Hey, c'est This weird Guy Not nice. Merci pour les reviews et follows. Le poney –cubique- est mis en jeu jusqu'à la fin de la fic. En attendant, bonne lecture !

Chapitre deux

Sherlock trouvait que son comportement était assez semblable à celui des heterocera, c'est-à-dire à celui des papillons de nuit qui sont attirés vers les lumières et qui finissent souvent électrocutés par les lampadaires. Dans cette perspective, aller vers ladite lumière n'était pas particulièrement motivant, mais il n'avait pas d'autre plan.

Il descendait bloc par bloc sur les fesses de peur de glisser dans le noir, les yeux fixés en contrebas, ses neurones tournants à toute allure.

Une partie de son cerveau était concentré sur sa situation actuelle. Il trouvait toujours aussi ridicule le fait que la terre soit carrée, et que les lois de physiques qu'il connaissait soient tout simplement ignorées. Mais ce qui le dérangeait le plus, à part les monstres qui voulaient sa mort et la disparition de toute trace de vie humaine, était l'absence d'explication logique à tous ces évènements. S'il avait eu du temps pour méditer, il se serait dit que peu importait la situation, qu'il fallait simplement s'adapter, mais il n'avait pas le temps de méditer, ou même de réfléchir longuement au calme.

Une autre partie de ses neurones tentaient de dégager ses souvenirs. Il avait l'impression d'être resté sous l'eau pendant des années et d'avoir émergé amnésique. Ce n'était pourtant pas toute sa mémoire qui défaillait, seulement les souvenirs récents. Il se rappelait de sa rencontre avec John, de leurs premières enquêtes, de leurs diners, de leurs aventures, mais après l'affaire du chien de Baskerville, c'était le trou noir.

Un mot lui vint à l'esprit pourtant. Un seul, et si puissant.

Reichenbach.

Le choc lui fit perdre l'équilibre. Alors qu'un déferlement d'images traversait son esprit, il trébucha et tomba la tête la première dans le vide. Il heurta brutalement le sol et atterri en bas de la montagne. Blessé, couvert d'égratignures, il se releva en gémissant. C'est là qu'il les vit.

Des squelettes marchaient vers lui. Des squelettes –des vrais squelettes, comme Sherlock en avait vu des dizaines dans ses enquêtes- marchaient vers lui. Des squelettes armés d'arc et de flèches. Eclairés à demi par la lune, ils avaient des orbites sombres sans expression, et leurs bruits d'os s'entrechoquant effrayèrent Sherlock.

L'un deux tira. La flèche qui se planta dans l'épaule du détective eu le double effet de le faire crier de douleur et de le sortir de sa torpeur.

Sherlock se mit à courir à demi penché vers le lac à une cinquantaine de mètres devant lui. Les flèches sifflaient au-dessus de sa tête. Encore une fois, la panique le submergea à un point inimaginable. La souffrance qu'il éprouvait défiait toute tentative de croire à un rêve.

Il sauta dans le lac. Il ne savait pas si les monstres savaient nager mais il en doutait. Il plongea le plus loin possible sous l'eau, et le sang qui coulait de son épaule remontait à la surface.

Il atteint la rive d'en face en moins de dix minutes, car le bras de lac qu'il avait traversé n'était finalement rien de plus qu'une grande rivière. Il sortit de l'eau froide en grelottant, en titubant, et ne se retourna que pour vérifier que les monstres ne l'avaient pas suivi. C'était le cas.

Sherlock se serait bien écroulé de fatigue et de douleur, mais ses chances de survie s'en seraient amoindries. Il avança lentement dans la forêt et continua à marcher vers la lumière qui semblait beaucoup plus accessible maintenant. De temps en temps, il entendait des grognements menaçants à quelques mètres de lui, mais il n'avait plus la force de courir.

Il parvint enfin à une petite clairière. Il y avait une cabane. Enfin, une sorte de cube en bois grandeur nature qui avait la taille d'une cabane. Et Sherlock faillit basculer dans la folie quand il s'aperçut que la lumière venait de torches collées en apesanteur sur des murs verticaux.

« Que dieu me vienne en aide » pensa-t-il, ce qui était assez inquiétant dans la mesure où il n'avait jamais prié qui que ce soit pour quoi que ce soit.

Il se dirigea vers l'unique porte de la cabane et entra sans toquer.

Il n'y avait qu'une pièce. Dans un des quatre coins, il y avait un homme blond assis. Un blond que Sherlock connaissait.

Les yeux de John s'agrandirent de stupéfaction et il se précipita sur le détective. Il le prit dans ses bras et le serra à l'étouffer. Sherlock ressentit un immense soulagement –l'étreinte était réelle, bien réelle, pensa-t-il- cependant ce sentiment était teinté d'angoisse.

Il y avait un autre homme. Assis en tailleur contre un des murs. Au costume déchiré et au regard brillant.

-Fermez la porte, croassa Moriarty. Je ne veux pas de zombies chez moi. A moi que vous préféreriez leur servir de repas ?

-Jim, dit Sherlock.

Ce n'était pas plus surprenant que les squelettes, mais c'était dix mille fois plus dangereux.

John lâcha enfin le détective et ferma la porte.

-Dieu merci tu es là, s'exclama-t-il. Je n'arrive pas à y croir…mais attends, tu es blessé ? Que t'est-il arrivé ?

-Peu importe, répondit Sherlock. John.

Toutes les questions qu'il se posait, toute la confusion et la terreur qu'il ressentait s'évaporaient à sa vue. Sherlock avait oublié pas mal de choses, mais il n'avait jamais oublié à quel point il était amoureux.

-Il faut te soigner, insista le médecin en le faisant assoir. Je ne veux pas…sa voix tremblait d'émotion, la joie et la peur mélangées. Je ne peux pas me permettre de te perdre maintenant.

-Ne vous inquiétez pas, il survivra si vous lui donnez à manger, intervint Moriarty avec dédain. Sa vie remontera normalement. Je déteste ce genre de scènes, ajouta-t-il pour lui.

-Qu'est-ce que vous racontez, Moriarty ? Demanda Sherlock en grimaçant de douleur –John lui enlevait la flèche de l'épaule.

-Nous sommes dans un jeu vidéo. Plutôt idiot, n'est-ce pas ? Répondit Jim avec un sourire sans joie.

Et Sherlock compris qu'ils étaient tous devenus cinglés.

-Ne me regarde pas comme ça. C'est la faute de ton frère. Il a voulu s'amuser avec le monde virtuel –qui, comme tu le sais Sherlock, existe bel et bien. Il fallait simplement trouver le bon portail. J'en ai marre de tout réexpliquer. Jim se releva et sorti des torches de sa poche qui étaient bien plus grandes que la poche elle-même. Ne sois pas effrayé, tu finiras par t'habituer.

Jim traversa la pièce et sortit dehors. Sherlock le regarda partir sans rien faire.

-Je suis dans un rêve. Non, je suis…je suis…

Le détective transpirait, son cœur battait la chamade, incapable de se calmer, il était à deux doigts de la crise d'angoisse. John prit son visage entre ses mains.

-Tout va bien, je suis là. Prends de grandes respirations. John attendit que Sherlock se calme avant de se remettre à sourire. Je suis tellement content de te revoir ! Je savais que tu partirais à ma recherche.

Dans sa lutte contre la perte de contrôle, Sherlock fronça les sourcils.

-Comment ça ?

-Vu que tu n'avais pas donné de signe de vie depuis plusieurs jours à cause de ta dernière affaire, j'en ai profité pour ranger un peu l'appartement. J'étais en train de passer l'aspirateur quand ils sont arrivés. Ils m'ont plaqué par terre et m'ont endormi, je n'ai rien pu faire. Je me suis réveillé dans une espèce de salle gigantesque, toute blanche avec pleins d'ordinateurs, de générateurs et de trucs à la Star Trek. J'ai à peine eu le temps de voir une espèce d'arcade en fer quand je me suis rendormi. Et j'ai atterri dans Minecraft.

-Mine quoi ?

-C'est le nom du jeu.

Il y eu un silence. Dehors, Jim plantait des torches aux alentours en sifflotant Somewhere over the rainbow du magicien d'Oz. Il se tut rapidement, se rappelant qu'ils n'étaient pas seuls.

-C'est n'importe quoi, finit par dire Sherlock.

-Je sais, moi aussi j'ai cru que j'allais me réveiller d'un instant à l'autre, mais ça fait déjà deux jours que je suis là. J'ai croisé Moriarty hier. Il semblait parfaitement serein. Il m'a aidé à m'en sortir –non, ne prends pas cet air choqué Sherlock, il n'avait pas le choix, il avait besoin de quelqu'un pour surveiller ses arrières- et il m'a expliqué à peu près comment fonctionne le monde ici.

La vision de Sherlock commença à se troubler. Le brun s'allongea et ferma les yeux.

-Je me sens mal, gémit-il.

-Repose-toi, ça ira mieux demain, chuchota John. Et avec un peu de chance, on se réveillera à Baker Street.

Quelque chose s'illumina dans la tête de Sherlock.

-John. Tu as dit que j'étais parti pour une affaire. Celle de Reichenbach?

-Mais non, c'était il y a six mois, répondit John en fronçant les sourcils.

Sherlock s'évanouit définitivement.