Cher lecteur, me revoici, avec un nouveau chapitre de fluff saisonnier! Ce chapitre sera évidemment le dernier, puisque j'ai fait le tour des saisons... enfin bon, tu avais remarqué. Alors voici, et amuse-toi bien!
...
Été.
La chaleur est étouffante. Voilà plusieurs heures que je me tortille dans mes draps brûlants et moites de sueur en tentant par tous les moyens de trouver le sommeil, mais rien n'y fait; je n'arrive pas à fermer l'œil.
Nous sommes en plein milieu du mois d'août, et même Londres, la ville où il pleut tout le temps selon les clichés, est touchée par la canicule, à mon plus grand regret.
Et ce n'est pas comme en Afghanistan, où même au milieu du désert, les nuits étaient suffisamment fraîches pour nous permettre de nous endormir sans trop de difficulté...
Non, ici la chaleur se fait encore plus insupportable une fois le soleil couché, et l'obscurité d'ordinaire salvatrice se fait brûlante, gluante, suante. La transpiration forme une pellicule collante sur ma peau incandescente, accrochant mes draps pour rendre mes rares mouvements encore plus laborieux.
Excédé, je me redresse dans mon lit, passant machinalement mes doigts glissants dans mes cheveux trempés; une goutte de sueur froide roule le long de mon épine dorsale. J'ai l'impression d'être serré dans une étreinte de coton, emprisonné de toutes parts dans ses bras chauds et possessifs. La touffeur se love pesamment sur mes bras, sur mes épaules nues, sur mon torse exposé à l'air de la chambre, plaquée sur mon épiderme comme une seconde peau.
Je respire difficilement; l'atmosphère est tellement épaisse que j'ai physiquement l'impression d'inhaler de la mélasse… je porte la main à ma lèvre supérieure, essuyant d'un geste tremblant les quelques gouttes de sueur qui y forment un petit dépôt humide. C'est insupportable, tout mon visage est couvert de cette moiteur tenace.
Je retombe sur mon oreiller, décidé à dormir un peu cette nuit, et je ferme les yeux, mais au même moment la porte s'entrouvre, projetant un rayon de la lumière du couloir sur le lit. Une silhouette se glisse à l'intérieur avec souplesse et referme le battant, replongeant la pièce dans l'obscurité.
-Sherlock… je grommelle en fixant malgré moi ses longs membres pâles qui s'agitent tandis que ce dernier se déshabille rapidement devant le lit. Il faut sérieusement qu'on pense à investir dans un climatiseur. J'ai l'impression d'être en train de fondre…
Sherlock ne porte plus qu'un boxer, et la faible lueur que dispensait son corps luisant disparaît sous les draps chauds dans un bruissement de tissu. Il se rapproche de moi et je comprends une seconde trop tard ce qu'il s'apprête à faire…
-Non! je proteste vivement quand il se blottit contre moi, serrant ses longs bras fins autour de ma taille et collant ses cuisses juste derrière mes genoux.
Quel imbécile, j'ai déjà assez chaud sans qu'il me serre dans ses bras, je ne veux pas exploser! Mais…
Quelle est cette délicieuse sensation qui apaise la brûlure de ma peau et calme le feu de tout mon corps? Je lâche un soupir d'aise dans l'exquise étreinte de Sherlock.
Car il ne me réchauffe pas, bien au contraire… il est glacé!
Délicieusement, merveilleusement, fabuleusement… glacé.
-Qu'est-ce que… je dis d'une voix éraillée par la fatigue en tentant de me retourner.
Mais Sherlock me serre un peu plus fort, la peau nue de son ventre frais épousant chaque ligne de mon dos bouillant, et je m'interromps à ce contact si agréable.
-Comment? je chuchote dans le noir.
Je sens Sherlock sourire dans mes cheveux. Même son visage est incroyablement froid, et le bout de son nez caresse mon cuir chevelu dans un doux frôlement de pur délice.
-J'ai vu que tu avais du mal à dormir, murmure-t-il d'une voix câline… alors j'ai pris une douche glacée. Une longue douche glacée.
Il octroie à mon lobe d'oreille un mordillement affectueux, et je retiens un gémissement de plaisir; bon sang, même ses lèvres sont froides comme un glaçon… je me blottis mieux contre lui, savourant sans retenue chaque endroit où nos corps se touchent et où sa peau vient calmement refroidir l'incendie qui gronde sous la mienne.
-Qu'est-ce que tu disais, à propos d'un climatiseur? demande soudain Sherlock.
J'entends distinctement le sarcasme dans sa voix, mais je me sens trop bien pour être tenté de le relever. Je lâche un petit soupir d'aise avant de répondre.
-Je suppose, je dis lentement… que ça peut attendre encore un peu.
Un rire silencieux secoue la poitrine de Sherlock.
-C'est bien ce que je me disais, fait-il d'un ton satisfait.
Il se cale mieux contre moi, mais bientôt il dégage son bras de derrière mon dos et je lâche un grognement contrarié.
-Ne bouge pas, Sherlock… je grommelle en me tortillant.
-John, laisse-moi faire, répond la voix basse de mon amant. Je crois bien que l'expert sur les réactions chimiques entre deux corps de températures différentes ici, c'est moi.
Je me prépare à protester; je suis médecin, quand même! mais à ce moment-là Sherlock passe son bras sous ma tête et plaque sa main glaciale contre mon front. J'étouffe un glapissement de surprise en sentant ses doigts frais sur ma peau brûlante. Bon dieu, ce que c'est bon!
Sherlock perçoit le soudain et involontaire relâchement de mes muscles.
-Tu vois? murmure-t-il dans mon oreille.
Son souffle hivernal me fait frissonner de ravissement.
-Mais… je réalise soudain. Tu n'as pas chaud, comme ça, contre moi?
J'esquisse un mouvement pour me dégager, inquiet de provoquer l'inconfort de Sherlock, mais ce dernier me retient fermement entre ses bras.
-Endors-toi, John, murmure-t-il d'une voix tendre. Ne t'inquiète pas pour moi.
Et je ne devrais pas, non, je ne devrais pas me laisser faire et accepter que Sherlock meure de chaud pour m'aider à m'endormir ! Mais c'est si bon de l'avoir tout contre moi, et il est si frais, et je me sens si bien… J'imagine qu'un petit ami extrêmement résistant à des températures glaciales est un atout non-négligeable en cas de canicule.
Alors, vaincu par la température polaire du corps de mon amant, je m'endors quelques minutes plus tard, toujours blotti dans son étreinte si rafraîchissante.
Et je passe la meilleure nuit de sommeil de mon existence.
…
Eh bien, fidèle lecteur, qu'as tu pensé de ce chapitre final? Dis-moi quelle saison tu as préférée, et si peut-être tu aimerais avoir plus de séries à thème de Johnlock à l'avenir, parce que moi j'ai certainement pris mon pied en l'écrivant...
Alors partage tes pensées dans une review! Parce que si cette fic atteint les cinquante reviews... je lui offre une petite soeur à thème! ^^
