-1Chapitre 2
Arrivés sur les lieux du crime, ils descendirent de la voiture et observèrent l'immeuble où logeaient les Julius et les Gracker. Il était petit mais plutôt joli et recouvert d'un nombre de fenêtres supérieur à la moyenne. Ils grimpèrent les deux étages et Booth sonna à la porte des voisins des Julius. Au bout de longues secondes d'attente, il sonna une deuxième fois. Aucune réponse. Brennan lui passa devant et fit rebondir son doigt sur le sonnerie de façon à réveiller n'importe qui pouvant dormir dans l'appartement.
- Bones ! s'indigna Booth.
- Quoi ?! Il n'y a personne de toute façon.
- J'ai le numéro de portable de M. Gracker, je vais essayer de le joindre.
Il composa le numéro et attendit que quelqu'un décroche. Finalement, le répondeur se mit en marche.
- Bonjour, M. Gracker, je suis l'agent spécial du FBI, Seeley Booth que vous deviez voir cet après-midi et je suis devant chez vous mais il n'y a personne. Pouvez-vous me contacter au plus vite s'il vous plaît ? Merci. Je vais rentrer au bureau dit-il en raccrochant, vous voulez que je vous dépose chez vous ?
- J'aimerais aller à votre bureau pour relire une fois le dossier des Julius, vous voulez bien ?
- Oui mais vous rentrez chez vous ensuite.
Ils montèrent sans discuter dans la voiture et roulèrent en silence jusqu'aux bureaux du FBI. Arrivés dans le hall, une femme de petite taille interpella Booth.
- Montez dans mon bureau, Bones. Tenez, voilà les clefs et le dossier est bleu, il est en bas de la grande étagère. J'arrive.
Brennan fut intérieurement surprise qu'il la laisse entrer seule dans son bureau en l'autorisant à fouiller mais elle n'en dit rien.
- Merci.
Elle grimpa les escaliers des deux étages quatre à quatre, entra dans le bureau de Booth et chercha des yeux un dossier bleu. Elle le trouva comme prévu en bas de l'étagère. Elle se baissa pour l'attraper et en remontant, croisa le regard de Parker, le fils de Booth, sur un cadre posé sur le bureau. Elle ne put s'empêcher de sourire en voyant les yeux malicieux du petit garçon. Elle s'apprêtait à s'installer dans le fauteuil de Booth mais changea d'avis en se disant qu'elle n'aurait pas aimé que Booth prenne ses aises ainsi dans son bureau à elle.
Elle opta donc pour un siège confortable, placé dans un coin de la pièce et se mit ensuite à relire le dossier pour la deuxième fois. Il n'y avait rien eu de rajouté mais il fallait qu'elle se récapitule les faits une nouvelle fois.
- C'est la troisième fois que ça arrive alors au lieu de m'insulter, essayez au moins de faire votre boulot correctement !
C'était Booth qui avait parlé. S'il lui avait parlé comme ça, Brennan n'aurait sûrement pas été capable de répliquer aussi vite que la femme le fit en suivant Booth qui entra en trombe dans son bureau, faisant sursauter sa coéquipière.
- Je vous dis que ça a sonné occupé quand j'ai essayé de vous joindre il y a vingt minutes ! Il faut vous le dire en quelle langue ?
- Bones, je suis resté combien de temps au téléphone avec le répondeur de M. Gracker ?
En d'autres circonstance la question l'aurait fait sourire mais le visage rouge de la petite femme qui avait interpellé Booth dix minutes plus tôt lui fit prendre conscience de la situation et elle se leva.
- Environ vingt secondes, répondit-elle.
- Johanna, vous avez renvoyé M et Mme Gracker chez eux alors que j'avais besoin d'eux au plus vite ! Ce n'est pas la première fois que vous faites une erreur comme celle-ci avec moi et je ne compte pas celles que vous faites avec les autres agents ! Vous êtes payée pour contacter les agents du FBI quand il y a quelqu'un pour eux et à la place de cela, vous nous hurlez dessus sans arrêt en nous insultant alors que c'est vous qui êtes en faute !
Johanna sortit furieuse en claquant la porte.
Booth soupira un grand coup et se laissa tomber dans son fauteuil. Brennan se rassit puis au bout de quelques minutes, le temps pour Booth de se calmer, elle demanda :
- Je peux rester avec vous ? On ne doit pas me voir au Jeffersonian et je ne veux pas rentrer chez moi pour ne rien faire.
- Rentrez chez vous et reposez-vous, Bones, ordonna Booth.
- Si vous ne voulez pas que je reste, il faut me le dire, je suis apte à comprendre. Bien, dit-elle sèchement en se levant, je vais au Jeffersonian, après tout ce n'est pas si grave si on me voit.
Elle sortit du bureau, fâchée du ton autoritaire que Booth avait pris pour lui parler. Elle allait descendre la première marche quand elle l'entendit derrière elle.
- Bones ! Bones, attendez, dit Booth en lui attrapant le bras. Bones, si je devais choisir entre vous voir à l'institut Jefferson ou avec moi, je choisirais avec moi. J'aime bien votre compagnie mais pour une fois, je vous le demande en tant que… en tant que ce qui vous fera plaisir. Rentrez chez vous, coulez-vous un bain, détendez-vous puis prenez un livre ou même rien, allongez-vous et dormez. Vous en avez besoin même si vous n'en avez pas envie. Je vais convoquer les Gracker demain matin à neuf heures et je vous demande d'être là.
Il avait déballé tout d'une traite presque sans respirer.
- S'il vous plaît, ajouta-t-il comme s'il avait soudain eu peur de Brennan.
Ses yeux grands ouverts se fermèrent quelques secondes. Quand elle les rouvrit, Booth la regardait toujours d'un air interrogateur.
- D'accord, dit-elle finalement. D'accord. Vous m'appelez un taxi ? Mon portable est déchargé. S'il vous plaît, ajouta-t-elle comme pour imiter Booth.
- Tout de suite. Et n'oubliez pas, demain dans mon bureau, neuf heures !
- C'est un ordre ? questionna-t-elle innocemment.
- Évidemment, ç'en est un, dit Booth dans un petit sourire.
- Et vous me l'ordonnez encore en tant que ce qui me fera plaisir ?
Elle se retourna et commença à descendre les escaliers.
- A demain, lui dit Booth.
- A demain, répondit-elle.
Une fois que le taxi l'eut déposée chez elle, Brennan s'enferma dans sa salle de bain et se coula un bain. Elle y resta une bonne demi-heure en se disant que ça n'avait rien eu de désagréable. Peut-être devrait-elle essayer plus souvent ? Sur son répondeur, Angela venait aux nouvelles : « Bon je suppose que ton portable n'a plus de batterie et que c'est pour ça qu'il est éteint mais rappelle-moi dès que tu rentres parce qu'au cas où tu as oublié, c'est mon rôle de m'inquiéter pour ma meilleure amie. » Une heure plus tard, Angela avait fait une seconde tentative : « T'es toujours pas rentrée, mais t'es où ? Bon, je sais que ça ne va pas te plaire mais j'appelle Booth, je ne vois plus que lui pour savoir où tu es. » Et encore une heure plus tard : « Booth m'a dit qu'il avait réussi à te convaincre de rentrer de reposer alors je te laisse juste un message avant que tu sois chez toi pour te dire qu'il y a une fête pas loin de chez Jack. Pas samedi-ci mais samedi prochain. Toutes les personnes habitant le coin et ayant de vingt-cinq à quarante ans sont invitées. C'est juste une soirée pour se détendre, accepte ! D'après Booth, pour que ça marche il faut dire « S'il te plaît » ! Alors ? Je t'embrasse, ma chérie. Ah, euh, PS : Booth et Jack ont l'intention d'y aller. Zack aussi parce que sa copine a disparu depuis deux jours et… Enfin, bref, on verra tout ça demain. Bonne nuit ! » Décidément, sa meilleure amie arrivait toujours à la mettre de bonne humeur et elle se sentait sur le point d'accepter cette sortie. Enfin, elle avait encore le temps d'y réfléchir. Elle alla se coucher, ferma les yeux et s'endormit presque instantanément.
C'est un rayon de soleil qui la réveille à sept heures le lendemain matin. Elle commença par faire sa toilette puis comme à son habitude, sauta le petit déjeuner. 8h15. Elle arriverait en avance au bureau du FBI mais elle se ferait discrète en attendant que les Gracker arrivent. Elle s'approcha de son téléphone, prête à appeler un taxi quand on sonna à la porte.
- Bonjour ! chantonna Booth alors qu'elle ouvrait la porte.
- Qu'est-ce que vous faites là ?
- Tenez, lui dit-il en lui tendant un sachet. J'ai déjà manger le mien dans la voiture.
Brennan ouvrit le sachet et y découvrit un croissant.
- Mais Booth, je ne mange jamais le matin !
- C'est bien pour ça que je vous emmène ce croissant. Comment vous sentez-vous depuis hier ?
Comment se sentait-elle ? Le bain lui avait fait un bien fou et elle avait dormi d'un sommeil très réparateur.
- Je vais bien. Mais j'allais déjà bien hier, vous savez.
Elle sortit son croissant du sachet et en mangea un morceau.
- Les Gracker arrivent à 8h45, vous êtes prête ?
- Pourquoi ne l'avez-vous pas dit tout de suite ? Allons-y.
Elle posa son croissant presque entier sur sa table et suivit Booth. Il la regarda d'un air exaspéré. Elle fit demi-tour, reprit son croissant et ils partirent en direction du bureau de Booth.
Dans la voiture, Booth fut le premier à briser le silence.
- C'est bon ?
- C'est un croissant.
- La prochaine fois je vous apporterez quelque chose que vous n'avez jamais mangé comme ça vous me répondrez.
Il n'était pas fâché mais plutôt blasé. D'un ton incertain, il ajouta :
- Excusez-moi pour hier.
- Pour quoi ?
- Je me suis emporté violemment contre Johanna. Vous n'aviez pas à assister à ça et je n'aurais pas dû vous mêler à notre dispute.
- Est-ce qu'elle m'en veut ?
- Johanna en veut à la terre entière, précisa Booth.
- Quand je pense que je me plaignais de nos disputes régulières… Je n'aurais pas aimé être à sa place ! .
- Je vous ai fait peur ? s'inquiéta Booth.
Brennan ne répondit pas. Ella avait été surprise d'entendre Booth si en colère mais il ne l'avait pas effrayée pour autant.
- Je ne risque pas de me fâcher ainsi contre vous, j'ai trop de respect pour vous. Mais cette demoiselle se croit au-dessus de tout parce que c'est d'elle que dépendent les rendez-vous importants. La preuve, elle nous en a fait rater un, dit-il d'un ton dédaigneux.
- Vous n'avez pas à vous justifier, précisa Brennan.
Puis elle ajouta :
- Ce croissant est vraiment bon.
Derrières ses lunettes noires, Booth leva les yeux au ciel mais elle n'en vit rien.
Les Gracker étaient là depuis quelques minutes lorsqu'ils arrivèrent. Le mari était plutôt séduisant dans son pantalon blanc et sa veste blanche et le femme semblait épuisée malgré un visage chaleureux encadré pour des boucles blondes.
- Excusez notre retard, dit Booth.
- Excusez-nous pour hier mais ma femme et moi avons cru qu'il nous fallait nous rendre ici et non que vous passeriez nous voir.
- Aucune importance puisque vous êtes là, maintenant. Je dois vous posez des questions à propos de la famille Julius.
Booth et Brennan s'assirent en face des Gracker et Mme Gracker commença à parler.
- C'étaient des gens bien je crois. Peut-être devrions-nous commencer par ce qu'on sait avant que vous nous posiez des questions vagues auxquelles nous ne saurons pas répondre ?
- Vous avez déjà subit un interrogatoire ?
- Oui.
- Dites-nous ce que vous savez alors, dit gentiment Booth.
- Je dois aller chercher Esteban, mon fils, à son cours de karaté dans une demi-heure et son club est à une demi-heure d'ici. Qui va s'en occuper ?
- Je vais appeler quelqu'un.
Booth se leva, sortit son portable de sa poche, composa un numéro et attendit.
- Oui, c'est Booth. Il me faut quelqu'un immédiatement pour aller chercher Esteban Gracker à son cours de karaté. … Alors demandez à Allan. … Et Victor ? … Non ! Certainement pas Johanna. Attendez.
Il se tourna vers Mme Gracker.
- Connaissez-vous quelqu'un qui puisse s'occuper de votre fils ?
- Non, je n'ai personne de disponible, j'espérais trouver quelqu'un ici.
Brennan vit le visage de la mère s'inquiéter pour son enfant et décida d'intervenir.
- Je vais aller le chercher, Booth.
- Quoi ? Vous êtes sûre ? Mais comment ?
- Eh bien avec votre voiture.
Il raccrocha le téléphone sans prévenir et lança les clefs à Brennan à travers le bureau.
- Merci Bones, je vous revaudrez ça !
