-1Chapitre 10
Au Jeffersonian comme au FBI les recherches continuèrent tout le samedi après-midi dans le but de retrouver le vrai assassin des Julius. Ce n'était pas Bardy et malgré la pression que Booth lui mettait en répétant encore et encore les mêmes questions, Bardy continuait de s'accuser. Booth fit une pause. Il voulu essayer de joindre Brennan puis se ravisa, il valait mieux qu'il la laisse se calmer. Et bien qu'elle souffre elle s'était montrée très injuste avec lui. Il termina son café puis retourna s'acharner un peu contre Bardy.
- Me revoilà ! dit-il en entrant dans la pièce.
- Vous perdez votre temps.
- Arrêtez de répéter toujours la même chose, c'est fatigant.
- Je ne vous le fais pas dire ! Cela fait deux heures que vous me bassinez avec les mêmes questions !
- Sans blague.
Klaus Bardy s'appuya brutalement contre le dossier de sa chaise en soupirant et en croisant les bras.
- Pourquoi vous protégez qui ?
- Mais je ne protège personne.
- On sait que ce n'est pas vous qui avez tué les Julius, on en a la preuve, c'est inutile de vous accuser.
- Puisque je vous dit que c'est moi.
- Admettons. Vous les avez tué avec une arme ?
- Oui.
- Quelle partie du corps avez-vous visé ?
- Le cœur. Où peut-être la tête, je ne sais plus moi, j'avais jamais tué avant, j'étais complètement perdu !
- Vous mentez, n'importe qui s'en rendrait compte. Ramenez-le en cellule, dit-il aux policiers.
Deux d'entre eux entrèrent dans la salle d'interrogatoire et menottèrent Bardy. Lorsqu'il arriva à la hauteur de Booth, il dit :
- N'importe qui ferait la même chose à ma place.
Puis il se laissa emporter dans sa cellule sans rien ajouter. Booth sortit des bureaux du FBI en colère puis pris une grande inspiration de l'air frais extérieur. Quoiqu'il fasse, les petites filles avaient été retrouvées, c'était ce qui importait. Il irait donc tranquillement à la fête comme prévu, sans culpabiliser. Ou presque.
Brennan travaillait avec Zack depuis une bonne heure sur les corps des Julius afin de trouver un indice pouvant mener au meurtrier mais rien n'apparaissait. Tous les tests possibles avaient été réalisés et les conclusions ne menaient nulle part. Marise et Mickael Julius étaient morts de la balle qu'ils avaient reçue dans la tête. Marise avait une déformation de naissance au niveau de la colonne vertébrale et son pied avait été cassé après sa mort lorsque son corps avait été déplacé. Quant au squelette de son mari, il n'avait rien de particulier. Angela arriva auprès de son amie et l'écouta lui faire la liste de ses conclusions avant de résumer la situation.
- Donc, William Chavez a tué Bryan Julius et a ordonné à…à quelqu'un de tuer les parents Julius. Il a fait kidnapper les fillettes puis a demandé à Emma Kantin - son ex petite amie - d'accueillir la plus petite chez elle. D'un côté, les preuves montrent que Klaus Bardy n'a pas tué les Julius et de l'autre, ce même homme s'accuse.
- Oui, c'est ça, confirma Zack.
Brennan acquiesça.
- Je propose qu'on retourne chez Bardy et chez Chavez. Mais pas maintenant, précisa-t-elle.
- Quand ? demanda Brennan.
- Demain. Ce soir, on doit tous se préparer pour aller à la fête, vous vous souvenez ?
- Angela, je… commença Brennan.
- Je sais que tu es malheureuse à cause de ce qui arrive à Verona et Louisa. Je sais que ça te torture de ne rien pouvoir faire et moi aussi. Mais je sais aussi que tu as fait une promesse à ta meilleure amie et que tu vas regretter pendant des semaines de ne pas l'avoir tenue même si je ne t'en veux pas, alors va te préparer. Je passe te chercher dans une heure et demi.
Zack était sortit discrètement alors qu'Angela parlait et elles étaient désormais seules dans la pièce.
- Je n'ai envie de voir personne et je n'ai pas non plus envie de voir Booth.
- Tu lui en veux ?
- Tu sais aussi bien que moi qu'il aurait pu faire plus que ce qu'il a fait.
Angela grimaça. Elle savait que son amie était très exigeante avec les gens qui l'entouraient mais c'était une chose qu'elle ne lui reprochait pas car Brennan se montrait tout aussi exigeante avec elle-même.
- Peut-être. Mais pas dans la légalité, ajouta-t-elle. Je vais te donner un exemple pour que tu te mettes juste un moment à la place de Booth. S'il arrivait en te disant que tu peux certainement trouver quelque chose de plus sur ces squelettes alors qu'on a fait tout notre possible, tu le prendrais comment ?
- Je… Je lui dirais… qu'il est moins doué que moi dans ce domaine et que… et… Mais Booth ne dirait pas ça, il sait qu'on fait tout ce qu'on peut.
Angela soupira.
- Essaie de réfléchir quand même et demande-toi si tu n'as pas été un peu dure avec lui. Je passe te prendre à dix-neuf heures trente. À tout à l'heure, dit-elle en quittant la pièce.
Brennan se retrouva seule et repensa à ce que son amie lui avait dit. Mais elle savait que Booth pouvait faire plus, quitte à passer outre la loi.
Elle rentra chez elle et sauta sur un bon café comme un fumeur sur une cigarette. Elle sentit le liquide brûlant couler dans sa gorge et des frissons envahir son dos. Elle s'accorda cinq minutes puis alla prendre une longue douche bien chaude. Arrivée dans sa chambre, elle ouvrit la penderie et chercha quelque chose de correct à se mettre; elle posa sur son lit une longue robe noire, une autre un peu plus courte, une jupe blanche et un joli haut marron, puis une autre robe longue de couleur rouge sombre. Il était sept heures quinze lorsque Angela arriva.
- T'es prête ?
- Tu m'avais dit dix-neuf heures trente.
- Tu n'y vas pas habillée avec ce vieux jean ?!
- Non, je compte sur toi pour m'aider à m'habiller.
Quand Angela vit les vêtements de Brennan, elle s'émerveilla devant la robe rouge.
- Celle-ci est magnifique.
- Un peu trop sexy, non ? Que penses-tu de celle-ci ? dit Brennan en montrant la longue robe noire.
- Ce n'est pas un enterrement, ma chérie. Si tu veux mettre du noir, mets l'autre.
- D'accord.
Brennan s'habilla rapidement puis elle et Angela partirent pour la fête. Quand elles arrivèrent, il y avait au moins trois cents personnes déjà présentes alors que la soirée commençait seulement. Tous les visages étaient inconnus à Brennan mais elle vit finalement Hodgins à quelques mètres d'elle. Quand il les aperçu, Hodgins se dirigea vers elles.
- Bonsoir ! Tenez, dit-il en proposant un verre de champagne à chacune.
- Merci, dit Angela en lui faisant un grand sourire.
- De rien, baby ! Docteur Brennan ?
- Non merci.
Hodgins voulut insister mais Angela lui fit signe de se taire.
- Bonsoir, dit alors une voix grave derrière eux.
- Booth ! s'exclama Angela pour couvrir la musique bien qu'elle ne soit pas si forte.
Brennan se retourna et sentit l'exaspération monter en elle en se rappelant les dernières paroles qu'elle avait échangé avec Booth.
- Je pensais que vous ne viendriez pas, lui dit-il.
- Moi aussi.
- Tu danses Angela ? demanda Hodgins pour les laisser seuls.
- Volontiers.
Booth et Brennan regardèrent Hodgins et Angela entrer sur la piste puis Booth proposa un verre à Brennan. Elle refusa froidement.
- Vous n'allez pas faire la tête toute la soirée ? Profitez un peu de la musique et de l'ambiance.
- Je n'avais pas envie de venir mais j'ai fait une promesse à Angela.
- Arrêtez de penser au boulot, Bones !
- Je pense aux deux petites filles que vous avez séparées.
Brennan avait utilisé des mots trop directs et il n'en fallut pas plus pour que Booth soit piqué au vif;
- Vous dépassez les bornes, Bones ! Vous êtes … Je m'en vais !
- Pour allez où ?
- Loin de vous. Je vais … aller chercher une femme quelconque et … m'amuser un peu !
Sur ce, il partit à grandes enjambées laissant Brennan seule avec sa mauvaise humeur. Pendant une heure, elle observa les gens danser boire et s'amuser, elle refusa deux danses puis alla se promener dehors, le long d'un ruisseau situé à une centaine de mètres de la fête. Angela vint la rejoindre un peu plus tard.
- Tu veux que je te ramènes chez toi ?
- Non, vas t'amuser. Quand j'aurais envie de rentrer, je prendrai un taxi. Pour l'instant, je suis bien ici.
- Je suis désolée ma chérie, je pensais que tu allais quand même t'amuser.
- Ne sois pas désolée, Angela. Je crois que je suis mieux ici à me balader plutôt qu'à travailler à l'institut. Danse encore avec Hodgins, vous faites un beau couple tous les deux, avoua Brennan en souriant. Profite de cette soirée pour moi, d'accord ?
- Tu peux compter sur moi, répondit Angela.
Elle sourit et fit demi-tour pour retourner danser.
- Angela !
Angela se retourna et revint vers Brennan.
- Sans toi, je passerais sûrement mon temps enfermée chez moi ou à l'institut alors surtout, promets-moi une chose : continues à me faire sortir de mon quotidien.
Angela sourit et leva la main droite.
- Je te le promet !
Elle retourna ensuite rejoindre Hodgins qui l'attendait à l'entrée de la selle, s'inquiétant de ne pas la voir revenir.
Brennan continua à marcher en réfléchissant aux éventuelles possibilités pour l'avenir de Verona et Louisa. Dire qu'il y a quelques semaines, elles vivaient heureuses avec leur famille. Comme c'était arrivé à Brennan. Il y avait sûrement quelque chose à faire pour elles. Même quelque chose d'illégal. Il fallait qu'elle réfléchisse, qu'elle se renseigne plus précisément sur le fonctionnement du système. Elle regarda l'heure : vingt-trois heures trente, ça faisait maintenant trois heures qu'elle se promenait et tournait en rond sans savoir quoi faire et sans qu'aucune idée ne lui vienne à l'esprit. Elle s'arrêta net puis décida de rentrer car non seulement la soif lui tiraillait la gorge et elle ne savait plus trop où elle était à force d'avoir marcher au hasard.
A l'intérieur de la salle, tout le monde faisait la fête. Brennan s'approcha du bar et observa les gens qui dansaient, riaient et plaisantaient en petit groupes de deux, trois ou quatre personnes. Accoudée au bar, elle commanda une vodka orange sans enthousiasme, histoire de consommer sa boisson gratuite en essayant d'oublier que les fillettes étaient séparées par une centaine de kilomètres, sans aucun moyen de se contacter. Brennan n'étaient pas comme toutes ces femmes dont le rêve le plus cher et d'avoir des enfants mais elle avait vécu une histoire semblable à celle de Louisa et Verona. Elle ne pu s'empêcher de penser que la plus petite des filles devait sûrement être en train de pleurer sa grande sœur ou peut-être s'était-elle endormie à force d'avoir fait couler ses larmes. À peine eut-elle finit son verre que Brennan entendit une voix grave derrière elle.
- Bonsoir.
Un homme plutôt grand, la trentaine passée, s'était approché d'elle. Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas prêté attention à sa présence.
- Je peux m'asseoir ? demanda-t-il en désignant le tabouret à gauche de Brennan.
- Oui, répondit-elle à ces grands yeux noirs qui la fixaient sans ciller.
- Vous prenez quelque chose avec moi ?
Il n'obtint pas de réponse mais ne se découragea pas tout de suite.
- Je me présente, je m'appelle Lilian Fanning.
- Monsieur Fanning, vous n'êtes absolument pas tombé sur la bonne personne. Je n'ai pas du tout l'humeur festive ce soir.
Son ton n'avait rien eu de désagréable mais les choses étaient désormais plus claires.
- Je comprend mieux maintenant pourquoi une belle femme comme vous est seule accoudée au bar, à une fête plutôt sympa.
Un long silence suivit ses paroles. Le mieux pour Brennan était que cet homme s'en aille au plus vite. Elle n'avait envie d'aucune compagnie et préférait digérer seule les événements plus ou moins agréables de sa journée.
- Comment vous appelez-vous ?
- Mon prénom est Tempérance, dit-elle finalement.
- Et vous dansez, Tempérance ?
- Non, je suis désolée, dit-elle sincèrement.
- Vous ne m'accorderiez même pas une danse ?
- Vous avez l'air de quelqu'un de bien et je n'ai aucunement l'intention de vous blesser mais je n'ai ni l'envie ni le courage de… Oh non…
Brennan leva les yeux au ciel, d'un air exaspéré.
- Qu'y a-t-il ? voulut savoir Fanning.
Il suivit le regard de Brennan et ses yeux s'arrêtèrent sur un homme qui venait vers eux, un léger sourire sur les lèvres comme s'il venait d'accomplir une bonne action. Brennan détourna les yeux ; elle avait eu son compte de disputes pour cette journée.
- Bonsoir, lâcha rapidement Booth à Fanning. Bones, écoutez, vous savez…
Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase, coupé par le voix d'une anthropologue épuisée.
-… que vous devez respecter la loi, que sinon vous perdez votre boulot, j'ai compris tout ça ! Est-ce oui ou non possible d'être seule ?
- Euh … ? demanda Fanning à Booth.
- Booth.
- Booth, est-ce que vous permettez que je finisse ma conversation avec Tempérance ?
- Mais bien sûr, faites donc ! se résolut Booth.
Fanning se tourna vers Brennan en faisant une dernière tentative.
- Je suis déçu de na pas avoir pu danser avec vous, je vous le propose quand même une dernière fois, ce qui vous permettrait de vous débarrasser de lui, dit-il en lui faisant un clin d'œil.
- C'est gentil, Monsieur Fanning…
- Lilian.
- C'est gentil, Lilian mais je ne veux pas danser, je ne veux pas de compagnie, je voudrais juste être seule.
- Je paris cent dollars que je la fais danser avec moi et avec le sourire ! s'enthousiasma Booth en s'incrustant entre eux deux.
- Pari tenu, répondit Fanning.
De son côté, Brennan faisait tout pour ne pas s'énerver de nouveau mais la situation commençait à être pénible.
- Félicitations, vous venez de gagner cent dollars, Lilian, grimaça Brennan. Arrêtez avec ces paris stupides, Booth. Ils ne sont là que pour vous faire gagner de l'assurance artificielle.
- Si vous dansez avec moi, je fais le nécessaire pour que Verona et Louisa soient ensembles dès demain, annonça Booth en décochant un sourire, comme on conclut une publicité sur un tout nouveau produit magique.
A ce moment, si Brennan avait eu des revolvers à la place des yeux, Booth aurait ressemblé à une passoire.
- C'est une plaisanterie de très mauvais goût ! s'indigna Brennan. Je ne vous aurais jamais cru capable de cela dans de pareilles circonstances.
Booth garda le silence comme un enfant qui a été pris la main dans le sac. Mais étrangement, une fossette était apparue dans le coin de sa bouche.
- Vous… Vous n'êtes pas sérieux ? Ou c'est encore plus cruel que je ne le pensais.
- Je suis pourtant sérieux.
La colère qu'elle ressentait n'allait pas tarder à prendre le dessus mais elle essaya de se calmer. Quelle mouche avait piqué Booth ?
- Je ne comprend pas pourquoi vous faites ça. Cela ne vous ressemble pas, Booth.
Un sourire fendit le visage de son coéquipier.
- Bien, Je ne peux pas vous mentir plus longtemps, je n'y arriverai pas… Louisa et Verona sont en ce moment en route vers Salt Lake City, chez leur grand-mère.
