-1Chapitre 4

Brennan alla s'installa dans un café à côté du FBI et sortit son téléphone. Billy Chavez répondit dès la deuxième sonnerie, Brennan se présenta et lui demanda s'il appartenait à la même famille que William Chavez. Billy réagit brusquement.

- Si c'est pour des histoires de fonds détournés, je n'y suis pas mêlé. Il s'est mis dans la merde tout seul, je n'ai pas à assumer les conséquences de ses conneries !

- Cela n'a rien à voir, précisa Brennan. Puis-je vous voir dans le café à côté du FBI ? C'est très important.

Billy Chavez marqua une pause comme pour réfléchir si le déplacement valait la peine ou pas.

- Ok, j'arrive. Dans dix minutes, le temps que je finisse ce que j'étais en train de faire.

- Merci.

Brennan commanda deux cafés, se mit à l'aise en enlevant sa veste et attendit.

Dix minutes plus tard, Billy entrait dans le café. Comme Booth l'avait dit, Billy était beau, grand, châtain et moins musclé que lui. Brennan lui fit signe.

- Bonjour. Merci d'être venu, ce ne sera pas long. Tenez, lui dit-elle en lui donnant une tasse de café.

- Merci. Vous travaillez pour le FBI, c'est ça ? s'informa-t-il. Vous collaborez avec Booth ?

- Oui et nous chercher William Chavez, vous êtes de sa famille ?

- Je suis son petit frère. J'ai failli quitter le FBI il y a un an parce qu'il voulait que je travaille dans son entreprise.

- Tout marche plutôt bien, pour lui, remarqua Brennan, les produits Comline sont très réputés.

- Mais le patron l'est moins. Je suis sûr qu'il se passe des trucs bizarres, il y a déjà eu des problèmes de détournements de fonds. Quand j'ai refusé la place qu'il m'offrait, Will s'est fâché et je ne lui ai plus jamais adressé la parole depuis. Mais pourquoi le cherchez-vous ? Y a-t-il un rapport entre lui et l'affaire dont Booth s'occupe ? Les Julius ?

Sans s'en rendre compte, Brennan s'était tout à coup mise dans une situation délicate. Billy faisait partie du FBI mais il avait aussi un lien de parenté avec le suspect numéro un. Elle préféra ne rien dire.

- Demandez à Booth pour les renseignements, j'ai peur de faire une bêtise en vous disant ce que je sais, s'excusa-t-elle.

- Eh bien risquez cette bêtise, proposa-t-il en souriant.

- N'insistez pas, s'il vous-plaît.

- Bon.

Un silence légèrement pesant s'installa entre eux. Brennan finit son café et lorsqu'elle reposa sa tasse et leva les yeux, elle vit que Billy l'observait.

- Vous accepteriez de manger avec moi demain midi ?

- En tout bien tout honneur, pourquoi pas.

- Vous avez un ami ? demanda-t-il franchement.

- Peu importe puisque vous êtes marié, rétorqua-t-elle en fixant l'alliance au doigt de Billy.

- Quelle observatrice ! s'étonna-t-il.

Il se leva et lui donna une sorte de carte de visite sur laquelle se trouvait son numéro de téléphone et le numéro de son bureau au FBI.

- Si vous changez d'avis, chuchota-t-il en lui faisant un clin d'œil.

Brennan regarda Billy de travers alors qu'il s'approchait du comptoir. Il dit quelques mots au barman puis sortit du café. Brennan se leva, jeta la carte dans la première poubelle qu'elle vit et s'approcha du comptoir pour régler les deux cafés.

- C'est inutile, ils sont déjà payés, lui dit le barman alors qu'elle fouillait dans son porte-monnaie.

Elle sortit contrariée; elle n'avait rien de neuf et un homme marié lui proposait presque de devenir sa maîtresse. Alors qu'elle ressassait ces évènements, son téléphone vibra.

- Brennan.

- C'est Booth, j'ai l'adresse du deuxième appartement de notre suspect. Un des hommes qui travaille au casino me l'a donnée, vous avez vu Billy ?

- Oui, mais je n'ai rien de nouveau, répondit Brennan.

- Je passe vous chercher avant d'aller chez William Chavez ? Je suis là dans trente minutes, poursuivit-il sans attendre de réponse.

- Je vous attend à côté de la fontaine.

- J'arrive, dit Booth en raccrochant.

Brennan rangea son téléphone et regarda l'heure. Il lui restait trente minutes à patienter. Elle retourna dans les bureaux du FBI récupérer son ordinateur portable qu'elle avait déposé dans un casier le matin même. Elle s'installa sur le bord de la fontaine et joignit Angela par internet. Lorsque le visage de sa meilleure amie s'afficha sur l'écran avec en fond les murs du Jeffersonian, Brennan eu la sensation d'être de retour chez elle.

- Oh, ma chérie, ça me fait plaisir de te revoir ! Comment tu vas ? On s'ennuie sans toi, ici ! s'exclama Angela.

- J'aimerais être là, tu le sais, mais si on me voit là-bas, mon médecin va m'envoyer à l'asile, exagéra Brennan.

- Tu as du neuf ?

Brennan lui raconta ce que lui avait dit Billy et lui révéla qu'elle s'apprêtait à aller rencontrer William Chavez. Elle lui décrivit aussi le comportement de Billy Chavez.

- Ce type marié t'as fait du « rentre dedans » ?! S'exclama Angela à l'ordinateur.

- Chuuuuut, fit Brennan.

- Désolée mais ce n'est pas la première fois qu'un homme marié te drague ma chérie !

- Vous vous êtes faite draguée par un homme marié ?

- Booth ! fit Angela en agitant la main à Booth qui était apparu derrière Brennan sur l'écran. Brennan s'est faite draguée par votre collègue, un certain Billy.

- Angela !

- Cela ne m'étonne pas, dit Booth en ignorant Brennan.

- Faut dire qu'il a bon goût, fit remarquer Angela.

- Ce n'est pas faux.

- Vous auriez pu la prévenir que ce Billy était un coureur de jupons !

- Elle m'aurait répondu qu'elle n'était pas née de la dernière pluie et tout à fait capable de se défendre.

- Possible…

Booth se retourna vers Brennan.

- Allez, Bones, on doit partir !

- J'attend que vous finissiez votre conversation avec Angela, répliqua Brennan. Et cessez de m'appeler Bones.

- Quand on parle de toi, on a toujours des tas de choses à dire, dit Angela en riant. Allez, je vous laisse, à plus tard.

Le visage d'Angela disparut de l'écran et Brennan referma son ordinateur. Elle suivit Booth jusque dans la voiture et ils se rendirent à l'appartement de William Chavez. Il était presque 19h00 lorsqu'ils arrivèrent. Voyant qu'il n'y ait pas de sonnette, Booth toqua. Il recommença quelques minutes plus tard puis dû se rendre à l'évidence : Chavez n'était pas chez lui. Contrariés, Brennan et lui retournèrent dans la voiture.

- Bon, je rentre chez moi et j'irai faire un scandale dans les locaux de l'entreprise Comline demain, vous viendrez ?

- Je ne veux pas rater ça, répondit Brennan.

- Vous voulez manger ? Je connais une pizzeria pas loin d'ici, ça vous dit ? proposa Booth.

- Non, merci, refusa Brennan. Je préfère rentrer chez moi mais je peux prendre un taxi si ça vous arrange.

- Pas question, je vous ramène.

Le trajet paru long et Brennan faillit même s'endormir à plusieurs reprises. Arrivée chez elle, elle remercia Booth, lui souhaita une bonne nuit et rentra chez elle. Elle écouta le seul message qu'elle avait : « Bonjour Mlle Brennan, c'est le Docteur Vedaux, je voulais vérifier que vous n'aviez pas écouté ce que je vous avais conseillé et je constate que c'est le cas. Je vous souhaite une bonne nuit en espérant que ce message vous fera penser à aller dormir.» Brennan ne se fit pas prier, elle passa à la salle de bain et se sentit même soulagée en plongeant sous sa couette.

Le lendemain matin, Booth l'appela pour lui donner rendez-vous à quatorze heures au FBI. Lorsqu'elle arriva l'après-midi, il était en grande discussion avec Billy Chavez. Elle préféra rester l'écart mais en la voyant, Booth abrégea sa conversation pour la rejoindre. Ils arrivèrent au siège de l'entreprise Comline vers dix-sept heures dans l'intention de remuer tout le bâtiment pour trouver William Chavez. C'était un vendredi et le hall était rempli de gens bien habillés et très agités. Seul un homme derrière un petit guichet était immobile. Brennan s'en approcha, suivie de près par Booth.

- Excusez-moi, où peut-on trouver William Chavez ? demanda-t-elle.

- Quand je suis ici, il est ici, quand je ne suis pas là, il est ailleurs, répondit l'homme d'un air énigmatique. Qui suis-je ?

Il était plutôt grand, les yeux bleus très clairs et une fossette se dessinait sur son menton quand il parlait. Ses cheveux noirs en bataille et son beau sourire le rendait très séduisant.

- Qu'est-ce que c'est que ce charabia ! Qui êtes-vous ? s'énerva Booth.

- Je m'adressais à la demoiselle mais je vous retourne votre question, le défia l'homme.

- Très bien. Je suis l'agent spécial Seeley Booth du FBI et voici le Docteur Tempérance Brennan, anthropologue spécialisée dans l'identification à l'institut Jefferson, dit sèchement Booth.

- Ah. Je suis Luke Vreeman, conducteur personnel de William Chavez, dit l'homme de manière un peu robotique. Excusez mon drôle de comportement mais pour tout vous dire, je m'ennuie à mourir depuis ce matin. Il n'y a aucune distraction et vous êtes la première à me parler , ajouta-t-il à l'adresse de Brennan.

- Où peut-on trouver Chavez ? insista Booth

- Il manque le mot magique, remarqua Vreeman en souriant toujours à Brennan.

- Je vous conseille de répondre, il est un peu fâché, conseilla-t-elle en lui rendant son sourire.

- Où peut-on trouver William Chavez ? reprit Booth plus calmement. S'il vous plaît.

- Demandez à la dame en bleu là-bas, elle en saura plus que moi, indiqua Vreeman.

- Bones, vous voulez bien surveiller les escaliers que Chavez ne sorte pas pendant que je le cherche ?

- La sortie personnelle de William et derrière moi, c'est cet ascenseur, indiqua Vreeman. Le mieux est que vous restiez ici Mlle… Brennan, c'est ça ?.

- Oui. Je vous attend là, Booth.

- Comme vous voulez.

Booth partit en courant vers la dame en bleu et Brennan se tourna alors vers Vreeman.

- Connaissez-vous un certain Mickael Julius ? lui demanda-t-elle.

Pendant qu'il secouait le tête négativement avec toujours son séduisant sourire, Brennan eut l'impression que tout s'assombrissait et que des petits points dansaient autour d'elle. Elle attendit quelques secondes puis tout redevint comme avant.

- Vous vous sentez bien ? s'inquiéta Vreeman en voyant qu'elle était blanche.

- Je crois qu'oui, répondit-elle.

Mais les points étaient de retour et elle sentit qu'elle allait s'évanouir. Vreeman eut juste le temps de sortir de derrière son guichet et de la rattraper avant que sa tête ne heurte le sol. Il appela à l'aide et rappela Booth.

- Agent Booth ! cria-t-il. Appelez l'agent Booth !

Booth était enfin en conversation avec Chavez lorsqu'il entendit son nom résonner dans les escaliers. Il les dévala en courant et vit au loin sa partenaire allongée au sol.

- Agent Booth ! Vous avez une voiture ? Il faut l'emmener à l'hôpital, elle est tombée comme ça, j'ai juste eu le temps de la retenir et …

- Merci, le coupa Booth. Emmenez-moi de l'eau dehors, ordonna-t-il.

Il souleva Brennan et l'emmena à l'extérieur. Il l'allongea sur les marches et installa sa veste sous la tête.

- Tempérance ? Tempérance, réveillez-vous ! appela-t-il en lui donnant quelques tapes sur la joue. Tempérance !

Vreeman arriva en courant avec une bouteille dans les mains.

- Merci, dit Booth en versant de l'eau dans ses mains.

Il appliqua l'eau sur le visage de Brennan tout en l'appelant. Ses paupières s'entrouvraient mais elle ne comprenait pas ce qui se passait.

- Je vous avais interdit de me refaire un truc pareil, Bones ! Je vais prévenir votre médecin, dit-il.

- Non, parvint-elle à articuler à voix basse.

- Taisez-vous et buvez, ordonna Booth en portant la bouteille à sa bouche.

Elle finit par s'asseoir puis ferma les yeux. Elle se sentit soulagée et lorsqu'elle parvint à ouvrir enfin les yeux correctement, Booth était en train de l'attacher sur le siège passager de sa voiture. Elle l'entendit lui dire de dormir et ferma les yeux.

Pendant tout le trajet, Booth ne cessa de l'observer, ne sachant trop s'il avait eu raison de lui dire de dormir ou s'il avait mieux fallu la tenir éveillée. Arrivé devant chez elle, il la réveilla et l'aida à rentrer. Il la fit asseoir sur son canapé et lorsque ses yeux furent habitués à la lumière, Brennan les ouvrit et observa Booth.

- Comment vous sentez-vous ? demanda-t-il. Surtout, ne me dites pas que vous allez bien.

- Vous avez trouvé Chavez ?

- Je vous fait un café, dit-il en ignorant la question.

- Prenez-en un pour vous en même temps, proposa Brennan.

Lorsqu'il revint avec les deux cafés, elle s'était endormie. Il les avala en quelques secondes, lava les tasses et revint vers elle. Il l'allongea correctement, le plus doucement possible pour ne pas la réveiller et lui laissa un mot sur la table.

Chapitre 5

Lorsqu'elle se réveilla le lendemain matin, la première chose qu'elle vit fut le morceau de papier sur la table.

« Bonjour Bones, j'espère que vous avez bien dormi. Après votre malaise d'hier je vous interdit de quitter le canapé sauf pour boire un café au moins aujourd'hui ou je me fâche contre vous comme je l'ai fait avec Johanna. Je n'ai pas appelé votre médecin non pas parce que vous me l'avez demandé mais parce que je ne sais pas lequel c'est. Ce serait gentil de m'appeler lorsque vous êtes réveillée, merci.

Pour l'enquête, en résumé, Mickael Julius travaillait chez Comline et a été licencié par Chavez parce qu'il s'est battu avec un certain Klaus Bardy. Si vous voulez mon avis, ce n'est pas un motif valable pour un licenciement. Je rend visite à ce Klaus Bardy ce matin.

Booth.

PS : Chavez nie être allé devant chez les Gracker et les Julius. »

Tout lui revint alors en mémoire. Comline, Vreeman, son évanouissement et la sensation de soulagement lorsque Booth l'avait ramenée chez elle. D'après le mot, il n'avait pas l'air fâché mais elle se promit de rester enfermée toute la journée. Elle appela Angela, lui expliqua la situation et quelques minutes plus tard, Angela était dans son salon, lisant le message de Booth.

- Tu l'as appelé ?

- Qui ?

- Booth te demande de l'appeler, dit-elle.

- Booth me demande de ne quitter mon canapé que pour boire un café !

- Appelle-le, ordonna Angela en lui tendant le téléphone.

Sous le regard réprobateur de son amie, Brennan s'exécuta. Booth répondit à la deuxième sonnerie.

- C'est Brennan, vous m'avez demandé de vous appeler lorsque j'étais réveillée. … Oui ça va bien, je suis avec Angela. Vous avez du nouveau ? … Ce n'est pas la peine, je… Il a raccroché, constata Brennan avec surprise.

Angela fit des gros yeux resta bouche bée.

- Il t'as raccroché au nez ?!

- Il a dit qu'il finissait de remplir le dossier ainsi que de manger son sandwich et qu'il arrivait, ronchonna Brennan.

- Ah, eh bien tu devrais être contente, tu as un chevalier servant qui se plie en quatre pour tes beaux yeux.

Brennan ignora la remarque de son amie.

- Tu devrais aussi aller prendre une bonne douche. Ce ne sont pas des cheveux que tu as, c'est un balais-brosse, remarqua Angela.

- J'y vais, dit Brennan en souriant.

Lorsqu'elle sortit de la salle de bain, elle se sentit déjà mieux réveillée et de meilleure humeur. Comme elle était en train de préparer du café lorsque Booth arriva, elle envoya Angela lui ouvrir.

- Bonjour Angela ! Tout va bien au Jeffersonian ? demanda-t-il.

- On s'ennuie sans Brennan, avoua Angela.

- Je me suis aussi ennuyé sans elle ce matin. Il ne faudrait pas que je m'habitue à sa présence, dit-il en arrivant dans la cuisine.

Il résuma rapidement sa visite chez Klaus Bardy à Brennan. Ce dernier s'était battu avec Mickael Julius parce que selon lui, Julius voulait tout diriger en permanence. Mais Booth avait trouvé le comportement de Bardy assez bizarre et il avait demandé un mandat pour fouiller chez lui cet après-midi.

- Vous n'aurez jamais votre mandat pour cet après-midi, il vous a fallu deux jours pour obtenir celui que vous aviez demandé la dernière fois ! Se moqua Brennan.

- Je l'aurez dans les temps, assura Booth.

Brennan fit non de la tête et baissa les yeux sur le sachet que Booth tenait dans la main depuis qu'il était arrivé.

- Oh ! J'avais oublié. Tenez Bones, c'est pour votre convalescence, se moqua-t-il à son tour.

Brennan leva les yeux et lui demanda, d'un air amusé.

- Qu'est-ce que c'est ? Un croissant ?

- Je ne vous achèterez plus jamais de croissant, promit-il pendant que Brennan ouvrait le sachet.

- Oh ! s'exclama-t-elle. Des calissons ! Ce sont mes friandises préférées ! Mais comment l'avez-vous su ?

- Je suis du FBI, je sais tout, répondit Booth, une fossette au coin de la bouche. Je vous les offre mais je voudrais bien les goûter.

- Moi aussi ? dit Angela en imitant Booth qui était en train de se servir généreusement.

- Hey ! Il n'y en a que seize ! se plaignit Brennan.

- Je vous en rachèterai si vous êtes sage.

- Qu'est-ce que vous insinuez ? Je suis toujours sage.

- Pas comme je l'entend, précisa Booth.

- Whou ! Et vous l'entendez comment ? demanda Angela.

Brennan voulut interrompre ce dialogue qui ne tournait pas comme elle l'aurait voulu mais Booth continua.

- Qu'avez-vous donc en tête, Angela ?

- Bon, ça suffit, dit Brennan en vain.

- Demandez plutôt à Brennan comment elle l'entend, c'est à elle que vous avez demandé d'être sage !

- Bones, cessez de vouloir être forte et de travailler trente-six heures par jour. Et je vous achèterai alors une boîte de calissons par jour.

- Il est impossible de travailler trente-six heures par jour, j'en conclue que si vous respectez votre parole, je serai bientôt envahie de calissons ! cria Brennan en montant à l'étage.

Booth grimaça et se tourna vers Angela.

- Elle m'énerve. Pourquoi elle est comme ça ?

- Parce que son passe-temps préféré, c'est de vous énerver, dit Angela en riant.

- Très drôle.

- Je ne suis pas sûre d'être totalement dans le faux, ajouta-t-elle. Et puis vous faites la même chose avec elle, non ?

Booth n'eut pas le temps de répliquer car son téléphone sonna. Il avait obtenu son mandat.

- Bones ?! cria-t-il à Brennan qui était à l'étage.

- Quoi ?! répondit-elle en criant à son tour.

- J'ai obtenu mon mandat ! chantonna-t-il, fier de lui.

- Vous voyez que vous prenez aussi plaisir à l'énerver, dit Angela.

Booth fit une tête mécontente puis se dirigea vers la porte d'entrée. Il demanda à Angela de saluer Brennan de sa part? vola un ou deux calissons puis s'en alla pour retourner chez Bardy.

Lorsqu'il arriva chez son suspect en compagnie d'un autre agent du FBI, toutes les fenêtres étaient ouvertes et il entendait un commentateur sportif depuis l'extérieur; il allait couper Bardy au milieu d'un match de foot.

- J'ai un mandat pour fouiller votre maison, annonça-t-il à Bardy lorsque celui-ci lui eut ouvert la porte.

- Quoi ? Je n'ai rien fait et j'ai répondu à toutes vos questions ce matin ! Qu'est-ce que vous me voulez ?

- Nous voulons que vous nous laissiez gentiment faire notre travail, répondit l'agent du FBI qui accompagnait Booth.

Ils entrèrent tous les deux et commencèrent à fouiller la maison. Au bout de longues minutes, Booth envoya son coéquipier à l'étage et descendit au garage. Il promenait ses yeux sur les étagères de Bardy lorsque son regard fut attiré par une petite valise rouge tâchée. Il l'ouvrit et ressentit alors la sensation de triomphe qu'il avait à chaque bonne trouvaille. A l'intérieur se trouvaient des balles très semblables à celles retrouvées dans le corps de Bryan Julius.

- Je vous met en examen pour le meurtre de Bryan Julius, annonça Booth à Bardy lorsqu'il fut remonté à l'étage. Veuillez garder le silence ou tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous.

- Hey ! J'ai pas tué ce môme, c'est pas moi !

Deux heures plus tard, Booth était au Jeffersonian et attendait le résultat de la comparaison des balles qu'il avait confiée à Angela.

- Elles proviennent du même revolver, annonça Angela, triomphalement en revenant du laboratoire. Cette arme a bien tué notre victime.

- Merci d'avoir été aussi rapide.

- J'ai eu de l'aide, avoua-t-elle.

- De Hodgins ?

- Oui, de Hodgins.

- C'est incroyable de constater à quelle vitesse ce type de revolver évolue, observa Brennan qui sortait de son bureau en lisant un magasine sur les armes à feu. 10 modèles ont été créés en seulement…

Elle s'arrêta net lorsqu'elle leva la tête et se rendit compte de la présence de Booth.

- Ma chérie, je t'ai dit de ne pas sortir de ton bureau tant que Booth était là, dit Angela d'un air dépité. J'ai pourtant essayé de te couvrir…

- C'est pas vrai, Bones, que faites-vous ici ?!

- Ça va, je n'ai plus 14 ans, je décide encore de ce que je veux faire !

Elle retourna dans son bureau et claqua la porte. De son côté, Booth retourna au FBI, plus inquiet que fâché.

Lorsque Booth annonça à Bardy qu'il le savait coupable du meurtre de Bryan Julius, celui-ci avoua contre toute attente qu'il avait aussi tué Marise et Mickael Julius ainsi que le lieu où se trouvaient leurs corps. Ce retournement de situation surprit Booth. Il demanda aussitôt plusieurs hommes dans le but de retrouver les cadavres, ce qui lui fut refusé car la nuit était tombée depuis presque une heure. Étant donné l'heure tardive, Booth rentra chez lui et composa le numéro de Brennan dans l'intention de lui apprendre les dernières nouvelles. Il tomba sur son répondeur et décida alors de joindre Angela, en espérant que Brennan soit chez elle.

- Oui ? répondit une voix d'homme.

- Je suis bien chez Angela Monténégro ?

- Oui, elle est occupée, elle arrive dans quelques minutes, vous voulez bien patienter ?

- Hodgins ?

- Booth, c'est vous ?

- Oui, qu'est-ce que vous faites chez Angela ?

- Oh, je suis chargé de répondre au téléphone pour la journée, c'est tout. La voilà, je vous la passe.

- Oui, c'est Angela.

- Bonsoir Angela, est-ce que Brennan est chez vous ?

- Booth ! Oui je vais très bien merci, et vous, ça va ?

- Excusez-moi, j'étais ailleurs.

- Ce n'est pas grave. Elle vient juste de partir, elle devrait être chez elle dans dix minutes, répondit Angela.

- Et Hodgins ?

- Quoi Hodgins ?

- Est-ce qu'il rentre chez lui ce soir, demanda malicieusement Booth.

- Occupez-vous donc de Brennan, vous aviez l'air tellement pressé, dit Angela.

Booth sourit sans répondre.

- Avant que vous l'appreniez par quelqu'un d'autre, je voulais vous avertir d'une chose. Vendredi est un jour spécial, c'est l'anniversaire de Brennan et elle déteste les fêtes, les surprises et les cadeaux alors ne faites rien de tout ça. Compris ? ajouta Angela.

- Qu'est-ce qu'on est censé faire, alors ?

- Vous n'avez qu'à trouver une idée originale et la plus discrète possible. Au revoir et bonne soirée, lui dit-elle en raccrochant.

Angela sourit, contente d'elle. Elle allait se contenter d'appeler Brennan pour lui souhaiter un bon anniversaire mais elle savait Booth assez doué pour trouver quelque chose qui plaise à son amie.

De l'autre côté de téléphone, Booth resta bouche bée. Fêter un anniversaire sans fête, sans surprise et sans cadeaux ? C'était un défi à relever. Il décida de rappeler Brennan plus tard pour lui laisser le temps d'arriver chez elle.

Après le travail, Brennan était rentrée chez Angela pour parler de la soirée du samedi. Elle avait finalement accepté de s'y rendre mais voulait des détails sur les lieux et les horaires. Elles se mirent d'accord pour qu'Angela passe la chercher vers dix-huit heures trente afin d'être là-bas pour dix-neuf heures, tout en dînant. C'est alors qu'Hodgins était arrivé, des fleurs à la main. Brennan s'était éclipsée sans demander son reste et était rentré chez elle pour finir sa boîte de calissons en bouquinant lorsque Booth l'avait appelée pour lui annoncer qu'il y aurait sûrement deux nouveaux corps à identifier le lendemain. Brennan ne put s'empêcher de penser aux deux petites filles : plus de mère, plus de père et plus de frère. Elles allaient avoir de douloureuses années à vivre, à moins qu'elles n'aient été tuées elles aussi.

Le lendemain, c'est-à-dire le lundi, Booth et Brennan étaient dans la voiture en direction de la forêt de Landscape là où devraient se trouver les corps.

- Pourquoi Bardy a-t-il tué Marise et Bryan Julius ? Qu'il tue Mickael Julius, c'est une chose, ils étaient fâchés, mais pourquoi les deux autres ? Et pourquoi pas les fillettes ? demanda Brennan.

- Pour les fillettes, on n'en sait encore rien. Mais Bardy a tué les Julius parce que quelqu'un le lui a demandé, quelqu'un l'a payé pour ça.

- C'est lui qui vous l'a dit ?

- Non mais j'en suis sûr, je le sens.

Brennan décida de ne pas remettre en question l'instinct de son partenaire. Lorsqu'ils arrivèrent dans la forêt, le sol était très mouillé et les arbres très touffus. Même avec les indications de Bardy, retrouver les corps des Julius n'allait pas être simple.

- Attention à vous Bones, c'est glissant, je vais rester derrière vous, suivez mon autre coéquipier.

- Et si fixait une règle, vous m'appelez Bones seulement en présence de mon équipe ou lorsqu'on est seuls.

- Non, c'est pas assez.

Alors, je reste derrière vous, je suis grande, je vais pas tomber.

Ils marchèrent ainsi dix bonnes minutes puis finirent par trouver les corps, ou plutôt les deux squelettes que Brennan s'empressa d'examiner. Elle fit ses premières conclusions.

- On dirait bien que ce sont eux, il y a un homme et une femme. La femme a le pied cassé, elle a du se le casser avant de mourir ou peut-être lorsque son corps a été déplacé.

Elle marqua une pause et observa les crânes.

- Ils ont été tués d'une balle dans la tête, très semblable à celle qui a tué Bryan Julius, ajouta-t-elle en regardant Booth.

Le téléphone de Booth sonna. Il s'éloigna pour parler puis revint quelques minutes plus tard alors que les corps étaient emballés pour être emmenés au laboratoire.

- Un collègue m'a appelé. Bardy a avoué qu'il avait été menacé et payé pour tuer les Julius mais il n'a pas voulu donner de nom, annonça Booth.

Brennan s'estima heureuse de ne pas l'avoir contrarié dans la voiture.

- Vous aviez raison.

- Je sais.