-1Chapitre 3

En route vers le club du petit Esteban, Bones s'inquiétait de la manière dont elle allait aborder le petit garçon. En fait, bien qu'elle n'apprécie pas particulièrement les enfants, eux l'aimaient bien. Cette pensé eut pour effet de la rassurer.

Une fois arrivée au club de karaté, elle descendit de la voiture et marcha le long de l'allée jalonnée de cailloux jusqu'à une femme habillée en tenue de karaté. Elle s'approcha d'elle et se renseigna.

- Excusez-moi, est-ce que le cour de karaté est terminé ? lui demanda-t-elle.

- Tout dépend de l'âge de votre enfant ! Les dix/douze et douze/quatorze ans n'ont pas fini mais les six/huit et huit/dix ans ont terminé.

Mais Brennan ne savait pas quel était l'âge du garçon dont elle devait s'occuper.

- Esteban Gracker a-t-il terminé ?

- Esteban est derrière vous, madame.

Brennan se retourna et se retrouva face à un garçon de petite taille, environ 7 ou 8 ans.

- Bonjour Esteban, je suis le doc… euh, je suis Tempérance et je travaille avec le FBI. Le FBI avait besoin de poser quelques questions à ta maman et à ton papa alors ta maman m'a demandé de venir te chercher.

Elle ne savait pas s'il avait compris mais ça lui avait paru assez simple. Esteban la regardait, ses boucles blondes dans le vent et ses grands yeux bleus étonnés.

- C'est parce que Verona elle a disparu ? demanda-t-il.

- Comment sais-tu ça ? questionna Brennan.

- Parce que mon amoureuse est plus à l'école et qu'elle est pas chez elle quand j'y vais la voir, répondit-il.

- Verona est ton amoureuse ?

- Mmm

- Tu viens avec moi ? On va rejoindre tes parents.

- Au FBI ?

- Euh… oui.

- Chouette !

« C'est drôle comme les enfants et les parents ont un point de vue différent sur les choses. » pensa Brennan. Elle attacha Esteban sur le siège arrière et se mit en route.

- Est-ce que tu as vu des gens bizarres près de chez Verona, Esteban ? demanda Brennan dans la voiture.

- J'sais pas.

- Si tu te souviens de quelque chose de bizarre, il faut me le dire, c'est très important.

- Oui, Tamaranze

Son prénom ne ressemblait plus à rien mais au moins Esteban était-il un garçon sage et poli. Il montra du doigt une statue de cheval au-dessus d'une fontaine.

- Oh ! Un cheval ! Il ressemble à celui que j'ai vu au parc Aligos.

- Ah oui ? Et où est-ce que c'est la parc Aligos ?

- Dans le Nouveau Mexique, j'y ai été avec papa et maman. Il est gentil, lui.

- Le cheval ?

- Non ! Lui, sur le livre ! dit-il d'un ton évident.

Brennan regarda dans son rétroviseur et vit un magasine économique dans les mains du jeune garçon. En première page, William Chavez, PDG réputé d'une entreprise fabricant des appareils tels que télévisions, lecteurs DVD, chaînes hi-fi, etc.

- Tu connais William Chavez ?

- C'est qui ?

Un garçon sage et poli mais décidément, Brennan ne comprenait vraiment pas les enfants.

- Tu connais cet homme sur le livre ? demanda-t-elle de nouveau.

- C'est un monsieur qu'a donné des bonbons à Verona et à moi quand on a appris à faire du vélo sans les roulettes. Il est venu deux fois mais Mme Julius elle l'a grondé pour qu'il parte et il est pas revenu après.

- Il faudra redire tout ça à Booth, c'est un agent du FBI très gentil, expliqua-t-elle. Il aime bien les enfants, lui, ajouta-t-elle pour elle-même.

- C'est ton copain, Booth ?

- Non. Enfin, si. Oui, c'est un peu mon copain.

- D'accord.

Le feu passa au vert et Brennan démarra alors qu'Esteban se mettait à chanter.

Tout se passait bien mais ne sachant pas à quoi s'en tenir avec les enfants, Brennan avait peur que la situation finisse par lui échapper quand même. C'est pourquoi elle sentit comme un poids disparaître de ses épaules lorsqu'elle entra dans le bureau de Booth en tenant Esteban par la main. Voyant sa mère, ce dernier sauta dans ses bras comme s'il ne l'avait pas vue depuis plusieurs jours.

- Excusez-nous un instant, dit Booth aux Gracker.

- Bien sûr.

Booth fit signe à Brennan de sortir et ils se retrouvèrent dans le couloir, seuls.

- J'ai un suspect ! annonça fièrement Brennan.

- Moi aussi, j'en ai un, mais encore faudrait-il des noms, répondit Booth découragé.

- J'ai ça aussi, renchérit Brennan. Et pas n'importe lequel !

- Dites-moi tout, dit Booth soudain intéressé, alors que des gens passaient derrière lui.

- William Chavez !

- Chhhhhht, moins fort ! Vous plaisantez ? réagit soudain Booth.

Brennan expliqua tout à son coéquipier en ne laissant échapper aucun indice.

- Bon travail, avoua Booth. Excellent, même. Vous voyez que vous savez parler aux enfants.

A son tour il lui expliqua que Mme Gracker et son mari avaient entendu la voix d'une jeune femme agresser Marise Julius mais Mme Gracker était persuadée qu'elle n'avait rien à voir à avec le meurtre. D'après elle, c'était la nounou des fillettes et elle n'avait pas été payée. Des deux pistes, celle de Brennan était la plus précise mais aussi la plus dangereuse.

- Il faut qu'on entre en contact avec ce William Chavez, ça ne va pas être du gâteau mais on devrait y parvenir assez vite avec un minimum d'autorité, souligna Booth. De retour dans le bureau, Brennan demanda à Esteban de répéter tout ce qu'il avait dit, ce qu'il fit tout excité à l'idée de parler à un agent du FBI.

- C'est toi le copain FBI de Tamaranze ? T'es Booth ?

- Oui, c'est moi, lui répondit Booth en souriant. Et j'aimerais savoir vers quelle date tu a appris à faire du vélo avec Verona.

- Euh… c'était juste avant l'anniversaire de papa !

Booth interrogea M. Gracker du regard.

- J'ai fêté mes 34 ans il y a six semaines.

- Même que tu as eu un gros tigre en cadeau ! s'exclama le petit garçon en grimpant sur les genoux de son père.

- Oui, mais en peluche Esteban, rectifia-t-il.

- Bien. Je vous laisse repartir et je vous remercie, dit Booth.

- Si jamais quelque chose vous revient en mémoire, n'hésitez pas à nous contacter, enchaîna Brennan. Au revoir et merci.

Les Gracker se dirigèrent vers les escaliers, soulagés de sortir de ce bureau plutôt effrayant du point de vue civil.

- J'ai pas dit au revoir à Tamaranze !

- Esteban, reviens!

Trop tard. Le petit garçon revenait en courant vers Brennan qui fut bien obligée de se mettre à sa hauteur. Il lui fit un bisous qui claqua sur sa joue puis repartit comme il était revenu, en courant. Booth se mit à rire.

- Je suis sûr que vous ne saviez même pas que vous pouviez avoir un tel succès avec les enfants, lui fit-il remarquer. Je vais aller chercher le numéro de Chavez et…mais attendez. Chavez… Chavez…

Booth s'était arrêté comme si la mémoire lui était tout à coup revenue par magie.

- Il y a un agent ici qui s'appelle Chavez. Billy Chavez, j'ai déjà travaillé avec lui.

- Ah bon ? Et vous croyez qu'ils appartiennent à la même famille ?

- C'est fort possible parce que les deux se ressemblent.

- Vous êtes sûr ? interrogea Brennan.

- Oui. Beau, grand, châtain mais moins musclé que moi, précisa-t-il en souriant à Brennan qui fit semblant de n'avoir rien entendu.

- Et si les parents ne s'étaient pas enfuis avec les fillettes mais que la famille complète avait été enlevée ?

- J'y ai déjà réfléchit et ça me paraît impossible. Les autres voisins de l'immeuble auraient entendu quelque chose et aucun d'eux n'en a parlé.

- Vous y avez pensé et vous ne m'en avez pas parlé ! s'indigna Brennan.

- Je suis payé pour penser et agir seul, il faut au moins que je rentabilise ma paie. Vous n'avez toujours pas le droit d'aller au Jeffersonian ?

- Non, ronchonna Brennan.

Elle décida d'appeler Angela pour prendre de ses nouvelles et donner des siennes. Elle alla dehors, s'assit sur un banc et lui téléphona mais Angela décida de faire une pause et de la rejoindre. Arrivée auprès de son amie, elle lui raconta tout ce qui s'était passé à son travail. Le squelette de Bryan Julius n'avait pas donné d'informations supplémentaires, Jack et Zack travaillaient sur des squelettes datant de 1800 et elle enchaînait reconstitutions faciales sur reconstitutions faciales.

- Je te jure que tu ne rates rien, lui précisa-t-elle au milieu de la conversation.

Brennan résuma à son tour sa journée précédente et sa matinée.

- Tu fais le boulot de Booth, en fait, résuma Angela. Oh, quand on parle du loup !

Brennan tourna la tête et vit Booth se diriger vers elles comme s'il avait une excellente nouvelle à leur annoncer

- J'ai faim, s'exclama-t-il. Je vous invite à manger au Bleu du Niagara, vous verrez c'est excellent !

- Super ! se réjouit Angela en marchant à côté de Booth.

Brennan leur emboîta le pas, ne sachant trop si la perspective de manger l'enthousiasmait ou pas. Ils commandèrent tous les trois une salade du chef et Angela se mit à rêver devant le sourire charmeur et les yeux pétillants du serveur.

- Il est pas mignon ? dit-elle.

- Il a la bouche et les yeux de Hodgins, remarqua Brennan.

- Hmm…, acquiesça Angela, la tête ailleurs, ce qui fit sourire Booth et Brennan.

- Au fait, que se passe-t-il entre Zack et sa copine ? Angela ?!

- Désolée. Emma a disparu pendant trois jours mais elle est revenue ce matin en disant qu'elle était allée voir ses parents. Zack et Jack l'ont cru. Moi non mais je n'ai rien dit de peur de créer des histoires. Je pourrais me tromper mais je pense qu'Emma a fait quelque chose de beaucoup plus grave encore qu'aller voir ses parents.

- Ce n'est pas grave d'aller voir ses parents, remarqua Brennan.

- Tout dépend pour qui, dit Booth. Cette histoire est bizarre.

- En même temps, Zack et Emma sont bizarres, souligna Angela.

Le reste du repas se passa normalement excepté que Booth tacha se chemise blanche. Ils prirent des îles flottantes en dessert et quittèrent le restaurant pour retourner travailler.

Avant de repartir, Angela reparla de la soirée du samedi avec Brennan, dans le but de la persuader de venir avec elle.

- Je ne sais pas, nous n'y sommes pas encore, répondit Brennan.

- Accepte, j'ai dit « s'il te plaît » ! dit Angela en regardant Booth.

- Elle l'a dit, insista Booth. Dites oui, Tamaranze.

Brennan lui lança un regard réprobateur et Booth s'en alla dans l'espoir d'arriver à joindre William Chavez.

- Tamaquoi ?

- Oublie ça.

- Si tu viens à la fête. Je te promet qu'on va s'amuser. Bon, j'y vais, embrasse Booth pour moi, dit Angela en partant.

- C'est ça…

Dans son bureau, Booth essayait depuis bientôt deux heures d'entrer en contact avec Willliam Chavez mais il n'eut que deux secrétaires qui lui avaient donné de vagues indices concernant le lieu ou Chavez était. Selon Brennan, le PDG devait être partit en vacances ou en congé pour être aussi injoignable mais Booth n'était pas du même avis.

- Il doit sûrement avoir quelque chose à se reprocher, supposa-t-il.

- Vous pensez déjà tenir votre coupable ? demande Brennan.

- Ne dites rien. Je sais, je saute aux conclusions trop vite, c'est ça ?

Brennan leva les yeux au ciel puis lui proposa de contacter Billy Chavez. Si lui et William Chavez étaient de la même famille, peut-être saurait-il où il se cachait. Booth hésitait quand son téléphone sonna.

- Booth, annonça-t-il. Oui inspecteur mais… Ah d'accord.

Pendant un long moment, Booth écouta attentivement ce que lui disait son supérieur sans lâcher une miette d'informations.

- Très bien, je vais m'y rendre, je le trouverai peut-être là-bas. Merci, à plus tard.

Il vit Brennan le regarder en le questionnant des yeux.

- L'inspecteur Falconni a eu vent de mon intention de trouver Chavez et il sait que Chavez est accro aux jeux des casinos autour de sa ville. Il y en a une dizaine, je vais essayer de le trouver, expliqua-t-il.

- Mais vous êtes accro aussi.

- Je l'ai été, Bones.

- Alors, bonne chance.

- Vous ne venez pas ? demanda-t-il et Brennan cru percevoir une teinte de déception dans sa voix.

- J'aimerais suivre mon idée de rencontrer ce Billy Chavez.

- Vous êtes en congé, vous pouvez aussi aller vous amuser, proposa Booth, inutilement il le savait.

- A plus tard, dit-elle simplement en sortant du bureau.

- Hey, Bones ! Est-ce que le numéro de téléphone de Billy vous serait utile ?

- Oh. Vous l'avez ?

Booth fouilla dans ses dossiers et trouva ce qu'il cherchait. Brennan le remercia et s'en alla. De son côté, Booth monta dans sa voiture et partit en direction des casinos où William Chavez était susceptible de se trouver.