-1
Chapitre 6
Une heure et demi plus tard, ils étaient tous les deux à l'institut Jefferson, tous les quatre en comptant les corps. Hodgins récupéra les balles et alla les comparer à celle qui avait tué l'adolescent. Il revint quelques minutes après, suivit par Zack.
- C'est le même type de balles qui a tué Bryan Julius et ses parents.
- Mais pourquoi Bardy a-t-il avoué les meurtres des parents Julius ? demanda Zack. Est-ce qu'il avait un désir profond de faire de la prison ? Parce que c'est réussi.
- Je me suis posé la même question, dit Brennan.
- Moi aussi, remarqua Booth.
- Docteur Brennan, est-ce que je peux utiliser le téléphone fixe de votre bureau ? demanda Zack. Ce ne sera pas long mais j'ai oublié mon portable chez moi et comme c'est l'heure de ma pause…
- Bien sûr, oui.
- Merci, je fais vite.
Zack partit d'un pas pressé en direction du bureau de Brennan.
- Est-ce que votre assistant a un problème ? demanda Booth.
- Il s'appelle Zack. Et pour votre question, je ne sais pas. Hodgins ?
- Sa petite amie Emma est très préoccupée en ce moment et il ne sais pas pourquoi donc il est inquiet en permanence, expliqua Hodgins.
Alors que chacun d'eux était retourné à son occupation, Zack réapparu, encore plus blanc que d'habitude.
- Zack, est-ce que ça va ? demanda Angela.
- Docteur Brennan, excusez-moi mais j'ai besoin de prendre l'air et de m'occuper l'esprit, rien de grave. Puis-je me rendre sur les lieux du crime, ça me changera les idées et peut-être y a-t-on oublié quelque chose ?
Booth se tourna vers Hodgins.
- Ce n'est pas possible, j'ai mal entendu. Il ne va pas sur les lieux du crime pour se changer les idées n'est-ce pas ?
Hodgins mit un temps avant de répondre.
- Si, Booth.
Brennan avait ignoré les remarques des deux hommes et avait donné son accord à Zack qui était aussitôt partit.
- On a trouvé aucune trace sur l'arme du crime, je me trompe ? demanda-t-elle.
- Non, il n'y avait rien, confirma Angela.
Tous les quatre réfléchissaient en silence pour comprendre les motivations de Bardy. Hodgins était celui qui réfléchissait le plus vite parmi eux, ou plutôt celui qui pensait aux idées les plus saugrenues.
- Et s'il protégeait quelqu'un ? S'il avait tout avoué pour être sûr que personne d'autre ne soit accusé ?
- Et s'il regrettait simplement, dit Booth un peu énervé. Pourquoi faut-il toujours que vous compliquiez les choses ?
Pendant ce temps, le taxi de Zack le déposait devant l'immeuble des Julius. Un policier l'accompagnait car personne ne pouvait entrer sur les lieux du crime seul. La dernière fois que Zack y était venu, il était resté une demi-heure tout au plus et n'avait pas pris le temps de tout observer. Il entra dans l'appartement, enfila ses gants et commença par chercher sur sa gauche. Une sorte de commode contenait de la vaisselle et des épices, dessus se trouvaient quelques bibelots poussiéreux. Il y avait à côté un grand miroir, il le bougea mais il n'y avait rien derrière. Il fit ainsi le tour de la pièce en observant minutieusement chaque recoin et ne trouva malheureusement rien. Cela faisait presque deux heures qu'il était dans cet appartement à fouiller petit à petit toutes les pièces et à part tout ce que les gens de normaux avaient chez eux, il n'y avait rien. Il décida alors de rentrer à l'institut. Lorsqu'il sortit de l'appartement, il hésita entre l'ascenseur et les escaliers. Tout le monde prenait toujours les escaliers de peur d'être coincé dans cet ascenseur douteux mais quelque chose le poussa à choisir malgré tout ce moyen de transport. Il monta dedans, suivit du jeune policier qui n'avait pas l'air rassuré et il appuya sur le bouton du rez-de-chaussée. Il était en train de penser à la visite surprise qu'il voulait faire à sa petite amie le soir lorsque ses yeux furent attirés par un objet minuscule dans un coin de la cage d'ascenseur. Il se pencha et le saisit avec ses gants.
- Un bouton de chemise, dit-il à voix haute.
Cet objet n'avait peut-être rien à voir avec le meurtrier mais ça ne coûtait rien de vérifier. Quand il arriva à l'institut Jefferson, il donna sa trouvaille à Angela qui alla directement faire un relevé d'empreintes.
- L'objet est petit, ça ne va pas être facile et on aura peut-être pas une empreinte complète.
Ils attendaient tous les deux le résultat sans espoir devant l'ordinateur lorsqu'un nom apparu sur l'écran.
- William Chavez ! dirent-ils en chœur.
- Brennan ! appela Angela.
- Agent Booth ! cria Zack.
- Booth est partit il y a un quart d'heure.
- Pourquoi il n'est jamais là quand c'est moi qui fait avancer l'enquête ! ronchonna Zack.
Brennan arriva en courant dans le bureau.
- Que se passe-t-il ?
- Chavez a mentit, il est bien allé chez les Julius. Voici un bouton de sa chemise avec ses empreintes dessus trouvé dans l'ascenseur, on peut remercier Zack.
- Bon boulot, Zack, excellent, le félicita Brennan. J'appelle Booth, dit-elle en partant.
Angela et Zack observèrent Brennan partir en courant vers son bureau.
- On s'en fou de Booth, Brennan est fière de toi, elle, dit Angela dans un sourire.
- C'est ce qui compte, dit Zack peu convaincu.
Cela faisait bientôt une heure que Chavez était en examen et il n'avait pas dit un mot. Booth commençait à s'impatienter quand il vit Brennan arriver. Il lui annonça qu'il n'y avait rien de nouveau, qu'il s'apprêtait à aller interroger Bardy en lui précisant qu'il avait mis Chavez en examen et laissa Brennan l'accompagner. Quand ils allèrent retrouver Bardy, la fraîcheur de la pièce leur fit du bien. Ils s'assirent en face de lui.
- M. Bardy, nous avons mis en examen quelqu'un que vous connaissez, dit Booth.
- Qui ?
- Essayez un peu de deviner.
- Je ne suis pas vraiment d'humeur.
- Qui vous a payé pour tuer les Julius ? se fâcha Booth.
Bardy gardait le silence.
- Nous savons que vous n'avez pas tué Bryan Julius, intervint Brennan. Et moi, je sais qui l'a tué. C'est lui qui est interrogé en ce moment même. Je n'ai aucune preuve mais j'ai des certitudes.
Il lui en avait coûté de dire cette dernière phrase, elle qui ne suivait que la logique scientifique, mais elle eut pour effet de faire réagir Bardy.
- Et alors ?! Vous ne pourrez rien contre lui ! Chavez est trop puissant ! Si vous l'attaquez, il vous réduira à néant !
- Il vous a menacé pour que vous tuiez les Julius mais il s'est chargé du fils dans l'intention d'effrayer la famille, résuma Booth calmement. Chavez a fait une erreur en laissant une preuve de son passage chez les Julius.
- Vous avez raison mais ça ne change rien. Il l'a tué avec mon arme et il m'a obligé à effacer mes empreintes et les siennes après avoir tué les Julius.
- Et les fillettes ?! Où sont les deux enfants, Klaus ? demanda Brennan.
- J'en sais rien.
- S'il vous-plaît, dites-nous ce que vous savez à propos d'elles, ce ne sont que des enfants, elles ont déjà perdu leurs parents et leur frère !
Le ton suppliant de Brennan avait surprit Booth; ce n'était pas son genre de supplier pour obtenir quelque chose.
- Je vous dit que je ne sais rien ! Je n'avais rien contre les Julius, si ce n'est que le père me sortait par les yeux. Si je savais quelque chose je vous le dirait, bon sang !
Bardy soupira et s'appuya contre le dossier de sa chaise. Brennan et Booth se regardèrent.
- Vos hommes sont toujours à la recherche des fillettes ?
- Oui, ils tournent autour de là où les corps de Marise et Mickael Julius ont été retrouvés mais ils n'ont aucune piste.
- Vous êtes allés fouiller chez Chavez ? demanda Bardy comme s'il faisait partie de l'enquête.
- Oui, répondit Booth. Tout est parfait, ç'en est même effrayant.
- Je crois que Chavez a engagé des hommes pour surveiller une des fillettes, dit Bardy. Je me souviens l'avoir entendu au téléphone parler à un homme d'une des fillettes comme s'il l'avait auprès de lui. C'est tout ce que je peux vous dire et j'espère sincèrement que vous allez les retrouver.
- Merci Klaus, si vous vous rappelez de quelque chose, même quelque chose qui vous semble anodin, faites-le nous savoir, précisa Brennan.
- Comptez sur moi.
Brennan et Booth sortirent de la salle d'interrogatoire et Booth se dirigea droit vers la machine à café.
- Un café, Bones ?
- Bones non mais Brennan oui, répondit-elle ce qui adoucit l'ambiance et amusa Booth.
Ils burent leur café en résumant les informations qu'ils avaient. Retrouver les petites devenait une vraie difficulté et l'espoir diminuait d'heure en heure; elles étaient probablement entre les mains de sales types et peut-être bien séparées.
- Si on les retrouve dans deux états différents, elles seront placées dans le système mais pas ensembles, remarqua Booth.
- Il suffira de faire une demande de déplacement.
- Il y a tellement de demandes de ce type qu'elle ne sera pas prise en compte avant au moins cinq ans.
- Quoi, comment ça cinq ans ? C'est trop long, c'est plus que trop long, c'est… c'est un supplice, vous pouvez sûrement faire quelque chose, vous êtes du FBI.
- A part prendre en otage le type qui s'occupe des dossiers, je ne peux rien faire, répondit Booth tristement.
- Dites-moi que c'est faux, il y a forcément un moyen…
- On n'en est pas là, peut-être ne retrouvera-t-on jamais Verona et Louisa Julius.
- On les retrouvera, Booth.
- Je parlais de les retrouver vivantes…
Leur discussion s'arrêta sur ces mots-là et Booth raccompagna Brennan chez elle. Le ciel s'était couvert sur le chemin du retour et lorsque Brennan entra chez elle, le trajet de la voiture à la maison avait suffit à la tremper. Elle dégoulinait de partout lorsqu'elle entra dans sa salle de bain. Elle se changea et retourna dans son salon pour réfléchir à tout ce qu'elle savait de l'affaire : mettre tout en ordre pouvait peut-être donner une nouvelle piste. Elle en conclue une chose : il fallait qu'elle retourne chez Chavez pour y fouiller encore.
Le soir venu, Zack s'était fait le plus beau possible, il était aller acheter un bouquet de roses et avait pris la direction de l'appartement d'Emma. Arrivé devant la porte, il entendit des pleurs d'enfants. Il y avait apparemment du monde mais aucune voiture n'était garée devant chez elle. Comme il n'était pas venu ici pour rien, il sonna. Au bout de longues minutes, Emma vint ouvrir.
- Zack Addy, quelle surprise !
- Emma Kantin, quel plaisir !
- Elle l'embrassa longuement puis lui dit :
- Écoute, je…je suis désolée de ne pas t'avoir donné de nouvelles mais…
De nouveau les pleurs retentirent.
- A qui est cet enfant ? demanda Zack.
- Rentre, ne reste pas sur le palier.
Il entra à l'intérieur de l'appartement et ferma la porte. Aussitôt, une odeur de chocolat chaud envahit ses narines.
- Tu veux un chocolat ? J'en ai fait un pour… pour ma nièce, dit-elle en mettant les roses dans un vase.
- J'en veux bien un, oui. Alors, c'est ta nièce ? Demanda Zack alors que les pleurs résonnaient encore.
- Oui. Je vais aller la consoler, je reviens. Sers-toi, fais comme chez toi.
Mais à peine eut-elle finit sa phrase que la petite fille fit irruption dans la cuisine. Les joues dégoulinantes de larmes, le visage rouge d'avoir pleuré, elle semblait ne pas avoir dormit correctement depuis longtemps. Emma la prit dans ses bras en essayant de calmer ses pleurs.
- Chhhhhhut, chuchota-t-elle en la berçant doucement.
Zack était resté bouche bée. Très lentement, il sortit une photo de son porte-feuille et compara le visage qui se trouvait dessus à celui de la petite fille.
- Verona ?
La petite releva la tête et regarda Zack dans les yeux, qui se rendit alors compte que la ressemblance était frappante.
- Non, tu dois te tromper, dit Emma d'une voix effrayée.
- Comment se fait-il que Verona Julius soit chez toi ? Emma, qu'est-ce que tu me caches ?
- Elle était perdue, elle pleurait alors je l'ai ramenée chez moi.
- Je crois que tu me mens. Il faut que j'agisse sans faire de mal à cette enfant tout en la protégeant. Il faut que je fasse le bon choix. Je ne sais pas quoi faire, je vais appeler le docteur Brennan.
- Zack...
Il composa le numéro de Brennan sur le téléphone d'Emma.
- Brennan.
- Bonsoir Docteur Brennan, c'est Zack. Je suis désolé de vous déranger si tard mais je crois que j'ai retrouver Verona Julius.
Il lui expliqua rapidement la situation.
- Amène-là… je ne sais pas, peut-être chez Booth ou… non. Reste avec Emma et Verona cette nuit et… et emmène-la à l'institut demain à huit heures.
- Et si elle est pas réveillée ?
- Eh bien…
Il y eut un silence de l'autre côté du téléphone.
- Emmène-la quand tu veux, Zack.
- D'accord, à demain.
- Zack, une dernière chose. Si jamais la petite fait confiance à toi ou à ton amie, essaie de la faire parler.
- C'est pas vraiment mon domaine ça, Docteur Brennan.
- Je sais. À demain Zack.
- A demain.
