-1Chapitre 11
Les mots mirent un long moment avant d'atteindre le cerveau de Brennan et elle mit un certain temps à les comprendre. En fait, elle n'en croyait pas ses oreilles et la colère et le soulagement se battaient en duel pour prendre le dessus.
- C'est la vérité ? Je veux dire, elles sont vraiment…
Booth ne cessait de sourire.
- Booth ?
S'il se moquait encore d'elle, elle ne lui pardonnerais jamais.
- Je n'ai jamais été autant sérieux. Je ne suis pas… partit chercher une femme pour « m'amuser » pendant ces trois heures. Je me suis rendu au FBI où j'ai verbalement agresser Johanna qui ne voulait pas me laisser rentrer « en raison de l'heure tardive » puis j'ai récupéré le dossier Julius. Après une heure de recherche intense, j'ai retrouvé la grand-mère des petites : Hélène Cartney. J'ai ensuite dérangé mon supérieur qui était au restaurant avec sa femme et des amis et je lui ai demandé d'envoyer par fax les papiers à remplir et à signer à la responsable des orphelinats. Il a refusé - et je le comprend - mais je l'ai menacé de démissionner et comme il trouve que je suis un bon élément, il a finalement cédé. Je ne sais pas comment il a fait et je m'en moque mais il a réussi à persuader cette femme de signer. Ensuite, j'ai appelé un ami qui travaille en tant que taximan et je lui ai demandé de prendre en charge Verona Julius. A ma demande, il a supplié un de ses collègues et amis de s'occuper de Louisa Julius et celui-ci a accepté. Elles sont donc toutes les deux en ce moment même en route vers chez leur grand-mère que j'ai appelé personnellement et qui, entre nous, est impatiente d'accueillir ses petites filles.
La surprise se lisait sur le visage de Brennan et elle fut incapable de dire un mot. Pourquoi fallait-il toujours qu'il agisse sans prévenir ? Elle se sentait un peu vexée de ne pas avoir participé pour aider à rassembler les petites Julius. Elle continuait à fixer Booth, la bouche entrouverte.
- Quoi ? Ne me dites pas que j'ai oublié quelque chose ! s'exclama Booth, un sourire moqueur affiché sur le visage.
- Oh… non, dit-elle dans un soupir.
Cette fois-ci, ce fut au tour de Brennan d'esquisser un sourire.
- Tout ça pouvait attendre demain matin. Pourquoi l'avoir fait ce soir ? Je veux dire, pourquoi avoir fait des heures supplémentaires alors que vous auriez très bien pu faire ça demain matin ?
- Tout d'abord, mon nombre d'heures supplémentaires n'est pas comparable au votre, Quoique bizarrement, il augmente régulièrement depuis que je collabore avec vous. Ensuite, aussi bizarre que cela puisse paraître, j'ai préféré risquer ma place, un séjour en prison et un accident de voiture - mais ça, c'est une autre histoire - plutôt que de vivre encore ne serait-ce qu'une heure en vous sachant fâchée à ce point contre moi. Vous comprenez ?
Non, elle ne comprenait vraiment pas, la psychologie et elle avaient toujours fait deux. Elle le regarda et se rendit compte tout à coup que bien que sa colère ait porté ses fruits et que Booth ait l'habitude de son exigence, elle avait abusé en passant ses nerfs contre lui.
- Booth, je…
- Oh, je sais déjà tout, la coupa-t-il. Vous vous sentez coupable et vous voudriez vous excuser mais vous ne savez pas comment vous y prendre. Faites-moi plaisir et laissez tomber, le coupable dans l'histoire, c'est le système.
Il lui sourit pour qu'elle se détende et elle lui rendit son sourire. Fanning avait assister à toute la scène comprenant bien qu'il venait de voir son dernier espoir d'obtenir une danse s'envoler. Brennan se tourna vers lui.
- Je n'ai aucunement l'intention de vous faire perdre de l'argent en plus de vous avoir refusé une danse, s'excusa-t-elle.
- Des danses, précisa-t-il dans un sourire déçu.
- Peu importe, je paierai votre dette.
Elle se tourna vers Booth.
- Est-ce que votre invitation à danser tient toujours ?
- Je ne sais pas, laissez-moi réfléchir encore un moment, répondit-il d'un air grave.
Brennan le regarda d'un air coupable.
- Qu'est-ce que je dois faire pour vous convaincre ? Je peux toujours me fâcher contre vous et …
- Que dites-vous de deux danses ? la coupa Booth.
Lorsqu'elle avait appris que les fillettes allaient de nouveau être ensembles, elle avait sentit un énorme poids s'envoler de son estomac et de ses épaules.
- En fait, je me sens tellement bien et soulagée que je pourrais danser jusqu'à l'aube. Je suis sûre que vous serai fatigué avant moi, le provoqua Brennan.
- Ah oui ? Et bien ça reste à prouver, répondit Booth en l'attirant sur la piste.
Vers quatre heures du matin, ce fut Angela qui vint finalement interrompre Booth et Brenn an à la fin d'une danse endiablée, des cernes plus grosses que ses grands yeux noirs.
- Hey ! Je suis crevée et Hodgins aussi. Si tu veux que je te ramène c'est maintenant, ma belle. Désolée, dit-elle en regardant Booth.
- D'accord. Désolée Booth, je dois y aller.
- Je vous raccompagnerai moi, proposa-t-il. Restez.
- Ok, je ne te demande pas ton avis, ma chérie, je suppose que tu es d'accord. Bonne nuit à vous deux, bye !
- Je voudrais rentrer aussi, j'ai les yeux qui se ferment, avoua Brennan à Booth lorsque Angela fut partie.
- Comme vous voulez. Oh, il faut quand même faire cette dernière danse, écoutez ça ! dit-il en montrant du doigt les haut-parleurs d'où raisonnaient des guitares électriques.
- D'accord, vous avez gagné, vous êtes infatigable, dit-elle en riant.
- Je vous l'avais dit !
Il dansèrent une dernière fois puis Booth raccompagna Brennan jusque chez elle. Il s'arrêta devant sa maison et se tourna vers elle.
- J'ai passé une excellente soirée. Et une excellente nuit aussi, dommage que ça s'arrête.
Brennan ne sut pas trop dans quel sens prendre cette dernière phrase mais elle évita toute confusion en répondant simplement.
- Toutes les bonnes choses ont une fin.
- Pourquoi ?
Elle ne répondit pas. Si Angela avait été là, elle lui aurait dit d'inviter Booth à prendre un dernier verre mais elle n'était pas Angela.
- Merci de vous être démené ainsi pour Louisa et Verona.
- C'est tout naturel, répondit-il ironiquement. Je vais juste… perdre mon boulot et on ne travaillera plus ensemble…
- Je ne me le pardonnerais pas. Bonne nuit Booth.
- Bonne nuit, Tempérance.
Elle sortit de la voiture et regarda Booth s'éloigner avec regrets. Pendant un court instant, elle cru qu'il allait faire demi-tour mais les phares de la voiture disparurent dans la nuit et elle rentra chez elle. Angela allait lui faire des tas de reproches, cette pensée la fit sourire.
Le micro-onde sonna pour annoncer à Brennan que son chocolat était chaud mais elle s'était déjà rendormie sur son canapé. Seule la sonnerie de son téléphone réussit à la réveiller.
- Brennan, annonça-t-elle d'une voix épuisée.
- Salut ! Je te réveille ? dit la voix d'Angela.
- Oui malheureusement. Je devrais être debout.
- Tu ne travailles pas aujourd'hui de toute façon.
- Je voulais faire quelques heures supplémentaires.
Angela leva les yeux au ciel puis reprit.
- Klaus Bardy a été libéré, il n'y avait aucune preuves contre lui.
- Comment le sais-tu ?
- J'ai eu Booth au téléphone. Je voulais lui conseiller d'aller faire un tour chez Chavez mais il a refusé, il pense que ça ne nous mènera nulle part.
- Tu l'as juste appelé pour ça ?
- Bien sûr que non, je voulais savoir comment s'était terminée votre nuit mais il n'a rien voulu me dire. Je voulais savoir avant que tu me le dises mais c'est un homme galant, il n'a pas lâché un mot.
- Ce n'est pas forcément un homme galant, il ne s'est rien passé, c'est tout.
- Tu plaisantes ?!
- Non !
- Vous êtes longs à la détente tous les deux ! Quand c'est pas un, c'est l'autre !
- Quoi ?
- Je te connais, tu fais semblant de ne rien comprendre pour te protéger. Mais à force de jouer au chat et à la souris, j'en connais un qui va se lasser. Après cette parenthèse, je voulais te prévenir que Zack et moi allons chez Chavez, j'ai l'intention de fouiller l'extérieur donc je n'ai pas besoin de clefs ce qui fait que je n'ai pas besoin d'autorisation. Je t'appelle si j'ai du nouveau.
- D'accord, merci Ange'.
- A plus tard !
Elle raccrocha puis s'efforça d'oublier, non sans difficultés, ce qu'Angela lui avait dit. Elle réchauffa son chocolat, le but et alla se préparer pour aller travailler.
Arrivée au Jeffersonian, elle aperçu Hodgins en train d'étudier la terre trouvée sur les corps des Julius.
- Bonjour Brennan. Je n'avance pas, je n'arrive pas à séparer les deux terres présentes sur les squelettes, je commence à perdre patience.
- Fais une pause, Hodgins. Tu seras moins efficace si tu es énervé.
- J'ai essayé de joindre Angela mais je ne capte pas ici.
- J'essaie avec mon téléphone, déclara Brennan en composant le numéro d'Angela. Elle est partie depuis longtemps ?
- Elle est partie avec Zack il y a environ une heure.
- Oui ? dit une voix à l'autre bout du téléphone.
- Salut Ange', c'est Hodgins et Brennan.
- Salut ! Je n'ai rien de nouveau, il n'y a qu'un joli gazon et des fleurs autour de chez ce type.
- Tu es allée voir dans le bosquet derrière ?
- Ce petit sous-bois est à lui ?
- Of course, Baby, Chavez est un homme richissime ! s'exclama Hodgins.
Ils entendirent Angela rire de l'autre côté du téléphone. Ils voulaient savoir ce qu'il se passait mais Angela riait tellement qu'elle ne pouvait pas répondre.
- Il ne s'est rien passé, dit Zack en reprenant le téléphone.
- Zack vient de glisser sur une substance brune malodorante, vous auriez du voir ça , expliqua Angela entre deux fous rires.
Brennan et Hodgins se sourirent.
- Allez Zack, c'est pas grave, ça arrive, c'est le pied gauche ? s'informa Brennan
- A vrai dire, j'en ai plutôt partout.
- Hodgins et Brennan disent que ce bosquet appartient à Chavez, dit Angela en reprenant son sérieux. Tu y as vu quelque chose.
- En fait, je n'ai pas eu le temps d'aller voir.
- Ok alors allons-y.
Hodgins et Brennan patientèrent le temps pour Angela et Zack d'arriver dans les petit bois.
- Pour l'instant, on ne voit rien. Booth a déjà fouillé cet endroit, non ?
- Oui mais pas avec des yeux de fouines, comme il dit, répondit Zack.
- Pas avec des yeux de scientifiques, corrigea Brennan.
Il y eut quelques minutes de silence interrompues par des bruits de pieds écrasant des branchages pendant que les deux scientifiques cherchaient des indices.
- Ils feraient peut-être mieux de fouiller chez Bardy, dit Hodgins.
Brennan secoua négativement la tête.
- Il n'est pas impliqué dans ces meurtres, je ne crois pas qu'ils …
- Oh mon Dieu ! s'exclama Zack de l'autre côté du téléphone. Jack, rappelle-moi ce que signifie de la poussière blanche sur un sol de terre.
- La présence d'ossements à moins d'un mètre de profondeur, récita Hodgins réalisant ce que signifiait cette question.
Ils entendirent Zack creuser dans le sol puis la voix d'Angela.
- Oh non … Qui ça peut bien être ?
Une demi-heure plus tard, Zack et Angela débarquèrent à l'institut Jefferson avec leur trophée dans les mains.
- Posez-le là, ordonna Brennan en se nettoyant les mains.
- Homme ou femme ? demanda Hodgins.
- Il appartient à un homme adulte mais pas plus de la soixantaine, l'informa Zack.
- Bon travail, dit Brennan en observant la trouvaille.
- Bonjour ! S'écria Booth en entrant dans le laboratoire. Du nouveau ? Hey ! A qui appartient ce crâne ? dit-il tout à coup en regardant la table de travail.
- Angela va procéder à une reconstitution faciale et nous trouverons peut-être à quel corps appartient ce crâne.
Après les quelques prélèvements de Hodgins et les observations de Brennan et Zack, l'équipe au complet se rendit dans la salle de reconstitution en trois dimensions et s'installa autour de l'Angelator. Angela entra toutes les données nécessaires dans l'ordinateur et créa un visage autour du crâne.
- Mets-lui plus de cheveux, des lèvres plus fine et une toute petit barbe, s'il te plaît, demanda Brennan. Parfait.
- Vous le connaissez, Bones ?
- Vous aussi, Booth. C'est le conducteur personnel de Chavez. Je ne me rappelle que de son prénom : Luke.
- Vreeman, compléta Booth. Luke Vreeman. Bien sûr.
- Chavez a tué son conducteur ? Mais pourquoi ? demanda Angela.
- J'appelle Bardy, annonça Booth. J'ai peut-être une idée.
Angela et Hodgins eurent un regard complice.
- Ça sent la conspiration ! s'exclamèrent-ils en chœur.
- Oh non, pas toi Angela ! dit Brennan en souriant.
