Je suis vraiment désolée, mon pauvre lecteur, de n'avoir su tenir ma parole de poster chaque samedi un chapitre de cette fic! Pitié, j'ai été malade, accepte quand même de me lire...

Mais voilà finalement le second chapitre, cher lecteur! J'espère qu'il te plaira, malgré son retard inacceptable...

...

Hiver.

Je tends le bras en l'air, essayant une énième fois d'atteindre la haute poutre du plafond, tellement lointaine au-dessus de ma tête… et grogne de frustration quand le bout de mes doigts frôle le bois inégal. Je ne suis juste pas assez grand! Et Sherlock a probablement découpé en tranches notre unique escabeau pour faire une expérience sur l'inflammabilité du bois traité!

Mon regard tombe tristement sur la boule de gui que je tiens au bout de mes doigts, ses petites feuilles brillantes et ses minuscules baies blanches et lisses. Et moi qui voulais faire une surprise à Sherlock… je lance un dernier regard haineux à la poutre si outrageusement inaccessible et me dresse sur la pointe des pieds pour une ultime tentative.

Mais je sens alors deux bras m'entourer pour se nouer sur mon ventre; un souffle chaud glisse sur mon cou et une voix de velours murmure à mon oreille :

-Besoin d'aide?

Je sursaute tellement violemment que ma boule de gui m'échappe des mains et va rebondir mollement sur le sol. Je me retourne dans un seul mouvement, pour me retrouver presque collé contre Sherlock, ses bras toujours serrés autour de ma taille, son regard gourmand caressant mes lèvres. Je tente de me dégager, vexé, mais l'étreinte de Sherlock me retient tout contre lui, et sa chaleur traverse ses vêtements pour venir presque sournoisement réchauffer ma peau.

-Pas du tout, je mens en faisant une moue dépitée.

Les bras de Sherlock quittent alors le bas de mon dos et il s'accroupit lentement pour récupérer la fameuse boule de gui. Il se redresse, la regarde avec un intérêt poli, et fait rouler entre ses longs doigts pâles le ruban doré qui devait la fixer à la poutre.

-Qu'est-ce que c'est que ça? interroge-t-il d'une voix douce.

J'envisage un instant de ne pas répondre et de le planter là, mais finalement ses yeux argentés ont raison de moi et je réponds à contrecoeur.

-Une boule de gui.

-Je vois ça, John, rétorque Sherlock d'un ton impatient, mais qu'est-ce que ça fait chez nous?

Je secoue la tête en signe de refus, mais Sherlock insiste.

-John?

-Très bien! Je voulais l'accrocher sur la poutre, là-haut.

Nous regardons tous les deux la poutre en question, puis le regard de Sherlock revient sur moi et me jauge des pieds à la tête.

-Tu es trop petit, déclare-t-il tranquillement.

-Je sais, merci! je grogne.

Mais Sherlock me prend alors la punaise que je tenais encore dans ma main et, me frôlant légèrement, tend ses longs bras vers la poutre pour y fixer la plante. Quand elle est bien installée, il lui jette un dernier regard comme pour vérifier l'effet général, et ses bras retombent. Il me regarde d'un air intense, ses yeux me dévorant avec avidité.

-Et tout ça pour quoi? dit-il d'une voix presque moqueuse.

Mais je l'attrape soudain par son col de chemise pour l'attirer à moi, et son ton hautain est étouffé quand ses lèvres s'écrasent sur les miennes. Pris par surprise, il ne réagit pas immédiatement, mais bientôt sa bouche bouge contre la mienne avec enthousiasme.

Je n'y vais pas de main morte, alternant explorations impatientes de sa bouche avec la mienne, mordillements de sa lèvre inférieure, ou encore rudes coups de langue sur la chair douce et palpitante. Sherlock gémit dans ma bouche, son corps souple et chaud se frottant doucement contre le mien. Mais déjà je me dégage, délaissant ses lèvres offertes encore tendues vers moi dans l'attente d'un autre baiser.

-Pour ça, je conclus simplement, triomphant.

Sherlock, ses pupilles encore dilatées assombrissant son regard, a visiblement du mal à retrouver ses esprits.

-Tu sais, la tradition du baiser sous le gui? j'explique d'un ton hésitant. Je voulais te faire une surprise…

Sherlock me fixe toujours d'un air d'incompréhension, et soudain la réalité me frappe en pleine poitrine.

-Tu ne… je balbutie. Tu ne connaissais pas cette coutume?

Il hausse les épaules.

-Pas utile dans une enquête, se justifie-t-il d'un air dégagé.

Mais son regard plein d'un désir retenu et attentif brûle ma peau déjà hyper-sensible. Sans mon consentement, mes bras l'attirent à nouveau vers moi dans un baiser pressant et Sherlock place ses mains contre mon cou, serrant mon visage contre le sien avec avidité. Mais juste avant que mes pensées se fondent en un magma incohérent, je me dégage légèrement.

-Mais, je souffle contre la respiration de mon amant, si un jour l'alibi d'une personne tenait dans le simple fait qu'elle en avait embrassé une autre sous le gui?

Je sens les lèvres de Sherlock s'étirer en un sourire malicieux.

-Eh bien dans ce cas, tu viens de sauver un innocent de la prison…

Sa bouche effleure la mienne dans un frôlement bref et délibérément tentateur et s'éloigne lentement vers ma joue, puis ma tempe, puis enfin mon oreille.

-… parce que je doute d'oublier cette précieuse information à nouveau, sussure-t-il contre ma peau.

Le chatouillis inattendu me fait frémir, et sans plus attendre j'attire Sherlock dans un énième baiser enflammé.

J'ai toujours adoré les traditions de Noël.

Hi hi, moi aussi j'avoue bien aimer les traditions de Noël quand c'est John qui essaie de convaincre Sherlock de leur utilité... et toi? Laisse une review! ^^