j'ai supporté ses caprices et ses sauts d'humeurs… Je n'en peux plus mademoiselle Swan. Il y a toujours un moment dans la vie d'une personne où on atteint sa limite. Voici la mienne. »
Elle pose ses mains sur mes épaules et les fait glisser sur mes avant-bras. C'était presqu'une caresse qu'elle voulait rassurante. Mais, cela ne suffit pas pour apaiser ma détermination. Son regard s'attarde dans le mien, suppliant et au bord des larmes.
« Je peux pas m'occuper de lui. Vous êtes sa mère. Quoiqu'il en pense, c'est vous sa mère. C'est vous qui l'avez voulu, pas moi. », m'avoue – t – elle d'une petite voix.
« Mais c'est vous qu'il veut. Je ne fais que lui donner ce qu'il veut. Et ce n'est pas moi », lui ai – je répondu d'une voix triste tout en reculant d'un pas, me dégageant de son emprise. « A présent, prenez ses affaires et partez le rejoindre. Il doit se faire du souci… »
« Je vois pas pourquoi. »
« Un enfant se fait toujours du souci pour sa mère… Vous vous en sortirez très bien sans moi. », l'encourageais – je
« Au moins, laissez moi un numéro ou une adresse ? », s'enquiert – elle encore
A ses mots, je ne peux m'empêcher de pousser un soupir de frustration. Elle est tenace! Mais, si cela n'avait pas été le cas, elle serait partie depuis bien longtemps non? Je lui réplique, hautaine:
« Vous avez celui de mon avocat et c'est largement suffisant »
« Mais c'est pas votre avocat que je veux entendre ! », s'énerve – t – elle légèrement « C'est vous ! Je veux juste… »
« Ecoutez Shériff… Nous avons chacune des responsabilités à prendre. La mienne dans le cas présent est de superviser ce déménagement. La votre est de résoudre les problèmes dans cette ville, pas d'en créer… Si vous avez envie de parler, je suis certaine que votre camarade de chambre se fera un plaisir de vous écouter. Dans le cas contraire, le docteur Hopper est d'une oreille toute aussi discrète. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser… »
« Non… »
« Shériff… Nous savons toutes deux ce qu'est la vie. Vous savez que vous ne pouvez avoir le beurre et l'argent du beurre! Faites vous une raison une fois pour toutes! »
J'ai un peu de peine pour elle. Elle semble complètement perdue. Je ne la comprendrai jamais. Elle me provoque puis s'empêtre dans son propre jeux. A croire que mon départ n'était pas prévu dans son programme... Eh bien, qu'elle le veuille ou non, je quitte cette ville d'hpocrites et elle a intérêt à se ressaisir. C'est brutal mais, elle doit rapidement trouver ses repères dans cette ville… sans Régina Mills à sa tête.
