Chapitre 11 : que de grandes décisions...

- Ton rôle ? Peut-être mais je suis meilleur que toi à ce jeu.

- Comment ça ?

- C'est toi qui me veut depuis des années, c'est toi le peureux qui ne voulait pas m'avouer que tu étais amoureux de moi et fou de mon corps.

- Moi ? Peureux ? s'énerva Drago.

- Tout à fait et tu me le confirmes en ce moment-même en t'excitant tout seul.

- Je m'excite tout seul, ricana-t-il. Mais qui ai-je entre les jambes ?

Harry regarda leur position et se mit à rire à son tour.

- Ok, tu gagnes, c'est toi, le méchant.

- Merci de le reconnaître !

- Prêt pour le deuxième round ?

- Toi ou moi ?

- Chacun son tour.

Quelques heures plus tard.

- Alors fatigué ?

- Tu plaisantes, tu m'avais promis une nuit entière de sexe, j'exige ma nuit entière de sexe ! lui rappela Drago.

- On recommence ?

- Qui fait quoi ?

- Et si on mangeait un peu ?

Les jours passèrent et se ressemblèrent sur certains points. Certes, leur nuit changeait sans cesse, ils testaient de nouvelles positions, de nouveaux jeux mais la journée, ils étaient de moins en moins discrets. Ils s'envoyaient sans cesse des petits mots, se lançaient des regards de moins en mois haineux. Et surtout, d'autant plus dangereux, ils se sautaient au cou dès que l'occasion se présentait. Au détour d'un couloir, dans les toilettes, à l'entrée des salles de classe, ils ne pouvaient plus se passer l'un de l'autre.

Hermione fut la première à s'en rendre compte. Elle l'interrogea à de nombreuses reprises mais il s'arrangeait toujours pour ne pas répondre à ses questions. Excédée, elle le prévint juste qu'il était dangereux de jouer avec le feu. Et quel feu, se dit Harry. Mais elle n'avait pas tort. Harry était toujours officiellement avec Ginny mais il n'avait plus passé de nuit avec elle depuis leur première fois. Et elle était toujours aussi collante. Drago n'arrêtait pas de lui en faire la remarque. Cela commençait sérieusement à l'exaspérer de la voir toucher le corps de son amant devant lui, sans qu'il ne puisse rien dire. Il avait lancé un ultimatum à son chéri : il devait rompre avec elle avant la fin de la semaine sinon il serait privé de câlins jusqu'à la fin du mois. Nous étions mercredi et le mois venait de commencer. Il ne restait plus qu'à voir si Harry y parviendrait.

POV Drago

Ce soir, comme d'habitude, il l'a laissé faire. Il l'a laissé faire, il s'est laissé embrasser devant tout le monde alors que c'est moi qu'il devrait embrasser. Après tout, c'est de moi dont il est amoureux. C'est dans mes bras qu'il devrait être, c'est à côté de moi qu'il devrait manger. C'est avec moi qu'il devrait s'afficher et non avec cette rouquine de Weasley. Mais est-ce que je le tolèrerais? Penses-tu que mon amour pour toi sera suffisant pour que je n'ai plus peur ? Peut-être qu'en réalité cette situation me plaît? Le fait que toi et moi ne nous voyions qu'en cachette, à l'insu des autres me permet de me sentir bien, de n'avoir rien à redouter des autres. Mais je pense que pour lui, je pourrais changer, partager ses sourires, tous ses regards, être reconnu comme étant son petit-ami, celui avec lequel il partage sa vie et non comme son ennemi comme le pense la majorité de Poudlard. Il faut que je me calme, il ne va pas tarder. Je veux être en forme pour lui et surtout, je ne veux pas qu'il devine ce que je ressens.

Une bonne douche me fera du bien.

Fin POV

Harry était encore parti rejoindre Drago. Il fit cependant une rapide halte à la bibliothèque pour prévenir Hermione et Ron qu'il n'étudierait pas avec eux ce soir. Et c'est là qu'il se fit attraper. Ses amis venaient de lui dire qu'ils commençaient à en avoir l'habitude. Il se dirigeait maintenant vers les chambres des préfets quand une furie rousse lui tomba dessus.

- Harry, arrête-toi !

Le concerné se retourna et elle lui sauta au cou.

- Qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda-t-il en la repoussant.

- Je me demandais si on pouvait aller dans la salle sur demande. On ne s'est pas retrouvé depuis notre première fois.

- Je suis occupé là ! lui dit-il sur un ton sec, songeant au temps qu'il perdait alors que Drago devait l'attendre.

- Ah bon ! Et tu fais quoi ? lui rétorqua-t-il sur le ton de la défiance.

- Je réfléchis !

- Mais tu ne t'occupes plus de moi, le supplia-t-elle.

- Peut-être parce que tu ne m'intéresses plus.

- Peut-être... que je ne ... t'intéresse plus. Mais Harry, c'est toi qui a eu envie de sortir avec moi.

- Arrête, tu m'avais remarqué dès ma première année !

Elle ouvrit la bouche pour répondre mais ne trouva rien à répliquer.

- Et de toute façon, j'ai quelqu'un d'autre.

- Tu as quelqu'un d'autre ? Tu me trompes ? Depuis quand ? Avec qui?

- Alors oui, j'ai quelqu'un d'autre, oui, je te trompe, depuis que je t'ai sauté quand à savoir qui sait, tu le sauras bien assez tôt.

Il commença à partir, la laissant derrière lui, bouche grande ouverte, encore surprise par cette annonce quand il se retourna pour lui infliger le coup final.

- Au fait, je te plaque.

Elle manqua de défaillir mais il avait déjà tourné l'angle du trottoir, la laissant seule.

le sourire aux lèvres, il s'empressa de rejoindre Drago pour lui annoncer la bonne nouvelle. Il avait respecté l'ultimatum et même avec quelques jours d'avance.

Cette nuit-là, ils firent l'amour, pour la première en tant que petit-amis officiels. Et ils savourèrent cette nouvelle perspective. Ils n'auraient plus à se cacher. Et ils comptaient en profiter. Dans quelques semaines, les cours seraient finis. Ils pouvaient enfin faire des projets d'avenir.

Dans les bras l'un de l'autre, faisant une pause avant de reprendre leur jeu favori.

- Mon amour, dit-il en bougeant légèrement pour le regarder dans les yeux, tu voudrais... tu voudrais vivre avec moi à la fin de nos études ?

- Vivre avec toi, demanda Drago, bien décidé à le taquinner, qu'entends-tu par là ?

- Qu'on se prenne un appart, avec un seul lit pour rester toujours ensemble.

- Tu voudrais donc me garder avec toi ? continua-t-il sur un ton amusé et innocent.

- Bien sûr, je veux passer ma vie avec toi. M'endormir et me réveiller entre tes bras magnifiques et protecteurs. Pourquoi tu ne veux pas ? commença à s'affoler Harry.

- C'est fou ce que tu peux être influençable, mon amour. Bien sûr que c'est ce que je veux, toi et juste toi. Et je serai prêt à te suivre n'importe où. Mais dans ce cas, n'annonçons pas encore notre relation. Si tu veux vraiment vivre avec moi alors j'attendrais encore quelques semaines. Le tout, c'est que je t'ai pour moi tout seul. Et que Ginny ne passe plus son temps à t'embrasser.

- Ne t'inquiètes pas, chéri. Ma bouche t'est exclusivement réservée, ma bouche, ma langue, mon corps, tout t'appartient.

- J'espère bien que je n'investis pas sur le mauvais cheval, dit lascivement Drago.

- Peuh ! Méchant ! Je t'aimais, moi !

- Et tu ne m'aimes plus ? dit langoureusement Drago tout en se mettant à califourchon sur Harry.

- Non, je ne t'aime plus, tiens et d'ailleurs, je vais retourner voir Ginny. J'ai une furieuse envie de coucher avec elle.

- Snif et moi qui comptait te faire monter au septième ciel. Quel dommage ! Bon, ben, à plus tard alors, dit-il en quittant son piédestal.

Harry sortit du lit et demanda

- Je peux utiliser ta salle de bains, je n'aimerai pas qu'elle croit que je viens de coucher avec un autre.

- Vas-y, enlève ma crasse de ton immonde corps.

- Immonde corps ? Eh bien pour quelqu'un qui est censé m'aimer si tu n'aimes pas mon corps, je crois que je fais bien de te quitter.

- Cause toujours, tu m'intéresses. Et tu ferais bien de te dépêcher, il commence à se faire tard et puisque tu n'es pas préfet...

- Je sais, si un prof me chope...

- ... Je ne te servirais pas d'excuse.

- Merci mon prince.

Harry entra dans la salle de bains mais ne ferma pas la porte. Il ouvrit le robinet d'eau chaude, règla l'eau à la bonne température ert entra dans la douche.

Il savait que ces petites querelles seraient fréquentes mais tant qu'ils ne doutaient pas des sentiments de l'autre, il n'y aurait aucun problème. Il ne s'étonna donc pas quand Drago vint coller son torse sur son dos. Il ne s'étonna pas non plus de sentir l'érection de son compagnon contre ses fesses.

- Serais-tu excité, lui demanda-t-il.

- Tu veux vérifier, lui répondit Drago en lui faisant face. Est-ce que je ne te fais plus d'effet ?

- Plus d'effet ? Mon corps est en ébullition rien qu'à savoir que tu es là.

- Prouve-le-moi.

Harry plaqua Drago contre le carrelage noir de la douche et saisit à pleines mains la verge tendue du blond. Celui-ci ferma instantanément les yeux et attacha ses mains derrière la nuque hâlé. C'est fou ce qu'il pouvait être excité. Cette joute verbale ne devait pas y être étrangère. Harry et lui étaient certes devenu intimes mais les vieux réflexes sont tenaces et ils bandaient depuis si longtemps grâce à cela que les abandonner ne seraient que pure folie.

La douche dura plus que de raisons mais fut si intense qu'elle leur sembla ne durer qu'un instant.