Bonsoir,
Je vous présente aujourd'hui mon dernier chapitre, mon dénouement. J'espère que vous avez aimé cette histoire. Je vous remercie chaleureusement.
Disclaimer : Tout est à JKR
Bonne lecture !
« Non ! Non, non, non, non, non… »
Elle s'était précipitée vers l'éboulement, dégageant avec ses mains tremblantes les débris qui jonchaient ce foutu sol qui devenait de plus en plus flou. Elle cherchait une main, sa main, son visage ; quelque part par-là.
Elle refoula les larmes qui lui piquaient le dessous des paupières et continua de débarrasser les décombres.
« Malfoy ? Malfoy ! Malfoy… »
Elle aperçut une mèche de cheveux blonds coincée sous une pierre et elle crut que les morceaux étaient tous plus lourds. Elle sentit Harry s'accroupir à sa droite et l'aider. Ron, derrière, restait horriblement silencieux.
« -Oh mon Dieu…
-Hermione.
-Malfoy ? Oh, Seigneur, Malfoy ?
-Hermione, calme-toi. »
Harry attrapa le corps du blond et le tira vers eux, loin de l'écroulement. Hermione se pencha sur sa bouche, cherchant un souffle, sur son torse, cherchant un battement de cœur. Alors que son visage se crispait par l'horreur, elle chercha une pulsation sur son cou.
« C'est pas possible… Non… »
Harry déposa une main sur son bras et essaya de l'entraîner avec lui.
« -Non. Non. Non…
-Hermione, viens.
-Non. Harry fais quelque chose… Non. Non.
-Hermione, on peut plus rien faire.
-Bien sûr que si. C'est pas possible. Non…
-Hermione… Il est mort.
-Tais-toi ! Non ! Il ne peut pas être mort ! Non !
-Herm…
-Tais-toi ! Ramène-le ! »
Elle s'agrippa aux vêtements déchirés, à ses bras résolument immobiles, à son visage fermé. Harry l'attira contre lui, l'arracha à la contemplation du cadavre brisé. Personne ne vit les hurlements de douleur qui comprimèrent alors ses poumons et tous ses sens. Personne ne vit ses larmes acides qui menaçaient de faire fondre ses yeux, ses joues, ses lèvres.
Personne ne vit rien.
Le chagrin avait terminé son pernicieux voyage au creux de ses organes.
Il était mort.
Il ne pouvait pas être mort. Il lui avait promis d'être toujours là pour elle. Il ne pouvait pas être mort comme ça. Elle ne pouvait pas vivre sans lui.
Il ne pouvait pas l'avoir laissée au beau milieu de cette Guerre alors qu'il avait promis qu'il ne serait jamais loin pour la protéger.
Elle n'avait pas pleuré depuis qu'ils avaient abandonné son corps dans ce couloir fracassé. Rien n'était sorti. Plus un mot, plus un souffle, plus rien. Elle n'avait plus envie de rien.
Harry et Ron dans leur incroyable candeur avait tout bonnement cru qu'elle n'avait pas supporté la vue de la Mort. Elle avait envie de les frapper, de leur hurler qu'elle ne supportait pas la vie sans lui. Mais elle était vidée de toutes ses forces.
« Hermione ? C'est Ginny, je peux entrer ? »
La rouquine n'attendit pas la réponse et fit son apparition dans la chambre sombre. Elle s'approcha d'elle tout doucement et s'agenouilla devant elle. Elle lui prit les mains.
« Hermione, je m'inquiète pour toi. Dis-moi ce qu'il se passe. »
Le regard hagard n'avait pas quitté le mur.
« Hermione, je t'en supplie, on dirait un cadavre. Reprend-toi. Je suis tellement inquiète, qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Dis-moi tout. Je ne dirais rien à personne, si tu veux. Mais fais-moi faire quelque chose, je deviens folle. Tu n'as rien avalé depuis des jours, tu n'as rien dit, tu es restée dans cette chambre. Tu vas devenir une ombre. Hermione, je t'en prie… »
Personne ne sut ce qui l'avait fait sortir de cette chambre. Mais elle était sortie. Et elle avait pris les choses avec une rage incommensurable, une force gargantuesque. Mais tout au fond d'elle, ce n'était qu'un désordre. Elle avait tout perdu. Mais elle ne voulait pas que les autres se sentent comme elle se sentait. Elle ne voulait pas que ses amis perdent tout.
Ron la regardait avec ce regard un peu fou qu'on ne réserve qu'aux Muses des grands artistes. Et elle, elle avait du mal à respirer quand elle commençait à croire en quelque chose un peu trop fort.
Et Luna avait été faite prisonnière pendant une attaque coup de poing mené par les Lestrange.
Et elle avait senti son cœur se comprimer un peu plus.
Et un jour, pendant un affrontement, elle avait vu Lucius Malfoy sur le Champ-de-Bataille.
« -Il n'avait pas l'air terrassé par le chagrin.
-Il revient en force surtout.
-Ce serait possible que Malfoy soit vivant ?
-Impossible, on a vérifié, il était mort.
-Et s'il était tellement faible que vous n'aviez pas remarqué qu'il était vivant ? Il paraît que les Malfoy se sont échappés hors d'Angleterre, s'ils sont de retour parce qu'ils se sont fait rattrapés par Voldemort, ça m'étonnerait que Lucius soit à une place aussi prestigieuse.
-Alors pourquoi ils se sont enfuit ?
-Pour que Malfoy recouvre ses forces ?
-Ce serait tiré par les cheveux.
-Hermione, qu'est-ce que tu en penses ?
-… V-vivant..? »
Dès lors plus rien d'autre n'avait compté. Personne ne s'en était rendu compte mais elle avait vécu pour le revoir. Parce qu'elle voulait y croire, qu'il n'était pas mort.
Qu'il était vivant.
« Oui, j'avais promis que je te dévorerais pour te garder avec moi. »
Il s'agenouilla face à elle. Elle sentit son cœur éclater en des milliers de morceaux autour d'elle. Il approcha sa main de son visage tremblant pour replacer une mèche sale derrière son oreille. Elle frissonna quand ses doigts effleurèrent la courbe de son menton.
« Qu'est-ce que tu fais là, Princesse ?
-L-luna…
-Il y a bien longtemps qu'elle n'est plus là mais qu'elle a été envoyée au Quartier Nord. Tu t'es jetée dans la gueule du loup pour rien.
-Non. Pour toi. »
Un air visiblement surpris s'imprima sur son visage.
« -On disait que tu étais vivant. Je voulais te voir. Avant de mourir.
-Mourir ?
-Je n'étais rien sans toi. J'ai survécu mais j'ai été incapable de vivre sans toi. »
Sa pomme d'Adam remonta dans sa gorge. Et il la regarda, si triste, si belle, si elle, si fragile. De son bras valide, il l'attira contre son torse. C'était le signal qu'elle attendait pour commencer à ouvrir les vannes.
Elle pleura.
Elle pleura longtemps serrée contre lui. Parce qu'il était là.
.
Il attrapa son menton entre ses doigts et la força à la regarder.
« J'ai cru devenir fou quand j'ai appris que tu étais là. Et j'ai tout fait pour venir, pour te voir. Je n'ai pas pu vivre sans toi non plus. »
Ses yeux dans les siens se firent plus doux, se firent plus simples et sans prévenir, il déposa ses lèvres contre les siennes.
Elle répondit au baiser, avec cette force, cette rage, parce que ce simple contact lui avait tellement manqué. Parce qu'elle l'avait rêvé des milliers de nuits. Parce qu'elle était sienne.
.
Il avait passé la nuit là. Sur le sol infesté de poussière et de vermines. Le dos engourdi, appuyé contre le mur suintant. Il avait su qu'il devait rester dès qu'elle avait fermé les yeux, il avait senti sa respiration devenir régulière, il avait senti ses muscles se détendre et tout son corps se laisser aller contre lui. Il avait doucement déposé sa tête sur ses cuisses et il l'avait regardée.
Il n'avait rien oublié.
Chaque jour de son agonie, elle était au fin fond de ses pensées. Il avait peint en rêve son visage, il avait cherché ses courbes du bout des doigts. Mais jamais il n'aurait imaginé qu'ils l'abîmeraient.
Elle était maigre et certainement malade. Ses joues étaient creuses, sa peau était blanche, ses cheveux étaient ternes. Elle n'avait plus cet éclat qui avait fait qu'il était tout doucement tombé amoureux d'elle.
Non.
Alors il a su. Il s'est levé et il a su.
Mais il n'avait pas vu qu'elle était réveillée depuis quelques minutes. Et qu'elle avait tout vu.
Il avait suivi du regard les égratignures sur sa peau. Effleuré de la paume les bleus qui maculaient son corps. Mais il n'avait pas réussi à planter ses pupilles dans les siennes. Comme si ces deux orbes chocolat étaient des entités effrayantes. Comme si elle pouvait le mettre à terre avec ses simples iris. Il avait passé ses longs doigts sur les poignets meurtris, sur les chevilles décharnées. Il avait caressé les mèches longues, crasseuses, emmêlées. Et il avait déposé ses lèvres sur ses tempes moites et fiévreuses.
Et il était parti.
Il l'avait laissé là. Là où elle allait crever toute seule dans la boue et dans le sang. Au milieu de sa poussière.
Il était parti sans la regarder une dernière fois. Alors qu'elle, derrière ses paupières fermées jusqu'à se les fissurer, elle ne voulait pas le laisser s'éloigner. Elle ressentait encore les traces, les brûlures de sa peau contre la sienne.
« Draco… »
Abandonnée.
Elle avait tenté de se laisser mourir en arrêtant de respirer. Mais à chaque fois, son esprit reprenait le dessus et elle inspirait une grande bouffée d'air.
Draco n'était pas venu pendant trois jours.
Le quatrième jour, elle était si faible qu'elle ne se rendit compte de rien. Il la serra contre lui. L'embrassa. Lui murmura qu'il l'aimait. Qu'elle devait vivre. Qu'elle allait vivre. Qu'elle était sienne. Qu'il l'aimait. Encore et encore.
Et il transplana.
Il transplana dans une ruelle froide et la déposa sur le sol. Il l'embrassa encore.
« Potter va finir par tenir sa promesse, il va venir te chercher ici et il va t'emmener loin pour que tu te retapes un peu. Parce que tu es faite pour la vie, Hermione. Moi, je ne sais pas ce que je vais devenir. Mais un jour je reviendrais. Je reviendrais un jour dans ta vie. Ou peut-être un jour dans ta mort. Mais on sera réunis. Un jour. »
Voilà.
Merci encore d'avoir suivi cette petite histoire sans intérêt et qui finit sur beaucoup de guimauve.
Laissez-moi vos avis s'il vous plait.
Je vous embrasse.
Ermessende.
