-1Chapitre 15
Ils mangèrent tous les deux leurs pâtes, remirent un peu d'ordre dans le laboratoire et Hodgins proposa à Brennan de la ramener chez elle. Une fois installés dans la vieille voiture de Hodgins, Brennan se rendit compte qu'elle avait avec elle le dossier confidentiel de David Minton.
- Tu dois le ramener au FBI ?
- Je ne sais plus, Angela m'a dit que je ne devais pas l'amener chez moi, que je ne devais pas l'amener seule au FBI car seul Booth ou un autre agent du FBI peuvent le faire. Mais Booth ne veut pas que je le confie à qui que ce soit.
Hodgins se mit tout à coup à rire.
- Quoi ?
- Il est très doué Booth. Comme par hasard, tu n'as qu'un seule et unique solution.
- Laquelle ?
- Amener ce dossier chez Booth.
- Et pourquoi « comme par hasard » ?
- Si tu veux mon avis, ce dossier n'est pas si confidentiel que ça !
Brennan soupira, comprenant tout à coup où Hodgins voulait en venir.
- Qu'est-ce que je fais ?
- Si je me met dans la peau d'Angela, je pense que tu dois ramener ce dossier chez Booth. Il faut me dire ce que tu choisis parce que je vais devoir choisir entre la gauche et la droite, maintenant.
Brennan soupira encore.
- Prends à gauche.
Arrivés devant chez Booth, Brennan saisit le dossier Minton et sortit de la voiture.
- Attends-moi là, j'en ai pour une minute.
- Je n'y crois pas une seule seconde, répondit Hodgins alors que Brennan était entrée dans l'immeuble.
Elle monta les escaliers, arriva devant la porte de chez Booth et hésita. Elle pouvait déposer le dossier, sonner et repartir. Le risque était qu'il ne vienne pas récupérer les documents et que ce dossier reste toute la nuit sur le palier. Elle sonna donc à la porte qui s'ouvrit quelques secondes après.
- Bones !
- Bonsoir, je vous rapporte le dossier Minton. Il ne nous a malheureusement pas été d'une grande aide. Merci quand même.
- Oui, j'ai appelé à l'institut en fin d'après-midi pour avoir des nouvelles et Angela m'a dit que les recherches n'avaient rien donné.
- On manque encore d'information.
- Eh bien, je suis peut-être sur le point de découvrir que Minton est encore vivant., annonça Booth le plus mystérieusement du monde.
- Que … Comment ?
- Ah, ah ! C'est un secret…
- Booth !
- Ne restez pas sur le palier, on va réveiller mes voisins. Et je ne les aime pas beaucoup, ajouta Booth en chuchotant près de son oreille.
- Je ne peux pas entrer, Hodgins m'attend, c'est lui qui me ramène. Expliquez-moi rapidement.
- Comme vous voulez, dit Booth déçu. J'ai un ami qui est persuadé d'avoir entendu parler d'un mariage discret entre un Minton et une jeune française. Je vais donc passer la nuit à appeler toutes les mairies de la région du Texas pour en avoir le cœur net. Et je crois que je suis sur une bonne piste. Si Minton est vivant, …
- … notre victime est Nalock. Vous m'appellerez si vous l'avez trouvé ? Même si c'est tard dans la nuit ?
- Non, je ne voudrais pas vous réveiller.
- Booth !
- Vous n'avez qu'à rester, dit malignement Booth. Je vous ramènerai.
Brennan soupira.
- Je ne peux pas.
- Pourquoi ça ?
- À demain, dit simplement Brennan.
Hodgins vit Brennan sortir de l'immeuble et se diriger vers sa voiture en courant avec un air de triomphe. Elle entra dans la voiture, répéta presque tout ce que Booth lui avait dit en quelques secondes, prit le dossier Nalock et son sac et ressortit de la voiture.
- Je vais l'aider pour aller plus vite. Rentre chez toi et merci de m'avoir déposée. Et promets-moi de ne pas dire un mot de tout ça à Angela. S'il te plaît.
- Ok doc.
Elle repartit aussi vite qu'elle était revenue et Hodgins sourit seul dans sa voiture.
- Pardonne-moi Angela mais j'ai promis…, dit-il à voix haute.
Arrivée sur le palier, essoufflée, Brennan sonna de nouveau et Booth ouvrit la porte encore plus rapidement que la première fois.
- Entrez, je vous attendais, dit-il.
- Comment pouviez-vous être sûr que je reviendrais ?
- Vous êtes bien trop curieuse pour résister, je le sais. Vous voulez une bière ou un café ? demanda-t-il en l'invitant à s'asseoir sur un fauteuil à roulette.
- Je veux bien une bière si vous me donnez aussi la moitié des numéros de téléphone des mairies texanes. À deux, on sera plus rapides.
Booth sortit deux bières de son frigidaire, les posa sur la table et donna les numéros à Brennan.
- Voilà pour vous. C'est partit, dit-il en saisissant son téléphone.
Brennan prit le sien et ils passèrent l'heure suivante à donner des coups de téléphone dans les quatre coins du Taxas, en s'arrêtant de temps à autre pour boire une gorgée de bière. À minuit passé, il n'avait toujours pas trouvé Minton.
- Bon sang, mais où se cache-t-il ? se demanda Booth.
- On va le retrouver, il faut continuer les recherches, déclara Brennan.
- Vous avez l'air bien confiante !
- J'ai confiance en votre idée. Vous remarquerez que ces heures supplémentaires, vous les faites de vous-même, je n'y suis pour rien.
- Vous m'avez quand même bien appris comment faire !
Brennan sourit.
- Vous n'auriez pas … quelque chose à grignoter, ça creuse le téléphone.
Booth se dirigea vers un meuble brun clair duquel il sortit une boîte familière aux yeux de Brennan.
- Ça, par exemple ?
- Je n'en demandais pas tant mais je ne peux pas refuser des calissons, merci, dit Brennan en saisissant la boîte.
- Si on trouve Minton, j'ouvre la deuxième boîte et je fais la fête !
- Aha… il y a une deuxième boîte ? demanda Brennan, intéressée.
- Mm, confirma Booth.
- Si on trouve Minton, je mange la deuxième boîte et je vais dormir. Allez, on reprend sinon on sera encore là à midi.
Tous les deux reprirent avidement leurs recherches tout en dégustant les calissons. Ils burent deux cafés, plaisantèrent à propos de tout et de rien et purent ainsi rester éveillés. Vers deux heures trente du matin, Brennan trouva un homme au nom de Minton.
- Quel âge vous dites ? … Oh. Non, ce n'est pas le bon, je vous remercie quand même et désolée pour le dérangement. Faux espoir, dit-elle en raccrochant, ce David Minton a trois mois.
- En effet, ça ne correspond pas, répondit Booth qui était au téléphone. Oui, bonjour madame, je suis désolé de vous déranger aussi tard mais c'est une urgence. Je suis du FBI et je recherche un certain David Minton. … Oui, c'est son fils. … C'est vrai ? Vous pouvez me donner son adresse ?
Booth dicta l'adresse à Brennan ainsi que le numéro de téléphone puis il raccrocha.
- Je vous remercie infiniment, vous nous avez été d'une grande aide, madame. Au revoir.
Il raccrocha et releva la tête, les yeux rieurs.
- You hou ! s'écria-t-il. On l'a !
- Attendez, dit Brennan. Nous ne sommes pas encore certains que c'est le bon.
- Si, il est marié avec une française. N'essayez pas de m'enlever ma joie, vous n'y parviendrai pas, dit-il en riant.
Brennan rit à son tour.
- Moi qui avait la phobie des heures supplémentaires étant plus jeune, je suis guéri, déclara Booth.
- On ne peut pas avoir peur du temps, Booth, dit Brennan.
- Vous savez, j'étais persuadé qu'on ne pouvait pas avoir peur de ses propres sentiments et j'ai la preuve vivante du contraire devant moi.
Brennan s'arrêta de sourire. Et voilà qu'elle se trouvait de nouveau sur un pente savonneuse.
- Je n'ai pas… peur de mes sentiments, se défendit-elle tant bien que mal. C'est juste que… je n'arrive pas à les gérer. C'est…
Elle ne termina pas sa phrase, déconcentrée par les yeux de Booth qui la fixaient sans ciller.
- Je me suis trompé, déclara-t-il. En fait vous n'avez pas peur, vous êtes terrifiée.
- Non, je… C'est juste que j'ai peut-être besoin de plus de… de plus de temps ou de… Je ne sais pas, c'est…
Pendant qu'elle parlait, Booth s'était levé, avait contourné la table et il se tenait maintenant debout à côté d'elle.
- Ça suffit maintenant, dit-il en tournant le fauteuil de Brennan pour être face à elle.
Il posa ses mains sur les accoudoirs et se pencha pour l'embrasser. Brennan sentait la panique l'envahir et elle réfléchit à toute allure. La situation était simple, Booth allait l'embrasser et elle avait deux choix : soit elle se laissait faire, soit elle le repoussait. Ses yeux croisèrent ceux de Booth et le choix à faire lui paru alors évident. Lorsque leurs lèvres se touchèrent enfin, elle se laissa porter par le baiser de Booth sans aucune résistance. Elle sentait ses mains caresser son visage et sa nuque et elle n'avait pas envie que ça s'arrête. Le dicton « toutes les bonnes choses ont une fin » lui paru tout à coup bien ridicule. Elle s'accrocha à Booth pour se mettre debout et sentit qu'il la serrait contre lui comme si sa phobie à lui était qu'elle ne se faufile une nouvelle fois. Mais heureusement pour Booth, elle n'en eut pas l'envie cette nuit-là.
Lorsque Booth se réveilla le lendemain matin, il sentit un corps à quelques centimètres de lui et du presque soulever les cheveux de Brennan pour s'assurer que c'était bien elle. Il se demandait encore comment il avait réussi à la convaincre de se laisser emporter par ses désirs mais la réponse lui importait peu. Le fait était que Brennan était auprès de lui. Il se demanda quand même quelle serait sa réaction quand elle se rendrait compte qu'elle n'avait pas su résister cette fois-ci. Dans tout les cas, elle préfèrerait sûrement être seule, Booth choisit donc de partir discrètement à son travail sans la réveiller. Il sortit en silence de la chambre, déjeuna rapidement et une fois prêt, il se rendit au FBI en prenant la précaution de laisser un mot à Brennan : « Tempérance, je vous ai préparé de quoi prendre une douche à la salle de bain et de quoi manger - bien que comme d'habitude, je doute que vous mangiez quoi que ce soit. Je vous laisse annoncer l'identité du squelette 713 à vos collègues, je m'occupe de ça au FBI. Bon appétit quand même. Booth. »
Quand Brennan ouvrit les yeux, elle se retrouva face à un oreiller qu'elle ne connaissait pas. Elle se mit assise et regarda autour d'elle : des classeurs étaient empilés dans un coin de la chambre, des photos et des dessins de Parker recouvraient les murs et une lampe dans les tons orangers pendait du plafond. Elle regarda la pièce de gauche à droite et ses yeux se posèrent sur une pile de vêtements pliés posée au bout du lit. Ses vêtements. Elle commença à réfléchir aux conséquences qu'auraient cette nuit-là puis voyant qu'elle n'arrivait pas à répondre à ses propres questions, elle se ravisa. Lorsqu'elle arriva dans la cuisine, elle parcouru des yeux le message que Booth lui avait laissé. Il n'avait fait aucune allusion à la nuit qu'ils avaient passés ensemble - ce qui ne la surprit pas vraiment - et contrairement à ce qu'il pensait, elle mourrait de faim. Elle sourit lorsqu'elle se rendit compte que ce qu'il lui avait laissé pour son petit déjeuner n'était rien d'autre qu'un croissant. Elle fila sous la douche, s'habilla, prit un taxi, alla se changer chez elle et se rendit au Jeffersonian, tout ça en moins de trois quarts d'heure.
Lorsqu'elle arriva à l'entrée du laboratoire son croissant à la main, Booth était déjà là, en train de parler avec Hodgins et Angela.
- On va vous trouver ça, Booth, dit Angela qui n'avait pas vu Brennan arriver, attendez-nous ici. Viens m'aider à chercher, Jack.
Ils partirent tous les deux et laissèrent Booth seul dans la pièce, une opportunité que Brennan saisit pour entrer.
- Bonjour, dit-elle en arrivant dans son dos.
- Bonjour. Je ne vous ai pas entendue arriver.
Brennan contourna la table centrale et observa les papiers qui y étaient posés
- Mais c'est mon croissant que vous avez dans la main ! s'exclama tout à coup Booth.
- Oui. Et je le mange. Vous voyez comme vous pouvez être mauvaise langue parfois ! plaisanta-t-elle alors qu'Angela revenait les mains chargée de papier.
Booth lui rendit son sourire et s'adressa à Angela.
- Vous trouvez que je suis mauvaise langue ?
- Tout dépend des circonstances, répondit Angela d'un air curieux. C'est quoi l'histoire ?
- Aucune importance, dit Brennan. Il y a un problème avec le dossier Nalock ?
- Non mais comme Booth s'ennuyait au FBI - car il lui faut ton compte-rendu à propos du 713 pour boucler le dossier - il est venu nous annoncer que Minton était vivant et donc que les ossements appartenaient à Nalock. Il voulait relire le dossier, c'est tout. Je retourne avec Jack et Zack ; ils m'attendent ! déclara Angela en sortant du laboratoire.
- Comment aurais-je pu savoir que vous auriez faim spécialement ce matin ? demanda Booth une fois qu'Angela fut loin.
- La nuit a été courte, ça m'a donné faim, répondit Brennan le plus sérieusement du monde.
Booth la regarda ne sachant trop ce qu'elle pensait puis la voyant esquisser un sourire, il la dévisagea d'un air accusateur. Il contourna la table et se posta devant elle. Il lui souleva le menton et voulu l'embrasser de la même manière qu'il l'avait fait quelques jours auparavant.
- Non Booth.
- Il n'y a personne, remarqua Booth.
- Là n'est pas la question. On travaille ensemble et… cette histoire risque de poser un problème dans notre relation professionnelle.
- Quoi ?
- J'ai utilisé des mots simples. Vous avez compris.
- Alors, c'est tout ? On a passé une nuit ensemble, point final.
- Oui.
- Vous ne pensez pas ce que vous dites.
- Si.
- Non.
- Non, vous avez raison, je ne sais pas quoi penser. Ce dont je suis sûre c'est qu'il faut s'arrêter là.
L'atmosphère était plutôt tendue mais ils ne purent finir leur conversation, interrompus par Goodman.
- Où en sont les recherches pour l'inconnu 713 ?
- Notre inconnu n'est plus un inconnu, plaisanta Booth. Les os appartiennent à James Nalock, voici son dossier.
- Bien, bon travail. Alors venez au plus vite chercher les objets dont je vous ai parlé hier, docteur Brennan.
- J'allais appeler Zack pour qu'il vienne m'aider mais puisque vous êtes là, vous pourrez m'aider, dit-elle à Goodman..
- Vous pouvez aussi demander à l'agent Booth, remarqua Goodman.
- Bien sûr.
