-1Chapitre 12

Quelques minutes plus tard, Booth revint, la victoire se lisant sur son visage.

- J'avais raison, déclara-t-il.

- Ça on ne peut pas vérifier, vous ne nous avez pas dit ce que vous pensiez, précisa Brennan, moqueuse.

- Bardy connaissait Vreeman, poursuivit Booth en feignant d'ignorer Brennan. Je lui ai demandé de venir ici pour identifier le visage en 3D.

Lorsque Vreeman arriva, la première chose qui sauta aux yeux de Brennan fut la tristesse apparente sur son visage. Bardy et Vreeman étaient en effet d'excellents amis. Ils se connaissaient depuis leur enfance et c'était grâce à Vreeman que Bardy était entré dans l'entreprise Comline.

- Le jour de mes dix-huit ans, Luke et moi sommes allés sur une falaise au bord de l'océan Pacifique pour y camper. Il avait plut la veille et le sol était boueux. J'avais quelques bières dans le ventre, Luke aussi mais c'est moi qui ai glissé. Je me suis rattrapé à une racine, j'avais les pieds dans le vide. Vous avez déjà eu la sensation que votre vie est en fait de l'eau qui essaie de passer à travers les mains d'une personne qui malgré cela, fait tout son possible pour la retenir ? Ce soir-là, Luke était cette personne, il m'a sauvé la vie. C'est à lui que ce putain de Chavez a donné l'ordre de tuer les Julius. Il l'a fait parce qu'il était menacé de mort puis il est arrivé chez moi, tremblant comme une feuille après ce qu'il avait été obligé de faire. Luke s'apprêtait à se dénoncer à la police ainsi que les agissements de Chavez. C'est pour ça qu'il s'est fait tué.

- Quel monstre, marmonna Angela.

Toute l'équipe était dans le bureau de Brennan écoutant attentivement les déclarations de Bardy.

- Chavez a une excuse. Petite, mais ç'en est une. Ce que je vais vous dire là est plutôt confidentiel et c'est pour ça que vous ne le savez pas. Seuls son plus ou moins confident Luke, moi et sa femme qui s'est suicidée il y a quatre ans le savent.

Bardy prit une longue inspiration.

- Chavez a épousé une africaine qu'il aimait sincèrement, je crois, et qui avait deux petites filles. Démétra et Alixa. Elles sont mortes noyées par un sale gang qui sévissait en Afrique à ce moment-là et Chavez en a souffert.

- C'est pour ça qu'il n'a pas tué Louisa et Verona, déclara Booth.

- Probablement, confirma Bardy.

- Ça ne change rien, elles sont malheureuses, dit Brennan.

Bardy quitta l'institut laissant l'équipe réfléchir à ces nouvelles révélations. Booth partit quelques temps après avec la ferme intention da faire avouer à Chavez le meurtre de Luke Vreeman. Brennan et Zack continuaient à travailler sur le crâne en espérant trouver la cause de la mort de Vreeman.

- Tu vois ces tâches rouges, Zack ?

- Oui, elles sont la preuve d'un coup reçu à la tête mais pas assez prononcé pour justifier la mort.

- Exactement, dit Brennan. Et regarde la forme des tâches.

- On dirait… On dirait que la victime a reçu un coup de quelque chose ayant une forme triangulaire.

- Mais pas un coup brutal. Pourquoi on ne l'a pas vu avant !

- Comme s'il s'était cogné quelque part, ajouta Zack en observant le crâne.

- Zack, trouve-moi toutes les voitures ayant des accessoires triangulaires à l'intérieur avec l'aide de Hodgins.

- Bien, Docteur Brennan mais puis-je faire une remarque ?

Brennan acquiesça.

- D'après les traces au niveau des dents, on sait que la victime était inconsciente au moins cinq heures avant de mourir.

- Oui.

- Et ce coup, elle l'a reçu environ une heure avant de mourir.

- Je ne pense pas que Vreeman conduisait, Zack. Je pense qu'il a été transporté dans une voiture.

Tout à coup, Zack comprit.

- Et vous pensez à la voiture de Chavez !

- Exactement. J'appelle Booth.

- Je me met au travail.

- Demande l'aide de Hodgins, vous irez plus vite.

Lorsque Brennan revint, Zack et Hodgins avait le nom de la voiture.

- Alors, qu'a dit Booth ? demanda Hodgins.

- Chavez possède une Mercedes Cyno 72TRT et une Ford Energy 11.

- Ça concorde ! La Ford Energy 11 a des reliefs triangulaires sur les côtés dans le coffre, annonça Zack.

Brennan sourit d'un air victorieux.

- Ah ! On est bon ! s'exclama Hodgins.

- Je rappelle Booth.

- Angela a raison, tu dis ça au moins dix fois par jour.

- Quoi ?

- « J'appelle Booth »

- Je n'ai pas dit ça, j'ai dit « je rappelle Booth ».

- C'est encore pire, dit-il en riant.

- Tu veux peut-être le faire ? dit Brennan d'un air faussement en colère.

Hodgins arrêta de rire.

- Non merci.

Mais lorsque Brennan disparut avec son téléphone, il se remit à rire.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Zack.

- Il y a que j'ai pour petite amie la meilleure amie de Brennan et que je sais des choses…

- Et quelles sont les choses que tu sais ?

- C'est top secret !

- Jack ! Je croyais qu'on était amis ! Jack !

Et Hodgins partit se changer pour rentrer chez lui, Zack sur ses talons.

Comme Booth ne répondait pas, Brennan prit des photos des taches triangulaires sur le crâne de la victime afin de permettre à Booth de les comparer au reliefs de la voiture de Chavez et elle se rendit directement au FBI. Quand elle arriva, la première personne qu'elle croisa fut Johanna. Ses cheveux noirs étaient en bataille et ses yeux gris en disaient long sur son plaisir d'être ici.

- Vous cherchez Booth ? demanda-t-elle à Brennan de sa voix criarde.

- Oui.

- Il est partit il y a un instant; il ne reviendra pas maintenant alors ne stagnez pas ici madame, ordonna-t-elle.

- Mademoiselle. Et où est-il partit ? la questionna Brennan.

- Loin.

- Bones ? Qu'est-ce que vous faites là ? retentit une vois dans le hall d'entrée.

Surprise, Brennan se retourna et aperçu Booth.

- Pourquoi m'avez-vous mentit ? demanda -t-elle à Johanna.

- Qu'est-ce que ça peut vous faire ?

- Je ne sais pas. Rien, sans doute, mais je me posais simplement la question.

- Laissez tomber, Bones, dit Booth en la tirant par le bras.

- Pendant qu'ils montaient les escaliers, Brennan fit part de la nouvelle découverte de son équipe à Booth qui ne perdit pas une miette des explications.

- Il faut donc que j'obtienne un mandat pour la voiture de Chavez ? La Ford Energy 11, c'est ça ?

- Oui.

- Tenez, dit-il en lui tendant un café.

- Pourquoi m'offrez-vous un café ?

- Pourquoi pas.

Brennan fronça les sourcils.

- Je vais essayer d'obtenir ce mandat. Attendez-moi dans mon bureau, ça va peut-être être long, la prévint Booth.

- Pourquoi ça va être long ? Ce n'est qu'une voiture.

- Il est en général plus difficile d'obtenir un mandat pour la voiture d'un riche que pour sa maison.

- Pourquoi ?

- Trois « pourquoi » en moins de trente secondes, vous êtes pire que Parker, dit Booth en riant et en sortant de son bureau. À tout de suite.

Brennan sourit. Elle commença son café et s'assit sur le même siège confortable que la dernière fois qu'elle était venue dans ce bureau. Elle trouva un documentaire sur les armes à feu et décida de passer le temps avec. Elle avait lu un bon nombre de pages lorsque Booth revint.

- Il était temps !

- Je vois que vous vous êtes bien occupée pendant mon absence, dit-il en voyant le livre ouvert sur son bureau. Il faut que je passe au bureau du premier étage pour photocopier le mandat et ensuite on va chez Chavez pour fouiller sa voiture. Bon sang, pourquoi on ne l'a pas fait plus tôt ?

- Vous avez dit « pourquoi », remarqua Brennan.

- Vous êtes injuste, dit Booth en souriant.

Ils descendirent au premier étage, puis passèrent devant une Johanne mécontente et arrivèrent dans la voiture de Booth. Pendant le trajet, ils discutèrent de l'affaire et pronostiquèrent sur la durée de la peine de prison de Chavez. Brennan fut surprise d'apprendre à quel point elle pouvait être raccourcie grâce à de l'argent.

En arrivant devant chez Chavez, ils ne virent d'abord pas la voiture dans le garage. En ressortant, il se rendirent compte qu'un second garage était aménagé dans la cabane à côté de la maison.

- Faites attention à la marche, prévint Booth.

Il chercha l'interrupteur mais comme il ne le trouvait pas, il alluma sa lampe de poche. Le faisceau lumineux éclaira d'abord la portière conducteur.

- Les reliefs triangulaires sont dans le coffre, indiqua Brennan.

La largeur entre le mur et la voiture était tellement petite que Brennan dû longer la voiture, suivie de près par Booth. Malgré la lampe de Booth, le garage était très sombre et Brennan trébucha dans un fil qui passait en dessous de la voiture.

- Aïe !

- Booth lâcha sa lampe de poche et lui rattrapa le bras, l'empêchant ainsi de s'étaler de tout son long sur un sol inconnu.

- Tout va bien ? s'inquiéta-t-il.

- Oui, merci. Mais on n'a plus de lampe, dit-elle en sortant son portable. C'est mieux que rien, non ?

- Je vais sortir le mien aussi. Voilà.

Arrivés devant le coffre, Booth l'ouvrit et tout deux éclairèrent à l'intérieur. La lumière du portable de Brennan éclaira les triangles qu'ils cherchaient. A l'aide d'une petite règle, elle mesura les côtés.

- C'est exactement ça, annonça-t-elle.

- Est-ce que ça suffit pour prouver que le corps a été transporté là-dedans ?

- Avec le matériel nécessaire, on prélèvera sûrement des cheveux appartenant à Luke Vreeman et on aura les empreintes de Chavez sur le volant. Mais on aura besoin de plus de lumière, ajouta-t-elle.

- Je ferais le nécessaire pour que ce fil disparaisse aussi, se moqua Booth en montrant du doigt l'endroit où se trouvait le fil.

- Très drôle, dit Brennan en souriant.

- Sortons d'ici maintenant.

Le soleil leur fit mal aux yeux lorsqu'ils retournèrent dehors mais l'odeur y était plus agréable qu'à l'intérieur du garage.

- Je vous ramène au Jeffersonian ?

- Je peux prendre un taxi si vous avez quelque chose à faire.

- Non, je vous ramène. Votre voiture n'est toujours pas réparée ?

- Le garagiste ne trouve pas ce qu'elle a.

- Parfois je me demande ce qui est plus compliqué. Les femmes ou les voitures ?

- Vous les mettez au même niveau ? s'inquiéta Brennan.

- Vous ne pensez pas sérieusement ça de moi ?

- Non. Je pense que ce sont les relations humaines qui sont compliquées, ajouta-t-elle pour répondre à la question de Booth.

- Vous dites ça pour éviter de dire que les femmes sont compliquées ?

- Les femmes ne sont pas compliquées. Ce sont les hommes qui ne les comprennent pas alors ils prétendent que les femmes sont compliquées. Les hommes sont aussi compliqués que les femmes, seulement les femmes comprennent les hommes donc elles ne disent pas d'eux qu'ils sont compliqués.

- Vous voulez dire que les femmes sont plus intelligentes ?

- Non.

- C'est pourtant ça que j'ai compris. Vous voyez que vous êtes compliquées.

- Les femmes, non. Moi, peut-être.

- Les femmes, peut-être. Vous, oui, corrigea Booth en souriant.

Brennan sourit à son tour sans répondre.