AN: Ce chapitre contient de la violence, plus particulièrement de la violence parentale. Pour ceux qui y sont sensibles, il est préférable de sauter quelques lignes dans ce cas.

Vous me direz que les autres chapitres en contenaient aussi. Mais, seule la gifle était un acte physique apparent. Le reste était supposé, raconté. Là, il s'agit d'actes physiques...

De même, je tiens à préciser qu'il ne faut pas en faire une généralité. Je pointe seulement le doigt sur ce qui a existé, existe et existera. Les traumatismes de l'enfance sont très difficiles à expliquer, exprimer et/ou surmonter. Ici, la violence parentale est mise en avant mais cela ne signifie pas qu'elle seule existe.

J'ai essayé de ne pas y mettre de détails, mais c'est le ressenti ainsi que les paroles qui intensifient la gravité de la situation. C'est bien pour ça que je voudrai que vous essayez d'aller au-delà et de déposer des commentaires aussi structurés et objectifs que possible. Merci


POV Marie Margaret

J'ai le cœur qui bat la chamade à mesure que je m'approche de la porte. Avec nervosité, je tourne la clé de l'appartement pour l'ouvrir. Derrière moi, se tenait un Henry silencieux. Il n'a pas ouvert la bouche de la journée, si ce n'est pour répondre aux questions posées lors des cours. Quelques enfants l'ont dévisagé avec une certaine curiosité tandis que d'autres lui jetaient des regards de pitié. Très certainement, ces derniers étaient présents hier soir... J'ai bien remarqué que l'enfant serrait les dents et se retenait de pleurer devant cette humiliation publique alors que la journée passait...

Quoiqu'il en soit, j'espérais intérieurement que ma blonde colocataire sera de meilleure humeur aujourd'hui. Hier a marqué ma mémoire... et celle du petit garçon à mes côtés. Aucun de nous n'avait été exposé à la colère de la blonde jusqu'à ce tragique évènement. Si ce qui s'est produit hier soir est un aperçu, je doute que j'aimerai les évènements à venir...

Non sans un certain soulagement, je constate l'absence de la jeune femme. Doucement, je fais entrer Henry. Sans un mot, il se dirige vers la table de cuisine et débute ses devoirs et leçons. Je ne peux m'empêcher d'admirer l'éducation de Régina derrière. La brune avait beau être sévère avec Henry, aujourd'hui, force est de constater que cela se paie. La plupart des enfants de son âge aurait laissé le travail d'école pour aller jouer, préférant le faire le soir. Mais Henry se plaisait à terminer un travail avant d'aller jouer.

"Je pense qu'Emma est allée voir ta mère", lui annonçais - je tout en commençant à préparer le diner.

Aussitôt, l'enfant se raidit avant de poser un regard suspicieux sur moi. Dieu! Cet enfant ne le sait pas peut-être pas, mais il est l'exact réplique de Régina lorsqu'il le veut!

"Pourquoi?... Et ce n'est pas ma mère..."

Je frissonne d'inquiétude. Aux vues de ce qu'Emma m'a raconté hier soir, je doute qu'elle appréciera qu'Henry se comporte ainsi... si elle l'apprend. Je suis même certaine qu'elle lui fera du mal si jamais Henry ne change pas d'attitude rapidement. Aussi, je le corrige doucement:

"Henry... Régina et toi n'êtes peut-être pas liés par le sang, mais elle reste ta mère. Elle t'aime. Elle a beaucoup donné pour t'avoir et te donner une bonne éducation ainsi qu'un bon foyer. Elle t'aime bien plus que tu ne peux l'imaginer..."

"Non... C'est parce qu'elle est la Méchante Reine. Elle sait qu'elle a perdu contre Emma et est partie. Maintenant, il n'y a plus personne entre toi et ton prince Charmant..."

"Henry... Ce n'est pas aussi simple que ça..."

"Mais si!", s'entête il. " Je sais qu'à cause du sort, tu ne te rappelles de rien mais..."

Soudain, la porte d'entrée claque avec violence. Nous sursautons et nous retournons. Emma était là. Rien qu'à la lueur dans ses yeux, je savais que mes espoirs étaient vains. Elle était furieuse. Très certainement, elle a entendu notre conversation. D'un pas décidé, elle s'approche de nous. Henry tente de la saluer. Mais, sa main atterrit violemment sur sa joue, le faisant tomber sur le sol. J'allais me précipiter vers l'enfant lorsque son regard de glace me fige sur place. C'était un regard sans émotions, vide de chaleur humaine. Elle me fusille du regard tout en m'adressant d'un voix étrangement calme:

"Je te le déconseille... Jusqu'ici, j'ai fermé les yeux, mais, en tant que shérif, il me faut faire de la prévention concernant la destruction d'un ménage"

Je déglutis de crainte. Je savais de quoi elle me parlait. Elle savait que je voyais David en secret. Je comprenais parfaitement ce qu'elle impliquait; soit j'interviens et je serai exposée au public, soit je me tiens tranquille et je garde ma réputation de femme respectable. Dans une ville aussi petite que Storybrooke, ce genre de choses brise non seulement un couple mais aussi la carrière. Si on découvre ce que nous faisons David et moi, je peux dire adieux à mon métier et ma vie ici. Je serai traitée comme une trainée, et pire que Ruby.

Tout le monde la taquine à propos de ses tenues vestimentaires et de sa façon aguicheuse. Mais, personne ne peut lui reprocher d'avoir voler le mari d'une autre! Elle y met un point d'honneur à ne pas dépasser cette limite et ça, toute la ville le sait! C'est un détail qui lui vaut le respect de beaucoup de personne car tous savent qu'elle est digne de confiance sur ce principe...

"C'est faux!", s'écrie Henry en se levant "C'est un coup de la Méch..."

Soudain, Henry lâche un cri de douleur avant de s'effondrer à nouveau par terre. Avec horreur, je vois Emma donner des coups de pieds dans le ventre de l'enfant. Tous aussi brutaux les uns que les autres. Je me précipite vers la blonde. M'interposant entre Emma et Henry, je la fais reculer de plusieurs pas sans qu'elle ne se débatte réellement. Alors que je faisais assoir ma colocataire dans le salon, je constatais qu'Henry s'était recroquevillé. Je pouvais entendre ses gémissements tandis qu'Emma tremblait de rage dans mes bras.

"Je veux que tu restes là", l'ordonnais - je

"Il n'a que ce qu'il mérite ce chien", siffle la jeune femme entre les dents

"Je ne veux rien savoir", usais - je de mon autorité de maitresse d'école.

Puis, après m'être doublement assurée qu'elle reste assise, je me rue vers l'enfant toujours position fœtale. Prudemment, je le rassure de ma voix tout en le touchant légèrement. Malgré cela, il ne put empêcher un léger mouvement de recul.

C'est au bout de plusieurs minutes que je réussis à le calmer. Du moins, suffisamment pour qu'il me laisse soulever sa chemise. Avec effroi, je constate sa peau marquée par les coups. Derrière moi, j'entends Emma ricaner, satisfaite de son travail, tandis que des larmes perlaient dans le coin des yeux d'Henry. Immédiatement, je lui demande d'aller se doucher et de m'attendre sans ma chambre.

Une fois certaine qu'il est hors de danger, je me tourne vers Emma:

"Que signifie ceci!?", exigeais - je

"Rien d'autre qu'une petite correction comme on m'a appris", me réplique t - elle lentement

J'écarquille les yeux. Une correction. Une PETITE correction. Je n'ose imaginer ce que ma colocataire a vécu toutes ces années. J'avais envie de vomir. Savoir que pendant des années, elle a enduré ce genre de traitements et que personne n'a levé le petit doigt pour prendre sa défense. Et maintenant, c'est à moi de faire un choix...

"Il va très vite comprendre que c'est pas bien de mentir", continue - t - elle comme si de rien n'était "Il continue de mentir, je continuerai à le corriger"

"C'est un enfant...", essayais - je de justifier les action mon élève

Quel dilemme! Jamais je n'ai été préparée à cette situation. Comment protéger un élève contre un parent abusif? Que faire lorsque ce parent fait parti des forces de l'ordre? Que faire lorsque ce parent menace de ruiner ma carrière ainsi que ma vie?

"C'est parce qu'il est un enfant qu'il faut le corriger de la manière la plus efficace... Ses manigances ont déjà fait assez de dégâts alors que Régina a été douce avec lui. Si môsieur ne comprend pas par la douceur, on verra ce que donne la manière forte..."

Elle s'arrête pour m'observer un instant. Je commence à sentir des perles de sueur dans mon dos. Que pouvait bien signifier ce regard? A - t - elle l'intention de se venger? Je recule d'un pas tout en cherchant du regard une sortie, ce qui provoque un sourire de satisfaction chez ma colocataire. Je compris alors que je venais de lui montrer ma soumission.

C'est nonchalante qu'elle change de sujet:

"J'ai pas oublié pour ton aventure avec tu sais qui... Je ne dirai rien parce que ce n'est pas ta faute... et encore moins celle de Régina. En fait, vous auriez du la nommer maire ET shérif. Tu sais pourquoi? Je vais te dire pourquoi. En rangeant le bureau de Graham, je me suis rendue compte à quel point son idiocie dépasse ce que je pensais. Madame Nolan avait signalé sa disparition il y a sept ans. SEPT ANS! Avec tous les détails, de la voiture jusqu'aux sous-vêtements qu'il portait ce jour-là. TOUT ETAIT LA! Devant ses yeux de merlan frit. Mais bien sur, cet idiot, au lieu de lire le signalement, en a fait un dessin de tout. UN PUTAIN DE DESSIN!"

J'avoue que ce n'est pas malin de la part de Graham. Mais, il avait le cœur à l'ouvrage. N'était-ce pas le plus important dans une ville la notre? Apparemment non. Emma continue à le tourner en ridicule:

"Et c'est un mec comme lui que vous avez élu comme représentant de la loi? Avec lui aux commandes, un tueur en série pourrait faire sa vie tranquille sous son nez... Il continuerait à tuer en-dehors de la ville sans être jamais inquiété! Peut-être que c'est pour ça que vous l'avez élu. Parce qu'il n' se mêlait pas de vos affaires!... Et moi? Vous m'aviez élu pour faire chier Régina n'est ce pas? Et bien c'est réussi! BRAVO!"

"Emma, ce n'est pas ça..."

"Ah oui? Alors quoi? C'est sur qui est le plus populaire?"

"Non... Nous pensions réellement que tu aurais fait une sacrée équipe avec Régina. Cela aurait permis une accélération du progrès au sein même de la ville. Je reconnais que Régina est difficile à vivre mais elle écoute les suggestions de ses citoyens. Avec toi à ses côtés, le conseil municipal ne peut pas opposer une grande résistance aux décisions de Régina... Si on est encore si peu connu, c'est à cause de ce conseil qui préfère l'autarcie à la mondialisation!"

Maintenant que je l'ai dit, je me rends compte à quel point mes paroles étaient empreintes de vérité. Où serions- nous si Régina ne s'était pas présentée? Encore et encore. Elle nous a toujours sortie d'un mauvais pas ou de la catastrophe économique. Maintenant que notre précieux maire n'est plus aux commandes, qui va nous diriger? Que deviendrons - nous sans Régina Mills?